La "désobéissance" aux traités européens, point de rupture dans les discussions LFI/PS ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce qui semble bloquer avec les socialistes, notamment, c'est la question de l'Union européenne. Olivier Faure l'a dit, lui, il ne veut pas du mot « désobéissance » dans l'accord. Est-ce que vous êtes prêts, justement, à faire ce compromis et à enlever ce mot « désobéissance » au traité ?
Laissons les négociateurs négocier. Donc je ne vais pas vous dire quel est le point d'entente, puisque le point d'entente est en discussion. Après, je veux dire ce que ça signifie derrière « désobéir ». Parce que ce que je sais, c'est que dans ces négociations, parfois, il y a des incompréhensions, des préjugés. On pense que l'autre, il pense ça. Vous voyez ce que je veux dire ? Et en fait, c'est quand on commence à décortiquer, à démêler, qu'on finit par se dire « en fait, on n'est pas si pas d'accord que ce qu'on pensait ». Vous voyez ce que je veux dire ? Donc sur « désobéir », il faut savoir qu'est-ce qu'on veut dire derrière ça.
Ce qu'on veut dire derrière ça, c'est que si, par exemple, en France, on veut créer un pôle public de l'énergie et que les traités européens nous disent « non, il faut ouvrir à la concurrence », eh bien nous, on pense qu'il faut faire ce pôle parce que les Français nous ont donné un mandat pour cela. Alors on le fera. C'est ça. On n'appliquera pas les normes des traités, on appliquera la politique conformément à la souveraineté française, populaire française.
Sauf que vous savez que les mots ont un sens, surtout dans des accords comme ça. Exactement. Que du coup, vous expliquez ce que vous voulez, mais avec le mot « désobéissance », il faut le rayer.
Je suis en train de vous répondre que ce sont aux négociateurs de dire comment les socialistes et les insoumis peuvent s'entendre sur le vocabulaire, mais ce sur quoi nous ne bougerons pas, c'est sur l'idée que je viens de vous dire. C'est-à-dire concrètement, nous estimons que si l'Union européenne nous empêche de mener des politiques de progrès social et écologique, alors nous n'appliquerons pas ces impositions européennes. On a bien compris sur cette question. Et sur ça, je peux vous assurer qu'on ne bougera pas. Moi, je veux bien qu'on discute des mots, mais ce qui est sûr, c'est que sur ce point.
Mais ce que nous demandent, si j'ai bien compris, les socialistes, c'est aussi de savoir si ce que nous voulons, c'est demain un Frexit. D'ailleurs, avec Europe Écologie Les Verts, c'est aussi ça, la discussion. Ça a été ça. Et nous avons écrit noir sur blanc que l'enjeu n'était pas une sortie immédiate de l'Union européenne et de la monnaie. Immédiate. Non, mais même immédiate. Notre enjeu n'est pas la sortie de l'Union européenne. La sortie tout court. Même à plus long terme. Là, on n'est pas sur une gestion de temporalité. Non, mais notre objectif n'est pas celui-là.
Notre objectif est de pouvoir appliquer notre politique sans contraintes européennes qui nous amènerait vers des régressions. Et de mener, bien sûr, comme on l'a toujours dit, la bataille. Vous savez, dans le nom de gauche, au début, je vous raconte ça, mais c'est à voir. Tout le débat public, c'était... En fait, le sujet, c'est pour ou contre l'Europe. C'était ça. Et les termes du débat qu'on voulait nous imposer, c'était ça. Et c'est à partir du moment où nous avons réussi à mettre sur la table que l'enjeu, c'était pas ça. C'était pour ou contre cette Europe-là. Et c'est à ce moment-là que le nom de gauche a créé cette dynamique. Parce qu'au fond, c'est pas qu'on ne veut pas de l'Europe.
Moi, je pense que les politiques menées actuellement, c'est elles qui tuent l'Europe. C'est ça qui tue l'Europe.
Clémentine Autain