Before - Que des geeks dans la cybersécurité ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Un grand merci à Cyber Tavi qui est notre partenaire. C'est une initiative portée par Radio France qui vise à sensibiliser les jeunes aux enjeux de la cybersécurité. On a travaillé tous ensemble pour vous permettre de mieux comprendre ces enjeux.
Cette émission se veut la plus accessible possible pour les personnes qui comme moi, sont un peu larguées en matière de cybersécurité. Ça touche la cybersécurité, ça touche nos vies personnelles, ça touche les sociétés dans lesquelles on vit, ça touche notre démocratie, nos entreprises, les relations internationales. Et en ce moment, il y a beaucoup de choses à dire.
Ce sont les thèmes qu'on va aborder ensemble ce soir. Mais d'abord, on va s'intéresser au métier de la cybersécurité. On va casser les clichés.
Non, travailler dans la cybersécurité, ce ne pas que pour les geeks en suite à capuche. Non, il ne faut pas nécessairement avoir fait des études d'ingénieur en informatique pour travailler dans la cybersécurité. Pour commencer cette discussion, j'accueille trois invités exceptionnels que je remercie d'être venu.
Un tonner d'applaudissement pour Yann Bonet. Yan, tu es le directeur général du campus cyber. Tu vas nous dire dans un instant ce que c'est.
Merci d'être avec nous cher Yanne. Nous sommes également avec Ilona Baude. Salut Ilona, tu es étudiante en première année de Bachelore en administration système et réseau à la plateforme qui est une école du numérique qui se trouve à Marseille.
Merci d'être avec nous Ilona. Et enfin, nous sommes avec Livia Tibirna. Bonsoir Livia, tu es CTI analyste pour Sekoya, une entreprise française de cybersécurité.
Tu vas nous expliquer dans un dans un instant de quoi est-ce qu'il s'agit. On va commencer avec toi mon cher Yann. Euh euh explique-nous comme si on avait 5 ans ce que c'est la cybersécurité, s'il te plaît.
Bon euh du coup la cybersécurité euh en fait j'aime bien reprendre un des propos d'un philosophe qui s'appelle Bernard Stigler. Euh quand il parlait de numérique, il parlait de de remède et de poison pour notre société. En fait, le numérique c'est de remède pour des poisons.
Et d'un poison pour la pour le le numérique. C'est à la fois quelque chose qui nous permet de s'éduquer, s'informer, jouer et en même temps, c'est des nouvelles menaces. Cette société qui se numérise avec des possibilités de d'influencer les les opinions publiques.
Ça a un impact sur notre planète. Et il y a des nouvelles menaces qu'on appelle des des menaces cyber euh où euh en gros un certain nombre de d'attaquants euh vont euh pour différentes motivations, soit euh vouloir espionner euh un objet connecté pour des raisons euh politiques. Euh par exemple euh exemple Macron X en de en 2017.
Ouais, c'était le piratage de la campagne électorale d'Emmanuel Macron. Exactement. On a on a aussi d'autres motivations.
Par exemple la pâte du gain, se faire de l'argent. Donc en faiton se rend pas trop compte mais aujourd'hui voilà l'impact de la cybercriminalité, le coût de la cybercriminalité c'est plus ça représente plus que la vente de la drogue et c'est moins en quelque sorte malheureusement moins risqué et et voilà et et ça apporte plus que que ce type de de de choses. Donc on a différentes motivations et en fait face à ces nouvelles menaces, on a différents acteurs qui travaillent dans le domaine de la cybersécurité qui vont être là pour justement protéger en amont, éviter un certain nombre d'attaque ou réparer après des attaques.
Un truc important à comprendre, c'est que contrairement à l'idée qu'on pourrait s'en faire, la cybersécurité, c'est pas qu'un truc d'informaticien. Clairement, ça concerne tout le monde. Et clairement, on est tous concernés.
Voilà, c'est dans nos vies personnelles, dans nos vies professionnelles. Concrètement, une attaque d'un hôpital dans les minutes qui suivent, c'est des infirmiers, des infirmières qui savent plus quels médicaments ont été prescrits. Une mairie qui est attaquée, c'est une mairie qui arrive plus très bien à gérer les passeports.
On a des gens, des diabétiques qui ont des pompes à insuline sur eux. S'il y a une faille, on peut prendre la main sur ce ce type de d'objet. Donc clairement ça nous impacte dans nos vies quotidiennes et c'est clairement pas que l'histoire des informaticiens ou des geeks des geeks à capuche.
Il y a il y a il y a beaucoup de défis dans le monde de la cybersécurité mais l'un des plus importants, il paraît que c'est celui du recrutement. Tu peux nous expliquer ? Oui.
Euh bah plus notre société se numérise, plus on a besoin voilà de de différents talents. Aujourd'hui, on a plus de 60000 postes non pourvus en France. Ça c'est des chiffres de l'OCDE de l'année dernière.
C'est 3500 postes non pourvus dans la cybersécurité en France. 35 au niveau mondial. Et pourtant c'est des métiers, on va le voir avec les témoignages, mais c'est des métiers qui ont du sens.
C'est des métiers de la protection du CER, c'est des métiers qui sont accessibles et voilà, c'est important et merci à toi pour cette invitation parce que ça nous permet voilà de mettre en avant ce sujet qui nous concerne tous et sur lequel c'est important de se sensibiliser, de se former et peut-être de créer des vocations parmi les jeunes ou les moins jeunes. Alors justement, on a des talents autour de la table. On a Livia notamment.
Toi, tu es CTI analyste, qu'est-ce que ça veut dire ? Alors, CTI analyste CTI pour cyber threat intelligence parce qu'on aime bien les termes en anglais dans la civ cyber threat intelligence ce qui voudrait dire renseignement sur la menace dans en français. D'accord.
Donc tu es un mélange entre détective privé et agent de contre-espionnage on pourrait dire ça. Explique-nous en quoi consiste ton travail. Alors vient de parler justement de la menace cyber, voilà, qui est croissante, grandissante depuis depuis assez longtemps et c'est une tendance qu'on voit depuis à peu près tout le temps.
Et un métier d'analyste au city consiste en l'analyse et la contextualisation de de cette menace. Donc un analyste va s'intéresser à la menace. Après la menace c'est un terme assez large, ça va être qui, quoi, comment, pourquoi qui finance, quelles sont les campagnes, quelle est la timeline par exemple et cetera.
Et nous on va on va s'intéresser, on va construire une base de connaissance autour de ces menaces avec finalité de la détecter et de l'anticiper. D'accord. OK.
Euh c'est quoi ton parcours à toi Olivia ? Moi j'ai fait des études en relation internationale. Je me suis intéressée euh très vite à l'intelligence économique.
Donc je travaillais un peu dans l'investigation numérique mais sur des dossiers économiques. Et ensuite j'ai eu une opportunité de faire la même chose dans la cyber. Ça m'a passionné.
Voilà, je fais ça depuis plus de 5 ans maintenant. Euh et puis aujourd'hui les enjeux cir sont vraiment très liés aux enjeux géopolitiques aussi. Donc voilà, chacun trouve sa place et puis pour la compréhension vraiment extensif de de la menace cber, il est important d'avoir différentes approches donc techniques comme géopolitique.
On est d'accord que tu n'as aucune formation particulière d'ingénieur, d'informaticienne, tu as fait de l'intelligence économique, tu as fait des relations internationales et de l'intelligence économique. Tout à fait. Ensuite, on a des formations internes et puis c'est ça qui est enrichissant dans la cyber.
On travaille avec des profils très différents. Aujourd'hui, on est une équipe d'une vingtaine d'analyse technique ou pas technique. Donc quand je dis technique, c'est effectivement ingénieur informatique le plus souvent.
On a des linguistes, on a des experts en géopolitique et puis on se forme mutuellement. On fait des points hebdomadaires avec des formations techniques comme des formations plus géopolitiques et de la veille géopolitique internationale. Et puis c'est ce qui est enrichissant.
On arrive à tous avoir des des parcours et des connaissances assez complémentaires. OK. Ilona, toi tu viens de commencer tes études de cybersécurité mais avant ça, tu as fait des études qui ont rien à voir.
Non. Elles sont très pratiques parce que j'ai fait des études d'anglais. Donc comme disait euh beaucoup de termes en anglais, beaucoup de documentation en anglais.
Donc ça me permet de comprendre en fait tous les cours, les informations. Ça me permet de progresser plus vite. Tu as un diplôme en anglais ?
Oui, la licence, j'ai fait 200 de master. Et tu as fait 2 ans de master en anglais ? OK, d'accord.
Oui, donc effectivement, j'imagine que c'est pratique. En cybersécurité, il y a beaucoup d'anglophones, on est d'accord. Oui.
Et et pas seulement euh Oui. Euh mais mais pas seulement, on a besoin en fait euh de plein de cultures différentes de compréhension euh des différentes des différents bah des des sujets pour euh pour être efficace. OK, d'accord.
C'est surtout pour le partage. C'est une communauté où il y a beaucoup de partages et puis pour faciliter ça, c'est vrai que la langue de communication est très souvent en l'anglais. Euh Ilona, c'est quoi ton école dans laquelle tu étudies actuellement qui s'appelle la plateforme ?
Comment ça marche ? Euh nous la plateforme c'est une école, on a 1 an euh de prépa pour nous former à toutes les bases pour pouvoir être prêt à rentrer sur le marché de l'emploi pour pouvoir faire après 2 ans d'alternance et décrocher un titre RNCP6. Moi la CER c'est administration infrastructure sécurisée.
OK, donc c'est sur 3 ans et ça donne un équivalent de bac + 3. OK, d'accord. C'est quoi toi le métier que tu vises avec ces études ?
Moi, j'aimerais travailler en tant que analyse stock, donc analyse Security Operation Center, donc analyse de centre d'opération sécurité. Euh c'est plutôt les personnes qui vont après une attaque analyser ce qui s'est passé, comment l'attaque a été faite, euh les conséquences si des des données ont été volées, corrompu, modifié et les conséquences que ça peut avoir sur le système. Voilà, donc c'est plutôt de la de l'analyse forensique comme la police scientifique en fait.
D'accord. Tu tu nous as parlé quand on a préparé cette émission, tu nous as parlé de blue team et de red team. Ça désigne quoi ?
Oui. Alors, on a la blue team, c'est plutôt le côté défense qui va défendre les systèmes euh palier au fight, les vulorés et la red team, c'est ceux qui vont essayer de pénétrer dans les systèmes. On a euh des jobs de red team qui sont justement une simulation d'attaque euh sur une entreprise.
L'entreprise ne sait pas qu'ils sont attaqués. C'est c'est programme comme ça. Et on essayie de pénétrer dans le réseau.
Euh des fois ça peut aller jusqu'à les les gens prétendent être des opérateurs de FIP pour rentrer dans les locaux, avoir accès au serveur, brancher un une USB ou un implant pour pénétrer dans le réseau et compromettre le système. Livia et Ilona, toutes les deux, c'est quoi ce qui vous intéresse le plus dans dans vos métiers ou vos futurs métiers ? C'est un monde qui change vite.
Donc c'est très stimulant intellectuellement. On en a on en apprend tous les jours. Euh on travaille avec des équipes avec des experts euh des équipes multidisciplinaires et des experts vraiment qui viennent des milieux très différents avec des backgrounds étatiques ou privé avec des formations des études très différentes.
Donc c'est extrêmement enrichissant et puis on travaille sur des menaces qui nous concernent tous, des menaces qui vont concerner encore plus de monde dans le futur. On a tous des usages numériques croissants. Donc voilà, les enjeux sont majeurs et puis c'est gratifiant de savoir qu'on peut qu'on peut contribuer à à réduire la menace.
Voilà. Idéalement Ilon un peu pareil, c'est très intéressant parce qu'il y a toujours une nouvelle faille, un nouveau moyen de défendre. C'est c'est très contre nous contre nous.
Ouais. Il y a toujours quelque chose de nouveau. Il y a beaucoup de recherches et c'est très varié comme domaine.
Donc en soit, je pourrais rester dans la cyber et me rediriger complètement dans un aspect différent la cyber. ont gardé toujours quelque chose de nouveau. Il y a de l'administratif, de la recherche, du juridique des fois avec la la RGPD notamment.
Ouais. Euh Yan, tu es d'accord sur un environnement qui change en permanence ? En permanence, notre notre société, elle se transforme et et cette vitesse, elle est juste assez impressionnante et cette dépendance aussi à cette outil numérique est assez impressionnant.
Et c'est vrai que ben moi quand je vous entends voilà, on on voit que ces métiers euh derrière le métier de la cyber, c'est plein de métiers. C'est il y a plus de 30 métiers différents. Il y a des métiers techniques, tu as parlé de de pen tester, tu as des métiers qui qui sont beaucoup moins techniques, de géopolitique, de communication, de droit.
Euh et c'est pour ça qu'on a besoin de plein de talents différents et c'est vrai que voilà avec toute cette transformation, cette vitesse, on a besoin de beaucoup de diversité pour pour être le plus performant et et mieux protéger notre notre nation. Ilona, on va aborder le sujet qui fâche. Est-ce que ça gagne bien la sécurité, la cybersécurité ?
Alors oui, beaucoup de métiers, ça on gagne très bien euh dans la cyber justement comme c'est un domaine en pleine expansion et dès qu'une entreprise subit une attaque, soudainement le budget de la section cyber augmente. Donc oui, ça ça veut rapporter très bien. Il y a beaucoup de métiers euh mais beaucoup d'entre eux rapportent notamment forcément ceux qui sont ingénieurs cybersécurité.
Il y a un salaire d'ingénieur derrière. Ouais, j'imagine. Livia, est-ce qu'il faut sensibiliser à la cybersécurité dès le plus jeune âge ?
Tu penses ? Je pense que ça peut ça peut être la clé pour attirer de nouveaux talents surtout puisque souvent on a ce problème de on narrive pas à recruter les des les bons experts et surtout avoir une une parité voilà correcte. Et puis on se rend compte que parfois c'est trop tard, faut faut aller parler aux élèves, aux jeunes, parfois même aux parents puisque quand on connaît pas qu'un métier existe, on peut pas avoir envie de devenir analyste, analyse cité et cetera.
Donc je pense que approcher des écoles c'est très important et puis c'est aussi une invitation à mes collègues. N'hésitez pas à partager vos expériences. Je pense que parfois avoir un profil qui inspire devant soi peut motiver plus que voilà qu'autre chose que voir un euh des papiers ou des documents.
Voilà. Ouais, je comprends. Non, non, mais je vois Yann, tu es d'accord ? il faut il faut sensibiliser assez tôt le plus tôt possible parce que on voit les jeunes les très jeunes sont très souvent directement devant des écrans et donc il faut qu'ils comprennent cet univers qui n'est pas que virtuel.
Euh d'ailleurs j'invite il y a il y a un super livre qui est sorti qui s'appelle j'apprends à hacker dès 9 ans de Sarahos. C'est un très très beau cadeau à faire. Et 9 ans, j'apprends à hacker.
C'est un livre. OK. Et en fait hacker en voilà, on a souvent cette image du hacking négatif. fait en fait le le hacking c'est un esprit de de curiosité, sauf que certains hackers vont passer du mauvais côté de la force et et vont le faire pour de mauvaise raison et vont un jour ou l'autre se faire attraper et puis d'autres gardent cet esprit de de curiosité en respectant un certain nombre de règles.
On va en voir tout à l'heure dans ce plateau bien sûr. Et et voilà et c'est c'est assez important en fait de garder cette cet esprit de curiosité. Donc oui, il faut il faut sensibiliser très tôt.
Il faut aussi qu'on casse les codes, les biais. Souvent en fait quand on discute avec des PS qui sont spécialisés dans le dans le domaine, on s'aperçoit là, je pense que notre panel on manque de plein de talents, notamment de talent féminin, mais pas mais pas seulement. Et et on a un rôle à jouer en tant que parent, en tant qu'enseignant, en tant que prescripteur à à casser ces bias cognitifs qu'on a très tôt dès 8 ans.
Euh voilà, c'est pas parce que tu es une fille que tu seras plutôt littéraire ou parce que tu es un un jeune homme, tu seras plutôt scientifique. Ça il y a aucune raison valable à à ça. Et c'est à nous en fait de changer très tôt les codes.
Donc il faut sensibiliser et montrer que euh les métiers de la cyber, du numérique de sont accessibles à tous. Il y a un autre enjeu selon toi de la cybersécurité, c'est ce que tu appelles le passage à l'échelle. Ça veut dire quoi ?
Oui, bah c'est c'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure, la cybersécurité, c'est devenu bah le numérique c'est devenu tellement important dans nos vies perso et pro partout que et ben proportionnellement on a des menaces un peu à plein d'endroits. Et donc c'est pas normal en fait qu'aujourd'hui malheureusement, je grossis un peu le trait mais que seulement les gros acteurs de par exemple du KA 40 arrivent à se protéger. On a il faut pas oublier qu'en France, on a plus de 95 % de notre tissu économique qui sont des PME.
Et les PME, quand on regarde les chiffres, elles sont très attaqué aussi en ce moment. Une une attaque d'une PME en moyenne, c'est ça peut être jusqu'à 100000 € de de de coût pour la la PME. C'est 100000 € pour une PME, c'est souvent le début de la fin.
Euh donc on a besoin de rendre la cyber accessible au plus grand nombre au plus grand nombre pour que ça soit euh moins coûteux. Et euh voilà, quand on est dans la rue, on sait que on peut être en sécurité, on on peut euh appeler euh euh tel ou tel acteur pour euh pour euh si on a un problème. Euh c'est la même chose dans dans le monde numérique.
Il faut absolument qu'on ait on puisse avoir confiance et avoir cet état de sécurité aussi. Euh voilà. Ouais, je vois je vois.
Livia, ton métier, tu l'as dit tout à l'heure, consiste à comprendre et contrer les menaces cyber. Elles viennent d'où les principales menaces cyber ? Est-ce que c'est un cliché si je dis Russie, Chine ?
Alors, la réponse courte serait la menace est globale, les attaquants sont partout. Ensuite, c'est on essaie de de repartir comme ça géographiquement. Alors, il y a certains patterns mais après ce serait vraiment simplifier trop la chose euh quand on parle de la menace étatique, donc là c'est les États qui attaquent, les services de renseignement derrière des États qui attaquent.
Effectivement, on va parler plus de la Russie, de la Chine, de l'Iran. Euh d'où aussi l'intérêt pour les langues, on a parlé un peu un peu langue. Il y a un concept que dans la cyber, les langues rares qui sont très recherchées justement pour se rapprocher au plus près de l'attaquant et comprendre un peu mieux la menace.
Ensuite, il y a même même chez les cybercriminels, donc ils vont chercher juste à juste qui vont chercher à se faire de l'argent. Il y a certains types de menaces qui sont plus ou moins présente sur certains territoires. Par exemple, la menace ransomware, on a certainement tous entendu parler.
C'est la menace quoi ? Ransomware ? Ah, ransomware, ouais, c'est une menace principalement russophone.
Alors, pour plein de raisons, c'est sur des forums russophones qui s'organisent entre eux. Euh c'est souvent malheureusement aussi des territoires qui sont pas soumis à la euh législation internationale ou qui qui coopent pas trop avec d'autres pays. Ensuite, il y a d'autres menaces surtout les menaces bancaires qui sont très présentes en Amérique latine.
Donc il y a plein de raisons qui font que selon la typologie de la menace, les attaquants sont plus ou moins localisés dans certains pays ou territoires. Mais voilà, de manière générale, la menace est globale et puis aujourd'hui, on est dans un monde asymétrique. Tout le monde a accès à internet. euh on peut avoir un attaquant qui a un impact incroyable sur un pays ou une société de d'un secteur critique.
Et puis voilà, c'est c'est peut-être erroné aujourd'hui de se dire euh on va évaluer l'impact d'une campagne selon euh le pays de d'origine ou selon qui est derrière parce que justement la menace est asymétrique. Ilona, comment on fait pour rester à jour vu que les menaces sont aussi changeantes que vous le décriviez tout à l'heure ? Parce que moi je vois par exemple, je m'intéresse à la politique.
Euh euh ça ça change souvent euh au quotidien mais les structures profondes elles bougent pas trop. Euh on peut rester à la page, je veux dire en politique. Euh j'ai l'impression que de vu ce que vous me décrivez que ça change à toute vitesse en permanence.
Comment vous faites pour rester à la page ? Alors justement super faut rester concentré sur euh son domaine parce que c'est peut-être aussi parce que comme c'est tellement varié, vous voyez de tout de partout. Oui, c'est vrai.
Euh faut suivre les professionnels de notre milieu. Euh on a beaucoup de podcast aussi en cyber, des fois qui parlent des dernières vulnérabilité, des dernières failles qui ont été trouvées, beaucoup d'articles. Donc c'est juste un travail de veille mais ça c'est dans tous les domaines de l'informatique en soit en cyber ou en développement toujours faire de la veille, toujours être fait des derniers nouvelles et ça fait partie du travail.
Ouais. Non mais je je comprends, je suis très admiratif he je trouve ça assez assez spectaculaire la capacité que vous avez Yann et et peut-être il faut c'est extrêmement important dans domaine de travailler avec des chercheurs pour être au fait ce qu'en fait l'histoire se répète régulièrement on a voilà quelques années le cloud est arrivé et on avait pas pris totalement en compte la partie cyber dès dès le départ même si on revient encore plus tôt les pères fondateurs d'internet en fait ils avaient pas oblement pensé que ça ça prendrait autant de proportion et qu'il fallait chiffrer les par défaut les les mails, les compagnies. Et ben c'est un peu la même chose.
Là, on parle beaucoup d'IA depuis quelques années. Euh et ben c'est pareil, on a des nouvelles menaces et c'est en travaillant avec des chercheurs, avec des industriels qu'on arrive dès qu'on arrivera petit à petit à mieux suivre les évolutions de ces outils qui transformment nos vies. C'est quoi le campus cyber dont tu es directeur général ?
Je suis le directeur général délégué. Juste délégué, pardon. Oh là, excuse-moi, excuse-moi.
Voilà. Euh du coup le campus cyber, c'est un lieu qu'on a ouvert il y a il y a 4 ans. Euh donc concrètement c'est c'est une tour où il y a chaque jour, il y a à peu près 1000 acteurs, 1000 professionnels de la cyber qui sont là.
Euh donc voilà, on va croiser des étudiants qui viennent se former. Il y a plein des différentes écoles. On va croiser des chercheurs.
Euh on va croiser aussi des personnes en uniforme de la police de la gendarmerie qui sont en train de d'enquêter sur des cybercriminels. Voilà, c'est un lieu où il y a tout l'écosystème qui travaille ensemble. concrètement ce qu'ils font euh en fait on organise par exemple des groupes de travail pour euh avancer ensemble pour mettre un peu d'intelligence collective parce que la France est un beau pays mais on reste tout petit par rapport à des grosses puissances comme les États-Unis, la Russie, la Chine ou euh pas que tatiqu des géants du numérique, euh les Google, les euh voilà les Amazon et compagnie, ils ont une puissance assez importante et donc on doit au niveau français et même au niveau européen travailler beaucoup plus ensemble.
Donc là, on a ce lieu à Paris, mais ça aurait aucun sens d'avoir tous les les experts cyber euh tous les pompiers, les cyberpompiers au même endroit. Donc, on essaie de de créer des euh des campus aussi en région. Donc, on en a déjà cinq, un en Bretagne, Haut France, Nouvelle Aquakitaine, euh Normandie, région sud, j'espère que j'en ai pas oublié.
Et euh et on inspire on inspire aussi à l'étranger, la Lituanie, j'ai vu aussi en Suède et l'Allemagne veut créer aussi un campus cyber. Donc on essaie aussi de voilà de créer des liens en réseau, de produire ce qu'on appelle des communs, des communs de la cyber. En fait, c'est des ressources partagé du renseignement, des cas d'usage en IA appliqué à la cyber, des sujets d'éducation euh qu'on des ressources éducatives libres qu'on va mettre à disposition de du maximum d'acteurs pour essayer d'élever notre pays.
Euh est-ce que parce que tout à l'heure tu nous as parlé de l'importance du défi du recrutement, est-ce que le campus cyber joue un rôle en matière de recrutement ? Euh ouais, on on a un on a un rôle assez euh important, j'ai envie de dire, euh notamment grâce à un consortium qu'on a créé euh qui s'appelle Talent cyber euh que Somalina euh pas euh et euh pilote qui qui est dans la salle. Euh c'est un un consortium avec plein d'acteurs différents, des universités.
Euh c'est financé par l'État en partie par France 2030 et euh on a des universités, on a Pix, vous voyez ce ce dispositif qui permet de tester les euh euh les compétences des collégiens des des lycéens. On a le KNED, on a l'Onicep et on a Radio France aussi dans le consortium qui pilote notamment cette initiative Cybertaie qui est vraiment qui a objectif. Bah parle-nous de Cybertavie.
Ouais, explique-nous. Ouais, le l'objectif de Cyberta vie, c'est vraiment de d'essayer de de sensibiliser et d'attirer aussi des des nouveaux talents, alors jeunes ou moins jeunes vers les métiers de la cyber. Il faut le voir un peu comme une plateforme, il y a il y a un site cybertavie.com où on fait un certain nombre de d'actions pour faire connaître, sensibiliser.
On a aussi une plateforme qui s'appelle évolution.campuscyciber.fr fr qui euh qui permet de mettre en avant tous les différentes formations qui existent sur le territoire et euh et d'aider aussi des jeunes ou des mois jeunes à trouver un stage, un apprentissage, voilà, un job.
Ilona Livia, vous connaissiez euh Campus Cyber ? On est membre du campus cyber avec Seoya et justement on a l'occasion de de participer à la boîte dans laquelle tu bosses. On a l'occasion de participer à pas mal d'initiatives et c'est très enrichissant.
C'est surtout important pour cette occasion qu'on a de partager la connaissance puisque voilà déjà pour éviter que d'autres gens fassent ce qu'on a déjà fait et pour gagner du temps parce que c'est un peu une course contre la montre aussi et contre les attaquants et puis pour pour s'enrichir s'enrichir collectivement et faire monter le niveau de la connaissance. Ilona, tu connaissais toi ? Oui, puisque mon école, la plateforme fait partie du campus cyber enfin campus cyber sud dans mon cas vu que je suis à Marseille.
Ça fait il y a il y a un paquet de d'acteurs qui font partie de Campus Cyber. C'est c'est Ouais. Ouais, c'est assez énorme et c'est un truc qu'on a lancé il y a 4 ans depuis rien quoi.
Donc c'est c'est une sacrée aventure entrepreneuriale. Donc on le président de de l'époque a fondé le le campus, c'est c'est un entrepreneur Michel Vanenberg. On a un changement de président là tout récent.
Donc voilà le nouveau président c'est Geoffrey Cestin Urbain qui qui qui vient d'arriver. Et c'est c'est vrai que c'est plein d'acteurs différents. L'image que j'aime bien me prendre, c'est un peu comme dans la nature, un écosystème qui est fertile, qui produit bien dans la nature.
C'est que du bon sens ce que je C'est un c'est un écosystème où on a besoin de de vie, on a besoin de d'abeilles, de de plantes de et on a besoin aussi d'équilibre parce que si on a un acteur de la nature qui est trop dominant, c'est le début de la pollution et on casse la chaîne de de fertilité. Et moi ma vision de c'est c'est par rapport au numérique, c'est qu'on on doit travailler cet écosystème fertile et on doit travailler avec des acteurs diverses, des des des grosses entreprises, des chercheurs, des des acteurs des des écoles. Et ce qu'on a fait dans une structure privée mais un peu particulière détenu 40 % par l'État et on et on fonctionne un peu comme une scope en fait dans la gouvernance. les acteurs du CAC 40 pèsent autant que le monde les acteurs de la recherche ou de l'éducation, ce qui est pas simple au début qu'on a on a discuté au départ, mais ça a été accepté par tous pour nous obliger à penser intérêt général, j'ai envie de dire, avant les intérêts particuliers et faire en sorte de créer ce terrain fertile pour comme tu disais être plus fort, mieux partager et inverser le rapport de force par rapport à à ceux qui nous attaquent.
Il y a quelqu'un dans le chat qui dit "Je suis en quête de reconversion professionnelle. Est-ce un signe ? Je pense oui.
Qu'est-ce que tu voudrais lui confier ? Euh euh Livia, qu'est-ce que tu pourrais dire à quelqu'un qui réfléchit, qui voudrait se reconvertir professionnellement ? C'est quoi le bon endroit pour rentrer et pour s' et pour s'interroger sur l'avenir de sur son avenir professionnel ?
H Je pense que la curiosité déjà, c'est un très très bon premier pas. Euh le monde de la cyber est un monde de d'enthousiastes et de passionnés qui sont avant tout curieux. Et puis effectivement comme bien lui disait la cyber aujourd'hui touche vraiment tous les aspects de notre vie qu'on soit nous individué entreprise agence étatique et cetera.
Donc je pense que tout le monde peut peut trouver un peu voilà son intérêt dans la cyber. Il y a pas de profil type en fait, il y a que des compétences et les compétences qu'on a, il faut chercher à les mettre au profit de d'une entreprise, d'une collectivité, d'une agence, peu importe. et puis se former, s'intéresser, poser des questions.
Euh voilà, c'est c'est très cliché mais il y a pas de questions bêtes. Poser des questions, approcher des professionnels, suivre les équipes qu'on aime bien, des équipes cyber qu'on veut intégrer. Euh aujourd'hui, il y a beaucoup de ressources mises même gratuitement en ligne, des webinars, des conférences.
Aujourd'hui, une grande majorité des conférences sur la cyber sont disponibles sur YouTube gratuitement. Donc hésitez pas à aller chercher ce qui vous intéresse et puis vous comprendrez très vite si c'est pour vous ou pas. On peut se former en autodidacte facilement, en tout cas pour en sous forme d'introduction.
Alors, je pense que c'est la norme pour beaucoup d'experts en cybersécurité. H Ilona, tu donnerais quel conseil à quelqu'un qui euh veut se réorienter ? Euh de justement démarrer avec des ressources en ligne gratu euh dans la cyber, ça permet de bien démarrer sans se lancer forcément dans une formation.
Et c'est un domaine qui est vraiment le diplôme n'a pas tant d'importance que ça parce que le plus important c'est vraiment les compétences. Vous trouvez quelqu'un à qui vous prouvez que vous savez faire le travail, même si vous avez pas diplôme, vous pouvez rentrer dans dans la cyber. OK.
Yan, je voulais te poser une dernière question. L'an prochain, il y a les municipales. L'année prochaine, l'année d'après, pardon, il y a la présidentielle.
Est-ce que tu penses que nos politiques sont au niveau en matière de cybersécurité ? Euh, comment répondre ? Euh, je pense qu'il y a encore pas mal d'efforts à faire.
Euh sincèrement, je pense que on a mûri mais mais il faut pas oublier que tous ces politiques en fait c'est des ça peut être des cibles comme nous comme on l'a dit tout à l'heure, moi-même je peux être une cible, je peux me faire avoir sur une tentative de de fishing ou autre. Donc premièrement, ils ils sont comme tout le monde, j'ai envie de dire, euh ils peuvent être victimes de d'une cyberattaque et puis ensuite ils ont aussi une certaine responsabilité euh et un devoir euh en fonction de qui on parle dans ces ces politiques, mais euh euh je pense notamment au niveau régional et on a la chance he d'avoir des acteurs euh notamment en Bretagne, je pense à à Jérôme Tréhardi ou P de la Loire, Constance Nébula ou qui qui prennent les sujets qui font quoi qui font en sorte de créer des des campus cyber territoriaux euh qui font en sorte de d'avoir des équipes d'urgence sur le terrain pour intervenir quand quand il y a des attaques. Donc voilà, donc on on ces hommes politiques ou ces femmes politiques euh c'est extrêmement important qu'elles comprennent dans quel monde on vit, qui dans ce monde qui se numérise, qui pose des questions extrêmement politiques.
Ce numérique he c'est pas qu'une histoire de geek, c'est c'est politique au sens de vie de la cité. Euh il y a des il y a pas de déterminisme technologique en fait euh malgré le discours de certains lobby euh de géant du numérique. Il y a des choix politiques à faire.
On n' pas exactement les mêmes choix entre l'Europe, la Chine et euh et euh les États-Unis par exemple. Il y a pas de fatalité. Il y a pas de fatalité.
Et donc c'est pour ça que c'est c'est politique et euh c'est pour ça qu'il y a des choix à faire et c'est pour ça que c'est important que ces hommes et ces femmes politiques comprennent ces sujets. Euh et heureusement, il y en a quelques-uns. Mais on espère que dans les années à venir et que les municipales et la présidentielle sera le moment euh aussi pour euh pour faire en sorte qu'on progresse encore plus vite sur ces sujets.
Et c'est aussi pour ça qu'on fait cette émission. Merci beaucoup Yan, Ilona et Livia d'être venu sur ce plateau. Merci beaucoup à vous trois. [Musique]
Arnaud Bonnet