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DébatRassemblement National (sur YouTube)· 25 septembre 2024 21 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéJusticeImmigration & asile

Faire sans le RN, ce n'est pas possible ! - Sébastien Chenu (BFMTV)

Au micro : Mathilde SirotSource d'origine 9 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:41OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que Michel Barnier a bien eu Marine Le Pen au téléphone. Donc c'est quoi ? C'est vous qui fixez la ligne ?

  • 4:58OuverteRéponse directe

    Guillaume Durand, on évoque beaucoup la singularité de cette période. D'avoir un Premier ministre qui appelle Marine Le Pen…

  • 6:37OuverteRéponse directe

    Thomas Legrand, c'est la confirmation que ce gouvernement est sous surveillance et on se dit franchement, quand on voit ce qui s'est passé aujourd'hui, que ça va arriver tous les jours.

  • 7:51OuverteRéponse directe

    Et vous évoquiez Bruno Retailleau, on va parler dans un instant de la bisbille qui l'oppose à Didier Migaud.

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Juste avant avec vous, Mathilde Sirot, on disait que ce gouvernement était un gouvernement de second couteau, qui n'avait pas beaucoup d'expérience.

  • 9:33OuverteRéponse directe

    Écoutez, on n'a vraiment pas l'impression que c'est la même ligne et juste après, on pose la question à un ancien garde des Sceaux pour savoir si c'est normal ou pas normal.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:51Locuteur 5Fait
    « Écoutez, nous sommes le premier groupe d'opposition. On est le groupe qui a le plus de députés. Évidemment, faire sans le Rassemblement national, faire comme si le Rassemblement national n'existait pas à l'Assemblée, c'est impossible, c'est une gageur. »
  • 4:25Locuteur 5Fait
    « Mais nous avions demandé le minimum, c'est-à-dire être respecté par rapport aux 11 millions d'électeurs qui nous ont fait confiance. »
  • 4:30Locuteur 5Fait
    « Et c'est vrai que cette sortie d'Antoine Armand nous semblait être très à côté de ce à quoi le Premier ministre s'était engagé, c'est-à-dire au respect des élus et des électeurs du Rassemblement national. »
  • 11:31Locuteur 5Fait
    « C'est d'ailleurs pour ça que ça fait des années que ça ne fonctionne pas, que l'insécurité augmente, que l'immigration est hors de contrôle. »
  • 11:45Locuteur 5Fait
    « J'ai entendu ce matin Bruno Retailleau dire « il faudra revenir sur le délit d'hébergement des étrangers en situation irrégulière ». »
  • 12:06Locuteur 5Fait
    « l'une des premières propositions de Bruno Retailleau à laquelle je souscris rétablir ce délit, eh bien c'est exactement ce à quoi est opposé Didier Migaud. »
  • 16:21Locuteur 5Fait
    « Oui, il y a une différence entre dire et faire. »
  • 16:31Locuteur 5Fait
    « Là, il est dans un gouvernement dont le ministre des Affaires Européennes est Jean-Noël Barraud, c'est-à-dire le plus fédéraliste des ministres des Affaires Européennes que nous n'ayons eu jusqu'à présent. »
  • 16:52Locuteur 5Fait
    « La réalité, c'est que c'est ça. On voit bien qu'avec l'opposition qu'il a, avec le garde des Sceaux, il manque évidemment le lien efficace entre la justice et le ministère de l'Intérieur. »

Temps de parole

  • Présentateur26 %
  • Locuteur 918 %
  • Locuteur 516 %
  • Locuteur 414 %
  • Locuteur 311 %
  • Invité10 %
  • Locuteur 73 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Didier Migaud qui dit qu'il n'y a pas de laxisme judiciaire quand au même moment son homologue Place Beauvau parle de l'inexécution des peines et puis ce recadrage du ministre de l'économie par le Premier ministre. Marine Le Pen est-elle, oui ou non, la vraie patronne de ce gouvernement ? On en parle avec nos invités. Bonsoir Mathilde Sirot.

0:15
Invité

Bonsoir Benjamin.

0:15
Présentateur

Journaliste, rédactrice en chef du service politique au point. Bonsoir Sébastien Chenu. Bonsoir. Vice-président du Rassemblement National et député du Nord. Bonsoir Guillaume Durand. Bonsoir Benjamin. Directeur de l'information de Radio Classique. Je ne suis plus directeur. Mais vous êtes toujours à Radio Classique. Il faut que je mette à jour mes petites notes. Et vous publiez bande à part aux éditions Plon. Et bonsoir Thomas Legrand. Bonsoir Benjamin. Éditorialiste politique à Libération et producteur à France Inter, auteur de la BD Les Évasions perdues aux éditions Rue de Sèvres. Messieurs, dames, on va commencer sur le premier couac de ce gouvernement.

Et je suis obligé d'aller rejoindre l'homme le plus informé de Paris, voire de France, Thomas Soulier. Après, bâtit le sirop. Pour bien comprendre ce qui s'est passé, Thomas, ce premier couac, d'où part-il ?

0:59
Locuteur 3

France Inter, 8h30 ce matin. Première interview du plus jeune ministre de l'économie sous la Vème République. Alors on lui pose une question assez simple. Est-ce qu'il va recevoir à Bercy tous les représentants des groupes politiques ? La question est simple. La réponse, écoutez, elle est un petit peu moins.

1:17
Présentateur

Il ne faut pas commencer par dire avec qui on ne va jamais travailler pour peu qu'il soit dans l'arc républicain. Ça veut dire que le Rassemblement national contre lequel nous avons été élus, avec lequel, face auquel nous avons fait un front républicain, n'y appartient pas. Il faut être très clair dessus. Et Thomas, cette phrase, elle fait bondir Marine Le Pen.

1:33
Locuteur 3

Oui, à l'heure du petit déjeuner, Marine Le Pen avale son croissant de travers. Quoi ? Il ne veut pas nous recevoir à Bercy. Elle ne décolère pas ses troupes non plus. Et en coulisses, certains disent, si c'est comme ça, on va le censurer. Et voilà ce que dit Marine Le Pen aux journalistes. Je pense que le Premier ministre doit aller expliquer à l'ensemble de ses ministres quelle est la philosophie de son gouvernement, car certains n'ont pas encore totalement compris.

1:58
Présentateur

Oui, ça c'est pour ce que dit Marine Le Pen, mais la séquence ne plaît pas non plus au patron d'Antoine Armand, le Premier ministre, Michel Barnier.

2:04
Locuteur 3

Ah oui, car ce matin, Michel Barnier, lui, il se rend à la conférence des présidents à l'Assemblée. Il croise donc Marine Le Pen. Marine Le Pen lui dit tout le mal qu'elle a pensé dans l'interview d'Antoine Armand. Il sent rapidement qu'il doit rattraper le coup sous peine d'être censuré. Alors, il appelle d'abord Benoît... Antoine Armand. On ne connaît pas encore tout le monde. Vous avez vu qu'on ne les connaît pas encore tous. On va d'accord.

Donc l'actualité de Michel Barnier rappelle clairement et fermement les règles, les engagements du Premier ministre, le respect des électeurs, en gros les 11 millions de Français qui ont voté pour le camp de Marine Le Pen en juillet dernier, et des présidents de groupes au Parlement. Ça, c'est le premier recadrage. Mais il y en a aussi un deuxième, parce qu'il reprend son téléphone, et il va appeler peut-être la vraie chef de ce gouvernement, Marine Le Pen, pour lui dire les mêmes règles et pour lui dire que son parti sera bien reçu à Bercy. C'est le respect que l'on doit aux Français. Voilà ce que dit Michel Barnier à Marine Le Pen.

Et ce n'est pas fini, parce que faites entrer l'accusé, Antoine Armand, lui, eh bien il doit... Parole à la défense. Voilà, parole à la défense, il doit rattraper un petit peu le coup. Il sent qu'il pourrait être sorti du gouvernement. Alors son entourage, voilà ce que dit son entourage à BFM TV, Michel Barnier et Antoine Armand sont exactement sur la même ligne. Regardez la suite. Lors de la passation, le ministre de l'Économie a été très clair. Sa porte est ouverte à tous ceux qui veulent contribuer à l'équilibre économique. Donc il recevra bien à la fin les députés RN. Vous l'avez compris maintenant. Avec l'arbitre, Michel Barnier, il a décidé.

C'est un point pour Marine Le Pen, zéro pour Antoine Armand.

3:36
Présentateur

Voilà pour les infos du service politique de BFM TV. Puisqu'il s'agit de votre parti, Sébastien Chenu, je commence avec vous. Ça veut dire que donc Michel Barnier a bien eu Marine Le Pen au téléphone. Donc c'est quoi ? C'est vous qui fixez la ligne ? Vous êtes l'arbitre des élégances de ce nouveau gouvernement ?

3:51
Locuteur 5

Écoutez, nous sommes le premier groupe d'opposition. On est le groupe qui a le plus de députés. Évidemment, faire sans le Rassemblement national, faire comme si le Rassemblement national n'existait pas à l'Assemblée, c'est impossible, c'est une gageur. Donc le Premier ministre l'a compris. Le Premier ministre sait qu'il doit effectivement peut-être aujourd'hui une certaine forme de sursis. En tous les cas, le fait de ne pas être censuré au Rassemblement national qui a choisi de le laisser, contrairement à l'extrême-gauche, pouvoir proposer sa ligne politique. On verra ensuite, au moment du budget en particulier. On a choisi de ne pas le censurer.

Mais nous avions demandé le minimum, c'est-à-dire être respecté par rapport aux 11 millions d'électeurs qui nous ont fait confiance. Et c'est vrai que cette sortie d'Antoine Armand nous semblait être très à côté de ce à quoi le Premier ministre s'était engagé, c'est-à-dire au respect des élus et des électeurs du Rassemblement national. Je pense que M. Armand n'avait pas compris. Il a fait amende honorable. Il a accepté, évidemment, de mettre un genou à terre à la demande du Premier ministre. Du Premier ministre, les choses rentrent dans l'ordre. Il respecte le Rassemblement national puisqu'il va nous recevoir.

4:58
Présentateur

– Guillaume Durand, on évoque beaucoup la singularité de cette période. Là, d'avoir un Premier ministre qui appelle Marine Le Pen… – En 13 ans, c'est l'âge de la crucifixion. – Oui. – D'avoir un Premier ministre qui appelle Marine Le Pen pour quasiment s'excuser au nom de ses ministres, c'est vraiment son rôle de…

5:14
Locuteur 9

– Mais mes amis, et vous connaissez l'histoire de la sacrée rue, le second mandat, c'est l'ère de la malédiction. – Donc on est en plein dedans. – On y est en plein. C'est-à-dire tout ce qui faisait le charme d'Emmanuel Macron en 2017 est exactement tout ce qui exaspère les gens depuis la dissolution. Et notamment, d'ailleurs Barnier de ce point de vue-là avait mis un bémol important dans son comportement, c'est-à-dire ne pas respecter comme le veut la formule les voix du silence et se précipiter à la radio le matin pour dire des choses qu'on n'a pas besoin de dire alors qu'on a le ministère de l'Économie sur les bras.

Je rappelle qu'on a aussi dans l'esthétique macronienne une espèce d'inclinaison pour les gens extrêmement brillants, triple diplômés des plus grandes écoles, etc. Rappelons que Monnery a été un excellent ministre de l'Économie, il était garagiste et que le général de Gaulle, qui a fondé la Ve République, n'a pas été le meilleur élève de Saint-Cyr au début. Donc il faut arrêter avec cette esthétique-là.

On a besoin d'un pouvoir politique, d'un pouvoir politique réel, dans une période qui est une période épouvantable pour un président qui est quand même désavoué après trois défaites et qui ferait mieux effectivement de ne pas, et moi c'est le sentiment que j'ai, je ne sais pas ce qu'en pensent mes camarades, de ne pas fondamentalement, sans le dire, au fond ne pas vraiment encourager ce qu'ils sont en train de se faire autour de Michel Barnier.

6:29
Présentateur

Thomas Legrand, c'est la confirmation que ce gouvernement est sous surveillance et on se dit franchement, quand on voit ce qui s'est passé aujourd'hui, que ça va arriver tous les jours. Au moindre commentaire à une question au gouvernement qui va dépendre à Sébastien Chenu, Marine Le Pen va décrocher son téléphone en disant si vous continuez on va vous censurer, ça va passer tous les jours.

6:45
Locuteur 4

Ça va arriver tous les jours parce qu'il y a un truc fondamental qui sépare les deux parties de ce gouvernement. Ce gouvernement est composé des LR qui n'ont pas adhéré à l'idée du Front Républicain. Alors que les macronistes ont adhéré à ce qu'on appelle le Front Républicain. On pourrait définir après ce que c'est et se demander ce que c'est exactement. Mais dans le Front Républicain, c'est des électeurs de droite qui votent pour des électeurs de gauche, des électeurs de gauche qui votent pour des électeurs de droite parce qu'ils considèrent pour des raisons historiques, symboliques, qu'il faut faire ce qu'ils appellent un barrage républicain. La droite, LR, n'était pas là-dedans.

Donc ils ne considèrent pas le Rassemblement National de la même façon. Et on le voit bien d'ailleurs quand on écoute les propos de Bruno Retailleau. Ils ne considèrent pas le Front National puisqu'ils utilisent ces mots. Donc à partir du moment où il y a une différence fondamentale dans la façon dont on voit le Front National, le Rassemblement National, il y aura toujours ce problème. Après, on peut s'amuser à définir l'arc républicain.

7:51
Présentateur

Et vous évoquiez Bruno Retailleau, on va parler dans un instant de la bisbille qui l'oppose à Didier Migaud. Et on demandera à son avis à un ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Hervois, qui attend patiemment. Et on ira vers lui dans un tout petit instant. Juste avant avec vous, Mathilde Sirot, on disait que ce gouvernement était un gouvernement de second couteau, qui n'avait pas beaucoup d'expérience. On en a peut-être aussi la démonstration là, parce qu'Antoine Armand, il fait un peu une erreur de bleu, si vous me permettez l'expression, déjà d'aller à la radio très rapidement après avoir été nommé. Et puis sur l'arc républicain, comme ça.

8:16
Invité

Il a commencé dès sa nomination, parce que rappelez-vous, samedi, il est à peine nommé ministre de l'économie, que déjà il s'exprime dans le journal du dimanche, il fait une interview. Voilà, on sent quelque part une forme de précipitation, d'agitation pour un ministre effectivement très jeune.

8:34
Locuteur 4

Il choisit le JDD alors qu'il parle de l'arc républicain, c'est bizarre.

8:38
Invité

Par ailleurs. Il est très jeune, il n'a pas d'expérience ministérielle. Donc effectivement, ça donne l'impression de vouloir aller vite et de faire des erreurs. Cette situation-là, aujourd'hui, qu'on a vécue, elle ne fait que des perdants. D'une part, Antoine Armand, qui effectivement se retrouve recadré, mais aussi Michel Barnier, qui voit sa méthode mise à l'épreuve tout de suite, son autorité défiée. Et il n'avait que des mauvais choix. Il est dans une situation inextricable, Michel Barnier. C'est-à-dire que s'il laisse ses ministres braquer le Rassemblement national, on voit très bien que Marine Le Pen va dire « attention, je peux censurer à tout moment ».

Et au contraire, s'il donne l'impression de trop l'aménager ou d'aller chercher des points auprès d'elle, il peut perdre des voix du côté de son bloc central.

9:20
Présentateur

Vous connaissez la phrase de Jacques Chirac ? Vous emmerde. Vous l'avez dit, pas moi. Ça vole en escadrille. Il y a aussi ce qui s'est passé aujourd'hui, ça a commencé hier, il faut bien dire, avec des interviews par médias interposés, des réponses par médias interposés de Bruno Retailleau et Didier Migaud. Écoutez, on n'a vraiment pas l'impression que c'est la même ligne et juste après, on pose la question à un ancien garde des Sceaux pour savoir si c'est normal ou pas normal. Écoutez.

9:40
Locuteur 2

Bien entendu, il y a le volet judiciaire, la justice, parce que ça ne sert à rien d'appréhender des malfaiteurs si ensuite ils sont relâchés. Mais aujourd'hui, on a créé, je pense, en France, depuis trop longtemps, un droit à l'inexécution des peines. Il faut que les peines, les sanctions tombent.

9:56
Locuteur 8

Je crois que le laxisme de la justice n'existe pas. Il faut en convaincre celles et ceux qui le pensent. Qu'il y ait des possibilités d'améliorer, bien sûr, les réponses, c'est évident.

10:11
Présentateur

Jean-Jacques Hervoas, ancien garde des Sceaux, ministre de la Justice, sous le quinquennat de François Hollande. Allez donc, ça commence sur les chapeaux de roue, cette... C'est quasiment... En fait, on se demandait s'il y avait une cohabitation au sein de ce gouvernement. La voilà, la cohabitation, elle est entre Didier Migaud et Bruno Retailleau.

10:25
Locuteur 7

Ça a au moins un mérite, c'est que c'est pas nouveau. Vous trouverez dans tous les gouvernements, depuis 35 ans, une opposition spontanée entre la place Beauvau et la place Vendôme.

10:34
Présentateur

D'accord. Donc au fond, c'est quoi ? Circuler, il n'y a rien à voir ? Enfin, c'est quand même une machine à créer de l'impuissance politique, ça ? Puisque vous avez quand même deux personnalités de premier ordre qui disent méthodiquement et exactement l'inverse.

10:46
Locuteur 7

C'est tolérable de la part de personnalités qu'ils ne connaissent pas le fonctionnement de l'institution judiciaire. C'est plus discutable quand il s'agit d'un ministre de l'Intérieur qui considère à l'évidence que sa vocation est de satisfaire le corps policier plutôt que de s'occuper des besoins de la population. Parce qu'au fond, c'est toujours la même histoire. Les policiers considèrent qu'il y a une chaîne pénale qu'ils maîtrisent du début jusqu'à la fin et ils réduisent les juges dans une fonction de chambre d'enregistrement. Le problème, c'est que c'est pas comme ça qu'a écrit le code de procédure pénale.

11:15
Présentateur

– Sébastien Chenu, j'ai vu effectivement les réactions sur les réseaux sociaux de votre famille politique expliquant que ça commençait très mal, que ce que disait Didier Migaud était épouvantable. Bon, au fond, regardez, un ancien garde des Sceaux qui nous dit qu'en fait c'est assez classique sous la Ve République d'avoir une forme de tension entre le garde des Sceaux et les militaires intérieurs. – Oui, c'est d'ailleurs pour ça que ça ne marche pas.

11:31
Locuteur 5

C'est d'ailleurs pour ça que ça fait des années que ça ne fonctionne pas, que l'insécurité augmente, que l'immigration est hors de contrôle. C'est pour ça que ça fait des années qu'effectivement, il n'y a pas de résultat probant. Mais moi j'ai vu d'autres choses entre Retailleau et Migaud, quelque part de plus cruelles. J'ai entendu ce matin Bruno Retailleau dire « il faudra revenir sur le délit d'hébergement des étrangers en situation irrégulière ». C'est exactement, exactement ce contre quoi avait voté Didier Migaud lorsqu'il était député socialiste. Or l'une des premières propositions…

11:59
Présentateur

– Il vous est arrivé Sébastien Chenu de changer d'idée et de proposition…

12:03
Locuteur 5

– Non mais je ne suis ni ministre de l'Intérieur ni garde des Sceaux et je vois que l'une des premières propositions de Bruno Retailleau à laquelle je souscris rétablir ce délit, eh bien c'est exactement ce à quoi est opposé Didier Migaud. Bruno Retailleau le sait, si je le sais, il le sait également. Donc on a deux personnages qui ont des philosophies opposées. Je ne leur en fais pas le procès, ils ont des philosophies opposées. Quel résultat ça peut donner concrètement dans le rétablissement de l'ordre, de la sécurité, de la justice pour les Français ? Je me pose la question.

12:32
Présentateur

– Guillaume Durand, vous racontez dans votre livre bande à part vos souvenirs politiques, mais pas que. On parle aussi de David Bowie, Français sur de Coppola, Johnny Hallyday.

12:38
Locuteur 9

– Oui, il trouve que justement nous sommes trop existentialistes les Français à nous acharner sur le malheur, parce que lui il avait fait un disque sur le mur.

12:46
Présentateur

– Pas les clés de David Bowie là ? – Oui absolument. – Pas de Bruno Retailleau ou de Didier Migaud, non. – Non mais… – Est-ce que pour nous, non mais sur le grand classique sous la Ve République, sans remonter…

12:55
Locuteur 9

– Le problème ce soir, c'est l'autorité d'un… – Une opposition entre l'intérêt et la justice ? – Non mais maintenant qu'on a vu ce que vous avez montré et que nous l'avons commenté, le problème c'est l'autorité de Barnier avant même qu'elle ait fait un discours de politique générale et avant même qu'il y ait un budget avec des réponses. Le patronat leur dit d'accord, ce qui paraissait quand même assez improbable, d'accord pour certaines augmentations d'impôts, à la seule condition que vous fassiez en face, vous donniez la liste des endroits où on va désendetter, enfin désendetter en tout cas dégonfler ce que coûte l'État en France.

Alors pour l'instant, rien de tout ça n'est fait et on est en train de régler des problèmes entre les uns et les autres. En plus, ce qui est intéressant à mon avis dans l'histoire d'Antoine Armand, parce que je n'ai pas enquêté comme Mathilde, mais s'il est allé partout aussi vite, c'est qu'on lui a donné le feu vert. C'est-à-dire qu'on a dit, voilà celui qu'il faut qu'on mette en avant.

13:45
Présentateur

Sur son interview dans le journal dimanche.

13:46
Locuteur 9

Voilà celui qu'on doit mettre en avant, c'est le petit nouveau par rapport à ceux qui participent à ce qu'on peut considérer comme une certaine forme de coalition. C'est totalement raté.

13:54
Invité

Parce qu'il a été recadré dès dimanche par Matignon pour sa prise de parole.

13:58
Locuteur 9

Mais oui, mais donc l'opération Mathilde est totalement ratée depuis le début. Absolument, c'est Michel Barnier. Et ça retourne sur Barnier.

14:05
Présentateur

Thomas Legrand, on sait déjà les marges de manœuvre extrêmement réduites du gouvernement. Une majorité la plus courte possible. Et là, en plus, on a à ces deux postes-là, dits régaliens, un désalignement. Ça veut dire que concrètement, quand il va y avoir un fait divers, quand il va y avoir un fait d'insécurité, vous allez avoir d'un côté Bruno Retailleau qui va dire « Mais en fait, c'est parce que les juges n'ont pas été suffisamment sévères. » Didier Migaud qui va le renvoyer à l'indépendance de la justice.

14:30
Locuteur 4

C'est ça le grand risque. Parce que c'est un gouvernement, on sait, qui ne pourra pas faire grand-chose, pas légiférer. Il pourra, à la limite, voter le budget parce qu'il y a une série de 49-3 qui sont autorisés à ce moment-là. Il a droit à un autre 49-3 dans l'année. On n'imagine pas qu'il l'utilise sur des lois très importantes. Donc, on va avoir le domaine du décret. Le domaine décrétal en France est très important. Mais sur chaque fait divers, on va avoir des commentateurs. Des commentateurs qui vont vouloir se placer politiquement, qui vont vouloir établir leur fiche d'identité politique par leurs commentaires.

15:06
Présentateur

Qui vont vouloir aussi renvoyer Bruno Retailleau à ce qu'il disait quand il était dans l'opposition. C'est-à-dire qu'il était assez facile d'expulser, de réduire l'insécurité.

15:16
Locuteur 4

Il multiplie les truismes, vous savez, de l'ordre, l'ordre, l'ordre, sans jamais dire quel ordre. Et généralement, quand on dit ça, ça veut dire que l'ordre est un but et pas un moyen. Normalement, l'ordre est un moyen. Pour ces gens-là, pour cette droite-là, l'ordre est un but. Et quand il s'agit finalement de faire régner le vrai ordre, tous les ordres, l'ordre social, l'ordre économique, la justice, parce que l'ordre, normalement, c'est fait pour que la justice passe et que l'égalité, la liberté. Quand l'ordre est simplement un but, ça ne marche pas. Et il va être réduit donc, il ne va pas faire grand-chose, il va être réduit à commenter. Et donc, nous, on va commenter des commentaires.

Ça va devenir assez rapidement fatigant. Bon, ben, vous continuerez à...

15:57
Présentateur

Oui, on essaiera de varier. Et Sébastien Chenu, sur le profil de Bruno Retailleau et ses premières annonces, alors il y a cette opposition avec Didier Migaud, il y a ce qu'il dit sur le fait de vouloir, sinon supprimer, du moins réduire l'aide médicale d'État, il y a cette plainte contre un député insoumis, Raphaël Arnaud, qui a évoqué des policiers assassinants, je cite, des Canaques en Nouvelle-Calédonie. Vous, tout ça, un ministre de l'Intérieur du Rassemblement National,

16:19
Locuteur 5

il dirait à peu près la même chose, non ? Oui, il y a une différence entre dire et faire. Moi, j'ai entendu Bruno Retailleau dans sa carrière politique, j'ai suivi ce qu'il avait fait. Je me souviens de lui, souverainiste chez Philippe de Villiers, contestant l'Union Européenne. Là, il est dans un gouvernement dont le ministre des Affaires Européennes est Jean-Noël Barraud, c'est-à-dire le plus fédéraliste des ministres des Affaires Européennes que nous n'ayons eu jusqu'à présent. C'est assez amusant. Donc, il y a dire et faire. C'est une coalition. Dans les coalitions, il y a des gens qui ne pensent pas tout à fait pareil, qui décident de se mettre ensemble pour faire avancer les choses.

Oui, qui pensent même l'opposé. Et c'est assez étrange lorsqu'on pense exactement l'opposé, de trouver un résultat concluant au bout du compte. Mais il n'a pas tous les leviers. La réalité, c'est que c'est ça. On voit bien qu'avec l'opposition qu'il a, avec le garde des Sceaux, il manque évidemment le lien efficace entre la justice et le ministère de l'Intérieur. Et puis, il n'a pas les leviers.

Parce que pour un certain nombre d'améliorations sur ces sujets-là, ou en tous les cas, pour mener une autre politique, il faut pouvoir avoir non seulement le soutien d'une majorité, le soutien d'un président de la République, pouvoir déclencher par exemple, avec le soutien du président de la République, un référendum. Tout ça, Bruno Rotaillot ne pourra pas le faire. Donc par conséquent, il va beaucoup parler, il va essayer d'agir. Moi, je lui donne le crédit qu'il puisse essayer d'agir sur quelques points. Il sera très vite limité. C'est ça finalement, les Républicains. Ils ont voulu aller jouer en Macronie. Ils ont voulu fonctionner avec la Macronie, alors qu'ils ne pensent pas pareil.

Bruno Rotaillot ne pense pas la même chose que Didier Migaud ou que des macronistes. Eh bien, les résultats seront à mon avis assez limités.

17:46
Présentateur

Mathilde Sirot, vous qui connaissez les coulisses de ce que pensent, ce que disent, ce que confient les responsables dits du bloc central, c'est-à-dire les macronistes, ils sont mal à l'aise avec les prises de position de Bruno Rotaillot ? Ça commence à tirer un petit peu, puisqu'il dit tout ce que ces responsables-là critiquaient quand ils étaient majoritaires.

18:05
Invité

On a vu des commentaires pour le moins réservés sur la nomination de Bruno Rotaillot. Et d'ailleurs, dans l'équipe même du gouvernement, vous avez par exemple la ministre du Travail, Astrid Panouz-en-Bouvet, qui avait, elle, exprimé des réserves sur la loi immigration, version d'Armanin Born, de cet hiver. Donc on touche un peu aux limites de l'exercice de cette coalition extrêmement fragile et qui en plus ne repose pour l'instant sur aucun socle, on va dire, idéologique, ni même de feuille de route finalement, parce que contrairement à d'autres démocraties parlementaires, il n'y a eu rien signé, pas eu d'accord sur le fond.

Donc, si vous voulez, par quoi sont-ils liés tous ces ministres, si ce n'est par Michel Barnier ? Et justement, il n'y a pas que des soutiens dans cette équipe-là ou que des gens de son camp.

18:57
Présentateur

L'envie d'être ministre.

18:59
Invité

Peut-être l'envie d'être ministre, je vous laisse à cette appréciation, Benjamin, mais ça peut jouer.

19:03
Présentateur

Guillaume Durand, sur l'appréciation générale de cette situation politique, ça peut durer combien de temps ?

19:08
Locuteur 9

Alors moi, je le pense, tout à l'heure je parlais de la malédiction du second mandat, mais il y a aussi quelque chose pour ne pas toujours, et Thomas a raison, commenter le commentaire de gens qui ont fait des erreurs, c'est que tous les derniers quinquennats ont été tamponnés par l'extérieur, donc pas par la situation politique intérieure, mais par le Covid. Ça a été deux crises économiques pour Nicolas Sarkozy. Et là, ce soir, peut-être qu'il y a par exemple l'instant, on est quand même à moins 5 de la guerre au Proche-Orient.

Donc c'est ça qui va jouer un rôle énorme et qui va demander à tous les gouvernements, chez eux, mais au niveau européen, de prendre des positions sur un sujet qui est quand même totalement explosif. Vous n'en avez pas parlé tout à l'heure avec Lucie Castec, mais en tout cas les prises de position d'une partie de LFI sur cette affaire-là sont quand même très particulières.

Si c'est la guerre, répercussion en France, et alors là on reprend évidemment la conversation, qui est dans quel camp, derrière les Israéliens, derrière les Palestiniens, que va faire le bon arabe, les problèmes de l'énergie qui s'opposent en termes de tarifs, qu'est-ce qui va se passer avec les prix pétroliers, tout ça, non seulement ça ne va pas de dire un peu tout et n'importe quoi quand on est ministre de l'économie dans les deux premiers jours de son arrivée à Bercy, mais quand en plus il y a une sorte de sonorité tragique qui vient du Proche-Orient, ça devient absurde.

20:22
Locuteur 4

En quelques secondes, Thomas Le Grand, vous voulez rajouter quelque chose ? Non, mais sur la durée, parce que votre question c'était la durée. Moi je pense que par là que seulement ça peut durer, parce que personne n'a vraiment intérêt à ce que, oui, et Marine Le Pen, dont on n'arrête pas de dire, on lui donne beaucoup de pouvoir, qu'elle a le pouce là et qu'elle peut le mettre comme ça, elle va attendre que Michel Barnier soit très impopulaire pour pouvoir faire ça. Pas très populaire. Oui, mais enfin, il y a encore besoin de crédit, on attend de voir. Et puis personne n'a de solution de remplacement, donc je pense que ça peut durer.

20:50
Présentateur

Merci beaucoup messieurs, merci madame.