Clémentine Autain : "La solution au cadmium, c'est la réglementation"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le cadmium est cancérogène, avéré depuis 1993. Les premiers reportages, je vous le dis, je suis allée regarder sur l'INA, les premiers reportages sur le cadmium qui nous alertent, c'est dans les années 80. Le rapport de l'ANSES, le premier qui alerte, c'est en 2011. D'après vous, pourquoi il ne se passe rien avant dans ce cas ? Mais parce que nous avons des politiques qui cèdent à des lobbies, à des intérêts privés, qui finissent par primer sur l'intérêt général, sur la santé publique. Écoutez, en tout cas, je constate qu'il n'y a pas de politique publique qui prenne la mesure des risques, des dangers et qui agissent. Parce que, quelle est la solution ? Soit on renvoie chacun.
Alors avec le cadmium, c'est très compliqué parce qu'il y en a partout. À des comportements individuels, on vous dit, faites attention, diversifiez votre alimentation. Mais en fait, il n'y a pas de solution. La solution, elle est la réglementation. L'extrême droite, le Rassemblement National a voté contre notre proposition. Il faut le savoir parce qu'ils n'ont que le mot sécurité à la bouche, comme les députés LR du matin au soir. Mais quand il s'agit de protéger notre santé, de sécuriser nos vies avec ce qu'il y a dans nos assiettes, il n'y a plus personne. Et on nous dit, votre proposition, elle est une punition. Vous savez, c'est ce fameux débat sur l'écologie punitive. Oui, bien sûr.
Mais la punition ultime, c'est évidemment d'avoir un cancer du pancréas dont on meurt dans 90% des cas. C'est d'avoir des maladies chroniques qui explosent parce que le cadmium, c'est aussi un cocktail qui, en fait, se produit. Parce que vous prenez du cadmium et vous prenez des pesticides, vous prenez toute une série d'additifs. Et en fait, le poison, il est fait de différentes choses. Donc, il y a besoin d'agir et d'agir vite ce que ne font pas les gouvernements parce qu'ils sont acquis à l'agro-business, à la logique de la compétitivité qui serait supérieure à l'intérêt général et à la santé publique. Et c'est ça qu'il faut inverser.
Clémentine Autain