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AutrePublic Sénat (sur YouTube)· 1 septembre 2026 44 minMixte

Balladur : l'homme qui a cru devenir Président

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— Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue. C'est Sens Public, votre rendez-vous quotidien de débats, chroniques et reportages, nouveaux génériques, nouveaux décors.

Mais la promesse n'a pas changé. Donnez du sens à l'actualité. Vous proposez des clés de mutation de notre société, clé de compréhension des mutations de notre société.

Et voici le sommaire de ce 1er septembre. Un grand serviteur de l'État, l'héritier politique de Georges Pompidou, le réformateur libéral, l'homme qui a cru devenir président. Les qualificatifs les souvenirs remontent après le décès d'Edouard Balladur à l'âge de 97 ans au-delà des caricatures qui étaient vraiment le dernier premier ministre de François Mitterrand.

Réponse dans une minute et puis dans la seconde partie de ce sens public, la déferlante de l'intelligence artificielle qui bouleverse cette rentrée scolaire. De fait, la quasi-totalité des lycéens et des collégiens utilisent les outils d'IA à la maison. Il va falloir de voir où on peut réviser, de fait.

Et on voit bien qu'en fait, on est percuté dans toutes nos dimensions. Ce que j'apprends, comment je l'enseigne, comment je l'évalue. Le ministre de l'Education annonce une heure par semaine pour les lycéens de seconde à la rentrée prochaine.

N'est-ce pas trop peu ? Et trop tard, comment l'intelligence artificielle est-elle en train de bouleverser notre capacité à apprendre, à écrire, à penser ? Comment ne pas abandonner l'éducation de nos enfants à tchat GPT ?

C'est un défi générationnel que l'on vous raconte dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, vous pouvez participer à l'émission. J'attends vos questions, vos témoignages, vos réactions grâce à ce QR code qu'il suffit de scanner.

On commence tout de suite par la disparition d'Edouard son portrait signé Stéphane Duguay. C'est M. Jospin et M.

Chirac qui seront présents au... « Je vous demande de vous arrêter. » C'est avec cette phrase qu'Edouard Balladur est rentré dans toutes les mémoires le soir de sa défaite, au premier tour de l'élection présidentielle de 1995.

Une défaite amère pour celui qui est alors Premier ministre et favori des sondages, loin devant son ami de 30 ans, le président du RPR Jacques Chirac, contre lequel il s'était finalement présenté. Avant de prétendre à l'Elysée, Edouard Balladur, haut fonctionnaire, a commencé sa carrière politique dans l'ombre de Georges Pompidou, d'abord comme conseiller du Premier ministre en 1968, puis comme secrétaire général de l'Elysée après l'élection de Georges Pompidou en 1969. Edouard Balladur quitte ensuite la politique pour faire carrière dans le privé avant d'être rappelé par Jacques Chirac dans les années 80.

Il fait une entrée remarquée au ministère de l'économie où il organise les privatisations d'entreprises comme Saint-Gobain, Suez ou TF1. une marque libérale qu'il poursuivra lorsqu'il devient pour la première fois chef du gouvernement lors de la deuxième cohabitation en 1993. J'ai demandé à monsieur le ministre du Budget de bien vouloir préparer et une loi portant collectif budgétaire.

Il devra comporter des économies d'au moins 20 milliards. D'ores et déjà, j'en préviens l'opinion publique. nous serons obligés de demander à tous des sacrifices pour assurer le redressement.

Ce sera la dernière fonction de premier plan exercée par Édouard Balladur, marginalisée par sa défaite contre Jacques Chirac en 1995. Il faudra attendre 2007 et l'élection d'un de ses fidèles, Nicolas Sarkozy, pour le voir piloter la réforme de la Constitution et des collectivités locales. Mais Édouard Balladur, c'est aussi l'affaire Karachi.

L'ancien Premier ministre était soupçonné d'avoir mis en place un système de rétro-commission abusif à l'occasion de marchés d'armement entre la France, l'Arabie Saoudite et le Pakistan. Une affaire dans laquelle il avait finalement été relaxé. Voilà ce sujet, un certain nombre de passages de notre débat grâce à des extraits d'un documentaire « Balladur Chirac, mensonges et trahisons » réalisé par Jean-Charles Deniaud et Roche Productions à voir samedi à 20h sur notre antenne ou sur la plateforme publicsénat .fr « L 'homme qui a cru devenir président ».

C'est le titre de ce débat, j'accueille Roselyne Bachelot, bonsoir, ancienne ministre évidemment, Patrice Duhamel, bonsoir et bienvenue, éditorialiste politique, vous publiez ce livre « Le crépuscule des dieux » aux éditions de l'Observatoire et vous aviez notamment rencontré Edouard Balladur qui témoigne dans ce livre. Carole Barjon, bonsoir et bienvenue, vous êtes éditorialiste politique à la rue Politique et parlementaire et Jonathan Boucher-Pétersen, bonsoir, bienvenue Jonathan que je retrouve avec plaisir comme éditorialiste politique pour Sens Public et vous êtes toujours à Libération. Quels mots vous viennent, tiens spontanément Roselyne Bachelot pour définir ou vous souvenir d'Edouard Balladur ce soir ?

Je me souviens d'Edouard Balladur comme le prototype finalement d'un modèle politique qui a disparu, c'est-à-dire un ultralibéral qui le dit carrément, qui travaille uniquement avec des vedettes, des stars de la politique qui s'entourent d'équipes extrêmement compétentes. Un homme qui soudait dehors un peu austère n'était pas dépourvu du mur. Je me souviens d'une réunion du RPR où il me dit, Roselyne, que faudrait-il que je fasse pour paraître plus jeune question un peu difficile et je lui réponds...

La réponse est difficile aussi. Et je lui réponds, et si vous portiez des baskets ? Et il me fait, vous êtes sûr que ça m'irait ?

Et finalement, quand je repense à Édouard, je repense aussi à ce mélange d'austérité finalement souriante. Et d'humour, c'est peut-être pas effectivement le premier mot qui nous vient à l'esprit pour ceux qui ne l'ont pas rencontré. Vous le connaissiez bien évidemment, Patrice Duhamel, vous l aviez, je l'ai dit, rencontré pour votre livre qui porte sur la santé des présidents.

Et c'est vrai qu'il a assisté à l'agonie de deux présidents, Georges Pompidou quand il était secrétaire général de l'Elysée et François Mitterrand quand il était Premier ministre. Peut-être un souvenir très personnel, votre dernier rendez-vous avec Edouard Balladur, c'était quand ? Comment était-il ?

C'était il y a quelques mois, peu de temps avant la disparition de sa femme, qui a été un choc absolument considérable pour lui. Et après, sa santé s'est très vite détériorée. Et écoutez, le cerveau fonctionnait à 200 à l'heure.

Je partage, le connaissant moins bien, mais je connaissais quand même assez bien ce que dit Roselyne sur son sens de l'humour. Un humour très vachard, quand même. Et Roselyne est une grande spécialiste.

Et il me parlait toujours de...

Parce que là, en l'occurrence, on parlait de...

Il me dit que j'ai été peut-être un peu trop loyal quand je disais que François Mitterrand pouvait exercer ses fonctions normalement jusqu'à la fin. J'avais tort, il en était totalement incapable. Il l'a fait par loyauté, par sens de l'État.

Moi, avec ses défauts, il n'est plus, il est old school et c'est plutôt du 20e que du 21e siècle. Mais moi, je pense que c'était un vrai homme d'État qui vraiment sacrifiait peu de choses à l'intérêt général et il a été absolument héroïque avec Georges Pompidou, pour lequel il avait...

C'était au-delà de l'admiration. C'était presque un père pour lui. C'était très spectaculaire, ce qu'il disait sur Georges Pompidou qui, dans les derniers mois, était incapable de prendre des décisions la plupart du temps et donc...

Alors on peut contester parce que ça l'était qu'à aux fonctionnaires à ce moment-là. Même s'il était sclataire général de l'Elysée, il n'était pas élu et c'est lui qui prenait les décisions. On y reviendra j'espère parce qu'il y a beaucoup de chapitres et de thèmes à aborder dans ce débat.

Et l'homme de 68 très important mais en mai 68 ça a été peu dit depuis hier soir, c'est lui qui faisait le relevé de conclusion. Il n'y a pas d'accord à Grenelle. On dit toujours qu'il y a eu un accord à Grenelle.

Il n'y a pas eu d'accord parce que il y a eu un relevé de conclusion qui a été dénoncé le lendemain matin par la CGT. Mais c'est lui qui faisait le relevé de conclusion. – Alors, je reviens sur le lien avec Georges Pompidou.

Carole Barjon, vous signez pour l'Obs le portrait d'Edouard Balladur. On va voir cet article et le titre. Le dernier des Pompidoliens.

C'était le dernier des Pompidoliens pour vous – Oui, il me semble. – Pourquoi vous choisissez cette filiation ? – Parce que c'est la sienne, tout simplement.

En fait, Édouard Balladur a commencé à travailler, enfin à entrer dans la haute politique au fond au pouvoir en 64 parce qu'il est appelé au cabinet de Georges Pompidou où il est chargé du social et il est le jeune conseiller social de Pompidou pour lequel il a une admiration sans borne et que Pompidou apprécie énormément pour sa puissance de travail et aussi sa discrétion parce qu'il est très discret Edouard Balladur. Et je raconte donc dans ce papier que Jean-Pompidou lui donne ce conseil en lui disant vous allez être chargé de négocier avec les syndicats ne mentez jamais mais ne vous engagez sur rien ça c'est mai 68 aussi n'en dites pas trop mais ne mentez jamais et ça c'est le conseil de pompidou qui l'a repris cette formule quand il évoque justement le mensonge en tout cas la dissimulation sur l'état de santé de george pompidou il dit nous n'avons pas menti nous n'avons simplement pas tout dit voilà ça dit aussi c'était exactement le conseil de pompidot alors sur le c'est vrai qu'il ya beaucoup de témoignages qui mettent en avant le sens de l'état des devoirs baladur qu Qu'est-ce qui revient dans vos souvenirs pour illustrer cette capacité ? Alors, le sens de l'État, c'est que c'est quelqu'un qui ne pensait pas que l'État était à son service, mais qu'il était bien au service de l'État.

C'est tout à fait le grand commis et il a une structure, je dirais, idéologique. Il a un programme et il le fait. Ce n'est pas quelqu'un qui a menti à ce sujet et il accepte, vis-à-vis de l'opinion publique, il parle des sacrifices.

Et quand on refait le bilan de son oeuvre de Premier ministre, on est d'accord ou pas, mais quand on regarde le déficit qui baisse de 20 points, quand on regarde l'augmentation de la TVA, des remboursements d'un certain nombre, enfin le moindre remboursement des médicaments, l'augmentation du forfait journalier et puis bien sûr le passage des années de cotisation de 37 5 ans à 40 ans, on est assez...

C'est libéral voire ultra-libéral. C'est pas l'homme du progrès social ça on peut aussi dire. On peut discuter.

Ah il y a le débat qui va s'ouvrir là. Pas sûr que ce soit les héritage qui reste dans l'esprit des français. Mais oui et on se rendra compte qu'il fallait prendre des mesures courageuses sans doute pour justement préserver notre modèle social.

Et d'ailleurs Lionel Jospin n'est pas revenu sur cette réforme des retraites. Exactement mais c'était quelqu'un qui était capable sur certains sujets. Écoutez, je me rappelle, avec mon ami Gisèle Halimi, à partir de 90, nous faisons un entrisme absolument incroyable sur la parité.

Et avant 95, avant les élections, on va rencontrer les trois candidats qui ont eu une chance de gagner, Jospin, Chirac et Balladur. Bon, on s'est fait balader par Chirac et Jospin qui nous ont promis mais sans prendre d'engagement. Je me souviens, on est avec Gisèle, devant Edouard Balladur et Simone Veil, dans le bureau d'Edouard Balladur.

Et là, il est le seul qui prend un engagement formel de mesures volontaristes, coercitives sur l d'avancement sur ces mesures. C'est-à-dire...

Alors, c'est pas la parité. Il nous promet pas la parité, mais il promet un quota du tiers. Et franchement, Il était très original à ce moment-là.

Mais il est beaucoup moins conservateur qu'on ne l'a dit. C'est-à-dire, Carole Barjon, sur quel thème, par exemple ? En fait, Edouard Balladur est vraiment un libéral.

Alors matinée quand même de colbertisme parce que voilà quand même même s'il n'était pas gaulliste et qu'il est d'abord pompidolien il y a quand même cette culture de l'état mais c'est un vrai libéral au sens où il est libéral en économie on vient de le dire mais il est aussi libérale sur les questions sociétales moi je me souviens d'entretiens avec lui sur les questions du mariage pour tous sur des questions comme ça il était assez ouvert et j'entends sûrement que dans l'époque c'était plus singulier le regard qu'on peut porter aujourd'hui, mais c'est vrai qu'il y avait une majorité pléthorique à l'Assemblée, pour le coup rien n'empêchait de faire des choses je ne suis pas sûr que sur 93-95 on ait des avancées sociétales qui démontrent cette ouverture dans les fois C'est vrai que les entretiennes dont je parle c'était après Mais il y a 30 – Je ne dis pas du tout que c'était un psychorégime réaccélère. – C'est après, effectivement, après s'effonceront à Matignon. Mais voilà, c'était assez original pour quelqu'un. – Les surnoms qui lui ont été donnés, les surnoms qui lui ont été données.

Il y en a eu beaucoup, assez désagréables, en général. Il y en a un qui ne correspond pas du tout à la réalité. C'est Dounou ?

C'est Balamou. C'était vraiment le faux mou. Et par exemple, cette affaire très spectaculaire de la prise d'otages est eu des tournements d'avions à Noël 94, au moment où la campagne démarrait.

Mitterrand était parti se reposer à Venise, il avait fait un malaise, il était incapable de parler au téléphone à Baladur. Et Baladur a géré tout seul l'affaire...

Avions qui part d'Alger, qui est détourné par un communiste amniste et qui arrive à Marseille. Je ne sais pas si Roselyne se souvient, mais tu n'étais pas au gouvernement en ce moment. Non, non, non, je ne sais pas.

Il était en désaccord avec Pascoua. C'est Pascoua qui était hostile à l'idée qu'elle vienne à Marseille, et c'est Baladur tout seul en liaison avec Védrine, à l'Elysée, secrétaire générale de François Vitterrand, qui a décidé ça, contre l'avis de Pascoua. Et c'était assez et c'est lui qui négociait avec le président algérien.

Il a vraiment été assez courageux dans cette affaire-là. Il était dur avec ses collaborateurs, il était dur avec son équipe ministériel, il demandait vraiment une discipline de faire. À propos de Mitterrand, il y a eu un conseiller des ministres deux ou trois mois avant l'élection de 1995, où Mitterrand a fait un mal à l'aise.

Védrine est venu lui apporter quelque chose, enfin il avait perdu connaissance. En plein conseil d'Église ? Oui, pendant le conseil.

Et c'est parce quoi qu'il faisait sa communication de ministre de l'Intérieur, on lui a fait signe de continuer et, à la fin du Conseil, il a réuni tout le monde à l'entrée dans le vestibule de l'Elysée et il leur a dit pas un mot à la presse. Si l'un d'entre vous parle, je saurai qui c'est et je le vire dans les 30 secondes. Et il n'y en a pas un qui a parlé.

Alors que le malaise, paraît-il, était vraiment très spectaculaire. Donc on retire Balamou de la liste des surnoms qui étaient donnés à Édouard Balladur. Évidemment, c'est presque un cas d'école, l'histoire d'Édouard Balladur pour les politiques, pour les instituts de sondage aussi.

On va raconter la campagne présidentielle perdue de 1995 avec Alexandre Poussard tout de suite. – Sous-titrage Société Radio – Édouard Balladur qui perd son duel face à Jacques Chirac, présidentiel 95, alors qu'un an avant le scrutin. Alexandre, bonsoir, bienvenue.

Il était en tête dans les son âge. Et oui, on le rappelle en 93 au moment des législatives, selon les Chirakiens, Édouard Balladur et Jacques Chirac s'étaient partager les rôles. Le premier devait diriger le gouvernement de cohabitation et le second devait avoir le champ libre pour être candidat à la présidentielle 1995 le problème c'est qu'un an avant ce scrutin les sondages sont en faveur du premier ministre edouard balladur à l'été 1994 dans les intentions de vote de premier tour on va regarder ce sondage ipso c'est bien edouard balladur est à 30 % et jacques chirac à 23 % alors à l'automne 1994 jacques chirac décide quand même d'y aller se déclare officiellement candidat à la présidentielle.

Mais deux mois plus tard, en janvier 1995, il continue d'être distancé dans les sondages par son ami de 30 ans selon ce sondage sauf fraises de Le janvier, Edouard Balladur est à 32 % d 'intention de vote au premier tour et Jacques Chirac à 18%. Si bien qu'à l'époque la presse se demande si Jacques Chirac ne va pas abandonner. Regardez cet échange historique entre les journalistes et les chabot et jacques chirac sur le plateau de france 2 quoi qu'il arrive j'irai jusqu'au bout dans cette campagne présidentielle monsieur chirac vous n'avez pas l'intention de renoncer vous irez bien jusqu'au bout c'est la question c'est vrai que certains s – Vous parlez sérieusement, là, ou vous faites de l'humour ? – Certains se demandent de temps en temps une détermination, quoi qu'il arrive. – Écoutez, soyons sérieux, je vous en prie. – Bien, M.

Chirac, je reviens ça. – Merci dans la foulée le journal le monde publie un article du patron de la sofresse un institut de sondage le titre pour l'opinion l'élection présidentielle est déjà joué Voilà pour cet extrait du documentaire Baladur, Chirac, mensonges et trahison réalisé par Jean-Charles Degnaud rediffusé en ce moment sur publicsénat .fr et diffusé sur notre antenne ce samedi à 20h Allez on retourne janvier Et 95, c'est le moment où Édouard Balladur décide d'y aller. – Eh oui, la guerre fratricide est officiellement déclarée.

Édouard Balladur annonce sa candidature à la présidentielle depuis l'hôtel de Matignon. – J'ai décidé de de présenter ma candidature à la présidence de la République. C'est la confiance de nos concitoyens, maintenus depuis 20 mois.

C'est la nécessité du rassemblement le plus large possible des français qui me déterminent à solliciter leur suffrage. Alors, à ce moment-là, Edouard Balladur part donc en campagne, mais ce n'est pas l'exercice dans lequel il est le plus à l'aise. Et face à lui, Jacques Jacques Chirac sait faire campagne, il multiplie tous les déplacements dans le pays, les poignées de main.

Il se construit une image plus sympathique et son thème de campagne de la fracture sociale parle au français. Et au printemps, les courbes dans les Les sondages s'inversent. Oui, en mars, selon les intentions de vote au premier tour, Jacques Chirac vire en tête.

Si on regarde ce sondage de mars de la Saufresse, Jacques Chirac est à 24%. Le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin à 21 % des intentions de vote. Edouard Balladur arrive au seuil de la barre des 20%, une tendance qui va se confirmer le jour du scrutin, le jour du premier tour, puisque Lionel Jospin et Jacques Chirac se qualifient au second tour de la La présidentielle, Edouard Balladur arrive 3ème avec 18 ,6 % des voix.

Il est éliminé et depuis cet épisode, on dit souvent qu'il ne vaut mieux pas être en tête des sondages à un an de la présidentielle. Effectivement, leçon à méditer. Merci beaucoup, Alexandre.

Qu'est-ce qui manquait à Edouard Balladur pour être un bon candidat ? On a dit qu'il avait les qualités d'un homme d'État. Qu'est-ce qui lui manquait ?

Quand il est interrogé par l'Institut national de l de visuel, il dit pour faire une bonne campagne présidentielle il faut dire du bien de soi et dire du mal des autres et comme je suis un homme bien élevé j'ai appris qu'on ne disait pas du bien de soi et qu'on ne disait pas du mal des autres Je crois que c c'est assez révélateur, mais là où je ne suis pas d'accord avec les analyses, c'est qu'on a l'air de présenter la décision d'Edouard Balladur de se présenter à la présidentielle comme résultant d'une montée de l'opinion publics. Or, moi, j'ai été...

Je suis député depuis...

Enfin, j'ai été député depuis 88. Je veux vous dire que la décision d'Edouard Balladur, elle a été prise tout de suite en sortant de l'épisode 86-88. C Sinon, il n'aurait pas développé les stratégies que j'ai vues se développer avec des invitations de députés du RPR de l'époque réguliers dans un restaurant qui est au Faubourg Saint-Germain qui s'appelle la ferme Saint-Simon, que certains ont peut-être connu dans une vie antérieure où il organisait des déjeuners plantureux pour appâter les députés que nous étions et en particulier les Chirakien à poil dur dont je fais partie.

C'était quoi le menu ? Je ne me souviens pas, mais en tout cas on était quelques-uns et quelques-uns, enfin surtout quelques-uns et pas beaucoup autour d'Edouard Balladur à discuter de politique. De toute façon, sa décision s'est confortée dès son arrivée à Matignon et c'est vrai qu'est-ce qui lui a manqué, je ne sais pas mais je me revois avec Chirac.

On est aux journées parlementaires de Colmar en 94. Tout le monde attendait Balladur, Chirac n'existait pas. C'est la période où Chirac est très dans les sondages.

On est tous les deux, on rentre deux dîners, on est tous les deux sur un banc, sur la place devant l'hôtel et je lui dis tu sais Jacques, il y a une chose qu'il faut que tu dises, c'est que si tu gagnes, tu ne pardonneras pas ceux qui t'ont trahis. Parce que comme tous les gens pensent que tu es un gars sympa, si tu gagnes et qu'ils ont rallié Balladur, ça n'est pas grave parce que Balladur au contraire c'est un salaud, lui s'il gagne il ne pardonnera pas à ceux qui ont soutenu Je crois que je lui ai donné un très mauvais conseil, parce que quand on est élu, il faut toujours pardonner à ceux qui vont constituer votre majorité. Il lui a manqué d'être un vrai politique.

Alors, je vous donne la parole tout de suite, Patrice Hamel, sur le côté campagne électorale. Je veux bien entendre vos réactions, vos témoignages, je vous analyse là-dessus. Mais on va écouter Michel Barnier sur ce thème, l'ancien Premier ministre qui parle aussi d'un Et son ministre de l'Environnement.

Vous avez raison, qui parle d'un Édouard Balladur peut-être trop sérieux. Il était moins fait pour plaire et faire des des campagnes et du populisme pour gouverner. Moi, je garde le souvenir, pas de nostalgie, mais de grands souvenirs d'un homme d'État, d'un homme qui avait une grande rigueur intellectuelle, toujours ponctuel, très ponctuel.

Il allait mieux arriver au conseil des ministres à l'heure et même aux réunions à Matignon à l'heure. Il était aussi un homme de dignité. Beaucoup de souvenirs de la dignité qu'était la scène parfois peut-être excessive au point d'être ennuyeux comme cela a été dit ou trop sérieux mais moi je pense que les français la dignité et le respect faisaient partie de son ADN Et si vous voulez réagir, on vous remet le QR code, n'hésitez pas à participer, à poser vos questions à nos invités.

Et il a vraiment cru devenir président, avec ses sondages, avec même toute la presse, on a revu La Lune du Monde, enfin bon, il y avait ce mouvement, moi j'étais à TF1 à l'époque, je me souviens quand même qu'il y avait Il y avait un baladurisme ambiant qui était assez présent, on va dire ça comme ça. Dans une grande majorité des médias. Libération, je ne crois pas.

Non, mais dans le monde, il y avait des articles. En revanche, le monde était t'es au minimum aussi baladurien que jospinien. Pour moi, celui qui aurait dû être élu, c'est Jacques Delors.

Mais maintenant, il venait, parce que dans le paysage, ça a beaucoup changé les choses. Mais tout simplement, je crois qu'il n'était pas du tout fait pour faire des campagnes électorales comme Raymond Barr en 88. Il n'était pas à l'aise.

Moi, je l'ai croisé comme citoyen avec ma femme dans un marché. Il n'était pas à l'aise du tout. Il nous a même demandé ce qu'on faisait là, si c'était spectaculaire.

Il faisait des dîners-débats et il exigeait que personne ne mange avant qu'il ait terminé son discours. C'est-à-dire les types crevaient de faim, mais je ne veux pas entendre de bruit de fourchette. Mais quand on fait des banques républicains, on entend les bruits des fourchettes.

Il n'était pas fait pour ça. Dans votre article, Carole Barjon, vous racontez son premier meeting de campagne. On a vu un extrait de sa déclaration de candidature depuis Matignon, ça peut se discuter, ça déjà ?

Très discutable. Et alors son premier meeting, c'était quoi ? C'était incroyable.

Moi, c'est là où j'ai compris qu'il allait perdre, en fait. Parce que c'était...

Les murs étaient tendus d'un tissu ou d'un papier rose, saumon, un peu comme vous savez dans les...

C'était la mode de mettre du tissu saumon dans les salons à l'époque. Et ça faisait donc plutôt salon de thé que...

Intérieur bourgeois, on va dire ça comme ça ? Oui ! Donc là, je dois dire que je n'en croyais pas mes yeux.

Et ça, avec ce qui s'était passé avant, c'est-à-dire le fait de présenter sa candidature sous les d'horrures qui impliquaient au fond qu'on avait l'impression qu'ils voulaient glisser du siège de Premier ministre à celui de président de la République. Donc ça, plus le meeting Saumont...

Moi, j'ai J'ai compris tout de suite qu'il allait perdre. Je pense que Patrice le rappelait. Il n'était absolument pas fait pour une campagne électorale.

C'était quelqu'un d'une exquise politesse, charmant en privé, effectivement ironique, drôle, mais il n'aimait pas aller au contact. – Mais ça, c'est un manque de lucidité ? – Non, c'est intempérament !

Il se lance malgré tout, pourquoi ? Parce que tout le monde autour de lui lui dit qu'il faut y Des années plus tard, il l'ironisait là-dessus. Roselyne parle de l'entretien à Lina, parce que c'est Michel Cota et moi qui l'avons fait.

Il s'amusait. On a dû faire ça il y a un an, un an et demi, il s'amusait avec ça. Ça l'amusait de rappeler toutes les erreurs qu'il avait faites pendant sa campagne.

Il en riait beaucoup. C'était assez drôle. Et l'histoire du faux cousin ou je ne sais pas trop quoi qu'ils rencontres.

Alors attendez, vous allez nous la raconter dans un instant, mais Carole Barjon, il y a autre chose qui est au-delà de sa personnalité, donc voilà, il ne va pas au contact, c'est que quand même, il s'est appuyé sur l'UDF et l'UDF, c'est un parti de notable et sur les parlementaires qui ne pensent qu'à une chose, mais exactement, exactement, qui ne pensent qu'à une chose, c'est à leur réélection, alors qu'en face, il y avait un parti de militants, parce qu'à l'époque, le RPR, c'est pas Roselyne Bachelot qui me démentira, c'était un parti de militants aguerris et pour Balladur, la politique, c'était au fond l'exercice du pouvoir, mais c'était pas la guerre. Et dans une campagne électorale, à un moment, on fait la guerre et Chirac, c'était un guerrier. – Sur le fond aussi, parce que j'entends qu'on fait le portrait d'un libéral moderne, tout ce qu'on veut, c'est aussi le début du cercle de la raison, d'une forme de suffisance aussi à l'égard de débats qui étaient légitimes.

Son principal problème, c'est d'avoir eu quelqu'un comme Jacques Chirac face à lui aussi. C'est-à-dire qu'on était vraiment dans l'anti-portrait, de la chair, du rapport aux Cette intuition de la fracture sociale qui venait peut-être répondre aussi à quelque chose. Si le fond du discours a porté avec la question sociale, c'est parce que le négociateur de 68, bon, encore une fois je le dis, dans l'exercice du pouvoir, que ce soit comme ministre des finances, avec un grand sens de l'État mais un grand sens de la privatisation aussi.

Voilà, il y a quand même...

C'est tout à fait normal dans les moments où on refait 50 ans de vie politique, il y a évidemment quelqu'un qui est au-dessus de la moyenne et qui a contribué au sort de ce pays. Après, voilà, c'était pas une Rolls-Royce de la campagne électorale et ça reste quelqu'un qui a appartenu à une parenthèse libérale dont la droite n'a fait que s'éloigner au fil des années derrière lui. – Il faut dire que Chirac avait aussi le soutien de la gauche quand même.

Je veux dire Mitterrand... – Et de François Mitterrand Ier. – Bien sûr, à donner des signes. – Bon, il y a encore plein de thèmes à aborder.

C'est quoi l'histoire du cousin ? – Patrice... – C'est l'histoire du... – De l'hélicoptère ?

Non. – Il y a soi-disant, il y a une panne de voiture, etc. – Oui, c'est ça. – Il y a un type qui surgit et en fait, il va se révéler que c'est en fait un comparse qui est vaguement parent avec lui.

C'est-à-dire que... – Une... – C – Voilà, il ne sait pas faire une campagne.

On lui dit qu'à un moment, même à un moment, il faut se déboutonner. Il va monter sur une table pour...

Et il va se couvrir de ridicule parce qu'on ne joue pas contre-emploi dans une campagne. Une campagne, c'est un révélateur, c'est un acide qui coule sur la personne et qui vous révèle dans votre intimité, dans votre contact avec les gens. Alors effectivement, quand il serrait les mâts des gens sans ôter ses gants, inutile de vous dire que ça suscitait une sorte de...

Effectivement, on peut montrer ça dans toutes les écoles politiques. C'est évident. Bon alors évidemment quand on parle d'Edouard Balladur, on pense qu'il est en tout cas souvent présenté comme celui qui a trahi Jacques Chirac.

Écoutez ce qu'il disait toujours dans ce documentaire sur la promesse, je mets des guillemets, de ne pas se présenter à la présidentielle. C'est un bobard qui a été complètement répandu. Je vais vous dire comment les choses se « mon ministre, soutiendrez-vous ma candidature à élection présidentielle ? » Et je lui avais répondu « Mon soutien dépendra du soutien que vous apporterez vous-même à mon action à la tête du gouvernement voilà quel était le je dirais le décor alors en fonction du camp chez raquins ou baladurien on n'a pas la même version de l'histoire parce que le soutien du rpr Certes, il y a eu la campagne, mais le soutien du RPR à l'Assemblée a été total.

Il y a eu un incident politique assez grave au début, je ne sais plus à quelle date, après 93, quand il est à à Tignon. Philippe Seguin, qui n'aimait pas Balladur ni sur la forme ni sur le fond, ce n'était pas que le personnel, avait fait un discours sur le Munich Social, qui n Il n'est pas spécialement favorable au gouvernement d'Edouard Balladur. Et Balladur a demandé à Chirac de démentir d'une manière ou d'une autre ce qu'avait dit Seguin, et Chirac ne l'a pas fait.

Il y a eu une vraie rupture à ce moment il avait quand même un surnom on parlait des surnoms il y en a un qu'il faut peut-être citer l'étrangleur ottoman ça fait référence à ses origines je l'utilise encore de temps en temps pour certaines personnes ça, ça les s'entendre qu'il n'a effectivement pas tenu sa promesse. Oui, oui, non, mais parce que Mitterrand avait dit maintenant j'ai compris sa tactique, voilà, il est là, il est tout doux, il s'insinue, il ne se fait pas remarquer, etc. Et puis tout d'un coup, couic !

Il vous étrangle. Donc c'était l'étrangleur ottoman, ce qui a été d'ailleurs largement relayé par tous les chérakiens. Quelle est votre version de la promesse non tenue ?

C'est une manière assez moche de rappeler qu'il était d'une famille originaire d'Ismyrne, de Smyrne, et que c'était son père qui est arrivé en France au début du 20ème siècle. Donc il y avait derrière tout ça un petit fond de racisme assez peu sympathique. Mais en fait, ça faisait partie de tous les surnoms dont on l'a affublé parce qu'il y en a un autre qu'on a oublié.

C – Non, c'était le monde. – C'est Plantu dans le monde qui vient à jour à cette idée assez géniale de mettre Édouard Balladur comme un roi avec une chaise à pantal. – Oui, et puis les géniales de l'info qui ont joué un rôle absolument majeur. – Cette version de « Qui a promis quoi ? » Roselyne Bachelot.

Comment vous, avec le contact privilégié que vous avez eu et avec l'un Édouard Badur et avec l'autre Jacques Chirac ? – Je ne sais pas quel est le dialogue parce que je n'y assistais pas évidemment, mais de toute façon les choses étaient assez C'est clair, Chirac était hanté par le fait qu'il avait perdu la campagne de 88 parce qu'il avait accepté le poste de premier ministre de 86 à 88. Et il pensait assez justement et jose d'une certaine façon, l'équipée de Jospa en 2002 l'a prouvé.

Ce que c'est la dernière façon, c'est la plus mauvaise façon d'aborder une campagne présidentielle que d'être premier ministre. Et franchement, s'il allait le poste de Premier ministre qui lui revenait. Il était le leader de la majorité et il a laissé vraiment Edouard Balladur passer pour dire qu'on se met dans la meilleure situation pour que je gagne.

Moi, je sais pas ce qui s'est passé entre les deux hommes, mais c'était évident que le pacte, il était passé de façon tout à fait claire. Oui, et pardon...

Les pactes entre candidats à la présidentielle...

Non, mais ça, on est d'accord. Et Jean Baladur avait quand même pris la d'écrire un grand papier dans le monde pour définir la manière dont la cohabitation devrait se passer, et où il avait dit et évidemment il faudrait que le premier ministre s'engage à ne pas être candidat à la présidentielle. Il avait théorisé en quelque sorte le fait que le premier ministre soit pas candidat.

Alors on va continuer d'avancer. Il y a une question de garance qui nous écrit de de Vert sur Loire, qui est la personnalité politique qui ressemble le plus à Édouard Balladur. Aujourd'hui, ça lance votre éditorial, Jonathan, puisque vous voulez évoquer ce parallèle que certains voudraient faire entre ce duel Balladur Chirac 95 et celui qui oppose actuellement Edouard Philippe à Gabriel Attal.

Une tentative en mettant en conscience que ce genre d'exercice est par nature un peu bancale et pour renverser votre question, il y a surtout des gens dans l'entourage de Gabriel Attal qui veulent en faire le nouveau Jacques Chirac. C'est quand même plus porteur comme message, il n'y a pas grand monde qui se réclame de l'héritage d'Edouard Balladur. En fait c'est un storytelling qui s'explique surtout par le fait qu'Attal s'est lancé très concrètement dans la bataille présidentielle bien après Édouard Philippe, avec face à lui un Édouard Philippe donc installé, déjà installé dans le fauteuil de favori.

Un Édouard Philippe qu'ils adorent qualifié comme un brin psycho-rigide. On a pu dire que ça faisait partie aussi des grandes qualités d Édouard Balladur n'est pas forcément à l'aise ou aussi à l'aise que d'autres candidats par le passé dans le contact avec les Français. Au mois de mai, dans la tribune dimanche, donc quelques jours avant d'officialiser sa candidature, Gabriel Attal le disait assez clairement.

Il affirmait « regarder beaucoup » avec attention la campagne de Chirac en 95 et il soulignait que Jacques Chirac avant lui partait de loin au départ, mais qu'il avait su déjouer tous les pronostics en parlant au cœur des Français. Donc évidemment, il ne prend pas le risque de dépeindre Philippe en baladure. Il martèle simplement que son ambition est justement, ça tombe bien, de parler à tous les Français quand Édouard Philippe, de façon plus traditionnelle, plus conservatrice, n'aurait comme seul objectif que de recréer l'UMP en s'adressant au baron de la droite 20 ans après.

Une députée du camp Attal qui dit évidemment, qui demande l'anonymat est beaucoup plus claire. Elle dit qu'il y a d'un côté une démarche installée, un peu pépère dans le confort, presque dans l'auto-satisfaction et une autre qui n'est pas installée mais qui n'est pas dans le « je suis mais dans le « je fais ». Et vous trouvez qu'elle tient la route, cette comparaison ?

Non, mais c'est ce que je disais. Cataille veut symboliquement se mettre dans les pas de Jacques Chirac. C'est une bonne guerre, honnêtement.

Et c'est assez logique car à la fin, c'est quand même lui qui a gagné et la primaire sauvage qui s'est jouée au premier et l'élection elle-même. Mais ça ne suffit pas à faire de Philippe un baladeur bis, pas seulement parce que comme Jacques Chirac, Edouard Philippe, il aime la bière, pas seulement parce que lui n'a trahi personne, en étant candidat il y a maintenant plusieurs années, et le maire du Havre, donc il laboure quand même la province assez régulièrement depuis qu'il a lancé sa candidature et d'un profil complètement différent du député de Paris Édouard Balladur qui rechignait à faire campagne et qu'on imaginait quand même plus à l'aise à Chamonix qu'à Rangis. – Et d'ailleurs on a une image ce week-end qui est assez frappante.

Alors c'est de la com, c'est très bien léché. C'est Édouard Philippe à Tourcoing. – Là on a tous les marqueurs.

On est à Tourcoing dans la France populaire avec Gérald Darmanin et tout d'un coup on découvre un Édouard Philippe vendeur de frites. Je ne vois pas baladure à la friteuse. On ne voit pas baladure de toute façon dans l'époque moderne.

On est assez d'accord. Et politiquement, quand même, on va terminer là-dessus, Jonathan, il y a une différence de taille sur la situation, le contexte politique, que celui d'aujourd'hui et celui de la droite, il y a 30 ans. Oui, on revoyait les chiffres qui étaient quand même spectaculaires quand on voit ce que pouvait peser au premier tour d'une présidentielle de candidats, certes, de familles, de la droite, mais quand même, voilà, qui représentaient le même bloc, comme on dirait aujourd Aujourd'hui, on est autour de 42, 43, 44 % selon les moments.

C'est spectaculaire. La différence majeure, c'est qu'Atal et Philippe ont au moins acté qu'un seul des deux pourrait être bien candidat en avril prochain. En tout cas, c'est ce qu'on a compris en l'état actuel des Leur camp politique n'a plus le poids de la droite à l'époque et l'extrême droite est aux portes du pouvoir.

Cette fois, la primaire sauvage ne se jouera pas au premier tour, elle doit se jouer avant avec des sondages comme juge de paix et normalement un rassemblement qui devrait intervenir d'ici février. D'ici là, Edouard Philippe, il espère avoir repris clairement le lead, comme on dit, peut-être grâce au ralliement du candidat de la droite, Bruno Retailleau, qu'on oublie souvent de citer, quand Gabriel Attal veut lui croire que sa remontata d'un ne fait que commencer en parlant évidemment au cœur des Français. Roselyne Bachelot, est-ce que vous voyez des points communs entre Edouard Philippe et Édouard Baléu ?

Aucun. Aucun. Non.

Ni dans le profil psychologique, ni dans le parcours, ni dans C'est absolument pas un ultra-libéral comme l'était Édouard Balladur. Non, je trouve que c'est un jeu stérile et qui n'a pas de sens que d'essayer de coller des personnalités très différentes et dans un contexte très différent, ça n'a pas...

C'est vrai que les gens ne faisaient pas le lien non plus entre Balladur et Pompidou. Dans l'esprit des gens, on n'arrivait pas exactement à...

Je pense que c'est aussi le jeu de toutes les époques que de trouver dans des figures passer des formes de modèles ou des formes de...

Il n'y a pas façon de nourrir le lien entre Attal et Jacques Chirac. Oui, il n'y en a aucun. Oui, mais ça c'est un peu l'exercice auquel se livre depuis ce – Je dirais qu'il avait pris des coups pendant 30 ans. – Oui, les candidats qui sont des challengers, qui sont loin dans les sondages, qui disent « Appuyons-nous sur l'exemple de la campagne 95 pour dire qu'une augmentée est possible ». – Là où je suis d'accord, c'est aussi on peut dire que rien n'est joué dans la campagne électorale et que ce n'est pas parce qu'on est favori des sondages à sept mois des élections présidentielles qu'on le sera à la sortie des urnes.

Ça, c'est la seule C'est plus des parallèles de situation que de personnalité. La spécificité de 95, dans la bagarre Chirac-Baladur, c'est qu'ils étaient de la même formation politique. Et puis effectivement, c'est ce que disait – Alors qu'il allait sur les terres de l'UDF, bien entendu, mais il était... – Il voulait piquer l'UDF, en fait. – Et puis il y a le poids politique de la droite de gouvernement à l'époque, enfin c'est effectivement incomparable avec la situation. – Et le poids politique de la gauche aussi, il y avait deux blocs, en Il faut 40 % au premier tour à eux deux, quand même.

On les compte ? Les candidats qui ont tous leur anecdote sur Edouard Balladur, on écoute Bruno Retailleau sur RTL ce J'ai de l'estime pour Édouard Ballet-Dur parce que c'est un des seuls premiers ministres à avoir contredit le Conseil constitutionnel. En 1993, quand le Conseil constitutionnel avait voulu imposer sa vision du droit d et bien qui aurait fait d'ailleurs de la France le pays de recueil de tous les déboutés du droit d'asile de tous les pays européens, Edouard Balladur avait tapé du poing sur la table et avait révisé la constitution pour finalement infliger un camouflet au Conseil constitutionnel et laisser le constituant, c'est-à-dire les représentants du peuple leur laisser le dernier mot.

On voit bien que Bruno Retailleau aimerait éventuellement en découdre avec le Conseil constitutionnel sur certains thèmes. Je voudrais qu'on revienne, on l'a un peu fait, mais au bilan politique, vous me disiez tout à l'heure, Patrice Hommel, ça rejoint une des questions de nos téléspectateurs, l'expérience aux côtés de Pompidou a -t-elle influé sur sa manière de diriger le gouvernement ou sur ses convictions ? Est-ce qu'il s'est inspiré de Pompidou quand il était lui-même, quand il était à Matignon ?

Est-ce qu'il s'est inspiré de la façon dont Pompidou dirigeait Au-delà de ça, c'était quand il parlait même encore il y a quelques mois de Georges Pompidou. C'est plus que de l'affection, c'est plus que de l'admiration. Oui, c C'était une icône pour lui.

Donc, il faisait toutes les choses méthodiquement, comme il avait vu Georges Fompidou les faire à la fois à Matignon, puis à l'Elysée. C'était vraiment...

Il Il essayait de calquer exactement son...

Est-ce que Pompidou imaginait Baladur comme un potentiel ? Ça, je pense que non. Quand il était secrétaire général...

Il le considérait comme un collaborateur. Un collaborateur, Et d'ailleurs, je crois que Jacques Chirac et Édouard Balladur, Carole Barjon, se disputaient la primeur de leur nomination au cabinet de Georges Pompidou à l Élysée, ça faisait partie de la concurrence. Oui, alors il y avait vraiment une différence d'âge entre eux, puisqu'effectivement, en mai 68, il y a les accords de Grenelle.

Alors ce n'est pas des accords, donc c'est des conclusions. Voilà, relevé de conclusion. Mais en fait, Jacques Chirac assiste Édouard Balladur, parce qu'il est jeune, il est tout jeune ministre et donc je ne suis pas sûre qu'il puisse y avoir...

Je ne sais pas s'il assiste Édouard Balladur. Moi, je dirais que dans la discussion de Grenelle, qu'on appelle indument accord de Grenelle, ils avaient chacun un rôle et Pompidou, dans ses accords, était assez madré. C'est-à-dire qu'il y avait d'un côté le greffier des accords et de l'autre une sorte de condottière.

Il ne faut pas oublier que Chirac allait avec le pistolet à la ceinture. Avec l'accord de Georges Pompidou, qui lui avait dit faites quand même attention parce qu'il y a un petit risque quelque part parce qu'il était allé voir Krazyuki, pas dans son bureau, à un endroit neutre. Un endroit secret.

Et c'était un moment où...

Allez, un dernier mot. C'est Roselyne Bachelot qui va conclure. Allez-y.

Écoutez, je peux un souvenir personnel ? Allez-y avec plaisir. On est invité à déjeuner par Édouard Balladur qui essayait de nous séduire.

Il était Premier ministre. Et arrivent des caclons fumants avec du cassoulet. On nous pose le caclon fumant sur la table et on voit arriver une assiette avec un petit morceau de filet de bœuf et deux haricots verts cuits à l'eau posés devant l'assiette, devant la place d'Edouard Balladur.

Et je suis à côté d'un député alsacien qui me dit, si ce connard croit qu'il va m'avoir avec son cassoulet, il pourra reforcer. Et bien voilà, on termine là-dessus. Merci beaucoup à tous et à toutes d'avoir participé à ce débat.

J'ai rappelé le titre de votre livre, Patrice Dehamelle, le crépuscule des dieux, c'est aux éditions de l'Observatoire. Et Carole Barjon vous lit dans les colonnes de la Revue politique et parlementaire. A très bientôt sur l'antenne de Public Sénat.