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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 16 juillet 2021 54 minContradictoireMixte

Quel rôle pour les récompenses au cinéma ?

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0:17
Présentateur

Tout le monde est bienvenu dans ce débat de midi sous le soleil et les palmiers de la croisette. Non enfin pas tout à fait, je suis dans le studio 521 de la maison de la radio éclairée par des spots et le rouge n'est pas sur un tapis mais sur nos murs, c'est déjà ça vous allez me dire. Mais, mais, j'ai deux producteurs en face de moi et un réalisateur plus une encyclopédie humaine du cinéma au palais des festivals à Cannes, donc on est paré.

La Palme d'Or sera remise demain avant la clôture de la 74ème édition et je me suis dit que c'était donc l'occasion de convier le cinéma à cette table pour qu'il nous raconte, un petit peu comme un vieux pote après tous ces mois difficiles, comment il va. Les salles en France refont le plein, plus de 12 millions d'entrées depuis la réouverture mais est-ce pour autant le bout du tunnel avec les incertitudes Covid, sachant en plus que la concurrence des plateformes vidéo est de plus en plus féroce.

Les smoking et les robes de soirée sont à nouveau de sortie pour les festivals mais aussi les cérémonies que sont les Césars ou les Oscars suivis comme des guides dans l'obscurité des salles mais pas toujours appréciés, accusés parfois d'être trop décalés de ce qu'aime le public. Les choses évoluent, cela dit, parce que ce débat qui en fait bondir certains n'est pas nouveau mais il fait toujours parler. Évolution aussi avec la politisation de ces événements, transformés presque en indicateurs de l'époque. Le cinéma et ses récompenses semblent chercher leurs personnages. Quels rôles ont-ils et doivent-ils avoir aujourd'hui ? Cinéma, mon ami, comment tu vas ?

Moteur et action, on est ensemble jusqu'à 13h.

1:44
Invité

Camille Cronier, le débat de midi sur France Inter.

1:53
Auditeur

Bonjour, messieurs-dames ! Il y avait du monde ce matin à 10h30 pour la réouverture de ce cinéma de Lille.

2:00
Invité

Bonsoir, c'est beau de revoir une salle tonne à craquer.

2:03
Auditeur

J'avais une carte illimitée et je venais au moins deux fois par semaine donc ça fait un moment que je suis en manque.

2:09
Présentateur

J'avais tellement longtemps, à moins le cinéma français a manqué follement, éperdiment, douloureusement.

2:18
Invité

Le César du meilleur film est attribué à Dieu les cons. Un César, c'est pas tous les jours qu'on en reçoit un. Et moi, par exemple, j'en ai eu un, c'était il y a 10 ans, depuis plus rien. Et pourtant, cette année, j'ai fait le doudou. Et l'Oscar va à Christopher Hampton et Florian Zeller, le père. Ça veut dire qu'il avait été occulté par la sortie de L'Ours, du Grand Bleu, de L'Ours, le Grand Bleu. C'est des films qui ont très bien marché. Ah mais je ne connais pas.

2:45
Présentateur

Du cinéma.

2:48
Invité

Oui, nous déclarons le 74ème Festival de Cannes. A bientôt.

2:54
Présentateur

Ouvert.

2:55
Invité

Open.

2:55
Présentateur

Voilà, un petit mélange, vous l'aurez reconnu, des cérémonies. Et donc, le Festival de Cannes qui baissera le rideau demain, après la remise de la Palme d'Or, je le disais, pour laquelle vous êtes dans la course, Charles Gilibert. Bonjour. Bonjour. Producteur du film d'ouverture du Festival. Annette de Léo Scarax avec Marion Cotillard et Adam Driver, entre autres. Il y a aussi en compétition Bergman Island de Mia Hansen Love. Et vous avez aussi produit Mustang, par exemple, qui a remporté 4 Césars en 2016. et fut nommé la même année aux Oscars. Est-ce que ça va ? Vous êtes stressé pour demain ?

3:31
Invité

Non, ça va. C'était déjà très bien de participer au Festival de Cannes, de montrer deux films que j'aime énormément, qui sont d'ailleurs sortis pendant le festival, c'est-à-dire qu'ils sortaient quasi-continuitamment à leur première. Et donc, après, les prix, c'est en plus, même si jamais on parle de cinéastes qui ont fait plusieurs films, qui ont une carrière importante, qui arrivent avec des très grands films. Donc, on a envie de les voir primés, naturellement.

4:01
Présentateur

Alors, dans ce studio également, un autre producteur de taille, Olivier Delbosque. Bonjour.

4:06
Invité

Bonjour.

4:06
Présentateur

La liste est assez impressionnante aussi. Tous les François Ozon jusqu'en 2005, si je ne me trompe pas, dont 8 femmes. Oui. Et des films, alors, comment je peux dire, plus populaires, on peut le dire comme ça, « Le petit Nicolas », ou alors, à l'écran depuis avant-hier, la comédie « Les mystères à Saint-Tropez » de Nicolas Benhamou, avec un casting de choc, vous pouvez nous donner les acteurs.

4:28
Invité

Christian Clavier, Benoît Poulvord, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte, Vincent de Sagna, plein, plein, plein de jeunes aussi.

4:38
Présentateur

Et donc, l'appellation cinéma plus populaire, ça vous va ?

4:40
Invité

Les Américains disent « mainstream », oui, populaire, c'est bien, mais on peut avoir des films d'auteurs populaires aussi. Moi, je trouve que c'est assez compliqué d'opposer « populaire » à « films d'auteurs ». On en parlera dans l'émission, mais c'est assez… il ne faut être plus nuancé que ça, je crois.

4:52
Présentateur

En tout cas, vous vous arrivez à faire la passerelle.

4:54
Invité

Mais c'est mes goûts. Je ne me force pas. Il n'y a aucune stratégie. C'est simplement… mon ADN est comme ça, très éclectique.

5:01
Présentateur

On se téléporte à Cannes, donc je vous le disais, nous attendons au palais, s'il vous plaît, le réalisateur Édouard Bergeon. Bonjour.

5:07
Invité

Bonjour.

5:08
Présentateur

Le film « Au nom de la Terre » en 2019 avec Guillaume Canet pour jouer le drame de votre père agriculteur qui s'est suicidé. Très gros succès dans les salles partout en France, sauf à Paris au départ. Alors, on va en reparler aussi, mais avant, Édouard, un petit mot quand même sur votre montée des marches hier, je crois, avec trois agricultrices. C'était bien ?

5:29
Invité

C'était dingue. Moi, c'est la première fois que je viens à Cannes. Je n'étais jamais venu et je ne sais pas, je devais vouloir venir en équipe et j'ai eu l'idée de monter avec des jeunes agricultrices qui font une communication positive pour l'agriculture. Là, elles ont été touchées par justement les aléas climatiques ces derniers mois. On le voit très bien en ce moment. Il pleut, mais dans les champs, c'est hyper compliqué. Leurs revenus vont encore blesser. Il ne faut pas oublier qu'il y a un agriculteur encore chaque jour qui met fin à ses jours. Et j'ai envoyé un mail à Thierry Frémeaux et il m'a dit OK.

Et on est monté avec trois agricultrices avec des gerbes de blé que je suis allé couper sur le plateau de Saclay deux jours avant. Et il y en a une qui était hier matin encore avec ses vaches dans le Morvan. Une autre qui était en Normandie. Une autre qui était vigneronne vers Béziers. Et qui se retrouve après sur le tapis rouge. Elle se retrouve à monter les marches et la presse agricole suit. Et derrière, on reçoit des dizaines de messages de la communauté agricole parce que c'est elle qui nous nourrisse en fait. Et je pense à ma mère en fait, à toutes ces femmes qui tiennent l'agriculture et qui nous nourrissent. Et puis, voilà, c'est ce que j'ai raconté dans Au nom de la terre.

Et je suis revenu à Cannes avec des agricultrices parce que je n'étais pas venu avec mon film.

6:38
Présentateur

C'était la petite revanche. Et enfin, c'est vous que j'ai appelé tout à l'heure une encyclopédie humaine parce que je le pense. Et parce que c'est précieux, guillemets, audicinaux. Bonjour. Bonjour, c'est très très gentil, un petit peu intimidant. Les auditeurs de France Inter vous connaissent bien. Vous êtes donc aussi à Cannes, vous avez du boulot puisque vous êtes chef de la rubrique cinéma du magazine Télérama. D'ailleurs, guillemets, vous diriez qu'il va comment tout ce petit monde que vous croisez ? Alors, tout ce petit monde cannois va bien, mais c'est évidemment un microcosme.

On le sait bien que la dizaine de jours où la presse, les festivaliers, les réalisateurs, les producteurs, distributeurs, tout ce qui concerne ce monde du cinéma est à Cannes. On est à chaque fois dans une bulle magique. Et c'est même un peu dommage parce qu'on s'aperçoit assez tard de ce qui se passe à l'extérieur de cette bulle. On essaye de rester en contact évidemment avec le monde, mais le monde du cinéma nous absorbe. Mais cette bulle, cette année, elle est particulière. Cette édition 2021, forcément, elle est particulière. Il y a aussi une joie vraiment vibrante. De retrouvailles un peu.

De retrouvailles, de retrouver Cannes, qui n'a pas eu lieu physiquement comme il le fallait l'année précédente. De retrouver des collègues, de retrouver des films. De se dire à quel point le cinéma reste une fenêtre sur le monde absolument imparable, essentielle. Et je tiens à dire que l'ouverture avec Annette. Ouais. Allez-y, Charles Gilbert vous écoute. C'est le film, quand vous sortez d'Annette, vous vous dites, ah oui. Ah oui, quoi ? Ah oui, le cinéma m'a manqué cruellement, comme cet extrait d'Annie Girardot tout à l'heure. Le cinéma me fait vibrer, le cinéma me donne toutes les émotions possibles. Le septième a réuni tous les autres arts. C'était un choc de plaisir. Un choc de bonheur.

C'est les retrouvailles les plus belles qu'on puisse avoir. Et justement, je vais vous poser la question, Charles Gilbert. Est-ce que cette année passée, aussi difficile fut-elle pour le secteur, entre autres secteurs, est-ce que finalement vous ne pensez pas qu'elle a pu au contraire servir le cinéma, entre guillemets ? C'est-à-dire, comme le disait à l'instant Guillemette Odissino, permettent de réaffirmer son importance ?

8:54
Invité

Je ne suis pas sûr. Je ne sais pas s'il en avait tellement besoin. Parce que ça a été aussi un grand... La fermeture des salles, ça a permis aussi aux plateformes ou à la télé de devenir des gros canons d'images et de cette image qui est de plus en plus industrialisée, quelque part, et d'essayer de prendre un peu plus de place aux dépens d'artistes qui travaillent avec une certaine liberté, qui sont peut-être dans une démarche un peu moins standardisée, etc.

9:25
Présentateur

Donc, vous, à la question, comment va le cinéma, vous répondez quoi, alors ?

9:28
Invité

Je pense qu'il va bien, mais qu'il a rarement été aussi mis sous pression par le marché. Mais, oui, on le voit à Cannes, c'est vrai que ça fait vraiment plaisir de se retrouver au milieu de ses œuvres, tout aussi, dont beaucoup sont extrêmement fortes, extrêmement libres, et qui, somme toute, à l'arrivée, quand même, parlent à beaucoup de monde. Cannes, c'est peut-être l'événement, le plus grand événement mondial, quoi. Il ne faut pas l'oublier, on parle de films d'auteurs, on ne parle pas de films extrêmement populaires, justement.

10:01
Présentateur

Mais pourquoi ? Justement, je vais rebondir sur ce que disait Olivier Delbosque et sur ce que vous venez de dire. Pourquoi est-ce qu'un film extrêmement populaire ne pourrait pas être un film d'auteur et vice-versa ?

10:11
Invité

Parce qu'il y a des films qui subissent une certaine pression du marché, du fait de leur budget ou de leurs objectifs, qui obligent presque un peu plus à penser au public, quand on le fait, dans la façon dont on le paramètre, en termes de casting, de scénario, et en soi, c'est des films nécessaires. C'est-à-dire que ce n'est pas parce que ce n'est pas la même chose qu'il y en a un qui est bien et l'autre qui est mal, simplement. Ce n'est pas pareil d'offrir le plus de liberté possible à un artiste qui va s'exprimer comme il le désire pour faire un prototype, un film dont on ne sait pas bien ce qu'il donnera, mais ce qu'il a envie de raconter à ce moment-là et le geste qu'il a envie de faire.

Et donc, c'est un peu un cinéma de l'offre, j'ai envie de dire, par rapport à un cinéma plus populaire, qui serait peut-être plus un cinéma de demande et donc qui part plus des envies du public pour se concevoir et se fabriquer.

11:00
Présentateur

Olivier Delbosque, pour réagir à ce que vient de dire Charles Gilliard.

11:03
Invité

Non, moi, je trouve qu'on oublie les années 80, les années 70, ou des films qu'on Bertrand Blier, qui est un vrai cinéma, que j'ai produit.

11:10
Présentateur

Que vous avez produit, oui.

11:11
Invité

Que j'ai produit de films, faisaient des films populaires. C'est des films qui faisaient des entrées, qui étaient ouverts vers le public. Il faut savoir que Les Valseuses est un film qui a fait plus de 5 millions d'entrées à l'époque. Ça, ce n'est plus possible aujourd'hui. Alors, je pense qu'on oppose aujourd'hui le cinéma populaire à le cinéma d'auteur parce que la fréquentation a changé, parce que les gens sont moins exigeants et que du coup, qui s'empare de cette tranche de films populaires, les chaînes télé qui essaient de standardiser, là, Charles a raison, les critères pour écrire ou financer un film. Mais je pense que tout producteur rêve de faire des films d'auteurs populaires.

François Truffaut était un metteur en scène qui, même s'il pensait ses films comme un auteur, les pensait pour le public. C'est pour ça que je trouve qu'il faut nuancer un petit peu.

11:53
Présentateur

Alors, si on fait ce débat aujourd'hui, précisément, c'est qu'on est, je le disais, à la veille de la remise de la Palme d'Or et c'est donc l'occasion de parler des récompenses. On va écouter Albert Dupontel. C'est César cette année pour Adieu les cons, dont celui du meilleur film, mais il ne se déplace jamais, lui, aux cérémonies, se lui passe au-dessus de la tête et il s'en explique souvent.

12:12
Invité

Je n'ai pas d'attente particulière par rapport à ça. Je le dis avec beaucoup de gentillesse, le plus clairement possible. Être le meilleur en termes de goût est quelque chose qui me gêne. Le goût est un truc très intime, comme sa sexualité, comme sa religion. Et le meilleur film que vous avez aimé, c'est le film que vous avez aimé. Le meilleur vin, c'est même si la piquette du village. Vous comprenez ? Si on nous prive de ça, on nous prive de tout, quelque part. Et le système, l'école, notamment, déjà commence à nous dire très tôt dans nos livres, voilà, ça, c'est le bon goût, ça, c'est le mauvais goût. Donc, je me suis gêné par rapport à ça, tout en trouvant ça très gentil.

12:40
Présentateur

Édouard Bergeon, qu'est-ce que vous pensez de ce qu'il dit Albert Dupontel, cette incitation à dire que ce qui est de bon goût d'un côté, de mauvais goût de l'autre, et après, Guillemette Odissino réagira aussi ?

12:52
Invité

Non, mais... Non, là-dessus... Je te laisse parler.

12:58
Présentateur

Ouh là ! Alors, Guillemette ? Disons que c'est une manière de se positionner, on le sait très bien qu'Albert Dupontel se positionne uniquement, avant tout, essentiellement par rapport à son public, par rapport à la salle, que c'est ça qui l'intéresse. Il veut rencontrer le plus large public avec justement ses propres goûts. C'est-à-dire qu'il veut que son goût intime de cinéma rencontre un goût large de public et l'étape, disons, de récompense ou l'étape critique ne l'intéresse pas. Il l'enjambe.

Mais après, j'imagine tout de même que, dans un coin de sa tête, il doit être un tout petit peu content quand un de ses films rencontre toutes les satisfactions, c'est-à-dire à la fois critique, publique, dans la profession. Quand on a tout le ticket gagnant, c'est quand même pas mal.

13:55
Invité

Moi, je serais content. Moi, je serais content si j'étais... Non, mais...

13:58
Présentateur

Édouard Bergeon, mais justement, moi, je m'adressais à Édouard Bergeon aussi. Je vous pose la question, parce que votre film, Au nom de la Terre, c'est un peu une illustration d'un décalage. Vous en avez parlé beaucoup. Il y a eu des articles là-dessus. Alors là, ce n'est pas un décalage entre, quoi que critique, j'allais dire, et public. C'est un décalage Paris-Provence, entre guillemets. C'est ça ? Vous pouvez nous expliquer ?

14:17
Invité

Oui, un décalage factuel. En fait, on a la chance d'avoir fait 2 millions d'entrées. Ce n'était pas du tout prévu. Quand vous faites un film sur un agriculteur qui, en plus, se suicide, on n'imagine pas qu'on va faire 2 millions d'entrées. Il se trouve qu'il y a eu une mobilisation dingue de la France, de la ruralité, des petites salles de cinéma, des petits mono-écrans en Bretagne, dans l'Ouest, où il y a eu des affluences record. Beaucoup moins dans les centres, et notamment à Paris. Je ne vais pas dire qu'on n'a pas fait d'entrées. On a fait 115 000 entrées à Paris, ce qui reste quand même des entrées. Mais il y a un décalage. Il y a presque un coefficient de 20.

C'est 2 millions d'entrées, 100 000 à Paris. Et ça s'est traduit ensuite aussi, par exemple, au César. J'ai été très déçu que Guillaume Canet, qui fait une prestation incroyable, qui chausse les bottes de mon père le matin, ne soit même pas dans les comédiens nommés pour sa prestation incroyable. C'était dur à vivre, ça. Mais la récompense, on l'a eue par le public. C'est ça qui compte, en fait. Parce que le film a fait bouger les lignes. Hier, je suis avec des agricultrices sur les marches de Cannes. C'est qu'au niveau syndical, au niveau politique, mon film a fait bouger les lignes.

Il y a une mission parlementaire qui a été lancée par Emmanuel Macron sur le mal-être et le suicide des agriculteurs.

15:25
Présentateur

Mais alors là, justement, j'ai une question sur le pourquoi d'un film, Charles Gilibert. Quand on fait un film, on le fait pourquoi ? Est-ce qu'il y a des films qu'on fait en se disant qu'on veut une récompense ? Là, on veut simplement faire plaisir au public ? Là, comme vient de dire Edouard Bergeon, pourquoi pas faire bouger les lignes sur certains sujets ?

15:42
Invité

Chacun fait un film pour ses raisons personnelles. Encore une fois, c'est le propre...

15:46
Présentateur

Mais du coup, c'est égoïste ? Ou on pense quand même à...

15:49
Invité

Non, les prix permettent au metteur en scène d'être plus libre, en fait, quand même. C'est-à-dire qu'un metteur en scène à qui on décerne un prix, il a plus de possibilités de faire le film qu'il a envie de faire après et donc de créer librement, etc. Donc, ça a une importance. Après, chacun fait un film pour des raisons qui lui sont personnelles. Moi, je réagis juste un petit peu au côté milieu du cinéma qu'il faudrait enjamber, etc. Quand on parle des Césars, on parle de plusieurs milliers de votants. On ne parle pas de quelques apifus.

Ces plusieurs milliers de votants, c'est notamment les exploitants dont vous venez de parler en Bretagne ou ailleurs, c'est-à-dire des exploitants indépendants qui se battent au quotidien, qui ont des petits moyens pour faire exister des films parce qu'ils ont des convictions. C'est des ouvriers, principalement aussi, du cinéma. C'est ça, le milieu du cinéma.

16:39
Présentateur

Mais au final, et Olivier Delbosque pourra en témoigner, en tout cas pour la France, les comédies, les grandes comédies, etc., ne sont pas récompensées. Très rarement. Pourquoi ?

16:51
Invité

C'est une tradition également. Je pense que ça fait... Les Césars existent depuis des dizaines d'années et n'a jamais voulu célébrer. On part du principe, surtout, comme ils sont célébrés par le public, il faut célébrer les films qui le sont moins. Je pense que c'est une espèce d'équité qu'on essaie de répartir. Je repense à une phrase qui était dans un des films que j'ai produit il y a quelques temps. C'est « Tu es riche et t'aimerais qu'on t'aime comme un pauvre ». Mais à un moment, il y a encore une fois, ce qu'on célèbre avec les prix dans le cinéma, c'est le geste d'un auteur. Et il y a des gens extrêmement talentueux en comédie. Il y en a d'ailleurs qui se...

Je ne sais pas, les frères Toledano, Nacash, je crois, reçoivent quand même des prix. Ils sont nominés chaque fois. Ils sont nominés. Ils sont parce qu'à un moment, on reconnaît une singularité forte derrière l'œuvre. On reconnaît l'œuvre d'auteur film après film qui raconte quelque chose, qui raconte aussi quelque chose de notre société. Donc, on reconnaît quand à un moment, l'œuvre gagne un peu le champ politique ou il y a un geste singulier d'un auteur qui s'exprime différemment, etc.

Je ne vois pas d'immense injustice dans tout ça par rapport, encore une fois, à des œuvres qui sont plus des œuvres de l'industrie, qui sont plus standardisées et sur lesquelles l'auteur, au sens premier du terme, transparaît moins à travers l'œuvre. Adieu les cons, excusez-moi, a eu le César de lire film et c'est une comédie et a fait beaucoup d'entrées. Donc, les choses évoluent.

18:15
Présentateur

Allez, le cinéma, aujourd'hui, dans le débat de midi. Et j'attends, chers auditrices, chers auditeurs, comme d'habitude, vos messages sur l'application France Inter par mail et sur Twitter avec le mot-clé débat de midi. Émission réalisée par Valérie Ayestara et préparée par Adrien Nazely avec Thomas Gentil. Clément Berman est à la technique et à Cannes, c'est Florent Ilaiani. Le corps sur Party Like a Human de General Electric.

21:36
Invité

Madame,

21:44
Présentateur

je ne n'écrirai rien sur ce film, c'est tout. Guilmette Odissino, pardon, j'ai mis cet estrait de la cité de la peur mais je voulais quand même vous demander... Dominique Besnéard. Et Dominique Besnéard qui joue le rôle du critique. Quand on est critique comme ça, donc vous, vous êtes, je rappelle, Guilmette, à la tête du service cinéma de Télérama. Pas vraiment à la tête. J'ai un tout petit bout d'une toute petite tête. En tout cas, vous en faites partie. J'ai des chefs.

Vous avez une énorme influence les critiques et donc parfois, c'est vous qui vous faites taper sur les doigts parce qu'on vous trouve peut-être un peu snob y compris ou peut-être même surtout Télérama de temps en temps, non ? Oui, mais ça aussi, c'est vraiment un sujet abyssal. Parce que, bon d'abord, je vous remercie de dire à quel point les critiques sont influents. Je l'espère qu'on est un tout petit peu prescripteurs effectivement. Et après, en fait, il y a deux manières justement. D'arriver dans une salle pour voir un film en décidant d'emblée que c'est un film populaire ou un film d'auteur. Et à ce moment-là, je trouve que c'est vraiment une très grosse erreur de la part du critique.

Ou d'arriver dans une salle pour voir un film. Et à partir de là, décider si ce film est bon, si ce film est émouvant, si ce film est bien mis en scène et ne pas se poser la question de savoir à qui il est adressé au départ et de le critiquer tel quel. Si ce film s'avère, enfin, viser un public plus happy few, tant mieux ou tant pis. Et si ce film fait beaucoup d'entrées, alors, encore mieux, tant mieux. Par exemple, la Palme d'or, la Palme d'or Parasite. Oui, donc il y a deux ans, enfin la dernière, oui. Oui, Parasite, c'est un film coréen qui a la Palme d'or et qui, quand finalement, il sort en salle, fait 1,9 million d'entrées.

Donc, ce fossé, difficilement en jambable, soi-disant, entre le cinéma qui marche en salle et le cinéma de festival, le cinéma d'auteur, en plus, un festival étranger d'auteur, ce fossé, il peut aussi être comblé par la curiosité du public, par le fait qu'on a beaucoup parlé du film. Et justement, Edouard Bergeon qui est à vos côtés, on est une illustration. Edouard Bergeon, vous, au niveau de la critique, ça a été un petit peu tout. Alors, Guillemette, je crois, Télérama n'avait pas mal critiqué votre film. Mais par exemple, je l'avais défendu. Le Monde n'en a pas du tout parlé, par exemple.

24:09
Invité

La presse plus intellectuelle n'a pas aimé ou parlé de mon film ou c'était peut-être même pas un film. Mais Télérama,

24:14
Présentateur

c'est quand même, on peut qualifier Télérama de très intellectuel.

24:16
Invité

On ne l'a pas fait exprès, mais Guillemette est à côté de moi. Et Guillemette, elle est venue sans a priori. En fait, moi, j'ai un super producteur qui s'appelle Christophe Rossignon qui fait des films engagés. Et ensemble, on s'est dit, on va faire un film populaire avec Guillaume Canet pour toucher un large public. Moi, je viens du documentaire, du journalisme. Je fais des films pour que les gens les voient. Et Guillemette, j'imagine, quand elle le disait tout à l'heure, elle s'est mise dans la salle sans a priori. Est-ce que moi, quand je fais mon film, c'est un film d'auteur, un film populaire, je ne sais pas. Et en fait, c'est la seule Guillemette qui lit ce que j'ai fait.

Le côté western, le cinéma un peu de Ford ou de Ken Loach. En fait, ça aurait été un film de Ken Loach. Mon film, peut-être qu'il aurait été beaucoup mieux accueilli.

24:57
Présentateur

Je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure, Olivier Delbosque, au sujet des comédies. Je vais poser une question extrêmement provoquante et fait exprès. Mais par exemple, pourquoi les Tuches, un jour, ne pourraient pas être meilleur film au César ?

25:09
Invité

Il a été, mais César du public. Et puis ça s'est arrêté finalement.

25:13
Présentateur

Sachant que le César du public, on va expliquer que ça a été créé, je crois, en 2018, à la suite justement de protestations. Mais pour combler

25:20
Invité

cette opposition entre les deux. Pourquoi ? Parce que... C'est toujours troublant. Je ne place pas Olié Barou comme aussi bon metteur en scène, auteur que Billy Wilder. Mais aux Etats-Unis, par exemple, on ne se posait pas ces questions-là. Il y a des grands, grands auteurs de comédies. Billy Wilder, Franck Capra, c'est des immenses, immenses cinéastes auteurs et pourtant qui font de la comédie. La comédie, c'est un genre... Pourquoi la comédie plus populaire ? Parce que forcément, le goût des gens va plus vers des choses qui nous font sourire ou rire que des choses plus sombres. Mais je ne trouve pas normal qu'une grande comédie ne puisse pas être un jour célébrée au César.

Oui, moi je trouve.

25:59
Présentateur

Charles Gillibert, quand on décide de produire un film, ce qui est votre travail, qu'est-ce qui vous décide finalement ? C'est le scénario ? C'est les acteurs ? C'est l'impact que ça peut avoir ? L'accueil en tout cas que ça va pouvoir avoir ? Finalement, comment vous vous dites-vous en tant que producteur que ça, ça va être un bon film ?

26:15
Invité

Alors moi, j'ai une approche assez basique. Il y a un artiste qui me semble sincère, qui semble avoir à dire quelque chose d'important parce que ça raconte le monde autour de nous ou parce qu'il y a une conviction extrêmement forte sur un sujet où... Et j'ai très envie de le défendre et de lui permettre d'aller au bout de son projet. Et comme le cinéma, c'est très complexe, c'est des gros budgets qui sont dépensés rapidement avec des centaines de personnes qui travaillent sur un film, avec beaucoup de choses à essayer de tenir ensemble, etc. Cet auteur, il a besoin aussi de retours sur son casting, sur les techniciens qu'il va prendre, sur comment est-ce qu'il va tourner.

Donc moi, je l'accompagne sur la conception, la fabrication. Et après, on se pose la question de la meilleure façon de faire exister ce film, de le faire rencontrer son public et de se distinguer, mais aussi de faire en sorte que l'auteur soit plus libre une fois que le film est sorti qu'avant parce que ça lui fait prendre de la valeur. Un film qui a un prix, qui marche, qui est bien reçu, qui est perçu comme cohérent par rapport au film d'avant, etc. Et donc, c'est tout ce travail qui...

Et puis, il y a des auteurs qui sont plutôt en recherche de faire beaucoup d'entrées, d'autres qui s'en foutent complètement, qui sont complètement très concentrés sur ce qu'ils ont à dire et si ça trouve un public, tant mieux. Et puis, il y a cette idée aussi de ne pas forcément...

Peut-être aussi de faire des films pour ceux qui ne sont pas nés et peut-être des films qui ne vont pas être reconnus tout de suite, instantanément, mais plus tard, j'aime penser, j'aime produire des films qui instaurent ce que j'appelle un dialogue durable avec le public, à savoir que ça peut plaire dans l'instant, mais surtout, on continue à vivre avec le film après, par rapport à un dialogue beaucoup plus intensif et instantané qui est celui qu'on trouve parfois dans les séries ou dans des films qui sont faits pour être aimé plus rapidement et rejeté plus rapidement.

28:08
Présentateur

Guillemette Odissino, pourquoi ce débat sur les récompenses, l'intérêt, etc., ça agace prodigieusement la profession ? Je ne sais pas si ça agace prodigieusement la profession. Je trouve que Charles Gillibert a raison, un producteur aussi c'est quelqu'un qui suit et qui construit petit à petit caillou après caillou l'œuvre d'un artiste et si ce chemin est jalonné de prix, ça ne fait qu'effectivement donner de la valeur à cet artiste et il y a des artistes et des cinéastes qui sont nés littéralement dans les festivals et particulièrement, évidemment, le plus grand festival du monde, le festival de Cannes.

Quelqu'un comme Xavier Dolan, justement aussi à Pichapon vers Cetacool, ce sont des cinéastes. Alors l'un est beaucoup moins populaire que l'autre mais Xavier Dolan est un cinéaste maintenant que tout le monde connaît et il est né à Cannes. C'est des rampes de lancement quoi.

Ce sont quand même des rampes de lancement, le festival de Cannes est quand même très médiatisé donc ce sont des noms que les spectateurs entendent et je ne vois pas pourquoi quelqu'un qui va voir les tuches et qui a raison, d'ailleurs, parce que c'est un très bon label, l'étude, très drôle, n'a pas à force d'entendre comme ça ces noms de cinéastes qui reviennent dans l'actualité culturelle envie aussi d'aller découvrir d'autres univers. Donc oui, c'est quand même, c'est une... Les festivals, ce sont des fenêtres sur le monde à travers les films mais ce sont aussi des fenêtres sur les films.

Et aussi, Olivier Delbosque, des marqueurs, les festivals, les cérémonies, que ce soit les Oscars, les Césars, on peut les critiquer parfois même du côté du grand public en disant c'est de l'entre-soi, etc. C'est des marqueurs. On va forcément regarder qui a eu la palme d'or demain, on va regarder qui a eu le César, qui a eu l'Oscar et peut-être on va se dire tiens, je vais aller le voir

30:08
Invité

au cinéma ce film. Oui, je pense qu'une palme d'or ça a un impact commercial après sur le film. Parasite n'aurait pas fait autant d'entrées s'il n'avait pas eu la palme d'or.

30:15
Présentateur

Mais donc le public est hyper attentif à ça aussi.

30:17
Invité

Oui, parce que c'est un label, c'est un partenariat, c'est plusieurs jurys qui a décidé que ce film était le meilleur film cette année-là dans le festival. Donc forcément, moi-même, spectateur, parce qu'avant tous les producteurs on est des spectateurs, un film qui a une palme d'or, j'ai envie de voir vraiment pourquoi on lui a donné, oui, bien sûr.

30:37
Présentateur

Edouard Bergeon, vous finalement, même si vous l'avez regretté, vous n'avez pas eu besoin d'avoir un prix. Votre film, il a eu du succès. Donc est-ce que vous n'êtes pas le contre-exemple aussi ?

30:48
Invité

Oui, il y avait de la place sur ma cheminée. On l'a toujours.

30:51
Présentateur

Oui, mais ça du coup, c'est votre petit plaisir à vous. Le but, j'imagine, en tant que réalisateur, c'est aussi que le public aime son film.

31:00
Invité

Bien sûr. Et puis ce que je retiens, ce sont ces salles pleines. J'ai fait une tournée d'avant-première incroyable de trois mois sans matériel, c'est-à-dire sans affiche, sans bande-annonce. Et déjà, il y avait du monde dans les salles. Et j'en ai fait 120 des avant-premières et des après-premières aussi. Et des débats passionnants d'une heure avec... Pour le coup, mon film traite d'un sujet sociétal et qui nous concerne tous puisque les agriculteurs, les agricultrices, je l'ai dit tout à l'heure, nous nourrissent. Et on mange trois fois par jour, on vote trois fois par jour. Et beaucoup de débats et des questions. Et j'ai voulu prolonger tout ça.

Et par ces questions, j'ai créé une boîte à outils digitale qui s'appelle Cultivons-nous TV, une plateforme digitale où je fais de l'agrégation comme Netflix de documentaires sur l'agriculture, l'alimentation, l'environnement. Mais c'est le cinéma qui a permis ça. C'est rentrer dans cette salle noire, poser son téléphone portable et se laisser prendre par l'émotion de comédiens fabuleux que sont Guillaume Canet, Anthony Bajon, Verle Betten, c'est Rufus. Moi, je n'étais pas cinéaste, je suis documentariste. Je me suis dit peut-être que ça sera mon premier et mon dernier film. Il se trouve qu'avec deux millions d'entrées avec un super producteur et un super comédien, j'ai envie de continuer.

32:06
Présentateur

Un message de John sur l'application France Inter qui nous demande comment se former au cinéma d'auteur quand personne ne nous initie. Est-ce que, Olivier Delbosque, je crois qu'il y a une anecdote qui vous est arrivée quand vous étiez à la Fémis, donc là où vous vous êtes formée. Vous avez raconté que je crois que vous aviez dit que la grande vadrouille était un chef-d'oeuvre et on vous a foutu dehors de la classe,

32:24
Invité

c'est ça ? En plus, j'ai beaucoup d'admiration pour lui. Il n'est plus de ce monde aujourd'hui, mais c'était Jean Doucher qui a un immense, immense critique de cinéma qui a été rédacteur en chef des cahiers du cinéma il y a très longtemps et moi qui arrivais de province, il y a beaucoup de Parisiens à la Fémis, on est très peu de province.

32:41
Présentateur

Vous vous arrivez d'où ?

32:42
Invité

De Bordeaux. Bordeaux, oui. Et il y a un concours qui est assez compliqué et il se trouve que la première année, on fait de l'analyse de films et c'est souvent des cinéastes beaucoup plus auteurs, exigeants de la Nouvelle Vague ou des cinéastes russes. Moi, je ne savais pas qui était Tarkovsky avant d'arriver à Paris. J'ai découvert Tarkovsky.

32:58
Présentateur

C'est qui Tarkovsky ? Pardon, mais moi, je ne sais pas qui c'est.

33:00
Invité

C'est un immense cinéaste russe qui a fait des...

33:03
Présentateur

C'est la honte du coup que je ne sache pas qui c'est ? Ah non, non,

33:05
Invité

du tout, du tout. Parce que moi, j'ai fait 24 ans à la Fémis et je ne le savais pas. Pour vous dire, artistique, dramaturgique et ça n'a pas du tout été apprécié. On m'a dit, mais écoutez, quittez ce cours, vous n'allez pas être dans ce... Qu'est-ce que ça dit ?

33:27
Présentateur

Alors, Charles Gilibert, pour répondre à John qui nous demande comment se former au cinéma d'auteur, est-ce qu'il y a besoin d'une formation pour être captif ?

33:35
Invité

Non, non, pas du tout. Captiver, plutôt. Moi, j'ai parmi tous les... Enfin, les metteurs en scène avec lesquels je travaille, il n'y en a, je crois, aucun qui est allé à l'école et donc, c'est... Comme tout geste artistique, c'est un moment de se faire confiance, d'essayer de cerner ce qu'on a envie de raconter, la façon dont on a envie de le raconter, de le faire de la façon la plus personnelle possible et puis, peut-être, d'apprendre aux côtés de quelqu'un. Moi, j'ai produit un film d'une réalisatrice qui s'appelle Amandine Gay qui est sortie il y a deux mois, Une histoire à soi. Elle est venue au cinéma comme ça, par grande nécessité de dire quelque chose. Mais il n'y a pas vraiment...

L'école n'est pas forcément la meilleure façon. Après, il y a des stages, peut-être, d'un point de vue... Par exemple, Léos Carax dit « Moi, j'ai besoin d'un chef opérateur pour tenir la caméra, d'un décorateur pour faire... » parce que je ne sais rien faire. Et donc, il faut une vision, il faut savoir s'entourer quelque part. Et au départ, il suffit, avec un téléphone, on peut commencer à essayer de raconter des choses. Et à partir du moment où il y a une grande sincérité, une grande volonté de dire quelque chose et qu'on le fait à sa façon, on est un cinéaste.

34:53
Présentateur

Guillemette Odissino, vous vouliez compléter. Oui, parce que... Oui, je voudrais le compléter parce que je ne sais pas si John demandait se former au cinéma d'auteur en tant que, justement, futur réalisateur. En tant que spectateur, je pense. Ah, voilà. Alors, en tant que spectateur. En tant que spectateur aussi. Oui, moi aussi, je l'ai entendu comme ça. Oui, mais c'était intéressant aussi pour les gens qui se demandaient de l'autre côté. C'est pour ça que je vous ai laissé continuer, Charles Gilibert. Mais je pense qu'en tant que spectateur, il y a plein de programmes merveilleux depuis très longtemps en France, de l'éducation à l'image.

Dans les écoles, il y a des professeurs qui sont formidables, qui amènent, que ce soit à la petite école, au collège ou au lycée, leurs élèves au cinéma pour leur faire découvrir des classiques et les initier. Donc ça, c'est vraiment l'éducation à l'image. Il faut absolument la continuer et mettre du budget dedans pour former les futurs spectateurs et les futurs cinéphiles. Mais pardon, mais c'est étrange comme phrase de former les spectateurs. Est-ce que le... Non, mais former... Oui, c'est vrai que ça fait un petit peu autoritaire comme ça.

Non, mais enfin, pardon, mais j'imagine que le principe de n'importe quel art, que ce soit du cinéma ou quoi que ce soit d'autre, c'est d'être accessible à n'importe qui, non ? Ah, mais tout à fait. Non, non, mais c'est ce que je dis. Quand je dis former, c'est former le regard, c'est-à-dire permettre la rencontre. Permettre la rencontre avec le cinéma, justement avec des classiques, mais aussi avec d'autres films, mais pour que les jeunes spectateurs, puisque c'est quand même là que ça commence, ne soient pas intimidés par les œuvres. Charles Gilibert, vous... Qu'ils s'aperçoivent que ça leur parle ?

36:20
Invité

Oui, non. Enfin, c'est comme la peinture, la lecture, etc. Il faut quand même former le regard. Il y a quand même une grammaire propre à la mise en scène et donc c'est normal. Moi, j'avais, je crois, 19 ans quand j'ai vu Le goût de la cerise, le film de Baskarostami, et je suis sorti de là en disant à la personne que j'avais à côté de moi quelle merde ce film, excusez-moi pour le terme, et c'était donc le producteur, Marine Kermit, avec qui après, il y avait un dîner, etc. On a parlé, il a revisité entièrement le film et je l'ai trouvé absolument magnifique à posteriori et je l'ai revu un peu plus tard et ça m'a... Donc, il y a quand même...

Voilà, il faut en voir, il faut en parler, il faut s'y intéresser un minimum et puis au fur et à mesure, on décrypte des choses qu'on ne voyait pas avant, ce qui est normal.

37:03
Présentateur

Édouard Bergeon, qu'est-ce que vous en pensez tous à vous ?

37:07
Invité

Oui, le sous-texte est important. Moi, dans mon film, il y a énormément de sous-textes aussi sur les rapports... J'ai traité la cellule familiale, pour traiter les rapports qui entrent dans un couple entre le père et un fils, les décisions qu'on peut prendre, les conséquences sur les enfants, donc voir et revoir et dans la déco... Moi, c'est mon premier film de cinéma, mais je viens du réel, donc je me suis fait confiance, j'ai toujours filmé des vrais gens. J'ai eu peur de créer du vrai avec du faux et que ça ne marche pas. Parce qu'on choisit tout dans le cinéma. Il y a cette grammaire-là, mais on choisit les papiers peints, les costumes, et puis la mise en scène.

Et puis finalement, par cette image-là, on peut faire passer du sous-texte et c'est ça aussi qui est fort.

37:49
Présentateur

Et pour rebondir sur ce qu'on disait un petit peu plus tôt, Olivier Delbos, qu'est-ce qu'à la suite de cette année compliquée où on était beaucoup sur nos canapés, c'est ce que disait tout à l'heure Charles Gilibert et on va parler tout à l'heure des plateformes, mais est-ce qu'aujourd'hui, il faudrait un petit peu entre guillemets rééduquer les spectateurs justement ?

38:06
Invité

De manière générale, moi je suis assez sévère. Je pense que la cinéphilie se perd, mais pas simplement auprès des spectateurs, auprès des critiques de cinéma, auprès de ceux qui font les films également, les réalisateurs, les comédiens qui les jouent.

38:18
Présentateur

C'est l'industrialisation dont parlait un peu tout à l'heure Charles Gilibert.

38:21
Invité

Moi je suis très nostalgique. J'ai fait une école de cinéma où j'ai beaucoup mangé de films et je suis très heureux. Mais je trouve qu'on ne voit pas assez de vieux films parce qu'il faut savoir qu'un artiste forcément il a son point de vue, il a sa créativité, son imagination, mais il y a un terreau de base qui est la cinéphilie. Moi je trouve, je suis pour la cinéphilie. Je pense qu'il faut éduquer le regard et on ne peut pas devenir un grand cinéaste si on n'a pas regardé les anciens. Je suis assez pour ça dogmatique et je trouve qu'on perd ça et je pense que la télévision et le service public devraient faire plus son travail.

J'ai été éduqué par Patrick Brion qui était l'émission du vendredi soir ou du dimanche soir qui est le film en minuit. où je voyais des vieux films en noir et blanc. Je trouve que c'est fini ça et en province il y a très peu de cinémathèque donc à part Paris c'est compliqué donc je pense que c'est hyper important surtout aujourd'hui de montrer que la cinéphilie l'histoire du cinéma a un sens.

39:11
Présentateur

Guillemet Odissino rapidement, vous êtes d'accord ? Oh ! À quel point je suis d'accord ! J'ai envie d'embrasser Olivier Dalbos mais évidemment que je suis d'accord. Et puis en plus la cinéphilie il ne faut pas prendre ça comme une culture plombante et tout. La cinéphilie c'est aussi du jeu constamment. c'est reconnaître dans un film que l'on voit aujourd'hui une référence à un film qu'on a vu hier de retrouver un bout de Billy Wilder dans ceci. Moi, il y a le magnifique film de Jacques Odillard qui est en compétition à Cannes qui s'appelle Les Olympiades.

Moi, ça m'a mis dans tous mes états de retrouver un petit bout de François Truffaut à un moment dans une scène d'évanouissement de Noémie Merlant. C'est un jeu la cinéphilie aussi. C'est une culture et c'est un plaisir c'est un terreau dans lequel on peut comme ça patouiller c'est extraordinaire. Et on a un autre message d'auditeur qui ne signe pas mais qui nous écrit vos rêves de cinéphilie sont bien beaux encore faut-il en avoir les moyens. Je vous laisse y réfléchir le temps d'écouter un petit peu de musique. Le cinéma est dans le débat de midi aujourd'hui. Le rôle des récompenses le présent du cinéma l'avenir du cinéma et la concurrence des plateformes dont on va aussi parler.

C'est après donc un morceau de la playlist d'été de France Inter Tcha tcha tcha avec Bonnie Banane.

40:29
Invité

Appelle-toi quand tu t'es mis dans tous tes états

40:45
Présentateur

Appelle-toi quand je dansais le tchat tchat quand je dansais le tchat quand je dansais le tchat Grimper mon panier

41:01
Locuteur

C'est un jeu courir une idée pour cacher ma timidité

41:07
Invité

Juste une face dans tous tes états Tcha tcha tcha

43:13
Présentateur

c'était Bonnie Banane

43:14
Invité

Et à la veille

43:26
Présentateur

de la clôture du festival de Cannes 74ème édition on parle cinéma aujourd'hui dans le débat de midi avec les producteurs Charles Gilibert qui a d'ailleurs deux films en compétition à Cannes Olivier Delbosque et puis de Cannes nous avons le réalisateur Edouard Bergeon et Guilmette Odessino alors j'allais dire c'est pour ça que j'ai hésité chef de la rubrique cinéma du magazine Télérama mais vous n'êtes pas chef en tout cas vous en faites partie Guilmette mini chef d'ailleurs juste petite question Guilmette vous en êtes à combien de films là depuis le début du festival ah bah alors mais Camille si vous saviez je ne compte pas mais c'est vrai c'est bête je devrais compter donnez nous une idée donnez nous une idée pour me la péter moi j'arrive pas à me rendre compte je sais pas j'en ai vu 40 50 j'en ai aucune je sais pas en 11 jours d'accord ça fait environ 4 minimums par jour de toute façon tous les films qui sont en compétition une très grosse partie des films qui sont à un certain regard et puis après on galope aussi à la quinzaine des réalisateurs et à la semaine de la critique pour ne pas louper des petits bijoux alors on parlait de l'éducation éventuellement au cinéma avec les jeunes en particulier Charles Gilibert je crois d'après des chiffres que j'ai trouvé que 17 millions et demi de 15-25 ans en moins entre 2010 et 2019 dans les salles de cinéma comment est-ce qu'on peut récupérer les jeunes dans les salles de cinéma est-ce que c'est seulement possible ?

44:46
Invité

alors où on se dit les jeunes ils font ce qu'ils veulent et moi je suis assez d'accord avec ça où on se dit il y a un problème si les jeunes ils ont des nouveaux usages qui font que c'est compliqué de se mettre 1h40 devant une histoire sans décrocher et sans faire autre chose ça moi je pense que c'est problématique c'est-à-dire on a le droit de se dire de la même manière je fais un petit parallèle rapide mais dans les années 60-70 et Edouard Bergeon sera d'accord avec moi je crois la surindustrialisation de l'élevage de l'agriculture etc c'était pouvoir manger n'importe quoi n'importe où n'importe comment etc on l'a perçu comme un grand progrès et en fait c'est catastrophique pour nous dans notre esprit notre physique notre environnement etc de la même manière aujourd'hui d'avoir accès à n'importe quelle image sous toutes ses formes à tous les endroits etc je pense que c'est relativement catastrophique pour la jeunesse et donc là c'est l'école c'est l'éducation on est avant 18 ans on est quand même censé être très pris en main par des programmes qui nous font du bien et qui nous accompagnent et il faut absolument que l'éducation nationale s'y colle très sérieusement

45:46
Présentateur

là-dessus Edouard Bergeon vous allez dans le même sens que Charles Gilibert

45:49
Invité

c'est clé à tous les niveaux l'éducation alimentaire l'éducation culturelle bien sûr qu'on ne peut que se rejoindre

45:57
Présentateur

Olivier Delbosque vous n'êtes pas sûr qu'on puisse récupérer les jeunes c'est ça

46:01
Invité

moi je pense c'est peine perdue d'essayer de les attirer dans nos salles de cinéma les gens ne savent pas mais la base de notre fréquentation de spectateurs au cinéma est assez âgée senior

46:12
Présentateur

c'est combien vous savez ?

46:14
Invité

entre 45 et 90 ans mais moi je pense que les jeunes adolescents ils vont voir les filles américaines ils vont voir le consommable à court terme ce dont parlait Charles c'est à dire qu'aujourd'hui on veut consommer je vous donne une anecdote avant d'être producteur moi je suis père d'adolescent et donc j'essaie à ma manière de leur faire une indication de cinéphile et de leur montrer des films chez moi et si certains personnes se rappellent du début sans dialogue qui est très très long avec un montage d'une exposition une fois dans l'ouest de Sergio Leone mes enfants trouvent ça insupportable il y a un quart d'heure on a trois malfrats qui attendent un train et qui n'arrivera jamais ou qui finit par arriver avec une mouche qui vole c'est vraiment sublime artistiquement mais les adolescents ils ne peuvent pas tenir en place moi j'ai un souvenir

47:02
Présentateur

d'enfance je vous raconte un peu ma vie vite fait mais moi j'ai dû regarder la course de Bénure pendant je ne sais pas combien de temps quand j'étais petite et c'est encore la blague à la maison maman arrête de nous faire regarder la course de Bénure est-ce que c'est normal de ne pas être comme ça captivée fascinée par cette course qui dure je ne sais même pas combien de minutes

47:21
Invité

il y a l'action dans cette course il se passe quelque chose pardon non mais après les plateformes qui ont commencé à s'intéresser à d'autres formes de contenu qui du coup vont plus vite qui sont plus rythmées où certains films de cinéma assez exceptionnellement attirent d'un coup la jeunesse donc voilà la grande question c'est est-ce qu'il faut se plier à cette espèce de encore une fois à la demande ou continuer à essayer d'offrir des choses différentes en espérant que ça ça percute à un moment

47:53
Présentateur

alors Vincent dans l'Aisne nous écrit qu'il est fan lui de cinéma d'auteur cependant dit-il son accessibilité est difficile en province je suis obligé de faire 45 km pour visionner des films d'art et d'essai il faut être motivé pour satisfaire à cette personne

48:06
Invité

je me souviens j'essaie de suivre mes films quand ils sortent en province et pour vous dire il y a à Bordeaux où j'ai commencé ma cinéphilie avant d'arriver à Paris il y avait une petite cinémathèque le Trianon qui n'existe plus voilà ça a été remplacé par un restaurant c'est-à-dire que les cinémathèques de province il n'y en a plus

48:23
Présentateur

alors on parlait il y a un instant donc des plateformes la fameuse concurrence des Netflix et Amazon au passage Netflix avait piscine aujourd'hui pour venir dans l'émission comme je le précise l'académie des Césars qu'on salue pas de plateforme cette année au festival de Cannes et c'est assumé par Thierry Frémaux le patron du festival

48:42
Invité

justement il y a beaucoup de films donc avait-on besoin des films des plateformes tout en vous disant que le film de Léos Carax qui ouvre le festival qui est en compétition est un film coproduit avec Amazon avec une plateforme et il sortira aux Etats-Unis puis il sortira assez rapidement sur la plateforme vous savez que c'est un problème global de chronologie des médias que nous avons été le premier festival à inviter Netflix dont on pensait à l'époque qu'ils accepteraient que leurs films sortent en salle française c'est ça la règle quand la situation aura vraiment évolué dans les années qui viennent on pourra considérer que le dialogue entre Netflix et le festival de Cannes aura été fructueux pour faire évoluer les choses

49:21
Présentateur

voilà Netflix qui n'a pas voulu être hors compétition cette année Charles Gilibert donc Annette est coproduit par Amazon comme le dit Thierry Frémaux

49:28
Invité

non c'est pas ça mais bon ça peut induire en erreur en fait Amazon a acheté le film pour les Etats-Unis a pré-acheté en fait sur Scénario ils ont acquis les droits du film sur le territoire américain donc on avait négocié l'idée avant il y aurait une sortie dans les salles de cinéma aux Etats-Unis puis une diffusion sur la plateforme avec une durée de deux mois avec la possibilité de faire autrement et suite à l'épisode Covid Amazon a demandé à être quasiment sur un day and date à savoir sur une diffusion salle digitale en même temps

50:03
Présentateur

pour vous c'est important de ne pas être associé à Amazon est-ce que vous le considérez comme un ennemi Amazon ou une autre plateforme vidéo

50:10
Invité

Non je ne le considère pas comme un ennemi je pense que je ne travaillerai plus avec eux d'ici un ou deux ans je pense que il y a plateforme et il y a Amazon Netflix les plateformes c'est beaucoup plus large qu'Amazon Netflix

50:23
Présentateur

Alors les géants Amazon Netflix on va quand même focaliser sur eux

50:26
Invité

Les géants Amazon Netflix c'est un peu comme les géants de la télé du coup ce ne sont pas des gens avec qui je travaille beaucoup moi au quotidien

50:31
Présentateur

Guimet Odissino Spike Lee le président du jury lui il a fait le parallèle justement avec la télé il a dit que ça pouvait coexister est-ce que vous pensez que c'est possible ?

Oh là là c'est possible à condition de mettre des règles absolument drastiques je pense parce que cette histoire de chronologie des médias est vraiment embêtante il faudrait il faut absolument mais ça Thierry Frémont a raison que les films aient le droit d'exister en salle à un bon moment d'abord en France avant que d'éventuelles plateformes coproductrices les mettent sur leur plateforme et après les plateformes il y a peut-être juste une bonne chose c'est que ça propose une nouvelle cinéphilie alors au milieu de tous les flux et les contenus où il y a à boire et à manger mais Netflix on peut si on en a un tout petit peu la curiosité découvrir les films de François Truffaut on peut découvrir les films de Bertrand Tavernier ça c'est après aux parents aux copains aux adultes de dire aux adolescents écoutent au lieu de revoir pour la quatorzième fois cette série un peu médiocre tu sais qu'il y a un film très chouette qui s'appelle Les 400 coups donc ça peut être c'est ça un outil à l'éducation que vous preniez tout à l'heure Olivier Delbox

51:45
Invité

ils sont en train de commencer à acheter des catalogues de films du patrimoine mondiaux mais je reprends cette phrase de Godard qui disait quand on va au cinéma on lève la tête quand on regarde la télé on baisse la tête moi je pense qu'on ne remplacera jamais l'expérience d'une salle de cinéma c'est impossible et puis les films ne sont pas faits de la même manière s'ils sont voués au cinéma ou s'ils sont voués sur le petit écran ce n'est pas la même façon même de les fabriquer

52:12
Présentateur

un message sur Twitter pour former les jeunes au cinéma d'auteur école et cinéma étaient un dispositif remarquable du ministère de l'éducation nationale au temps où la culture était une priorité la culture n'est plus une priorité aujourd'hui

52:24
Invité

on l'a vu je crois c'était pas indispensable en tout cas

52:28
Présentateur

Sorsi Libère

52:29
Invité

c'est plus une question le budget de la culture ne baisse pas il est d'ailleurs plutôt c'est simplement des questions de politique culturelle on sent quand un gouvernement commence à donner des lignes des trajectoires qui d'un coup rebattent un peu les cartes de façon positive et créent une émulation et créent des possibilités on ne peut pas vraiment dire qu'il y a une politique culturelle aujourd'hui mais on ne peut pas non plus dire qu'il n'y a pas de moyens

52:54
Présentateur

allez un dernier message de Guillaume qui nous écrit le cinéma est trop cher pour les jeunes évidemment qu'ils s'en détournent en un mot Edouard Bergeon vous êtes d'accord il y a un problème de prix

53:02
Invité

oui oui ça reste un mais c'est un choix aussi mais à un moment donné non quoi

53:11
Présentateur

Chargé Libère en un mot

53:14
Invité

non sur n'importe quel jeu vidéo on achète un petit bonus pour sauter un arbre au même prix qu'un ticket de cinéma qui d'ailleurs avec les cartes aujourd'hui coûte vraiment pas grand chose donc par rapport à ce que sont les activités quotidiennes de la jeunesse ou autre le cinéma n'est vraiment pas cher

53:28
Présentateur

allez avant de nous quitter le mini débat du jour deux propositions au choix elles sont toujours liées au sujet aujourd'hui proposition blockbuster au film d'auteur Olivier Delbosque

53:38
Invité

les deux

53:40
Présentateur

Chargé Libère

53:41
Invité

oui les deux

53:41
Présentateur

Guillemette Guillemette Odissino un film d'auteur qui devient blockbuster et Edouard Bergeon pour finir

53:49
Invité

les deux également

53:50
Présentateur

merci beaucoup à tous les quatre je demande pas de pronostics pour demain Guillemette oh non non non non après je vais passer pour une quiche de toute façon il y a trop il y a trop de beaux films mais moi pour ma part il y a de toute façon une annette une annette j'allais dire une annette à la palme donc une palme à annette on vous souhaite bonne chance Chargé Libère merci beaucoup merci beaucoup à tous les quatre bonne chance et très bon week-end