A-t-on trop d'animaux de compagnie ?
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Bienvenue, c'est le débat de midi et aujourd'hui aucun de ceux dont on va parler ne pourra s'exprimer alors qu'on aimerait bien parfois savoir ce qu'ils ont dans la tête. J'ai nommé nos amis les animaux de compagnie. Enfin, nos amis, il y en a qui ne sont pas de cet avis et détestent les chiens, les chats ou ne comprennent pas la passion poisson qui tourne en rond dans un aquarium. De 30 millions il y a 50 ans, ils sont passés à 80 millions aujourd'hui en France. La moitié des foyers a un animal de compagnie. Les chiens et chats sont les plus emblématiques et parmi les plus répandus, derrière les poules ou les poissons par exemple.
Et ce sont aussi les plus aimés pour l'apaisement, la présence et la fidélité qu'ils apportent quoi qu'il arrive. Abandonner aussi particulièrement ce moment l'été, c'est une réalité. Les refuges saturent pendant qu'on continue d'acheter des races à la mode, qu'on pourra instagrammer à gogo ou promener en poussette, oui ça arrive. Alors n'y a-t-il pas un problème quelque part ? Et puis philosophiquement d'où vient cette volonté de domestication ? Et à quoi bon prendre un animal si on ne peut pas s'en occuper ? Sans oublier les conflits de voisinage, les impacts écologiques et les avancées contre la maltraitance.
La question ne plaît pas à tout le monde et c'est justement pour ça que je la pose. A-t-on trop d'animaux de compagnie ?
C'est pas forcément nous qui choisissons le chien, c'est vraiment le chien qui vient vers nous et je sais pas, il y a quelque chose qui se passe où on se dit c'est lui et pas nous.
Ah ouh j'oubliais, son coin coin, il dort avec, il est mieux dans son panier.
On a commencé avec un cochon d'Inde, un rat, un chien, un chat, etc. Et puis aujourd'hui on arrive à peut-être 50 animaux, c'est une belle histoire d'amour. Attends, choupette, choupette, oh choupette. Oh putain, tu fais super bien le chat. Merci. Non mais vraiment, je pense vraiment.
Quatre invités à qui je vais relayer comme tous les jours vos messages, vos questions, vos témoignages que vous pouvez envoyer grâce à l'application France Inter. La petite fenêtre réagir sur le téléphone ou directement sur la page du débat de midi. A distance des studios de France Bleu Gironde à Bordeaux qu'on remercie. My Chan Cook, bonjour. Enchantée, très heureux d'être là. Vous êtes responsable des campagnes d'influence de l'agence YLG qui est spécialiste des animaux de compagnie. On va parler avec vous notamment des pet fluencers, ces animaux stars des réseaux sociaux dont votre chien Malcolm, un Akita américain. Il n'est pas avec vous là ?
Il n'est pas à Bordeaux avec moi là sur les studios mais pas très loin. Autour de moi, je salue Angélique James, bonjour. Bonjour. Directrice du ProDAF, le syndicat des professionnels de l'animal familier. Bonjour à Valérie Chancigaud.
Bonjour.
Vous êtes historienne des sciences et de l'environnement. Vous avez écrit Histoire de la domestication animale, publiée en 2020 chez Delachaud et Niesley. Et enfin, Sandrine Weltmann, bonjour. Bonjour. Vous êtes directrice de la protection animale à la SPA, l'association protectrice des animaux. D'ailleurs, combien d'animaux à l'heure où on se parle dans les refuges ?
À l'heure où on se parle dans les refuges, 8 744 animaux. Il faut savoir qu'une capacité normalement raisonnable est de 7 500 animaux. Ça veut dire qu'on est saturé déjà. Alors, effectivement, on a toujours le droit d'avoir pendant deux mois une augmentation de notre capacité maximale. Mais là, nous tirons la sonnette d'alarme parce que nous ne sommes que le 6 juillet. Et que du coup, effectivement, on voit bien que dès le début de l'été, on est déjà en situation de tension très très forte. Et quelles espèces particulièrement ? Chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie.
Il faut savoir que les nouveaux animaux de compagnie nous arrivent maintenant de plus en plus puisque nous avons eu 56% d'augmentation du nombre d'animaux abandonnés. Puisque nous sommes des refuges, les animaux nous sont abandonnés. Ce qui représente quand même 2700 naques aujourd'hui. Les naques, c'est quoi ? C'est donc les serpents, les furets, les lézards ? Pour avoir un serpent, il faut avoir un certificat de capacité. Donc, ce n'est pas possible. Donc, quels animaux ? Les furets, les lapins, les animaux de ferme et les hamsters.
Angélique, James, les professionnels que vous représentez vendent des animaux d'élevage uniquement ?
Alors, en animalerie, oui. Ce sont des éleveurs français. Nos animaux viennent d'élevage français. Ils sont stérilisés, pucés, etc. Et c'est vrai qu'on a souvent à discuter avec l'ASPA à ce niveau. Ça fait des années que les mentalités ont évolué. Et aujourd'hui, on parle souvent d'achats compulsifs, etc. Mais personne n'a une cession d'animaux entre 1 000 et 3 000 euros pour l'abandonner.
Et comment vous regardez, justement, vous, les vendeurs d'animaux ? Cette situation qui se reproduit chaque année, donc des achats, des abandons énormes d'un côté et des achats de l'autre. Alors qu'il y a des animaux qui, des fois, attendent depuis des années et des années de pouvoir être adoptés.
Mais est-ce que vous êtes déjà allé dans un refuge ? Dans une animalerie ou chez un éleveur, ce sont des races particulières, des animaux de race. Et en refuge, vous n'en avez pas ?
Et alors ? On ne peut pas aimer autant un bâtard, un croisé ?
Mais bien sûr, tout à fait. Mais quand on parle d'abandon, je n'ai pas vu d'animaux issus de l'animalerie dans les refuges, en tout cas. Alors, effectivement, on a du mal à tracer cette question-là, bien que les animaux soient identifiés. Et ce qu'on peut dire, en tout cas, c'est que la loi qui vient de passer est une loi de protection animale qui a permis, effectivement, de tracer la question sur la fin de la vente en animalerie des chiens et des chats à partir de 2024. Mais là, on vient de tracer l'entrée, en fait, en animalerie. Effectivement, les gens pourront toujours, s'ils veulent un chien de race, aller se rendre chez un éleveur.
La vraie question qui se pose, c'est, s'ils ne viennent pas dans les refuges, je ne peux pas penser qu'on n'abandonne pas non plus un chien de race. Pourquoi ? Parce qu'on l'a payé, en fait. Et donc, quand on vient abandonner un chien en refuge, finalement, on vient et on paye 80 euros le frais d'abandon, puisque nous, derrière, on va le prendre beaucoup d'argent pour le remettre en race.
Les gens viennent vous voir, disent, en fait, j'y arrive plus, je ne peux plus m'en occuper, je vous le laisse.
Il faut savoir que l'abandon, c'est un délit en France. Sauf s'il est en refuge. D'accord ? Si vous abandonnez votre chien et que vous l'attachez dans la forêt, sur l'autoroute, comme ça va malheureusement arriver cet été, oui. Vous êtes susceptible d'avoir un emprisonnement de 3 ans et de 45 000 euros d'amende, ce qui, évidemment, fait réfléchir à la question. Pourquoi est-ce que l'abandon en refuge n'est pas un délit ? Tout simplement parce que, là, on va pouvoir s'occuper et comprendre les raisons de l'abandon. Évidemment, tout faire pour que la personne n'abandonne pas, parce qu'il y a plein de solutions. Et donc, effectivement, cette question n'est pas un délit.
Je voulais juste revenir sur ce que vous disiez, Angélique. C'est juste sur cette question-là. Comment est-ce qu'on fait pour s'assurer que les animaux qui ont été achetés soit d'un éleveur, soit en animalerie, ne se retrouvent pas sur le bon coin ? Cette question-là, elle est très difficilement traçable. Alors, cette question de l'encadrement un peu sur les réseaux sociaux, il me paraît importante.
On va en parler, justement, de l'encadrement. Moi, je voulais vous demander à Maïchan Koug, vous qui êtes à Bordeaux, donc à distance, votre Malcolm, votre chien, vous l'avez eu quand et comment ? Vous l'avez acheté de race ?
Alors, exactement. Mon chien vient d'un élevage. C'est un élevage que j'ai sélectionné en amont. Je me suis renseignée sur la race, ce qui est hyper important de faire, justement, si on a envie d'acheter un chien de race. Je soutiens les éleveurs qui sont respectueux, qui travaillent dans l'éthique, plutôt des élevages, finalement, familiaux. Et je suis complètement contre, par contre, la vente en salon et en animalerie. Et c'est une très bonne chose que la vente d'animaux en animalerie soit bientôt terminée.
Mais pourquoi, par exemple, ne pas avoir adopté un chien ? Qui, aujourd'hui, encore une fois, est dans un refuge ?
Parce que j'ai toujours aimé cette race de l'Aquita américain. Aujourd'hui, les Aquitas américains sont des chiens très complexes. Et pour une première, finalement, possession, je ne pensais pas pouvoir partir sur un chien de refuge, qui a un passif, etc. Et donc, en fait, selon moi, quand on va vraiment se renseigner en amont sur une race, qu'on est conscient de tout ça, qu'on visite un élevage, les structures, le fonctionnement, etc. C'est une adoption, enfin, un achetat, pardon, réussi et réfléchi. Et c'est pour ça que je suis partie là-dessus. Valérie Chantigo, je suis allée à l'autre bout de la France pour en plus aller le chercher.
Officiellement, depuis seulement 2015, les animaux ne sont plus considérés en France comme un bien meuble, mais un être vivant doué de sensibilité. Est-ce que, pour autant, il n'y a pas encore une forme de consumérisme de l'animal ?
Il est clair que les animaux qu'on va choisir en fonction de leur apparence, j'ai aimé l'expression d'utiliser les chiens dans les chenilles, les chiens abandonnés avaient un passif. Moi, je ne sais pas trop ce que ça signifie, parce que les animaux qu'on peut recueillir ont une histoire qui n'est pas forcément facile d'abord et avant tout pour eux, mais ce n'est pas forcément un passif négatif qu'il faudrait fuir à tout prix. Au contraire, ça participe à l'identité, à la personnalité de ces animaux. Ce n'est pas forcément négatif.
Et cette passion pour les races qui naît vraiment au XIXe siècle, avant, on peut considérer qu'il n'y a pas vraiment de race, en tout cas dans le sens moderne du terme, est vraiment liée à des modèles d'ostentation. C'est-à-dire qu'on marque son rang, sa place dans la société, par un animal que d'autres personnes ne pourraient pas acquérir. C'est vraiment un modèle ostentatoire. Ce n'est pas une consommation, parce que derrière une consommation, on met tout et n'importe quoi. C'est vraiment lié à l'identité.
Donc, il y a une forme de hiérarchie, finalement.
Complètement. Et ça se voit, par exemple, dans les élevages d'animaux. Par exemple, les élevages de chiens et les concours de chiens sont plutôt réservés à la grande bourgeoisie et l'aristocratie au XIXe. Mais il y a des concours qui sont faits et qui sont beaucoup plus, comment dire, le fait de gens du peuple, d'ouvriers, notamment les concours de pigeons ou les concours de lapins. Parce qu'avoir un chenil, quand on n'est pas très riche, c'est absolument impossible au XIXe. Par contre, avoir une volière avec des pigeons, on peut l'installer sur son toit. Et donc, il y a toute une gradation en fonction des classes sociales qui font que certains animaux sont privilégiés et pas d'autres.
– Angélique James, pour réagir à ça, aujourd'hui, il y a certaines races qui ont beaucoup,
beaucoup plus de succès que d'autres aujourd'hui. – Oui, mais ça a toujours été comme ça, en fait. Ça, on ne pourra rien y changer, en fait. Il faut surtout trouver des solutions, effectivement, pour lutter contre l'abandon. Mais on ne peut pas aller contre l'être humain qui a toujours voulu une race particulière. – Alors, qui sont les best-seller aujourd'hui ? – Aujourd'hui, c'est beaucoup les Chibas, les Chihuahuas, les Carlin, les Bulldogs français. Et c'est vrai que ce ne sont pas des chiens que nous trouvons dans les refuges. Clairement, un Chihuahua dans un refuge, combien même ça pourrait arriver, il ne va pas rester très longtemps dans le refuge.
Parce que c'est des races recherchées, parce qu'aujourd'hui, les gens travaillent, c'est des animaux faits aussi pour la ville. Donc, voilà. Et du coup, il faut trouver des solutions, effectivement, pour lutter contre l'abandon, pour que les animaux soient stérilisés, soient pucés, soient…
– Mais est-ce que lutter contre l'abandon, ça ne passerait pas par, peut-être, imposer, alors je lance la question comme ça, mais imposer aux gens d'abord d'adopter des animaux qui sont dans les refuges plutôt que d'aller en acheter ?
Alors vous, ça ne ferait pas vos affaires, mais… – Non, non, non, pas du tout. Ça n'a rien à voir. On peut avoir envie d'un chien de race et avoir envie d'un chien d'un refuge.
– C'est-à-dire vider les refuges dans un premier temps et ensuite faire des achats.
– Alors, sauf erreur, de ma part, je crois qu'il y a des pays qui ont pris cette politique très ferme et qui a effectivement permis de vider les refuges. Évidemment, on est plus dans des questions de pays nordiques et de civilisation nordique. Je voudrais revenir sur deux choses.
– Vous, pardon, attendez, mais Sandrine Veltman, vous qui êtes directement concernée à la SPA, vous pourriez être d'accord avec… Aujourd'hui, il y aurait une loi qui dirait qu'on vide d'abord tous les refuges, à condition évidemment que les gens ne les réabandonnent pas trois mois, six mois plus tard, et ensuite les gens pourront acheter.
– La question, c'est que je pense que ça ne réglerait pas l'abandon. De toute façon, on a aussi des animaux qui viennent en refuge et qui sont réabandonnés, parfois des années entières. Pourquoi ? Parce qu'un animal, ça a une espérance de vie suffisamment longue pour que des accidents de vie puissent arriver d'abord, tout simplement. Et puis, un animal, ça a des besoins particuliers, quels qu'ils soient. Et donc, à un moment, il faut que la famille qui est en face et qui accueille l'animal soit en mesure de répondre à ces problèmes particuliers. Pourquoi est-ce que des fois, on a des abandons ? Simplement parce que les conditions de vie évoluent, parce que les enfants grandissent, parce que…
Et que du coup, eh bien oui, l'animal, le comportement de l'animal finit par poser problème. Et là où, effectivement, j'apporterai un complément à ce que vous avez dit, Angélique, c'est que nous, nos refuges aujourd'hui, ils débordent de chiens qu'on appelle communément chiens de travail, c'est-à-dire les malinois, les bergers, etc. Les rottweller. Et donc, c'est très compliqué pour nous parce que vous imaginez bien qu'un malinois qui a eu finalement des dérives comportementales suite à une éducation qui n'a pas été complètement parfaite, il faut du temps pour le retaper, en fait. Il faut du temps pour le rééduquer.
Évidemment, quand on s'agit d'un chihuahua, c'est plus simple, finalement, parce que la race, évidemment, suppose moins de travail. Ces chiens-là, ce qui sont des chiens de travail, sont aujourd'hui des races à la mode aussi.
Valérie Chancigaud, justement, sur le côté travail, à partir de quand la mutation s'est faite entre avoir un animal pour le travail et ensuite un animal pour le plaisir ?
C'est très compliqué à répondre. On sait que les premières traces historiques de domestication du loup qui a donné le chien, en fait, tous les chiens, quels qu'ils soient, du plus petit ou plus grand, viennent d'un seul et même ancêtre, à savoir le loup gris. Donc, le chihuahua vient du loup. Oui, exactement. Le dog aussi. Et les premières indications claires dans des restres qu'on a à peu près de 10 à 12 000 ans au Proche-Orient montrent déjà des chiens utilisés à la chasse. C'est-à-dire, s'il y a eu... La domestication a reposé d'abord sur l'utilisation des chiens comme manière d'optimiser la chasse.
Et on sait que le succès d'Homo sapiens à l'échelle de la planète et sans doute la disparition de l'homme d'Andertal découle peut-être de cette capacité à être de meilleurs chasseurs grâce aux chiens. Donc, il y a toujours eu des chiens utilisés pour des besoins humains. Qu'ils soient de travail ou de loisirs, en fait, ce n'est pas très différent.
Un message d'Irene sur le mail du débat de midi. Elle nous écrit « On parle très peu des autres animaux, les cochons, les vaches, les chevaux, les poules, les canards. Pourquoi une telle hiérarchie ? » Elle l'écrit en gros dans nos considérations affectives. Maïs Han Kung, pourquoi effectivement il n'y aurait pas aujourd'hui une poule influenceuse ?
Je ne veux pas lancer le mouvement mais soyons fous. Il y a plusieurs animaux différents en effet qui sont très suivis sur les réseaux sociaux. Du moment où ça ne me pose pas de problème, c'est juste si les espèces ne sont pas forcément exotiques ou détenues dans de bonnes conditions. Mais vous comprenez
pourquoi, je vous repose la question autrement, pourquoi est-ce que c'est souvent les chiens et les chats qui ont le plus de succès ? Ça vient d'où ça ?
C'est quand même les animaux de compagnie numéro un. C'est vrai que dans les appartements, les maisons, c'est quand même des animaux qui sont plus aptes à vivre dans une vie dans la direction de sigo ? Alors, simplement pour préciser, ce qui est intéressant d'où l'intérêt de l'histoire, ça permet de replacer ces problèmes sur des dynamiques différentes. Par exemple, la domestication du poulet repose très probablement sur deux motivations. L'un qui était disposé d'animaux de combat, l'autre d'animaux utilisé dans les sacrifices, c'est quelque chose qui est abondamment utilisé. Il y a sans doute une troisième raison, c'est tout ce qui est la volaille ornementale.
Au Japon, par exemple, il y avait deux types de poulets. Jusqu'au XVIIIe siècle, on ne mange pas de poulet, on ne mange pas d'œuf. Il y a des poulets utilisés dans des combats d'animaux et la volaille ornementale. Donc, en fait, cette séparation entre chats et chiens que l'on connaît aujourd'hui et les autres animaux, c'est extrêmement fluctuant d'une époque à une eau qui est d'une culture à une eau. Sandrine Weltmann, rapidement. Rapidement, en fait, sur les 75 millions ou 80 millions d'animaux de compagnie que vous prévoyez tout à l'heure et que vous annonciez tout à l'heure, on est sur 15 millions de chats et 7 millions à 8 millions de chiens aujourd'hui.
Donc, on voit bien que le vrai top du sujet, c'est les 32 millions de poissons et les 12 millions de poules. Donc, en fait, c'est vrai qu'on parle beaucoup des chats et des chiens parce que ça paraît l'être le plus sociable et celui qu'on emmène en vacances et voilà, c'est vrai qu'on emmène moins son poisson rouge et qu'il y a là une question de relation. En fait, la vraie question, c'est pas tellement y a-t-il trop d'animaux de compagnie mais quelles relations sommes-nous prêts à avoir avec ces animaux de compagnie ? Et Jacques nous écrit
et quelle vie on leur offre ? Jacques, justement, nous écrit là-dessus « J'aime trop les animaux, c'est pour ça que j'en ai pas, j'estime, ne pas pouvoir leur offrir un cadre de vie digne d'un être vivant du monde animal ». Voilà, ça résume. Allez, on parle animaux domestiques aujourd'hui dans le débat de midi avec un gros prisme, vous l'aurez compris, « Chien, chat », émission préparée par Colin Gruel et Pénélope Tricat, réalisée par Théo Raison, Alexandre Chénet est à la technique et un peu de musique avec Arcade Fire.
Arcade Fire,
Unconditional High, Lookout Kid et Valentin Chedebois pour la programmation musicale.
Le débat du midi Qu'est-ce que tu fais ? Mais lâche ! Non ! Tu la... Donne ! Donne ! Tu lâches ! Ah, je suis pas sûr. Deux ? Je suis pas sûr que ce soit la bonne méthode ni la bonne façon pour parler aux chiens, tu vois. Il m'a pris mon poulet ! Non, il t'a pas pris ton poulet ! Il s'est servi en poulet ! Excuse-moi, je pense pas que ce soit à toi ou à nous de les éduquer, mais plutôt à eux. Voilà, s'il y a quelqu'un qui sont chez eux ici, c'est pas nous, c'est bien eux. Ou nous. Alors ? Quoi ? Ils sont arrivés sur Terre jusqu'à preuve du contraire. Ils étaient là dès le début ou pas ? Dès le début ! C'est juste !
Donc, à la limite, toi, demande-lui l'autorisation si tu peux manger avec lui si tu veux. Alors, je suis pas sûr qu'il me réponde.
Voilà, extrait du film Problemos sorti en 2017 avec notamment Eric Judor. D'ailleurs, pour faire écho à cet extrait, il y a Sandrine Weltmann depuis le début de l'année l'Espagne, par exemple, qui considère les animaux de compagnie, donc dont les chiens, comme des membres de la famille à part entière.
Oui, alors, de toute façon, on est évidemment sur des politiques qui sont générales. Nous, nous sommes en France sur le coup de cette nouvelle loi qui a été une avancée majeure, qui est la loi pour la protection des animaux et pour conforter le lien entre les animaux et les hommes. Et je trouve que c'est important de la citer dans son entièreté. Votée en novembre dernier. Exactement. Et dont on attend encore quelques décrets d'application. Ce qui est sûr, c'est que, par rapport à ce qui est dit là, la SPA a sorti un film contre l'abandon, qui dit bien qu'effectivement, pour lutter contre l'abandon, il faut aussi se rappeler que, bien sûr, l'animal est source de désagréments.
Il peut vous piquer votre poulet, c'est une certitude. Mais qu'au regard de 15 ans de vie qu'on risque de passer ensemble, puisque c'est à peu près l'espérance de vie moyenne d'un chien, eh bien, tout ça n'a rien de commun avec la relation qu'on va nouer. C'est pour ça que je parlais de relation tout à l'heure, parce qu'on ne peut penser l'animal de compagnie que si on le pense
concerne le chien, de l'effet chien. Mai Shen Kouk, vous êtes d'accord ? Votre Malcolm, il vous fait de l'effet ?
Exactement. C'est-à-dire ? Il m'a bien très fort. C'est-à-dire que c'est mon chien avant de travailler avec lui. C'est mon animal, c'est un membre à part entière de la famille et c'est l'amour de ma vie, clairement. C'est plus qu'un frère, un fils, c'est tout ça à la fois ? Comme je vous le disais, c'est un membre à part entière de ma famille, Malcolm, et il est très important.
Et Angélique James, il y a eu des études sur les bienfaits aussi bien sur la santé psychique
que physique ? Par exemple, on travaillait beaucoup avec les EHPAD, etc. Pour les malades d'Alzheimer, c'est très important d'avoir un animal en EHPAD. Ça permet d'avoir une activité, ça permet un lien social parce qu'on sort avec son animal donc on rend compte du monde. Ça aide aussi contre les états dépressifs, ça apaise. Je vais citer une étude
parue en 2017 dans Scientific Report, étude suédoise qui dit qu'être propriétaire d'un chien réduit le risque de mortalité de 20% à la fois pour le support social et l'activité physique. Ça représente. à Valérie Champigaud, je vous vois un peu hocher la tête.
Oui, 20% ça me paraît quand même assez du freestyle en termes d'avancée scientifique. Ça mériterait un examen.
En tout cas, ça serait très bénéfique notamment pour réduire les risques cardiovasculaires.
Ça, c'est très possible. Mais que ça soit chiffrable, ça j'ai quand même quelques doutes.
Mais est-ce que vous ne contestez pas quand même les bienfaits que peuvent apporter ?
Je ne conteste absolument pas. C'est vraiment... Il faut comprendre que la personnalité humaine s'est toujours construite dans un rapport à l'animal, qu'il soit sauvage ou domestique. Donc, c'est normal qu'on retrouve aujourd'hui dans nos sociétés une place aussi importante offerte aux animaux. Ce qui est important, c'est de ne pas perdre de vue que l'amour qu'on peut porter à ces bêtes peut se révéler dans certains cas assez néfastes pour les bêtes en question. Soit parce qu'on va les instrumentaliser pour organiser des combats ou je ne sais pas quoi. Soit parce que ça devient une sorte de poupée vivante qu'on va habiller, déguiser, etc.
Ça, on va en parler dans un instant.
Soit éventuellement la création de certaines races qui ont des problèmes physiologiques à cause de la morphologie. On peut penser aux chiens qui ont une face, c'est un nez extrêmement écrasé qui ont souvent des problèmes respiratoires et on peut s'interroger sur le plaisir que l'on tire d'avoir un animal d'une telle apparence alors même qu'il peut souffrir de l'apparence qu'il a.
On a justement Marie qui nous écrit là-dessus sur l'application France Inter. Si on aime vraiment l'animal, elle dit d'abord et qu'on ne se considère pas comme un objet d'abord, on l'adopte. L'achat relève d'un acte égoïste de l'homme qui souhaite un animal de race pour sa beauté notamment. Quand on voit les dégâts donc elle rebondit sur ce que vous venez de dire, Valérie Chanseigo, quand on voit les dégâts de la sélection des races braquice et phal boxeur avec cancer multiple, etc. C'est une honte. Angélique James, il y a des dérives de ce point de vue-là aujourd'hui. On rallonge des teckels qui ont du coup des hernies discales. Enfin, il y a des gros soucis.
Moi, je ne connais pas d'éleveurs qui font ça. Oui, ça existe. Mais après, encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure, on ne pourra jamais empêcher les gens d'avoir envie de telle ou telle race en fait.
Mais comment dans la profession on s'interroge là-dessus ? Parce qu'aujourd'hui, il y a ces fameux chiens que les Anglais, je crois, appellent les toy dogs, ceux qu'on met un peu dans le sac à main, je le disais tout à l'heure qu'on peut éventuellement promener en poussette. Est-ce qu'à un moment, alors je veux bien que ce soit évidemment vos affaires, votre commerce, mais est-ce qu'à un moment vous ne vous interrogez pas entre vous à dire ça en fait, il faut qu'on stoppe, il ne faut pas qu'on le fasse parce que sinon après, il n'y a plus de limites.
Les animaleries des gens ne vendent plus de chiens. Vous savez que la loi est passée et on ne peut plus vendre de chiens et de chiens en animalerie à partir de janvier 2024.
Par exemple, les races dont on va parler varier les chiens cigaux et nous parle Marie, les carlins, les bulldogs français qui ont des vrais problèmes avec leur cloison nasale qui en souffrent. Oui. Ça, est-ce que vous vous interrogez là-dessus ?
Oui, on s'interroge là-dessus mais vraiment, nous on n'a pas d'éleveurs, il y a très peu d'éleveurs qui travaillent ces races et qui causent des problèmes et il n'y a pas d'abandon de carlins ou de bulldogs français en tout cas.
Encore une fois, là je ne vous parle pas d'abandon, je parle de vous dire
ça n'engage que les personnes qui pensent qu'il y a une vraie souffrance, etc. Mais les gens qui possèdent des bulldogs français et des carlins sont très heureux et ce sont des chiens qui ont l'air très heureux aussi.
Sandrine Weltmann ?
Ce qui me semble moins important à apporter à la connaissance peut-être des auditeurs, c'est le secteur de la protection animale est un secteur qui est extrêmement peu référencé en littérature en fait et donc cette question des bonnes pratiques de la manière dont on s'interroge collectivement et dont on formalise des bonnes pratiques est assez peu répandue.
Et donc effectivement finalement je ne vous rassure pas malheureusement on en a quand même un certain nombre qui arrivent en refuge d'abord parce qu'en problème de santé les gens ne peuvent pas les abandonner des fois ils ne peuvent pas payer les soins donc en fait la seule solution qui leur reste c'est de les abandonner en refuge donc on en a encore on en a quand même malheureusement mais que cette question elle doit être portée sur un plan non plus seulement du marché et de ce que ça représente quand même le marché animal en France c'est 5 milliards d'euros donc on ne parle pas de rien mais simplement il doit être porté de manière très forte par une conviction sur la protection animale comment est-ce qu'on fait pour effectivement s'interroger collectivement de ce qui est possible ou pas ?
Maïe Tienkong vous pouvez réagir à ce que disait Valérie Chansey-Gaud tout à l'heure sur le fait d'habiller notamment les animaux de les mettre en l'occurrence sur Instagram ce que vous faites avec votre chien Malcolm donc je crois qu'il a 100 000 abonnés c'est bien ça ? Est-ce que quelque part vous avez l'impression de le respecter en faisant ça ?
Alors tout à fait parce que Malcolm n'est absolument pas déguisé humanisé je disais tout à l'heure que c'est un membre apparenteur de la famille je ne le considère pas comme un bébé vraiment comme un animal c'est la meilleure façon de le respecter c'est de le considérer comme un animal et respecter ses besoins fondamentaux c'est juste la base aujourd'hui en France l'anthropomorphisme donc déguisé humanisé des animaux c'est quelque chose qui est quand même très très mal vu l'hypertype aussi on parlait juste avant de l'hypertype avec les races brachycéphales les membres déformés et les maladies suivies à cause de ces reproductions ça aussi on est contre mais en revanche oui mais non je respecte totalement Malcolm il n'est pas contraint et je pense que ça se ressent Mais ça veut dire
que votre agence qui est quand même spécialisée là-dedans elle n'encourage pas quelque part à se servir de son animal pour vendre quelque chose et donc se faire de l'argent aussi sur son dos
Alors évidemment on sélectionne les influenceurs on les connaît notre force aujourd'hui à l'agence YLG c'est de connaître ce secteur animalier et donc les comptes animaliers influents et de sélectionner de façon la plus bienveillante parce qu'évidemment on travaille avec des animaux et encore une fois les respecter c'est en fait c'est faire des choix éthiques de faire des vrais choix des vraies sélections pour respecter tout ça
Mais c'est un vrai phénomène je vais citer alors moi j'ai découvert ça hier soir je vous avoue j'étais à la fois subjuguée et totalement ahurie j'ai découvert les comptes Instagram de Gif Pomme c'est le plus suivi c'est un petit Spitzna vous savez les petits chiens tout mini là qui ressemblent à des petits lions il a presque 10 millions d'abonnés alors lui il est habillé dans tous les sens il est mis en scène etc il y a aussi un carlin Doug the pug et Nala Cat donc un chat elle elle vaut elle vaut 100 millions de dollars Valérie Chanseigo comment vous réagissez c'est un vrai phénomène mondial aujourd'hui c'est Petfluencer
oui c'est encore une fois le rapport à l'animal peut pas souvent ne peut pas être distingué du rapport aux autres êtres humains que ça soit encore une fois sur le temps long ou juste à notre époque ce qu'on observe comme rapport à la fois d'affection ou de brutalité de domination de soins ou de maltraitance c'est quelque chose qui n'est pas séparable il n'y aurait pas un domaine qui affecte les animaux ou qui affecterait les êtres humains c'est une sorte de continuum où effectivement l'utilisation l'instrumentalisation qu'on peut faire subie ou qu'on accepte de subir soi-même ou qu'on fait subir à des êtres humains c'est normal qu'on retrouve aussi de temps en temps des débats c'est pas étonnant c'est le même type
de phénomène dans les animaux stars il y en a une dont on a beaucoup parlé c'est Choupette le chat de Karl Lager qui était officiellement sur son testament on a retrouvé une archive de Karl Lagerfeld qui en parlait en 2017 sur la chaîne américaine CNBC et écoutait l'amour qui ressort vraiment de sa relation avec Choupette
je n'aurais jamais pensé que je pourrais tomber amoureux d'un animal comme ça vous devriez la voir vous tomberez instantanément amoureux d'elle car elle est incroyable je pense être devenue une meilleure personne elle m'a donné quelque chose de magique qui fait que je comprends les égyptiens d'il y a 4000 ans avant Jésus-Christ pour eux le chat était l'animal le plus important et je comprends ça elle me donne de l'énergie c'est très étrange
Angélique James est-ce que finalement la vertu de ces animaux de compagnie c'est comme le dit Karl Lagerfeld de faire de nous de meilleures personnes oui
après Karl Lagerfeld était un homme bien sous tout rapport et avec les êtres humains il était exceptionnel donc je trouve que ça ne me choque pas qu'on porte son animal à une place aussi importante quand on fait aussi le bien pour l'être humain à côté
et vous disiez tout à l'heure nos animaux vont très bien ils sont très heureux etc cette notion Valérie Chancigaud de croire que notre animal est super heureux finalement on ne peut jamais vraiment le vérifier puisqu'il ne s'exprime pas en tout cas avec notre langage
alors quand on connait bien un individu je veux dire un animal individuellement on peut détecter assez facilement d'ailleurs les vétérinaires les comportementalistes le savent bien des comportements qui montrent un stress une douleur une souffrance donc il y a quand même des façons de le voir de le mesurer et d'ailleurs les personnes qui reçoivent dans les refuges des animaux dont ils ignorent tout très vite en fait on arrive à situer un petit peu ce genre de choses après il faut bien voir que le rapport est quand même très très très très asymétrique c'est à dire c'est nous qui décidons de la vie du destin de la mort de ces bêtes c'est rarement l'inverse et ça c'est c'est quelque chose dont il faut prendre conscience on n'est pas dans un rapport symétrique c'est pas parce qu'on aime la bête qui est à côté de nous qu'on est dans un rapport identique
c'est à dire qu'il n'y a pas aujourd'hui de chat ou de chien qui serait le maître d'un humain
en l'occurrence pas au sens littéral du terme
parce qu'il peut y avoir quand même ce genre de relation c'est à dire qu'à un moment Sandrine Weltman où on est tellement attaché à son animal quelque part il va presque un peu nous mener nous par le bout du nez
alors certainement la question toujours c'est j'y reviens sans arrêt mais parce que je crois que c'est le fond du problème la question c'est quelle relation sommes-nous prêts à avoir avec notre animal une relation qui pour le bonheur de l'animal ou pour son bien-être en tout cas j'ose pas dire jusqu'au bonheur doit être forcément équilibrée qu'est-ce que c'est qu'une relation équilibrée c'est une relation qui répond à notre besoin donc la question c'est qu'est-ce qui à partir de quand on sait suffisamment de choses pour savoir quel est le besoin de l'animal qui comme vous l'avez très justement dit ne s'exprime pas au moins en parole parce que effectivement son comportement général peut nous amener à avoir des indications de lecture à ses clés sur ce qu'il est en train de ressentir mais effectivement tant qu'on ne comprendra pas qu'un animal il faut le bien connaître son besoin pour pouvoir y répondre de manière équilibrée et du coup nourrir une relation équilibrée on sera dans l'erreur en fait un message de Françoise
sur le mail du débat de midi la SPA m'a proposé une bâtard de moche elle est très gentille elle est très facile j'en suis extrêmement contente et elle a l'air heureuse tant mieux pour elle Philippe lui a une question qui va vous intéresser Angélique James il voudrait savoir comment sont surveillés les éveurs que font-ils des animaux qui ne trouvent pas de maître dans le délai raisonnable avant que le chien ou le chat soit adulte est-ce qu'il a une licence également il voudrait savoir
la plupart des éleveurs trouvent toujours preneur et puis comme on en parlait tout à l'heure tout vient de la base c'est-à-dire de la cession de l'animal ou de l'adoption comment c'est fait s'il y a bien eu le message de sensibilisation si l'animal correspond vraiment aux attentes du propriétaire et il n'y a pas de chien qui reste sur le carreau il n'y a pas de surplus
de stock
non mais après j'en reparlais pour vraiment lutter contre les abandons la seule chose qui serait à faire c'est que si tous les animaux sont stérilisés et qu'il n'y a plus de reproduction il ne devrait plus y avoir d'abandon
alors justement la stérilisation des chats en tout cas ça n'a pas été inscrit dans la loi dont on parlait tout à l'heure Sandrine Weltmann pourquoi ? vous le savez ?
pourquoi ?
parce qu'à partir du moment où on l'oblige il faut avoir les moyens de le faire et tout ça coûte beaucoup d'argent il faut savoir qu'un couple de chats en 4 ans peut engendrer 20 000 descendants si je ne me trompe pas et donc du coup effectivement cette question là elle est majeure et pour l'impact écologique même si sans doute on en parlera après parce que c'est important et pour le fait que de toute façon on ne peut pas laisser la situation perdurer or la question c'est bien sûr tout cela a un coût et effectivement il faut qu'on arrive à se dire que toutes ces actions là ont un coût je reviens juste Angélique sur la question d'effectivement en élevage cette question de l'achat et donc cette question de la relation en achetant un chien effectivement je partage le fait que un certain nombre d'éleveurs et heureusement ça fait partie du métier ont effectivement l'ambition de bien conseiller les personnes que les personnes partent avec le bon chien parce que de toute façon elles y sont forcément attachées puisqu'elles l'ont vu naître et elles l'ont élevé la question quand même est que tous les surplus qu'on appelle tous ces animaux de réforme finalement il va bien falloir un moment savoir ce qu'on en fait et je trouve que tous ces débats doivent être portés sur la place publique
vous vendez combien d'animaux par an le PRODAF le syndicat des professionnels dans l'animalerie
c'est une goutte d'eau dans l'océan c'est 1,5% du marché de l'animal mais ça fait combien
d'animaux d'individus
8000 chats 12000 chiens 12000 chiens par an ? oui c'est une goutte d'eau et c'est de moins en moins puisque de toute façon la loi étant passée il y a déjà eu un impact et il n'y a pratiquement plus de chiens et chats en animalerie allez Dominique nous écrit qu'il a deux carlins
comme compagnons adoptés à la SPA donc il y en a aussi des carlins à la SPA j'ai parfois la sensation d'être leur humain de compagnie et non l'inverse on fait une petite pause et on revient donc pour parler justement vous l'évoquiez Sandrine Veltman des problèmes du quotidien des problèmes des chats en particulier les conséquences écologiques c'est le débat de midi c'est France Inter et c'est sa playlist
solitaire
c'était Donna Blou
France Inter Camille Cronier domestiqué il y a seulement 9000 ans le chat a hérité de quantités de progrès évolutifs destinés à en faire une machine à tuer aux quatre coins du monde ces victimes sont de plus en plus nombreuses la présence de ce carnivore serait même dévastatrice pour nombre d'animaux en voie de disparition l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature principal sentinelle de la biodiversité dans le monde a classé le félin parmi les espèces les plus agressives et nuisibles c'est sur les traces de ce tueur si mignon que nous vous emmenons
documentaire le chat se tueur si mignon sur Arte en 2019 nous sommes toujours en compagnie d'Angélique James directrice du PRODAF le syndicat des professionnels de l'animal familier de Sandrine Veltman de la SPA de Valérie Chancigo historienne des sciences et de l'environnement et de vous Mai Chan-Kung avec votre chien pas très loin Malcolm est-ce que vous saviez ça tiens Mai Chan-Kung que les chats avaient en particulier un énorme impact sur d'autres espèces
oui oui tout à fait ils sont un peu considérés comme des nuisibles
oui et qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous avez à en dire est-ce que vous vous dites qu'il faudrait plus contrôler les chats donc on le disait c'est 15 millions de chats en France ils étaient que 10 millions ils ont quasiment ils sont passés de 10 millions à 15 millions en 10 ans donc c'est une croissance exponentielle
alors 15 millions dont 8 millions ne sont pas identifiés oui mais dans tous les cas il y en a c'est le problème c'est la stérilisation aujourd'hui voilà parce qu'en effet les chiffres ont été cités tout à l'heure et en effet un couple de chats peut reproduire de façon impressionnante et aujourd'hui c'est ça qui pose problème si on veut lutter contre l'abandon aussi il faut obliger la stérilisation nous allons lancer la journée nationale de l'aide à la stérilisation le PRODA va le faire avec le ministère de l'agriculture et l'AMF parce que les mairies aujourd'hui ne sont pas obligées c'est vrai de faire stériliser leurs chats ils doivent le faire mais ils ne sont pas obligés et ça devrait être une obligation c'est un vrai souci en fait la question c'est aussi toute la représentation qu'on a de la stérilisation je pense en France effectivement je ne peux que partager ce qui a été dit c'est à dire que la stérilisation est la réponse au problème puisque effectivement cette question ne peut pas continuer comme ça il faut savoir que souvent quand on interroge des vétérinaires sur pourquoi les maîtres ne souhaitent pas faire stériliser leurs chats ils disent souvent c'est parce que en fait ça va les mettre en mauvaise santé ce n'est pas vrai ça augmente plutôt leur espérance de vie même et de fait c'est important cette stérilisation puisque un chat c'est un animal territorial qui a besoin de vivre sur un territoire et donc si on le stérilise et qu'il vit en fait sur son territoire en fait finalement on finit par éteindre en tout cas sa descendance on a un message de Dominique
sur l'application France Inter j'ai pas de chat je chasse régulièrement les chats de mes voisins pour préserver les nids d'hirondelles dans ma grange c'est un souci réel on l'entendait dans l'extrait du documentaire d'Arte Valérie Chansillon
oui c'est un vrai problème alors bien sûr ça serait faux de présenter le chat comme l'unique problème écologique en termes d'animaux domestiques les chèvres les cochons introduits sur certaines îles par exemple ont eu des impacts absolument redoutables et dévastateurs sur la biodiversité c'est pas la seule espèce c'est l'ensemble des espèces transportées par l'être humain qui a qui ont un impact sur la biodiversité mais dans notre pays c'est vrai que le chat réduit considérablement les populations d'oiseaux lorsque l'environnement convient à la présence de chiens comme les zones périurbaines par exemple les pavillons etc et j'ai un ami entomologiste qui me disait un peu en plaisantant que lui il voyait ça plutôt d'un bon oeil parce que ça augmentait la population d'insectes puisque comme ça diminuait la quantité d'oiseaux insectivores il y a a priori plus d'insectes je ne suis pas sûre que ça ait été totalement vérifié mais c'est en tout cas
l'UICN donc l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature met quand même une alerte évidemment sur la prédation des chats allez on les réhabilite un petit peu avec ce témoignage de Marie par mail qui nous parle de Suzette sa meilleure amie sa confidente elle me fait comprendre qu'elle capte bien les émotions parce que quand j'ai eu le Covid elle nous écrit elle ne m'a pas quittée alors qu'il faisait beau et qu'elle aurait pu être dehors à gambader autre problème que posent nos chers animaux en tout cas pointé par beaucoup d'auditeurs j'ai énormément de messages là-dessus alors c'est compliqué de les lire parce que j'ai trois feuilles derrière moi mais la nourriture pour chien et chat l'impact environnemental de cette nourriture Angélique James est-ce qu'on a des chiffres là-dessus ?
le marché du pet food est exponentiel on est à 5 milliards cartes au niveau du marché de l'animal de compagnie le pet food n'a jamais aussi bien marché il évolue chaque année donc le pet food
c'est composé l'alimentation est composé majoritairement de viande en particulier
ah non mais non vous avez
de farine de poisson
vous avez de tout dans le pet food le bio marche très très bien l'insecte marche très très bien
alors on a Charles qui nous écrit je suis en train de regarder les messages un chat consomme environ 90 grammes de viande par jour soit 32 presque 33 kilos par an 15 millions de chats en France consomment donc chaque année près de 500 millions de kilos de viande est-ce qu'on a les moyens de nourrir autant de chats Sandrine Veltman au niveau de la même il y a des farines de poisson je crois qui sont utilisées
vous voyez bien que tout ça est une question d'équilibre global et que là dans la manière dont on a pris le problème en fait la course à l'échalote sur le nombre etc.
ne nous permettra pas de régler le problème je pense qu'effectivement il y a vraiment des questions sur l'alimentation quelle est la bonne alimentation comment on répond bien aux besoins comment dans ce marché pet food comme vous le dites Angélique quelle est la part du marketing quelle est la part d'ailleurs de la qualité de l'alimentation c'est une question nous à l'ASPA à laquelle nous sommes très sensibles et sur laquelle nous travaillons parce que je pense que effectivement même les formules nutritionnelles doivent être étudiées plus largement de manière plus de manière plus drastique pour essayer de répondre vraiment aux besoins de chaque espèce effectivement et puis il faudrait préciser que la nourriture pour animaux est un sous-produit de la production de nourriture pour être humain on n'a pas des élevages de vaches de cochons de poulet quelque part uniquement pour nourrir des bêtes c'est des sous-produits c'est à dire
il n'y a pas des élevages d'insectes qui sont faits exprès pour nourrir des animaux moi je crois que si
oui mais pas des animaux de compagnie c'est essentiellement des élevages qui sont faits pour nourrir pour fournir des farines animales destinées soit aux bétails soit à la pisciculture
bon alors sur les problèmes je continue la liste des réclamations Alexis nous écrit je dis stop aux animaux de compagnie ça met des poils et surtout ça fait caca partout alors le problème des crottes notamment en ville des chiens Angélique James on en rigole mais c'est un vrai problème aujourd'hui
c'est un vrai problème mais je trouve que les mentalités ont également évolué maintenant vous voyez tout le monde avec son petit sac il y a aussi beaucoup de poubelles avec des sacs dans les villes tout dépend de la politique de la mairie c'est toujours pareil
et le problème c'est quoi c'est pas le chien finalement c'est le maître
c'est le maître c'est le maître qui doit penser aux autres et évidemment ramasser les selles de ses animaux
Maïtian Kung est-ce que vous faites attention à ça et vous prenez des réflexions parfois en promenant votre chien du côté de Bordeaux
alors absolument jamais parce que justement j'ai tout ce qu'il faut pour ramasser en effet et c'est important de le faire parce qu'aujourd'hui à Bordeaux on est sur une ville qui est quand même dog friendly c'est agréable de vivre à Bordeaux avec un chien et pour qu'il puisse cohabiter avec nous et continuer que la mairie annule tout ça c'est important de respecter en effet Sandrine Weltman là-dessus là-dessus je ne peux là encore que partager c'est-à-dire que c'est toujours pareil le chien il ne peut pas aller aux toilettes donc il faut bien s'occuper éventuellement aussi de ramasser ces extréments bien sûr Valérie Chancigaud
finalement tous ces petits conflits ces petits problèmes de voisinage est-ce que ça ne renvoie pas encore à la relation à l'autre que ce soit à l'animal ou à l'autre humain qui nous entoure ?
il y a toujours eu des règles qui ont encadré la place des animaux depuis très longtemps mais par exemple au 19ème une bonne partie de ce qu'on connaît en termes de refuges de ramassage des chiens errants d'identification de leur maître etc.
était lié à un problème sanitaire celui de la rage ça on a oublié mais la rage canine qui est une maladie mortelle à 97% posait des réels problèmes de santé publique et l'une des réponses a été d'encadrer de façon extrêmement brutale et sévère les chiens errants qui étaient vus comme une menace potentielle encore une fois mortelle parce que la rage c'est vraiment une maladie extrêmement grave et c'est vrai qu'une bonne partie de ce que l'on connaît aujourd'hui la résultante le fruit l'héritage de cette tradition d'encadrement de gestion dans l'espace public d'animaux à savoir et en particulier le chien donc c'est pas quelque chose de nouveau qui vient de fleurir parce que le nombre de chiens aurait augmenté depuis 50 ans c'est quelque chose qui s'inscrit dans une tradition assez longue
et par rapport à un phénomène qui est en train d'apparaître beaucoup dans les villes les fameux dog-seaters les bubisiteurs pour chiens qui les promènent ça peut aussi créer
des... ce métier s'est grandement développé également parce qu'il y a une forte demande il y a de plus en plus de gens qui ont pris effectivement des animaux après la Covid
qui n'ont pas le temps de les promener alors pareil je renvoie la question à quoi bon avoir un animal si c'est pour même pas pouvoir le promener
alors il y a beaucoup d'entreprises qui acceptent qu'on puisse venir travailler avec son animal de plus en plus il y a énormément de télétravail donc les gens sont chez eux donc ils peuvent effectivement ils ont besoin d'une compagnie mais du coup c'est un service en fait c'est comme un toiletteur c'est un service qui s'est développé qu'on encadre c'est pas forcément choquant je veux dire c'est une façon de faciliter cette relation à l'autre qui serait le chien si on a besoin de dog sitters ou de cat sitters pourquoi pas c'est pas c'est pas un excess c'est juste une façon de répondre aux besoins des animaux Maïtian Cook vous voulez réagir là-dessus rapidement ?
Oui parce qu'en effet pour aider et contrer les abandons justement il y a des solutions de garde il y a le site typiquement empruntement toutou qui permet des solutions de garde autour de chez nous et ça c'est extrêmement pratique et Elisabeth
nous écrit un message sur l'application avoir un animal de compagnie c'est être riche c'est un coût du temps des soins j'aimerais avoir un animal de compagnie mais en tant qu'aide à domicile mon budget ne me le permet pas ça coûte combien en moyenne Angélique James ?
C'est vrai que c'est un coût pour un chien il faut compter peut-être entre 800 et 1000 euros par an Oui moi je dirais plutôt entre 1000 et 1500 et plutôt 1000 pour un chat il faut savoir qu'il y a 20 000 personnes qui dépendent directement ou indirectement de ce marché c'est plutôt bien puisque de toute façon ça participe aussi à l'histoire économique de la France donc tout va bien mais c'est vrai que c'est un coût et c'est pour ça qu'il faut une adoption responsable parce qu'en fait quand on se prend en animal on s'engage pour la vie
alors justement avant de se quitter on a lancé un mini débat sur Twitter comme tous les jours chien, chat, naque ou pas d'animal ce sont les chats qui l'emportent 50% pour les chats en deuxième position pas d'animal 26,3% ensuite arrive le chien 21,3% et alors les naques pas trop de succès sur Twitter 2,5% Sandrine Weltman si on veut adopter là on peut aller dans les refuges SPA il y en a plein ils sont ouverts ils vous attendent et je signale 30 millions d'amis qui nous a écrit qui a aussi lancé une plateforme pour éviter les abandons pendant cet été ça se passe sur nosvacancesentreamis.com merci beaucoup à toutes les quatre d'avoir été dans cette émission moi demain je vous retrouve même lieu même heure alors on parlera on va même piquer un gros roupillon et quitter la Terre l'hibernation humaine pour aller sur Mars est-ce que c'est fiction ou réalité ?
Très bon après-midi les amis