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interviewCNEWS· 30 mars 2026 4 min

L'édito de Thomas Bonnet : «Un sentiment prérévolutionnaire en France ?»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Thomas Bonet, la France est-elle proche d'une révolte voire d'une révolution ? C'est ce que peuvent laisser croire les propos de Gérald d'Armanin ce weekend. Thomas Bonet, vous revenez ce matin sur cette phrase choc prononcée par le garde des saut qui sent comme un climat prérévolutionnaire en France.

Absolument. Dans l'éclosion printanière des interviews politiques du weekend, une phrase a retenu mon attention. Elle nous vient de Gérald Armanin interrogé dans les colonnes du Parisien.

Je trouve, dit-il, qu'il y a chez des électeurs qui ont voté massivement vers les extrêmes, une sorte de contestation qu'on pourrait comparer à celle des 100 culottes et des soldats de l'an. On n'est pas loin, nous dit Gérald Armanin, on n'est pas loin d'un sentiment prévolutionnaire électoral. Alors, c'est pas rien.

C'est pas anodin qu'un membre du gouvernement parle de sentiments prérévolutionnaire, même s'il prend le soin d'ajouter l'adjectif électoral comme pour modérer sa propre alerte. Plus loin dans l'interview, il explique notamment que la paix sociale doit être maintenue sous peine de connaître des troubles majeurs dans notre pays. Une contestation dit Gérald Armanin.

Thomas Bonet, pourquoi est-ce que cette déclaration est si importante selon vous ? Dites-nous. D'abord parce que parmi tous les macronistes, Gérald Armanin est sûrement celui qui a réussi à garder des capteurs efficaces pour sentir l'humeur du pays.

Quand il affirmait qu'il n'y avait plus de lieu safe en France, au-delà du constat d'échec, c'était déjà la retranscription fidèle de l'état d'esprit qui règne dans le pays. Ensuite, Gérald Armanin parle de cela au terme d'une semaine qui a été marquée par les actes d'intimidation, d'humiliation, de vengeance lors des passations de pouvoir dans les mairie. Et beaucoup de Français, comme beaucoup d'observateurs, ont vu dans ces images le passage d'un nouveau palier dans la violence politique avec un climat de chaos savamment instauré par Jean-Luc Mélenchon.

Enfin, Gérald Aminin parle des s culottes et des soldats de l'an. Or, quand on parle des révoltes des soldats de l'anre de Vendé et ce n'est donc plus un soulèvement contre le pouvoir dont on parle, mais d'affrontement entre habitants du même pays, c'est-à-dire une guerre civile. Alors, évidemment, on en est pas là.

Évidemment, bien sûr, mais c'est aussi cette frag cette fragmentation du pays qui est en jeu quand on parle du climat qui règne et de ce sentiment prérévolutionnaire. Voilà, on en est pas là, vous faites bien de le de le préciser, mais il y a quand même de plus en plus de craintes sur l'évolution de la situation et sur les les fractures françaises, comme on dit. Au fond, la question que beaucoup se posent, c'est celle-là.

Comment tout ça va finir ? Et je pense que là, c'est une erreur d'analyse de Gérald Armanin, c'est d'associer le vote des extrêmes dans la même catégorie. Autant les électeurs de la France insoumise sont nombreux à espérer le grand soir, autant les électeurs du RN sont davantage dans une posture de dégagisme que de révolution.

Le RN en fait, c'est devenu le parti aujourd'hui réceptacle des frustrations, d'une certaine colère aussi, mais tout ça s'exprime, j'allais dire dans le champ républicain habituel. Mais la question qui est posée au fond, c'est celle du bon fonctionnement de notre démocratie. Les images de la semaine dernière dans les mairies doivent être un signal d'alerte très sérieux sur le climat qui pourrait régner en 2027.

Qu'est-ce qui se passera dans nos rues au soir du second tour ? Voilà une question qu'on est en droit de se poser. Et là donc c'est on parle de démocratie, on parle de cohésion nationale.

Pour finir, je ne sais pas vous dire si nous sommes dans une ère prérévolutionnaire. Ce que je vois comme nombreux nombreux d'entre vous, c'est la fragmentation du pays, des divisions, les vents mauvais que certains soufflent pour tenter de faire partir les braises. Ce qu'on peut dire enfin, c'est qu'en 2017, Emmanuel Macron avait été élu avec la promesse d'une révolution.

C'était le nom de son livre programmatique. Et bien 10 ans plus tard, son ministre le plus fidèle annonce un potentiel grand soir. voit le signe d'un échec mais plus grave encore le signe d'une détérioration notable de la situation en France après 10 ans donc de Macronis.

Ok.