Le RN exige le respect de ses électeurs ! - Laure Lavalette (LCI)
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Questions et réponses
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- 1:14OuverteRéponse directe
Pour vous on comprend que c'est une ligne différente de celle du président de la République en tout cas telle qu'elle est exprimée maintenant ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce que vous lui en êtes reconnaissant ?
- 2:32ComplaisanteRéponse partielle
On vous sent quand même très, comment dire, positif sur M. Bayrou, d'entrée de jeu.
- 2:55RelanceRéponse directe
Vous avez rappelé quand même des précédents qui doivent compter pour vous. Il y a la banque, il y a les parrainages.
- 3:23RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il y a un retour, disons les choses de façon un peu triviale, est-ce qu'il y a l'idée quand même d'un retour d'ascenseur ?
- 4:16OuverteRéponse directe
La politique, c'est aussi de l'habileté. Qu'on juge ça bien ou mal.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« François Bayrou reçoit Marine Le Pen et Jordan Bardella. »
- 0:47Invité politiqueFait
« François Bayrou effectivement commence mieux, c'est balle neuve j'allais dire, effectivement le jeu repart mieux. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Il l'a dit d'autant plus qu'il désavoue un peu le chef de l'État qui avait quand même fait comprendre, on lui avait dit qu'il fallait recevoir tout le monde sauf l'FI et l'ERN. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Je pense que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont pu dire ce qu'ils attendaient pour les Français, cette préservation du pouvoir d'achat, la résolution de cette crise sécuritaire et migratoire. »
- 1:37Invité politiqueFait
« François Bayrou était plutôt démocrate, il avait donné sa signature à Marine Le Pen, il avait été à l'initiative, souvenez-vous, de cette banque de financement des partis politiques pour que nous n'ayons plus à aller chercher des prêts à droite à gauche et pour que les principaux candidats puissent avoir leur signature. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Il a dit à Marine Le Pen, qui me le répétait tout à l'heure, qu'il traiterait chaque député de la même façon, à égalité, ce qui pour l'instant effectivement n'était pas le cas. »
- 2:18Invité politiqueChiffre
« On compte sur Eric Ciotti, on rappelle toujours que c'est 9 plus 2. »
- 3:48Invité politiqueFait
« A priori, ils se sont mis d'accord, je pense, sur les taxations, sur les rachats d'actions, sur la proportionnelle, sur le mode de scrutin. »
- 3:56Invité politiqueFait
« François Bayrou a dit le 31 août, il aurait fallu changer ce mode de scrutin avant de faire les élections pour qu'au moins il y ait une majorité de circonstances qui se dégagent pour que nous puissions, nous députés, voter des textes et faire avancer, évidemment, la vie politique du pays. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Dans notre niche de l'année dernière, évidemment, Bruno Bild, mon collègue, portait cette proposition. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Là, tout a changé. On a une tripartisation. Il y a trois parties, trois blocs majeurs. »
- 11:53Invité politiqueFait
« Les images sont glaçantes. Évidemment, on est tous subjugués de ce qui se passe à Mayotte. »
- 12:50Invité politiqueChiffre
« En fait, à Mayotte, il y a deux fois plus de personnes que la ville peut accueillir. »
- 13:02Invité politiqueFait
« Et cette immigration des Comores, il va falloir arriver à y mettre un cercle. »
- 14:01Invité politiqueFait
« Edwige Diaz portait une loi justement sur l'expulsion des délinquants une fois qu'ils avaient purgé leur peine ou ceux qui présentaient une menace à l'ordre public. »
Temps de parole
- Laure Lavalette66 %
- Présentateur30 %
- Invité4 %
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Passons par la politique avec Laure Lavalette qui va nous rejoindre puisque toutes les voies politiques se succèdent sur notre plateau. Plus tard ce sera le Parti Socialiste qui lui aussi joue un rôle très important. A tout à l'heure Michel Goya, bonsoir Madame la députée, merci beaucoup Laure Lavalette d'être là. Je rappelle l'enchaînement des événements, les grandes manœuvres politiques aux heures décisives. François Bayrou qui a reçu votre parti dans les personnes de Jordan Bardella et de Marine Le Pen mais aussi des socialistes et quelques autres.
Un moment d'abord d'un commentaire sur ce qui est en train de se passer, cette réception, cette invitation disons qui n'avait pas eu lieu précédemment, pas dans les mêmes circonstances.
Vous avez raison, François Bayrou reçoit Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce que Michel Barnier n'avait pas fait alors qu'il avait dit qu'à trois reprises il avait invité Marine Le Pen ce qui avait été faux. François Bayrou effectivement commence mieux, c'est balle neuve j'allais dire, effectivement le jeu repart mieux. Il l'a dit d'autant plus qu'il désavoue un peu le chef de l'État qui avait quand même fait comprendre, on lui avait dit qu'il fallait recevoir tout le monde sauf l'FI et l'ERN. On a bien compris que les débuts entre eux avaient été un peu compliqués mais voilà écoutez c'est une bonne chose.
Je pense que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont pu dire ce qu'ils attendaient pour les Français, cette préservation du pouvoir d'achat, la résolution de cette crise sécuritaire et migratoire.
Pour vous on comprend que c'est une ligne différente de celle du président de la République en tout cas telle qu'elle est exprimée maintenant ?
Je ne sais pas, déjà la presse a fait un peu état de la façon dont ça s'était passé et de sa nomination donc on sent que les choses ne sont pas tout à fait fluides non plus entre eux. Mais bon vous avez raison, François Bayrou était plutôt démocrate, il avait donné sa signature à Marine Le Pen, il avait été à l'initiative, souvenez-vous, de cette banque de financement des partis politiques pour que nous n'ayons plus à aller chercher des prêts à droite à gauche et pour que les principaux candidats puissent avoir leur signature. Donc attendons de voir, on juge un arbre à ses fruits.
Mais effectivement pour l'instant il a décidé de traiter le Rassemblement National et il a dit à Marine Le Pen, qui me le répétait tout à l'heure, qu'il traiterait chaque député de la même façon, à égalité, ce qui pour l'instant effectivement n'était pas le cas. Il y avait les députés de la majorité du Bloc central et les sous-députés que nous étions. Est-ce que vous lui en êtes reconnaissant ? On préfère qu'on nous parle correctement, bien évidemment. Encore une fois, ce n'est pas nous, ce sont les 11 millions d'électeurs que nous représentons. On a effectivement des choses à dire. On compte sur Eric Ciotti, on rappelle toujours que c'est 9 plus 2.
Exactement, nos alliés, ce qui est d'ailleurs très agréable d'avoir des alliés, on sent qu'on est fort. Au moment de la motion de censure, ça s'est vraiment ressenti. Marine Le Pen a parlé, Eric Ciotti lui aussi a apporté son éclairage et nous allions tous dans le même sens.
On vous sent quand même très, comment dire, positif sur M. Bayrou, d'entrée de jeu.
Oui, mais nous l'étions aussi d'entrée de jeu avec M. Barnier. On n'est pas du tout dans la censure a priori, contrairement à nos adversaires politiques d'Adelefi, pas du tout. Encore une fois, nous espérons que M. Bayrou nous écoute effectivement et nous pensons qu'ils ont appris, j'allais dire, de leurs erreurs. On ne peut pas faire comme si nous n'existions pas.
Vous avez rappelé quand même des précédents qui doivent compter pour vous. Il y a la banque, il y a les parrainages. En 2022, quand Mme Le Pen semble-t-il était en difficulté de parrainage. Et François Bayrou, non pas qu'il soutienne ses idées, mais il dit voilà, c'est normal, elle doit pouvoir concourir comme les autres. Et il donne son parrainage. C'était un acte très fort à l'époque.
C'était un acte fort, d'autant plus que ça a été suivi par d'autres maires, du coup, qui ont donné leur parrainage. Il était complètement insensé que Mme Le Pen, qui représente autant de gens, ait autant de difficultés à trouver ses parrainages.
Est-ce qu'il y a un retour, disons les choses de façon un peu triviale, est-ce qu'il y a l'idée quand même d'un retour d'ascenseur ? Je lis ce que disait Mme Le Pen à l'époque, 2022. Le jour venu, il faudra s'en souvenir. C'est rapporté par Le Point en 2022. Le jour venu, il faudra s'en souvenir. Ce jour-là est-il arrivé ?
En tout cas, dans l'accueil qu'on lui fait, encore une fois, avec cette... On n'est pas du tout naïf. Mais effectivement, pour l'instant, il n'est pas question de censure. A priori, ils se sont mis d'accord, je pense, sur les taxations, sur les rachats d'actions, sur la proportionnelle, sur le mode de scrutin. Je rappelle que François Bayrou a dit le 31 août, il aurait fallu changer ce mode de scrutin avant de faire les élections pour qu'au moins il y ait une majorité de circonstances qui se dégagent pour que nous puissions, nous députés, voter des textes et faire avancer, évidemment, la vie politique du pays.
On va écouter peut-être la déclaration de Marine Le Pen sur la proportionnelle, puisque vous y êtes venue vous-même. Il y a là un point qui est tellement important selon votre parti et selon François Bayrou.
Je sais que le Premier ministre est attaché à la proportionnelle et il m'apparaît que c'est un chantier, comme je lui ai dit, qui devrait être peut-être pas prioritaire, parce que la priorité, c'est évidemment le budget, mais devrait être, juste après le budget, une priorité pour permettre que l'ensemble des Français puissent être représentés et peut-être trouver un mode de scrutin qui permette également de faire émerger une majorité.
Est-ce que ça contera lourd dans la balance ?
Ce qui est certain, c'est qu'on est d'accord. C'est quelque chose que nous appelons de nos voeux. Dans notre niche de l'année dernière, évidemment, Bruno Bild, mon collègue, portait cette proposition. Il faut changer ce mode de scrutin. Le scrutin tel que nous le connaissons pour les législatives, c'est aller quand il y avait une bipolarisation de la vie politique. Là, tout a changé. On a une tripartisation. Il y a trois parties, trois blocs majeurs. Et on voit bien, au sortir de ces élections, le fiasco absolument total qu'ont été ces législatives complètement loupées et la difficulté dans laquelle nous nous retrouvons maintenant pour voter des lois, faire avancer le pays.
Donc la proportionnelle, ça nous paraît plus juste. Et c'était un peu, on ne va pas se mentir, Darius Rochemin, le combat d'une vie de M. Bayrou. Je veux dire, c'est quand même ce qu'il a porté. Là, vous vous retrouvez aussi. Mais bien sûr, on se retrouve là-dessus. Après, il va falloir se poser la question de quel proportionnel, comme en départemental, régional. Il faut aussi que nous restions enracinés. Il n'est pas question de n'avoir que des députés qui vont voter des lois. Ce lien avec le territoire, il est fondamental. Il est charnel aussi.
La politique, c'est aussi de l'habileté. Qu'on juge ça bien ou mal. Les deux versions existent, le côté arrondissement entier, etc. Est-ce que M. Bayrou est fait pour durer ?
À lui de faire en sorte de durer. À lui d'écouter les Français, de ne pas faire un budget, enfin de faire un budget plus juste, plus juste, voilà, qu'ils ne fassent pas les poches des Français. Encore une fois, nous, nous voulons que les Français qui travaillent...
C'est plus que ça. Les centristes, vous savez bien, les centristes ont traditionnellement une image de traîtrise, si on ne les aime pas. Version 1, version 2 d'habileté. C'est les deux faces de la même pièce.
On ne va pas se mentir. Darius Rochemin, j'ai regardé tout à l'heure sa fiche Wikipédia avant d'arriver. Il a commencé en 79, j'avais 3 ans. Vous voyez bien que la start-up nation, on en est loin quand même. On fait avec ce qu'on a. Ce n'était pas forcément la nouveauté.
Est-ce que c'est de nature à vous plaire ? Le vieux monde, le retour du vieux monde.
Non, on fait avec. On vous avait promis une façon très différente de faire de la politique. On voit que ce sont les mêmes. Voilà, ce bloc central, c'est... Non, mais là, je pense qu'on est quand même en patauge. On voit bien que c'est très difficile. Après, j'espère qu'il sera meilleur négociateur que ne l'a été M. Barnier, qui a quand même été très psychorigide et qui n'a pas voulu entendre... Vous savez, on n'a pas...
Par certains côtés, pardon, le vieux monde, au fond, vous sert dans l'affaire des assistants parlementaires. Là encore, François Bayrou est le seul à être allé si loin dans un soutien, en tout cas dans une indulgence à votre égard. Alors, il a été concerné à un autre degré lui-même. Il a dit que c'est quelque chose qui biaise la vie démocratique. Il parlait du réquisitoire contre Marine Le Pen. J'ai combattu le FN à toutes les élections parce que je ne partage pas ses idées. Mais je pense que dans la situation qui serait ainsi faite, un certain nombre de citoyens considéraient qu'il y a quelque chose qui biaise la vie démocratique. Ça encore, c'est du miel à vos oreilles.
Non, mais c'est surtout qu'on peut être adversaire politique et penser que ce qui nous arrive est complètement injuste. D'autant plus quand il a vécu, évidemment, la même chose. Et il explique très bien. Il dit que le problème avec Bruxelles, c'est justement ce qu'on met dans ce que doit faire un attaché parlementaire d'un parlementaire d'opposition. Il dit exactement la même chose que nous. Et il dit, si je me souviens, ça m'avait beaucoup marqué, il dit en fait que les juges ont une telle méconnaissance du fonctionnement d'un parti politique. Et ça, évidemment, on se retrouve, encore une fois, on peut être adversaire politique et se retrouver.
Déclaration de la soirée, ça date d'il y a quelques minutes seulement. Le Premier ministre François Bayrou s'est dit favorable à autoriser à nouveau le cumul des mandats pour les parlementaires en confirmant lundi soir devant le conseil municipal de Pau qu'il restera maire de la ville. Il est à Pau.
En fait, il y a une petite polémique qui est née aujourd'hui parce qu'il vient de dire qu'il resterait maire de Pau alors qu'il est Premier ministre. Alors là, ce n'est même pas un cumul des mandats. Il cumule un mandat et une fonction qui est très différent.
Ça vous paraît normal ?
Il faut expliquer aux gens aussi. Je pense qu'il n'y a pas d'un cumul d'émolument. Parce que je pense que dans l'imaginaire des gens, les gens pensent que du coup, il cumule ses sous alors que c'est plus compliqué que ça. C'est à lui qu'il faut poser la question. Est-ce qu'il se sent d'être à la fois Premier ministre et maire de Pau ? Est-ce que ça plaît au palois ? Je n'en sais rien. Mais ça relance effectivement ce sujet sur le cumul des mandats.
Mais votre avis à vous, est-ce que c'est bien de reculer ? Il y avait une forme, disons-nous, de puritanisme, si on veut, très à la mode ces dernières années, disant pas de cumul des mandats, il y a un risque de conflit d'intérêts, etc. Là, on a un Premier ministre effectivement un peu vieux monde qui dit mais finalement c'était pas mal le cumul des mandats.
Non mais le risque du pas de cumul des mandats, c'est d'être très déconnecté aussi quand même du territoire. On avait des maires avant qui sont confrontés à des problèmes tout à fait matériels. Ils savent ce que c'est que le budget d'une mairie. Mais vous savez, on peut être parlementaire et être complètement déconnecté. Et vous pouvez être parlementaire européen et tout à fait connecté à votre territoire. La question qu'il va falloir se poser, c'est nous on est favorable au cumul des mandats sous un certain seuil qui sera évidemment à poser pour savoir à partir de quel moment on pense qu'il est possible de faire les deux.
— Plus profondément, les centristes et les gaullistes ont toujours été pour une barrière très stricte contre vous. Très stricte. — Oui, si vous voulez. Oui, oui, oui, certes, certes. — Est-ce que les centristes, c'est une autre tradition ? Est-ce que c'est une autre limonade ? Quand on voit, il y a eu d'ailleurs certains précédents dans l'histoire politique de la France où certains centristes ont assez tôt, dès les années 80, été tentés par des ponts avec vous.
— En fait, je pense que les intelligents se disent qu'on ne peut pas faire sans le peuple français. En fait, c'est ça l'idée. C'est est-ce qu'on veut se couper d'une partie du peuple français ? Est-ce que vous pensez pas que quand on entend quelqu'un dire « lui, il est dans le champ républicain, l'autre ne l'est pas », mais ça veut dire quoi ? Je veux dire, on se présente devant les élections. Moi, j'ai été élue au premier tour. Il y a 30 000 personnes qui m'ont donné leur confiance pour défendre leur pouvoir d'achat, leur sécurité, l'identité. — Ça a marché. Ça a marché contre vous. Leur législative, ça a marché contre vous.
Mais qui pourrait imaginer un seul instant qu'il ne faille pas parler avec nous ? Enfin encore une fois. Là, pour le coup, ce serait vraiment le vieux monde. Je pense que les choses ont changé. Depuis notre arrivée, je pense, en 2022, le peuple est rentré à l'Assemblée nationale. Et on a une Assemblée nationale qui ressemble plus à la France.
— Est-ce qu'elles ont changé tant que ça ? Quand on voit que les gens ont voté, le mécanisme du front anti-RN a fonctionné pendant la législative. On n'a pas forcé les gens à aller voter, parfois, pour un député très loin d'eux, mais pour empêcher votre venue. Donc il y a une grande partie des Français qui considèrent toujours que vous êtes dangereux.
— En fait, je pense qu'il y a surtout eu une malhonnêteté intellectuelle absolument terrible entre ces deux tours. Quand vous parlez qu'Alefi a fait élire Elisabeth Borne et Gérald Darmanin.
Enfin c'est une escroquerie absolument... — Oui, une liberté des électeurs. On ne les a pas mis. On ne les a pas amenés avec une mitraillette dans le dos pour voter.
— Désister. Enfin je veux dire, il y a eu 100 désistements pratiquement de chaque côté. Ils ont l'alliance, la véritable alliance. Cette alliance baroque, elle est là. Elle est vraiment entre les deux tours. Le bloc macroniste a fait élire des députés LFI avec des triples CHS, enfin avec les outrances qu'on leur connaît. Et eux-mêmes ont voté pour les macronistes. Donc moi, je ne pense pas que ça refonctionnera. Je crois que c'est M. Gage qui a dit que ça n'arriverait plus. Voilà. Et encore une fois, dans le même temps, dans le Var, sur 7 députés, 5 sont passés au premier tour. Je pense qu'il y a un appel irrépressible aussi vers notre famille politique.
— Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Et c'est aussi une histoire de personnalité. La première qui vient à l'esprit, évidemment, c'est Bruno Retailleau. Il est là au cœur de tous les événements. Alors il y a eu la Corse et le pape hier. Aujourd'hui, c'est ce qui se passe à Mayotte. Un mot là-dessus peut-être d'abord, puisque c'est d'abord le drame des compatriotes français de Mayotte.
— Les images sont glaçantes. Évidemment, on est tous subjugués de ce qui se passe à Mayotte. Je veux donner tout mon soutien, évidemment, à la population mahoraise, aux maorais de métropole aussi, qui n'ont pas de nouvelles de leurs proches. Je me mets à leur place. Ça doit être terrible. Je salue la façon dont nous arrivons très vite à débloquer des moyens de secours. Je salue la marine aussi. Je suis un peu chauvine. Pour le coup, la marine nationale qui a envoyé ses bateaux, envoyé du matériel. Voilà. Une catastrophe naturelle sans précédent.
Après, il va falloir se poser des bonnes questions sur ces habitations, qui étaient complètement précaires, dues malheureusement aussi à une surpopulation sur cette île.
— Est-ce que c'est un moment où les divisions sont un peu suspendues ? Le président de la République va se rendre sur place à Mayotte ? Il va y avoir aussi... Il veut qu'il y ait un deuil national pour faire mémoire des victimes de Mayotte.
— Bien sûr. Personne ne peut dire... Il n'y a rien à dire sur un tel drame. Après, voilà, on peut se poser des questions. Je le disais, il y a une surpopulation qui est terrible. En fait, à Mayotte, il y a deux fois plus de personnes que la ville peut accueillir. Donc c'est aussi cette immigration massive, incontrôlée, qui pèse vraiment sur le quotidien des maorais. Et cette immigration des Comores, il va falloir arriver à y mettre un cercle. Mais pour l'instant, même, j'allais dire, les assauts de Gérald Darmanin n'ont pas suffi à rétablir le calme et la sécurité.
— Bruno Retailleau est à Mayotte. On l'entendait en direct tout à l'heure sur LCI, sa conférence de presse. Est-ce que c'est un ministre... Alors il est là. Là, c'est le hasard tragique qu'il amène au cœur de l'actualité. Mais il y a tout ce qu'il a fait depuis trois mois. Est-ce que c'est un ministre qui réussit bien ?
— Non, c'est un ministre qui déçoit. Mais j'avais dit...
— Qui déçoit pourquoi ?
— J'avais dit depuis le début. En fait, il parle comme un député du Rassemblement national. Et au moment d'agir, je trouve qu'il n'agit pas comme nous. Il ne va pas jusqu'au bout. On l'a vu. Il a dit tout à l'heure ou hier qu'il était prêt presque à trouver une autre façon de lutter contre l'immigration. On n'aurait pas une autre loi sur l'immigration. Mais on a l'impression quand même qu'il y a une reculade absolument terrible. Vous savez, je pensais aussi à la loi...
— Vous voulez dire quoi, pardon ? Vous pensez qu'il recule sur la loi immigration pour sauver son Marocain ?
— Oui, je le pense. Je le pense. Et je vais vous dire, j'ai été très frappée, moi, pendant la niche du Rassemblement national, où Edwige Diaz portait une loi justement sur l'expulsion des délinquants une fois qu'ils avaient purgé leur peine ou ceux qui présentaient une menace à l'ordre public. Et même là, nous n'avons pas été entendus. C'est tellement loin du discours de l'ex-ministre de l'Intérieur. Je ne peux pas comprendre que ce sectarisme ne lui guidessait pas.
Et puis je vais vous dire, je me souviens aussi de ce que disait Éric Ciotti au moment de la motion de censure quand il a pointé du doigt Retailleau en lui disant « Mais l'indexation des retraites était une des lignes rouges des LR avant que vous rentriez au gouvernement ». Encore une fois, je pense que ces gens-là ont tout trahi. Ils trahissent leurs électeurs. Voilà. Je pense que c'est en responsabilité. Nous, nous avons fait ce qu'il fallait quand nous avons voté cette censure.
Est-ce qu'il risque de prendre une partie de votre électorat, Bruno Retailleau ?
Ah, je ne le crois pas. Non, non, je ne le crois pas. Mais en tout cas, s'il doit avancer dans le sens qui nous va, on est content.
Il a un très bon sondage. Vous avez vu ses sondages. Vous avez vu à quel point il est monté dans les sondages de manière décisive. Il a visiblement une part importante d'électorat. C'est forcément un peu les vôtres. Ah, peut-être. Peut-être. Mais vous savez... Ce ne sont pas les gens d'extrême-gauche qui sont dans cette courbe. Probablement pas. Donc c'est un rival pour vous.
Ce qui est assez drôle, c'est que, regardez, Marine Le Pen n'a jamais été aussi haut dans les sondages. Il y a eu un sondage post-censure où on la porte à 38% au premier tour de l'élection présidentielle. Jordan Bardella aussi s'est envolé dans les personnalités préférées des Français. Donc ce qui veut dire quand même qu'il y a une adhésion du peuple français à ce que nous disons depuis longtemps, depuis une trentaine d'années. Mais ce qui est certain, c'est que, voilà, encore une fois, on juge un abrassé fruit en trois mois. Je ne peux pas dire qu'il y ait eu un effet retaillot absolument spectaculaire en France.
On voit ici ces sondages. 38%. Vous avez raison de le dire. En tout cas, au premier tour. Au premier tour, succès. Elle monte, même par rapport au précédent, face à Gabriel Attal.
Et surtout, si vous voulez, moi, ça me fait tellement plaisir. J'ai passé une semaine sur les plateaux où on m'a dit « Mais en fait, la censure, ce que vous avez fait, vous n'avez pensé qu'à votre intérêt ». Enfin, je veux dire, en fait, non. On savait que nous faisions ce qui était nécessaire pour les Français. On savait que nous faisions ce pour quoi nous avions été élus. Et je pense qu'effectivement, alors ça change un peu. Je pense que c'est sûrement ce qui nous différencie des autres partis politiques. On dit ce qu'on fait. Et je pense que les Français l'ont bien compris. Et c'est la raison pour laquelle ils ont porté Marine Le Pen aussi haut dans les sondages.
Alors que tous les éditorialistes disaient que c'était sa mort politique, une faute politique absolument épouvantable. Même sur votre plateau. Je crois que j'ai entendu des éditos politiques absolument fallacieux, du coup. En revanche, au second tour, le plafond reste. Pour l'instant, il nous reste encore. Il faut encore que nous convainquions. Et vous avez raison. On est là. On a encore du temps pour le faire. On travaille énormément. Je pense que les Français voient. On demande même là à aller au travail plus rapidement possible pour pouvoir voter ce budget. Ça a bien commencé. Nous avons voté la loi spéciale aujourd'hui même. J'en sors. C'était à 19h. Voilà.
Ce que nous disions est arrivé. Il n'y a pas eu de shutdown. La carte vitale des Français continue à fonctionner. Le budget 2024 va continuer. Le temps que nous nous remettions au travail pour voter un budget 2025 qui ne fera pas les poches des Français.
Le plafond pour le second tour et ce qu'on a évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire le plafond de fête, on l'a observé, ça fonctionnait contre vous lors des législatives. Qui est le mieux armé pour le percer ? Est-ce que c'est Marine Le Pen ou Jordan Bardella ?
Je pense qu'on a une chance inouïe. Ce ticket gagnant, ça ne s'est jamais vu sous la Ve République. Il y en a comme un qui doit être candidat à la fin. Oui, Marine Le Pen, c'est notre candidate évidemment naturelle. Elle est mieux armée selon vous pour rassembler que Jordan Bardella ? C'est notre candidate naturelle. La question ne se pose pas deux minutes.
Elle se pose pour tous les partis. Celui qui a le plus de voix théoriquement est le plus légitime.
Nous, on est très transparent depuis le début. Jordan Bardella le dit. Il dit toute l'admiration. Il sait qu'il y a un soutien. Jordan Bardella est chef du parti et le parti soutient évidemment une candidate. Mais souvenez-vous, Marine Le Pen avait laissé la présidence de son parti. Puisque quand vous partez pour les présidentielles, c'est la rencontre sous la Ve République d'un homme avec le peuple français. Et il faut pouvoir être le président de tous les Français. Mais je pense que vraiment ce ticket inédit est une chance extraordinaire pour nos idées.
Que va-t-il se passer maintenant dans le choix y compris des personnes ? Dans quelques instants, on entendra Jean-Christophe Cambadélis puisque c'est du côté du PS. Alors il y a le pacte éventuel de non-agression avec vous, on l'a évoqué. Et puis à l'ouverture potentielle du côté des socialistes. Mais d'abord, Mme Le Pen a eu des propos intéressants en sortant de chez François Bayrou. Elle parlait des ministres qu'elle pourrait empêcher. Elle dit qu'elle a posé un certain nombre de conditions en quelque sorte au Premier ministre. Écoutez-la.
Nous avons exprimé au Premier ministre les réserves que nous avions sur un certain nombre de personnalités qui ne sont pas une surprise puisque nous avons au moins un avantage, c'est que nous sommes au Rassemblement National totalement transparent. Ce que nous disons, ce que nous vous disons à vous, nous le disons également au Premier ministre et nous ne changeons pas de discours au fur et à mesure des jours.
Alors, Mme Lavaillette, de qui parle-t-elle ? Je ne sais pas, vous de me le dire. Si, vous savez très bien, vous avez certainement vos idées.
Non mais on a, effectivement, il y a des ministres qui ne pourront pas figurer dans ce gouvernement. Ceux qui nous ont toujours très mal parlé, ceux qui considèrent que nous ne sommes pas dans l'acte républicain. On est là pour faire respecter les Français. Il n'est pas question, évidemment, de ne pas le faire.
Il y a beaucoup qui ont dit que vous n'étiez pas dans l'acte républicain. Ce compte-là...
Oui, enfin, ça dépendait de semaine A, semaine B. Ça dépendait un peu des fois. C'était à géométrie variable. Même le chef de l'État, c'était à géométrie variable. Souvenez-vous, il n'y a pas si peu, nous étions dans l'acte républicain. Et puis quand ça l'arrange, nous ne le sommes plus. Je pense qu'encore une fois, c'est ce respect que demandent nos électeurs. Je rappelle quand même que nous sommes le premier groupe à l'Assemblée Nationale. Pas le premier groupe d'opposition.
Bourne avait dit très clairement que vous n'étiez pas dans l'acte républicain.
Oui, je trouve qu'il n'y a pas honte de vouloir revenir après avoir été la première ministre.
Ça veut dire que vous vous opposeriez ?
49, 29, 30, je ne sais pas, c'était scandaleux. C'est terrible de vous dire.
Ça veut dire que vous opposeriez ? Le RN s'opposerait au retour de Mme Bourne au gouvernement ?
Attendons de voir. Attendons de voir. Mais ce serait un très mauvais signal. En tout cas, ce qu'il faut bien comprendre, et je pense que M. Bayrou, j'espère, l'a bien compris, c'est que les Français ont voté à l'été pour une rupture totale avec le macronisme. Et je ne trouve pas, figurez-vous, qu'Elisabeth Bourne incarne cette rupture avec la politique d'Emmanuel Macron, qui, je le rappelle, a fait mille milliards de dettes en ces temps. Ces gens-là ont ruiné la France. Je veux dire, il y a un moment, les Français veulent du changement, veulent une nouvelle façon de faire. Ils veulent surtout, voilà, prôner des valeurs qui sont différentes.
Ils ont envie de réarmer la police, moralement, physiquement. Ils veulent à nouveau qu'on s'intéresse à nos frontières. Ils veulent donner moins d'argent à l'Union européenne. Ils veulent des profs devant leur classe. Ils ne veulent pas attendre 8 heures aux urgences quand vous allez avec votre enfant. Et tout ça, c'est incarné par le macronisme et le chaos budgétaire, sécuritaire, migratoire, identitaire que nous vivons depuis ces temps. Et je peux vous dire que là, effectivement, Elisabeth Bourne, je regarde en même temps, et Gérald Darmanin, incarne évidemment ce bilan d'Emmanuel Macron. Xavier Bertrand ? No way ! C'est un no-go, Xavier Bertrand, bien sûr.
Nous l'avons dit depuis le départ. Ça veut dire jamais.
Jamais vous ne pourrez... Vous voterez systématiquement une censure dans tout gouvernement dans lequel il y aura Xavier Bertrand.
C'est pour ça qu'il n'y sera pas.
Vous avez conscience que tout ça respire un peu la 4ème République quand même. Vous arrivez au début, avant même que le gouvernement se forme, avant même qu'il y ait un contrat, et vous dites non, comme ça.
Ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu des élections. Encore une fois, on ne peut pas faire comme si ça n'avait pas eu lieu. Les élections européennes. Jordan Bardella fait un score faramineux. Il fait plus de 30%. Ce n'était pas arrivé depuis 30 ans, avec une participation qui, elle non plus, n'était pas arrivée depuis 30 ans. Ça veut dire que les Français ont choisi massivement, encore une fois, la souveraineté par rapport à la mondialisation, la sécurité, le pouvoir d'achat, les hausses d'impôts ou de taxes pour les TPE, PME. Voilà. Ils ont acté ça. Rebelote trois semaines après avec le premier tour des élections législatives.
Et même, malgré ces alliances absolument contre nature, au deuxième tour, nous sortons premier groupe. On ne peut pas faire, M. Rochebin, que ça n'avait pas arrivé.
– Jusqu'où irez-vous ? Cette question encore, qu'est-ce que vous attendez exactement de François Bayrou ? On a entendu vos déclarations plutôt arrangeantes au sujet de François Bayrou, pour l'instant. Est-ce que ça va jusqu'à l'espoir pour vous d'un, non pas d'une coalition, on n'en est pas là, mais d'une forme d'accord écrit ? C'est-à-dire que sur un certain point, on voit ça en Suède, par exemple. La droite, le centre droit, gouverne avec la bénédiction des nationalistes. Est-ce que vous espérez ça ?
– Non, mais moi, j'espère que voilà nos lignes rouges, que ce sont l'indexation… – Pas seulement de manière un peu…
– Est-ce que vous espérez un papier, une sorte de contrat de non-agression ?
– Ce n'est pas notre culture, donc je pense que ça ne nous a même pas effleurés. Mais par contre, ce papier-là, sous la 5e en France, ça va être qu'ils nous disent « je vous ai entendu ». Effectivement, on ne déremboursera pas les médicaments. Et au pire, on va toucher à l'AME qui va devenir l'aide médicale d'urgence. On ne peut pas demander aux Français de payer les soins gratuits aux clandestins, alors qu'eux-mêmes, on leur demande de payer les médicaments. Il faut aussi qu'il y ait des mesures structurelles. Enfin, je veux dire, on ne peut pas demander aux Français de se serrer la ceinture, alors que l'État obèse continue à ne pas faire d'économie. Ça n'est pas possible.
Et ça, ce serait vraiment une bonne façon de faire. Merci.
Merci. Merci.
Laure Lavalette