Audition de Bonduelle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Débutions notre audition en vous remerciant de votre présence. Donc euh nous recevons aujourd'hui l'entreprise Bonduel, monsieur Xavier Unovic, ça se présente comme ça, monsieur le directeur général, madame Anne-Marie Géril, directrice générale France Long Life. Monsieur Oui, monsieur Mathias Levoir, directeur Mathias.
Ah ben oui, je me disais c'est bizarre, il doit y avoir un un ils m'ont pas mis le S donc c'est peut-être une inscription particulière mais Mathias donc directeur des opérations et puis madame Cyrile Baral directrice de la stratégie des marques. Merci beaucoup mesdames messieurs de votre présence. Donc euh je pense que vous connaissez la règle de nos commissions qui consiste à prêter serment de dire la vérité avant d'être entendu.
Donc je vais vous demander pour tous ceux d'entre vous qui prendront la parole d' l'un après l'autre d'ouvrir votre micro de manière à ce que le petit voyant rouge s'allume. Voilà. Voilà.
De lever la main droite et de dire je le jure je le jure. Merci. Je le jure, je le jure, je le jure. [grognement] Vous d'éventuelles déclarations à faire à la commission pour des motifs de mission, d'intérêt ou autre ?
Non, pas de déclaration particulière. Donc nous sommes vraiment très heureuses de vous rencontrer aujourd'hui puisque bien évidemment votre entreprise occupe une place majeure dans le paysage dirais commercial français. Vous euh commercialisez donc essentiellement des produits euh avec de la matière première agricole et euh cette position privilégié euh euh vous vous en tout cas nous permettra avec vous de mieux appréhender l'encadrement français dans le cadre des négociations commerciales en amont comme en aval.
Donc merci vraiment de de participer à cette réflexion. Vous êtes le leader européen des légumes en conserve avec près d'un tiers de part de marché en Europe. Vous occupez une part significative du marché des légumes surgelé vous je pense que vous reviendrez sur ces éléments et une place déterminante également en produits frais.
Donc la madame la rapporteur et moi-même nous seront ravis de de de mieux comprendre comment vous sanctuarisez cette matière première agricole et comment les distributeurs avec lesquels vous négociez la respectent. Quel impact peut avoir la négociation des MPI en la matière ? En tout cas, comment ça intervient dans le cadre de votre négociation globale ?
Euh par ailleurs, euh vous êtes soumis à une pression concurrentielle assez importante, alimenté notamment par de nombreux produits à marque distributeur. Euh donc, comment appréhendez-vous cette cette concurrence et qu'avez-vous à nous dire là-dessus ? Et nous serions également intéressés d'entendre votre point de vue sur les règles relatives à l'étiquetage des produits.
Voilà, ce sont quelques piste mais madame la rapporteur, je pense précisera les choses dans le cadre de ces questions. Donc je ne sais pas si vous vous intervenez dans un premier temps, monsieur Inovic. Oui.
D'accord. Donc on va vous laisser une la parole. On va vous demander donner la parole pendant une dizaine de minutes.
Ensuite, madame la rapporteur posera ses questions et bien évidemment l'ensemble de vos collaborateurs pourront compléter. Et donc on me signale que vous avez fait une demande de 8 clos. Donc je vous propose que autour des 15h35 on bascule 15h30 voilà maximum on on bascule en en h clos.
Vous avez donc la parole monsieur le directeur madame la présidente madame la rapporteur mesdames et messieurs les sénateurs. Je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer aujourd'hui pour évoquer des sujets très importants pour Bonduel. et plus largement pour l'ensemble de l'écosystème de ces de ces producteurs.
Je vais d'abord débuter par un bref exposé sur les éléments clés de l'activité du groupe Bonduel si vous me le permettez. Donc créé il y a plus de 170 ans. Bonduel est une entreprise familiale française depuis 7 générations.
Originaire du nord de la France où nous sommes toujours implantés et nous sommes aussi également plantés implantés à l'international et le groupe pèse aujourd'hui 2,2 milliards de chiffres d'affaires avec une présence globale dans plus de 100 pays dans le monde. La France représente 30 % de chiffres d'affaires du groupe, soit presque 700 millions de chiffres d'affaires. Chaque jour, nous travaillons à proposer une alimentation végétale savoureuse, de qualité, bonne pour la santé et pour la planète bien sûr et accessible à tous, surtout accessible à tous et c'est notre volonté.
Et c'est ce qui nous anime toute cette équipe mais aussi les 9000 collaborateurs du groupe au quotidien. Nous proposons des légumes sous toutes leur formes, vous l'avez indiqué. Euh bien sûr, on conserve et c'est notre segment historique en surgelé également et également dans le rayon frais traiteur.
Au-delà de la grande distribution qui représente 85 % de notre chiffre d'affaires, nos produits sont distribués également en restauration hors domicile, dans la restauration sociale, notamment les cantines scolaires et bien sûr la restauration commerciale, tous les types de restaurants petits et grand. Depuis janvier 2025, le groupe est 100 % certifié Borp et nous en sommes très fiers. Bon duel en France, c'est à peu près 7 c'est proche de 700 millions d'euros de chiffre d'affaires comme je vous l'avais indiqué avec deux marques patrimoniales que sont Bonduel et Cassegrain qui sont présentes et là aussi on est très fier dans 7 foyers français sur 10.
Nous avons 19 sites industriels en France au cœur des champs et c'est important de le noter pour que nos légumes garde une saveur et une qualité nutritionnelle essentielle et également pour une chaîne logistique beaucoup plus sobre. 3800 salariés en France dans nos usines et dans notre siège 75 % des légumes vendus en France sont produits en France. Les 25 % restants sont principalement ce qu'on appelle les légumes de soleil cultivés au Portugal pour des raisons climatiques.
Notre modèle d'affair se veut résolument basé sur les marques. Un acte très stratégique dans notre plan de transformation. Aujourd'hui, nous produisons également pour des marques distributeurs, vous l'avez noté, qui représentent entre 25 et 35 % de notre chiffre d'affaires en France selon les années.
Il nous semble important de commencer cette présentation par une description, et vous l'avez demandé, du lien étroit et historique que nous entretenons avec nos partenaires agriculteurs. Sans relation avec nos agriculteurs, notre modèle d'affaires s'arrête. Cette relation, elle est donc essentielle pour l'entreprise, essentielle pour Bonduel.
Ce sont eux qui pérénisent notre activité. Ce sont eux qui garantissent la qualité de nos produits dans les assiettes. Ce sont eux encore qui mettent en œuvre les nouvelles pratiques agricoles écologiques plus durables dans les champs.
Et pour nous, c'est très important notamment l'agriculture régénératrice. Nous avons toujours et nous avons depuis toujours un lien très fort et direct avec plus de 1300 agriculteurs partenaire en France qui nous accompagne année après année avec un taux de fidélité de 90 % et une durée de contractualisation de plus de 10 ans en moyenne de plus de 10 ans. Cette fidélité est liée à un système de contractualisation juste et équilibré existe en fait depuis plus de 50 ans, depuis les années 70.
Nous contractualisons chaque année en France autour de 27000 hectares sur lesquels poussent plus de 30 légumes différents. Il est important de savoir que ces légumes représentent entre 15 et 20 % de l'assolement de nos partenaires producteurs. Donc ce n'est pas la totalité.
Pour nous, l'enjeu c'est donc d'être chaque année suffisamment attractif pour eux pour que ces agriculteurs choisissent de produire nos légumes parce qu'ils ne produisent pas que nos légumes. Et donc nous sommes une culture qui est un complément qui sécurise une partie de leur revenu. Les prix sont négociés annuellement.
Ils intègrent la réalité des coûts de production et le prix des autres cultures opérées par nos partenaires producteurs sur lesquels on applique un premium de prix pour être attractif. Bonuel contractualise des surfaces avec un prix à l'hectare et un rendement de référence et s'engage à acheter l'ensemble de la production du champ. L'ensemble de la production du champ ce qui donne une grande visibilité au producteurs en amont des semis.
Au-delà de présenter un enjeu économique pour nous et nos partenaires producteurs, la culture des légumes est également un enjeu écologique important. 72 % de nos agriculteurs partenaires sont engagés dans des pratiques d'agriculture régénératrice. Couverts végétaux, outil d'aide à la décision pour l'irrigation, donc irriguez-moi, c'est l'objectif et également utilisation très modérée des intrans, donc baisse de leur coût de production également.
C'est aussi dans ce cadre que nous nous attachons depuis plusieurs années, 2021 en particulier à réintroduire en France la culture de certains légumes secs qu'on appelle légumineuse. Ce sont des cultures très vertueuses qui ont qui avaient presque disparu de la France. 1000 hectares en 2023, 1800 hectares en 2025 et 170 agriculteurs partenaire engagés avec l'ambition de couvrir 80 % de nos besoins en légumineuse d'ici 2030.
Donc là, on parle d'haricot sec, de lentilles, de poischich, des mamamé. Source de protéine. L'ensemble de ces démarches illustre bien la réalité qui est la nôtre, de notre lien avec l'amour agricole et de l'importance de l'amour l'amour agricole pour Banduel au cours du temps.
Si on doit le qualifier, on parlera de partenariat, d'engagement mutuel avec des objectifs de risque partagés. Et comme vous l'avez compris pour nos ils sont essentiels pour notre modèle d'affaires. Une dynamique qui nous permet également de rémunérer au juste prix de nos partenaires un sujet au cœur des négociations commerciales chaque année.
De ce fait, Bonduel applique et on en est fier naturellement la sanctuarisation de la matière première agricole en s'appuyant à la fois sur une contractualisation conforme à égalim 2 et pour nous c'est très important et sur une certification systématique par un tiers indépendant. L'ensemble de nos achats agricoles est couvert par des contrats écrits qui intègrent les indicateurs de coût de production. Ces contrats intègrent des modalités de renégociation et une durée contractuelle définie, ce qui garantit une rémunération juste et prévisible pour nos agriculteurs.
Et c'est important. Le prix de revient d'un produit tel qu'une boîte de petit poids ou de ricover est donc composé de trois parties quasiment équivalentes. La première partie, c'est le prix du légume, donc de la matière première.
La deuxième partie, c'est le prix de de l'emballage et la troisème partie, c'est le coût de production, énergie, main d'œuvre, amortissement [raclement de gorge] des outils de production et cetera. Ainsi, la sanctuarisation de la matière première agricole chez Ponduel est pleinement contractuelle, chiffrée, juridiquement oppos assure une protection totale de la composante agricole dans la contribution dans la construction tarifaire, pardon. Donc maintenant, si on passe au niveau des négociations comme vous l'avez souhaité, concernant les négociations avec nos partenaires distributeurs, voici un exposé un peu rapide de la manière dont celle-ci se déroule pour Bonduel.
Pour expliquer les choses simplement, les distributeurs structurent les négociations en trois étages et ceci s'additionne. Le premier, c'est la négociation des tarifs qui se qui se déroule selon les distributeurs soit en France, soit à l'étranger au sein des centrales européennes. Négociation sur les promotions et les plans d'activation de nos marques qui se déroulent dans les enseignants en France.
Et la troisième partie, ce sont les négociations sur les services qui s'appliquent également au contrat à dimension européenne. Je souhaiterais souligner devant vous trois points particulièrement critiques pour le groupe Ponduel. Le premier, c'est la négociation des tarifs avec les centrales européennes.
Alors que nous sommes une entreprise française qui produit et vend ses produits sur le marché français, 65 % des négociations se déroulent au sein de centrales d'achat européennes. 65 %. Ces pratiques des centrales d'achat s'écartent clairement pour nous de l'esprit et parfois même du cadre légal et réglementaire français notamment de la loi égalime.
Pour nous, il est clair que les négociations des produits vendus en France devraient être obligatoirement réalisé en France. Bonduel est à notre connaissance le seul acteur du légume qui négocie en dehors des frontières françaises. Le seul acteur, ce qui ne garantit pas une concurrence équitable par rapport aux autres acteurs nationaux.
En France, comme en Europe, le distributeur est libre de fixer le prix de vente au consommateur et c'est tout à fait normal en fonction du positionnement de son ancienne de son positionnement de son enseigne, souvent orienté privat, il faut reconnaître. Or, les industriels ont développé une connaissance et une expertise unique des consommateurs et des filières des éléments qui pourraient, s'ils étaient plus écouter, maximiser la création de valeur pour l'ensemble des acteurs de l'amont et de l'Aval. Ensuite, la réalité des centrales de services européennes.
Nous faisons face à de nombreux cas où où les contreparties demandées apparaissent souvent peu tangibles ou clairement disproportionné. Dans la majorité des situations, il est extrêmement difficile pour nous d'identifier réel retour sur investissement. Enfin, la réalité des impacts des dééférencements.
Chaque année, sur les 5 dernières années, Bonduel a été confronté à ce que nous considérons comme des pratiques abusives. Celle-ci inclut des menaces de déférencement, des arrêts temporaires de commande, des retraits ponctuels de nos produits qui peuvent aller jusqu'à la coupe complète d'un assentiment, voir la disparition d'une marque pendant plusieurs semaines dans une enseigne. Le temps nécessaire pour recouvrir la distribution à l'issue des déréférencements est de 6 à 12 mois, ce qui impacte, comme vous comme vous pouvez l'imaginer évidemment l'ensemble de nos opérations comme notre compte d'exploitation.
Ces situations se produisent de manière récurrente dans le cadre des négociations, aussi bien lors des discussions tarifaires que dans les négociations sur les services où les menaces de sanction sont devenues un élément quasi systématique du dialogue commercial. Malheureusement, cette réalité des négociations en France a en effet plusieurs conséquences à plusieurs niveaux. Tout d'abord, bien sûr, l'érosion des marges.
Depuis 2021, le coût de revient d'une boîte de légumes fabriquée en France a augmenté de 40 %. Sous l'effet cumulé de l'inflation sur l'énergie, bien sûr, l'emballage, la main d'œuvre et de la matière première. Si nous cumulons l'ensemble des investissements, services promotionnels et baisses de prix concédés au distributeur, nous avons subi une érion de nos marge sur cette même période et parce que nous avons donc absorbé l'essentiel de ces augmentations de coût, notre marge brute n'a progressé que de 14 %.
Cet effet ciseau abîme la profitabilité de notre entreprise, notre capacité à investir ou à mieux rémunérer nos partenaires agricoles, y compris nos employés. La capacité d'investissement des industriels, si on en parle maintenant, la situation de Bonduelle, c'est celle de l'ensemble du secteur. Malheureusement, l'industrie agroalimentaire est le premier secteur manufacturier français en nombre d'entreprises comme vous le savez 21600, en nombre d'emplois 470200.
Les les PME et ETI françaises dont Bon duel fait partie sont le premier débouché de l'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture française dont elle transforme la moitié des productions. Elle joue donc un rôle central dans la structuration des filières agricoles sur l'ensemble du territoire et dans la qualité et la durabilité de l'alimentation proposée aux français. La pression sur les prix crée donc un risque de décrochage.
La rentabilité du secteur pourrait passer sous la barre critique des 5 % sous la barque des 5 % d'ici à 2030- 2035. Un seuil qui limiterait de façon durable sa capacité à investir et à réinvestir. L'âge moyen de nos machine utilisé dans les PMETI de l'agro de l'agroalimentaire français atteint aujourd'hui 23 ans. 23 ans contre seulement 19 ans pour l'ensemble des industries manufacturières en France et 9 ans 9 ans en Allemagne.
Les entreprises font face à un mur d'investissement pour se moderniser, décarboner la décarboner la production et la pression sur les prix les en empêche. Enfin, la France l'année dernière a été un importateur net de de fruits et de légumes. Alors que notre pays est un véritable potager avec une grande divers diversité des cultures, des légumes en plein des légumes de plein champ et de bonne qualité, sa balance commerciale sur les fruits et les légumes prêt à l'emploi continue de se dégrader d'année après année avec une part croissante des approvisionnements couvertes par des importations.
Nous sommes, vous l'avez compris également très engagés au côté des producteurs de légumes français. Nous défendons à ce titre chez Bonduel la transparence de l'origine avec la mise en application d'origine info que nous soutenons pleinement et grandement. Quand cette transparence de l'origine n'est pas garantie, le consommateur n'est plus en mesure de faire des choix éclairés et nous ne jouons jouons pas à armes égales.
C'est ce qui s'est produit depuis 2 ans sur le maïs doux, sur la culture du maïs doux. une filière complètement déstabilisée malheureusement par des importations massives de maïs chinois très peu taxé à l'entrée de l'Union européenne jusqu'à il y a encore quelques mois et on en est ravi. Ce ma chinois néanmoins a envahi les linéaires de la grande distribution sans que le consommateur n'ait la possibilité d'être informé et en matière d'origine bien sûr et à tirer des prix vers le bas sur toute la filière à l'échelle de Bonduel.
Cela représente un impact considérable sur la profitabilité du groupe, 60 millions d'euros en 3 ans. De façon plus générale, la contraction de la production nationale fragilise la compétitivité de l'entreprise et des filières et accélère le risque de décrochage de la production française. Dans le contexte contexte de tension internationale que nous connaissons, il me semble absolument majeur de s'attacher à préserver l'emploi et la compétitivité de l'industrie agroalimentaire française, de nos filières agricoles, de nos agriculteurs et producteurs qui les font vivre.
Et enfin la souveraineté alimentaire française. Ce que je vous propose monsieur dire général, c'est peut-être voilà, c'est terminé. Je vous remercie de votre écoute et me tiens à votre disposition avec mon é pour répondre aux questions.
Merci beaucoup monsieur le terreur. Donc la parole à madame la rapporteur. Merci.
Merci de votre exposé préalable et puis effectivement ça nous donne un cadre très clair pour commencer pour aller plus loin. J'allais dire sur les questions que nous avons à vous poser. Vous les connaissez, vous avez suivi, j'imagine nombre d'auditions.
Nous avons reçu ici vos principaux concurrents, j'allais dire. en tout cas un certain nombre d'industriels qui travaillent aussi euh sur les mêmes les mêmes produits et donc je pense pouvoir dire que nous avons une toute petite connaissance euh de la situation euh que vous vivez. En tout cas, nous en avons déjà entendu parler dans cette même salle.
Euh [raclement de gorge] moi, j'aimerais en fait que vous nous reparliez. Donc, vous nous avez parlé de la sanctuarisation de la matière première agricole. Vous nous avez expliqué quand ce qui vous concerne, vous la respectiez.
Et c'est important parce que vous produisez vous produisez des fruits et légumes essentiellement des fruits et légumes. Donc c'est quand même enfin peut-être même des légumes d'ailleurs hein, je dis des fruits mais non des légumes. Donc c'est quand même très important que vous respectiez cette matière première agricole.
Est-ce que vous pouvez me dire donc vous avez évoqué des durées de contractualisation très longue. Donc ça ça a l'air d'être une politique qui est mise en place. Moi je voudrais savoir comment cette ce respect de la matière première agricole est partagé avec la grande distribution.
Ça vous nous en avez pas parlé en fait, vous nous avez dit que vous vous le respectiez. Est-ce qu'après ça continue à être respecté dans vos négociations ? Donc je vais répondre à cette question.
Donc en effet, donc on a une filière intégrée comme l'a décrite Xavier qui est complètement conforme avec Égaline 2. Donc plusieurs années, nous on s'est vertu avec la grande distribution déjà à partager notre modèle agricole, à l'expliquer. On aura peut-être l'occasion d'y revenir parce que c'est un une filière qui est intégrée, extrêmement complexe.
On cultive une trentaine de légumes, 500 variétés. Euh c'est le potager euh France. Donc euh ça passe déjà par beaucoup de pédagogies, voilà, auprès des distributeurs.
Euh on partage euh de la transparence et donc on est conforme avec Égalim de euh donc chaque année, on leur envoie un tarif avec des CGV dans laquelle en fait on structure euh notre tarif euh en fonction de la matière première agricole et les MPI. Voilà. Euh est-ce que cette matière première agricole euh est discutée ?
Oui. Est-ce qu'elle est sanctuarisée dans le cadre de négociation ? Oui.
Est-ce qu'il y a une péréquation avec les la MPI ? Oui, également. D'accord.
Donc s'il y a une péréquation avec la MPI, elle est pas sanctuarisée. Vous pouvez pas dans la même phrase me dire qu'il y a une péréquation avec la MPI et me dire que que la MP est est sanctuarisée. En fait, concrètement, ce qui se passe donc je vous explique.
Donc, on partage en transparence quelle est la part des évolutions de nos coûts qui est lié à la matière première agricole. Hm hm. celle qui est liée à la matière première euh donc industrielle euh donc l'énergie, le travail, les coûts de production.
Euh sur cette base là démarre les discussions euh et donc euh autant nous parlez bien de la relation avec le distributeur hein. Oui, bien sûr. Oui.
Oui. Euh et donc on a évidemment une oreille attentif, une écoute des distributeurs sur la matière première agricole conformément à Égalim. En revanche, toute la discussion se transfère sur les MPI et là nous n'avons pas d'écoute.
D'accord. Et donc cette dernière Oui. Donc en fait c'est une manière de contourner un peu la la législation.
C'est-à-dire qu'on vous dit qu'on sanctuarise la matière première agricole et on négocie plus fortement sur les MPI. Oui. En fait, ce que ça signifie, c'est-à-dire que euh égalim et nous protégeons euh donc l'amont euh et nous on dégrade nos marges depuis plusieurs années puisque les évolutions de coûts sur la matière première industrielle n'est pas pris euh en considération.
D'accord. Est-ce que vous avez des excuse est-ce que vous avez des baisses de prix d'une année sur l'autre sur la matière première agricole ? sur non sur le prix global parce que là justement sera compliqué dans un contexte où où les MPI augmentent d'expliquer d'une manière générale Oui oui oui oui oui de déflation sur les tarifs d'une année à l'autre vente à la grande distribution donc quand on regarde depuis 5 ans et c'est le chiffre que citait Xavier nos coûts ont augmenté de 40 % avec une augmentation sur la matière première agricole de 30 % sur le légume pardon de 30 % voilà dont la matière première agricole pèse à peu près 60 % sur le coût du légume.
Et on a eu des augmentations notamment sur l'énergie, le travail ou les coûts de production bien plus élevés que cela et les prix de vente. Alors sur la partie des prix donc vous voulez dire qu'ils sont Bah oui parce que là vous me dites ce que ça vous coûte mais le sujet c'est de savoir ce que ce qu'on vous paye. Un point qui est [rires] intéressant parce qu'en fait les prix de vente tels qu'ils sont vu par les consommateurs, ils sont fixés par les distributeurs.
Madame, est-ce que vous vous vendez vous là ? Je vous parle pas en c netes, je vous parle vous sur l'ens Non, en fait il y a une il y a nos prix ont été dégradés ces cinq dernières années. Oui.
En trois nets, donc prix tarif négocié, en quatre nets promotion et en 5 nets les services internationaux. Donc depuis 5 ans, vous vendez moins cher d'année en année. Vous avez une déflation de vos de votre de votre production.
On est d'accord au prix. Donc donc ce que j'ai dit c'est que par rapport à il y a 5 ans, nos prix se sont dégradés. Donc notre prix 5 net donc tout ce qui est investi chez les distributeurs a baissé d'année peut y avoir des années euh dans lesquelles il y a eu de l'inflation et notamment dernièrement.
Mais quand on regarde les mases investissements consentis chez les distributeurs par rapport à 2020, elles ont fortement augmenté. D'accord. Est-ce que vous pouvez nous présenter euh la décomposition de votre marge en 2025 ?
Oui. Alors euh donc la marge euh donc elle est déjà issue d'une stratégie euh marketing et commerciale. C'est-à-dire que là ce que je vais vous exposer, c'est que je vais prendre la catégorie enfin la catégorie conserve de légumes chez nous qui représente à peu près 75 % du chiffre d'affaires en France pour pouvoir vous la décomposer simplement.
Euh donc le premier poste d'investissement qui vient à être déduit pour calculer notre marge, c'est les investissements chez les clients. Donc on a décrit trois étages d'investissement chez les clients, le 3 net. Si on part du prix tarif, d'accord, du prix brut, euh donc il y a ce trois nets, les remises sur facture ou la coopération commerciale.
Ensuite, il y a les investissements promotionnels dit 4ATNET. qui sont principalement composés de ce qu'on appelle les NIP, les nouveaux instruments promotionnels qui ne sont pas nouveaux d'ailleurs, euh mais aussi de taux promotionnels. Voilà, ça peut être ça qui sont euh euh soit euh affichés dans les prix au conso, soit pas affichés remis pas remis au consommateur.
Et puis il y a des investissements dans les centrales de services internationaux, ce qu'on appelle le 5net. Donc ça ça représente l'ensemble des éléments de dégradation de prix qu'on accorde au distributeur et qui viennent donc renier notre marge. Quant à cela, on déduit le prix de revient.
Là, on a notre marge brute industrielle. On déduit ensuite les frais administratifs généraux et les frais marketing, donc média, la pub si je devais être simple. Euh et ensuite on enlève les impôts, les feux financiers et on a notre résultat net.
Ce qu'il nous faut c'est des chiffres madame hein parce que là on va pas avancer. Donc faudra bon si vous voulez pas nous les donner maintenant vous les donner clos mais il nous faut des chiffres parce que vous savez tous ces processus là maintenant on les a intégré quoi. Voilà faudrait que vous nous donniez des chiffres qui nous montrent que vous vous y retrouvez pas. arrive à la fin d'une centaine de personnes auditionné.
Donc là maintenant, on commence à peu près à comprendre comment fonctionnent vos donner en si vous voulez. On les on les a, on vous les donnera à H clos. C'est des sites qu'on ne souhaite pas exposer en public.
Très bien. Alors, je veux bien qu'on je veux bien vous interroger sur la MDD. Donc, vous faites des marques distributeurs.
Oui, tout à fait. Ça représente alors vous disiez maximum de 30 % c'est ça 30%. Est-ce que vous pouvez nous dire donc pourquoi ce choix de faire des marques distributeurs ?
Est-ce que c'est une stratégie qui est tout à fait réfléchie, qui est maintenant subi ? Qu'est-ce que vous y voyez comme avantage et comme inconvénient ? Alors, à la base, comme je vous l'avais précisé, on contractualise des surfaces avec nos partenaires agricoles.
Il s'avère qu'en fonction des années, des moments de récolte, la qualité du légume est différente. Hm hm. et et on a un cahier des charges pour la marque ou pour nos marques casegrain Ponduel qui est vraiment différente euh et qui nécessite des produits de forte et de très haute qualité. et quelquefois on n' pas les qualités requises des produits que nous récoltons dans les champs pour aller alimenter nos marques.
Et donc on propose à nos partenaires distributeurs d'accueillir ces qualités qui sont moindres que ces des marques dans leur marque distributeur. Donc c'est une stratégie pour satisfaire au mieux nos contrats avec nos agriculteurs. Notre stratégie d'entreprise, c'est bien sûr une stratégie de marque et nos partenaires euh dans l'agroindustrie essayent un maximum de tirer la qualité vers le haut, mais quelquefois bah malheureusement on travaille avec le sol, on travaille avec des intempéries, on travaille avec un un un modèle vivant qui fait que bah on offre euh l'ensemble de la production qu'on aurait contractualisé à la à notre marque et à la distribution marque distributeur.
Donc si si voà voilà pourquoi nous faisons des marques distributeures. Très bien. Donc si je comprends bien, votre rémunération à l'hectare comme vous le faites, elle est possible parce que vous avez les marques distributeurs.
En fait, ça vous permet de trier, de garder les meilleurs le meilleur produit et de pouvoir euh exement. Il y a une vraie différence. Oui.
C'est clair. Et et elles permettent aussi, elles ont un avantage d'absorber aussi certains frais fixes de nos usines et de notre production parce que on ne prévoit pas à l'avance la mauvaise récolte. En tout cas, on aimerait bien parce que ça nous permettrait de de faire que des bonnes récoltes.
Ouais. Bien sûr. Très bien.
Et qu'est-ce que vous pensez vous globalement de ce système de MDD ? Est-ce que ça vient faire concurrence à vos produits ? Comment vous comment vous voyez les choses après avec beaucoup de de d'intentionnalité, je dirais que c'est maintenant c'est à nous aussi de faire un très bon job sur la qualité de nos produits par rapport à la qualité des produits de marque distributeur.
Par contre, comme vous faites les deux, comment on fait les deux ? On peut pouvoir l'expliquer. Néanmoins, faut faut aussi que vous sachiez qu'en terme de profitabilité, la profitabilité pour l'entreprise, elle est deux fois moindre euh sur la marque, distributeur versus la la marque.
Et on se pose de vraies questions parce que l'an prochain, à cause de ces négociations qui sont euh difficiles euh comme vous l'avez expliqué Anne Marie, demain euh nous euh ne serons plus en capacité d'être profitable sur la marque distributeur et je pense que ça va pas s'améliorer et donc ça nous fera repenser notre modèle d'affaire et c'est bien dommage parce que comme vous l'avez bien compris notamment chez Banduel, on vit avec nos agriculteurs qui dit baisse des volumes comme on l'a vu au maïs chinois avec le maïs chinois dit baisse de demande à nos agriculteurs de production et eux en terme de revenus baisse de leur revenus. Donc toute la filière sont trouve perturbé et la négociation c'est bien mais que l'ensemble des bénéficiaires de la filière trouve un profit et une capacité à à survivre dans les relations commerciales, c'est encore mieux. Je vous chinois juste une question sur les MDD vous l'intégrez à vos MDD pardon. intégré vous à votre process de production maïs chinois ?
Ah mais non non non, le maïs chinois il arrive tout. Non, je sais bien, je sais bien mais vous dans les MDD par exemple puisque vous expliquez que quelquefois dans les MDD vous mettez des produits qui sont de moindre qualité. Non, c'est que que de la qualité française.
C'est toujours de la qualité française. Production française mais de moins de qualité. Quand on dit moins bonne qualité, vous soyez rassurés, vous pouvez en manger.
D'accord ? C'est super bon. Mais mais pour Noël, c'est meilleur.
D'accord. Alors, je vous propose qu'on qu'on bascule en en H clos. Donc, juste de petites minutes, on arrête les caméras.
Anne-catherine Loisier