Sébastien Chenu : "Édouard Philippe est un rebelle en carton !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:02FerméeÉludée
Est-ce qu'il y a une chance encore que les députés RN votent oui à ce plan mardi ?
- 0:50OuverteRéponse partielle
Et cependant, vous dites, c'est un cadeau, enfin c'est un deal avec le Parti Socialiste.
- 0:55FerméeRéponse directe
Est-ce que ce deal réussira, d'après vous ?
- 1:37FerméeRéponse directe
Selon vous, est-ce qu'Édouard Philippe votera ce plan ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui change ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre Sarkozy et Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueChiffre
« 15 millions de foyers fiscaux vont être touchés par une hausse de la CSG sur des produits comme les PEL, comme les Assurance-vie. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Il est l'homme de la baisse des APL, de la hausse lui-même d'ailleurs de la CSG, des 80 km heure, de la retraite à 67 ans. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Il a été par exemple Premier ministre, il a vu deux fois Téboune. Jamais il lui a parlé de la rupture nécessaire des accords qui nous lient à l'Algérie depuis 68. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Sa famille politique d'origine, il se trouve que ça a été la mienne, n'est plus aujourd'hui capable ni de gagner une élection présidentielle, ni même d'être au second tour. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Mais, en revanche, ils sont poursuivis par une justice politique. Il y a une justice politique. »
- 6:51Invité politiqueFait
« Nous, avec Marine Le Pen, on a construit notre offre politique, Marine Le Pen depuis bien longtemps, en disant, au-delà de la droite, au-delà de la gauche, on n'est pas là pour sauver la droite, on n'est pas là pour sauver la gauche, mais on veut aller au-delà. »
- 9:03Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de plainte qui est déposée. Je vous le dis, M. Rochemin, il y a un signalement, qui n'est pas une plainte, par une association d'extrême-gauche. »
- 12:08Invité politiqueFait
« Se retrouver face au leader de la France islamiste, c'est quand même quelque chose qui en dit long sur l'état de notre pays. »
- 18:04Invité politiqueFait
« À partir du moment où, si l'idée c'est de faire déménager le continent africain sur le continent européen, il y a un risque d'effacement. »
- 19:21Invité politiquePromesse
« On changerait d'abord financièrement, on contribuerait moins. Diminution de la contribution. »
- 19:26Invité politiquePromesse
« Rétablissement des contrôles aux frontières. Absolument. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu72 %
- Locuteur non identifié25 %
- Présentateur3 %
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Bonsoir Sébastien Chenu. Bonsoir Monsieur. Est-ce qu'il y a une chance encore que les députés RN votent oui à ce plan mardi ?
Non mais il n'y a aucune chance qu'on puisse soutenir un tel plan. La réalité c'est qu'il n'y a aucune mesure dans ce plan, j'allais dire, correctrice pour rectifier tous les dérapages que nous connaissons. Rien, quelles que soient les concessions, c'est non. Non mais ce bricolage budgétaire, en réalité, je vais vous dire, c'est la facture que les Français doivent payer qui permet d'acheter le Parti Socialiste. C'est la facture de la non-dissolution. Voilà ce qu'on dit aux Français. Pas de dissolution, ça va vous coûter une hausse de la CSG, c'est-à-dire que 15 millions de foyers fiscaux vont être touchés par une hausse de la CSG sur des produits comme les PEL, comme les Assurance-vie.
Donc ça, la hausse de la CSG, c'est une facture qui pèse lourd dans le pouvoir d'achat et qui ne corrige rien.
Et cependant, vous dites, c'est un cadeau, enfin c'est un deal avec le Parti Socialiste. Est-ce que ce deal réussira, d'après vous ?
Je ne sais pas si ça réussira, on va voir ce que feront... Je ne sais pas, je ne suis pas devin. Horizon, les Républicains, tous les alliés d'Emmanuel Macron, parce que je les mets dans cette masse-là, qui veulent sauver leur peau plutôt que sauver le budget de la France, plutôt que de sauver le pouvoir d'achat des Français, qui ne veulent pas s'attaquer au tabou de l'immigration, de l'Union Européenne, de la contribution de la France à l'Union Européenne. C'est un calcul comme un autre. C'est un calcul comme un autre. Oui, c'est un calcul sur le dos des Français. Je veux dire, ce budget, c'est un calcul qui est fait sur le dos des Français. M.
Lecornu fait payer aux Français sa survie à Matignon.
Édouard Philippe sera notre invité ce lundi, objectif 2027. C'était Marine Le Pen dans la précédente édition. Selon vous, est-ce qu'il votera ce plan ?
Édouard Philippe, d'abord, il a une responsabilité immense dans tout ça. Il a été quand même le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. Il est l'homme de la baisse des APL, de la hausse lui-même d'ailleurs de la CSG, des 80 km heure, de la retraite à 67 ans. Édouard Philippe, il est l'incarnation du macronisme. Alors aujourd'hui, il peut essayer de faire de la gaudille, essayer de se soustraire à sa co-responsabilité. Ça peut dire qu'il s'en distancie aujourd'hui. D'accord, mais tout ça, c'est de la manip. C'est un rebelle en carton, Édouard Philippe. Il fait semblant. Je veux dire, il a été par exemple Premier ministre, il a vu deux fois Téboune.
Jamais il lui a parlé de la rupture nécessaire des accords qui nous lient à l'Algérie depuis 68. Et aujourd'hui, c'est celui qui vient nous dire, ah ben il faudrait changer les choses. Donc il y a sur les finances, il y a sur le social, il y a sur le régalien, sur lequel il a une immense responsabilité. Et puis je vous dis, il y a de ses ministres, enfin Horizon, il est à la tête d'un parti, M. Philippe. Ben, il y a des ministres Horizon dans le gouvernement. Donc qu'est-ce que c'est que cette histoire de vouloir sanctionner un gouvernement dans lequel il y a ses propres amis ? Ces gens-là se moquent du monde, je vais vous dire.
Je vous répondrai demain en direct. Qu'est-ce qui change ? On voit bien que dans cette classe politique, les choses sont en train de bouger très vite. Nicolas Sarkozy et son journal d'un prisonnier, c'est l'événement de fait, la publication de ce livre. Ce qui est frappant, dans les premières pages qu'on a pu lire, c'est l'échange très cordial qu'il a eu avec Marine Le Pen. Il y a une sorte de rapport politique, mais aussi personnel. Elle lui parle de la proximité de leur situation à l'égard des juges, et aussi du geste qu'elle trouve élégant de sa femme, de Carla Bruni Sarkozy. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre eux ?
Écoutez, c'est difficile à dire, mais ce sont deux grands animaux politiques qui se sont beaucoup combattus. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Marine Le Pen n'a pas fait de concession à Nicolas Sarkozy, que Nicolas Sarkozy, lui en a beaucoup voulu de son absence de soutien lors de l'élection présidentielle où il se représentait. Ça s'est réchauffé, là, visiblement. Ça, c'est le passé. Aujourd'hui, ces deux grands fauves politiques se retrouvent peut-être sur une analyse commune de l'État de la France, mais aussi de l'État de l'opposition. Marine Le Pen est présidente du premier groupe à l'Assemblée nationale. Elle est le leader naturel de notre famille politique.
Nicolas Sarkozy écrit très bien, d'ailleurs, dans son livre, que sa famille politique d'origine, il se trouve que ça a été la mienne, n'est plus aujourd'hui capable ni de gagner une élection présidentielle, ni même d'être au second tour. Donc, il est très lucide, Nicolas Sarkozy. Et je crois qu'il acte aussi le fait que le Rassemblement national a changé. Avec Jordan Bardella, avec Marine Le Pen, c'est devenu un grand parti populaire.
Est-ce qu'il y a une dimension personnelle ? C'est-à-dire, notamment, leur situation juridique peut, à certains égards, les rapprocher ?
Je ne suis pas sûr qu'il y ait une dimension personnelle, mais une dimension d'un vécu qui ne se ressemble pas. Ce ne sont pas du tout les mêmes histoires. Ils ne sont pas poursuivis par la justice pour les mêmes raisons. Mais, en revanche, ils sont poursuivis par une justice politique. Il y a une justice politique. Je ne dis pas que toute la justice est politique. Moi, j'ai confiance dans l'édifice judiciaire. Mais ils se sont retrouvés, l'un et l'autre, face à une justice qui a décidé, pour Nicolas Sarkozy, clairement, de l'humilier. Pour Marine Le Pen, clairement, de l'empêcher de rencontrer les Français.
Sébastien Chenu, ce qui change, en tout cas, que ce soit dans une dimension personnelle ou plus politique, déclaration, quand on lit dans ses propres mots l'ancien président de la République, Marine Le Pen, votre voix porte sur l'électorat populaire. Vous associerez-vous à un quelconque front républicain, un front anti-RN ? Ma réponse fut sans ambiguïté, non. Vous me disiez tout à l'heure, ça, il se passe quelque chose.
Oui, parce que je pense que la réponse de Nicolas Sarkozy est beaucoup plus intelligente que toutes les conneries qu'on essaie de nous vendre sur l'union des droites. De Zemmour, à je ne sais pas qui, avec des gens qui n'auraient pas forcément, non seulement les mêmes programmes, mais surtout, qui ont des difficultés, peuvent avoir des difficultés relationnelles, mais surtout, M. Zemmour nous accuse d'être communistes, enfin, des trucs complètement dingues. Bon, Nicolas Sarkozy, il est plus lucide. D'abord, il dit, le Rassemblement National est au centre du jeu. Ensuite, il dit, le Rassemblement National et Marine Le Pen a changé. Le Rassemblement National est crédible.
Ça, c'est ce qu'il dit, ce qu'il écrit. Mais surtout, il dit, pas besoin de parler d'union des droites. En fait, il faut cesser avec ce faux barrage républicain. Ce truc qui est le barrage, simplement, d'un système qui ne représente plus rien, mais qui veut se survivre. Et lui, Nicolas Sarkozy, dit, l'enjeu pour la France est tellement fort qu'il faut se résoudre à une chose. Marine Le Pen est la force centrale de ce jeu politique de 2027, eh bien, ça ne sert à rien d'ériger des barrages en carton. Mieux vaut plutôt regarder ce que le Rassemblement National est capable de faire.
Et plutôt, je l'espère, en tous les cas, demain, on verra que les électeurs traditionnels qui ont fait confiance à Nicolas Sarkozy, eh bien, entendent ce message et se disent, ça suffit, les barrages, c'est nous qui payons l'addition à la fin. C'est l'addition de M. Lecornu, c'est aussi le barrage, la non-dissolution. Tout ça, c'est les Français qui les payent à la fin.
– Vous, vivant, de votre vie politique, en tout cas, – Bien vivant, ça va. – Est-ce que vous imaginez le jour où ils pourront siéger dans un même gouvernement des ministres RN et LR ?
– Pas seulement. Moi, je crois que… – C'est-à-dire qu'en fait, on réduit ça, vous voyez, c'est l'inverse de ce que fait Nicolas Sarkozy et de ce que nous, nous appelons. – Mais nous n'appelons où l'aboutissement ? – Oui, mais nous n'appelons pas un empilement de partis politiques qui feraient une espèce de puzzle. En fait, on appelle à dépasser les clivages par le haut. C'est ce que dit Nicolas Sarkozy, il faut les dépasser, tous ces clivages.
Nous, avec Marine Le Pen, on a construit notre offre politique, Marine Le Pen depuis bien longtemps, en disant, au-delà de la droite, au-delà de la gauche, on n'est pas là pour sauver la droite, on n'est pas là pour sauver la gauche, mais on veut aller au-delà. Et ce n'est pas le truc d'Emmanuel Macron avec « et la droite et la gauche ». – Qu'est-ce que vous êtes vous-même ? – C'était le pire de la droite et le pire de la gauche. – Mais bien sûr, moi je me suis construit à droite, je connais mes valeurs, mais aujourd'hui je ne suis pas classable ou réductible à être de droite. – Vous n'êtes pas l'homme de droite. – Je ne suis pas réductible à ça.
Je sais où je me suis construit, mais je sais surtout… – J'ai l'impression que vous posez vos mots de toute façon, vraiment. – Mais oui, parce que je vais vous dire, les valeurs que je partage avec les électeurs, les camarades du RN, c'est quoi ces valeurs liées ? À l'effort, au travail, à l'ordre, à une certaine forme aussi de gaullisme social, à la souveraineté de la France. – De toute façon, c'est dû en même temps. – Non, et bien ces valeurs… – De toute façon, vous faites du ramassage un peu comme Emmanuel Macron l'a fait, vous l'ouvrez. – Ces valeurs, elles ont été… non, c'est au-delà.
Elles ont été portées par Pasquois, par Villiers, par Philippe Séguin, par Jean-Pierre Chevènement, par Jean-Pierre Chevènement, vous voyez, qui vient. Donc nous, on va au-delà, parce que ce clivage, ça fait longtemps qu'on le dit, mais il a du mal à être compris parmi les journalistes. On pense que ce clivage… – Pas seulement parmi les journalistes. – Quand même, il n'est plus vraiment pertinent. Emmanuel Macron, ça a été l'empilement, c'était et la droite et la gauche, et le pire de la droite, et le pire de la gauche, et le pire des résultats pour le pire des présidents.
– Sébastien Chenu, le sort de Marine Le Pen, le sort judiciaire, on l'évoquait quand on parlait de Nicolas Sarkozy, et peut-être le sort de Jordan Bardella, cette association anticorruption qui a déposé plein de contrics pour détournement de fonds publics autour d'une formation, elle vise le fait que Jordan Bardella aurait utilisé un coach, notamment avec des fonds européens, donc l'argent du Parlement européen, mais qui aurait servi à la campagne présidentielle de 2022. Il s'en défend absolument, il le conteste absolument, quoi qu'il en soit, on ne va pas régler ce genre d'affaires ici, mais est-ce qu'il risque d'être empêché, comme Marine Le Pen le risque ?
– Alors, il y a le fond et la forme. – Jordan Bardella était hier dans le Nord, à Éco-d'œuvre, dans la circonscription du député Rassemblement National, Alexandre Dufossé. Il a été interrogé, il a très bien répondu, parce que je pense qu'il y a d'abord des informations qui sont fausses, il n'y a pas de plainte qui est déposée. Je vous le dis, M. Rochemin, il y a un signalement, qui n'est pas une plainte, par une association d'extrême-gauche, une association de gauchistes qui a envie, évidemment, de faire de la politique. Toutes les prestations dont vous parlez, auxquelles vous faites allusion, elles ont été validées, évidemment, par les services du Parlement européen.
Donc ça, c'est très clair, c'est très clean. Mais ce qu'on voit, et c'est le fond du problème, c'est que ça y est, M. Bardella entre sur le champ de tir, c'est-à-dire que personne n'est dupe, tous les Français voient, ils se disent, d'ailleurs, ils me l'ont dit aujourd'hui, les Français que j'ai vus dans ma circonscription, à Montchot-sur-Écaillon ou à Neville-sur-Esco, ils m'ont dit, bien sûr, maintenant, ils essayent de l'attaquer, parce qu'ils se disent qu'ils ont peut-être réussi à empêcher, peut-être, moi, je n'y crois pas, à empêcher Marine Le Pen pour 2027, mais après, il faut flinguer Jordan Bardella.
Et là, ni l'autre ne tomberont, et vous verrez qu'ils pensent avoir ni l'un ni l'autre, ils auront les deux pour le prix d'un.
– Sébastien Chény, vous dites ça, mais quoi qu'il en soit, juste, pas juste, etc., de toute façon, c'est la justice qui tranche dans ces cas-là, on l'a vu pour François Fillon. – Bien sûr. – François Fillon, quand la justice veut, à tort ou à raison, empêcher une candidature, à tort ou à raison, elle le peut.
Donc, est-ce que vous avez ça en tête ? – Oui, mais c'est quand même, ce que vous dites est extrêmement grave, c'est-à-dire que quand la justice veut empêcher, à tort ou à raison, une candidature, dans une démocratie, c'est quand même insensé, et bien, je vais vous dire, c'est quand même insensé que ce soit les juges qui décident de qui doit se présenter à une élection. Enfin, ça ne tient pas debout. – Mais c'est une possibilité, vous pensez que c'est possible, c'est-à-dire que ce cheminement arrive comme il a eu lieu ? – Non, non, je ne crois pas, je pense que sur ce type de dossier, comme sur n'importe quel dossier qui est monté en épingle, tout ça, c'est du vent.
Je pense que nous aurons Marine Le Pen, candidate en 2027, nous aurons Jardin de Bardella qui dirigera les affaires de la France, et je pense que tout ça aura été battu en brèche. Mais tous les coups vont être permis, et moi je dis aux électeurs du Rassemblement National et à tous ceux qui vont nous rejoindre, vous êtes des héros, et soyez des héros demain, parce que les coups qu'on nous assènent, c'est pour nous empêcher de mener une autre politique. – Monsieur le député, ce qui se passe aujourd'hui,
si on regarde l'état des forces, l'état des sondages, est-ce que le second tour Mélenchon-Bardella ou Mélenchon-Le Pen est la première des possibilités ?
– C'est aujourd'hui, je crois, la première des possibilités, parce que Jean-Luc Mélenchon représente une offre dangereuse, mais qui suscite l'espoir, j'en suis consterné, d'un certain nombre de Français. Donc il faut expliquer pourquoi c'est dangereux. Mais je pense que les autres sont tellement usés jusqu'à la corde, incapables de créer un espoir dans le pays, en dehors du Rassemblement National, qui crée un espoir très fort, qui fait la course en tête, qu'évidemment, ils ne seront pas capables de… – Est-ce qu'au fond, vous l'espérez ?
– Moi, ce que j'espère, c'est que nous, on gagne. – Là, il y a eu un instant de flottement dans l'œil. Bien sûr, pour vous, ce serait un cas de figure où vous auriez… – Eh bien, je vais vous dire. – Tout à coup, vous auriez un certain nombre de chances, une partie, disons, de la, comme on disait, bourgeoisie, peut-être. Le moment de choisir se dira plutôt l'ERN que l'EFI.
– Oui, mais je vais vous dire, pour le modèle de société qu'on souhaite, pour la France qu'on souhaite, moi, je pense que c'est bien de montrer qu'on peut faire autre chose que ces années de macronisme. Face à Jean-Luc Mélenchon, c'est une bataille qui sera d'une dureté et probablement d'une apreté qui peut frôler l'indignité. Je veux dire, se retrouver face au leader de la France islamiste, c'est quand même quelque chose qui en dit long sur l'état de notre pays. – Vous dites ça, et en même temps, techniquement, il est bon ? – Ah, mais ça n'enlève pas que Jean-Luc Mélenchon est un homme cultivé, est un orateur, je ne le sous-estime pas. – Parmi vos adversaires, il est le meilleur ?
– Ah, il est probablement l'un de ceux qui sait le mieux faire campagne, parce que je pense que M. Attal ou M. Philippe ne savent pas faire des campagnes. Et d'ailleurs, ils n'iront même pas, à la fin, on ne les aura même pas comme candidats. Mais je pense que Jean-Luc Mélenchon sait faire des campagnes électorales. Il est un compétiteur de très haut niveau, mais il est aussi un homme politique très dangereux aux incointances islamistes absolument scandaleuses et dangereuses pour le pays.
– Il a répondu à ces accusations hier dans l'audition très remarquée, très remarquée son audition, où il a contre-attaqué sur les thèmes que vous dites, en disant « je ne suis pas du tout en soutien des islamistes », il a même dit « je suis prêt à lutter contre l'excès ». Mais, dit-il, il y a une forme de deux poids, deux mesures au détriment des musulmans. Écoutez une partie de son argumentaire.
– Vous me parlez du voile, et des enfants à qui l'on met en voile. Et que dites-vous de la circoncision ? Elle concerne des jeunes enfants qui ne demandent pas leur avis. Elle est présente dans deux religions. Et maintenant présente dans les mœurs des gens qui n'ont pas de religion, mais qui considèrent que c'est une bonne chose de le faire. Personne ne pose jamais la question. Ça, ce n'est pas un problème. Les voiles sur la tête des filles, oui, c'est un problème. Et la circoncision ? Il y a des gens pour qui c'est un problème, qui disent « c'est une maltraitance ». Comment allons-nous sortir de ça, monsieur le rapporteur, monsieur le président ?
Comme je suis là, je ne sais pas vous répondre. Mais si vous avez des lumières, n'hésitez pas à nous les donner.
– Sébastien Chenu, c'est un exemple qu'il donne. Est-ce qu'il a raison déjà sur ces exemples ?
– Eh bien, c'est un très bon exemple qui dit tout Jean-Luc Mélenchon. qui confond à des saints, qui confond volontairement la religion musulmane et l'idéologie islamiste. Pourquoi ? Parce que la circoncision, c'est le fait d'entrer, c'est un acte symbolique, enfin pas que symbolique d'ailleurs, qui permet d'entrer dans une religion, qu'elle soit musulmane ou qu'elle soit juive. d'ailleurs, elle n'est pas obligatoire de mémoire dans le Coran. Mais c'est un acte qui permet d'entrer dans une religion.
– Mais il est visuel dans les deux religions.
– Qui permet d'entrer dans une religion. Mais le voile, c'est l'islamisme, c'est pas la religion musulmane, c'est le porte-étendard, c'est l'étendard, pardon, de l'islamisme. Donc Jean-Luc Mélenchon fait ce que nous, nous ne voulons pas faire. Il confond volontairement la religion musulmane et l'islamisme. Eh bien, je pense que Jean-Luc Mélenchon nous démontre ici qu'effectivement, il instrumentalise les musulmans de France pour des raisons politiques.
– Vous savez très bien que le voile se porte dans des milieux, appelons ça comme on veut, peut-être conservateurs, mais ce ne sont pas des militants islamistes pour autant dans le monde arabe. – Je pense qu'aujourd'hui…
– Il y a une immense population qui le porte. – D'abord, on parle de la France et je pense qu'il y a une pression liée aux frères musulmans, à leur présence, à leur entrisme dans un certain nombre de partis politiques d'ailleurs, dont la France insoumise. Moi, je pense que la France insoumise trimballe avec elle toute une querelle de responsables qui ont des liens avec les frères musulmans. Moi, je l'ai vu dans le Nord. Moi, vous savez, je suis de la circonscription de l'imam Iqusen. Aujourd'hui, le fils de l'imam Iqusen est le directeur de campagne du candidat, du candidat quoi ? France insoumise à Denain. – Est-ce qu'il faut lui reconnaître sa cohérence ?
C'est-à-dire qu'au contraire à une partie de la classe politique, il gaudit en disant oui, mais non, mais oui. Lui, il dit oui, la société française va se créoliser, alors c'est le mot qu'il utilise, on peut dire métissé, multiculturalisé. Et au fond, c'est assez cohérent. C'est vrai que si on fait venir, aussi où viennent d'ailleurs des musulmans qui beaucoup d'entre eux deviennent français, on ne va pas s'attendre à ce qu'ils soient comme des laïcars de 1920.
– Ce qui est sûr, c'est que si on interdit les crèches de Noël, si on oublie d'où nous venons, si on pense qu'il faut débaptiser demain toutes les communes qui s'appellent Saint-Jean, Saint-Jacques, Saint-Martin, quelque chose, eh bien oui, on ne sera plus exactement la France que nous avons connue. Mais moi, je ne crois pas à ce scénario. Je ne crois pas qu'il y ait... D'abord, je ne crois pas que les Français aient envie de ce scénario. Je pense que les Français sont des gens tolérants, mais qu'aujourd'hui, ils disent, ce n'est plus possible d'accepter, d'accueillir le monde entier ici.
Il y a des problématiques économiques, il y a des problématiques sociales, il y a des problématiques sécuritaires et culturelles, et nous disons stop. Et pour dire stop avec nous.
– Donald Trump, l'homme le plus puissant, en tout cas du monde occidental, et sans doute du monde, partage sur ce point beaucoup de vous vus, c'est Donald Trump qui publie ce document de stratégie de sécurité nationale, où on voit, et on va en parler avec Thierry Breton dans quelques instants, aussi dans le duel entre Avati et Guénaud, il a un plan pour l'Europe qui, à bien des égards, ressemble au plan des nationalistes européens. Les États-Unis encouragent leurs alliés politiques, il parle de vous, en Europe, à promouvoir ce renouveau spirituel, et l'influence croissante des partis patriotiques européens est en effet source d'un grand optimisme.
Est-ce que vous vous reconnaissez dans les paroles de Trump ?
– Non, mais moi j'ai envie de dire, vous voyez, votre bordeau le dit, de quoi se met le Trump ? Enfin, je veux dire, on n'a pas de compte à rendre à Donald Trump. Je crois que Marine Le Pen n'a pas attendu l'élection de Donald Trump et le Rassemblement national pour s'engager, pour être élu et pour défendre les Français. Donc on va défendre les Français, on sait le faire, et je crois que les Français ont très envie d'être défendus par nous-mêmes. Moi je compte pas sur Donald Trump pour défendre la France et les Français. – Pourquoi est-ce que vous lui fermez la porte comme ça ? Il a l'air, il vous tend la perte.
Il dit, regarde, nous voulons que l'Europe reste européenne, qu'elle retrouve sa confiance en sa civilisation. L'Europe reste stratégiquement et culturellement vitale pour les États-Unis. Il parle des partis qu'il est prêt à appuyer. Il dit qu'il cherche des champions.
– Très bien, mais nous n'avons pas besoin d'ingérence américaine dans la bataille des présidentielles. On saura faire sans Donald Trump. Moi ce que je crois c'est que Donald Trump, il défend les intérêts des Américains et des États-Unis.
– On a l'impression que ça vous gêne pour ainsi dire. – Non mais c'est vrai, il y a beaucoup de partis, beaucoup de pays en Europe où, l'impression, même chez ceux qui partagent les vues de Trump, il sent un peu le pâté pour eux.
– Je veux dire, je me sens pas lié à Donald Trump. On n'a rien à voir avec la politique qu'il mène en politique intérieure aux États-Unis. En revanche, je lui reconnais un truc, il est patriote, il défend les intérêts des Américains. Eh bien nous, nous sommes des patriotes, on défend les intérêts des Français. Et c'est en cela, je crois, qu'il nous trouve intéressants. – Quand il dit qu'il y a un risque d'effacement civilisationnel de l'Europe, a-t-il raison ? – Oui, bien sûr. À partir du moment où, si l'idée c'est de faire déménager le continent africain sur le continent européen, il y a un risque d'effacement. Il y a un risque dans les alliances également.
Si demain, la France élisait Jean-Luc Mélenchon, nous aurions probablement des alliances très différentes au niveau international. On serait probablement allié avec l'Iran ou avec la Palestine. Donc, vous voyez, oui, effectivement, il y a un risque d'effacement du continent européen lié aux politiques qui le mènent. Mais on n'attend pas Donald Trump pour le dire. Moi, je pense que Donald Trump, il a un dessein. C'est celui lui-même de ne plus s'intéresser d'ailleurs au continent européen, qui n'est plus source de croissance, etc. Ça n'intéresse plus.
Il dit, nous voulons que l'Europe reste européenne, qu'elle retrouve sa confiance en sa civilisation. Quand Trump dit l'État-nation prime, quand il dit l'État-nation prime et l'Union européenne est finie, c'est ce que dit aussi d'ailleurs Musk, si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous changeriez exactement ? Là, en deux, trois mesures à l'Union européenne.
Mais l'État-nation, l'Europe des nations, c'est un des grands slogans de tous les patriotes. On veut des nations qui coopèrent ensemble. Nous, on ne veut pas d'une Europe et d'une France rabougrée. Allez, qu'est-ce que vous changeriez ?
Soyons très concrets.
On changerait d'abord financièrement, on contribuerait moins. Diminution de la contribution. Diminution de la contribution. Ensuite, Schengen, les accords de Schengen, arrêter de se balader d'écondir dans un pays. Rétablissement des contrôles aux frontières. Absolument. Et puis ensuite, je pense que c'est tous les leviers de souveraineté qu'il faut passer les uns après les autres. Reprendre de la souveraineté. Ce n'est pas l'Europe de nous dire ce que nous devons faire. Votre exemple, c'est très concret. C'est intéressant parce que lui, visiblement, il pousse au concret.
Oui, mais dans les politiques pénales, on a une cour européenne des droits de l'homme qui parfois vient nous dire ce que nous devons faire et pas faire. Eh bien moi, je pense qu'il faut un référendum sur l'immigration. Voyez, on y revient sur l'immigration pour permettre aux Français de dire ce qu'ils veulent en matière d'immigration. Sur la politique à l'égard de la Russie,
on va en parler avec nos éditorialistes aussi, quand il dit qu'il se trouve en désaccord avec les responsables européens concernant l'Europe. Et il dit qu'il y a des attentes irréalistes de la part des Européens face à la Russie. Est-ce que vous le pensez ?
Écoutez, moi je ne sais pas où Trump en est avec Poutine en réalité. Mais on voit bien qu'il y a un changement d'alliance au niveau international qui est en train de tourner. Moi, ce que je crois, c'est que Donald Trump, au lieu d'abandonner l'Ukraine, ferait mieux de s'y intéresser pour permettre une sortie de crise et une paix le plus rapidement possible. C'est ça qu'on attend de Donald Trump et d'une grande puissance, puisque la France, avec Emmanuel Macron, n'est pas capable de prendre ce genre d'initiative.
Sébastien Chenu