Philippe Ballard : "Quels résultats de Bruno Retailleau sur l'Algérie ?" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Philippe Ballard, est-ce qu'il vous fait peur ? Bruno Retailleau, il marche un petit peu sur vos terres là ?
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Mais sur le fond, en tout cas, vous avez des idées similaires ?
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Alors ça fait six mois qu'il est au pouvoir.
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Est-ce que vous saluez cette direction que prend la politique de Bruno Retailleau ?
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Mais c'est facile de fixer un cap. Après, il faut tenir le cap.
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Et vous y croyez, vous, à ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il n'a pas les moyens d'action, parce que le droit n'est pas en sa faveur, notamment en ce qui concerne l'immigration »
- 0:26Invité politiqueFait
« on voulait interdire le droit du sol à Mayotte »
- 1:03Invité politiqueFait
« le bilan de M. Darmanin, il n'est pas bon du tout en matière de sécurité et d'immigration »
- 1:16Invité politiqueFait
« Il y avait une liste de plusieurs dizaines de noms de citoyens algériens sous OQTF qui étaient remis à Alger »
- 1:23Invité politiqueFait
« Alger, le 17 mars, a dit « Nous, on n'en veut pas employer les moyens habituels » »
- 2:49InvitéChiffre
« deux fois moins de titres de séjour délivrés que lorsqu'il est arrivé Place Beauvau »
- 3:23InvitéPromesse
« si dans trois semaines, l'Algérie reprend ses OQTF, eh bien c'est Bruno Retailleau qui aura mis les pieds dans le plat »
- 5:57Locuteur non identifiéFait
« Laurent Wauquiez n'arrête pas de lui taper dessus lui-même en disant qu'il n'a pas de liberté de parole »
- 6:10Locuteur non identifiéFait
« envoyer les OQTF français en France à Saint-Pierre-et-Miquelon »
- 7:58Invité politiqueFait
« il pourrait être porte-parole du Rassemblement national »
Temps de parole
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- Présentateur 24 %
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Philippe Ballard, est-ce qu'il vous fait peur ? Bruno Retailleau, il marche un petit peu sur vos terres là ?
Oui, mais il y a des paroles et des actes, si vous voulez. Nous, on pense que Bruno Retailleau est sincère, mais il n'a pas les moyens d'action, parce que le droit n'est pas en sa faveur, notamment en ce qui concerne l'immigration, que le gouvernement est complètement divisé, qu'est-ce qu'il y a de commun entre Bruno Retailleau et la ministre des Sports, par exemple, sur le voile dans le sport. Et puis il a un groupe à l'Assemblée nationale qu'il ne suit pas toujours. Moi, je me souviens très bien du débat qu'on a eu à propos de Mayotte, on voulait interdire le droit du sol à Mayotte.
Mais sur le fond, en tout cas, vous avez des idées similaires ?
Mais oui, mais si vous voulez, Retailleau, c'est Goldorak à l'arrivée quand on l'entend, puis quand on fait le bilan, c'est la fée Clochette.
Alors ça fait six mois qu'il est au pouvoir.
Non mais d'accord, mais enfin, son bilan, il vient d'être rappelé, il n'est quand même pas reluisant. Et puis ce double, parce que là, la phrase que vous avez diffusée, on a compris qu'il y avait une course à l'échalote entre Bruno Retailleau et puis Laurent Wauquiez pour la présidence de LR, enfin, quand il tacle M. Darmanin, parce que c'est M. Darmanin qu'il a dans son viseur, quand il dit que ce qui a été fait depuis des années, ça ne va pas. Oui, le bilan de M. Darmanin, il n'est pas bon du tout en matière de sécurité et d'immigration. Voilà, et sur l'Algérie, mais quel résultat pour M. Retailleau ? Enfin, on se souvient de M. Bayrou après l'assassinat de Mulhouse par un OQTF algérien.
Il y avait une liste de plusieurs dizaines de noms de citoyens algériens sous OQTF qui étaient remis à Alger. Et Alger, le 17 mars, a dit « Nous, on n'en veut pas employer les moyens habituels ». Enfin, quel est le bilan de Bruno Retailleau ? Et là, c'est actuel, c'est en ce moment. Donc, il s'est fait doubler à la fois par Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères, qui lui veut apaiser, veut dialoguer, veut... Non, avec le gouvernement... On fait bien... On distingue le gouvernement du peuple algérien, attention. Là, on parle de gouvernement algérien, donc il s'est fait doubler. Et oui, il est obligé de faire de la com', une nouvelle conférence de presse ce matin.
Il y a une surenchère de la part de Bruno Retailleau à droite, vous qui faites partie de cette même famille politique, les Républicains. Est-ce que vous saluez cette direction que prend la politique de Bruno Retailleau ?
Après tant de réquisitoires, je vais tenter un plaidoyer. Et en partant du fait que Bruno Retailleau a fixé un cap et a attiré l'attention des Français. Il y a de la sincérité. Il parle comme il a toujours parlé. Il a fixé un cap lorsqu'il est arrivé il y a six mois. D'ailleurs, on fait le bilan de son action six mois après. On parle de lui six mois après. Et je pense qu'il a beaucoup restauré la confiance des Français dans l'action publique. Après, expression vendéenne, colline après colline. Tout ne va pas se régler du jour au lendemain. Mais le cap fixé à six mois, de l'ordre, de l'ordre et de l'ordre, reste toujours le cas. Pour vous, il est maintenu ? Il n'est plus que maintenu.
Mais c'est facile de fixer un cap. Après, il faut tenir le cap.
Il y a aussi des résultats. Il y a par exemple deux fois moins de titres de séjour délivrés que lorsqu'il est arrivé Place Beauvau. Et sur l'Algérie, nous verrons dans trois semaines. On va laisser le temps passer, celui qui a été fixé par le Premier ministre. Si dans trois semaines, ce qui a été tenté par le ministre des Affaires étrangères débouche sur rien, je peux vous dire qu'on redira avec force que seule une politique extrêmement stricte vis-à-vis de l'Algérie est nécessaire. Il y a peut-être deux lignes au gouvernement. Mais nous verrons quelles lignes va l'emporter.
Si dans trois semaines, Bolem Sassal est libéré, si dans trois semaines, l'Algérie reprend ses OQTF, eh bien c'est Bruno Retailleau qui aura mis les pieds dans le plat.
Et vous y croyez, vous, à ça ?
Et si dans trois semaines, il ne met pas les pieds dans le plat, croyez-moi qu'au Sénat, nous le rappellerons, le Premier ministre, à ses obligations. Donc, on peut bien qu'il y ait un dialogue avec Alger, mais ce dialogue doit réussir. Et Bruno Retailleau le dira, et nous le dirons avec lui. Parce que Bruno Retailleau s'appuie sur la majorité sénatoriale, et nous attendons des résultats sur l'Algérie, comme nous attendons des résultats sur tout. Il y a le droit, il faut respecter un certain nombre de règles. Les choses ne se vont pas du jour au lendemain, mais les choses se feront.
J'aimerais qu'on écoute le point de vue, le regard de Dominique de Villepin hier, sur la politique de Bruno Retailleau. Pas sûr que ça vous plaise ? On regarde. J'ai bien entendu le ministre de l'Intérieur, qui a indiqué que toutes les polémiques qu'il avait lancées avaient été utiles. Oui, utiles, mais pas nécessairement à la France, certainement pas, et certainement pas aux ministres de l'Intérieur. Peut-être aux candidats à la présidence des LR, mais je ne crois pas que la vocation d'un ministre soit de lancer des polémiques. Il fait tout ça parce qu'il a des vues sur la présidence LR.
M. de Villepin était toujours dans la caricature, et maintenant il devient la caricature de sa caricature. Il est excessif, M. de Villepin, on ne compte plus dans la vie politique française. C'est un chroniqueur. Ah, il est écouté, il est écouté, Dominique de Villepin. Comme beaucoup qui ont été, qui ne sauront plus. M. de Villepin est l'homme de la dissolution manquée de 1997. M. de Villepin s'est trompé de nombreuses fois. M. de Villepin n'a aucun actif à sa politique. M. de Villepin, à partir au passé, il y restera.
Amandine Attalaya, intéressant quand même. Nous, ça nous intéresse quand même d'écouter Dominique de Villepin et de voir ce qu'il est en train de dire entre les lignes. Donc, il fait tout ça à titre personnel, mais ce n'est pas pour la France. C'est pour lui parce qu'il se joue quelque chose d'important pour lui à la MIME, le congrès pour la présidence LR.
Oui, oui, tout à fait. Alors, concernant Dominique de Villepin, il est toujours extrêmement dur avec Bruno Retailleau ces derniers temps. Et notamment dans son combat sur l'Algérie, où il l'accuse là aussi d'avoir choisi la mauvaise stratégie. Lui était complètement pour la diplomatie. Et il y a en ce moment une sorte de bulle. Dominique de Villepin pourrait-il être candidat à la présidentielle ? Là où beaucoup pensent par ailleurs que son avenir est derrière lui. Concernant Bruno Retailleau, oui, bien sûr, il est dans un combat acharné en ce moment avec Laurent Wauquiez pour la présidence des Républicains.
C'est difficile pour Bruno Retailleau parce que Laurent Wauquiez n'arrête pas de lui taper dessus lui-même en disant qu'il n'a pas de liberté de parole et qu'il est pieds et poings liés dans ce gouvernement où il n'obtient pas de résultats. On l'a vu encore hier lorsque Laurent Wauquiez a tenté cette étonnante proposition d'envoyer les OQTF français en France à Saint-Pierre-et-Miquelon. Et Laurent Wauquiez faisait ça avec une sorte de stratégie disant « Vous voyez, moi j'ai la liberté de faire des propositions de ce type » là où Bruno Retailleau ne pourrait pas parce qu'il est coincé.
Du côté de Bruno Retailleau, on se frottait les mains en estimant que Laurent Wauquiez avait fait hier une sortie de route totale et que c'était une très mauvaise idée de sa part. Toujours est-il qu'on aura la résolution de ce combat mais qui laissera des traces au mois de mai parce qu'on voit bien que Laurent Wauquiez enfonce le point là où ça fait mal à Bruno Retailleau en ce moment. Et chez Laurent Wauquiez, on nous dit tous les jours que la baudruche Retailleau se dégonfle et qu'il finira tel un Zemmour, c'est-à-dire gonflé dans les sondages en avance et finalement pilonné par Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Vous aussi Marine Le Pen ?
Ce n'est pas ce que je constate sur le terrain. Demain, j'ai une réunion à Biarritz, il y aura 700 personnes. Bruno Retailleau, rempli les salles de militants. Vous êtes plus Retailleau que Wauquiez. Totalement, je suis 100% Retailleau, je suis son porte-parole, un de ses porte-paroles et je peux vous dire aujourd'hui que les militants sont derrière Bruno Retailleau.
Laurent Wauquiez est pathétique, lance des bondes, lance quelques sondes mais qui ne prennent pas et c'est bien d'ailleurs le fait qu'il perd de pied qui l'amène à dire des choses aussi pathétiques que ce qu'il a pu dire sur Saint-Pierre-et-Miquelon et moi je pense aussi d'ailleurs à nos concitoyens de Saint-Pierre-et-Miquelon qui ne méritaient pas cela.
Oui ça c'est clair. Une réaction à quoi ?
Ah pardon, on serait que vous y a réagir.
Ah oui, il y a tellement de choses à dire sur Dominique de Villepin quand vous dites qu'il est écouté par qui, il est écouté quand il est à la fête de l'humanité. Sur Bruno Retailleau plutôt. Sur Bruno Retailleau, mais le mot, vous avez employé sincérité tout à l'heure dans la démonstration. J'ai commencé par là. On considère effectivement, il y a même une de mes collègues qui a dit qu'il pourrait être porte-parole du Rassemblement national. Là il n'aura pas de résultat tout simplement. Donc il y a peut-être un moment où il sera obligé de démissionner du gouvernement. Il pourra prendre sa carte au Rassemblement national par exemple.
Philippe Ballard