Laurent Jacobelli : "La France n'a plus les moyens de financer une administration obèse !" (RTL)
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Questions et réponses
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- 0:04FerméeRéponse directe
Vous avez compris cette déclaration de François Bayrou hier, ce non, ferme ?
- 0:34OuverteRéponse directe
Donc vous faites partie de ceux qui disent que ce conclave était une forme de bouclier anti-censure ?
- 1:06RelanceRéponse directe
Si ce conclave c'était son bouclier anti-censure, ça veut dire qu'il est sans défense aujourd'hui ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Ce conclave est totalement hors sol et dépassé ?
- 2:54RelanceRéponse directe
Vous dites que vous ne voyez pas le rapport entre la situation internationale et l'âge légal de départ ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Le gouvernement voit un rapport, c'est l'argent. On n'a peut-être pas les moyens de tout financer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Depuis le début, nous avions dit que ce conclave était finalement une réunion pour rien. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Je dis horrible parce qu'elle est injuste pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et puis parce qu'elle est complètement inutile. »
- 0:50Invité politiqueFait
« il aurait fait un retour au vote, pourquoi pas par référendum. »
- 2:18Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, un Français sur deux qui arrive à la retraite n'a plus de travail. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« Seulement 40% des plus de 60 ans sont en situation d'emploi. »
- 3:25Invité politiqueChiffre
« on n'a plus les moyens de financer par dizaines de milliards l'immigration. »
- 3:35Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle qu'elle nous coûte en net 10 milliards par an. »
- 3:50Invité politiquePromesse
« Nous sommes pour la retraite à 62 ans, 42 annuités maximum en France. »
- 5:31Invité politiqueFait
« le déficit des retraites, pour l'instant, n'a jamais été aussi catastrophique qu'on nous l'avait annoncé. »
- 5:37Invité politiqueFait
« En 2023, les caisses étaient même bénéficiaires. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« en moyenne, les couples français veulent 2,3 enfants et ils n'en ont que 1,7. »
Temps de parole
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Bonjour Laurent Jacobelli, vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Vous avez compris cette déclaration de François Bayrou hier, ce non, ferme ?
Pour être très honnête, nous n'avons pas été surpris. Depuis le début, nous avions dit que ce conclave était finalement une réunion pour rien. C'était pour amadouer les socialistes, souvenez-vous, pour qu'ils ne votent pas la motion de censure. Est-ce que les socialistes étaient dupes ou pas ? Nous ne le savons pas. Mais nous savions très bien que le gouvernement n'avait pas du tout l'intention de reculer sur cette horrible réforme des retraites. Je dis horrible parce qu'elle est injuste pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et puis parce qu'elle est complètement inutile.
Donc vous faites partie de ceux qui disent que finalement ce conclave, c'était une forme de bouclier anti-censure, mis en place par François Bayrou. Oui, c'était un coup fourré, clairement.
Je crois que si le gouvernement avait envie d'avoir l'opinion des Français sur la réforme des retraites, il aurait écouté l'Assemblée Nationale, il aurait fait un retour au vote, pourquoi pas par référendum. Or, c'est toujours passé par 49-3 sans que le peuple ait à décider directement ou à travers ses députés. Il y a comme une élite qui a l'impression qu'elle sait mieux que les autres ce qu'elle veut pour les Français, sans que les Français aient à se prononcer. Je crois qu'il est temps de changer ça.
Pour reprendre l'image d'Éric, si ce conclave c'était son bouclier anti-censure, ça veut dire qu'il est sans défense aujourd'hui le Premier ministre ?
Ça veut dire qu'il a perdu un petit peu, effectivement, de ses protections contre la censure. Pour nous, clairement, la retraite à 64 ans est un motif d'inquiétude et une baisse générale de niveau de vie pour les Français annoncés. Donc, ça fait partie des éléments qui pourraient faire passer la balance du côté de la censure de notre côté, si jamais le gouvernement s'entêtait dans cette voie et prenait d'autres mesures qui pourraient nuire au pouvoir d'achat.
Alors, il y a quand même cette situation internationale qui devient de plus en plus prégnante, inquiétante. Ce conclave est totalement hors sol et totalement dépassé. C'est ce que disait hier l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.
Oui, le patron du comité d'orientation des retraites disait que ce débat était dérisoire aujourd'hui par rapport à la situation internationale. On a l'habitude, on est en train de nous refaire le coup du Covid. Vous savez, sous prétexte de guerre au Covid, on nous avait dit que tout devait passer, que l'État devait imposer tout aux Français. Aujourd'hui, on se retrouve avec la même situation. Moi, je ne vois pas le rapport entre la guerre en Ukraine, qu'il faut très vite cesser, bien évidemment, et la réforme des retraites en France. Tout simplement pour une raison, c'est qu'aujourd'hui, un Français sur deux qui arrive à la retraite n'a plus de travail.
Seulement 40% des plus de 60 ans sont en situation d'emploi. Alors, on peut décaler tant qu'on veut l'âge de la retraite, tant qu'on n'a pas ramené de la croissance en France. Et quand on n'a pas réglé le problème de la natalité, eh bien, on ne résoudra aucun problème. Et tous les deux ans, vous aurez un ministre qui arrivera, l'air sérieux, en disant, on ne peut plus continuer comme ça, il faut à nouveau décaler l'âge de la retraite. Donc, il faut créer la situation d'un retour à l'emploi, de retour à la création d'entreprises et de réindustrialisation, et donner aux couples qui veulent avoir des enfants le moyen de le faire.
Vous dites, je ne vois pas le rapport entre la situation internationale et la question de l'âge légal de départ à la retraite. Le gouvernement, lui, voit un rapport, c'est l'argent. Et à l'heure où on dit qu'il faut réarmer l'Europe, qu'il faut redonner à la France, notamment, les moyens de se réarmer, on n'a peut-être pas les moyens de tout financer ?
Ah non, vous avez raison, on n'a plus les moyens de financer une certaine administration obèse qui ne sert à rien, pas toutes, mais certaines, je pense notamment aux 1200 comités, dont la plupart sont complètement inutiles. C'est vrai qu'on n'a plus les moyens de financer par dizaines de milliards l'immigration. C'est vrai aussi qu'on n'a plus moyens de financer l'Union Européenne au niveau où on la finance. Je vous rappelle qu'elle nous coûte en net 10 milliards par an.
En revanche, on doit prendre, je crois, soin de ceux qui ont commencé à travailler, notamment ceux qui ont travaillé tôt, dans un système social qui fait que la France, aujourd'hui, fait que les Français cotisent beaucoup, mais peuvent partir à la retraite plus tôt. Donc nous sommes pour la retraite à 62 ans, 42 annuités maximum en France. Et je crois que la guerre en Ukraine ne doit pas changer notre modèle social.
On a reçu tout à l'heure, on a diffusé l'appel, le répondeur d'une auditrice qui nous disait « Dans l'Europe entière, on est à 67 ans, parfois davantage. » Il y a aussi cette réalité, c'est-à-dire que beaucoup de Français regardent au-delà de nos frontières et se disent que ce 62 ans, il n'est pas réaliste, il n'est pas tenable. Est-ce que l'opinion française et celle de vos électeurs au Rassemblement National n'est pas en train de changer sur cette question de l'âge limite, de l'âge pivot ?
Moi, je crois qu'on ne peut pas imposer la double peine aux Français, c'est-à-dire avoir un taux de cotisation parmi les plus élevés d'Europe. Et leur dire « Par contre, vous aurez le même âge de départ à la retraite que les autres pays d'Europe. » Donc à un moment, il faut être clair, soit on baisse les cotisations au niveau des autres pays européens et on adopte le même régime, soit on garde ce niveau très élevé, à la fois pour les entreprises et à la fois pour les salariés, mais à ce moment-là, on part à la retraite avec une meilleure retraite et plus tôt. Mais on ne peut pas avoir les cotisations les plus élevées et un système défavorable.
Pour le coup, ce serait un impôt déguisé et ce serait tout à fait malhonnête par rapport aux Français.
Laurent Jacob Bollier, vous l'avez évoqué un petit peu tout à l'heure, la solution pour soutenir notre système de retraite, vous dites, c'est de doper la natalité. Si le Rassemblement National arrive au pouvoir en 2027, qu'il prend des mesures importantes pour favoriser cette natalité, il faudra attendre à minima 9 mois pour en voir les premières conséquences et peut-être encore 25 ans pour que ces enfants arrivent sur le marché du travail. Qu'est-ce qu'on fait pendant tout ce temps-là ?
Mais pendant tout ce temps-là, on gère bien les données publiques et puis on arrête d'alarmer les Français. D'abord, je rappelle que le déficit des retraites, pour l'instant, n'a jamais été aussi catastrophique qu'on nous l'avait annoncé. En 2023, les caisses étaient même bénéficiaires. Vous voyez ce qu'on oublie souvent de dire. Mais une fois encore, avant l'effet de la natalité, et ça peut arriver parce qu'en moyenne, les couples français veulent 2,3 enfants et ils n'en ont que 1,7. Donc, effectivement, créer un univers fiscal bénéfique pourra les aider à avoir des enfants, en tout cas, qu'ils ne craignent pas le côté matériel.
En revanche, créer des emplois en France, ça, on peut le faire très vite. Vous parliez tout à l'heure du besoin de réarmement qui pourrait justifier qu'on sabote les retraites pour payer nos industries de l'armement. C'est l'inverse qu'il faut voir. Créer des emplois dans l'industrie de l'armement, ça veut dire plus de cotisations et ça veut dire, du coup, financer nos caisses de retraite. Il faut voir les choses de manière positive, réindustrialiser la France. Ça veut dire, c'est vrai, remettre en question le système mondialiste dans lequel Emmanuel Macron et ses prédécesseurs nous ont plongé.
Merci Laurent Jacobelli. Merci à vous. Merci député de Moselle et porte-parole du Rassemblement National.
Laurent Jacobelli