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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 3 juin 2015 8 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportInstitutions & élections

Lancement du Collectif Culture-Libertés : Intervention de Sébastien Chenu

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:44PrésentateurFait
    « La gauche a ainsi délaissé les intellectuels, la bataille d'Isée, abaissé les niveaux, massacré l'éducation, bichonner les copains et enterrer les problèmes »
  • 2:53PrésentateurFait
    « la droite bidouiller les autorités de régulation, les systèmes de financement, désorganiser les filières professionnelles »
  • 3:01PrésentateurFait
    « ranger au magasin des accessoires les thématiques de l'identité, de l'héritage culturel et de l'ambition »
  • 3:14PrésentateurFait
    « Copinage, scandale, inaction, rien qui ne tire notre pays vers le haut »
  • 6:01PrésentateurFait
    « Marine Le Pen a depuis longtemps défendu, à travers le concept de préférence nationale, c'est-à-dire celui d'exception culturelle, les intérêts des créateurs, des auteurs, des artistes français »
  • 6:16PrésentateurFait
    « Comme en économie, la défense de nos intérêts culturels passe par la protection concrète de ceux-ci »
  • 6:44PrésentateurPromesse
    « Réformer le CNC, qui nous va passer du statut de débiteur de subvention à celui de coproducteur »
  • 6:50PrésentateurPromesse
    « Maintenir un statut d'intermittent, le réformant réellement »
  • 7:06PrésentateurPromesse
    « se pencher sur la création d'un ordre professionnel des journalistes »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Mesdames, Messieurs, chers amis, chère présidente, chère Marine Le Pen, chère Florian Philippot, chère Gilbert Collard, merci d'avoir fait ce déplacement matinal pour le lancement du CLIC du collectif Culture, Liberté et Création ce matin. Avant de vous dire quelques mots, quelques remerciements d'usage, je tiens toujours à remercier celles et ceux qui, parfois dans l'ombre, œuvrent avec beaucoup de dynamisme pour la création de ces collectifs. J'aimerais, elle est talentée, mais en tous les cas, lui envoyer un signe amical.

Je tiens toujours à remercier Mathilde Androuet, qui s'est beaucoup investie dans la création et l'organisation de cette journée, Jean-Claude Bollet, Bertrand et Marie-Amélie du Taille de la Rochère, Jean-Dane Bardella, Philippe Martel, Jean-Richard Sulzer, Kari Mouchik et Jean-Yves Narquin, qui ont été à la manœuvre durant ces semaines et ces mois derniers. Et puis, évidemment, remercier Dorian Philippot, le vice-président du Front National. Et puis, celui sans qui ce collectif n'existerait pas, puisqu'il en est à l'initiative. C'est un homme politique, mais c'est surtout aussi un homme de culture. Quand on a écrit le dictionnaire de la langue de con, on est forcément un homme de culture.

C'est le député Gilbert Pellard, qui nous fait l'inviter d'être présent et qui, j'espère, viendra nous dire quelques mots juste après cette courte intervention. Avant de commencer, j'aimerais également vous délivrer un message. Je vous dirai de qui il est à la fin, après l'avoir lu. C'est un message que nous avons reçu d'une personnalité que l'ensemble des Français connaissent. Pas 99% des Français, mais 100% des Français connaissent. Et qui commence par ces quelques mots en guise d'ouverture de nos travaux. Mes chers amis, merci pour la création de ce collectif culture, car il est grand temps de rendre à la culture la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

Je félicite tous ceux qui vont participer à ce beau projet, dont je suis extrêmement fier. Bravo et merci. Ce petit mot tout à fait sympathique et amical, il est signé, et on pourra, je crois, l'applaudir de Brigitte Bardot, qui nous envoie ce message d'amitié et de soutien. Après l'éducation, l'entrepreneuriat, l'écologie, nous voici aujourd'hui rassemblés pour nous investir sur la culture et la création. Souvent présentée, évidemment, comme une chasse gardée de la gauche et de la bien-pensance, de la sphère mondialisée, et souvent otage, malheureusement, de quelques-uns.

La politique culturelle n'a que rarement questionné le président de la République, n'a jamais mobilisé l'énergie des partis politiques, et n'a souvent reçu qu'un vague regard méprisant des élus, considérant que la culture ne rapporte rien en termes électoraux et coûte beaucoup en termes financiers. La gauche a ainsi délaissé les intellectuels, la bataille d'Isée, abaissé les niveaux, massacré l'éducation, bichonner les copains et enterrer les problèmes, laissant la droite bidouiller les autorités de régulation, les systèmes de financement, désorganiser les filières professionnelles et ranger au magasin des accessoires les thématiques de l'identité, de l'héritage culturel et de l'ambition.

Que retiendront les Français du passage au ministère de la Culture, de Mme Pellerin, Philippe Etty ou de M. Mitterrand ? Copinage, scandale, inaction, rien qui ne tire notre pays vers le haut. Qui aujourd'hui dans notre pays porte l'exigence de débats, d'échanges et de propositions ? Finkielkraut, Houellebecq, Zemmour, Onfray, Gallo, Gulli, Polonie, Tillinac, Lévy, Maffezoli, Max Neff ? Et qui aujourd'hui dans notre pays pose les constats et propose des solutions intellectuelles et philosophiques aux multiples crises que traversent notre pays, les mêmes bien souvent ? Et bien souvent, leurs analyses convergent avec les nôtres.

Bien souvent, les intellectuels français débroussaillent des territoires que les patriotes, que Marine Le Pen, transforment en offres politiques. Cela n'est en rien du haut hasard. Parce que ces intellectuels, aux parcours divers, aux engagements parfois antagonistes, ont comme nous les yeux ouverts sur notre pays, car guidés uniquement par l'idée de liberté et parce qu'ils s'adressent à tous, sans aucune distinction et sans avoir la volonté de plaire à tout prix. Oui, chers amis, la bataille intellectuelle, la bataille culturelle est en train d'être gagnée et elle précède toujours la bataille et la victoire politique.

Alors, sans demander à personne de se porter caution ou de s'afficher à nos côtés, nous connaissons trop le prix à payer pour ceux qui pourraient oser, nous faisons simplement à ces intellectuels, à ces artistes, à ces créateurs, de continuer à ouvrir les débats que les politiques fuient et à demeurer libres. Quant à nous, qui faisons de la politique, nous nous chargerons de rétablir dans les actes, les priorités, les propositions, les réformes, les ambitions, tout ce qui pourra dans notre pays libérer et faire vivre la culture, notre culture. Car c'est sous le sol de la liberté que nous plaçons nos travaux.

Liberté d'expression, liberté numérique, liberté d'action, de choix, de création, pour lutter contre tous les renoncements, pour lutter contre les habitudes, le copinage, les oublis, les déséquilibres et les lâchetés, qu'est-ce qu'aujourd'hui notre pays, comme l'écrivait Girodou dans la guerre de Troie, a considéré son paysage culturel comme jadis les grands, contemplaient les catastrophes depuis une terrasse. Alors, nous ne nous résignons pas, nous travaillons et nous rassemblons. Nous rassemblons des professionnels de la culture.

Ils sont présents ici, j'aurai le plaisir de présenter l'équipe dans quelques minutes, créateurs, artistes, chorégraphes, cinéastes, producteurs, intermitents, écrivains, guides, conférenciers, conservateurs, enseignants, hauts fonctionnaires, universitaires, musiciens, journalistes. Nous rassemblons au sein de notre collectif des profils variés, enthousiastes et passionnés. Beaucoup d'entre eux, pour beaucoup d'entre eux, exagissent un premier engagement, uniquement guidé par la volonté de participer à la construction d'un projet crédible et ambitieux pour la France.

Si la liberté est le fondement même de la bataille que nous voulons mener pour la culture, il est important aussi de constater que sur ce sujet, comme sur de nombreux d'autres, Marine Le Pen a depuis longtemps défendu, à travers le concept de préférence nationale, c'est-à-dire celui d'exception culturelle, les intérêts des créateurs, des auteurs, des artistes français, que personne n'oserait plus aujourd'hui contester. Car ceux qui nous gouvernent depuis longtemps le savent. Comme en économie, la défense de nos intérêts culturels passe par la protection concrète de ceux-ci.

Alors, les chantiers seront nombreux, et nous les ouvrirons les uns après les autres, sans tabou, sans ascenseur à renvoyer à personne. La défense du patrimoine, bien sûr, auquel les Français sont si attachés, faire sortir les collections des réserves, développer le mécénat populaire, équilibrer les choix entre patrimoine et création, cette même création qui alimente le patrimoine de demain. Réformer les fracs, dont le but n'est pas de faire plaisir aux copains. Réformer le CNC, qui nous va passer du statut de débiteur de subvention à celui de coproducteur.

Maintenir un statut d'intermittent, le réformant réellement, et en réaffirmant sa nécessité pour un certain nombre de professionnels du spectacle vivant. Permettre la liberté réelle sur Internet, et une juste rémunération des auteurs, réformer le CSA, France Télévisions, Radio France, et se pencher sur la création d'un ordre professionnel des journalistes. Vous le voyez, les chantiers ne vont plus pas. Il ne s'agit pas aujourd'hui d'apporter des réponses à l'ensemble de ces sujets, mais d'ouvrir ces chantiers qui nous semblent prioritaires. Vous l'avez compris, nous nous sentons légitimes et porteurs d'espoir sur ces sujets.

Nous ne nous laisserons pas enfermer dans une quelconque caricature, celle dressée par ce journaliste qui m'appelait il y a quelques jours, d'un grand quotidien, pour me dire, « Mais si vous arrivez au pouvoir, quel sera le premier musée que vous allez fermer ? » Drôle de conception, ou drôle d'idée qu'on se fait de nous, alors que nous ne sommes ni censés ni idéologues. Au contraire, nous ouvrirons portes des fenêtres pour faire découvrir et défendre ce qui constitue notre identité et notre fierté. Nos compatriotes, lassés des gabegies, écœurés des copinages, attristés de l'abandon de pans entiers de notre culture, entendront alors notre cri, celui de la liberté.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde, mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. C'était Albert Camus, et c'est ainsi que je conclurai mon propos.