Avec les forces spéciales de l'Armée de l'air
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on sait qu'on est fait pour ça ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Même ça, vous le simulez ? Un blessé, un mort ? Vous vous entraînez à ça ?
- 2:25OuverteRéponse directe
À quoi ça sert de faire ce genre d'exercice et de simuler ce genre d'opération ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que c'est important de couvrir les corps des morts ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Les simulations de tir, c'est quoi ? C'est des balles à blanc ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Vous vivez ensemble, vous vous entraînez ensemble. Est-ce que ça participe aussi de votre efficacité quand vous êtes sur le terrain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurFait
« le CPA10 ou commando parachutiste de l'armée de l'air numéro 10 est l'une des unités de force spéciale de l'armée française, composée de soldats d'élite. »
- 0:22InvitéFait
« Tant qu'on ne s'est pas fait tirer dessus, on ne sait pas. »
- 0:30InvitéFait
« On peut aller mener des actions, prendre du renseignement. »
- 0:30InvitéFait
« Y aller en parachute, c'est comme prendre le métro pour aller à ton travail. »
- 1:33InvitéFait
« Alors ça sera une charge d'exercice. »
- 1:34InvitéFait
« Il n'y aura que le boom. »
- 1:36InvitéFait
« Il n'y aura pas de projection. »
- 1:37InvitéFait
« La vitre ne va pas exploser. »
- 1:55InvitéFait
« il y a un des preneurs d'otages qui va commencer à tirer et va blesser un otage. »
- 1:58InvitéFait
« Et en même temps, il va tuer un autre otage. »
- 2:21InvitéFait
« Exactement. On s'entraîne à ce qu'on appelle en fait un triage. »
- 4:31InvitéFait
« C'est comme du paintball, c'est des balles de peinture. »
- 4:40InvitéChiffre
« Ça fait 11 ans que je suis dans ce groupe. »
- 5:29InvitéFait
« On ne veut pas des têtes brûlées, en fait, chez les forces spéciales françaises. »
- 5:48InvitéChiffre
« On est une fois par an déployés à l'étranger pendant 4 mois. »
Temps de parole
- Présentateur40 %
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- Invité 38 %
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Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Saut en parachute, libération d'otages, opération antiterroriste, le CPA10 ou commando parachutiste de l'armée de l'air numéro 10 est l'une des unités de force spéciale de l'armée française, composée de soldats d'élite.
Si ce n'est pas fait pour vous ce genre de métier-là, il ne faut pas venir.
Comment est-ce qu'on sait qu'on est fait pour ça ?
Tant qu'on ne s'est pas fait tirer dessus, on ne sait pas.
Il y a quelques semaines, l'armée de l'air m'a proposé de les suivre lors d'une journée d'entraînement.
On peut aller mener des actions, prendre du renseignement. Y aller en parachute, c'est comme prendre le métro pour aller à ton travail.
Alors sur le papier, ça fait un peu peur, mais évidemment, j'ai dit oui. Et ça donne ça. La journée commence avec une simulation de libération d'otages.
Elle a aussi légère, mais elle a tellement peur qu'on se la fait mieux. Elle n'a pas dormi cette nuit et ça n'est pas si...
C'est archi faux, j'ai très bien dormi pour le coup. Pas du tout. On verra avant de sauter, mais là, ça va.
Oui, il y a du vent qui sève là.
Ça, c'est pas sympa par contre. Déstabiliser l'adversaire avant, c'est pas très cool.
Je suis Dixon. Je fais partie de l'armée de l'air et de l'espace depuis bientôt 17 ans. Ce matin, mon rôle, c'était de mettre en place le scénario pour que chacun ait son rôle à jouer. Ça colle à la réalité de nos opérations. L'équipe, donc l'A11 Alpha, qui sont spécialisées dans tout ce qui est contre-terrorisme et libération d'otages, vont arriver de l'extérieur. Ils vont positionner la colonne d'assaut ici. Le spécialiste en effraction va poser une charge sur la porte directement. Alors ça sera une charge d'exercice. Il n'y aura que le boom. Il n'y aura pas de projection. La vitre ne va pas exploser. Ça sera juste un petit boom, ce qu'on appelle un détopper. Voilà.
Ça va initier en fait l'assaut d'urgence pour aller libérer les otages. Au moment où en gros la colonne d'assaut va arriver, il y a un des preneurs d'otages qui va commencer à tirer et va blesser un otage. Et en même temps, il va tuer un autre otage. Ce qui va permettre en fait aux médics du groupe de pouvoir travailler en fait sur le scénario.
Même ça, vous le simulez ? Un blessé, un mort ? Vous vous entraînez à ça ?
Exactement. On s'entraîne à ce qu'on appelle en fait un triage. C'est des procédures qu'on a.
À quoi ça sert de faire ce genre d'exercice et de simuler ce genre d'opération ?
D'aller au plus proche de la réalité pour aller chercher l'excellent. Donc là, il y a un choc hémorragique. Et donc là, l'idée, c'est d'arrêter les fuites. Donc à l'aide de garrots, de pansements compressifs, etc. de packing. Et de venir combler le volume sanguin perdu. Pour les opérateurs, ça aide à gagner en aisance dans le geste. Je te préviens, ça risque de piquer un petit peu. Là, il s'exerce dans un cadre dégradé. Donc dans l'inconfort, à genoux. Donc là, il ne se retrouve pas dans une belle salle d'hôpital, on va dire, éclairé, sans bruit, etc.
Dans le cadre d'une vraie opération sur le terrain, il y a un facteur stress qui est impossible à imiter en entraînement.
De stress, de fatigue. Les conditions ne seront pas à 100% réelles, mais on s'en rapproche.
Quand on découvre ce genre de simulation, ça peut surprendre, parce qu'on va très loin dans le détail. Mais répéter encore et encore ces situations, ça permet aux membres du commando d'acquérir des réflexes, de ne presque plus réfléchir à leurs gestes et de pouvoir les reproduire instinctivement dans des situations de stress maximale en zone de conflit.
Comme ça pour l'instant, tu ne bouges pas.
Là, vous avez pris le temps de couvrir les corps des morts. Pourquoi est-ce que c'est important ?
Quand on a un otage qui est blessé, psychologiquement, il est dans un état qui est très perturbant pour lui. Il a potentiellement des morts autour de lui, que ce soit des preneurs d'otages ou même des otages. Il y en a déjà assez avec ce qu'il vient de vivre. Là, ce qui est important, en fait, ça va être de recouvrir les visages, les blessures, le corps tout simplement de la personne pour éviter d'accumuler encore plus ces effets psychologiques. Une fois que les otages sont sains et saufs, une fois qu'ils sont médicalisés, en fonction de la situation, on peut avoir au niveau du commandement l'autorisation d'aller capturer, voire neutraliser le terroriste qui sera à l'étage.
Et en fonction de la situation, s'il a lâché son arme, là, on fera une capture. Par contre, s'il veut en découdre, là, forcément, il y aura neutralisation.
Les simulations de tir, c'est quoi ? C'est des balles à blanc ?
C'est comme du paintball, c'est des balles de peinture. Est-ce que vous avez un impact, là ? Ça fait 11 ans que je suis dans ce groupe. C'est un peu une deuxième famille. Je passe plus de temps avec mes frères plutôt que ma famille dans le civil.
Vous vivez ensemble, vous vous entraînez ensemble. Est-ce que ça participe aussi de votre efficacité quand vous êtes sur le terrain ?
C'est hyper important et c'est primordial. Et c'est ce qu'on dit régulièrement aux jeunes qui veulent intégrer le stage Beluga, donc du coup, pour intégrer le commando parachutiste de l'air numéro 10. On leur dit le premier jour, ne vous mentez pas à vous-même. Tout simplement parce que si à un moment ou à un autre, la personne n'est pas faite pour ça, il va mettre en danger sa vie et celle des opérateurs dans son futur groupe Action. Si ce n'est pas fait pour vous, ce genre de métier-là, il ne faut pas venir, tout simplement. Comment est-ce qu'on sait qu'on est fait pour ça ? Tant qu'on ne s'est pas fait tirer dessus, on ne sait pas comment on va réagir.
Avant le stage Beluga, il y a une sélection qui est faite. Un tri psychologique, un tri physique, notamment. On ne veut pas des têtes brûlées, en fait, chez les forces spéciales françaises. Il faut être patient et il faut être déterminé. Moi, en moyenne, depuis 17 ans, j'ai vu ma famille, on va dire, entre 22 et 26 semaines par an. Parce qu'on a des rythmes assez intenses, avec des entraînements réguliers en France. On est une fois par an déployés à l'étranger pendant 4 mois. C'est cette exigence qui fait la différence sur le terrain.
Une autre conséquence de leur métier, c'est que les opérateurs des forces spéciales doivent rester anonymes. C'est pour ça qu'on ne montre jamais leur visage ou aucun signe distinctif, comme un tatouage, par exemple. Ce n'est pas de la fiction. Si un opérateur était identifié par l'ennemi, il pourrait devenir une source de renseignement, donc une cible. Après la libération d'otages, on enchaîne avec une des spécialités du CPA10, le saut en parachute, évidemment. Là, voilà, je suis équipée. Hop !
C'est normal que ça soit un petit peu lâche.
D'accord.
Parce que dans l'avion, après, on va se serrer et toutes ces sangles, elles vont se réduire. Donc ne t'inquiète pas si il y a...
Je ne suis pas très inquiète pour l'instant, je t'ai... Franchement, je te fais confiance, ça va.
Ça en fait au moins un de nous deux.
Ah non ! Tu fais des trucs comme ça. J'espère que ça ne va pas monter d'un coup, tu vois, en cardio, juste avant de sauter ou je vais faire un truc un peu de panique.
Après, pour ton info, voilà, moi j'ai déjà pris quelqu'un au-dessus d'un pays étranger. Il n'avait jamais sauté en parachute de sa vie, on est parti de nuit.
Ah ouais ?
Avec tout le matos. Ça fait bien passer. Très bien. Après, ce qu'on va faire, c'est que tu vas t'asseoir. Laisse-toi vraiment pendre. Vas-y, vas-y, mets tout ton poids. Encore, encore, encore. Ok, debout. C'est comment ?
C'est bien, ça bouge un peu.
Oui, c'est normal. Alors là, normalement, tu n'entends plus rien. J'entends beaucoup moins. Beaucoup moins, c'est normal. Et ça, ça vient ici. Sauter en parachute, ce n'est pas une mission en soi-même. C'est juste un moyen d'aller la faire. On va au travail. On peut aller mener des actions, prendre du renseignement, libérer des otages. Y aller en parachute, c'est comme prendre le métro pour aller à ton travail.
Ah ouais, attends, c'est lourd le parachute là. C'est énorme.
Celui-là, il fait 35 kilos. Cependant, il peut emporter 300 kilos de charge max. Donc, deux parachutistes. Et leur équipement, c'est tout bon, je suis prêt.
Super, allez. Bon, bah, check. Tu me ramènes vivante ?
Normalement. Mon équipe, c'est une équipe spécialisée en contre-terrorisme et libération d'otages. Et elle est aussi spécialisée dans les sauts à ouverture à très grande hauteur. Donc, les sauts sous oxygène.
L'avion qu'on va utiliser pour aller sauter, c'est un A400M, un des avions stars de l'armée, conçu pour convoyer des hommes et du matériel. Il peut transporter jusqu'à 35 tonnes. Ça représente par exemple deux hélicoptères d'attaque. En fait, je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur ou de stresser parce qu'on sent que c'est des gens qui ont tellement l'habitude de faire ça et qui sont hyper sûrs de ce qu'ils font. Donc, il n'y a pas le temps de stresser. Et puis, ça va à toute vitesse. En fait, à partir du moment où on nous donne le top, on se lève, on avance et puis on saute. Il faut vraiment se laisser tomber dans le vide, pas trop réfléchir.
Et puis après, une fois que le parachute est déplié, on se laisse porter, on vole. C'est fou. C'était fou.