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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 13 octobre 2020 6 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Philippe Martin : "La priorité serait d'aider les ménages les plus modestes"

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Bonjour Philippe Parnin.

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Et d'où vient cet argent ? C'est quoi ? C'est de la non-consommation ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Ce sont quoi ? C'est des dépenses liées aux loisirs qui n'ont pas eu lieu ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Et comment on l'explique, ça, que ce ne soit pas investi, qu'il n'en profite pas pour l'investir ?

  • 2:57OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous avez une idée de cet endettement ? Dans quelle proportion ? Est-ce que ce sont de fortes sommes ? Pour quel type de crédit, par exemple ?

  • 3:32OuverteRéponse directe

    Et là, vous dites qu'il faut faire un geste pour les aider ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueChiffre
    « ce qu'on a constaté, c'est qu'en effet, cette épargne a été assez concentrée, très concentrée même sur les 20% des Français qui ont un niveau de vie le plus élevé. »
  • 0:38Invité politiqueChiffre
    « En gros, presque 70% de toute cette épargne, des 50 milliards dont vous avez parlé, a été faite par ces 20% les plus riches. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « Oui, on a tous quand même fait cette expérience, et là c'est vrai pour tous les ménages, cette expérience que pendant le confinement, on a réduit notre consommation, et donc il y a eu ce surcroît d'épargne. »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « il y a eu aussi une baisse du revenu, et donc ils n'ont pas pu, et c'est ce qu'on voit sur, en revanche, les 20% les plus pauvres, ils n'ont pas pu constituer une grosse épargne. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « pour les ménages qui sont les plus aisés, en effet, c'est par exemple le restaurant, la culture, le cinéma, les voyages. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « il y a eu assez peu de pertes de revenus, et donc ça a constitué une épargne, qui est surtout d'ailleurs une épargne liquide sur des comptes courants. »
  • 3:10Invité politiqueFait
    « Non, ce n'est pas des fortes sommes, mais l'opposition, elle est très claire quand même. C'est que d'un côté, vous avez beaucoup épargné, et de l'autre, en gros, c'est soit un peu de désépargne ou rien du tout, en fait. »
  • 3:42Invité politiquePromesse
    « la priorité, c'est certainement dans les semaines et dans les mois qui viennent, c'est en effet d'aider davantage les ménages modestes. »
  • 4:46Invité politiqueFait
    « au mois de juin et juillet, il y a eu un rebond très fort de la consommation après les mois de confinement. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Ce qu'on voit, c'est qu'à la fin septembre, il y a un essoufflement. »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « Si la consommation diminue, ça signifie que pour les commerçants, mais ensuite pour toute la production, il va y avoir peu de demandes, peu de débouchés. »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « Et donc ça, c'est le cercle vicieux qu'il faut absolument éviter. C'est-à-dire que quand la consommation ne se fait pas, les entreprises vont décider de ne pas embaucher ou même de débaucher. »
  • 5:48Invité politiqueFait
    « On était à des niveaux certes en dessous de la normale, mais qui revenaient assez rapidement vers la normale. »
  • 5:54Invité politiqueChiffre
    « On est aujourd'hui en gros en dessous de l'activité à un niveau de 5% et on stagne. »
  • 6:07Invité politiqueFait
    « Et ce qu'il ne faut pas, c'est que ces conditions sanitaires qui se dégradent génèrent une baisse de la consommation, une épargne qui a encore davantage de précaution. »

Temps de parole

  • Philippe Martin77 %
  • Présentateur23 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, quasiment 50 milliards d'euros, joli pactole mis de côté par les Français depuis le confinement, en plus de leur épargne habituelle. Mais d'où vient cet argent ? Le Conseil d'analyse économique a enquêté. Bonjour Philippe Parnin. Bonjour. Vous êtes le président délégué du CAE, c'est un cercle de réflexion rattaché à Matignon. J'ai dit les Français, mais je devrais dire plutôt des Français, car tout le monde n'a pas épargné.

0:24
Philippe Martin

Oui, ce qu'on a constaté, c'est qu'en effet, cette épargne a été assez concentrée, très concentrée même sur les 20% des Français qui ont un niveau de vie le plus élevé. En gros, presque 70% de toute cette épargne, des 50 milliards dont vous avez parlé, a été faite par ces 20% les plus riches.

0:48
Présentateur

Et d'où vient cet argent ? C'est quoi ? C'est de la non-consommation ?

0:51
Philippe Martin

Oui, on a tous quand même fait cette expérience, et là c'est vrai pour tous les ménages, cette expérience que pendant le confinement, on a réduit notre consommation, et donc il y a eu ce surcroît d'épargne. En revanche, ce qui est vrai aussi, c'est que pour un certain nombre de ménages, il y a eu aussi une baisse du revenu, et donc ils n'ont pas pu, et c'est ce qu'on voit sur, en revanche, les 20% les plus pauvres, ils n'ont pas pu constituer une grosse épargne. Donc ils se retrouvent aujourd'hui dans une situation qui est plus complexe.

1:29
Présentateur

On va parler des plus modestes juste après, je voudrais qu'on reste quand même dans la fourchette haute, donc c'est ces Français les plus riches qui ont lourdement épargné depuis le confinement. Ce sont quoi ? C'est des dépenses liées aux loisirs qui n'ont pas eu lieu ?

1:43
Philippe Martin

Oui, pour les ménages qui sont les plus aisés, en effet, c'est par exemple le restaurant, la culture, le cinéma, les voyages. En fait, ce sont toutes les dépenses qui ont été contraintes, qui n'ont pas pu être faites pendant le confinement, et il y a eu assez peu de pertes de revenus, et donc ça a constitué une épargne, qui est surtout d'ailleurs une épargne liquide sur des comptes courants. Ce n'est pas tellement une épargne qui investit, par exemple sur des comptes titres, sur des actifs risqués dans la bourse, etc.

2:13
Présentateur

Et comment on l'explique, ça, que ce ne soit pas investi, qu'il n'en profite pas pour l'investir ?

2:19
Philippe Martin

Parce que toute la question, et je pense que c'est une des questions qui va être importante dans les mois qui viennent, c'est qu'est-ce qu'on fait de cette épargne ? Il se peut en effet que, si la condition sanitaire se remette à être bonne, que cette épargne soit dépensée. Et donc la plupart des ménages ne veulent pas avoir une épargne qui soit trop difficile, soit à dépenser, soit... Donc il y a beaucoup d'incertitudes, on le voit bien, que ce soit d'un point de vue économique ou d'un point de vue sanitaire. Et donc la plupart des ménages préfèrent avoir cette épargne à disponibilité très facilement.

2:53
Présentateur

Alors de l'autre côté du spectre, on l'a évoqué, il y a les ménages modestes, qui eux, n'ont pas du tout épargné, qui même se sont endettés. Est-ce que vous avez une idée de cet endettement ? Dans quelle proportion ? Est-ce que ce sont de fortes sommes ? Pour quel type de crédit, par exemple ?

3:10
Philippe Martin

Non, ce n'est pas des fortes sommes, mais l'opposition, elle est très claire quand même. C'est que d'un côté, vous avez beaucoup épargné, et de l'autre, en gros, c'est soit un peu de désépargne ou rien du tout, en fait. Donc ce n'est pas des fortes sommes, mais la contradiction est en gros entre zéro et une grosse partie de ces 50 milliards.

3:32
Présentateur

Et là, vous dites qu'il faut faire un geste pour les aider ?

3:36
Philippe Martin

Alors nous, on ne fait pas de recommandations dans cette note, mais ce que ça suggère en effet, c'est que la priorité, c'est certainement dans les semaines et dans les mois qui viennent, c'est en effet d'aider davantage les ménages modestes. Il peut y avoir des situations extrêmement différentes. Ça peut être des jeunes étudiants qui n'ont pas pu travailler cet été, ça peut être des personnes qui étaient à plein temps et qui passent à mi-temps, etc. Et d'ailleurs, le gouvernement a annoncé qu'il allait prendre des mesures sur le plan pauvreté, sur un certain nombre de ses cibles, disons, de ménages modestes.

4:15
Présentateur

Votre étude va jusqu'à fin août. Est-ce que vous avez quand même quelques données un peu plus récentes ? Est-ce que vous avez l'impression que la consommation est repartie depuis la rentrée ?

4:26
Philippe Martin

Ce qui est original dans ces données, c'est qu'on utilisait des données de cartes bancaires. C'est la première fois qu'on fait ça en France et de comptes bancaires aussi. Alors au niveau agrégé, sur l'ensemble des Français, on va jusqu'à la fin septembre. Et en effet, ce qu'on voit, c'est qu'au niveau de la consommation qui s'est très très bien tenue, au mois de juin et juillet, il y a eu un rebond très fort de la consommation après les mois de confinement. Ce qu'on voit, c'est qu'à la fin septembre, il y a un essoufflement. Et l'essoufflement, il vient bien entendu du fait que les conditions sanitaires se dégradent à nouveau.

Et donc là, il y a en effet un problème qui n'est pas simplement un problème d'inégalité, c'est un problème macroéconomique si la consommation vient à s'essouffler.

5:09
Présentateur

C'est-à-dire ? Ça peut avoir quel effet sur l'économie du pays ?

5:15
Philippe Martin

Si la consommation diminue, ça signifie que pour les commerçants, mais ensuite pour toute la production, il va y avoir peu de demandes, peu de débouchés. Et s'il y a peu de débouchés, ça peut avoir un impact évidemment sur les décisions d'embauche, sur les décisions d'investissement. Et donc ça, c'est le cercle vicieux qu'il faut absolument éviter. C'est-à-dire que quand la consommation ne se fait pas, les entreprises vont décider de ne pas embaucher ou même de débaucher. Et donc on rentre dans une récession encore plus grave. Donc on espérait, et on l'a bien vu dans les mois d'été où l'activité repartait fortement.

On était à des niveaux certes en dessous de la normale, mais qui revenaient assez rapidement vers la normale. On est aujourd'hui en gros en dessous de l'activité à un niveau de 5% et on stagne. Et donc la reprise est en train de s'essouffler à cause de ces conditions sanitaires qui se dégradent. Et ce qu'il ne faut pas, c'est que ces conditions sanitaires qui se dégradent génèrent une baisse de la consommation, une épargne qui a encore davantage de précaution, disons pas tellement une épargne qui a été contrainte comme pendant le confinement. Et ça, c'est le cercle vicieux qu'il faut absolument éviter.

6:23
Présentateur

Merci Philippe Martin, président délégué du Conseil d'analyse économique. Vous étiez l'invité du 5-7.