Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 22 juin 2020 87 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & familleJustice

NOUS DEVONS ÊTRE DES POLICIERS RÉPUBLICAINS ET NON DES MERCENAIRES

Source d'origine 8 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 41 %Attaque 42 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous enregistré cette lettre ouverte ?

  • 3:07OuverteRéponse directe

    Vous craignez une privatisation du corps policier ?

  • 9:14OuverteRéponse directe

    Pourquoi on en est arrivé là dans le syndicalisme policier ?

  • 18:30OuverteRéponse directe

    Les syndicats de police ont une histoire, mais aujourd'hui ?

  • 24:18OuverteRéponse directe

    Vous pouvez résumer la géographie du syndicalisme policier ?

  • 28:08OuverteRéponse directe

    Sur les deux blocs syndicaux, comment les définiriez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:23Locuteur 5Fait
    « Le bilan sera lourd : 9 morts, la plupart sont des militants communistes, 50 blessés graves et 250 blessés légers. »
  • 19:20Invité politiqueChiffre
    « Nous avons réalisé 54% sur le SGAB de Paris. »
  • 30:50Invité politiqueChiffre
    « il y a 800 000 interpellations, je crois, à peu près par an. »
  • 31:10Invité politiqueChiffre
    « on n'arrive même pas à un pourcent, sauf que c'est un pourcent de trop. »
  • 31:19Invité politiqueChiffre
    « il y a, je crois aujourd'hui, 30 révocations à peu près par mois en conseil de discipline à Paris, ce qui est quand même énorme. »
  • 35:46Invité politiqueFait
    « les collègues qui ont été accusés d'avoir sodomisé, etc. »
  • 36:57Invité politiqueFait
    « il est innocenté. »
  • 46:53Invité politiqueFait
    « le problème crucial de la formation, c'est la table catastrophe. »
  • 47:42Invité politiqueFait
    « toute la notation du policier repose, et c'est un problème sur lequel, moi, en tout cas, il doit se passer depuis des années, repose non pas sur la qualité du travail qu'il fait, mais sur la quantité du travail qu'il fait. »
  • 48:22Invité politiqueFait
    « c'est le système américain, mais ce n'est pas le système français, ce n'est pas un système républicain. »
  • 52:35Invité politiqueFait
    « le « new management » qui a fait des ravages à France Télécom. »
  • 52:47Invité politiqueChiffre
    « il a, sur son mur linge, pratiquement près de 1000 ou 1200 procédures judiciaires en instances qu'il ne peut pas traiter parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faire. »
  • 54:40Invité politiqueFait
    « malheureusement, porte une responsabilité et une lourde responsabilité dans le suicide du collègue. »
  • 55:40Invité politiqueFait
    « le service public de sécurité, il doit être attractif, comme tous les services publics. »
  • 57:10Invité politiqueChiffre
    « Il pèse, excusez-moi, il pèse 0,8 ou 1%. »
  • 57:25Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, quand vous avez une organisation qui représente 0,08, etc., qui prend en plus des positions courageuses, bon, qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce que vous voulez, les… Ça n'accroche pas derrière »
  • 1:01:30Invité politiqueFait
    « Les policiers, vous savez, ils sont soumis à un droit de réserve. »
  • 1:03:50Invité politiqueFait
    « Il faut simplement dire que la police est issue du peuple et qu'elle n'a pas à se dissocier du peuple. »
  • 1:04:39Invité politiqueFait
    « on ne se contentera pas de sous-coudrage, on ne se contentera pas de primes. »
  • 1:04:53Invité politiqueChiffre
    « on va s'amener 22 000, 23 000 personnes dans la rue. »
  • 1:07:50Invité politiqueChiffre
    « ils sont minoritaires. »
  • 1:08:21Invité politiqueFait
    « un mec qui tient des propos racistes, il n'y a pas à faire de raisonnement. Tu as tenu des propos racistes, tu n'as rien à foutre chez nous. »
  • 1:10:31Invité politiqueFait
    « Soit les prochaines élections professionnelles auront lieu en fin de l'année prochaine, si c'est avancé, ou alors en début de l'année 2022. »
  • 1:13:49Invité politiqueFait
    « les policiers avaient demandé dans le cadre du 20e de l'Ordre aussi de ne pas aller au contact, il fallait conserver cette vieille tradition du 20e de l'Ordre de conserver les manifestants. »
  • 1:14:30Invité politiqueFait
    « les policiers ne sont pas fatigués, oui, ils sont fatigués physiquement, mais pas moralement. »
  • 1:17:09PrésentateurChiffre
    « plus la moitié des policiers votent FN »
  • 1:17:24Invité politiqueFait
    « ils ont viré le pauvre Delpuech. »
  • 1:21:03Invité politiqueFait
    « arrêtons ce massacre »
  • 1:21:06Invité politiqueFait
    « arrêtons de montrer une telle image de la profession »
  • 1:22:56Invité politiqueFait
    « C'est une doctrine de guerre, c'est une doctrine militaire »
  • 1:23:03Invité politiqueFait
    « les missions qu'on appelle les munitions universelles ont été changées à la CST »
  • 1:25:34Invité politiqueFait
    « on emploie du matériel de guerre parce que c'est du matériel de guerre »
  • 1:26:00Invité politiqueFait
    « ce n'est certainement pas celui qui a été exposé par le préfet allemand au Sénat qui doit être de mise »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Présentateur30 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Tout peut arriver, présenté par Denis Robert. Nous devons être des policiers républicains et non des mercenaires. Avec Jean-Louis Arajol.

0:16
Invité politique

Bonsoir à toutes et bonsoir à tous. Je prends la parole aujourd'hui d'abord à mon nom propre, en cette veille de déconfinement, de début de déconfinement, à mon nom propre en tant qu'ancien syndicaliste policier qui a eu l'honneur d'être secrétaire général du syndicat général de la police, le SGP, et de la fédération autonome des syndicats de police, la FASP. Mais je prends aussi la parole au nom de nombreux collègues avec lesquels je suis en contact, en activité. Notamment avec des collègues qui font partie, comme moi, du collectif que nous avons créé ensemble en 2017, collectif qui se nomme police, république et citoyenneté. Cette prise de position, aujourd'hui, est hélas indispensable.

Car il en va du caractère républicain de la police nationale. Sans elle, sans police républicaine. Il n'y a pas, il n'y a plus de démocratie.

1:30
Présentateur

Je vous ai rencontré la semaine dernière parce qu'un de mes amis m'a envoyé un lien Facebook où vous lisiez une lettre, une lettre, enfin je l'ai interprétée comme ça, une lettre ouverte qui s'adressait à la fois à la Macronie et à vos collègues policiers. En leur disant en substance, vous n'êtes pas des mercenaires, vous êtes des policiers républicains. Vous existez parce qu'il y a une longue histoire derrière vous. Et moi, avec ma liberté de parole, le moi étant un ancien, on va dire, haut responsable de syndicats policiers, puisque vous étiez jusqu'aux années 2000 secrétaire générale du syndicat général de la police qui était le plus gros syndicat.

Vous avez continué ensuite, vous avez quitté ce syndicat pour continuer à travailler comme policier et vous avez démissionné il y a peu de temps puisque vous avez, je crois, 62 ans. Donc, il y a quoi, il y a deux ans, vous avez quitté le métier ?

2:28
Invité politique

Non, j'ai pris ma retraite anticipée en 2014.

2:32
Présentateur

En 2014, il y a six ans. Ça fait six ans que vous goûtez aux joies de la retraite. Oui. Mais c'est visiblement une retraite très active puisque vous êtes toujours très impliqué, vous avez beaucoup de relations dans la police, vous avez beaucoup d'amis syndicalistes. Et surtout, moi, c'est pour ça que j'ai envie de faire cette émission avec vous. Et cette conversation, c'est que vous avez une parole qui, à mon sens, est pleine de bon sens, mais qui détonne complètement dans le paysage. Et en même temps, il y a quelque chose à vous écouter. Après, je vous donnerai la parole. Je suis peut-être un peu long dans mon introduction.

Mais moi, je suis un citoyen, avant d'être un journaliste, très inquiet quand je vois, on est passé du Bataclan à Camilla Jordana. Et on est passé d'une sorte de policier applaudi à une détestation de la police qui prend des proportions absolument dingues. Et on a le sentiment que plus rien ne pourra arrêter cet incendie qu'il y a dans la maison Poulaga, entre guillemets. Et donc, vous, vous dites, vous avez un message à porter là-dessus. Donc, je voudrais qu'on discute assez largement et très librement sur comment vous voyez cette police, quelles sont les solutions ? Et puis, je vous interrogerai quand je ne comprendrai pas parce que je ne suis pas du tout un spécialiste de la police.

C'est-à-dire, j'ai retenu des noms de syndicats, des choses comme ça, mais je connais assez mal cette matière-là. Donc, voilà. Excusez-moi d'être un peu long, mais je voudrais qu'on commence d'ailleurs sur l'actu. Comment vous avez vécu cette petite actu qui est une chanteuse qui, à mon avis, elle a eu raison de dire ce qu'elle a dit dans le contexte où c'était dit. Elle avait une parole assez libre, mais tout de suite, ça a été un tollé. Vos collègues policiers ont hurlé contre elle, etc. Mais il me semble que cet échange-là, en fait, est emblématique de tout ce qu'on vit,

4:34
Locuteur 6

de tout ce qui se passe depuis quelque temps. Je veux bien que vous contestiez les ordres d'un gouvernement qui demande de taper les manifestants. Ça, oui.

4:41
Locuteur 2

Moi, je ne parle pas des manifestants. Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau.

4:48
Locuteur 6

C'est un fait. Mais en tout cas, ce que je veux dire par là, c'est que ces flics-là, ils sont quand même là fondamentalement aussi pour nous protéger, assurer notre sécurité. Et je ne voudrais pas qu'on l'oublie.

4:56
Locuteur 2

Je suis censé, mais il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic. J'en fais partie.

5:00
Invité politique

Écoutez, déjà, il y a un problème que vous avez soulevé. D'abord, moi, je suis acheté aussi de cet entretien, parce que j'ai beaucoup entendu parler de vous. Alors, qu'est-ce qu'on m'a dit ? Tu vas faire l'entretien avec Denis Robert ? Je me suis dit, est-ce que je vais avoir la carapace assez solide ? Donc, ça va. Redoutable, un flic questionné par Denis Robert, ça ne va pas être de la tarte. Et pourtant, j'en ai fait quelques médias à l'époque. Pour revenir au débat qui nous intéresse, il y a un réel problème que vous avez soulevé. C'est-à-dire qu'en 2015, au moment des attentats, de la vague d'attentats, la police était très populaire.

On se souvient de cette foule à liesse, même en train d'embrasser les policiers. Je veux dire, c'était quelque chose de remarquable. Depuis, avec les événements sociaux qui se sont produits, les deux principaux, c'est-à-dire les gilets jaunes d'abord, et ensuite, les manifestations contre la réforme des retraites, il y a eu des incidents graves. Il y a eu des mâchoires skintées, il y a eu des éborniers, il y a eu des, il faut bien le dire, terribles. Et aujourd'hui, avec en plus les nouvelles technologies, notamment le numérique, il y a des films qui pleuvent sur les réseaux sociaux, souvent, et qui mettent en cause inévidemment les policiers.

Comme les policiers, d'ailleurs, ont parfois tourné aussi des films ou des vidéos qui mettent en cause certains malfrats ou voyous, etc. Moi, je crois que la problématique, c'est la suivante. Vous savez, quand j'étais secrétaire général du SGP, j'ai appris une chose. On n'était pas au syndicat général de la police, pour aller. Notre boulot, c'était d'abord de défendre une certaine image de la police, une image de la police républicaine. Et ça ne consistait pas, le travail de syndicaliste, à s'occuper uniquement des gamelles et des bidons, à faire du corporatisme, à dire à droite et à gauche que l'on couvrait systématiquement quelques actes illégitimes, ou contraires à la déontologie.

Non, on défendait l'image de la police et de l'institution. Ça a toujours été le cas. Depuis la création de notre organisation, on a passé tout au peigne FM, mais depuis la résistance, je rappelle quand même que notre syndicat a été dissous, que nos militants, à l'époque, un bon nombre d'entre eux, ont été torturés, déportés par la Gestapo. Depuis, il y a eu, souvenez-vous, par exemple, cet épisode tragique de Sharon, dans cette manifestation matée par Papon.

7:57
Locuteur 5

19h35, soudain, un cri dans la foule. Ils chargent. Les hommes des brigades spéciales, les compagnies de districts de l'époque, chargent matraques à la main. C'est la panique. Les manifestants se réfugient dans les entrées d'immeubles, dans les cafés, d'autres dans la bouche du métro Sharon. Les hommes, des femmes basculent dans cette bouche de métro sous la pression de la police. Les matraquages se poursuivront dans les couloirs avec une rare sauvagerie. Le bilan sera lourd. 9 morts, la plupart sont des militants communistes, 50 blessés graves et 250 blessés légers.

Aujourd'hui encore, la thèse de la police est celle de la provocation par un commando OAS ayant revêtu des uniformes de la police.

8:37
Invité politique

Donc là, d'ailleurs, quand on a créé les compagnies de districts, eh bien, c'est le secrétaire général du SGP, Jean Chonac, qui, dans une tribune dans l'humanité à l'époque, a pris le contre-pied de cette vision de la police qui avait été utilisée par le préfet Papon. Peu de temps après, il y a eu Gérard Monat avec le préfet Grimaud au moment des événements de 1968. Et là encore, il y a eu cette lettre ouverte du préfet Grimaud qui est appelée une dix escalades de la violence, soutenue et relayée par notre secrétaire général de l'époque, Gérard Monat.

9:14
Présentateur

Je peux me permettre, Jean-Louis, on a l'impression que cette époque est révolue et que c'était presque une sorte de préhistoire. Si vous voulez, ça m'intéresse beaucoup, mais je ne voudrais pas que ce soit une suite de monologues, c'est-à-dire que je me permets de vous interrompre là, parce que je voudrais qu'on revienne, parce que je voudrais effectivement comprendre l'histoire des syndicats de police et qu'on revienne là-dessus. Mais avant, pour qu'on comprenne qui vous êtes et ce que vous faites, je voudrais expliquer pourquoi vous avez enregistré cette lettre ouverte dont on va passer des extraits. Qu'est-ce qui vous a motivé ?

Parce qu'on sent chez vous que ce n'est pas anodin, cet acte de se mettre derrière un micro et de dire ce que vous dites.

9:54
Invité politique

La police républicaine et ses gardiens de la paix doivent agir dans le cadre d'une démocratie renouvelée, conformément à la volonté générale du peuple souverain. Si l'emploi de la force publique, dès lors qu'elle est instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée, eh bien, si l'emploi de la force publique dans ces conditions est bien sûr légal, il doit être aussi légitime. Les policiers républicains ne sont pas des mercenaires. Ils n'acceptent pas et ne doivent pas accepter de percevoir une aumône pour accomplir des actes contraires à la déontologie qui leur est imparti.

Ils n'ont à être ni les boucs émissaires, ni les pompiers du mal-être social, qu'ils subissent également, eux, à titre privé.

10:46
Présentateur

Pourquoi vous l'avez fait et quel est le message que vous voulez faire passer ?

10:50
Invité politique

Je l'ai fait pour la raison que j'évoquais, c'est-à-dire que je l'ai fait dans la pure tradition de ce qu'est pour moi le syndicalisme policier républicain et je l'ai fait parce qu'il faut bien le reconnaître, depuis maintenant des années, il y a un vide à la matière. Bon, il y a eu une dérépublicanisation des organisations syndicales, comme il y a un déficit de république partout, d'ailleurs, et aujourd'hui, pour avoir été consultant d'un syndicat de police encore il y a deux ans, je peux vous assurer qu'il y a des jeunes militants républicains, mais le problème, c'est qu'il n'y a absolument aucune formation politique au sens noble, si vous voulez, de ces militants.

Là, depuis quelque temps, je n'ai eu de cesse que d'avoir beaucoup de copains flics au téléphone, engagés syndicales avant-parlant, maintenant plusieurs syndicats, et je leur ai dit, mais bon sang, bonsoir, il faudrait quand même que vous preniez des positions, certes courageuses, mais il faut les prendre, parce qu'il faut défendre cette image de la police républicaine. Moi, je n'ai pas envie, demain, de nier qu'un flic, il rase les trottoirs parce qu'il est flic. Moi, je n'ai pas envie qu'un flic, ses enfants à l'école, demain, ait honte de dire à mon papa ou à ma maman, ils sont policiers.

Moi, j'ai envie qu'il soit fier d'être flic, et pour qu'il soit fier d'être flic, eh bien, il faut qu'il soit et qu'il évolue dans un métier qui est un noble métier, mais de façon respectable. Il faut être respectable avant d'être respecté. Alors, ce fossé entre la population et la police, ce fossé entre la jeunesse et la police, eh bien, c'est ce fossé-là qu'il faut impérativement combler. Et je, peut-être de façon un peu présomptueuse, mais je me suis dit, il faut absolument que je prenne cette position que je la relaie du mieux que je le pourrais et qu'elle permette peut-être un peu de secouer le bocal et de réveiller les consciences.

12:46
Présentateur

Et donc, c'est comme ça que je l'ai aussi entendu. Et vous me dites si je surinterprète, mais il me semble que dans votre message qui dure une quinzaine de minutes, il y a, parmi les nombreuses inquiétudes que vous avez ou que vous laissez passer, il y en a deux. Il y en a une qui serait que vous craignez une sorte de privatisation du corps policier. Vous parlez de mercenaires au service d'un pouvoir aux abois. Je ne sais pas si c'est les termes que vous utilisez, mais ça ressemble à ça. Effectivement, vous appuyez sur les exemples des Gilets jaunes, etc. Et vous craignez aussi une sorte de, enfin, une lepenisation, on ne parle plus de lepen, mais une fascisation, peut-être le mot.

Quand on voit un certain nombre de prises de parole, y compris de syndicalistes policiers, on peut partager votre inquiétude. Donc, vous prenez la parole parce que vous sentez ces deux dangers-là.

13:37
Invité politique

Tout à fait. Tout à fait, Denis. C'est ce que vous avez très justement dit. Vous savez, moi, à l'époque, excusez-moi de parler de ce que j'ai l'écu, mais c'est révélateur. On n'arrivait pas secrétaire général et monsieur Nicolas comme ça. Moi, quand j'ai commencé mes armes de flic à Paris, c'était Place des Petits Pères sur le deuxième arrondissement qui n'avait de petits pères d'ailleurs que le nom. Et je suis tombé dans un... J'étais tout juste adhérent au syndicat, au SGP, de par son histoire, etc. Et lorsque je suis arrivé là-dedans, quelques jours après, etc., je vois les policiers à l'appel qui font le signe nazi. Donc, j'ai dit, attends, qu'est-ce qui se passe à où je suis tombé ?

14:20
Présentateur

On est en quelle année, là ?

14:22
Invité politique

En État, mais quand je suis en 1950, 1985-1986, voilà. Je venais entre 1985 et 1987.

14:31
Présentateur

À l'époque où ça manifestait sous les fenêtres de Badinter ?

14:34
Invité politique

il y avait cette période-là, mais bon, c'était l'époque où il y avait un syndicat qui faisait beaucoup parler de lui et qui existe encore aujourd'hui, à mon grand détriment, qui s'appelle la FPIP, qui était un syndicat donc classé à l'extrême droite et qui avait des représentants. Et il s'avère que comme par hasard, ça c'est toujours, il faut que ça tombe sur moi, je suis tombé dans le fief de la FPIP. Bon. Et donc, quand j'ai vu ça, bien évidemment, j'ai été heurté. J'étais venu, en principe, j'étais venu aux deux pour constituer et faire partie d'une brigade anticriminalité civile à la demande d'un officier.

Parce que j'étais avant en compagnie d'intervention, j'ai fait un peu tous les services à la FP. Et lorsque je suis arrivé là et que j'ai vu ça, je suis allé en l'officier et je lui ai dit « Mais attendez, c'est quoi ça ceci ? » Écoutez, M. Rajot, j'ai une arrivée, je vous laisse faire venir pour constituer une BAC, pas de vagues, pas d'histoire.

15:27
Locuteur

Je ne sais pas,

15:28
Invité politique

vous voulez ou quoi ? Mec, il faut que j'ai signé une nazie à la peine et il ne faut rien dire.

15:33
Présentateur

Les mecs, on est en 85, c'est des policiers, c'est des gardiens de la paix ? C'est quoi ? C'est des CRS ?

15:40
Invité politique

Non, non, ce sont des gardiens dans une brigade complètement fallocitée par ce syndicat, si vous voulez, sur le deuxième arrondissement à Paris, un commissariat de voie publique.

15:52
Présentateur

Et votre chef vous dit « Pas de vagues » quand vous allez le voir.

15:55
Invité politique

Le commissaire me convoque, il m'appelait Jaurès à l'époque, le commissaire, pour la dégône. Bon, il me convoque et il me dit « Pareil, vous venez d'arriver, pas de vagues, après, l'interview, ça a été, vous savez, si vous commencez comme ça, vous ne pourrez jamais faire partie de la BAC, vous ne pourrez jamais travailler à la BAC. Mais j'ai dit « Écoutez, ce n'est pas grave, je n'irai pas à la BAC. Par contre, si ça se reproduit, je fais un rapport. Et ça s'est reproduit. Je crois même que les collègues à l'époque l'ont fait volontairement. Donc, j'ai fait un rapport et j'ai envoyé tout ce beau monde à l'IGS. À l'époque, il y avait l'IGS encore sur la BEP.

On appelait vulgairement le bœuf-carotte. Et je peux vous dire que j'ai vécu quand même quelques semaines très difficiles. Je me mets à votre place. Je m'appelais la mouche. les collègues les plus gentils ne osaient pas me parler dans les vestiaires de peur de se faire mal voir par les autres, etc., etc., quarantaine. Je crois que d'ailleurs, vous voyez, les cheveux que j'ai perdus, j'en ai perdu un paquet à cette époque-là.

Mais il n'empêche qu'à ce moment-là, il y a un syndicat qui m'a aidé et en particulier le responsable de Paris de l'époque, c'était Richard Charbaudy et le grand patron du syndicat, c'était Bernard Deplace qui m'ont appelé avec le délégué de service du LGP et le délégué de service du LGP, je me rappellerai toujours, il dit à Bernard, oui, tu comprends, c'est un merdant, il vient, il fout la merde en parlant de moi, évidemment, je moussule un peu le truc et de la place, il dit, écoute, Petit, comme ça, il dit au délégué de service, Petit, à partir d'aujourd'hui, tu n'es plus délégué de service, à Rajol, tu prends le mandat de délégué de service. Ah oui, quand même.

Et on va se battre avec toi. Et c'est comme ça que je me suis retrouvé délégué de service sur le deuxième arrondissement. Et donc, pour prendre des raccourcis, les collègues concernés, les meneurs, ont été traduits à un conseil de discipline. Donc, ça a été les premiers à être d'ailleurs sanctionnés par le code de déontologie de la police nationale qui avait été affiché par la demande de JOX à tous les commissariats. Et ces deux pèlerins, eh bien, on les a retrouvés un an après impliqués dans les attentats de Globes et des foyers sur la Côte d'Azur. Donc, vous voyez, le combat, il y en a qui sortent comme des cabris en disant je suis républicain contre les fachos, etc.

Je peux vous assurer que dans la police, ces combats sont menés aussi. Mais ils ne sont pas faciles.

18:28
Présentateur

Alors, justement, ça revient à ce que vous racontiez tout à l'heure. La police et les syndicats de police ont une histoire. Mais aujourd'hui, le citoyen qui regarde sa télévision, les syndicats de police, ce qu'on voit, c'est essentiellement Alliance. Je repère, si je me trompe, vous me dites ça. Et vous, le syndicat que vous représentiez, le syndicat général de la police, était le plus important syndicat. Il représentait quel pourcentage quand vous y étiez en termes de… Écoutez, alors,

19:01
Invité politique

je m'en rappelle très bien. Mon syndicat, à l'origine, était basé uniquement sur le SGAB de Paris, c'est-à-dire à Paris, les trois départements de la Petite Couronne. Et nous nous sommes étendus en province. Six mois avant les élections professionnelles, c'était mes dernières élections, nous avons réalisé 54% sur le SGAB de Paris. C'est un score qui n'a jamais été égalé. et nous avions tenu 20% et quelques sur la promesse.

19:31
Présentateur

Vous étiez le syndicat le plus important et un syndicat de police, ça n'a l'air de rien, mais ça joue un rôle très important en coulisses puisque ça imprime les lois, ça a une influence très importante. C'est pour ça qu'aujourd'hui, quand on n'est pas un initié et quand on n'est pas un journaliste spécialisé dans les problèmes de police, quand on n'est pas d'Alain Dufresne, on a du mal à comprendre on a un sentiment d'éclatement et on a le sentiment qui est quand même assez ancré que les types qui viennent parler à la télé sont la plupart des...

Allez, je vais me lâcher, la plupart des fachos qui essaient de justifier chaque fois les bavures, qui essaient de justifier le rôle de la police pour lutter contre les gilets jaunes et ça participe grandement de cette détestation montante. Et c'est pour ça que des policiers, les seuls que j'ai entendus, mais je ne suis pas tout le temps derrière ma télé, c'est Vigie qui a l'air d'avoir une parole un peu dissonante, mais c'est tout petit.

Je pense à Alexandre Lacroix qui est venu chez nous parler et on a l'impression que tout ce qui existait avant, ce que vous représentiez avec de la place, etc., ça s'est fondu, ça a disparu et que vous avez laissé le terrain à tous ces fachos, à tous ces flics qui, quand vous voyez bien les sondages, je m'excuse de les appeler comme ça, mais à un moment donné, je veux dire, quand je les vois à la télé, quand je vois le type, là j'ai oublié son nom, qui nous explique que le gilet jaune qui a perdu sa main s'est bien fait pour sa gueule, c'est insupportable, ça rend dingue, quand il y a des bavures évidentes, quand il y a des gamins comme Canisso qui meurent dans l'eau, qu'on essaie de justifier encore tout ça, ça crée un climat de haine, et donc c'est pour ça que je vous ai dit que ça fait du bien d'entendre quelqu'un comme vous, mais en même temps, après vous avoir fait ce compliment, j'aimerais comprendre pourquoi on en est arrivé là, qu'est-ce qui s'est passé, y compris au niveau syndical ?

21:35
Invité politique

Moi, je crois que, vous savez, les choses sont simples, après mon départ, donc dans les années 2000, comme vous l'avez souligné, le syndicalisme policier a imposé, des militants qui étaient dans mon équipe se sont retrouvés un peu repartis dans toutes les autres organisations, il y a eu ensuite d'autres secousses, etc., qui ont été opérées, donc le syndicalisme policier vit maintenant depuis quelques années une période de transition, et ce discours auquel nous faisions l'illusion tout à l'heure qui permettait de mettre en avant et en valeur l'image de la police, eh bien, c'est vrai qu'il n'est pas suffisamment évoqué.

Par contre, si je peux me permettre, Denis, je regarde aussi, évidemment, la télé et je regarde les interventions qui parfois me lirissent aussi des syndicalistes policiers, mais il ne faut pas généraliser. Il y a aussi ces policiers qui prennent la parole mais qui, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, policiers ou policières, ne sont pas suffisamment formés. Et moi, je leur dis souvent, je leur dis, sortez de votre véhicule de patrouille. Ne pensez pas qu'en donnant des circonstances atténuantes toujours à des actes qui sont tout à fait répréhensibles, vous rendez service au métier et à l'institution, petit à petit, si vous voulez, moi et d'autres, parce que je ne suis pas tout seul.

Il y a Richard Gerbaudi, mon prédécesseur aussi, qui est rentré dans le bain, entre guillemets. Il y a d'autres organisations syndicales aussi, vous avez vu, la FSU, vous parlez de Vigie, qui doit aussi m'envoyer d'ailleurs une tribune pour que je puisse la mettre aussi dans la police république et citoyenneté. Bref, vous avez quand même des policiers qui sont là et qui ne demandent que ça, mais qui ne sont pas malheureusement formés pour pouvoir retenir ce genre de discours et qui ont peur aussi, et qui ont peur à tort de la réaction de la base parce que je peux vous dire que suite à cette tribune, moi je m'attendais à des réactions même parfois plus violentes.

Bon, j'ai vu quelques scuds, mais j'en ai vu d'autres. Bon, et si vous voulez, finalement, ça n'a pas été mauvais. Je viens d'avoir encore un collègue de Paris tout à l'heure au téléphone qui me disait que les remontées étaient très bonnes. Et pourquoi, Denis ? Parce que vous avez toute une majorité silencieuse de flics qui comptent les points, qui regardent, qui vont toujours du côté du plus fort comme dans toute communauté d'hommes. Et cette majorité silencieuse, eh bien, quand vous lui redonnez un peu la fierté du métier qu'elle exerce, eh bien, ils ne sont pas les favorables. Nous, on a des garçons chez nous, il y en a beaucoup qui sont contre, bien évidemment.

24:18
Présentateur

Quand vous dites chez vous, excusez-moi, Jean-Louis, quand vous dites chez vous ? Dans la police. Ah oui, dans la police. Vous ne parlez pas spécifiquement d'un syndicat. Non, non, non, pas du tout. Donc, les gendarmes ne sont malheureusement pas syndiqués, mais si vous, on prend simplement la police, il y a les commissaires qui ont un syndicat, mais au niveau, on va appeler la base, de la base, est-ce qu'on peut donner une sorte de géographie du syndicalisme policier, de ce que ça représente ou est-ce que c'est trop compliqué même ça à résumer ou à synthétiser ?

24:50
Invité politique

Non, non, non, vous avez aujourd'hui deux grands blocs syndicaux qui sont donc unités SGP qui est une fusion d'une partie de l'une simple police et donc du SGP qui pèse, qui est majoritaire de 1 point, mais qui est majoritaire, qui pèse, je crois, 34% des suffrages. Et vous avez un deuxième bloc qui était majoritaire avant, qui est aussi important, qui fait 33% et qui est le syndicat Allianz. Voilà, ce sont les deux grands blocs syndicaux. Et puis derrière, vous avez des tas de petites organisations, vous avez des confédérations qui ne sont pas très bien représentées chez nous.

25:29
Présentateur

Vous avez toujours l'extrême droite, d'ailleurs, il y a toujours ce...

25:32
Invité politique

c'est scandaleux parce que, vous savez, Denis, quand on se bat toute sa vie contre ces groupuscules, parce qu'en fait, il faut bien dire les choses, ce sont des groupuscules.

25:48
Présentateur

Comment aujourd'hui ce syndicat policier d'extrême droite, c'est toujours le même nom qu'à votre époque ?

25:54
Invité politique

Mais il faut demander au gouvernement et il faut demander aux républicains que j'appelle au Canada Dry, il faut leur demander pourquoi encore on autorise cette organisation.

26:07
Présentateur

Vous pouvez rappeler le sigle ? FPIP. C'est toujours eux. C'est les mêmes qui faisaient la salue nazie. Ils sont toujours là. Ils représentent quelle part de l'électorat policier ? 2% ? 1% ?

26:23
Invité politique

Le vote extrémiste. Dans la police nationale, je prends le vote extrémiste global. Il est de l'ordre de 5% à 6% aux élections professionnelles. Vous avez donc la FPIP. Je ne sais plus quel score exact elle fait. Et puis, vous avez un nouveau syndicat qui s'est créé suite aux événements de Véry-Châtillon dont vous avez entendu parler. Il y a eu la création d'une association qui s'appelait Policiers en colère.

De cette association sont sorties certaines personnes et en particulier une personne et un collègue qui est un élu du Rassemblement national et qui a créé son syndicat qui s'appelle France Police et en ajoutant d'ailleurs à côté pour essayer de faire des lois le mouvement des policiers en colère. Ce qui a valu quelques bis-bis avec cette association. Eh bien, eux, c'est la première fois qu'ils se présentaient aux élections, il y a deux ans, ils ont réalisé entre 4 et 5 %, ce qui, pour une première fois, est quand même assez considérable.

27:29
Présentateur

Et quand il y a des élections syndicales comme ça, est-ce que c'est quoi le taux d'abstention de policiers et le taux de...

27:36
Invité politique

C'est une des fonctions publiques où l'on vote le plus.

27:42
Présentateur

Et il n'y a pas de... Parce que j'ai lu plusieurs papiers expliquant que les votes étaient quand même assez troubles. Est-ce qu'on est sûr de la véracité qu'il n'y a pas de bourrage d'urne et de choses comme ça ?

27:53
Invité politique

Non, non, non, non. À ce niveau-là, non. À l'époque, il y avait le vote, vous savez, par correspondence. Alors là, bon, parfois, on pouvait, Emmanuel Dumagne, envisager peut-être quelques fraudes, entre guillemets, dans le sens où...

28:08
Présentateur

Et Jean-Louis, sur les deux blocs, Alliance et... Oui, je sais pas. C'est quoi, Alliance et très à droite quand même, ils sont limite rassemblement national aussi. En tout cas, leurs représentants tiennent des propos assez durs et les autres sont un peu plus centristes, on va dire, ou non, plus légalistes. Je ne sais pas comment. Comment vous les définiriez ?

28:31
Invité politique

Je vais peut-être vous surprendre, mais moi, je connais des militants qui sont alléens, qui sont des militants républicains. Bon, après, Alliance et leur fonds de commerce ont toujours été le même. C'est le catégoriel, le catégoriel, le catégoriel, et c'est vrai qu'ils ont toujours été considérés comme étant un syndicat de droite. Et pour être encore plus précis, un syndicat qui prenait ses ordres, Rue de Vaux-Girard, chez les républicains, aujourd'hui. Voilà. Bon, alors, d'ailleurs, j'ai un ami qui faisait partie de mon équipe qui s'appelle Yves, je le salue au passage, qui est un pote.

Il était parti à Alliance, donc suite à l'implosion, et il avait osé demander à l'époque la démission à Alliance de Sarkozy. Bon, il a été refoutu à disposition le lendemain, il se retrouvait à Pau, dans ses Pyrénées. Donc, voilà. Après, l'unité SGP porte, si vous voulez, les gerbes, de la Fédération autonome des syndicats de police et de mon syndicat, le syndicat général de la police. Sauf que, comme aujourd'hui, il y a eu cette implosion du syndicalisme policier, comme aujourd'hui, c'est difficile pour les collègues de voir quelle est la différence qu'il y a entre l'un et l'autre.

D'ailleurs, Denis, vous-même, vous dites, lorsque je les vois tous à la télé, j'ai du mal à faire le distinguo entre ceux qui sont républicains et ceux qui ne le sont pas, eh bien, comme ils font dans ce que j'appelle moi l'épicerie fine en règle générale, eh bien, le collègue, il va frapper à la porte du syndicat pour être muté, pour avoir en avant un semain. Bon, et si jamais il n'a pas satisfaction, il va dans le syndicat d'en face. Et ça dure ça depuis des années.

Alors, vous avez Yves Lefebvre, qui est le secrétaire général actuellement d'unité SGP police, qui a eu, il faut le dire, il a eu le mérite d'être confronté à une période de transition que j'évoquais tout à l'heure, et il essaie tant bien que mal de tenir un peu le flambeau du syndicat. Bon, mais ce qui fait défaut, encore une fois, à tous les niveaux, à tous les étages et dans toutes les organisations syndicales, et ce n'est pas encore une fois présenté de ma part pour le dire ça, mais ce qui fait défaut, c'est ce combat pour l'image de la police républicaine. Lorsqu'il y a une faute qui est commise par un collègue, vous savez, il y a 800 000 interpellations, je crois, à peu près par an.

qui sont effectués. Sur 800 000 interpellations qui sont effectuées par les flics, bon, combien représentent et combien représentent ou combien de bavures ou d'incidents on peut recenser ? Bon, c'est minime, on n'arrive même pas à un pourcent, sauf que c'est un pourcent de trop. Le service public de sécurité et les policiers, ce n'est pas compliqué. Vous savez, il y a, je crois aujourd'hui, 30 révocations à peu près par mois en conseil de discipline à Paris, ce qui est quand même énorme. À notre époque, on n'hésitait pas, nous-mêmes, parfois, à demander la révocation de certains collègues parce qu'on considérait qu'ils n'étaient pas dignes de porter l'uniforme et de représenter le...

31:35
Présentateur

Mais ça, c'est une époque révolue. Il n'y a aucun policier à ma connaissance. Je ne demande pas à ce qu'on mette en prison des policiers, mais quand même, il y a eu des choses très, très graves qui se sont passées. Je ne sais pas, la mort de Zineb Redwell, c'est une chose sur laquelle j'ai beaucoup travaillé. C'est un peu le travail qu'on a fait au Média qui a fait ressortir ça, la mort de Steve Canisseau, Cédric Choubia, le livreur. Il y a quand même trois morts qui sont directement liés à des interventions policières et on a vraiment le sentiment que l'IGPN, c'est n'importe quoi, qu'ils font tout pour... Il se passe quelque chose sous Castaner qui est d'une gravité extrême.

Moi, je ne suis pas à l'intérieur du corps mais ce que je sais, c'est pour ça que c'est intéressant qu'on se parle tous les deux, c'est que moi aussi, j'ai des copains flics qui sont plutôt des financiers ou même je connais des gendarmes dans mon coin que j'aime bien on discute ensemble et tout mais ils sont scandalisés aussi. Et c'est vrai qu'ils se tassent, il y a une majorité silencieuse comme ça. Mais vous, quand vous voyez ça, quand vous voyez le sale bico...

32:42
Locuteur 4

C'est pas mal, le bico comme ça, c'est la chambre. Ça va être cool, j'aurais dû accrocher un boulet au pied.

32:48
Présentateur

Et après, on a l'impression qu'il y a une légitimation. Je trouve que le paroxysme, d'ailleurs, vous me direz si je me trompe, c'est à Mante-la-Jolie quand on a mis tous ces gamins avec la main derrière le dos et que vous aviez sur les chaînes de télé des gens qui essayaient de juste faire ça. Mais tout ça, c'est une accumulation de choses qui créent des tensions extrêmes. Pourquoi aucun syndicaliste policier, aucune voix forte ne s'élève pour dire « Attendez, et pourquoi l'IGPN est dans cet état de dépendance et de délabrement ? »

33:22
Invité politique

Vous savez, l'IGPN, là où je suis tout à fait d'accord avec vous, c'est que de toute évidence, les fonctionnaires qui sont à l'IGPN, il faut bien leur boulot. Moi, j'en connais. Sauf qu'ils sont aux ordres du ministère de l'Intérieur. Donc, à partir de là, si vous voulez, on ne peut pas considérer que cette instance elle est d'une objectivité criante. Bon. Par contre, ce que je peux vous dire, c'est que depuis des années, moi, je n'ai jamais vu ça à mon époque, mais des collègues qui, pour fait syndical, sont convoqués par l'IGPN et sont sanctionnés, il y en a beaucoup. À mon époque, je n'avais pas un seul délégué qui était sanctionné pour faire syndical. Ça,

34:04
Présentateur

c'est surtout sous Macron ou c'était déjà sous Sarkozy, sous Hollande ? Non,

34:07
Invité politique

non, ce n'est pas sous Macron. Ça date de plusieurs années. Voilà. Pour la date exacte, je ne vous le dirai pas, mais c'est ces 25 dernières années.

34:20
Présentateur

Mais vous avez, excusez-moi, parce que vous avez le sentiment que même, vraiment, je vous pose la question parce que je me la pose. J'ai eu l'impression que sous François Hollande et quand Cazeneuve était ministre de l'Intérieur, même s'il y a eu des choses, je pense, à la mort de ce jeune homme dans la ZAD et des choses comme ça, mais que Cazeneuve avait l'air d'être un peu plus à l'écoute des policiers quand il était là et qu'en tout cas, il avait tenté de remettre un tout petit peu d'ordre, mais je me trompe peut-être. Après, avant Sarkozy, c'était franchement compliqué. Sous Hollande, disons qu'il a pu y avoir une petite accalmie et que là, avec Castaner, on a replongé dans un délire.

C'est ma lecture naïve peut-être à l'extérieur de la situation et j'essaie de faire le lien avec les politiques.

35:05
Invité politique

Il y a la dérive ultra-répressive, fascisante que l'on combat et que l'on condamne tous les deux sans équivoque et qui doit toujours être combattu, y compris à l'intérieur de la maison. C'est clair, n'était précis. Mais il y a aussi une autre dérive dont on parle moins. Je vais vous dire pourquoi je vous dis ça. Parce que vous avez parlé de François Hollande. Je ne vais pas parler de François Hollande même que président. Je vais parler d'un épisode que vous avez connu. C'est l'épisode où il se rend sur le chemin de Théo, la fameuse affaire Théo. Vous savez, les collègues qui ont été accusés d'avoir sodomisé, etc.

J'ai traduit ça, forcément, les trois cheveux qui m'ont rassé sur la tête et se sont un peu hérissé. Mais par contre, je peux vous dire et c'est l'avantage que j'ai parce que lorsque moi je prends une position de ce genre A, elle est crédible à l'époque parce qu'il y avait une faute qui était commise par un flic. Bon, je n'étais pas là dès lors qu'elle jetait le discrédit sur l'ensemble de la profession pour la couvrir. Bon, bien au contraire. Moi, j'avais un de mes délégués à l'époque au service technique. Je ne sais plus à quelle occasion. Chevenement était ministre de l'Intérieur. Il avait sorti, sans que je le sache, un tract anti-sénite. Un délégué de mon syndicat.

J'ai appelé le ministre et je lui demandais moi-même sa révocation. Voilà. Ces types-là n'ont rien à foutre chez nous. Alors, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que sur cette affaire Théo, moi, j'ai rencontré les protagonistes. J'ai rencontré les collègues concernés. J'ai pris mes renseignements et je peux vous assurer qu'en particulier un des collègues concernés qui a été directement lui-même accusé de sodomiser le fameux Théo. Aujourd'hui, vous le savez, il est innocenté. Il y a aussi la présomption d'innocence. Cette présomption d'innocence, elle vaut pour les citoyens, pour tous les citoyens. Mais elle vaut aussi pour les policiers.

37:09
Présentateur

Je suis d'accord avec vous, Jean-Louis, mais la disproportion, elle est plutôt dans l'autre sens. Mais je voudrais vous, sur cette image des policiers à Mont-Lajoli qui font s'agenouiller les enfants et qui mettent la main derrière la tête, vous avez vu l'image, quel a été votre sentiment en direct, vous, quand vous avez vu ça, et quand vous avez vu les commentaires après des syndicalistes essayant de justifier ça.

37:33
Invité politique

Écoutez, encore une fois, c'est une position qui appartient aux syndicats. Moi, je n'aurais pas eu la même. Quelles que soient les circonstances que l'on peut trouver à ce genre d'attitude, ce sont des images de guerre. Et nous sommes dans une société de paix. la police, ce n'est pas l'armée. On n'est pas en guerre. On le voit aussi pour le maintien de l'ordre. Nous ne sommes pas dans une situation de guerre, nous sommes dans une situation de paix. Et lorsque je vois des images comme celle-là, bien entendu, on va aussi qu'elle me choque. Pour autant, il faut aussi, je ne trouve pas l'excuse, encore une fois, je ne suis pas là pour chercher les excuses.

Mais on parlera peut-être du maintien de l'ordre pour notre entretien. Mais lorsque vous avez des collègues qui sont jeunes, qui ont peur, qui ne sont pas suffisamment formés, lorsqu'il n'y a manque d'effectifs, lorsqu'il n'y a aucune formation civique et éthique, il faut quand même le préciser, au niveau aussi de l'institution, on peut très vite arriver à des résultats comme celui-là, à des attitudes comme celle-là qui, je le dis très franchement et volontiers, ne grandissent pas la police nationale. Voilà, donc ce sont des actes qui creusent toujours plus le fossé entre la police et la jeunesse.

Mais de grâce, faisons quand même le distinguo, Denis, vous voyez, avec, parce qu'il y a aussi quand même tous ceux qui, bon, insultent les flics tous les jours, ça existe aussi.

39:06
Présentateur

Non, mais je ne veux pas faire le procureur accusant, je sais que je passe pour ça, mais si vous voulez, moi j'ai beaucoup soutenu. Non, mais par rapport aux gilets jaunes, je suis allé dans des manifs, j'ai vu le préfet l'Allemand, son comportement, j'ai vu les nasses, j'ai vu les coups de matraque, Jérôme Rodriguez qui est borni, enfin, je ne vais pas les énumérer là, mais ce qu'on a vécu est inimaginable. J'espère qu'un jour, un historiard va reprendre point par point. Moi, j'ai demandé à ce que Castaner, Castaner, à mes yeux, sa place est dans un tribunal pour avoir justifié tout ça.

Et le préfet l'Allemand, la manière dont il a nassé place d'Italie, sa place un jour, elle est aussi à un tribunal. Ces gens-là ont des comptes à rendre pour les malheurs qu'ils ont fait et que cet État continue à protéger cette police-là, mais c'est une honte pour la police. Et si j'étais policier, j'aurais honte et j'en connais qui ont honte des policiers de ça. C'est pour ça que je suis un peu véhément sur cette question.

40:05
Invité politique

Oui, non, mais c'est tout à fait légitime. Et là, vous avez tout à fait raison. encore une fois, c'est de dire que quand il y a ce genre d'incisants et de périodes historiques plutôt tristes pour la police nationale, eh bien, vous savez, ceux qui se retrouvent après, comme je le disais aussi dans ma tribune, à la barre des accusés, ils se retrouvent au sol. Si demain, bon, avec toutes les plaintes qui ont été déposées à droite à gauche, y compris au niveau européen, vous avez les collègues qui se retrouvent à la barre des accusés, je ne sais pas où sera M. Castaner, je ne sais pas où sera M. Jallement.

Moi, quand je dis aux collègues qui passent à la télé aussi sur des incidents comme ça, je leur dis, mais pourquoi vous passez à la télé ? Quand les journalistes vous appellent, vous n'avez qu'à dire, mais vous n'avez qu'à demander au préfet Lallement qui vient d'expliquer pourquoi il s'est passé telle chose. Vous n'avez qu'à demander qu'ils aillent prendre leurs informations au ministère de l'Intérieur. c'est quand même extraordinaire. On appelle les syndicalistes flics pour se faire à quelque part et parfois involontairement les portements du ministère.

C'est là qu'il y a une déviance qui est problématique et dangereuse aussi pour la démocratie dans notre société parce que le syndicat ne joue plus ce rôle de garantie citoyenne auquel je faisais allusion tout à l'heure.

41:18
Présentateur

Je vous ai bien lu et je vous ai écouté dans votre tribune et je voudrais que si vous me permettez que vous m'expliquiez un peu mieux ou que vous alliez peut-être un peu plus loin dans le raisonnement. Moi, en tant qu'observateur et que journaliste qui observe depuis le mouvement des Gilets jaunes après les retraites, etc., ce qui se passe dans ce pays, j'ai le sentiment comme vous que cet État macronien avec ce président et ses députés en marcheur sont aux abois. Ils multiplient, on l'a vu avec le Covid, je ne vais pas revenir sur les masques et sur tout ça, et ils ne tiennent que par la police.

C'est-à-dire que c'est pour ça que les policiers ont obtenu plus facilement que d'autres des primes qu'on leur devait depuis très longtemps et si la police craque, cet État craque, c'est-à-dire que si les policiers déposent les armes, etc. Et pour avoir été dans des manifs, j'ai eu ce sentiment et puis il y a des photos formidables d'un photographe qui s'appelle Serge Dignation qui suit ça depuis le début, je vous enverrai le lien après l'émission, il photographie beaucoup les manifestants mais il photographie aussi beaucoup les policiers et on voit souvent la détresse dans les regards derrière les casques ou quand ils enlèvent les casques et tout. Mais quel est…

j'espère ne pas me tromper mais je pense que cette étape dont moi je souhaite que Macron parte ou en tout cas que ce gouvernement change, enfin je pense qu'on vit des choses qui sont inhumaines, enfin c'est… Bon bref, je ne veux pas revenir là-dessus mais est-ce que vous pensez vous aussi que ça peut craquer au niveau de la police qu'à un moment donné, malgré les fachos, malgré tout ça, il peut y avoir un sursaut que ces gens déposent les armes et disent c'est un peu le sens de votre lettre, disent c'est pas à moi de faire le sale boulot, c'est à vous maintenant, démerdez-vous quoi.

43:12
Invité politique

Ah mais vous savez, avant même qu'on passe cette crise du Covid-19, on traverse cette crise-là, moi j'avais des collègues qui sont sur le terrain et qui me disaient qu'ils étaient à deux lois de le faire parce que le malaise dans la profession, vous savez, il est très profond, le malaise au sein de la police nationale, il est très profond, notamment pour les raisons qu'on a évoquées, c'est-à-dire aussi cette image de la police qui se détériore tous les âmes, il n'y a pas que ça. Regardez ce qui se passe avec le Covid-19 et le personnel enseignant et dans le domaine de la santé et du service public hospitalier. Eh bien, c'est exactement, il y a le ségure de la santé.

Ils demandent de quoi, nos amis ? Ils demandent des effectifs, ils demandent du matériel et ils demandent des augmentations de salaire. Bon, ce sont les trois problématiques aussi qui existent dans le service public de sécurité. C'est tout le problème de tous les services publics.

Quand on parle des problèmes, moi, ce qui m'en répit, Denis, quand j'entends parler sans arrêt de ces zones de non-droit devenues aujourd'hui parfois des zones de notre droit, lorsque j'entends parler sans arrêt de ces affrontements que je vois, comme si la police pouvait à elle seule régler, par exemple, on parle d'un département du Covid qui a été très touché par le Covid, c'est un département que j'aime beaucoup qui est le département de la Seine-Saint-Denis, le 9-3. Bon, c'est là où il y a plus de travailleurs dits essentiels, c'est là où, voilà.

Eh bien, quand on voit le 9-3, on voit tout ça, mais bon, le problème du 9-3 ou le problème de ces territoires perdus de la République, il ne se réglera pas qu'avec la police, il se réglera, mettant à nouveau du service public partout, il n'y a plus de service public dans ces quartiers-là, il n'y a plus de maison des jeunes de la culture, il n'y a plus d'éducateurs spécialisés, il n'y a plus de commissaire de la police, même parfois, vous voyez, donc on a déserté complètement tout ça, et après, il ne faut pas s'étonner que dès lors que l'on déserte ces lieux ou ces territoires dont perd l'île de la République, il ne faut pas s'étonner ensuite qu'on ait les dérives que l'on...

45:24
Présentateur

Non, non, mais là-dessus, je vous suis, mais dites-moi, individuellement, ces policiers, cette semaine, j'ai fait un édito où j'ai revu des images, par exemple, du marché d'Obna où cette gamine se fait... Bon, il y a l'image de ces CRS qui... Il y a 10 personnes au tribunal de Paris, etc. Là, hier, le Bondi Blog sort l'histoire de ce gamin de 14 ans qui, un de ses copains, voler une Vespa, il court, il se fait rattraper par les flics, qui lui casse la gueule, il a une tronche comme ça, il a 14 ans, il a été mis en garde à vue et tout. Ils ne sont pas obligés de faire ça. Qu'est-ce qui fait qu'il y a cette accélération ?

On a l'impression que les types se disent « Ah, il casse Tannère, on peut faire ce qu'on veut, maintenant, de toute manière, on est toujours protégé, un Castaner ou un autre, c'est-à-dire que lui, je m'en fous. » Mais on a l'impression qu'il y a un climat dans la police. Alors, je ne sais pas si c'est lié à une extrême droitisation de la police ou si c'est... Ils en ont tellement bouffé du gilet jaune, ça fait quand même trois ans presque que ces corps policiers sont sous tension, que ça craque et qu'ils se disent « Putain, on va être le gilet, on s'en fout, on est les rois du... » Personne ne nous emmerdera jamais et ça devient plus que problématique.

46:41
Invité politique

Denis, le problème, il est là. C'est-à-dire que les collègues à qui on demande depuis maintenant des années avec toujours moins de moyens, j'ai évoqué tout à l'heure le problème crucial de la formation, c'est la table catastrophe. Bon, donc, ce manque crucial de moyens, ce manque crucial d'effectifs, cette notion de rentabilité que l'on a aussi introduite au sein de la police nationale.

47:09
Présentateur

Toujours ces fameuses statistiques.

47:11
Invité politique

Ouais, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, pour être un bon flic, dès que tu vois trois mecs qui fument un pétard, il faut aller vite les interpeller parce qu'il faut ramener trois bouchettes au commissariat. Bon, est-ce que c'est sérieux ? Est-ce que c'est comme ça qu'on combat les problèmes de sécurité ou de délinquance ? Réponse ?

47:27
Présentateur

Restant sur ces histoires de stats, qu'est-ce que ça signifie ? Parce que c'est Sarkozy qui avait un peu initié aussi ce système-là, puis ça a perduré. Ça veut dire que les policiers qui font plus d'arrestations sont plus payés ? Ou ça veut dire…

47:42
Invité politique

Elle repose, Denis, toute la notation du policier repose, et c'est un problème sur lequel, moi, en tout cas, il doit se passer depuis des années, repose non pas sur la qualité du travail qu'il fait, mais sur la quantité du travail qu'il fait. Et c'est en fonction de ça qu'il va être noté. Et c'est en fonction de sa note qu'il aura un avancement de grade ou qu'il ne l'aura pas, etc. C'est-à-dire, toute la carrière du flic, aujourd'hui, repose sur cette notation et sur cette notion de rentabilité. Et ça, c'est un système, c'est le système américain, mais ce n'est pas le système français, ce n'est pas un système républicain. Et ce système-là, bien évidemment, il faut le changer.

48:25
Présentateur

Vous parlez d'Amérique, vous avez vu la dernière bavure amenée à police avec ce pauvre homme qui est mort et étouffé. Et je ne sais pas si vous avez vu ce qui a suivi ou les journalistes qui veulent parler de ça, qui s'approchent. Il y a un journaliste en direct qui filmait. Vous n'avez pas vu l'image où il est agressé par la police qui ne savait pas

48:42
Invité politique

que vous le savez. Oui, bien sûr.

48:44
Présentateur

Ça me fait penser, vous connaissez ce journaliste à Abu Af, qui travaille à Labas, si j'y suis, ou le journaliste qui travaille à Brut, dont j'oublie le nom, c'est de plus en plus difficile aujourd'hui d'être journaliste et de pouvoir... Il y a la nouvelle loi qui veut nous pondre interdisant de filmer les policiers. Mais où on est ? Qu'est-ce que ça signifie ? C'est quand même édifiant. Et même à l'intérieur du corps, est-ce que vous avez des retours de vos amis syndicalistes ou policiers qui se disent « Mais on ne va pas continuer à cautionner ça ? » Parce que là, on est quand même... Alors, je vais utiliser un grand mot, mais on est quand même à la limite du fascisme.

J'ai encore le droit de m'exprimer, mais peut-être pour plus longtemps avec la loi Avia. mais si c'est comme ça, ça va devenir très dur. Ça se durcit de jour en jour.

49:35
Invité politique

Denis, moi, je ne peux pas vous contredire par rapport à ça. Et justement, parce que le syndicat ne joue plus ce rôle un peu de contre-pouvoir nécessaire au sein même de l'institution, j'espère que dans l'avenir, il va pouvoir à nouveau le rejouer. Regardez, c'est encourageant. Il y a eu des tribunes suite à la mienne du responsable de Paris, par exemple, Rocco Contento du TSGP Police qui était relativement courageuse et qui a été d'ailleurs très appréciée à la base. Bon, il y a eu celle-là, il y a eu encore une fois celle, je vous l'ai dit, de la FSU. Il y a eu des collègues aussi policiers ou policières qui ont fait aussi leur papier.

Voilà, donc tout ça démontre que la grande majorité de la police, encore une fois, moi, je voudrais vraiment que l'on insiste sur ce message-là. Elle est républicaine, mais qu'il faut être intransigeant, implacable, avec tous ceux qui sont à l'intérieur de notre profession et qui la ternissent. Dès lors qu'il y a un acte répréhensible, un acte raciste, un acte qui concerne des violences illégitimes, dès lors qu'il est avéré, prouvé, eh bien, ce collègue doit être très durement sanctionné.

50:46
Présentateur

C'est aussi simple. Oui, mais ce qui n'est pas simple, c'est de l'avérer et de le prouver parce que vous voyez bien que même, c'est vrai que parfois, il y a des gens à l'IGPN qui essaient de faire leur boulot, mais les trucs sont déchirés parce qu'il y a une force de ces syndicats, je pense surtout à Allianz, qui, si tenté qu'un ministre ou qu'un sous-ministre ait envie d'aller au bout d'une enquête prenant l'affaire d'Inabredouane, on sait aujourd'hui que ce sont des CRS de Saint-Etienne qui ont tiré, peut-être pas volontairement, mais l'enquête aujourd'hui est déportée à Lyon. Si un jour, si des policiers sont mis en examen, ça va être le tollé.

Et il y a toujours ce chantage en disant « si vous continuez à faire chier mes collègues, le week-end prochain, quand il y aura les gilets jaunes, nous, on vous laisse vous démerder. » Et on les laisse aller à l'Élysée, on les laisse aller arriver avec des tracteurs pour ouvrir les portes, etc. Et tout de suite, le ministre est coincé. Donc on est dans ce rapport de force qui est devenu assez profondément antidémocratique et très inquiétant parce que ça, ça mène à une guerre civile à terme.

51:50
Invité politique

Non, mais je suis tout à fait d'accord. C'est pour ça que je suis intervenu, Denis. Je sais.

51:55
Présentateur

Vous, peut-être plus que moi, vous pouvez me dire quelles sont les solutions. Vous dites la formation, vous dites… Je voulais vous parler… Je vous dis ça aussi parce que c'est complètement lié, les suicides dans la police parce que vous voyez bien qu'il y a une souffrance au travail, qui est dingue et que dans ces suicides, il y a la hiérarchie et tout ça, mais il y a aussi une sorte de schizophrénie où des types qui sont républicains, qui ont un sens du bien et du mal, à un moment donné, ils pètent des câbles aussi parce que je suis devenu une merde, quoi.

52:22
Invité politique

bien sûr, mais tout à fait. Vous savez, il y a eu le fameux « new management », c'est comme ça qu'on prononce les corbières, je ne sais pas si vous prononcez bien, le « new management » qui a fait des ravages à France Télécom. Bon, c'est pareil, c'est la même problématique qu'on a chez nous. Quand vous avez des collègues qui coulent, ça va vous intéresser, mais je parlais avec un collègue il n'y a pas si longtemps que ça qui travaille en police judiciaire. Il a, sur son mur linge, pratiquement près de 1000 ou 1200 procédures judiciaires en instances qu'il ne peut pas traiter parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faire, parce qu'ils ne sont pas suffisamment nombreux, etc., etc., etc.

Bon, eh bien, pas d'installer, ce sont les victimes qui attendent que justice soit faite. Certaines de ces procédures, eh bien, pour certaines d'entre elles, il va y avoir prescription, elles ne seront même pas traitées. Bon, donc les collègues, parfois, ont l'impression de boucler comme des forcenés pour rien, pour pas grand-chose. Donc, tout ça fait qu'il y a, et puis cette histoire de rentabilité à outrance et tout, font que cette absence d'humanisme dans la hiérarchie, à l'époque, c'est plus le cas, aujourd'hui, quand on forme les officiers, quand on forme les commissaires de police, bon, on les forme à être des gestionnaires.

Toutes les règles d'humanisme, de relationnel qu'ils peuvent avoir avec les collègues policiers à quelques exceptions de près, bien évidemment, mais elles n'existent plus. l'officier, il vient, il a des comptes à rendre par rapport au rendement des troupes qui sont sous son commandement. Voilà, lui-même, s'il n'a pas ses résultats, lui-même sera mal noté, etc. Il faut changer tout ça, nous ça fait des années, vous savez, on peut mettre en place tous les psychologues que l'on voudra au sein de la police. la principale personne à qui le guerrier de la paix doit pouvoir s'adresser s'il a des problèmes, s'il a un mal-être, c'est à sa hiérarchie directe.

Bon, or là, si vous voulez, ce lien qui pouvait exister à l'époque avec les anciens, avec cette hiérarchie, eh bien, elle n'existe pas toujours. Et donc, et parfois, lorsqu'on attire l'attention, c'est ce que j'explique dans certains de mes écrits, eh bien, lorsqu'on attire l'attention de la hiérarchie sur le cas problématique d'un collègue qui est en souffrance, eh bien, la hiérarchie, bon, ne prend pas ça au sérieux et puis, malheureusement, porte une responsabilité et une lourde responsabilité dans le suicide du collègue. Voilà. Donc, le malaise dans la profession, il est là.

Quand vous dites que des fois, il pète les boulots, moi, j'ai regardé cette image, j'étais sidéré, j'avais envie de zapper, c'est insupportable de voir ça. Quand on rentre à la police, on est censé rentrer pour avoir du discernement, pour avoir, on doit être pas mauvais en termes de communication, de psychologie. Bon, là, voilà, on voit bien que les collègues, ils sont à crâne et que parfois, ça les amène à avoir des comportements qui sont tout à fait répréhensibles. Voilà, donc, la réponse doit être toujours proportionnelle. quand on voit ce que j'ai vu donc sur certaines vidéos, bien évidemment, ce n'est pas le cas. Donc, voilà, qu'est-ce que vous voulez ?

Encore une fois, les choses sont simples. Le service public de sécurité, il doit être attractif, comme tous les services publics. Ce n'est pas le cas pour les soignants, ce n'est pas le cas pour les flics, ce n'est pas le cas, etc. On pourrait faire la panoplie. bon, et après, eh bien, il faut qu'ils soient irréprochables.

Et pour qu'ils soient irréprochables, il faut axer, il faut mettre en place une formation commune, d'ailleurs, entre commissaires, officiers et guerriers de la paix, déjà, un tronc commun de formation, et faire en sorte que dans cette formation, eh bien, on leur explique peut-être beaucoup plus que ce qu'on ne le fait, on ne rend pas de mal, ce qu'est la police républicaine. Voilà. Et moi, je pense que les flics seront fiers de comprendre un petit peu ce cheminement. voilà. Moi, je vous assure que les retours qu'on a sur les tribunes qui ont été publiées à droite à gauche sont vraiment chez les flics à la base. Excellent.

56:28
Présentateur

C'est un phénomène plutôt encourageant parce que c'est assez nouveau ces tribunes, on va dire, de policiers républicains. Il y en a eu, il y en a eu quelques-uns, mais quand ils ouvrent leur gueule, ils se font, Alexandre Lacroix s'est fait blackbouler.

56:45
Invité politique

Alexandre Lacroix, cher ami, et je l'aime beaucoup, ils doivent m'envoyer d'ailleurs, je vous ai dit tout à l'heure une tribune aussi, ils contribuent, je les ai au téléphone régulièrement, pas Alexandre mais son adjoint. Bon, ce sont des gens qui ont des valeurs et qui se battent pour ces valeurs-là.

57:01
Présentateur

Mais on les met de côté, vous avez Noam à voir, c'est exactement la même chose, lui, il n'y croit plus, enfin,

57:08
Invité politique

c'est… Il pèse, excusez-moi, il pèse 0, 8 ou 1%.

57:12
Présentateur

Oui, je sais, mais ils sont…

57:14
Invité politique

Karajol à l'époque, il parlait ou Jarmoudi ou de Le Plas, quand on parlait, on pesait 50% des flics, voire plus. Bon, aujourd'hui, quand vous avez une organisation qui représente 0,08, etc., qui prend en plus des positions courageuses, bon, qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce que vous voulez, les… Ça n'accroche pas derrière parce que pour que ça accroche, il faut faire les deux. Il faut être puissant, il faut être puissant, il faut donner une bonne image de la police, mais pour la donner, pour la relayer, il faut avoir les moyens de le faire et ces collègues-là, pour l'instant, n'ont pas les moyens de le faire.

Moi, j'espère qu'une chose, j'espère qu'une chose, c'est qu'un jour, tous ces collègues-là, et il y en a dans toutes les organisations syndicales, comme j'avais pu le faire à l'époque, puissent se retrouver au sein d'une même organisation républicaine. Moi, je crois de toute façon qu'on voit une recomposition du visage syndical policier. Avec tout ce qui va se passer, avec le troisième tour social possible, avec, malheureusement, je le crains, des incidents qui risquent de se produire, je pense que ça aura des conséquences à l'intérieur même des organisations syndicales et qu'on s'oriente à nouveau vers une recomposition syndicale policière.

Et c'est là, je crois, qu'il faudra que tous les policiers républicains qui existent, parce qu'il en existe aujourd'hui dans les organisations syndicales, sachent se retrouver sur l'essentiel. Voilà, le reste n'est tant qu'accessoire, encore une fois.

58:42
Présentateur

Mais vous trouvez que ça en prend le chemin, qu'il y a des… À part ces quelques tribunes, on a l'impression que la base, bon, elle est sans doute un peu inquiète, mais pour l'instant, avec le Covid, on ne peut pas manifester, mais dès que ça va se lâcher en septembre, ça va repartir.

58:58
Invité politique

Oui, je pense aussi, oui, je pense aussi. Ça va repartir et qui va être encore une fois en première ligne, parce que ce soit les policiers. Et si on ne change pas de doctrine, on ne maintient de l'ordre, on continue à appliquer une doctrine militaire en fait qu'elle est appliquée aujourd'hui, parce que la réalité, elle est là. C'est pas moi qui dis, c'est l'Allemand qui a dit si il a dit au Sénat lors de son audition.

Bon, eh bien, à partir du moment où on ne changera pas de doctrine, à partir du moment où on ne prendra pas les choses autrement, à savoir qu'on ne recrutera pas des effectifs, qu'on travaillera beaucoup plus en amont et qu'on ne pensera pas résoudre les mouvements contestataires par la seule et unique répression. Bon, ce qu'il faut bien comprendre et ce qu'il faut tirer comme leçon dans cette affaire-là, c'est que les flics ce sont des boucles émissaires. De quoi ? Ce sont les boucles émissaires d'un manque de négociation, d'un manque d'écoute, d'un manque de concertation de l'État. C'est trop facile, ça. On veut faire passer cette réforme en forceps.

Eh bien, c'est pas grave, le peuple n'est pas d'accord, on s'en fout, on envoie les flics. Bon, ça, c'est inadmissible. Ça, c'est ce que je vous avais dit et que j'ai répété, n'a pas à servir de garde prétorienne, effectivement, oui, à un État qui prend des décisions qui sont illégitimes. C'est aussi simple que ça.

1:00:14
Présentateur

Vous savez, en vous écoutant, je pense à Geneviève Leguay. Vous vous souvenez de cette dame de 70 ans ? Je crois que c'était à Nice. Elle se fait matraquer, elle a failli mourir et le commissaire de police qui était bardé de son écharpe, etc., a été médaillé par Castaner. Vous vous rappelez, l'année dernière, enfin, au moment des Gilets jaunes, ils étaient tellement dans la merde que non seulement ils ont filé des primes, mais ils ont filé des médailles à tous ces préfets, ces commissaires qui maintenaient l'ordre contre le peuple, contre les gens avec des quand même… Ce n'est pas des bavures. Des bavures sont des accidents. Ce n'est pas des accidents, c'est des actes délibérés.

On matraque une femme de 70 ans parce qu'elle a un drapeau arc-en-ciel. C'est ça, Geneviève Leguay. Et aujourd'hui, le préfet a eu sa breloque, le commissaire aussi, etc. Donc après, comment voulez-vous, si à la tête du ministère et des corps, on a ce comportement, quand on est policier à la base, on a du mal à… Comment on peut résister contre ça ? Même les journalistes ont du mal à faire leur boulot.

1:01:23
Invité politique

Oui, non, non, mais je comprends, je comprends tout à fait. Mais bon, comment on peut résister, encore une fois ? Les policiers, vous savez, ils sont soumis à un droit de réserve. Bon, eux, mais ils ont des syndicats et c'est à ces syndicats, justement, de prendre ces positions.

1:01:38
Présentateur

Et vous dites vous-même qu'ils ne sont pas à la hauteur, pour l'instant, les deux syndicats majoritaires, même s'il y en a un qui a l'air moins pire que l'autre ?

1:01:44
Invité politique

Je n'ai pas dit qu'ils n'étaient pas à la hauteur, vous allez me faire flinguer, là.

1:01:47
Présentateur

Non, mais tout à l'heure, on a cru comprendre qu'il y en avait un, Alliance, qui était très catégorielle et quand même très à droite, idéologiquement, et l'autre, je ne sais pas, qui était un peu plus mou, un peu plus… Mais, enfin…

1:02:02
Invité politique

Vous avez osé dire ça de triste, oui.

1:02:05
Présentateur

Voilà, je dis sans triste, moi, mais ce que je veux dire par là, c'est qu'on n'a pas vu ces syndicats, aucun à la tête de ces syndicats, prendre une parole forte et dire, stop, on est une police républicaine, on ne va pas aller contre le peuple, on n'est pas là pour défendre la Macronie. Je n'ai jamais entendu ça, je l'ai lu un peu dans votre tribune, c'est pour ça que j'ai eu envie de vous rencontrer, mais on en est loin quand même. Jean-Louis,

1:02:28
Invité politique

quand même… Moi, j'aurais été secrétaire général, si vous voulez, je ne suis pas secrétaire général, et encore une fois, je les ai au téléphone. Donc, vous savez, quand je parle en plus, je ne parle pas simplement au titre de secrétaire général ou de citoyen, moi, j'ai affaire au téléphone, j'ai des préfets, en ligne, au corps préfectoral, avec des commissaires, avec des flics de tout grade, et je peux vous dire que ce que nous dénonçons tous les deux, ils le dénoncent également, que le préfet l'Allemand lui-même ne fait pas d'unanimité dans son propre corps. ils ne vont pas s'exprimer, vous comprenez, les préfets, ils ne vont pas aller, etc.

Les commissaires ou les officiers, c'est exactement la même chose. Bon, il y a cette dangerosité de l'accompagnement syndical, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup aujourd'hui de syndicats qui sont dans l'accompagnement, dans l'adaptation. Or, quand le fossé, encore une fois, est aussi important entre la police et la population, et la police et la jeunesse, eh bien, le syndicaliste, il doit prendre la parole, il doit avoir le courage de prendre une position. La phrase, elle est simple à dire, à tenir, c'est ce que je leur ai dit. Il faut simplement dire que la police est issue du peuple et qu'elle n'a pas à se dissocier du peuple.

C'est aussi simple que ça, rien que c'est une phrase comme celle-là, eh bien, elle vaut son pesant d'or. Et moi, je serai à leur place. Eh bien, j'irai voir le préfet, l'Allemand, avant la rentrée prochaine. J'irai voir le ministre de l'Intérieur et je ferai en sorte de ne pas ressortir avec les idées du ministre, parce que je le connais aussi, ils rentrent chez le ministre, ce sont des grands révolutionnaires, et quand ils sortent, ils ont les idées du ministre. Et allez voir le ministre, allez voir le préfet et leur dire, voilà, je vous préviens, monsieur le préfet, cette fois-ci, les choses ne se passeront pas comme celle-là, comme ça s'est passé.

Cette fois-ci, nous, on veut un changement de doctrine au niveau du maintien de l'ordre. On veut des moyens pour le service public de sécurité, comme pour le personnel, il faut, voilà, il faut se tenir ce discours-là. Et si on n'a pas tout ça, et si on n'a pas tout ça, on ne se contentera pas de sous-coudrage, on ne se contentera pas de primes. À ce moment-là, nous aussi, on rentrera dans l'arène sociale. Voilà. Moi, j'ai fait des manifs avec des élus de droite, avec des élus de gauche, avec des citoyens, contre la fermeture des commissariats à l'époque, des petits postes. Bon, on va s'amener 22 000, 23 000 personnes dans la rue.

Bon, il n'y avait pas de problème de décompte entre les décomptes RG et les décomptes des manifestants. Mais bon, voilà, c'était, aujourd'hui, tout ça, il faut le réinventer. Et moi, je milite, bon, vous savez, moi, je suis là, mes corbières, là, je suis bien. Vous voyez, j'ai des vies de chez moi. Vous êtes à quel endroit

1:05:15
Présentateur

dans les corbières ?

1:05:16
Invité politique

Les corbières, même pays, Qatar. Je ne sais pas si vous connaissez.

1:05:20
Présentateur

Carcassonne, dans ces coins-là, je connais.

1:05:24
Invité politique

mais vous savez qu'il faut revenir, il faut avoir le visa. Non, je rigole. Je suis bien, qu'est-ce que je vais m'emmerder, moi, à l'aujourd'hui, à me prendre la tête tous les jours avec, y compris parfois des collègues, suite à mes déclarations sur les réseaux sociaux, suite à l'émission que je tenais à faire avec vous aujourd'hui, justement parce que les messages que vous faites par le passé sont très importants. Voilà. Eh bien, si je le fais, c'est parce que je considère que c'est un monde de voir. Si je le fais, c'est parce que je considère que la situation est grave. Bon, et qu'elle est grave, y compris pour la police.

1:06:01
Présentateur

En vous écoutant, j'ai envie d'être optimiste, mais c'est pour ça qu'on vous dit, je pense aussi que l'espoir pourrait venir d'une sorte de révolution syndicale au niveau de la police. Mais on en est loin. La dernière anecdote, je vous ai interrogée là-dessus au début, quand vous avez Camilia Giandana qui, à l'émission de Rukier, dit qu'elle a peur quand elle voit arriver des policiers. La première chose, tous les syndicats lui sont rentrés dans le lard en disant comment elle peut dire ça, c'est scandaleux, etc. L'intelligence chez un syndicaliste, me semble-t-il, eut été de dire je comprends aussi que cette jeune fille ait peur, mais la police, ça n'est pas que ça, etc.

Je ne sais pas, c'était quoi votre sentiment par rapport à ça ?

1:06:47
Invité politique

Très franchement, je vais vous dire, moi, des trucs comme ça, je n'ai entendu à l'appel. Je fais référence au regretté Guy Bedos, il n'a pas l'air qu'il était proflique à 100%, Guy Bedos. En 87, lorsque nous avions touché notre nouvel uniforme, on n'avait plus le képi et on avait troqué le képi pour la casquette, il avait sorti cette fameuse formule et ils ont troqué le képi pour la casquette, il ne restait plus qu'à travailler ce qu'il y a dessous. Vous savez que c'était mon ami. Elle n'a pas fait un fromage. Je ne sais pas comment j'aurais pu réagir. Je vais vous dire ce que j'ai dit à mes collègues syndicalistes sur cette affaire qui a défrayé la chronique depuis samedi dernier.

Je l'aurais dit, arrêtez, arrêtez, n'en rajoutez pas, ça ne sert à rien. Moi, je suis de ceux qui pensent que tout ce qui peut creuser encore plus le fossé entre la police et la jeunesse, qui peut creuser encore plus le fossé entre la police et la population. Il faut le condamner. Alors oui, il y a eu des propos, il y a eu des comportements, il y en a encore qui sont inadmissibles. Encore une fois, contrairement à ce qu'on peut dire, ils sont minoritaires. Mais ces propos-là, ils doivent être sanctionnés. C'est aussi simple que ça. Bon, et à partir du moment où ils sont sanctionnés, il n'y a aucun problème. Je veux dire que dans toutes les professions, il y a des vordilles galoses.

Bon, eh bien, s'il y en a, ils n'ont rien à foutre de la police. Vous reconnaissez quand même ? Le gars qui a été suspendu, le flic, bon, un mec qui tient des propos racistes, il n'y a pas à faire de raisonnement. Tu as tenu des propos racistes, tu n'as rien à foutre chez nous.

1:08:27
Présentateur

Voilà.

1:08:28
Invité politique

Les policiers doivent être exemplaires.

1:08:30
Présentateur

Vous reconnaissez quand même que votre parole fait plaisir à entendre pour moi, mais elle est quand même très minoritaire. Ou elle n'est pas ?

1:08:40
Invité politique

Non ? Là, je crois que vous vous plaintez. Mais je vais vous donner le sourire, parce qu'au contraire, c'est un espoir.

1:08:45
Présentateur

Oui, j'aimerais bien.

1:08:47
Invité politique

Moi aussi, sinon je ne me battrai pas. Bon, et puis si on ne se bat pas, Denis, si vous et moi ne se bat pas, chacun dans son registre, si nous ne se bat pas à l'intérieur de la profession avec les relais que l'on a dans tous les syndicats ou dans tous les corps et dans tous les grades, ça veut dire qu'on laisse tomber, qu'on me mette les bras, ça veut dire que c'est la cata. Donc, si j'ai réagi et si d'autres ont réagi avec moi après, c'est pour ça. C'est parce qu'il fallait tirer la sonnette d'alarme, il fallait secouer le bocal et essayer de réveiller un peu le lamirneau. Bon, je crois qu'on y est arrivé et t'as mieux. Bon, et j'espère que ça va continuer.

En tout cas, pour tant que je ferai encore un peu de souffle, je le ferai. Je me marierai ce combat. C'était le combat

1:09:29
Présentateur

ça va, vous êtes super jeune, 62 ans, vous pouvez encore reprendre du service. Il y en a qui travaillent à cet âge-là encore.

1:09:35
Invité politique

Oui, mais je travaille un peu quand même.

1:09:37
Présentateur

Oui, je vois ça. Mais est-ce que vous avez un retour d'ailleurs du ministère ou des gens qui vous ont dit écoute, retourne à ta retraite, arrête de nous pomper l'air, non ?

1:09:51
Invité politique

Non, mais j'en ai eu quelques-uns, bien sûr. J'en ai eu quelques-uns. Vous savez, dès que vous déragez un peu le conformisme à l'hier et dès qu'en plus, parfois, malheureusement, les plus gentils, ils ne comprennent pas, etc. Mais sûr qu'on a eu des retours. Mais encore une fois, ce qui m'a surpris, Denis, et ça m'a encouragé, c'est qu'on a eu beaucoup, beaucoup de retours. Je ne parle que des flics, on a eu beaucoup, beaucoup de retours positifs, le flic, qui ont dit bravo,

1:10:20
Présentateur

bravo. Mais écoute, Jean-Louis, je vous pose encore une ou deux questions, Jean-Louis, parce que la prochaine échéance syndicale à la police, c'est quand, les prochaines élections ?

1:10:29
Invité politique

Alors, il y a deux solutions. Soit les prochaines élections professionnelles auront lieu en fin de l'année prochaine, si c'est avancé, ou alors en début de l'année 2022. Voilà, ce sont les prochaines échéances professionnelles.

1:10:43
Présentateur

Bon, on a encore pas mal de coups à prendre jusque-là, mais vous,

1:10:50
Invité politique

quand vous dites que… Vous allez voir que maintenant, suite à cette sortie qu'on a pu faire à plusieurs, vous allez voir que les choses vont bouger.

1:11:02
Présentateur

Mais quel syndicat pourrait reprendre cette parole-là ? Pardon ? Quel est le syndicat qui pourrait reprendre cette parole-là ?

1:11:10
Invité politique

Écoutez, moi j'espère qu'il y aura toujours plus il y en aura, mieux ce sera. J'espère que le syndicat qui est censé aujourd'hui défendre les valeurs traditionnelles et historiques du syndicat général de la police et le fera. Je suis convaincu parce que j'en connais à l'intérieur de cet appareil qu'ils sont tout à fait capables, ils l'ont montré, de le faire. Il faudra qu'ils se battent à l'interne parce que vous savez, vous me demandez si le ministre ne m'a fait pas céder mes salles, etc. Bon, il a certainement appelé certains secrétaires généraux, peut-être leur s'en jouait, à l'heure d'Isa, mais bon, Arajol, vous ne pouvez pas un peu les faire fermer, etc.

Mais bon, ils ont dit que ce n'est même pas la peine d'essayer. Bon, moi, je suis un homme libre et tant mieux. Et j'espère que demain, par contre, cette peur, parce qu'il y a cette timidité, cette peur, ce même que d'habitude, il faut qu'ils y aillent, il faut qu'ils y aillent. Et plus ils défendront cette image de la police républicaine, plus les flics seront contents, plus ils seront fiers de faire leur boulot. Moi, j'ai toujours été majoritaire, le SGP a toujours été majoritaire et pourtant, ça ne nous empêchait pas de prendre des positions que vous connaissez. Donc, ça prouve bien que lorsque l'on prend ce genre de position, les collègues nous en sont reconnaissants.

Les collègues nous en sont reconnaissants. Non, moi, je ne suis pas, je ne dis pas que tout est rose et que demain, tout va s'arranger. On n'est pas dans le monde des bisounours et le monde de Peter Pan. J'en suis conscient et je crains d'ailleurs que le troisième tour social soit terrible, qu'il y ait à nouveau des violences et que la police soit, encore une fois, et souvent, montrait du doigt.

Bon, eh bien, c'est à ce moment-là qu'il faudra que les organisations syndicales et leurs secrétaires généraux et en particulier, eh bien, ceux qui sont censés ou qui doivent avoir des positions républicaines, je pense, vous avez parlé de Vigie, vous avez parlé de la FSU, je parle d'unité SGP police, ces syndicats-là doivent prendre des positions courageuses et ne pas accepter de commettre l'inacceptable. Voilà, encore une fois, une police, elle est issue du peuple, elle n'a pas à se dissocier du peuple.

Quand vous écoutez l'Allemand, parce que moi, excusez-moi de faire une parenthèse sur ce préfet, quand même, j'ai écouté cette audition encore hier soir, comme je savais que j'allais me faire charcuter par Denis Robert, pourriez bien que je révise ma leçon. Donc, j'ai écouté l'audition de l'Allemand. À la fin, il me manquait quoi ? Un tiers à écouter. Et à la fin, il y a une question, je crois que c'est Marie-Pierre de Lagontry, qui était conseillère de Paris, que j'ai connu à l'époque, qui est sénatrice maintenant et qui lui pose la question. On a reçu des représentants des policiers, ils sont fatigués, ils n'en peuvent plus.

D'ailleurs, elle a dit une chose qui est très vraie, c'est que les policiers avaient demandé dans le cadre du 20e de l'Ordre aussi de ne pas aller au contact, il fallait conserver cette vieille tradition du 20e de l'Ordre de conserver les manifestants. Bref. Et elle revendiquait aussi que les policiers étaient fatigués, qu'ils n'avaient même plus de samedi pour passer un peu de temps en temps en famille avec eux, parce que ça aussi, vous comprenez, ça pousse un peu les mecs dans leur tranchemins, ça les pousse à vous, ça n'arrange pas les choses.

Et l'Allemand répond, j'ai réécouté deux, trois fois, je ne sais pas si ce n'était pas leur tardive qui nous faisait perdre les PSO, l'Allemand répond, non, les policiers ne sont pas fatigués, oui, ils sont fatigués physiquement, mais pas moralement. Pas fatigués moralement, pas avoir du tout la vision de la police, mais le pire, mais le pire, c'est qu'il dit, je reconnais que, vu le problème, vu les circonstances, eh bien, les policiers ne peuvent pas avoir leur samedi, parce qu'il faut un certain nombre de flics et que malheureusement, on est obligé de les rappeler qu'ils n'ont pas...

Pour plus que les problèmes des policiers soient réglés à ce niveau-là et qu'ils puissent avoir leur samedi, le mieux, ce serait qu'il n'y ait plus de manifestations.

1:15:01
Locuteur 3

On ne peut pas donner des récupérations le week-end. La vraie difficulté, c'est ça. Et donc, on donne aux unités qui sont engagées des récupérations en semaine. Et pour les gens qui ont une vie de famille, très objectivement, ce n'est pas terrible. Mais, si vous voulez, le quantum juridique est donné, où il est stocké suivant les règles, mais ce n'est pas satisfaisant. J'en suis parfaitement conscient. Et pour donner des récupérations le samedi, encore faut-il que les manifestations s'arrêtent.

1:15:27
Invité politique

Voilà. C'est extraordinaire. C'est-à-dire que pour que les flics puissent savoir leur week-end, il ne faut plus qu'il y ait les manifestants dans les rues. Non, mais, comment, comment, vous savez, moi, je me suis toujours dit de quel côté on va pouvoir ranger ce préfet-là qui vient de l'arraîner et qui a remplacé M. Delepèche que je connaissais très bien, par contre. Comment on va pouvoir le ranger ? Est-ce qu'on va le ranger plus proche de l'étagère Papon ou est-ce qu'on va le ranger plus proche aujourd'hui, très franchement ? Il est plus proche du casque-à-pointe que de Confucius. Donc, je ne sais pas, mais il devrait réfléchir à ça parce que les traces qu'on laisse à N.

Delepèche au niveau de la préfecture de police lorsqu'on est préfet de police, les traces qu'on laisse quand on est secrétaire général d'un syndicat aussi. Voyez-moi, je vous parle de Chonac, je vous parle de Rioux, je vous parle de Monat. Ces paroles-là, ces prises de position de Deleplasse, frappées un manifestant à terre, c'est ce que j'ai dit on aurait sans même, l'action de Gerboli qui crée un cordon sanitaire pendant l'année, fin 90, entre les jeunes et les filles pour ne pas qu'il y ait des jeunes blessés.

Toutes ces actions-là, elles resteront, quand j'ai fait disparaître le Front, excusez-moi, je fais un peu de cocorico, je parle quand même un peu de moi, et quand j'ai fait disparaître le Front National de Police, le PISA, le syndicat de police, etc., tout ça, ça restera. Ce sont des paroles, ce sont des prises de position qui resteront gravées dans l'histoire. Eh bien, moi, j'invite tous les syndicats républicains qui fait la grandeur de la police nationale.

1:16:59
Présentateur

Merci. Non, mais j'aimerais vous croire, je vous entends, mais quand je vois les sondages, plus la moitié des policiers votent FN, quand je vois à quel point l'Allemand est toujours soutenu par Emmanuel Macron, je ne peux qu'être inquiet.

1:17:21
Invité politique

Il ne va pas le virer. Ils ont mis en place, ils ont viré le pauvre Delpuech. Vous savez, j'ai vu Delpuech un peu avant les événements, pendant une heure, une heure et demie dans son bureau. Je peux avoir encore, je l'ai dit tout à l'heure, quelques contacts avec certains préférents. Peut-être, on ne serait pas d'accord avec moi. Delpuech, c'était un flic républicain, c'était un préférent républicain. Moi, je ne l'ai pas dit que je l'ai connu à l'époque.

Sauf que Delpuech, eh bien, au bout d'un moment, lorsqu'on lui a demandé de durcir, ce qui est mis, on se l'engage que je vois, lorsqu'on lui a demandé de durcir encore plus le maintien de l'ordre sur la capitale, et d'être encore plus répressif,

1:17:59
Présentateur

je pense qu'il a refusé. Voilà. Et Grimaud avait fait pareil en 68, avec sa fameuse lettre. Oui, c'est extraordinaire,

1:18:07
Invité politique

ce qu'il y a de Grimaud. Voilà. Donc, moi, je crois que, vous voyez, je crois que cette police-là, elle existe, que le corps préfectoral, etc., il existe. Après, l'Allemand, qu'est-ce que vous voulez, il a été mis là par Castaner. Bon, vous savez, Castaner, c'est pareil. Je ne sais pas ce qu'il laissera dans l'histoire. Comme, voilà, bon, moi, des fois, on me demande et on me dit qu'est-ce que vous allez foutre chez Pasqua.

C'est que, d'abord, j'avais été déçu des fantomages du ministère de l'Intérieur, qui était un marchand qui avait commencé un peu à complètement propériser le service public de sécurité, alors qu'ils étaient censés, eux, défendre les valeurs pour lesquelles on militait depuis des années. Bon, et un mec comme Pasqua qui a été ministre de l'Intérieur, il y a eu deux ministres de l'Intérieur qui ont fait un plan de modernisation pour la poli-nationale et il n'a pas eu c'est qu'un, c'est le pire chose. Et il y a eu Charles Pasqua. Bon, et puis Charles Pasqua, excusez-moi, il n'allait pas danser en boîte de nuit le soir quand les flics en prenaient bien l'autre sur les chaises d'Elysée.

1:19:06
Présentateur

Jean-Louis, je vous remercie. Vous avez un bouquin qui sort en juin que je lirai avec intérêt. Donc, c'est un peu dans la continuité. Vous avez repris du service. Ce qui serait bien, c'est que vous repreniez vraiment du service. Vous retourniez bosser à la police pour reprendre un peu un syndicat et qu'on respire un peu mieux. En tout cas, je suis ravi qu'on ait eu cette conversation. J'ai l'impression que c'est moi le rabat-joie et vous le mec qui filez la patate.

1:19:38
Invité politique

Denis, en plus, vous, c'est normal, vous êtes toujours là-dedans. Vous voyez forcément tout ce qui est négatif. Moi, il ne faut pas croire que c'est simple non plus tous les jours quand j'ai les flics au téléphone. Quand je prends ce genre de position, j'ai même des filles que j'aime beaucoup et qui ne comprennent pas et ça me peine de voir qu'ils ne comprennent pas parce qu'ils sont jeunes et qu'ils manquent de maturité. Mais je suis aussi assez confiant parce que je sais que dans ces organisations, encore une fois, il y a des jeunes, des hommes, des femmes qui peuvent représenter l'avenir de la police républicaine.

C'est à moi, Richard Gervaudi, à tous ceux qui peuvent les aider parce qu'ils ont besoin encore plus qu'hier que nous de soutien au sein même de la maison et au-delà et au-delà parce que moi, je leur ai dit ne pensez plus flics, pensez aide-soignant, pensez pompier, pensez voilà. Le problème du service public de sécurité, le problème de la police, c'est le problème du service public. Moi, j'ai le service public, je vis au corps. Et encore une fois, c'est ce service public qu'il faut défendre.

1:20:43
Présentateur

Et quand vous les avez vus matraquer les policiers, ça a dû vous faire bizarre quand même. Matraquer les pompiers, je veux dire.

1:20:48
Invité politique

Ouais, c'est une image qui m'a... Moi, j'ai plus mon téléphone là, je me disais, c'est quoi ce bordel ? Qu'est-ce qui se passe ? Et puis surtout, c'est là que j'aurais aussi aimé entendre envoyer une voix dire très clairement les choses, dire arrêtons ce massacre, entre guillemets, arrêtons de montrer une telle image de la profession. Ce n'est pas possible. On intervient tous les jours avec eux dans des conditions difficiles. Bon, on est dans le même registre social et on montre comme ça à toute la France des images qui sont insupportables. Donc ça, ça, je ne vous cache pas que bon, moi, ça m'a beaucoup affecté, effectivement. Mais je suis confiant encore une fois, je pense que...

1:21:32
Présentateur

Mais je pense qu'elle a marqué aussi les policiers qu'ils n'ont pas envie de revivre ça. Il y a eu un... Toujours, il y a des phénomènes d'entraînement

1:21:38
Invité politique

et puis... Bien sûr que même moi, je suis surpris parce que je dis ça va être très dur. Quand j'ai vu Rocco Contento, par exemple, faire à sa tribune, c'est la première fois qu'il fait une tribune comme ça. Il est jeune,

1:21:49
Locuteur

Rocco Contento.

1:21:50
Invité politique

Bon, et je lui disais arrête d'aller à la télé pour faire le petit reporter de Sarny. Je lui dis toujours ça à mon ami Rocco. Bon, là, quand il a fait cette tribune-là, je lui dis chapeau. Alors après, je lui ai souvent mis au téléphone dans la journée parce que je savais qu'il allait avoir une pression intérieure. On a été surpris très agréablement. Il y a encore, il me disait qu'il avait reçu des messages de collègues et tout. Enfin, voilà. Vous savez, ces messages, ce discours, autant aujourd'hui, il est un peu absent, mais à l'époque, il était très présent. Et il y avait ce ciment entre les flics républicains qui se reconnaissait dans ces valeurs-là.

Moi, je ne suis pas commun que ce soit un corps. On joue une période de transition. On joue gros. Je ne suis pas sûr qu'on réussisse. Mais en tout cas, vous pouvez compter sur moi et sur beaucoup d'autres pour faire en sorte que ce soit le cas et que la police républicaine est encore de beaux jours devant elle.

1:22:40
Présentateur

J'ai oublié de vous parler des LBD et je voudrais que vous demandiez dans la lettre l'interdiction des LBD. Donc, on est assez d'accord là-dessus.

1:22:48
Invité politique

Oui, c'est-à-dire que ça rentre dans le cadre de ce que nous évoquions tout à l'heure, c'est-à-dire l'ensemble de la doctrine du maintien de l'ordre qui est employé. C'est une doctrine de guerre, c'est une doctrine militaire. Chacun a bien pu voir puisqu'on a changé les munitions. À un moment donné, les missions qu'on appelle les munitions universelles ont été changées à la CST. Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques. En tout cas, on a bien vu qu'il y avait des problèmes avec le LBD et le problème, il est simple aussi. C'est qu'on a employé à des missions de maintien de l'ordre. On ne l'a pas dit, si bien de le rappeler.

On a employé dans ces fameuses d'art qui sont devenus des braves de l'Allemagne, on a employé des effectifs de la DESPAP qui ne sont pas habitués à ce genre de mission. DESPAP ? Je n'ai pas compris. DESPAP, c'est une direction. Il y a deux directions à l'APP. La direction qui s'occupe de l'ordre public et la direction qui s'occupe de la sécurité publique. En fait, dans la DESPAP, vous avez par exemple les BAC. On a appris les BAC, on a créé des unités de 20 ou 30 collègues qui sont donc maintenant employés à des opérations de maintien de l'ordre au sein de ce que l'on appelait à l'époque les DAR et qui maintenant sont devenus les BRAV.

la seule différence qu'il y a entre les uns et les autres, c'est que les BRAV, ce sont des unités constituées de 60 à peu près effectifs alors que les DAR, ce sont des unités qui étaient donc, il y avait à peu près 20-30 effectifs à l'intérieur. Donc, il n'y a qu'un grossoeur en nombre qui a été différente. Mais, ce qu'il faut retenir, c'est que par faute d'effectifs suffisants au sein du maintien de l'ordre, par faute de professionnels du maintien de l'ordre, on a pris des jeunes policiers qui ne sont pas aguerris à ce genre de mission. Et ça, ça provoque aussi des problèmes que l'on a évoqués avec le LBD.

Mais ce qui est vrai pour le LBD, qui va disparaître tout de suite puisqu'aujourd'hui il y a des études qui démontrent que maintenant on est sur un retour un peu au coubar. Alors, le coubar, vous savez, c'est le lance qu'on a à plusieurs coups qui serait beaucoup plus léger que le coubar. Bref, le but c'est d'équiper très vite toutes les unités de maintien de l'ordre de cette arme. Ce qui prouve bien qu'il y avait quand même un problème avec les grenades GLI, c'est la même chose. Donc, on s'est rendu compte qu'il y avait des problèmes. Maintenant, on veut écouler des stocks. Là aussi, c'est un truc de fou. Donc, tant qu'on en a, il faut qu'on écoule des stocks.

Et en 2021, on va les remplacer par d'autres grenades qui sont beaucoup moins dangereuses, qui sont des grenades GM2, etc. Ça prouve qu'on emploie du matériel de guerre parce que c'est du matériel de guerre. On emploie du matériel de guerre en temps de paix. Que je sache, l'émanime des Gilets jaunes, ce n'est quand même pas la bataille de Stalingrad. Donc, il faut absolument changer de doctrine.

Et tant qu'on n'a pas changé de doctrine, tant qu'on n'a pas revu le maintien de l'ordre comme il devrait être opéré, et ce n'est certainement pas celui qui a été exposé par le préfet allemand au Sénat qui doit être de mise, il faut interdire l'usage des LBD comme il faut aussi interdire l'usage des grenades GLI.

1:26:10
Présentateur

Et il faut interdire le préfet allemand ?

1:26:14
Invité politique

Écoutez, en tout cas, je ne sais pas s'il faut interdire, mais il serait comme je vous ai dit tout à l'heure. Voilà, il a le choix, il a deux cases, la case Papon et la case Bémo. À l'une voix.

1:26:30
Présentateur

Bon, là, j'appuie vraiment sur ce table et je vous remercie infiniment et je vous dis au revoir. Eh bien, moi aussi, Denis.

1:26:36
Locuteur 1

Le Média est indépendant des puissances financières et n'existe que grâce à vos dons. Soutenez-nous sur lemédiatv.fr et pour ne rien rater de nos contenus, abonnez-vous à nos podcasts. Sous-titrage Société Radio-Canada

1:26:51
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada