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interviewINA Histoire· 19 octobre 2022 18 min

Simone Veil : L'arrestation et la déportation (1/4) I Podcast INA

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] [Musique] la seule fois où j'ai eu une remarque antisémite et ça c'est la première remarque mais je n'en ai jamais eu d'autre au lycée quand j'étais au jardin de l'enfant parce que c'est à l'époque on entrait il y avait un essai de fille et où les garçons étaient accueillis jusqu'en 7ème commissaire y allaient m'emmenait le matin j'allais au jardin d'enfant à quatre ans quelque chose comme ça 5 ans il y avait la cour des petits et je revois toujours une camarade et qui me dit ta mère est juive tu es juive ta mère mon grand en fait brûler en enfer et je suis rentré en pleurs à la maison naturellement ça doit être probablement à peu près mon plus vieux souvenir d'enfant [Musique] Simone Veil seul l'espoir apaise la douleur [Musique] un podcast original produit par Lina écrit par les avenstein avec le concours de Dominique Missika [Musique] 11 mai 2006 Bry-sur-Marne Simone Veil 78 ans arrive dans le studio de Lina d'ailleurs mauve chignon brun elle prend place sans perdre de temps et fixe la caméra d'un regard vif elle est la 101ème ancienne déportée à participer à la collecte de témoignages conçus par Lina et la Fondation pour la mémoire de la Shoah dont elle est la présidente mais ce jour-là ni présidente ni ancienne ministre ni femme publique Simone Veil témoigne pour l'histoire répondant aux questions de Catherine Bernstein elle se confie sans détour et déploie patiemment tous les fils de sa vie l'enfance l'éruption de la guerre l'enfer des camps puis le difficile retour ce que vous allez entendre est un témoignage inédit c'est un récit intense en quatre épisodes qui suit l'implacable chronologie de la déportation des Juifs de France Simone Veil raconte tout elle ne veut rien éditer sa mémoire est précise et sa colère intacte seul c'est silence que nous avons conservé viendra rappeler qu'une part de cette histoire est restée là-bas dans ce lieu dont elle n'est jamais vraiment sorti [Musique] Simone Veil seul l'espoir apaise la douleur première épisode de l'arrestation à la déportation [Musique] Nice 30 mars 1944 la guerre dure depuis 4 ans Simone Veil à 16 ans sous le faux nom de Simone Jacquier elle vit caché chez l'une des professeurs de son lycée elle vient de passer son bac et surfer la fin des épreuves lorsqu'elle est appréhendée dans la rue par des agents de la Gestapo [Musique] je vais arrêter dans la rue à Nice dans le quartier qui était d'ailleurs l'ancien quartier aux habitations le quartier des Musiciens et assez près d'ailleurs de l'hôtel Excelsior qui était l'hôtel où il mettait les gens avant d'être dans l'hôtel avant pas très loin de la gare SNCF des deux personnes je crois une femme et un homme qui me demande mes papiers j'étais avec un camarade de camarade et qui m'ont demandé mes papiers les sorties n'imaginant pas qu'il y avait un risque et ils nous ont amené tous les trois à l'hôtel de la Gestapo qui n'était pas loin à pied et ils m'ont dit vous avez un faux papiers etc mais non ils m'ont montré toutes ces cartes alors je me suis dit il faut que je fasse prévenir qu'ils changent de carte d'identité et je pense qu'ils ont suivi le garçon qui a fait ça et j'ai donné en me disant qu'il y avait aucun risque que la famille soit et par hasard vraiment effroyable ils sont tombés dans l'escalier enfin ils ont rencontré les gens qui étaient là et en plus ce même mon frère qui n'était pas si circoncis et qui était là qui n'était ni moment ni mon frère n'était jamais venu ce qui fait que le soir était à peu près quelques heures d'intervalles votre sœur Madeleine votre maman et mon frère et vous vous retrouvez tous les quatre à l'exception et on se retrouve tous les quatre avec une petite semaine ou une semaine on restait en général une semaine enfin on restait pas une semaine c'est à dire tu dois me prendre le jour auquel on était arrêté dans la semaine puisque c'était en fin de semaine je crois que ça va être le samedi qu'il y avait un wagon qui était réservé à wagon lasse les gens qui étaient en wagon agradéaire où là il faisait aussi une espèce de chantage en disant s'il y en a un qui s'évade les autres dans le même compartiment se Frontier en fait si on avait imaginé ce que c'était on a dans l'hôtel chaque jour il ramène soit des gens qui ont été arrêtés chez eux soit des gens qui ont à Nice ils ont beaucoup fait ça d'arrêter dans dans la rue sans sans grande rafle comme ça au hasard dans l'hôtel vous êtes dans une chambre juste tous les quatre où il y a d'autres qui sont les conditions de fête tous les cas comme c'était des chambres d'hôtel peut-être qu'il y avait une ou deux personnes je sais pas on était par terre sur des matelas on était convenablement nourri et avec ce curieusement les SS qui étaient là il y en avait un qui était en alsacien et qui était très gentil est-ce qu'on l'a pas de fait faire une commission pas je crois pas en inquiétez très très malheureux d'être là d'ailleurs très souvent les Alsaciens ont été dans les SS et à ce moment-là dès le lendemain on est incité je serai pas autorisé mais incité à écrire pour demander faire envoyer ce dont nous avons besoin et maman écrit à son ami italienne puisque c'est une italienne non seulement catholique mais en plus de famille très très convenable au point de vue de Marie et médecin et elle s'est elle sait où trouver soit par Antoinette soit par un chiffre d'affaires grand chose enfin des vêtements des vêtements chauds couverture ou ce que peut les Allemands nous inciter à demander le maximum de choses puisque toute façon c'était décidé à être récupéré et là donc reste ne sont pas arrêtés votre père et votre grand-mère qui eux sont qui sont ensemble ils sont dans l'ensemble chez justement chez les boletti ils sont deux frères qui avaient tous les deux étaient d'ailleurs à des moments différents successivement dessinateurs chez nous on va chez mon père et qui vraiment ce sont des gens qui est vraiment pas grand logement et qui garderont ma grand-mère jusqu'à la Libération à la Libération maison que les temps entre de Suisse la libération la France ils ont la chercher à Nice et à Paris mais jusque-là elle reste à peu près une semaine à l'hôtel Excelsior avant oui ou 400 jours je suis je sais plus quel jour on a choisi c'était je crois que les trains il y avait un train une fois par semaine enfin il remplissait un wagon une fois par semaine il leur fallait leur wagon une fois par semaine mais je ne sais plus peut-être 4-5 jours seulement ça pas été on n'est pas assez très longtemps des souvenirs ce voyage entre Nice et Drancy c'était un voyage relativement confortable puisque c'était un wagon qui était à wagon ordinaire raccroché à notre ordinaire alors simplement aux deux bouts de trucs c'était gardé par les SS puis la consigne de dire si avec soi-disant un responsable par compartiment pour le cas où il y aurait une évasion et puis les sentinelles qui font pendant le trajet ici aller au bout pendant dans les arrêts de garde puisqu'il y a les arrêts ordinaires le résultat font les sentinelles mais où toute façon personne quand déjà c'est un jeune a une vérité de s'évader les eaux disent mais alors on va tous être voilà alors que probablement la garde était pas tellement serrée et que certains aurait pu se mettre mais ça a été vraiment pour les gens qui sont partis en wagon alors bien sûr certainement plus difficile enfin les gens auraient eu aussi le chantage fait sur les autres et toujours un chantage je voudrais très lourd je sais pas est-ce qu'on parlait déjà Drancy oui je pense que oui mais on pense pas beaucoup plus loin dans si aussi on va aller travailler dans des camps etc on imagine pas mais même dans les wagons ensuite même quand on est à Drancy [Musique] vous arrivez à Drancy d'après mes notes le 7 avril 44 vous vous rappelez des premières impressions que vous avez eu si grande pièce c'est sinistre c'est bon on reste ensemble le plus possible on n'a pas travaillé du tout on n'a pas été affecté un quel qu'on travaille parce que on savait qu'on était destiné à partir très vite la seule question qui se pose c'est très vite on apprend que les jeunes gens ne partent pas et on dit que enfin les chefs du camp ils vont rester en France pour travailler pour l'organisation toute alors comme on n'est pas du tout sur de ce qui se passe après dans 6 pour nous on essaye pas du tout de dire à notre frère au contraire on dit si on a un qui reste si vous devez rester en France si les hommes doivent rester en France il vaut mieux rester et donc il reste à Drancy enfin du moins ça se décide la veille c'est la veille au moment où les gens qui partent dans le combat le lendemain matin tôt sont avertis ils disent que les jeunes gens enfin les hommes de moins de 50 ans et les jeunes gens les jeunes gens à partir de 18 ans c'est comme ça que mon frère reste seulement si il n'est pas déporté à Auschwitz et quant aux autres quand on part on sait on dit on va travailler est-ce qu'on va travailler en Allemagne enfin on sait pas où mais très certainement on peut penser que parmi les responsables juifs du camp certains doivent se douter de ce qui se passe on dit on va petit spoil voilà on sait pas alors est-ce que c'est l'Allemagne est-ce que c'est la France est-ce que c'est la Pologne est-ce que c'est mais d'abord on pense qu'on va rester en famille pense pas qu'il y aura une séparation personne à ce moment-là que la chambre de chambre à gaz une chose comme ça vraiment personne alors on se dit il y en a bon ce sera dur on travaillera on rentrera on rentrera pas pour les enfants on imagine pas vous partez avec le convoi 71 le 13 avril 44 parmi 1480 personnes donc d'ailleurs j'ai vu plusieurs enfants des enfants des yeux vous êtes dans le même wagon que votre mère et votre sœur toutes les trois et toutes tout à fait ensemble enfin oui on est toujours restés toujours n'a jamais été séparé je dirais que la première fois la seule fois où nous avons été séparés parce que même à un moment assez longtemps j'ai travaillé à l'extérieur bergenbergen à l'extérieur de des camps un peu séparés il fallait passer les barbelés des contrôles si vous avez regardé Melsen mais je rentrais toujours le soir voilà journée finie je rentrais et la seule fois où je ne suis pas rentré je crois peut-être deux autres fois parce qu'on avait travaillé jusqu'à minuit à la cuisine à cause des bombardements enfin on n'aurait pas pu rentrer mais sans ça la seule fois où je ne suis pas rentré voir ma sœur c'est le journal Libération par exemple sans ça on est toujours resté moi toujours été ensemble dans les convois on a et quels sont les souvenirs qui vous reste ce transport de ce voyage la place c'est la place pour s'asseoir et pour essayer de dormir peut-être ce plus que bon puis après les tunnels il y a ce qu'il faut manger ce qu'on a ou est-ce qu'il faut en garder qu'est-ce qu'on aura ensuite parce que quand on part on a tout de même on part avec du pain je sais pas ce monde de choses et on se dit qu'est-ce qu'on aura là-bas est-ce que alors il y a les théories de ceux qui mangent tout en disant c'est toujours ça ceux qui veulent garder enfin bon d'essayer de voir où on s'arrête par la petite lucarne toute petite donc de se rendre compte assez rapidement enfin dès qu'on est sorti de France qu'on traverse l'Allemagne à ce moment-là au mois d'avril je dirais qu'il fait ni froid enfin auprès de mes températures mais des gens qui sont malades des gens des qui pleure [Musique] et que nous on essaye de se tenir ensemble dans un coin je sais pas beaucoup de souvenirs je sais pas beaucoup de souvenirs [Musique] [Musique] [Musique] Simone Veil [Musique] seul l'espoir apaise la douleur un podcast original en quatre épisodes produit par Lina réalisée par mexom noise écrit par les avenstein avec le concours de Dominique Missika [Musique] avec la voix 10 adorada musique originale Michael yo [Musique] ce podcast a été réalisé à partir du témoignage de Simone Veil recueilli par Catherine Bernstein le 9 mai 2006 dans le cadre de mémoire de la Shoah une initiative de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et de Lina [Musique] [Musique] [Musique] l'intégralité du récit de Simone Veil est disponible en librairie dans seul l'espoir apaise la douleur une coalition Flammarion INA et en vidéo sur le site des grands entretiens de Lina entretien au pluriel point inna.fr

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