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videoyoutube.com· 12 juillet 2026

Canicule : pourquoi la VILLE VERTE devient vitale

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans le magazine du weekend. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30 pour cette émission préparée par Léa Varin réalisé par Marie Placé et à la technique MarieClaire ouabadi. Plus de 30°gr à midi hier dans les rues d'Anger.

Pour la pause déjeuner, les habitants se réfugient dans ce parc historique de la ville. Pour ça que je suis assise sous ce bel arbre et c'est très agréable. Vous sentez vraiment une différence ?

Ah oui. Ah oui. Sous les arbres.

Oui. Ah oui. Oui.

En tout cas, on voit la différence dans les rues et là dans le parc avec les arbres qui apportent de la fraîcheur aussi, l'ombre et mine de rien le coin avec l'eau aussi, ça apporte beaucoup de fraîcheur. À Anger, remettre de la végétation dans la ville est un enjeu primordial pour s'adapter à des températures de plus en plus chaudes. Par exemple, cette allée végétalisée était avant accessible aux voitures.

Le bitume a été enlevé, 180 arbres plantés. En cette période de canicule, c'est un lieu de confort. Démonstration avec ce thermomètre de surface.

Sur le bitume, il fait 32°gr et sous l'arbre 25. Voilà, les arbres refugent des citadins. Encore faut-il pouvoir planter comme on vient de l'entendre dans ce reportage de France Télévision diffusé le 19 juin durant un épisode de canicule historique.

Depuis, la France continue de suffoquer 37 départements en vigilance rouge ce dimanche avec des maximales comprises entre 37 et 41°gr. Selon le haut conseil au climat, l'Hexagone et la Corse se sont réchauffés de 2,2° entre 2016 et 2025. Pour s'adapter, il nous faut entre autres végétaliser les villes.

Mais où et comment planter ? Quelles essences et surtout avec quel moyens ? Pour faire le point sur les défis de la ville verte, avec nous en studio, Françoise Vimeux, climatologue à l'Institut de recherche pour le développement.

Bonjour. Bonjour. Amandine Richarbe, ingénieur en environnement, coordinatrice scientifique et thématique à l'ADEM, l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Bonjour. Bonjour. Et à distance, Sylvain Griseu, urbaniste, fondateur et président de l'association Transition Urbaine.

Bonjour. Bonjour à toutes les trois. Merci à vous trois d'avoir accepté notre invitation.

France Culture, le magazine du weekend Dialo. On va commencer par un rapide tour de table. La canicule de fin juin a profondément affecté les corps et les esprits.

Selon Météo France, il a fait 40°gr minimum sur 40 % du territoire. Vous qui travaillez sur ces questions depuis plusieurs années, qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette semaine infernale Amandine Richarbe ? Ce qui est marquant, c'est que aujourd'hui tout le territoire est touché.

C'est un territoire français qui pouvait avoir des zonage et plutôt vers le sud de canicule. Aujourd'hui, on voit que c'est réparti sur l'ensemble du territoire et puis même on voit aussi sur le territoire européen. Et bah c'est à la fois la durée, la précocité et aussi l'intensité.

Mais c'est vrai que cette fréquence au mois de juin et en plus la durée de ces épisodes, c'est des choses qu'on qu'on a rarement vu et qui sont en tout cas assez choquants et encore plus pour la population qui en souffre. Sylvain Griseau, écoutez moi, c'est les les signes d'emballement en fait de la crise qui m'ont vraiment surpris. Je les ai collecté au fur et à mesure qu'on avait les nouvelles qui tombaient.

C'est une usine qui ferme, c'est les centrales nucléaires qui qui ralentissent ou qui s'arrêtent. C'est des bureaux qu'on évacue à la défense, faute de faute de climatisation. En fait, on on voit qu'il y a un effet direct sur nos modes de vie, mais aussi sur toutes les infrastructures urbaines et et qui a des risques d'emballement.

Et c'est vrai que moi, j'ai senti j'ai senti aussi une peur d'un certain nombre de de mes collègues, de mes amis et de moi-même parfois à certains moments par rapport à à ce qui pourrait advenir s'il y avait de tr jours de plus comme ça. Et Françoise Vimeux. Oui.

Alors, je crois que nous en tant que climatologue, on n' pas été surpris hein de voir ce type de vague de chaleur juste après une autre vague de chaleur fin mai. Et si je devais quand même euh dire un chiffre qui qui m'a marqué, vous l'avez dit hein, c'est ce seuil des 40° qui a été atteint ou dépassé plus d'une fois sur 40 % de notre territoire, en particulier dans des territoires où les précédents records étaient vraiment très très loin. Et c'est peut-être ça qui m'a marqué en fait.

Par exemple à L dieu, on a atteint 41°gr. On a battu le précédent record de 5°gr et battre des records de 5°gr, c'est vraiment je dirais presque extraordinaire au sens premier du terme. Et ce chiffre des 40°gr, est-ce qu'il était plus visible ?

Alors en fait ce qu'il faut bien comprendre c'est que le seuil des 40°gr avant les années 80, c'était un seuil que l'on dépassait extrêmement rarement. Euh depuis 2015, on le dépasse quasiment euh tous les ans, plusieurs fois, plusieurs dizaines de fois. Et là, fin juin 2026, on était à 114 fois, hein.

Ce seuil a été dépassé déjà 114 fois. Donc c'est c'est vraiment une situation complètement inédite et surtout ça a été dit euh par sa précocité. Donc, on a vraiment passé un cap là.

On fait face à ce qu'on appelle ces ces nouvelles vagues de chaleur qui vont devenir notre quotidien, notre norme. Je rappelle hein que cette vague de chaleur, elle aurait été totalement impossible euh dans un climat non modifié par l'homme et même il y a juste 50 ans, en 1976, on battait à cette époque hein des records du début du 20e siècle. Et bien même en 1976, les études qui datent de il y a quelques jours montrent que cette vague de chaleur de juin 2026 aurait été impossible.

à la fois en terme d'intensité et à la fois en terme de précocité. Donc justement, il va falloir s'adapter et la végétalisation est considérée comme un outil d'adaptation très efficace et vous expliquez que c'est non seulement l'outil le plus rapide mais aussi le moins coûteux. Est-ce que vous pouvez nous expliquer Françoise Vim ?

Alors, en fait, l'adaptation euh des villes euh aux vagues de chaleur, euh c'est un point absolument crucial et il y a différentes solutions. La végétalisation, euh elle en fait euh partie. Et euh la végétalisation, pardon, euh ça peut être une première solution de court terme.

Parmi euh toutes les solutions euh que l'on a, il y a des solutions qui prennent du temps ou bien parce que il y a un temps de mise en œuvre qui est important ou bien parce qu'elles sont coûteuses. La végétalisation, ça a déjà commencé hein, en fait par exemple dans dans les cours d'école. Et c'est quelque chose qui peut se mettre en place facilement, qui est aussi très bien accepté par la population.

Et ça c'est un point important, hein. La population doit adhérer aux solutions d'adaptation qu'on lui propose. Et quels sont les lieux à végétaliser en priorité ?

Oh, je dirais un peu partout dans dans les villes. Alors, j'ai parlé des cours d'école, enlever le bitume. Pourquoi ?

Parce que le bitume, c'est noir, ça va garder euh la chaleur et donc si possible enlever le bitume, c'est pas grave hein, si les enfants sont un peu sales quand ils rentrent de l'école. mettre de la végétation avec différentes strates de végétation, pas que des arbres. Je pense qu'on en reparlera après.

Ensuite, il y a bien sûr les rues. Euh alors la végétalisation dans les rues, ça peut être un peu plus compliqué et puis ce qu'il faut faire attention, c'est que planter des arbres au milieu du bitume, c'est pas forcément non plus une bonne idée parce qu'il faut que l'arbre, il puisse récupérer de l'eau pour après la recracher he quand quand il fait chaud. Donc là, il y a c'est vraiment je dirais euh une spécialité hein que que moi je n'ai pas mais je dirais qu'il faut planter de la végétation un peu partout en ville.

Dès qu'on peut le faire, il faut le faire. Selon une étude scientifique internationale de 2023 publiée dans la revue Zeland 7, adapter les villes européennes aux canicules en les recrouvant à 30 % d'arbres contre 15 % hein pour la moyenne actuelle pourrait réduire les morts liés à la chaleur de près de 40 %. D'autant que l'Europe se réchauffe plus vite que les autres continents et que sa population vieillissante est particulièrement exposée.

L'OMS alerte plus de 200000 personnes sont décédées des suites de la chaleur en Europe au cours des quatre dernières années. Françoise Vimeux, je continue avec vous. Quels sont les bénéfices procurés aujourd'hui par les arbres en milieu urbain ?

Alors en fait, vous l'avez dit hein, quand on il y a des enf il y a des études qui mesurent la température au sein d'un parc par exemple à Paris et puis dans quelques rues à côté qui sont complètement minérales, on a des différences de température de plusieurs degrés he ça peut atteindre 8 9 voire 10°gr donc c'est absolument énorme. Ces bénéfices de la végétalisation, ils ont été mesurés. Euh vous l'avez dit hein, l'Europe est particulièrement concernée euh par les risques sanitaires d euh aux vagues de chaleur.

C'est un des quatre grands risques hein, qui a été identifié pour le continent européen et c'est probablement des risques queon n'a pas bien pris en compte euh je dirais il y a il y a une dizaine, il y a il y a encore une quinzaine d'années. Donc là euh on espère hein que les esprits vont être marqués. Vous vous l'avez dit et donc il y a il y a vraiment un bénéfice énorme.

Mais encore une fois la végétalisation n'est pas la seule solution. Elle doit être couplée avec l'isolation thermique de nos bâtiments, la rénovation de nos bâtiments, l'architecture intérieur, l'architecture extérieure, hein, mettre des stors, des parsoleils, des brises soleil. Il y a aussi faire rerentrer l'eau dans la ville et ça si on veut avoir de la végétation, c'est absolument indispensable.

Et puis il y a tout un travail sur quel type de végétation on va mettre, dans quelle ville, hein. Évidemment, si vous plantez des arbres qui ne résistent pas à la sécheresse et à la chaleur, ça c'est pas du tout une bonne idée. D'autant que, en plus, on parle d'arbres matures, hein, parce que il faut du temps pour qu'un jeune arbre offre son plein potentiel.

Combien de temps à peu près ? Alors, en fait, c'est ce que je disais tout à l'heure, quand on veut végétaliser, il faut certainement végétaliser à différentes hauteurs. On peut pas planter que des arbres matures, c'est pas possible.

Il faut planter des jeunes arbres. La bonne nouvelle quand vous plantez des jeunes arbres he c'est qu'ils vont ils ont besoin de carbone he pour se construire hein leur leurs trons, leurs feuilles. Donc ils vont finalement absorber du dioxyde de carbone.

Donc en plus ils nous rendent un autre service he que de nous nous donner de l'ombre euh ou de de nous rafraîchir par lesvapu transpiration. Et donc oui, ça prend du temps. Un arbre selon les espèces, ça va être 10, 15, 20 ans.

Mais je pense que faut pas que ça soit une limite qui nous empêche d'agir, hein. Oui, c'est il faut agir maintenant. C'est d'autant on aurait dû déjà agir il y a bien [raclement de gorge] longtemps.

Selon une enquête de l'UNEP, l'Union nationale des entreprises du paysage, 80 % des Français trouvent qu'il n'y a pas assez de végétal en centre-ville. Dans le classement des villes les plus vertes de France, Anger arrive en tête, suivi par Ansy et Metz. Est-ce que sont est-ce que ce sont des modèles réplicables ?

Est-ce qu'on peut planter partout aujourd'hui dans toutes les villes ou est-ce qu'il y a des contraintes à prendre en compte Sylvain Grisau, notamment au niveau des sols ? Alors oui, on peut on peut on peut évidemment planter dans toutes les villes euh et il y a aussi des contraintes partout hein, y compris à GMS si vous voulez. Donc on a des contraintes qui sont qui sont extrêmement importantes.

Alors quand on quand on parle de végétalisation, on parle souvent plutôt d'espace qui sont maîtrisés par la puissance publique, ce qui est déjà une forme d'erreur, hein. On a au moins la moitié des potentiels de développement de la canopé, ces fameux 30 % hein qui qui son expliquer ce que c'est que la la canopée, hein, c'est l'étage supérieur des arbres. C'est ça, hein.

Oui. Et si vous voulez, quand on parle en pourcentage de canopé, ça évite de nombre d'arbres. parle de nombre d'arbres en fait ça peut être des tout petits arbres qui vont mettre 30 ans à faire de l'ombre ou un vieux platan qui est là depuis 50 ans.

Voilà. Donc le pourcentage de CAMOP, c'est finalement la part de la ville qui est à l'ombre des arbres. Donc ce objectif de 30 %, il est assez intéressant.

Il nous dit pas grand-chose au réel. Par contre euh il donne des objectifs et des objectifs politiques d'autant plus intéressants quand on les applique quartier par quartier parce qu'il y a de très fortes inégalités, y compris dans des villes qui sont qui sont déjà pas mal végétalisées. Euh des contraintes, il y en a beaucoup notamment parce qu'on a besoin de place he de surface.

Donc bah rapidement quand on sort de la cour de l'école, on arrive dans la rue et là tout à coup bah si on végétalise, il faut prendre la place à quelqu'un et bien souvent c'est à la voiture plus exactement la voiture qui est garée, hein. Donc rapidement, on a on a là-dessus une forme de lutte des places euh sur lequel bah faut être suffisamment déterminé euh sans doute avoir des discussions et des négociations plutôt l'été, les jours de canicule euh que l'hiver quand plus personne se se préoccupe euh de ces coups de chaud. Et puis on a aussi besoin d'une en sous-sol, hein.

Euh euh or sous euh sous sous les espaces en robé aujourd'hui euh on a des on a des réseaux qui sont présents et qui sont nécessaires. On a des contraintes de gestion, de circulation. Bref, le sol urbain, c'est pas un sol de forêt, il est complexe et ça ça impose d'avoir toute une ingénierie finalement qui permet de planter et de planter comme il faut, hein.

Ça a commencé à être dit par Françoise. Euh aujourd'hui euh on a on a l'habitude finalement le planter, de faire ce qu'on appelle des fosses d'arbres, des donc finalement quasiment des des arbres en peau hein euh euh avec peut-être quelques mètres cubes de développement potentiel pour eux mais peu d'accès à l'eau, peu d'accès à la à la terre, peu d'accès à des à à une vraie capacité de développement des réseaux racinaires. Donc il y a aussi d'autres méthodologies qui commencent à être mises en place pour qu'il y ait réellement la place d'avoir un développement cohérent des des arbres. cette question de l'eau, cette question du manque d'eau, on le voit aujourd'hui dans les villes, beaucoup de de feuilles d'arbres sont très sèches.

Comment est-ce qu'on la prend en compte dans la végétalisation d'une ville ? Alors en fait, quand on parle d'adaptation et de nouveaux climats, mais Françoise en parlera mieux que moi, mais nous en tout cas en tant qu'urbaniste, on est confronté à deux choses. On est confronté à cette sécheresse à la fois pour le végétal, mais on va le voir à la fin de l'été aussi hein pour pour l'approvisionnement n potable de la population.

Euh mais on est aussi confronté euh à de plus en plus d'événements plus vieux qui sont extrêmement brutaux, hein, et qui sont pas euh finalement euh les événements qu'on connaissait euh il y a 10, 15, 20 ou 30 ans. Donc nos villes, elles sont pas faites non plus pour ça. Donc aujourd'hui, dans la façon dont on dessine on dessine aux espaces urbains, que ce soit du bâtiment à l'espace public, j'ai envie de dire on tend à ralentir l'écoulement de l'eau de façon à garder chaque goutte de pluie et qu'elle passe au pied de l'arbre.

Au pied de l'arbre, il doit y avoir aussi suffisamment de terre de façon à ce que et et une terre de qualité de façon à ce que toute l'humidité qui est conservée soit là. Et puis aussi prévoir euh des formes de gestion d'urgence euh avec des formes d'arrosage par exemple. euh pour des jeunes plantes qui viennent d'être planté ou pour des canopées qui sont euh bah qui sont structurantes pour pour la ville avec des arbres qui peuvent être eux-même menacé hein par la canicule et qui peuvent avoir besoin besoin d'eau à la fois pour survivre et pour maintenir une de leurs fonctions qui est l'évapu transpiration hein qui est qui est une forme de de brumisateur naturel. bah l'arbre peut le faire s'il a de l'eau.

Donc il y a vraiment deux combats pour nous dans le design de l'espace public notamment c'est désimperméabiliser pour retrouver une forme de ville éponge, avoir une infiltration de l'eau au quotidien et notamment quand on a des événements violents, des événements plus vieux violents, mais aussi ramener ramener toute l'eau qu'on peut au pied des arbres. [musique] Savez-vous planter un ? Ce serait une bonne idée. [musique] Savez-vous planter un arbre ?

Moi, je veux bien vous aider. Savez-vous écoutez là quand il murmure dans le vent ? Savez-vous écouter [musique] l'arbre ?

Ster qu'il est bienve. Ça peut-être un érable ou bien un cerisier, [musique][chant] un orme ou un boulot, un péché, un premier. Savez-vous soigner [musique] un auton et printemps ? [musique] Savez-vous soigner un arbre ?

Ça demande beaucoup de temps. [musique] Savez-vous aimer un arbre ? Savez-vous planter un arbre Henry Salvador ?

En tout cas, c'est le cas de nos invités, j'ai l'impression. Bienvenue hein, si vous nous rejoignez en direct sur France Culture dans ce magazine du weekend consacré au défi de la ville verte. En France, chaque collectivité fixe ses propres objectifs de végétalisation.

Pour aider les élus, l'État a mis en place des outils de diagnostic et d'accompagnement comme la démarche Tact avec 2C pour trajectoire d'adaptation au changement climatique des territoires ou encore plus fraîche ma ville. Objectif se préparer à une France à + 2,7° en 2025 par rapport à l'air pré-industrielle. En 2050, pardon, par rapport à l'air pré-industrielle.

Amandine Richar, l'ADEM est une agence de la transition écologique placée sous la tutelle du ministère en charge de l'environnement, du ministère en charge de l'énergie et du ministère en charge de la recherche. Est-ce que les élus et pas seulement écol [grognement] saisissent de ces outils ? pour quel résultat ?

Alors, c'est vrai que au début euh il n'y avait pas forcément une demande ou en tout cas il était difficile de convaincre sur ce sujet-là, mais on voit aujourd'hui qu'il y a un réel consensus et qu'il y a une vraiment une demande et un réel aussi envie et besoin d'adapter. Donc l'ADEM justement accompagne les élus, les collectivités mais pas que. Ça accompagne aussi les entreprises, ça accompagne aussi le grand public parce que comme pour les solutions dont on a parlé de la végétalisation où on a un besoin de complémentarité de solutions et pas uniquement l'arbre ou la plantation, bah là aussi, on a besoin de travailler à toutes les échelles, à la chaîne complète, c'est-à-dire des décideurs, mais aussi de des techniciens, techniciennes qui vont être sur le territoire et mettre en œuvre, mais aussi des entreprises.

Et c'est vraiment le travail de LAADEM également à toutes les échelles. On travaille pas que à l'échelle nationale, on travaille beaucoup à l'échelle locale puisque souvent on pense que la la surchauffe urbaine ça ça concerne uniquement des grandes métropoles ou des grandes villes mais aujourd'hui ça concerne même les petites villes. C'est et il y a vraiment des des décideurs, des élus de toute petite ville qui cherchent et ont besoin d'aide justement pour rafraîchir les villes.

Est-ce que vous arrivez à chiffrer le nombre de demandes ? Vous voyez une évolution, une augmentation ? parce que les besoins augmentent à mesure que voilà ce sujet maintenant est quand même beaucoup plus dans l'actualité, on se rend compte que c'est une réalité.

Il y a il y a déjà des sollicitations qui augmentent notamment grâce aux outils qu'on a mis en place parce que c'est aussi le rôle de LAADEM d'accompagner grâce à de l'outillage opérationnel donc à rendre opérationnel cette ce rafraîchissement urbain et cette adaptation au changement climatique. Et vous parliez justement de de plus fraîche Maville qui est un outil qui est assez récent date de 2023 mais il a été popularisé avec l'association des maires de France justement. Donc on voit qu'il y a vraiment une prise de confiance de conscience pardon.

Et aujourd'hui déjà 117 collectivités ont été accompagnées justement par ce programme et cet outil. Donc on a une vraie demande et euh même si c'est pas forcément la demande des élus, on voit qu'il y a une demande de la population et des citoyens citoyennes à ça remonte en fait jusqu'au élus. Voà il y a aussi du top ce qu'on va appeler du top. c'està-dire du haut vers le bas, mais il y a énormément de bottom up, c'est-à-dire la population, les citoyens, citoyennes qui ont des demandes fortes et demande aussi des responsabilités et des engagements auprès de leurs élus.

Euh, il y a quand même une impression de faussé entre la volonté du terrain et les décisions nationales. Prenons l'exemple du fond vert, l'outil de financement de la transition écologique créé en 2022 par Ellisabeth Borne qui a été divisé par près de 4 en 2 ans. Fin mai en pleine vague de chaleur, le gouvernement a encore coupé dans son enveloppe à hauteur de 163 millions d'euros.

Comment vous l'expliquez ça Amandine Richarbe ? Com comme je l'ai dit, il y a parfois un problème à convaincre et aussi on est dans une économie et en tout cas on est dans une situation économique de la dette qui est qui est compliqué et dans le fait de d'avoir du mal à convaincre, on pense souvent que la question de l'environnement, l'adaptation au changement climatique et le parent pauvre justement de la politique et a un coût élevé en fait. Sauf que ce qu'on voit, c'est que l'inaction euh a un coût bien plus élevé que les politiques d'investissement, d'adaptation au changement climatique ou d'atténuation ou de transition écologique en général.

C'est-à-dire, vous avez on a on a une idée un petit peu de chiffres enfin d'exemples concrets de cette inaction. Alors, cette inaction, on peut la calculer à la fois comme un coût social et sanitaire. Euh là où on peut réfléchir à ça et aussi euh un coût sur l'économie des projets actions notamment de l'OCDE, hein, c'est l'Organisation euh mondiale qui euh dit qu'à + 2°gr, donc euh une trajectoire qu'on a déjà euh commencé à atteindre, malheureusement comme ça a été dit, euh on peut aller jusqu'à une perte de 10 % du PIB.

Donc ça a un impact sur l'économie, ça a un impact sur l'agriculture, c'est un impact comme on l'a dit euh ça va être euh de la comorbidité sur sur le sanitaire et je parle même pas en fait des choses qui n'ont pas qui ne sont pas évaluées comme de la valeur ou en tout cas qui n'ont pas un coût financier comme la nature et la biodiversité qui sont inestimables parce que quand c'est perdu ben pour y revenir alors on a des chiffres aussi pour montrer qu'on peut retrouver de la biodiversité ou en tout cas des écosystèmes qui ne seront pas comme avant mais qui auront des services quand même. Et il y a aussi ben le coût de ce qu'on va appeler les catastrophes naturelles. Les catastrophes naturelles qui sont augmentées par leur fréquence et leur intensité par le changement climatique.

Ça aussi ça a été montré grâce au climatologue. Et là, on voit déjà que entre, on va dire entre 2000 2005 où ça commenca, alors je dirais 2003 même avec avec la canicule ou encore avant avec la tempête Xintia à aujourd'hui, il y avait déjà eu un coût auprès des assurances et de réparation de plus de 35 % rien que sur ces der 5 dernières années. Donc on voit déjà l'évolution, mais il y a des projections aussi en 2050 qu'on pourrait arriver jusqu'à presque plus 90 % de coût de réparation.

Donc c'est énorme. Donc vraiment je veux je veux insister là-dessus, c'est que l'inaction est un surcoup contrairement à l'investissement qu'on peut avoir sur l'adaptation. Alors souvent on va nous dire "Oui, mais c'est plus cher de faire attention quand on construit, quand on végétalise ou autre les impacts qu'il y a sur la ville, quand on veut faire des travaux, ça va être plus cher, mais finalement on se rend compte que c'est peut-être 50 50 pardon 5 % de plus du coût total.

Donc c'est pas énorme par rapport au coût global de l'inaction. Et ça coûte aussi moins cher d'adapter que de modifier à à postériori ou de réparer. Françoise Hummeux, vous souhaitez intervenir ?

Oui, oui, je crois que c'est vraiment euh là, moi je je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il faut absolument insister sur le fait que le coût de l'adaptation euh c'est vraiment très inférieur au coût hein, des euh des impacts, des événements météorologiques extrêmes qui vont arriver. Euh quand on regarde au niveau global, il y a souvent un rapport de 1 à 7 jusqu'à 1 à 10 qui est donné. 1 € investi dans l'adaptation permet d'économiser cette à 10 € qu'on aurait utilisé pour les les pertes et dommage qui sont occasionné par ces événements météorologiques extrêmes.

Et l'an passé sur le territoire hexagonal en 2025, donc vous savez 2025 c'est parmi nos trois étés he les plus chauds en France hexagonale qu'on est connu depuis le début du 20e siècle. Il y avait une étude hein qui montrait qu'en terme de PIB, on avait perdu quelques dièmes de points et que ça correspondait, si ma mémoire est bonne, à peu près la moitié de la croissance attendue. Donc l'impact économique, il est vraiment énorme et je pense qu'on l'a souvent sous-estimé ici.

Je suis vraiment sachant qu'on est sur une trajectoire à + 2°gr mais on est plutôt aujourd'hui dans les prévisions à une trajectoire pour 2100 à + 4°gr de on va venir aux prévisions et comment se projeter. Sylvain Grisau, vous souhaitez avant ça rapidement intervenir également ? Oui, je je voudrais revenir sur la question de l'appropriation politique.

Enfin, je veux dire Françoise et Amandine là l'ont parfaitement démontré. Il y a une rationalité y compris économique à agir. En effet, il y a un certain nombre de de communes qui avancent mais il faut être extrêmement clair.

Aujourd'hui, on a un recul manifeste des politiques de l'État sur les questions écologiques en général et sur les budgets permettant aux collectivités locales d'agir. Vous avez cité le fond ouvert, c'est c'est c'est un exemple hein, mais il y en a il y en a aujourd'hui beaucoup d'autres. J'ai envie de dire que la seule proposition pour lutter contre la canicule aujourd'hui, c'est les gels de crédit par Ber et en local, on a en effet des communes qui agissent mais on a aussi pas mal de communes qui ben rembobinent reviennent au 20e siècle.

On l'a vu après les municipales, il y a un certain nombre de surfaces de de stationnement qui sont recréés en lieu et place du végétal. euh certainement pas visionnaire et de toute façon dans les communes, y compris dans des communes comme comme Paris hein qui ont fait beaucoup cette question de la végétalisation, ça ne va absolument pas assez vite. On n'est absolument pas au bon rythme, y compris dans des dans des territoires qui sont volontaristes par rapport à ça.

Donc il y a un vrai problème de mobilisation politique. Il faut pas l'éluder, hein. ça va pas assez vite et il y a plutôt du recul et un besoin de mobilisation citoyenne de façon à exiger une action à la fois au local et ça tombe bien, on a bientôt des élections et ben d'autant que la canicule et ça a été dit un petit peu plus tôt dans l'émission exacerbe les inégalités sociales.

Elle touche prioritairement les personnes les plus précaires, celles qui n'ont ni maison de campagne ni climatiseur et sont prêtes à se battre pour en obtenir un. C'était le 2 juillet. Écoutez dès l'ouverture, les meutes.

Chacun tente de repartir avec un ventilateur ou un climatiseur. Une femme s'accroche même au carton piétinée par la foule. Le chaos aussi dans cet autre magasin de l'enseigne.

Les clients s'empoignent à Nanterre. Les portes cèdent face à la flux de monde. Ici, un client pulvérise même du gaz lacrymogène.

Il y a de la lacrime Le groupe avait promis 200000 ventilateurs et climatiseurs à l'heure où ils se font rares sur le marché. Mais chaque magasin n'a que quelques modèles disponibles. Je suis arrivé pile à l'heure puis qu'on s ouvert.

Ma mère bah je sais pas comment elle a fait mais elle a trouvé des ventilos directement et bah on est très content d'ailleurs. 89 € le ventilateur 179 la clim. Des scènes de chaos diffusées dans le 20h de France 2.

Sylvain Grisau, en préparant cette émission, vous nous avez expliqué qu'historiquement ce sont les quartiers les plus aisés qui sont aussi les plus végétalisés, ce qui constitue une inégalité supplémentaire. Oui, ben on parlait de la canopé comme étant un des facteurs hein de de robustesse par rapport à à ces événements-l. un seul important mais un seul.

Il y en a d'autres qui a évidemment le bâti et cetera et et on constate que ces objectifs de 30 % de canopé sont intéressants mais qu'il faut descendre vraiment à l'échelle du quartier parce qu'il y a de très très fortes inégalités euh entre les quartiers et et on a on a des quartiers des quartiers populaires, des quartiers pauvres qui sont souvent beaucoup moins euh beaucoup moins équipés finalement de cet outil de résilience qui est la canopée. Amandine Richocram, qu'est-ce que vous constatez sur le terrain ? Quels sont les publics les plus vulnérables ?

Alors, c'est ce qu'on a vu en tout cas ce qu'on a entendu avec ce reportage, c'est aussi un problème de résilience et d'adaptation en fait des ménages. C'est-à-dire que les publics les plus vulnérables, donc ce qu'on va dire les plus vulnérables, c'est notamment en précarité financière, donc avec un taux de pauvreté énorme, mais aussi les personnes âgées, les femmes, c'est important aussi. Il y a une disparité au niveau du genre et des enfants.

Voulais dire les familles monoparentales entre autres les familles monoparentales mais aussi puisque on le voit aussi aujourd'hui il y a une féminisation de la pauvreté. C'est il y a des études qui sont sorties notamment du Secours populaire sur ça. On a beaucoup parlé aussi de la santé mentale.

Il y a la santé mentale complètement et il y a vraiment le ces populations là sont de touchées de façon disproportionnée par le changement climatique et encore plus par la chaleur. Donc comme ça a été dit, c'est souvent des quartiers qui sont plus bétonisés avec moins de végétalisation, pas que de la végétalisation. Il y a des problèmes d'isolation thermique.

Il y a aussi des problèmes de présence d'eau, d'énormément de bitumes un petit peu un petit peu partout. Et ces populations sont plus vulnérables, donc elles sont plus touchées, mais c'est surtout qu'elles ont moins de possibilités et de moyens de s'adapter et de résilience. C'est pour ça qu'on dit que ça touche de façon disproportionnée parce que il n'y a pas que l'effet direct, il y a aussi l'effet indirect de comment on est capable en fait de rebondir, de se protéger de ce genre de ce genre de de crise.

Et il faut par rapport à ce qui a été dit par Sylvain sur les quartiers, on va dire les plus riches, les plus végétalisés, on voit aujourd'hui un problème encore là qui va être tertière, c'est que il y a une gentrification verte qui est en train de se passer, c'est qu'on voit vraiment une augmentation du prix du foncier, les personnes les plus précaires qui vont être en plus déporté ben là où ils n'ont plus capacité de loger et d'accessibilité à justement des espaces verts, plus de bâtiments un peu plus neufs. un peu mieux un peu mieux conçu et ça aussi c'est une illégalité forte qui va se reproduire de plus en plus et en tout cas qui a déjà commencé mais qu'on voit alors là sur la chaleur he mais ça va être aussi le cas sur les inondations c'est vraiment les gens en fait perdent tout et n'auront plus de nécessité ou en tout cas ne plus de possibilité pardon de pouvoir se loger à cause de cette gentrification verte très rapidement est-ce qu'il existe des dispositifs spécifiques pour les personnes les plus précaires face à la canicule alors aujourd'hui Il y en a pas forcément des spécifiques à part le fait d'avoir des organismes comme les collectivités ou le ou le SAMU social qui vont prendre vraiment des nouvelles des personnes les plus âgées ou faire rentrer en priorité les vul les publics vulnérables en tout cas qui sont touchés par des coups de chaleur. Mais là où on peut avoir une action aussi, c'est tout le travail que fait notamment l'ENRU sur les quartiers les quartiers les plus populaires où il y a aussi avec le dispositif plus fraîche ma ville en fait des quartiers qui sont ciblés et qui permettent un gros investissement comme on l'a dit dans l'isolation thermique pas uniquement dans la végétalisation dans l'abitumisation dans la la le changement de comportement et la sensibilité aussi puisque ça a été dit là encore qu'il faut les citoyens et citoyennes qui agissent et donc c'est vrai que l'en rue accompagné notamment de ADM fait un gros travail là-dessus et c'est important.

Donc l'en russe et l'agence nationale du renouvellement urbain. Merci. Ouioui.

Il reste encore beaucoup à faire. Françoise Vimeux quand on entend tout ça, quand on sait la catastrophe qui s'annonce. Est-ce que ce n'est pas trop tard ?

Alors non, il est jamais trop tard. On est très en retard mais il est jamais trop tard pour commencer. Le Haut Conseil pour le climat le rappel, on a des plans nationaux d'adaptation particulièrement ambitieux en terme d'objectif.

Et euh c'est le le problème est sur la mise en œuvre de ces plans. On a parlé du problème du financement, hein. Financement qui est pas à la hauteur des ambitions, mais la bonne nouvelle, c'est que on a les solutions et on a les solutions pour différents types de vagues de chaleur, différents types d'environnement, des villes plutôt moyennes ou plutôt grandes.

Donc moi je dirais que non, il est absolument pas trop tard et il faut démarrer tout de suite parce que on le disait tout à l'heure, on a des solutions à court terme mais il y a des solutions à très long terme. Par exemple, se raccorder à des réseaux urbains de froid pour rafraîchir les bâtiments publics et privés. Ça c'est vraiment une solution sur le long terme.

Ça prend du temps, ça demande des aménagements pour conduire la fraîcheur jusque dans les bâtiments et même dans les bâtiments, ça demande des aménagements. Donc là, c'est surtout pour les constructions à venir, les constructions neuves bien prendre en compte possibilités. Toutes les solutions sont là.

La volonté politique. Moi, je dirais qu'on a les armoires pleines hein de rapports sur comment on fait pour s'adapter au changement climatique. Et ça a été dit pas aux vagues de chaleur et comment on fait pour adapter les différents secteurs parce que là on parle des villes mais les vagues de chaleur elles ont des impacts terribles par exemple sur le secteur agricole.

Quand j'étais gosse, la nourriture c'était de la bouffe. Là-dessus, nos magiciens de la science ont empoisonné l'eau, polluer le sol, détruit les plantes et la vie animale. Enfinant, on trouvait de la viande n'importe où.

On achetait des œufs, du vrai beurre, on trouvait de la litue fraîche à gour. Je sais Sol, tu m'en as déjà parlé. Est-ce que quelqu'un peut vivre dans un climat comme celui-là ?

La canicule d'un bout de l'année à l'autre, on se croirait dans cit dans un four. On crève à force de transpirer. Soleil vert en direct sur France Culture.

Film d'anticipation tristement actuel réalisé par Richard Flècher en 1973 dans lequel les hommes ont épuisé les ressources naturelles. J'aimerais à présent qu'on évoque la l'avenir de la végétalisation urbaine, en particulier le choix des essences, soit les différentes espèce d'arbre qui est en fait directement lié à l'évolution du climat et l'occasion aussi he de briser certaines idées reçues Françoise Vimot comme celle qu'au fond les températures actuelles et à venir sont habituelles dans les pays du sud et que nous serions finalement des occidentaux fragiles. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Oui. Alors euh en fait euh ce que je voudrais dire euh on a beaucoup parlé là du seuil des 40°. On sait euh par exemple que d'ici 25 ans euh en France hexagonal, on pourra atteindre les 50° pendant une vague de chaleur.

Et euh beaucoup de personnes s'imaginent que euh les pays euh de la bande tropicale, les pays du sud vivent quotidiennement avec 50°. En fait, c'est faux. Si vous regardez quand est-ce qu'on a dépassé le seuil des 50°R dans des pays comme la Turquie, l'Algérie ou le Maroc, c'est seulement ces dernières années, entre 2023 et 2025.

La température maximum sur Terre qu'on a enregistré, c'est dans la vallée de la mort et c'est 56 et quelques degrés. Donc la vallée de la mort, c'est où ? La vallée de la mort aux États-Unis.

Oui, d'accord. Aux États-Unis. Et donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quand on a vécu cette vague de chaleur au mois de juin 2026, on avait des cartes de température au niveau mondial qui nous montrai qu'en gros les endroits où il faisait aussi chaud qu'en France, c'était quelques pays d'Afrique du Nord et puis au Moyen-Orient.

Et donc ce que l'on vit là en terme de vague de chaleur en Europe, c'est vraiment très intense. Et non, ce n'est pas le quotidien des pays du sud. Donc ça c'est pour répondre effectivement à cette remarque que j'entends très souvent et qui est fausse.

Rappelons après que je je vous coupe ces cartographies he qui annonce par exemple le climat d'Alger à Lyon ou celui de Séville à Nantes. Est-ce qu'elles sont fausses ? parce qu' elle tourne beaucoup quand même.

Oui. Alors ça si on parle en terme de température moyenne, non, elles ne sont pas forcément fausses. Mais moi je pense qu'elles sont extrêmement trompeuses parce que il n'existe pas aujourd'hui dans le monde un climat qui sera celui de Paris ou de Marseille en 2050.

Pourquoi ? Parce que lorsque l'on réchauffe notre océan et notre atmosphère, on exacerbe les événements météorologiques extrêmes. Or aujourd'hui dans le monde, il n'y a pas un endroit où il y a autant d'événements météorologiques extrêmes que ce que nous aurons dans le futur.

Donc les événements météorologiques extrêmes, c'est vagu de chaleur, pluie torrentiel avec risque d'inondation bien sûr et puis les sécheresses. Pour moi, ces cartes, elles peuvent être vraies, je dirais, au premier degré, hein, pour donner un peu une idée de la température en moyenne que l'on aura, mais elle prête à confusion parce qu'elles oublient tous les impacts que l'on va subir de ces événements météorologiques extrêmes qui deviennent plus intenses et qui reviennent plus régulièrement. Et dans ce contexte, Sylvain Griseau, comment choisir les bonnes essences, hein, dans la perspective du dérèglement climatique ?

Oui, si vous voulez, on on a ce problème de de prévision, hein. Alors, oui, on peut on peut évidemment établir un certain nombre de choses, mais globalement affronter un autre climat, ça veut dire qu'on on plante aujourd'hui sur sur un sur un climat qui est d'ors et déjà bouleversé euh des arbres qui seront là dans 20, 30, 40, 50, 80 ans dans un globalement dont on ignore la nature. Mais mais c'est là-dessus où la transposition sévie par exemple disfonctionne complètement.

C'estàd quand on choisit le végétal, c'est pas une température moyenne qui nous intéresse. C'est comme Françoise le disait à la fois des événements de crise euh auquels il faudra en effet résister, mais c'est aussi des saisonnalités et cetera et cetera. Ça veut dire que il peut faire très froid cet hiver à Lyon et pour autant c'est que dans 40 ans, il fera aussi très chaud.

Ça veut dire que le végétal n'est pas adapté. Donc il va falloir miser finalement sur l'intelligence du vivant et et miser sur une beaucoup plus forte diversité. Donc aujourd'hui, à partir du moment où quelqu'un vous dit qui sait ce qu'il faut planter pour le climat qui vient, c'est qu'à priori vous dit des bêtises.

On ne sait pas hein. Et et donc il va falloir à la fois revenir revenir aux sources, revenir à la diversité du végétal, diversité en terme d'essence, diversité génétique aussi hein. On a des modes de production du végétal urbain qui s'appuyent beaucoup sur des bucures.

Ça veut dire que c'est des clones. Donc le même patrimoine génétique, le même ADN hein pour pour chacun des sujets. Donc ça c'est voilà typiquement un alignement d'arbres qu'on plante aujourd'hui.

C'est la même essence, le même le même âge et le même patrimoine génétique. Donc ça veut dire que c'est des arbres qui sont tous finalement fragiles à la même chose, que ce soit un ravageur ou un coup du climat. Donc planter beaucoup plus, planter aussi beaucoup plus petit, hein.

Euh ce qui nécessite aussi de de commencer vite et de prendre du temps. Et vous dites d'ailleurs très rapidement sur ce sujet qu'il va falloir aussi accepter d'en couper certains sans en faire un drame. Pourquoi ? parce qu'on en aura planté suffisamment pour que ce soit un acte de gestion comme on l'a dans toute bonne forêt hein, pas des couperas évidemment euh mais des actes de gestion ponctuel qui font que bah il faut couper certains arbres parce qu'ils risquent euh de tomber, parce qu'ils risquent euh parce qu'ils sont malades et qui risquent de diffuser à d'autres et cetera et cetera.

Aujourd'hui, il y a un attachement extrêmement légitime au sujet, hein, à l'arbre, à l'individu. Euh, il faut qu'on en ait suffisamment planté pour que quelque part on s'attache à la cohérence de d'un ensemble végétal qui s'appelle finalement la forête. Dernière question pour vous trois très rapidement, François Guimeux, est-ce qu'il faut légiférer pour imposer certaines mesures d'adaptation ?

Alors, en fait, c'est une des recommandations du Hail pour le climat de porter au niveau législatif et réglementaire l'adaptation. Donc ça la réponse elle est oui. Et si c'est le dernier mot, je voudrais quand même juste dire que on là on parle beaucoup d'adaptation mais l'adaptation elle a des points dur ça ça marche aussi pour la végétalisation.

Euh c'est des solutions qui fonctionnent jusqu'à un certain degré de réchauffement. Au-delà de certains degrés de réchauffement, c'est un mensonge de dire qu'on va réussir à s'adapter. Et je voudrais le redire hein, l'autre jambe c'est bien sûr l'atténuation de nos émissions de gaz à effet de serre pour stabiliser le réchauffement à grande échelle.

Amandine Richar, est-ce qu'il faut légiférer ? Oui. Non, je suis désolée, je vous je vous presse un peu.

Non, non. Euh je pense qu'il faut surtout accompagner. Euh on peut faire le travail d'accompagnement, aider à se poser les bonnes questions pour l'adaptation future justement et le travail sur l'atténuation.

Merci de l'avoir appelé, c'est très important mais il faut aider justement à se poser les bonnes questions pour bien faire et bien choisir les méthodes d'adaptation. Bah comme on a parlé de l'essence, on a on a des outils qui existent, donc le fleuriscope où il y a 1500 essences qui sont qui sont référencées pour savoir justement comment elles vont évoluer avec ce changement climatique. Mais il y a aussi pour éviter voilà, je pense aussi la maladaptation.

On pas eu le temps d'en parler mais on a vraiment quelque chose à à à faire attention parce que toutes les solutions ne fonctionnent pas de la même façon. Sylvain Griseau ? Non, faut bien choisir ses députés et ses sénateurs.

Je pense que c'est ça avant tout plutôt que de végétaliser, faut bien choisir aussi son président et bien choisir ses élus locaux. Je pense qu'aujourd'hui, il faut d'abord garder traces et exiger. C'est dit, ce sera le mot de la fin.

Merci Sylvain Grisau, urbaniste, fondateur et président de l'association Transition Urbaine. Je signale votre dernier livre Redirection urbaine paru aux éditions Apogé. Françoise Vimeux, climatologue à l'Institut de recherche pour le développement.

Amandine Richarbe, ingénieur en environnement, coordinatrice scientifique et thématique [musique] à l'ADEM. Merci à vous de nous avoir suivi et à samedi prochain, on se quitte avec Pomme dans l'allée des Seoya. Bonne suite de programme sur France Culture. [chant] J'ai marché.