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interviewBFMTV· 11 juin 2024 20 min

Législatives, prix de l'électricité, retraites: l'interview en intégralité de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Bruno Le Maire. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Elles sont nombreuses, mes questions mais aussi celles des auditeurs qui peuvent à tout moment intervenir en nous appelant au 3216. Vous êtes ministre de l'économie encore, vous êtes ministre en sursis puisque l'on est en campagne à 19 jours d'un premier tour surprise des élections législatives. Est-ce que vous êtes candidat d'ailleurs vous-même ?

0:28
Bruno Le Maire

Je le dirai ce soir parce que je vais dans l'heure ce soir, dans une ancienne circonscription, donc je réserverai l'annonce aux habitants de mon ancienne circonscription. Après vous savez je suis un homme de parole.

0:38
Présentateur

Si vous y allez c'est pas pour leur dire je viens mais je viens pas ?

0:41
Bruno Le Maire

Non c'est pour leur annoncer en premier ma décision, mais ils me connaissent, je suis un homme de parole. Quand je dis qu'il faut limiter le nombre de mandats de députés à 3, en général je tiens parole. Quand je dis qu'il faut que les hauts fonctionnaires qui font de la politique démissionnent de leur fonction publique, je l'ai fait il y a des années, ce qui fait que si le 8 juillet je me retrouve sans fonction ministérielle, je n'ai pas de point de chute, je n'ai pas de parachute. Et je pense que c'est comme ça qu'on doit mener sa vie politique, libre, sans protection particulière et surtout en respectant sa part.

1:13
Présentateur

Vous êtes le seul à se risquer quand même à ce point. Pardon mais c'est vrai que c'est assez rare pour être souligné.

1:18
Bruno Le Maire

Oui, mais tous les Français prennent des risques. Donc comment est-ce qu'on peut expliquer aux Français qu'ils doivent prendre des risques et soi-même quand on est responsable politique, se garder son petit parachute dans le dos de hauts fonctionnaires, c'est pathétique. C'est aussi ça qui explique la montée des extrêmes dans notre pays, des politiques qui ne tiennent pas parole, des politiques qui demandent des risques aux Français, mais qui n'en prennent pas pour eux. Quand on est haut fonctionnaire et qu'on veut faire de la politique, on fait comme je l'ai fait, comme l'a fait d'ailleurs le président de la République, on démissionne de la haute fonction publique.

1:46
Présentateur

Donc je comprends que vous ne serez vraisemblablement pas candidat donc vous-même dans la première circonscription de l'heure dans laquelle vous aviez été élu. Vous n'y étiez pas représenté précisément disant que l'on ne faisait pas plus de trois mandats, que vous vous l'appliquiez à vous-même. Entre temps, c'est une candidate Rassemblement National qui a été élue précisément dans votre circonscription. Au fond, c'était peut-être déjà le présage.

2:09
Bruno Le Maire

J'ai 5 ans, 5 ans. Il peut y avoir aussi des jeunes générations, qui sont prêtes dans l'heure comme partout ailleurs et qui peuvent reprendre le flambeau et qui sont complètement consacrées à la vie politique et qui par ailleurs partagent les idées que je défends. Pas plus de trois mandats, démission de la haute fonction publique quand on fait de la vie politique et surtout pas de rétablissement du cumul des mandats parce que j'entends qu'on veut revenir à la vieille politique. Rétablir le cumul des mandats, pour moi, c'est une erreur.

2:33
Présentateur

Alors on va parler dans un instant aussi des mesures précises que vous pourriez encore prendre parce que je le disais, il reste 19 jours. Il y a un certain nombre de points comme la réforme de l'assurance chômage, comme la hausse du gaz. Vous êtes encore au moment où on se parle aux manettes. Mais d'abord, la politique, vous dites pas de retour de la vieille politique. Comment vous jugez les accords électoraux qui sont en train de se nouer ? À gauche d'abord, au RN et LR peut-être. Également la gauche qui donc, hier soir, a annoncé par un communiqué commun une résurgence d'un front populaire avec un candidat unique. PS, LFI, PC, Europe, Écologie, Les Verts dans toutes les circonscriptions.

3:14
Bruno Le Maire

Il y en a qui doivent avoir du mal à dormir. Le spectacle que donnent aujourd'hui les oppositions est un spectacle pathétique. C'est Dostoevsky qui disait « Si Dieu n'existe pas, tout est permis. » « Si les valeurs n'existent pas en politique, tout est permis. » Alors oui, on peut avoir des élus qui défendent le Hamas comme une organisation de résistance, alors que c'est une organisation terroriste qui a perpétré le pire massacre en Israël depuis des décennies, s'allier avec des gens du PS qui, soi-disant, sont attachés à la sécurité d'Israël. Plus de valeurs, tout est permis. Donc oui, M. Glucksmann nous avait dit qu'il n'y a plus de NUPES, plus d'alliances.

Et on voit se reconstituer autour de valeurs qui sont irréconciliables, qui touchent à la vie humaine, qui touchent à la géopolitique, qui touchent à l'idée même que l'on se fait de la personne, qui se rassemble pour le bénéfice de quelques points électoraux et de quelques places. Et du côté droite, je vois que M. Ciotti nous dit que jamais, au grand jamais, il ne fera d'accord avec la majorité présidentielle. Moi, je demande gravement, solennellement, ce matin, M.

Ciotti, est-ce que vous pouvez dire avec la même clarté que vous ne ferez vous et que votre parti ne fera jamais d'accord avec le Rassemblement national, comme l'ont toujours défendu Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, parce que l'origine de ce parti, c'est le gaullisme, et que le gaullisme, c'est l'opposition totale à l'extrême droite. Est-ce que M. Ciotti peut le dire avec la même clarté, avec la même gravité ? Et j'en appelle à tous les députés que je connais, des républicains, qui sont des gens bien, des femmes et des hommes qui sont engagés. Est-ce que vous allez renier l'engagement d'une vie ? Est-ce que vous allez renier vos valeurs ?

Est-ce que vous allez renier l'idée même que vous faites de la France en acceptant qu'il y ait le moindre lien, la moindre discussion, les moindres préalables, les moindres accords entre vous et l'extrême droite ? Le moment est un moment de clarté et c'est le moment, il faut savoir défendre pas simplement des projets, pas simplement un programme, les valeurs les plus profondes qui fondent un engagement et une vie politique.

5:25
Présentateur

Est-ce que vous imaginez que le macronisme, ça allait accoucher de ça ?

5:29
Bruno Le Maire

Et ce que ça doit accoucher le 7 juillet ?

5:31
Présentateur

De cette France-là dans laquelle vous vous retrouvez ?

5:34
Bruno Le Maire

Mais c'est tout l'enjeu, vous avez parfaitement raison de poser la question, c'est tout l'enjeu de l'élection du 30 juin et du 7 juillet. Et moi j'ai un appel ce matin à l'encher... Mais est-ce que ce n'est pas l'enjeu

5:42
Présentateur

aussi des dernières élections présidentielles ?

5:44
Bruno Le Maire

Je ne vais pas regarder dans le rétroviseur, je vais plutôt regarder devant moi un moment où l'élection qui se joue est celle qui aura les conséquences les plus graves de l'histoire de la Ve République depuis 1958. Et je voudrais lancer ce matin un appel à toute la majorité, à tous les présidents de nos partis. J'ai vu la position claire, courageuse qu'a pris Édouard Philippe ce matin, à Stéphane Séjourné, à François Bayrou, à tous les anciens premiers ministres, à Elisabeth Borne, à Gabriel Attal, à tous les ministres de premier plan, à tous les députés.

Affirmons sans faille l'unité du bloc majoritaire dans cette élection où, une fois encore, ce n'est pas simplement le programme économique ou le programme de sécurité pour le pays qui se joue, c'est les valeurs les plus essentielles de la République et de la nation française. Affirmons l'unité de notre famille politique parce que quand je regarde soit sur l'extrême droite, soit sur l'extrême gauche, je ne vois que marchandage et tripatouillage et il n'y a que notre majorité qui fait preuve de clarté sur son projet comme sur ses valeurs.

6:44
Présentateur

Oui, mais la manière dont vous le dites laisse entendre que quand même, il y a un doute, qu'il faut sonner le toscan.

6:49
Bruno Le Maire

Oui, il ne faut pas simplement sonner le tocsin mais sonner la mobilisation générale de toute la majorité qui, lorsque je regarde à l'extrême droite comme à l'extrême gauche, est la seule qui est unie sur son projet et sur ses valeurs. Et la seule, je le rappelle...

7:02
Présentateur

Mais pardon, c'est quoi votre projet ?

7:04
Bruno Le Maire

Le projet, c'est la sécurité et l'autorité. Priorité numéro un parce que nos compatriotes...

7:10
Présentateur

Mais vous avez vu que c'est précisément sur ces points-là qu'ils ont pour nombre d'entre eux été au terrain. Ça veut dire que vous ne les avez pas convaincus sur ces points-là précisément.

7:18
Bruno Le Maire

Si nous avions tout fait parfaitement à Pauline de Malher, nous n'avions pas eu les résultats électoraux que nous avons eus. Il faut faire preuve d'humilité, il faut reconnaître les messages que vous adressent nos compatriotes. Vous savez, moi, je ne vis pas enfermé dans Bercy autour de Bédouves. Je circule en France, je me promène, j'écoute, je discute, j'entends les critiques, j'entends les interrogations. Oui, nos compatriotes ne supportent plus. Et ils ont raison. Le laisser aller. Les règles qui sont bafouées. L'impunité pour ceux qui ne respectent pas les règles et parfois les sanctions pour ceux qui les respectent.

7:46
Présentateur

Mais vous faisiez quoi depuis 7 ans ?

7:48
Bruno Le Maire

Je ne supporte plus que dans les transports publics, que dans l'hôpital, que dans les écoles, que dans les collèges, l'autorité soit remise en cause.

7:53
Présentateur

Il y a beaucoup de choses qui sont faites faites. On nous dit qu'Emmanuel Macron, ce soir, qui va donc tenir une conférence de presse, devrait précisément s'adresser aux Français en proposant un prégramme avec ces questions d'autorité. Mais vous faisiez quoi

8:04
Bruno Le Maire

depuis 7 ans ? Je souhaite que nous puissions prendre des mesures très fortes, par exemple, sur la délinquance des mineurs, qui est devenue aujourd'hui, partout où vous circulez en France, un vrai sujet. Gérald Darmanin s'est beaucoup mobilisé sur le sujet. Les forces de l'ordre se sont pleinement mobilisées sur le sujet. Est-ce qu'il ne faut pas changer notre politique pénale ? Voilà la question que je pose.

8:22
Présentateur

Mais précisément là-dessus, sur ce point-là, il y a eu des discussions les dernières semaines, il y a eu des propositions,

8:29
Bruno Le Maire

elles n'ont pas convaincu. C'est le moment de décider. C'est le moment de décider. Une nouvelle politique pénale pour les mineurs pour aller plus loin et répondre à...

8:36
Présentateur

Il faut envisager de supprimer l'excuse de minorité.

8:38
Bruno Le Maire

Je ne vais pas rentrer dans le détail. C'est le moment.

8:41
Présentateur

On n'a que 19 jours.

8:42
Bruno Le Maire

Je pense être très clair sur le fait que je suis favorable à une nouvelle politique pénale pour les mineurs pour durcir les sanctions et surtout, surtout, surtout, s'assurer que quand un policier au risque de sa vie a arrêté un mineur délinquant, le mineur délinquant est immédiatement, je dis bien immédiatement, sanctionné. Je sais que le ministre de l'Intérieur partage cette vue. Il est convaincu, comme moi, que nous avons besoin de durcir sur ce sujet. Si nous avions tout fait parfaitement, il n'aurait pas besoin d'avoir une nouvelle élection et une clarification.

9:09
Présentateur

C'est un autre point de préoccupation des Français. Oui, allez-y, allez-y.

9:12
Bruno Le Maire

Je pense que ça va être votre point de préoccupation. Oui, c'est le pouvoir d'achat. C'est le pouvoir d'achat.

9:15
Présentateur

C'est le pouvoir d'achat. Et le pouvoir d'achat, pour le coup, c'est vous.

9:18
Bruno Le Maire

Bien sûr. Mais nous avons... Le pouvoir d'achat, c'est quoi ? C'est le travail. Édouard Philippe, ce matin,

9:24
Présentateur

dit que le travail doit vraiment payer. Bien sûr. Vous entendez ? Ce n'est pas vraiment le cas.

9:28
Bruno Le Maire

Non seulement nous le disons, mais nous le faisons. Et là aussi, je voudrais qu'on regarde carte sur table les projets des uns et des autres. C'est effectivement le deuxième point du projet que nous devons porter. L'autorité, la prospérité pour chacun, par le travail. D'abord, par le travail, ça suppose qu'on crée des emplois. On en a créé 2 millions. Moi, je veux bien qu'on dise que cette majorité a été totalement incapable, qu'elle n'a rien fait. On a créé 2 millions d'emplois. On a ouvert 600 usines. On a recréé des filières industrielles. Personne ne l'avait fait avant nous. Maintenant, il faut que le travail paye. Est-ce qu'on n'a rien fait ? Non. On a fait des choses.

D'abord, on a fait l'exonération des charges sur les heures supplémentaires. Je le dis parce que toute l'extrême-gauche veut supprimer les exonérations de charges sur les heures supplémentaires. Je dis aux ouvriers, aux salariés, aux employés, avant qu'ils aillent mettre un bulletin de vote pour la NUPES, qu'ils sachent qu'on va leur retirer 200 à 400 euros par an. Qu'ils le sachent. Parce que ça, c'est du pouvoir d'achat bien concret que nous avons mis en place. La prime Macron, totalement défiscalisée, 500 euros en moyenne par an pour des millions de salariés. Si l'extrême-gauche, demain, a une majorité, ou l'extrême-droite qui a voté contre, elle est supprimée.

C'est 500 euros en moins de pouvoir d'achat par an. Voilà des choses très concrètes. Alors après, est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui. Je souhaite qu'il y ait de nouvelles mesures pour le pouvoir d'achat qui soient annoncées par le président de la République et par notre majorité dans les jours qui viennent. Je souhaite qu'on accélère les travaux sur la question des charges qui pèsent encore sur les bas salaires. Je souhaite qu'on apporte des réponses claires sur la diminution de l'écart entre le salaire brut et le salaire net. parce que ça décourage tous les petits salariés. Et c'est là-dessus qu'il faut contrôler.

11:02
Présentateur

Bruno Le Maire, le lendemain matin, de ce coup de tonnerre, on apprend que les factures de gaz vont augmenter de 12%. Un petit problème de timing. On a Sébastien Chenu, vice-président du RN, qui ici même, hier matin, disait qu'une de ses premières mesures, s'ils arrivaient au pouvoir, ce serait de supprimer cette hausse

11:22
Bruno Le Maire

en baissant les taxes. Il est grandiose, Sébastien, mais bien sûr, en baissant les taxes. Il est grandiose, Sébastien Chenu, enfin, tout le RN est grandiose. Et on va faire comment pour entretenir les réseaux de gaz ? J'ai entendu ce matin une spécialiste sur votre antenne qui disait à très juste titre que l'augmentation du prix du gaz, ce qui, je le rappelle, reste...

11:36
Présentateur

C'est la personne en charge des questions d'énergie à l'UFC que choisir qui répondait chez moi sur le RNC.

11:40
Bruno Le Maire

En dessous du bouclier tarifaire que nous avions mis en place. Elle l'a dit très bien, il faut rénover les réseaux de gaz. Ils vont faire quoi, le Rassemblement national ? Ils ne vont pas rénover les réseaux de gaz ? Par ailleurs, le Rassemblement national a dit très clairement par la voix de Marine Le Pen qui, il me semble, a un rôle important dans ce parti qui ne croyait pas dans les énergies renouvelables. Donc, ils vont faire quoi ?

Ils vont laisser les Français aux mains des producteurs de gaz et de pétrole avec, pas le risque, la certitude que le prix du gaz demain et le prix du pétrole explosent, soit parce que leur ami Vladimir Poutine a attaqué l'Ukraine, soit parce qu'il y aura une demande forte en pétrole et que le prix augmentera.

Autrement dit, Marine Le Pen et tout le Rassemblement national sont en train d'exposer tout le pouvoir d'achat des Français, la facture de gaz, la facture d'essence à la pompe, à une flambée dans les années qui viennent sans apporter de solution puisqu'ils refusent le véhicule électrique et qu'ils refusent les énergies renouvelables en nous disant que ce n'est pas renouvelable et que ce n'est pas propre. Donc, d'un côté, vous avez notre majorité qui s'engage totalement pour l'indépendance énergétique, le nucléaire, les énergies renouvelables et donc, à terme, des factures beaucoup, beaucoup moins chères.

Et de l'autre, vous avez le Rassemblement national qui vous expose à être le parti de la capitulation, de la dépendance aux producteurs de gaz et de pétrole et donc qui expose le pouvoir d'achat des Français. Et je terminerai en vous disant que sur l'électricité, comme nous, on a investi, nous, on croit nucléaire, contrairement à Marine Le Pen qui vous explique que c'est dangereux en février prochain.

13:07
Présentateur

Il explique à qui aujourd'hui dit que...

13:08
Bruno Le Maire

Oui, mais bien sûr. De toute façon, elle change d'église tous les quatre matins. Le Rassemblement national, c'est l'air du temps. Un jour, ils sont pour l'euro. Un autre, ils sont contre. Un jour, c'est la retraite à 62 ans. Un autre, c'est 60. Là, c'est une élection qu'on va mettre carte sur table que chacun rie avec ses propositions et qu'il nous explique comment ils vont faire pour nous sortir de la dépendance des pays du Golfe, nucléaire. En février 2025, la facture d'électricité de chaque Français baissera de 10 à 15 %. En 2025 ? En février 2025, c'est l'engagement que je prends ce matin. En février 2025, la facture d'électricité de tous les Français baissera de 10 à 15 %. Pourquoi ?

Parce que nous avons relancé le nucléaire. Parce que nous avons produit 330 TWh d'électricité nucléaire l'année dernière. Parce qu'on a investi sur les renouvelables. Parce que nous, nous croyons à l'indépendance de la France et à son indépendance énergétique contrairement au Rassemblement National qui nous met pieds et poings liés dans les mains des pays du Golfe et de la Russie.

14:10
Présentateur

Entre-temps, est-ce que vous allez réformer l'assurance chômage par décret ? Vous n'avez pas besoin de l'Assemblée Nationale pour ça ?

14:16
Bruno Le Maire

Si le Président de la République et le Premier ministre qui le décideront, mais moi je suis favorable à cette réforme. Il faut inciter un retour au travail. Oui, maintenant ! On sait bien qu'un modèle social constant n'aura pas le plein emploi. Cette élection est un moment de grande clarification.

14:27
Présentateur

Vous souhaitez notamment rallonger le temps travaillé pour pouvoir enclencher les droits au chômage ? L'exemple de Gabriel Attal qui sera resté donc six mois à Matignon, par exemple, lui n'aurait pas le droit au chômage dans un poste normal. Ben oui, six mois, c'est deux mois qui manquent pour pouvoir prétendre, toucher au chômage.

14:46
Bruno Le Maire

Ce sera rebondir très bien. Moi, je défends cette réforme. Je considère que réduire la durée d'indemnisation du chômage tout en accompagnant mieux les chômeurs est la meilleure solution pour que chacun reprenne vite un emploi et qu'on arrive enfin après un demi-siècle de chômage de masse au plein d'emploi qui se situe autour de 5%. Je suis favorable à ce qu'à la fois on accompagne mieux les demandeurs d'emploi, qu'on les forme mieux, qu'on les qualifie, mais qu'on réduise la durée d'indemnisation pour inciter le plus possible au retour à l'activité et le plus rapidement possible le retour à l'activité.

15:20
Présentateur

La réforme des retraites, on a Marc sur Direct Studio qui nous envoie cette question. Est-ce que vous êtes prêt à revenir sur des réformes très impopulaires comme la réforme des retraites par exemple au moment même où la commission, le corps, la commission de consultation sur les retraites dit que le déficit est en réalité bien pire encore que ce que vous n'imaginez ?

15:38
Bruno Le Maire

Mais qui paiera ? Je comprends parfaitement que ce ne soit pas populaire. Mais être responsable, c'est expliquer des choses le plus clairement, le plus sereinement possible et le plus gravement aussi. Qui va payer ? Nous avons un pays qui vieillit. Nous avons de plus en plus de personnes qui sont en la retraite, de plus en plus de personnes qui sont en situation de dépendance et qui ont droit à une vie digne. Donc il faut bien payer les retraites, payer l'accompagnement, payer la situation de dépendance. Et dans le même temps, vous n'avez pas complètement

16:06
Présentateur

laissé entendre que vous ne désindexeriez pas les retraites pour trouver des milliards ?

16:12
Bruno Le Maire

Je n'ai jamais dit que c'était la bonne solution pour récapituler les comptes publics. Ce n'est pas la bonne solution. Celle-là, je ne suis pas certain que ce soit la meilleure solution pour récapituler les comptes publics. Simplement, qu'à partir du moment où on a moins de gens qui travaillent et une population qui vieillit, oui, il était responsable et raisonnable de réformer les retraites.

Et quand j'entends le Rassemblement national, l'extrême droite et l'extrême gauche qui main dans la main parce que dans le fond, ils ont à peu près la même vision de l'économie, le programme du Rassemblement national est un programme marxiste, purement et simplement marxiste, qui veut le retour à la retraite à 62 ou à 60 ans. Je pose la question, qui va payer ? Qui va payer la facture ? C'est des milliards d'euros. Qui va payer la baisse de TVA que propose Marine Le Pen ? Qui va payer la suppression de tout impôt pour les moins de 30 ans ? Mais c'est formidable le cadeau soi-disant juste du Rassemblement national à un jeune start-upper qui a créé sa boîte à 28 ans et qui est millionnaire.

Grâce à Marine Le Pen, il ne paiera pas d'impôt. Qui va payer la facture ? C'est les ouvriers et les salariés modestes qui vont payer la facture du jeune qui aura réussi et qui n'aura plus d'impôt grâce à Marine Le Pen. Mettons carte sur table, je souhaiterais savoir qui va payer la facture du programme marxiste de Marine Le Pen. Et j'en appelle au monde économique. J'en appelle aux chefs d'entreprise, aux artisans, aux commerçants, aux indépendants. Je ne vous demande pas de prendre des positions politiques.

Je dis juste à la CPME, je dis juste au MEDEF, je dis juste à l'Association française des grandes entreprises de dire clairement ce qu'elles pensent des programmes économiques des uns et des autres. Parce que les paroles d'Estrade, c'est très bien, mais la réalité économique, c'est autre chose, il est bon de la rappeler. Mais que les gens se mouillent. C'est l'élection la plus grave, je le redis, depuis 1958.

que les gens se mouillent, que les chefs d'entreprise à qui nous avons baissé l'impôt sur les sociétés, les industriels à qui nous avons supprimé les impôts de production pour qu'ils soient compétitifs face à l'Allemagne, pour qu'on puisse rouvrir des usines de voitures, des usines d'avions, des usines de batteries électriques, fassent comprendre au reste de la population. C'est vous qui décidez. Mais sachez que si ce programme la passe, on ferme nos usines et on supprime les enfants.

18:07
Présentateur

Vous avez regardé, j'imagine, les premières estimations. Alors certes, il y a 19 jours de campagne, mais enfin c'est à la fois très peu, ça peut certes changer les choses, mais c'est très peu. Au moment où l'on se parle, les différentes projections montrent que personne n'aurait en vérité la majorité absolue. Le RN serait très largement en tête, mais sans majorité absolue, donc sans moyens réellement de gouverner. Est-ce qu'il n'y a pas un risque, tout simplement, que le pays soit ingouvernable et qu'il faille carrément retourner à nouveau aux urnes pour une présidentielle ?

18:34
Bruno Le Maire

Vous aurez une crise de régime.

18:37
Présentateur

Une crise de régime, ça veut dire que le président sera obligé de démissionner.

18:40
Bruno Le Maire

Vous aurez une crise de régime. C'est bien pour cela que l'élection des 30 juin et 7 juillet prochains, alors même que l'économie française se redresse, que nous créons des emplois, que la croissance est là, que le pays a accompli des choses absolument exceptionnelles, les salariés, les entrepreneurs. Ce qui se joue dans quelques semaines, c'est l'avenir de la nation française. C'est de savoir si nous avons une majorité qui a, je l'ai redit, les mêmes valeurs, les mêmes convictions, le même projet, l'autorité, la prospérité.

Je rajouterai un troisième volet de ce projet que je mets sur la table, la défense de la culture française, qui n'a pas à être prise en étau entre le wokisme d'un côté et l'islam politique de l'autre.

19:21
Présentateur

Est-ce qu'il y a des mesures différentes à apporter sur l'économie ? Je vais y venir,

19:29
Bruno Le Maire

mais soit il y a une majorité claire, soit effectivement nous courrons le risque de la crise de régime.

19:33
Présentateur

Est-ce que vous estimez qu'il y a une culture française menacée aujourd'hui qui n'a pas été suffisamment prise en compte là-dessus ?

19:37
Bruno Le Maire

Bien sûr que la culture française est attaquée de toutes parts. Au cœur de la culture française, vous avez la laïcité. La laïcité, c'est très simple. La loi religieuse n'emporte pas sur la loi de la République. Est-ce que vous croyez que c'est vrai sur tous les territoires français ? On sait bien tous que non. Réaffirmer cette culture, réaffirmer que la loi de la République l'emporte partout, dans les services publics, dans la rue, partout dans l'espace public, sur la loi de la religion, ça fait partie de la défense de la culture française. La culture française, c'est une mémoire, c'est une histoire, c'est des grandes figures.

Ce n'est pas se jeter des sacs de chambre sur la tête tous les quatre matins en expliquant qu'on a tout fait mal dans le passé. C'est réaffirmer que nous sommes une grande nation qui a un grand passé. C'est pour ça qu'elle a un grand avenir.

20:14
Présentateur

Bruno Le Maire, toujours ministre de l'économie, merci d'être venu répondre à mes questions. On retiendra, pour notre pouvoir d'achat, que la facture d'électricité des Français, vous nous l'annoncez ce matin, baissera de 10 à 15% en février 2025. Sous-titrage ST' 501

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