BADIE SÉVÈRE AVEC MACRON ET NETANYAHOU : « C'EST DOUBLEMENT DANGEREUX »:
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Bertrand BadieFait
« la France est très marquée de ce point de vue-là vouloir afficher sa présence vouloir dire ce qui d'ailleurs est important effectivement dans des moments de tragédie »
- 9:00Bertrand BadieFait
« la colonisation est une violation caractérisée du droit international »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] moins d'un mois après l'attaque meurtrière du Hamas au sein du territoire israélien l'ancien président américain George W Bush revient à la mode George W Bush et sa guerre contre le terrorisme théorisé le 20 septembre 2001 en plein choc post 11 septembre quelqu semain après l'attaque meurtrière du Hamas en territoire israélien c'estutour de benamin net et d'Emmanuel Macron de reprendre à leur compteetteor vous le savez le monde enti nous allons le vaincre comme le monde a vaincu daesh cet ennemi a voulu la guerre il aura la guerre c'est pourquoi la France est prête à ce que la coalition internationale contre daesh dans le cadre de laquelle nous sommes engagés pour notre opération en Irak et en Syrie puisse lutter aussi contre le Hamas je propose à nos partenaires internationaux je l'ai évoqué avec vous ce matin que nous puissions bâtir une coalition régionale et international pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous alors guerre mondiale contre le terrorisme saison 2 pourquoi cette tentation alors même que l'on a assez de recul pour constater les impasses de ce concept en Irak en Afghanistan et même dans le Sahel est-il sérieux d'amalgamer Hamas Al-Qaïda et daesh dans quel objectif politique et stratégique quelles peuvent être des conséquences sur le terrain d'une guerre contre le terrorisme appliqué au Hamas et à la Palestine et si au fond la guerre contre le terrorisme était une forme de guerre sainte ne tend-elle pas à mettre au second plan les notions beaucoup plus étayées relevant du droit international humanitaire et d'un droit pénal international encore dans ces balbuements ces questions sont complexes et heureusement médias nous avons la chance d'avoir comme chroniqueur international un expert de la complexité et de la nuance Bertrand Badi politiste auteur de nombreux ouvrages dont le dernier est pour une approche subjective des relations internationales paru aux éditions auil Jacob bonjour Bertrand bonjour alors quel bilan faire dans la CU la plus chaude de la visite d'Emmanuel Macron au Proche Orient en Israël dans les territoires palestiniens en Jordanie et en Égypte alors c'est un bilan d'affichage c'est un bilan d'impuissance bilan d'affichage ça c'est quelque chose qui qui appartient à l'ADN de la diplomatie française en particulier des diplomaties en général mais la France est très marquée de ce point de vue-là vouloir afficher sa présence vouloir dire ce qui d'ailleurs est important effectivement dans des moments de tragédie il faut dire le problème c'est que lorsque l'on ne peut pas aller au-delà on est dans ce qu'on appelle le déclaratoire et le déclaratoire hélas c'est ce qui caractérise le dossier du ProcheOrient en tous les cas depuis ces 25 dernières années euh déclaratoire ça a été le triptique de départ euh rappelez-vous à savoir solidarité avec Israël c'est-à-dire euh monter une action euh de coalition contre le terrorisme qui prolongerait l'action menée contre l'État islamique en son temps et c'est rouvrir le fameux dossier d'une solution politique au conflit le problème avec en tous les cas les deux derniers points c'est le passage à l'acte comment fait-on et là on est confronté à une double énigme qui montre à quel point ce conflit est dans une impasse tragique la première énigme à rapport au terrorisme en fait personne ne sait comment combattre efficacement le terrorisme ni comment mener des négociations dans le le cadre d'une conflictualité qui qui relève du terrorisme ça c'est un une première impasse l'autre impasse c'est celle de la solution politique tout le monde déclare notamment dans les moments de tragédie qu'il faut une solution politique à ce conflit et puis quand la tragédie est passée quand le sang est séché la formule est affreuse mais il en est ainsi on remet le dossier sous la table et on n'avance pas d'un centimètre car on ne dit jamais en période de crise et à forcerie dans les périodes d'apaisement ou en tous les cas de calme relatif ou de calme apparent on ne dit jamais quelle initiative politico diplomatique on est prêt à prendre pour entrer dans le cycle de la solution politique ça c'est ce que j'appelais l'impuissance c'est-à-dire la plupart des puissances ont démontré à partir d'exemple que que vous citiez mais il y en a encore quantité d'autres que l'on ne sait pas combattre le terrorisme qu'on sait le définir de manière imparfaite et non consensuelle et qu'à forceie on ne sait pas racoller l'idée de solution à la pratique du terrorisme vous citiez George labellu buou c'est très bien je citerai un autre président plus récent Barack Obama qui disait attention le terrorisme c'est pas un ennemi c'était l'époque où on parlait guerre contre le terrorisme war on terrorism le terrorisme c'est une méthode et donc comment combatt-ons une méthode la question était déjà beaucoup plus subtile il y a jamais eu de réponse on n'en a pas on ne connaît pas la recette le truc c'est que c'est la méthode qui permet de faire ressurgir dans le top des préoccupations mondiales des causes oublié c'est affreux mais dans notre grammaire des relations internationales ni les pétitions ni les les reportages les opérations morales ni les opérations diplomatiques euh disons venu de la nécessité ne font monter sur le sur la pile des dossiers les causes oubliées donc effectivement c'est une méthode mais c'est une méthode aussi quelque part qui est une méthode gagnante entre guillemets puis que ça permet à la personne qui fait usage de cette violence paroxistique de se faire remarquer c'est tragiquement vrai mais ce n'est qu'en partie vrai c'est tragiquement vrai parce qu'effectivement si on regarde les conflits qui se sont succédés en tous les cas depuis 1945 on retrouve toujours cette part de terrorisme et on s'aperçoit que ceux que l'on dénonçait qu'on stigmatisait comme terroristes sont devenus au bout d'un moment les partenaires d'une négociation voire d'une coopération si ces terroristmes ont pris la tête de l'État qui avait entretemps acquis l'indépendance ça c'est affreux mais on peut le concéder mais ce n'est que partiellement vrai parce qu'il y a terrorisme et terrorisme et effectivement ce à quoi on a assisté le 7 octobre poussait extrêmement loin la violence inhumaine et est-ce que véritablement ce terrorisme qui se révèle le triste levier pour faire ressurgir quelque chose que personne ne voulait regarder en face avait besoin d'aller chercher des pratiques aussi violentes aussi cruelle aussi insoutenable aussi inhumaine bon cette réflexion elle montre à quel point d'abord il est difficile d'avoir une réflexion froide sur la notion même de terrorisme mais à quel point il faut parler de terrorisme aussi au pluriel et concevoir que le terrorisme est une méthode comme disait justement Barack Obama qui peut s'accoler à quantité de cause et je dirais à quantité de mode d'insertion dans le jeu international une chose est cependant sur Théophile et ça il faut bien l'avoir en tête c'est que les formes nouvelles de conflictualité sont de moins en moins des formes interétatiques classiques donc elle mêle de plus en plus civil et militaire personnel de l'État et simple citoyens individus piéton des États et des nations et des sociétés et que de ce fait la tragique indifférenciation entre le civil et le militaire ne fait que croître dans tous les conflits que nous avons connu depuis 1945 ce mélange entre civil et militaire est de plus en plus marqué pour autant est-ce qu'il était nécessaire d'aller jusqu'à cet extrême qui a glacé tout le monde c'est une autre question il faut prendre aussi en compte peut-être la haine la haine pure comme motivation de l'action au-delà de la rationalité faut aussi peut-être imaginer que la ine est un théâtre de conflit plus large et qu'il était question de de d'enrayer tout possibilité de négociation entre nom de pays arabes qui est allé loin avec Israël et et Israël justement oui je prolongerai cette remarque qui est tout à fait fondée ou cette double remarque en disant que c'est plus que de la haine c'est de la rage mais il faut voir que un peuple emprisonné humilié assassiné exécutés moqué et pire encore que tout victime de l'indifférence des bienpensants et voyant ayant conscience de cette indifférence ayant conscience que le fait d'être abattu par des colons en 6 Jordanie ne soulève aucune remarque de la part des gouvernements occidentau ça ça donne plus que de la haine ça donne de la rage et la rage nous mène au confin de l'inhumain et c'est bien cette tragédie qui est en train de se construire mais ce dont j'ai peur parce que c'est de ça aussi une autre dimion du terrorisme c'est que si cette rage que l'on a vu s'exercer sur des enfants sur des vieillards sur des personnes qui ne pouvaient pas se défendre et igé par une escalade de l'inimaginable par des bombardements sauvages sur Gaza comme ça commencé comme c'est déjà le cas avec des milliers de morts de victimes innocentes et bien à ce moment-là je crains qu'il y ait encore une escalade dans la rage il faut casser ce cycle et casser ce cycle c'est s'attaquer aux racines du mal aux racines du problème et ce me c'est rare en relation internationale qu'on soit confronté à un problème qui pendant 75 ans 3/4 de siècle et même ignoré de la communauté internationale on a mis tout ça sous la table comme si en mettant une bombe sous la table elle risquait moins d'exploser que si elle était sur la table mais quelque part il faut quand même penser se forcer à penser que il y a quelque chose qui se passe c'est pas que rien ne se passe au contraire il y a une avancée d'un projet qui tend à rendre impossible la création d'un État palestinien et je regardais encore les cartes de l'Afrique du Sud au moment de laapteide avec les bantouan qu'il la parsema euh on peut dire quand même que Israël d'un point de vue stratégique en tout cas de l'organisation du territoire politique c'est une Afrique du Sud qui a réussi on se souvient que c'est grâce à Mandela à son inflexible volonté d'un pays unifié multiracial un homme une voix one man one vote c'est grâce à lui que la la majorité noire n'a pas accepté de se confiner dans les bans tant mais aujourd'hui la bande de Gaza et la 6 Jordanie sont des bon tousan et il y a un des deux bon tousan qui va être peut-être encore coupé en deux ou alors coupé de moitié durant cette guerre-ci et puis quelque part la solution viendra d'elle-même c'est la solution à un état avec des enclaves euh assimilé au terrorisme une vie qui devient de plus en plus impossible et un départ un nettoyage ethnique tout simplement c'est un projet politique ça c'est-à-dire qu'en effet depuis 25 ans chaque jour on a rendu un peu moins faisable la solution à deux états et cela en pleine conscience de tout le monde c'est dire la responsabilité de l'État d'Israël dans cette entreprise illégale de colonisation mais c'est aussi la responsabilité pharamineuse de la communauté internationale celle qui joue les pre la vertu aujourd'hui qui était témoin d'un processus qui risquait de rendre ce cette colonisation et cette annexion des facto quasiment irréversible euh on pouvait et on peut encore arrêter ce processus de colonisation euh la colonisation est une violation caractérisée du droit international quand un droit est violé il faut prendre des sanctions contre celui qui le viole de manière à l'obliger à respecter le droit siamant consciemment on a refusé de le faire et en cela il y a une complicité accablante de la communauté international a commencé par la plupart des gouvernements arabes de la région et en continuant dans les cercles concentriques les puissances occidentales et même les autres c'est-à-dire la Russie et l'Occident étaient bien dans le même camp monsieur Poutine et les dirigeants occidentaux étaient bien alignés sur ce point précis conscient de cette colonisation qui à baboui venait de plus en plus rendre difficile voire impossible la solution à deux États mais qu'on laissait faire c'est rare de trouver dans l'histoire des relations internationales un phénomène comparable et le problème c'est que souvent la facture qu'on paye c'est pas la facture de ce que l'on fait dans l'immédiat mais c'est la facture l'addition de tout ce que l'on a fait par le passé alors pourquoi pour revenir à Emmanuel Macron pourquoi est-il allé chercher dans sa gibessière à concept cette idée de coalition contre le terrorisme qui en globraé Al-Qaïda l'État islamique et le Hamas et pourquoi cette idée a été brutalement combattu dès combattu dès lors qu'elle a été émise y compris au sein de la diplomatie française en dou medzaav très rapidement il y a eu des offs pour dire ou là là c'est pas ce qu'on a voulu dire pourquoi oui c'est un cas d'école c'estd je n'ai jamais vu là non plus dans l'histoire des relations internationales un projet civite avorté c'estàd c'est un projet qui a tenu quelques heures le temps que personnellement je réponde à une Inter interview sur le sujet on expliquait que le projet était abandonné ça c'est une maladresse caractérisée euh pourquoi je pense qu'il y avait un désir très fort d'Emmanuel Macron d'afficher une proposition d'apparaître oui c'est ça d'apparaître comme étant porteur de solution en soit on ne saurait lui reprocher mais quand on fait ça en diplomatie il faut s'assurer de ces arrières les arrièr elles sont quoi elles sont d'abord diplomatiques c'est-à-dire est-ce que les partenaires dont on aura besoin et les acteurs auxquels on s'adresse peuvent être ralliés à cette solution or personne ne s'y rallé y compris Israël qui pour d'autres raisons craignait cette formule les partenaires occidentaux avaient peut-être été consultés mais n'avaient manifestement rien appouver quant aux partenaires arabes ils en ont été pour le moins effrayés donc ça c'est une une première imprudence la deuxième imprudence elle est d'ordre juridique on ne peut pas lancer une coalition de cette nature sans avoir un mandat clair et net du Conseil de sécurité peut-on imaginer dans le contexte actuel que cette proposition recueillerait le vote favorable de la Russie de la Chine des pays du Sud des membres arabes du Conseil de sécurité et même de l'ensemble des diplomaties occidentales imprudence également sur le plan stratégique à l'heure où tout le monde reconnaît qu'il est extrêmement difficile c'est ce que je disais tout à l'heure de mener une action contre cette méthode qui est le terrorisme on a l'impression de sortir de ces cartons un plan tout fait he alors rétropédalage ah mais ça sera pas une action militaire alors si c'est pas une action militaire pourquoi l'annoncer si c'est simplement la coordination des services de renseignement il y a pas besoin et même il vaut mieux rien annoncer du tout et puis imprudence aussi sociologique parce que la manière dont la chose est présentée ne pouvait que recueillir la crispation voire la colère de de ce que l'on appelle la rue arabe de l'opinion publique des sociétés du monde arabe qui voit en même temps un traitement différencié de la cause israélienne et de la cause palestinienne et surtout il voit la iè intervention des puissances occidentales dans les affaires intérieures du Moyen-Orient avec le succès qu'on connaît c'est quand même assez étrange qu'au moment où on fait le constat d'échec de l'opération barcane on essae de monter AR can 2 en le déplaçant de quelques kilomètres plus au nord-est c'est absurde bon est-ce que quelque part là on a pas l'un des enjeux de la polémique qui a surgi en France entre la France insoumise il a un grand nombre d'organisations politiques dès lors d'un point de vue purement logique qu'on considère que le Hamas intrinsèquement est uniquement une organisation terroriste pourquoi au fond ne pas la traiter comme Al-Qaïda parce que il y a beaucoup de personnes en France qui étaient dans euh dans la pétition de principe sur la nécessité absolue de dire que le Hamas est un mouvement terroriste et n'est qu'un mouvement terroriste et ces mêmes personnes sont hostiles à la proposition de Macron qui demande en gros une opération de police internationale à à Gaza contre le Hamas oui mais rien n'est pire en politique internationale comme dans beaucoup d'autres secteurs que de postuler des similitudes ou même de hasarder des comparaisons euh Hamas est une organisation qui utilise des méthodes terroristes et des méthodes terroristes particulièrement meurtrières et brutales mais pour autant Hamas n'est ni al-qïda ni daesh ce ne sont pas les mêmes acteurs ce ne sont pas les mêmes projets ce ne sont pas les mêmes insertions sociales ça ce sont trois éléments qui comptent daesh avait un projet universel qui atteignait y compris les sociétés occidentales et d'ailleurs toutes les sociétés du monde et dont on disait qu'elle pouvait être un point de départ et qu'elle était effectivement un point de départ à une un terrorisme mondialisé Hamas n'a pas une mission de terrorisme mondialisé Hamas a tristement montré qu'elle a une ambition terroriste face à l'État d'Israël mais n'a pas du tout épousé la même stratégie que alqïa ou daesh d'autre part la la le inement des États arabes face à l'état islamique et face à Hamas n'a absolument rien à voir l'un avec l'autre et puis troisièmement le rapport à la société n'est pas le même il y a qu'on le veuille ou non dans Hamas un discours une identité une volonté nationaliste nationaliste et émancipatriste que cette volonté soit amenée de façon hideuse moi je suis tout prêt à l'accorder n'empêche que c'est ce qui fait la boussole du Hamas ce qui n'a rien à voir avec daesh qui avait je dirais au contraire un projet impérial voire impérialiste c'est-à-dire rétablir le califat sur l'ensemble du monde musulman Hamas n'a jamais parlé d'installer un quelcon khalifat donc tout ceci à mon avis est doublement dangereux d'abord quand on hasarde des comparaisons fausses et bien on propose des thérapeutiques inadapté quand vous allez voir votre médecin et qui se trompe totalement dans le diagnostic la le protocole thérapeutique qui vous propose est dangereux bah c'est exactement la même chose et le danger est doublé c'est la deuxième conséquence néfaste par des haines des rages qui vont s'en trouver d'autant plus aiguisés on a besoin de quoi au ProcheOrient on a besoin de résoudre cette question qui est en train de battre un record historique de durée on a besoin de dépasser les les blocages qui fait que ce conflit dure depuis 75 ans c'est ça le problème la seule voie feuille de route imaginable c'est définir concrètement les initiatives politico-dplomatiques que les États du monde sont prêts à prendre pour obliger les partis à parvenir à une solution concrète c'est pas les grandes idées en général ça fait mais un nombre incroyable d'années que nous entendons on est pour une paix juste et équitable on est pour une solution à deux états on est pour qu'il s'aime on est pour qu'il se réconsigné on est pour qu'il se respecte moi je suis pour tout ça aussi mais imaginez un médecin qui quand vous allez le voir dans son cabinet se contente de vous dire oh je suis pour que vous soyez plus malade oh je suis pour vous guérir oh je suis pour que vous soyez en bonne santé et vous puissiez gambader mais comment considériez-vous un tel médecin avez besoin qu'il vous définissent tout un protocole de soin ce protocole de soin depuis le 7 octobre je n'ai même pas entendu le but début de ce qu'il pourrait être alors quelque part cette séparation entre État démocratique donc forcément habillé du manteau de la légitimité et groupes terroristes à éradiquer ne visent-ell pas aussi quelque part à fermer la route à tout processus de paix sérieux et aussi à mettre de côté le droit international parce que si Israël vote régulièrement à une cour suprême et tout est une démocratie dans ses frontières c'est aussi un état qui s'affranchit de la charte et des résolutions des nations- unies comme la Russie de Poutine d'ailleurs avec une appréciation différente de la fameuse communauté internationale la guerre contre le terrorisme c'est pas aussi un brouilleur quelque part d'abord euh cette référence à la démocratie versus autre chose ne fait pas grand sens dès lors que en face il n'y a pas d'état euh on a essayé d'inventer une Autorité palestinienne qui n'existe plus et on a essayé à un moment de donner des couleurs démocratiques à cette Autorité palestinienne à partir du moment où elle n'existe plus à partir du moment où tous ces efforts d'institutionnalisation on échoué comment pouvez-vous euh espérer qu'elle se comporte démocratiquement elle ne peut même pas procéder aux élections dont on aurait besoin pour renouveler t ce personnel politique donc chassons un peu cette idée de démocratie et interrogeons-nous aussi qu'est-ce que c'est qu'une démocratie qui se comporte de la sorte dans les territoires qu'elle domine et qu'elle occupe c'est un grand problème qui est toujours mis sous le Boissau est-ce que l'idéal démocratique était pleinement respecté du temps de la colonisation par les puissances coloniales de la était aussi une démocratie voilà mais on pourrait continuer dans ce genre et euh de même quand Benjamin nataniaou oppose la civilisation à la barbarie bon est-ce que la civilisation se comporte de manière civilisée dans les territoire occupé sans respecter le droit et et sans faire preuve d'humanité à l'égard des des population occupé il faut aussi se poser cette question faut aussi se poser cette question alors je vais oser une question mais avant ça je voudrais regarde un petit magnet je au fond la guerre contre le terrorisme est-elle une guerre sainte parissence quand on entend Benjamin netanahou parler de la prophétie d'Isaïe et et de la destinée éternelle du peuple d'Israël on a l'impression de bouch d'entendre Bou aussi qui parlait du Bien contre le Mal de Gog et de Magog il y a une tentation humaine visant à sanctifier tout ce que l'on fait pour lui donner une légitimité et cet effort de sanctification est d'autant plus vif que la cause n'est pas défendable sur le plan du droit quand vous avez clairement le droit avec vous il est inutile d'aller chercher tous les seins du Paradis l'Ukraine a le droit intern nationale pour elle elle a pas besoin d'aller chercher la Bible pour justifier son action lorsque vous êtes conforme au droit toute tout ce discours moralisateur devient secondaire face à l'évidence moi je me méfie toujours des paroles messianiques qui souvent viennent servir de rideau de fumée pour dissimuler les manquements gr non seulement au droit comme code des relations internationales mais au droit comme code de respect de l'humain et de la dignité humaine j'ai toujours dit moi c'est c'est le fond de mon combat et mon dernier livre sur l'approche subjective des relations nationales est là pour ça que à la base des relations internationales il y a l'humain et il y a l'humain d'abord et lors que l'on est au clair avec la notion du ain c'est-à-dire lorsque l'on fait du respect de l'humain le principe fondamental il n'est pas nécessaire d'aller chercher d'autres discours assez étrangément assez étrangement ces références très messianiques de netagiaou ne sont pas évoqués en France en tout cas pas par les médias les plus en vu parce que peut-être ça le rapprocherait d'un illuminé religieux et un peu du camp d'en face aussi et pourtant ces références au prophète Isaïe ont également pour objectif de parler subliminalement aux Juifs Israël premièrement aux Juifs deuxièmement mais aussi au monde chrétien quand on connaît la place prépondérante de ce livre dans l'espérance chrétienne notamment l'espérance d'un monde débarrassé de la guerre l'ONU euh est aussi fondé la mystique de l'ONU aussi fondé sur ce livre ils veulent parler il veut aussi parler au monde chrétien notamment aux États-Unis où euh beaucoup de Juifs progressistes s'éloignent euh euh épuisé de sa rhétorique et ça quelque part en France on n peut-être pas euh les codes pour prendre toute la la mesure de ce type de référence oui et il faut pas oublier une chose qui est très très importante c'est que la cause israélienne dans son intransigence est soutenue aux États-Unis maintenant davantage par les mouvements chrétiens un fondamentaliste qui se développe blanc voilà et qui notamment à la faveur du trumpisme se sont épanoui tant dans la société que dans le système politique américain au moment où l'électorat juif américain prenant la mesure de l'extrémisme incarné par natanahou et déçu de l'échec des de l'ancien processus de paix tente à se distancier c'est le vrai soutien maintenant il est à trouver dans les églises messianiques du sud des États-Unis exactement beaucoup plus que dans les milieux du judaïsme classique donc ça c'est intéressant et effectivement ça peut expliquer cette mobilisation d'une d'un discours messianique qui fait très fortement écho aux États-Unis mais pas seulement aux États-Unis il faut en République démocratique du Congo par exemple qui est un des pays les plus chrétiens du monde ils soutiennent Israël voilà et mais mais c'est très intéressant de voir l'Afrique face au au conflit israelllo-palestinien où effectivement il y a de plus en plus de points d'accroche de la cause israélienne au sein d'un certain nombre de pays africains y compris d'ailleurs de l'Afrique musulmane un pays comme le Tchad par exemple est assez proche de la vision incarnée par quelqu'un qui pourtant est d'un profil tout à fait différent que Benjamin natanahou euh si vous continuez parler de de la RDC c'est vrai mais kagamet a aussi le même type de discours et on pourrait et d'ailleurs on peut penser que le président tisekedi en soutenant aussi ostensiblement israël fait la course contre Kagamé dans les soutiens internationaux notamment dans le domaine de la sécurité tout à fait et ça ça ouvre effectivement une porte très importante et intéressante sur le poids nouveau du Sud qu'on appelle global dans la construction et la résolution des grands problèmes internationaux contemporains et effectivement là on aura des surprises autant on a eu des surprises avec la question ukrainienne où on a vu des États africains qui devraent être inquiets du respect du principe de l'intégrité territoriale la souveraineté soutenir Poutine et même aller lui rendre hommage jusqu'à Moscou autant on trouve là aussi des états qui devrait être sensible à la détresse de cette ce dernier foyer de colonisation ou l'un des derniers foyer de colonisation que constiue la Palestine et qui sont plutôt Proms à soutenir le gouvernement israélien bon maintenant dans les pays comme l'Algérie et l'Afrique du Sud qui sont des pays structurellement euh lié au mouvement anticolonial de manière permanente on va dire en tout cas depuis près d'un siècle il n y a pas tout cela ton dernier livre a pour titre pour une appr subjective des relations internationales tu le disais et ces derniers jours le monde arabe via aljazira notamment c'est beaucoup ému de l'histoire de Wael aldadou journaliste palestinien vedette d'aljazira en arabe qui a perdu sa femme et deux de ses filles dans un bombardement qu'il a appris quasiment enfin qu'il a appris pendant qu'il était en direct on regarde un petit mageto journaliste d'aljazira a perdu sa femme sa fille et son fils dans les bombardements israéliens sur Gaza wa aldardour est un correspondant de la chaîne aljazira à Gaza le 25 octobre un bombardement israélien a tué sa femme sa fille et son fils dans le camp de nouserat où ils avaient trouvé refuge aljazira affirme que la famille avait quitter leur domicile en direction du sud de la bande de Gaza sous les recommandations du Premier ministre israélien Benjamin netanahouel aldardour s'est recueilli sur les dépouilles des membres de sa famille avant de les enterrer d'après aljazira d'autres personnes de la famille journaliste se trouverait sous les décomes Bertrand de nombreux analystes estiment que depuis le 7 octobre les morts palestiniens sont traités comme des statistiques voir amalgamé avec le Hamas des morts sans visage quand les morts israéliens sont individualisés des des des morts avec une histoire cela est-ce que ce n'est pas là une approche subjective d'une partie de la population française occidentale mais celle qui domine et est-ce que ce n'est pas quelque chose qui crée des problèmes de compréhension pour cette partielà et de ressentiment pour l'autre partie qui n'est peut-être pas aussi minoritaire que cela mais qui est minoritaire euh dans l'expression politique et sur le champ médiatique parce que l'approche objective ça peut aussi valoir à l'intérieur d'une nation et et la déchiré si chacun ne se rend pas compte de sa subjectivité avant de considérer celle de l'autre c'est exactement pour ça que j'ai écrit ce livre c'est-à-dire que nous vivons sur euh un mode très conservateur qui consiste à objectiver les guerres les conflits d'une façon générale les relations internationales qui opposeraiit des rationalités étatiques les unes aux autres des intérêts nationaux en compétition or ce qu'il a de nouveau du fait de la mondialisation du fait du progrès des techniques de communication du fait de la sensibilité croissante des individus aux questions international c'est que l'international est entièrement repassé au filtre au pluriel de de la subjectivité humaine c'est il y a une appropriation sociale de l'international et donc une réinterprétation de tout ce qui fait la constitution même du jeu international et si on ignore cette médiation sociale cette réappropriation sociale cette bataille de sens qui en dérive et bien on passe à côté de ce qui donne toute sa force et aussi tous ses dangers tous ces ressorts à la conflictualité Moder c'est ça que j'ai voulu montrer et la question qu'il faut se poser c'est pas seulement que pensent les stratèges c'est comment chaque individu perçoit les questions internationales et elles ne sont pas perçu de la même façon en Palestine en Israël ça c'est évident mais git en Palestine et en Europe et en Afrique ce dont nous parlions tout à l'heure et au-delà de comment ces questions sont perçues deux autres questions qui suivent et que personne ne se se pose quel sens l'autre qui n'est pas moi donne au jeu international et deuxième question comment l'autre perçoit la manière dont je le perçois et ça on fait toujours l'impass sur cette question or elle est fondamental comment un Palestinien aujourd'hui perçoit un Français dans ce jeu nouveau des relations international comment il perçoit comment il intériorise cette indifférence ou peut-être cette partialité perçoit are français tout simplement bien sûr simplement là on sort du domaine des relations internationales les relations internationales s'invitent à la maison absolument merci beaucoup Bertrand merci à vous d'avoir regardé cet épisode de le monde n'a pas de centre la chronique internationale de Bertrand bad si vous avez aimé et que vous le pouvez apporternous votre soutien en devenant sociétaire ou abonnés du média ou en participant à la cagnotte KissKiss ban ban du média au vert jusqu'au 3 novembre merci d'être fidèle au médiia la chaîne d'info et de combat sur le canal 350 de la freebx aujourd'hui sur toutes les boxes on espère demain sur Youtube et les plateformes numériques et sur notre site internet aussi qu à moi je vous dis à plus ah
Emmanuel Macron