EN DIRECT | ANNIVERSAIRE DE FAIRE FACE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 77 %Attaque 8 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Gabriel AttalFait
« Le harcèlement c'est pas un moment, c'est pas un fait, c'est quelque chose qui dans le fond nous change un petit peu, un petit peu beaucoup. »
- 20:00Justine AtlantFait
« Les parents d'ailleurs sont extrêmement inquiets. Quand on les interroge, c'est leur quasiment leur première inquiétude vis-à-vis de l'école. »
- 0:15JustineFait
« e ça se décrète pas, ça se travaille, ça se donne mais on doit être un lieu, une personne de confiance auquel vous pouvez partager euh pas forcément le mot harcèlement parce que parfois on sait pas qu'on est harcelé en réalité, mais en tout cas le mal-être, la douleur, la souffrance, l'angoisse, tout ce qui fait que on n'est pas bien. »
- 2:00JustineFait
« Et donc, il faut une responsabilité collective pour que finalement tous les adultes qui prennent le relais auprès d'enfant et ce sentiment qu'ils sont garants, garanté physique et mentale de l'enfant, garant effectivement de pouvoir euh identifier et témoigner ses violences. »
- 6:00Gabriel AttalChiffre
« Ce ne sont pas des gamineries, ce ne sont pas des petites histoires sans conséquence. Ce ne sont pas des cas isolés, c'est un phénomène de masse. Ce sont deux enfants par classe en moyenne, 600 à 700000 jeunes qui vivent ce supplice. »
- 8:00Gabriel AttalChiffre
« En un an, ce sont 20000 élèves qui ont été sensibilisés grâce au travail de l'association. une trentaine de conférences qui ont eu lieu. »
- 10:00Gabriel AttalFait
« On a lancé à l'époque avec Brigitte Macron le premier grand plan de lutte contre le harcèlement. Ça a été un pas de géant et je crois très profondément, comme beaucoup l'ont dit ce soir, que les choses commencent à bouger. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Donc c'est quand tu veux, tu peux me regarder moi, les caméras, tu peux poser ton regards, il y a pas de problème. Et on va pas t'interrompre. Ah, c'est stressant, j'arrive pas.
C'est toujours euh dur à chaque fois de témoigner comme ça. Et on est à toi. Euh donc du coup moi harcèlement a commencé quand j'étais en 6e.
Bah en fait tout a commencé en maternel en CM2 si je ne m'abuse. Je me suis fait harceler toutes mes années au collège. Mes souvenirs sont un peu brouillés puisque j'ai essayé de faire un blackout complet de ces souvenirs qui sont assez tristes.
Au tout début c'était des insultes. J'étais une petite fille très timide, j'avais pas beaucoup d'amis, j'étais très isolée. De base, c'était par rapport à ma taille, vu que je suis assez petite et que je fais pas forcément mon âge aussi.
Une fois, je suis rentrée dans les toilettes et je j'ai vu quelqu'un qui ressemblait à un ami. Donc, j'ai commencé à hurler son prénom. S'avère que c'était absolument pas mon ami.
C'était un plus grand que moi. Ça a commencé parce que j'avais des centres d'intérêt qui étaient différents. J'étais ronde, je restais beaucoup avec mes professeurs en fin de cours et cetera parce que je voulais toujours en savoir plus.
Et donc pour euh pour une raison que j'ignore, il m'a pris et il m'a foutu la tête dans les toilettes. Je me rappelle très bien. J'ai l'image en tête d'avoir vu, on va dire, le le fond des toilettes euh avec mes yeux.
Après, en primaire, c'est là où vraiment ça a commencé à devenir un peu plus compliqué. notamment des amis qui me touchaient dans les toilettes, m'enfermait et si j'osais dire non, je me prenais des gifles jusqu'à ce que je dise oui. C'est toujours très simple de s'en prendre à quelqu'un de plus faible que soi.
Ce dont je me souviendrai toujours, c'est le regard des autres enfants sur moi en 6e parce que c'était pas physique encore, c'était que verbal. C'était très violent mais il ne touchait pas quoi. J'avais beaucoup d'insultes, les jambes tirent les cheveux, des mots creris, c'était de la violence physique et verbale.
C'était vraiment un regard de de haine en fait et je sentais cette haine monter de plus en plus envers moi et je comprenais pas pourquoi. Euh je me faisais étrangler, je me faisais insulter et donc pardon. Et donc ce grand qui était je pense 1 2 ans de plus que moi utilisait cette sorte de supériorité d'âge pour m'utiliser comme un jouet.
Pourquoi moi ? Enfin, j'ai strictement rien fait qui s'énerve sur un Pokémon ball mais pas des gens. Je me suis très vite sentie très seule et pour éviter de me confronter aux autres, je m'enfermais dans dans les toilettes pour pas me faire frapper par les autres et cetera.
C'était devenu bah une peur la récréation, les pauses. J'avais peur parce que il y avait plus d'adulte à ce moment-là. Le point de départ où ça a vraiment vraiment tout basculé, c'est en 5e.
C'était une violence absolument débridée, complètement débridée. C'était des coups euh on me crachait dessus, on me traînait par terre, on mettait mes affaires de sport dans la douche. En 2015, quand j'ai perdu mon grand-père, euh, on me disait d'aller me suicider pour le rejoindre et que bah, vu qu'il était juif, bah c'était mieux pour lui qu'il meure parce que les juifs ne méritent pas leur place ici.
On se moquait de moi aussi parce que j'ai une cicatrice ici à cause d'un accident de voiture. On me faisait du chantage sur mes notes. en meut en fait et il vérifiait mes mes copies pour pour savoir si j'avais une meilleure note de queue et si j'avais une meilleure note queue, il me tabassait même endroit dans les toilettes et j'ai recroisé la même personne et elle m'a giflé sans aucune raison.
Ça continuait aussi quand je rentrais chez moi, ça s'est transformé en cyberharcèlement. On avait créé des comptes pour m'insulter. On prenait des photos de mon profil Instagram quand j'étais au collège, donc où je faisais de l'équitation et cetera. et ces photos, on les sexualisait et puis on les faisait transmettre à tout le collège et lycée qu'il y avait à ce moment-là dans mon établissement.
Il y a eu un jour, dont je vous souviendrai toute ma vie, le moment le plus violent euh le de mon harcèlement. Donc j'étais sous le préhot, j'étais toute seule et en fait ils sont venus, ils m'ont jeté par terre, ils m'ont tabassé pendant 2 minutes, c un gros coup dans le nez, mais un énorme coup dans le nez, vraiment très violent et mon nez s'est mis à saigner et je pissais le sang et j'en avais partout sur mon pull et tout. On me disait que j'étais une sorcière, que je méritais pas ma place ici.
On m'appelait la viepère. En fait, pour eux, j'étais un objet. J'étais pas une personne, j'étais complètement déshumanisé en 6e, c'était 1 an après à peine.
C'était quelqu'un avec qui j'étais dans le même collège et on faisait du rugby ensemble. Lui, je ne sais pas ce que je lui avais fait mais on dirait que j'étais sa cible. Je ne sais pas pourquoi.
Euh, je me rappelle que ça a commencé une fois à la sortie des cours et je suis sortie un peu trop vite selon lui. À la sortie de l'école, il m'attendait pour je cite me péter la gueule. Donc moi, je sortais évidemment en dernier.
J'avais une prof de français, je lui avais expliqué que avec ce que j'avais vécu, j'arrivais pas à parler et cetera. Elle m'a fait croire qu'elle était compréhensive et c'est devant tout le monde qu'elle a tout balancé. Elle m'a forcé à me lever devant tout le monde et elle m'a forcé à à parler.
J'ai pleuré, j'ai pas réussi. Puis elle a dit à tout le monde "Voyez les gens comme elle, ne soyez pas comme elle, ne soyez pas nuls comme elle, ne soyez pas connes." C'était des amis de mes parents qui me récupéraient.
Ils étaient deux, donc ils alternaient et ils s'étonnaient que je mette autant de temps à sortir. Donc ils ont commencé à alerter mes parents. Et donc là, mes parents m'ont demandé ce qui se passait.
Gen, j'ai dit la vérité. On père qui était quelqu'un d'assez, on va dire d'assez calme et mouché à un de ses enfants, fallait pas le faire. Donc c'est veut dire qu' il est allé voir le parent, le papa et il lui a dit "Si ton fils retouche au mien, je te pète la gueule." Comme par magie, il a arrêté.
Je pense que en fait ça va me laisser des séquelles toute ma vie. Quand je me regarde dans un miroir, en fait, j'ai même encore maintenant et ça fait 7 ans, en fait, j'ai honte d'être moi. Je me reproche constamment d'être moi.
Je suis très énervée d'être moi. Ça impacte ma relation avec mes parents, avec mes amis, ma relation que j'ai avec moi-même aussi. Je suis pas en paix en fait avec moi-même.
C'est très compliqué. Je me détestais, je pouvais pas me voir, je me détestais et en fait petit à petit, je me suis enfin je me suis détruite. Même aujourd'hui encore, je me bats contre ça parce que bah ça m'a laissé des séquelles.
En fait, je me suis dit, j'en parlerai jamais parce que personne va me comprendre en fait. Et donc quand après du coup, j'osais même plus aller à l'école, je loupais beaucoup de cours parce que j'avais peur. Il y a une fois où ça a pris des grosses proportions, j'avais une idée très claire.
C'était que je voulais que tout s'arrête. Je voulais que ça cette douleur s'arrête. J'en avais parlé à personne de tout ce qui s'était passé.
J'avais honte. parce que je savais pas trop comment parler parce que mine de rien, je me disais que c'était de ma faute, c'était moi le problème. Après au lycée, c'est là où j'ai commencé à me scarifier, où j'ai commencé à vouloir me suicider aussi.
J'ai fait des très grosses bêtises. Je me suis fait très mal au niveau des poignets. J'ai mis une corde et c'est mon petit frère qui m'a retrouvé.
J'ai essayé de couper complètement comme un film découper la bobine pour garder que ce qu'il y a de bon. Et donc ça, j'ai fait un blackout complet mais j'en ai encore plein de souvenirs et j'en ai encore des dire des traces qui me resteront à vie. À un moment donné, je suis partie de de cet établissement.
Je suis arrivée dans un lycée qui était super. J'ai une infirmière scolaire qui a été géniale, qui a su me redonner confiance, qui a fait que j'ai pu m'engager et devenir ambassadrice contre le harcèlement. Et donc si un élève voit mon témoignage, pour moi le le plus important c'est juste qu'il en parle et qu'il se dise qu'il est pas seul.
Si j'avais un un conseil à à donner, c'est vraiment d'en parler. toujours en parler à quelqu'un de confiance, pas n'importe qui. Et puis vraiment faire des choses qu'on aime à côté, ne pas se renfermer sur soi-même, même si c'est ça paraît un peu compliqué, mais il faut toujours en parler parce que ça peut pousser, ça peut aller jusqu'à très très loin.
Très très loin, le maximum qu'on connaît, c'est le le suicide. On est une personne importante sur cette planète et donc moi ce que je veux dire c'est que ça va aller. Aujourd'hui je fais des études supérieures.
J'ai une vie au lycée qui était incroyable alors que le collège détesté ça et j'ai réussi petit à petit à me reconstruire même si tous les jours je me bas encore contre ça parce que parce que c'est pas quelque chose qu'on oublie comme ça et on oubliera en fait jamais. Ça laisse des séquelles sur toute une vie en fait. [applaudissements] [applaudissements] Merci à vous pour votre courage car vous êtes présent et oui, la honte change de camp grâce à une parole qui se libère pour ouvrir cette soirée des 1 an de faire face au harcèlement, j'ai le plaisir d'accueillir madame Sarah Eli, haut commissaire à l'enfance.
Dans ses précédentes fonctions en tant que secrétaire d'État chargé de la jeunesse et du CNU au sein du ministère de l'éducation nationale, elle a accompagné le lancement du dispositif phare, pilier de la politique publique de lutte contre le harcèlement scolaire. Son engagement pour la protection de l'enfance, la prévention des violences et la sensibilisation des jeunes s'inscrit pleinement dans l'esprit de faire face. Madame la haute commissaire, merci d'être parmi nous ce soir pour ouvrir cette soirée de mobilisation et d'espoir. [applaudissements] En fait, je vais pas en avoir besoin.
Je vais pas avoir besoin des notes qu'on a écrites parce que dans le fond, les plus belles paroles, c'est celles qu'on vient d'entendre. les plus fortes, c'est celle-là parce que c'est le début de ce silence qui se brise. Alors, merci Elliant, merci Béatrice, merci à Gabrielle qui va nous rejoindre dans pas longtemps parce que à ses côtés, nous avons mené un certain nombre de combats grâce à vous, à vous tous, chacun dans vos missions, dans vos engagements, chacun à votre place, chacun grâce à votre courage, vous brisez ces tabou.
C'est tabou, il touche toutes les familles, il touchent tous les enfants. Ça peut être nous, ça peut être nos enfants, ça peut être nos frères, nos sœurs, ça peut être des cousins. Et dans le fond, quand on dit que la honte doit changer de camp, elle doit changer de camp tout court et immédiatement.
Les violences, elles prennent plein de visages et elles peuvent être sourdes. Et oui, elles font mal. Elles font mal.
Elles laissent des cicatrices. Même si on apprend à vivre avec, elles sont là. Elles sont moins douloureuses quand on se rend compte qu'on est moins seul.
Elles sont moins douloureuses quand la société en réalité est plus juste. Plus juste dans le sens où elle comprend à quel point ça a pu faire mal. Beaucoup plus que ce qu'on peut entendre parfois.
Le harcèlement c'est pas un moment, c'est pas un fait, c'est quelque chose qui dans le fond nous change un petit peu, un petit peu beaucoup. Ça amène au parfois à des drames. Mais si on tient un discours très clair de oui, il faut que ça change de quand.
Non, ça n'a pas vocation à durer. Non, c'est pas parce que on est petit, gros, parfois on sait même pas pourquoi. Parce que on n pas exactement les mêmes habitudes, parce que on n pas les bonnes marques de chaussures.
Parce que dans le fond, on est juste ce qu'on est. Alors, il y a même pas besoin de se torturer l'esprit. Le plus dur, il est là.
C'est quand on passe ces heures, ces nuits parfois à essayer de comprendre ce qu'on a mal fait, ce qu'on a dit, ce qu'on a pas fait. Et oui, monsieur, l'émotion elle gagne parce que ça parce que c'est parfois des souvenirs douloureux qu'on a le droit de garder, qu'on n'est pas obligé de de supprimer ou de nier pour dire qu'on l'a dépassé. Mais de ça, on doit construire d'une certaine manière un nouveau bouclier, une nouvelle communauté.
Moi, j'aime l'idée d'une bulle de protection et cette bulle, elle est pas impossible à atteindre. Mais qu'est-ce que c'est dur d'être le parent, de ne de se sentir si impuissant, parfois d'avoir le sentiment de ne pas avoir entendu, de ne pas avoir vu parce que quand on est enfant, quand on est jeune, on n'utilise peut-être pas ces mots-là et on s'est torturé l'esprit des jours et des jours et des heures et parfois des nuits à essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de celui ou de ceux qui nous font subir Ça mais c'est pas à nous de le faire. C'est pas aux jeunes de le faire.
C'est à nous de dire que ce n'est pas normal. C'est à nous de dire stop. C'est à nous d'aller chercher dans le fond ce sursaut.
C'est à nous de construire ces repères et c'est dans le fond c'est ces personnes en qui on va avoir confiance. C'est pour ça qu'on avait pensé imaginer bien sûr le programme for mais pas que. Pas que les ambassadeurs de lutte contre le harcèlement. ces personnes qui un vont pas te juger, vont pas douter de ce que tu dis, des téléphones des gens à qui on peut appeler parfois au téléphone ou au chat et je pense bien sûr au 30 mais finalement à tous ceux en qui simplement on peut avoir confiance et ceux qui ne vont pas ni humilier ni un moment te dire "Non mais qu'est-ce mais qu'est-ce que tu as fait ?
Mais c'est c'est c'est impossible à entendre parce que ça vous ramène dans un autre cycle, ça vous met en doute et oui, ça fait ça fait du mal, ça fait du mal à son corps et parfois ça amène bien sûr à montrer cette douleur, à la montrer autrement. Mais ce cycle, ce cycle, on peut le briser et c'est ce que vous faites depuis plus d'un an avec faire face. Ce cycle vous êtes en train de le briser parce qu'aujourd'hui on sait qu'il y a des jeunes, des moins jeunes, des parents, des enseignants qui refusent de laisser se banaliser ou rendre finalement ces violences et cet enfer parce que c'est un cauchemar finalement un moment de l'adolescence, un moment finalement plus dur mais dans le fond ça s'autorégule.
Non, ça tombe sous le coup de la loi. On n' pas à subir ça. On n' absolument pas à tolérer ça.
Et moi, je me souviens et c'est pour ça que je suis très fière d'être là, je me souviens du fait quand Gabriel Atal était ministre de l'éducation nationale a changé la doctrine et n'a plus fait partir ceux qui subissaient de leurs établissements, a fait changer la doctrine également sur l'accueil de cette parole, sur cette confiance dans cette parole. Alors mesdames messieurs, moi mon quotidien il est d'accompagner les enfants, de lutter contre les violences queles qu'elles soient, qu'elle soit malheureusement ce harcèlement, ce cyberharcèlement qui devient continu, de mener les batailles avec les plateformes qui diffusent, qui parfois ne sont pas à la hauteur de la modération, de soutenir les signaleurs de confiance qui nous aident au quotidien à enlever ses contenus, mais surtout de dire qu'il n'y a rien de normal et que nous sommes pas condamnés à vivre avec. à leur faire face.
Moi ce qui m'a le plus touché par rapport à peut-être tous les autres au-delà de de me sentir appartenir à cette famille, c'est que vous avez fait le choix d'abord de construire et donner la parole aux jeunes eux-mêmes, à ces paroles également de parents, de frères, de sœurs, de ceux qui ont été là, qui ont parfois vu, pas su nommer, mais qui dans le fond ont simplement vécu des moments d'impuissance parfois. Et grâce à vous, grâce à votre mobilisation, grâce à vos actions quotidiennes, on se sentira moins seul, on se comportera peut-être d'une manière un peu différente parce qu'on saura quoi faire et on saura qui appeler. Mesdames, merci.
Merci d'être là, merci de le faire, merci de briser ces silences et merci de créer ce magnifique collectif qui est oui une part de ce bouclier. Merci à tous. [applaudissements] [applaudissements] Merci madame.
Pour lancer cette soirée anniversaire de faire face harcèlement, j'ai le plaisir d'accueillir Béatrice Leblé et Élian Potier, coprésident de l'association avec Gabriel Atal. [applaudissements] Un petit mot sur Béatrice. Béatrice Leblé a choisi de transformer une tragédie personnelle, la perte de son fils Nicolas, victime de harcèlement scolaire en un engagement collectif et porteur d'espoir.
À ses côtés, Ian Potier, victime de harcèlement, intervient depuis plusieurs années dans des établissements pour sensibiliser les jeunes et leur donner des outils pour agir. ensemble, ils incarnent la force et la raison d'être de faire face, transformer la souffrance en action et faire de chaque expérience une source de mobilisation et de transformation. Merci.
Merci de me donner la parole et donc bonsoir à tous, à toutes. Je vous remercie de votre présence. On voit l'intérêt que vous portez au harcèlement et à cette lutte que nous menons.
Ce soir, c'est une grande émotion, une grande émotion pour moi d'être là un an après à la création de faire face au harcèlement. Un an d'engagement qui m'a profondément transformé. Quand j'ai rejoint faire face, c'était pour Nicolas, pour tous ces enfants qui souffrent, pour que plus jamais cela ne se reproduise et aussi pour donner du sens à ce qu'il n'en avait plus, pour transformer ma douleur en action.
Et aujourd'hui, grâce à notre association, j'ai retrouvé un chemin. J'ai rencontré des gens formidables, humaines, engagé, qui œuvre chaque jour pour la même cause. Faire reculer le harcèlement, protéger nos enfants et faire bouger les lignes.
Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui se sont engagés avec nous dans cette aventure. Je suis fière de vous. Cet engagement m'a beaucoup apporté.
Il m'a permis de me sentir utile, d'être actrice du changement, de me reconstruire aussi. Cet engagement à travers toutes mes actions, pardon, à travers toutes mes actions, j'ai pu constater une vraie évolution, une prise de conscience grandissante dans la société. Quand j'interviens comme au lycée Saintxupérie à MTH, je vois des jeunes qui osent parler, qui s'interrogent, qui écoutent.
J'ai de beaux échanges également lors de la pièce de théâtre et si on parlait harcèlement de Gislen Bisot, j'ai échangé avec les enfants, des parents, des professionnels investis dans cette lutte contre le harcèlement. Ces échanges étaient porteurs d'espoir et puis il y a eu un moment fort, le concert organisé à Poissie avec mon ami Isabelle en hommage à nos enfants. Un concert solidaire qui a réuni notre association Ferface et l'association Phare Enfant-Parent.
Ce soir-là, plus de 400 personnes étaient présentes. Des enfants, des parents, des officiels, des élus, des partenaires, tous réunis d'un même message. Le harcèlement n'est plus un sujet à bout.
Ce fut un moment de partage, d'émotion, d'espérance. Nous avions mis en place des stands avec les réalisations des enfants, des affiches, des chansons, des textes magnifiques né d'un concours d'écriture. En voyant tout cela, j'ai compris beaucoup de choses.
Que le harcèlement et la santé mentale des jeunes deviennent une priorité. Le harcèlement dépasse le cadre scolaire ou associatif. C'est l'affaire de tous.
Il touche le sport, la culture, le monde du travail, les médias, les entreprises, les institutions s'en empare et ça c'est encourageant. Et quand je vois toutes ces énergies se mobiliser, je dis que oui, oui, nous avançons, mais rien n'est gagné. Cet ensemble bénévoles, adhérents familles, enseignants, professionnels, institution que nous devons continuer à chercher des solutions pour qu'un jour il n'y ait plus de harceleur, plus de victimes, plus de souffrances silencieuses.
Alors ce soir, je veux simplement dire continuons, continuons à faire face, à parler, à agir, à croire qu'un autre modèle est possible parce que chaque action compte, chaque regard bienveillant, chaque parole brise le silence. Merci à toutes, à toutes celles et ceux qui font partie de ce chemin et surtout merci de croire comme moi qu'ensemble nous pouvons vraiment changer les choses. Merci. [applaudissements] [applaudissements] Bonsoir à tous.
Merci beaucoup d'être parmi nous. Je suis très heureux de vous accueillir, qu'on puisse vous accueillir ici pour cette deuxè inauguration, on va dire 1 an maintenant de de faire face. J'aimerais juste avant de pouvoir raconter un peu ce que l'association fait faceit faire face pardon fait depuis maintenant 1 an, vous remercier voilà pour le temps que vous accordez. vous remercier, remercier aussi l'équipe faire Face euh chaque jour qui intervient dans les établissements scolaires, qui répond, qui euh organise des intervention.
Moi, c'est un sujet, vous le savez, qui me touche particulièrement parce que j'ai été confronté au harcèlement il y a quelques années, maintenant 8 ans et j'ai décidé de transformer cette mauvaise expérience en expérience positive. C'est très compliqué à essayer de comprendre mais on va dire que ça a été ma sorte de médicament, mon sorte de médicament pour me permettre de pouvoir aller mieux, de tourner la page. À ce moment-là, je me suis posé donc deux questions.
Soit je reste dans cette incompréhension toute ma vie. C'est des choses qui marquent à une échelle plus ou moins importante mais qui marque tout de même ou soit j'essaie justement d'utiliser cette expérience négative en expérience positive justement en intervenant dans les ételbissements à destination des écoliers, des collégiens, des lycéens mais pas que aussi à destination des étudiants dans le supérieur parce qu'ils peuvent être parents, ils peuvent aussi avoir des frères et des sœurs et c'est tellement important de pouvoir les sensibiliser. Pour vous donner quelques chiffres, j'ai eu la chance de rencontrer ces dernières années un peu plus de 30000 jeunes.
Ça représente une centaine d'établissements un peu partout en France. Moi ce que je peux dire aujourd'hui c'est que évidemment on avance, on avance pas forcément aussi vite qu'on aimerait mais on avance. On essaie de faire un maximum de choses dans les établissements.
Ça se passe plutôt bien pour être honnête. Bon je rencontre à peu près à peu près six classes par jour, 6 heures d'intervention par jour. Ce que je retiens des des élèves, c'est qu'ils connaissent évidemment la thématique du harcèlement.
C'est un un sujet qui qui le connaissent parce que il y a les équipes phares dans leur établissement, les personnes ambassadeurs de leur établissement, les équipes ressources adultes de leur de leur établissement. Il y a plusieurs niveaux dans l'équipe phare aussi. C'est un sujet qu'il connaissent.
Maintenant, ce que moi en tout cas je retiens dans les établissements et ce qui me chagrine le plus, c'est l'aspect du cyberharcèlement. Là, je vais parler comme un vieux. Avant, on disait que le harcèlement, ça s'arrêtait aux frontières de l'école.
Je dis comme un vieux parce que bah moi à mon époque il y a 8 ans il y avait déjà des réseaux et ensuite on a dit que le harcèlement continuait sur les réseaux du moins à mon époque à 8 ans le harcèlement continuait sur les réseaux donc plus du tout de frontière et puis maintenant questionner n'importe quelle personne de l'éducation nationale j'ai l'impression qu'on vous répondra quasiment tous euh le harcèlement commence maintenant de plus en plus sur les réseaux et a une mauvaise influence évidemment dans le bon fonctionnement de l'école parce qu'évidemment règlement de compte dans l'école règlement de compte dans la cour de récréation sont le fameux groupe de classe sur Snap, fameux groupe de classe sur WhatsApp. Et ça me jrine parce que croyez-moi ou pas, je vais dans des classes en primaire dès le primaire. C2 CE2 je demande qui a un téléphone portable.
Quasiment la moitié de la classe lève la main en me disant j'ai un téléphone portable et j'ai pas un téléphone à touche. J'ai un téléphone portable, j'ai un smartphone, j'ai parfois même le dernier iPhone, j'ai Snap, j'ai Instagram, j'ai TikTok, j'ai Twitter, mais j'ai aussi Telegram. On sait tous ce qui peut se passer sur les réseaux sociaux, surtout sur ce genre de réseau social.
Et ça me ça me ça me rend profondément triste parce que je me dis bah en fait il y a évidemment les enfants à sensibiliser, il y a évidemment les adultes à former un maximum au sein de l'éducation nationale mais il faudrait aussi pouvoir sensibiliser les parents. C'est ce qu'on fait. On intervient en fin de journée à destination des parents.
Mais pareil, vous avez parfois malheureusement sur un établissement de 1500 élèves, zéro parents qui peuvent être présent. Ça m'est arrivé en province d'avoir zéro parents sur 1500 élèves. La com a été très très bien faite.
Pas de problème de communication là-dessus. Alors ça peut s'expliquer. Bon alors le maximum c'est à peu près 30 30 parents que j'ai pu avoir sur des établissements de 650.
C'est toujours 30 parents et c'est extrêmement important. Mais moi ce que je peux essayer de d'expliquer par la suite, c'est que au final ça s'explique sur deux, on va dire raisons entre guillemets. On soit on est dans le déni clairement en se disant "Mon enfant jamais il pourrait être victime de harcèlement, c'est impossible, il me fait trop confiance, il pourrait m'en parler." Ou alors à défaut mon enfant il est pas du tout, il peut pas du tout être harceleur.
Je l'ai trop bien éduqué, ça a rien à voir, c'est impossible jamais. Or, je pense que c'est pas du tout une question d'éducation. On a tous été à l'école, on a déjà été à l'école, on sait très bien que on pourrait à un moment donné peut-être basculer du mauvais côté.
D'où l'utilité de la prévention, d'où l'utilité justement du programme FAR d'intervenir dans les établissements mais de ne pas lâcher aussi à destination des parents. Et donc c'est pour ça que aujourd'hui on essaie aussi d'intervenir à destination des entreprises comme Carrefour ici ici présente ce soir. Merci beaucoup. euh et intervenir aussi à destination donc des salariés, pas potentiellement que parents salariés, adultes qui pourraient être au contact d'un jeune qui pourrait donc décelé des signaux faibles, euh certains signes qui pourraient laisser penser qu'il se passe quelque chose de harcèlement ou pas, mais en tout cas qu'il se passe quelque chose.
Et par la suite pour pouvoir signaler auprès du 3018 gratuit, anonyme qu'il ne s' qu'il ne s'inscrit pas dans les factures téléphoniques des des parents, mais aussi via le chat. Vous tapez simplement, vous pouvez faire le test euh 3018 dans la barre de recherche Google. Vous cliquez sur le premier lien qui va apparaître et en bas à droite, vous avez un chat qui va s'ouvrir.
J'ai même pas eu besoin de mettre mon nom, mon prénom, mon numéro de téléphone. Je vais pouvoir quasiment discuter instantanément avec eux du lundi au dimanche de 9h à 23h. Donc il y a des avancées pas aussi vite qu'on qu'on pourrait l'espérer et c'est pour ça qu'on est là.
C'est pour ça qu'on est déterminé, c'est pour ça qu'on lâchera pas. Et encore une fois, merci beaucoup d'être avec nous et vous nous trouverez toujours à vos côtés. Merci. [applaudissements] Oui, j'ai maintenant le grand plaisir d'accueillir Zoé Closure, jeune artiste à la voix sensible et engagée.
Zoé a choisi de mettre son talent au service d'un message fort en interprétant un titre qui parle de ce que beaucoup de jeunes ressentent quand ils traverse le harcèlement. Le sentiment d'être invisible. Voici Zoé Closure avec sa chanson invisible. [applaudissements] Qu'as-tu [musique] fait de mal ?
Personne ne s'en souvient, personne ne s'en sou. Tu crois que c'est normal d'être celle qu'on mite ? Tu le mérites entre les r les murmur et dispètent bientôt ça c'est sûr ça leur suffit pas que tu resour demain tu seras invencible pour l'instant tu te crois invisible invisible se sentir invisible et je commence invisible invisible se sentir visible sentir qu' fait de mal quand la question revient oublie ce que tu es de bien tes peur Oui, c'est prend la tête parce que toi tu [musique] as une quête quand il croy qu'il t'arrête ferait plaisir que tu et que tes rêves puissent disparaître mais tu crèves l'écran je le vois si je mets de la vie tu me seras visible invisible se sentir invisible invisible invisible se sentir visible [musique] [musique] Je te vois.
Oh oui, moi je te vois. [applaudissements] Merci. [applaudissements] Bah ce soit un moment on peut se tutoyer ?
Oui, bien sûr. Entre artiste. Alors, ton nouveau single invisible est un sur le sentiment d'invisibilité à l'école qui donne une voix à ceux qu'on oublie.
Je vais revenir un petit peu dans le temps. Tu as été gagnante de Laurévision Junior avec ta chanson cœur. Exact.
Exact. Toujours du cœur. Tu as une voix forte et engagée contre le harcellement scolaire.
Tu as été nommé par le Time Magazine Girls of the Year parmi les 10 filles les plus influentes qui construisent l'avenir. Tu es aussi la plus jeune ambassadrice de Nonviolent Project. Voilà.
Et puis tu as un roman aussi. Oui. Comment s'appelle-il ?
Il s'appelle tout donné. Oui. Et euh il parle bah de toute mon expérience, c'est de tout mon parcours.
Euh donc il retrace un peu bah tout tout ce que j'ai vécu. Donc notamment le harcèlement scolaire et je l'ai créé moi-même avec les équipes de Michel Lafond qui m'ont aidé à le pefiner tout ça et et aujourd'hui bah il est partout disponible partout et il s'appelle tout donné parce que j'ai toujours tout donné et je continuerai toujours à tout donner. C'est merveilleux.
Est-ce que tu peux me rappeler ton âge ? 15 ans. 15 ans.
C'est pas extraordinaire ça ? Alors ton titre invisible, il parle de solitude, il parle de douleur, mais aussi il parle de reconstruction et d'espoir. Euh qu'est-ce qui t'a donné la force d'écrire cette chanson ?
Alors euh déjà avant invisible euh j'ai écrit une première chanson quand j'avais 9 ans euh qui s'appelle Ma place. Euh ce single, je l'ai je l'ai écrit pour ma première année d'harclement scolaire car en tout j'en ai eu quatre. Et euh la première, ça a été assez violent puisque bah j'étais très jeune, j'étais en CM1 et euh bah ça a été un peu en résumé, ça a été bah des coups, des insultes et surtout bah les fit de masse un peu.
Il y avait quatre filles qui m'arcelaient tout le temps et surtout bah sans sans qu'il y ait des adultes autour. Donc souvent pendant la cantine où il y avait moins de surveillance. Euh ensuite cœur, je l'ai écrite donc pour l'Eurovision Junior avec Noé, avec une super équipe euh pour l'Eurovision du coup et c'était sur mes périodes de harcèlement scolaire de mes 9 à mes 13 ans et aujourd'hui invisible, j'ai voulu un peu bah mettre un espèce de mot sur tout ce que j'ai vécu, sur un sentiment que j'ai énormément ressenti et qui est l'un des pires, je vous avoue, C'est un truc où on est on est tout le temps bah là mais personne nous voit donc l'invisibilité et dans la cour de récréation notamment bah j'étais tout le temps bah que celle on on on me voyait tout le temps mais que pour me harceler.
Donc c'est-à-dire que tout ce que je faisais d'autres, bah par exemple bah les bonnes réponses en classe, les bonnes notes, tout ça, bah personne me félicitait que ça soit les profs ou les élèves. On me faisait taire tout le temps. Donc j'ai essayé un peu de regrouper tout ça.
J'ai énormément écrit dans des petits cahiers où j'écrivais tout le temps bah ce qui m'arrivait. J'ai toujours mis des mots sur ce que je vivais et j'ai toujours parlé à mes parents bah de ce que je vivais et euh et du coup, j'ai rassemblé tous mes cahiers. J'ai dit bah allez, c'est je j'ai envie d'écrire une chanson là-dessus, une chanson qui me ressemble.
Euh donc j'ai voulu cœur, c'était une chanson très pop, un peu pour l'Eurovision avec des des notes très hautes et tout et et invisible comme vous le voyez, c'est une chanson très intimiste où où je vais vraiment bah vous vous offrir ce que j'ai vraiment au plus profond de moi-même, ma ma réelle sensibilité, ce que j'ai essayé de vous vous donner ce soir et voilà, j'ai écrit tout ça et avec une super équipe aussi. Qu'est-ce que tu as envie d'offrir aux jeunes ? Qu'est-ce qu' tu as envie qu' qu'ils retiennent, qu'ils écoutent ?
J'ai bah j'ai en fait aujourd'hui on sait que bah il y a beaucoup de de drames suite au harcèlement euh scolaire et et tout et tout le reste, tout ce qui est avec. Euh et j'ai réussi à m'en sortir grâce à ma famille, grâce à la musique. Euh et en fait, j'ai envie de leur montrer qu'on peut s'en sortir, qu'on peut grâce à plein de moyens bah prendre la force, la harne qu'on a en nous et la transformer en force et faire face à nos harceleurs, à la partie de nous-même qui nous dit bah que c'est à cause de nous, que on a honte.
J'ai envie bah que tout ça il le ressent qui et qu'il puisse se dire que ils peuvent aussi bah s'en sortir et que ils sont pas seuls. C'est merveilleux. Il y a un un déporté qui qui s'appelle Raphaël Chechester qui disait "Nous leur chantons ce que nous pouvons leur dire." Qu'est-ce que ça te procure cette phrase ?
C'est euh nous chantons ce ce que nous pouvons leur dire. Ce que nous pouvons leur dire. Moi, j'ai toujours écrit avec mon cœur.
J'ai toujours écrit j'ai jamais on m'a toujours on m'a souvent proposé, je vous avoue, des chansons qui parlaient un peu la pluie et du beau temps. Et moi, j'ai pas envie de de partager des chansons comme ça. J'ai pas envie d'écrire pour ne rien dire.
C'est pas du tout mon but. Et euh et prochainement, je vais sortir un EP. Et il y en a pas aucune chanson de mon EP.
C'est un petit album pour ceux qui savent pas. Euh j'ai jamais écrit une chanson par exemple sur marcher dans la rue sur oui il fait beau aujourd'hui. J'ai toujours eu des sujets très profonds qui viennent du cœur où on a passé des heures avec mon équipe dessus à écrire à des journées entières à à vraiment à écrire à trouver l'inspiration à chercher le dernier mot.
Il y a pas de chat GPT qui existe dans mes chansons et euh et voilà. Donc je dirais que moi ça m'évoque vraiment quelque chose de sincère, profond et qui vient nous-même. Magnifique.
Et qu'est-ce que tu dirais à un jeune aujourd'hui qui vit ce que tu as vécu ? je lui dirais euh de trouver euh quelque chose qui le fait vibrer, qui lui quelque chose à à se raccrocher à qui un une espèce d'échappatoire qui vient de l'intérieur. Exactement.
Quelque chose où vraiment tu peux tu peux te raccrocher en dehors de la famille ou des amis, je sais pas des des cousins qui qui peuvent t'apporter du soutien, mais vraiment un socle, quelque chose qui va vraiment bah t'aider profondément. en dehors de tes proches euh quelque chose. Ouais.
Bah moi ça a été le champ, la musique ou écrire euh par exemple, ça peut être de la peinture, je sais pas, de la cuisine. Donc il je lui dirais vraiment de trouver une passion sur laquelle vraiment en faire tout le temps pour vider ta pensée et penser à autre chose quoi. Pour ouvrir.
Exactement. Formidable. Ben je te remercie infiniment.
Merci à tous. Zoé. Une [applaudissements] voix à la fois fragile et puissante qui fait raisonner le message de toute une génération.
Oser parler. Je vais maintenant inviter pour une table ronde parce que le harcèlement ne s'arrête pas aux portes de l'école. Ces tables rondes croisent les voix de deux jeunes qui ont su se relever. et Karine Kraus, représentant Alexandre Bombard, PDG du groupe Carrefour, première grande entreprise à s'engager au côté de Ferface.
Alors donc nous avons Karine Kraus qui est le Maget et Dan jeune qui a fait un courtmétra sur ce sujet. Euh donc vous avez été victime de harcèlement, votre parcours scolaire en a été bouleversé et aujourd'hui vous avez choisi de transformer cette épreuve en engagement en partageant vos propositions et ce qui selon vous a manqué pour être mieux accompagné. Dan, vous avez aussi vous aussi ét victime de harcèlement.
Vous avez choisi d'en parler à travers votre travail et un court-métrage fort pour faire passer un message de vérité et d'espoir. Et à vos côtés, Karine Cras, directrice exécutive de l'engagement au sein du groupe Carrefour, vous avez souhaité engager Carrefour dans la lutte contre le harcèlement scolaire avec Fireface à travers un dispositif ambitieux qui agit auprès des parents salariés, clients et des jeunes. ensemble, vous allez nous parler de ce chemin de reconstruction, de ce qu'il faut changer, de ce que chacun peut faire à son échelle pour que plus aucun jeune ne traverse ça seule.
Je vous laisse la parole. Oui, bonjour à toutes et à tous. Donc moi, je vais vous dire un peu pourquoi et comment on s'est engagé chez Carrefour.
Alors déjà, il y a peut-être une question qui est pourquoi une entreprise s'engage sur le sujet de la lutte contre le harcèlement scolaire. C'est pas toujours évident. Euh c'est c'est une vraie question et nous chez Carrefour, on est convaincu que les entreprises ont un rôle à jouer sur tous les sujets de société.
Euh on le fait sur toute une série de sujets qui nous tiennent à cœur et où on pense qu'il faut un peu libérer la parole. C'est ce qu'on a vu d'ailleurs avec tous les témoignages. Il faut pouvoir en parler.
Euh voilà, je fais un peu un détour, mais on a par exemple l'ancienne initiative sur l'endométriose chez Carrefour euh pour que nos salariés femmes qui en souffr euh puisse bénéficier de journées de congé, qu'elle puissent en parler à leur manager et ça a été très apprécié en interne. Et donc voilà, le harcèlement quand on regarde un peu les sujets qui sont qui sont importants pour nos salariés, pour nos collaborateurs, pour nos clients, le sujet du harcèlement remontait tout le temps. C'est évidemment les chiffres qu'on a vu, c'est un enfant sur 10.
Je pense qu'autour de nous, on a tous connu nous-même quand on était jeune, nos enfants, des sujets de harcèlement et souvent ce qui nous revenait, c'était bah c'est compliqué d'en parler et puis on ne sait pas quoi faire, on ne sait pas comment réagir et voilà donc c'est pour ça qu'on a décidé de de lancer un plan d'action de lutte contre le harcèlement que je peux vous détailler à moins que voilà tout de suite ou après mais avec des actions très concrètes pour pour aider nos clients et nos collaborateurs. Oui, ce serait important de le détailler absolument. Écoutez, je peux vous en parler tout de suite.
Alors, c'est un plan en trois volets. Le premier, c'est de sensibiliser parce qu'en effet, je pense que c'est ce qu'on entend à chaque fois, on en parlait tout à l'heure avant le début. Il faut lever le tabou, il faut pouvoir en parler.
Donc nous chez Carrefour, on a la chance d'être un grand groupe. On a 100000 collaborateurs en France, on a beaucoup de magasins. Donc ce qu'on fait, c'est de la sensibilisation en magasin.
On a fait le lancement avec l'avenue de Gabriel Atal en magasin il y a à peu près un mois. Et donc on met des kakono comme le kakono bleu euh dans tous nos magasins. On a 6000 magasins en France avec le numéro d'appel, le 30 18 et en incitant à parler de ce sujet du harcèlement.
Donc ça dans tous nos magasins et on le fait dans les rayons où les enfants viennent le plus. Bah les rayons jeux, jouets, papéterie, les rayons CD. Donc on a déjà cette sensibilisation au magasin.
On a écrit après à tous les tous les clients Carrefour qui ont une carte de fidélité. Euh donc en France, c'est quand même 5 millions de personnes qui ont la carte de fidélité Carrefour. Et quand on leur envoie leur relevée de compte, on leur a envoyé aussi euh bah un petit un petit liflet, un petit euh papier de sensibilisation au sujet de la lutte contre le harcèlement.
Et puis demain euh dans cette journée évidemment nationale de lutte contre le harcèlement, on diffusera des annonces sonores dans tous nos magasins avec là encore le numéro d'appel, le 3018. Donc voilà, ça c'est vraiment le point déjà majeur en parler. Ensuite, c'est d'accompagner nos collaborateurs.
Donc ça, ça remontait vraiment des remontées de terrain. Quand on est un parent d'enfants victime de harcèlement, on sait pas toujours quoi faire. On l'a vu dans le témoignage.
Parfois, on est tenté d'aller voir les autres parents, tenter d'aller voir le directeur. On sait pas à qui s'adresser, on est un peu perdu. Et donc là, c'est faire face qui nous a beaucoup aidé en faisant des fiches réflexes.
Donc il y a trois fiches réflexes. Soit votre enfant est victime de harcèlement, soit il est l'auteur du harcèlement, soit il est témoin de harcèlement. Et à chaque fois la fiche donne un peu les bonnes pratiques à faire et à ne pas faire.
Bah typiquement, ne pas ne pas minimiser ce que l'enfant subit, ne pas lui dire c'est pas grave ou ne pas lui dire mais qu'est-ce que tu as fait pour pour arriver à ça ? et donc un peu un guide pratique et donc ça on l' envoyé à tous nos collaborateurs et c'est plutôt bien perçu parce que voilà ça permet d'avoir un peu des idées très concrète et puis on a ouvert une ligne aussi d'appel une ligne d'aide psychologique que nos collaborateurs peuvent appeler qui est anonyme qui est gratuite et puis ils peuvent voilà parler des difficultés qu'ils rencontrent et être orienté. Et puis après le dernier type d'action bah c'est de soutenir, faire face de manière très concrète.
D'une part en ouvrant du Mcenat de compétences. Donc le Ménena de compétences, il y a beaucoup d'entreprises qui qui le font. C'est des journées qu'on qu'on donne à nos collaborateurs pour aller aider une association qui qui leur parle.
Et donc on a mis un faire face dans le dispositif donc depuis un mois depuis le lancement et donc on espère qu'on aura bientôt des des gens de Carrefour qui viendront payer par l'entreprise sur leur temps de travail pour vous aider notamment à faire de la sensibilisation dans les établissements. Et puis on en parlait avec K, elle en parlera après dans son témoignage. Il y a le sujet de quand on a été victime de harcèlement, parfois on a été déscolarisé, on n pas le même parcours que les autres et donc là on fera un accès privilégié aux offres d'emploi de Carrefour parce qu'on est présent un peu partout en France.
On a beaucoup de stages, d'alternance et donc d'avoir un parcours à fléch et privilégié pour les gens qui nous seront qui nous seront envoyés par faire face pour qu' ils puissent voilà accéder à des stages plus facilement. Donc voilà, c'est un peu ce qu'on a mis en place qui nous tient beaucoup à cœur et on a été ravi de travailler avec faire face sur ce beau sujet. Merci Karine.
K veux-tu enchaîner ? Bonsoir. Alors, je m'appelle K.
J'ai été victime de harcèlement durant plusieurs années au collège et mon intervention porte sur l'aprèsharcèlement, la suite de la scolarité et le devenir des élèves concernés. Je pense notamment à Germain et d'autres adhérents élèves harcelés euh qui comme moi, ont souvé ce point et ont envie de faire part de leurs expériences. On a pu l'entendre aussi dans la vidéo de lancement.
Le harcèlement marque à vie quand il ne tue pas. Euh il y a 22 ans, les chefs d'établissement nient l'existence même du harcèlement. Moi et ma famille avant dû faire face sans aucune aide.
J'ai pu m'en sortir grâce à de nombreuses années de psychothérapie. Euh les choses ont bien évolué ces dernières années grâce à des personnalités politiques comme Gabriel Atal qui a fait de ce fléo un combat. Cependant, il reste encore de nombreux points à améliorer, notamment concernant le parcours scolaire.
Et j'ai pu le vérifier. En France, nous n'offrons pas assez de solutions à celui qui sort des rails et si tel est le cas, on ne peut plus raccrocher les wagons. Euh en effet, le parcours d'un élève harcelé peut s'avérer chaotique.
Victime d'un effet dominau, les retards accumulés impactent sa vie sur le long terme. Pour ma part, euh j'ai eu la chance d'intégrer à 31 ans un cursus initial dans une grande école de commerce euh grâce à ma une connaissance de ma famille, ce qui en soit dans l'absolu n'est pas normal, et euh en suis sortie majeure de promos. Preuve qu'un parcours réussi reste possible malgré les obstacles.
Il est donc urgent de bousculer les lignes pour aller plus loin et plus fort. Les portes ne doivent pas se fermer brutalement. Euh l'objectif euh est de veiller à ce que chacun dispose des mêmes possibilités, de se reconstruire et de réussir.
Je propose donc la mise en place de dispositifs nationaux comme un engagement des grandes écoles à réserver une part de leurs admissions au profil atypique que sont les élèves harcelés donc avec un âge limite qui serait fixé à 35 ans sous dérogation et cela soulève la problématique de l'alternance dont on parlait à l'instant et donc de l'engagement des entreprises à la star de Carrefour. euh à recruter des élèves donc au profil plus âgés. Euh par ailleurs, il faudrait prolonger, renforcer le dispositif Mont Soutien PS engagé par l'État, donc en permettant le remboursement euh de plus de 12 séances pour les élèves harcelés si besoin.
Grâce à la mesure de Gabriel Atal, les harceleurs peuvent être transférés d'établissement. En cas de récidif, je propose que ceux-ci soit exclus définitivement et contraints de poursuivre leur scolarité au KNED. Mesure qui aura un effet très dissuasif car le KNED exige un fort engagement de la part des parents et des élèves.
J'ai moi-même dû terminer ma scolarité au Knen. Je propose également la création d'une structure d'accompagnement dédiée aux élèves harcelés. un lieu ressources proposant écoute, ateliers, formation, consultation psi ainsi que des référents dédiés.
Et je sais que faire face il songe déjà. Idéalement, il faudrait pouvoir également recenser les anciens élèves harcelés euh notamment ceux de ma génération. Certains peuvent avoir besoin d'aide et d'accompagnement et doivent se manifester peut-être via un numéro vert dédié.
Voilà, j'espère que ces propositions trouveront écho. Je veux que mon expérience et celle des autres participent à ce changement déjà bien engagé. Je tiens à remercier Gabriel Atal et son équipe de m'avoir permis de m'exprimer ce soir et m'engager au sein de faire, c'est une véritable victoire pour moi, voire même une revanche après un passé douloureux.
Voilà. Merci. Merci à vous.
Merci. [applaudissements] Alors Dan, votre action elle à quel niveau ? Euh merci beaucoup pour l'invitation, c'est un plaisir d'être là pour parler de harcèlement.
Je voulais d'abord commencer par introduire en fait, enfin présenter ce que j'ai j'ai vécu plus jeune. Je suis encore jeune mais euh moi j'ai grandi, je suis né, enfin je suis né, j'ai grandi en Côte d'Ivoire du coup à Abidjan. Et en fait la notion de harcèlement est toute nouvelle pour moi parce qu'à l'époque je me rendais pas compte de ce qui se passait parce que c'était pas quelque chose de de dont on parlait à l'époque.
Ici c'est enfin en France plus mais en Côte d'Ivoire c'était pas vraiment une notion qui était connue de tous. Et mon harcèlement à moi, enfin celui que j'ai vécu était très particulier parce que c'était un harcèlement pas physique mais très moral mais qui restait très brutal dans le sens où j'étais nouveau dans une dans un dans un lycée et j'ai été j'ai été exclu parce qu'en fait le délégué était vraiment une quelqu'un de très populaire dans la classe et j'étais exclu. Voilà, j'ai un exemple à ces banal qui sont créés une sorte de c'est un peu rigolo mais de secret story dans la classe tout le monde y participait sauf moi.
Donc j'étais pas frappé ni violenté juste je ne participais pas et c'était vraiment une pression psychologique et morale chaque jour de savoir que je vais en classe tout le monde s'amuse et pas moi. Je suis mis à l'écart pour je ne sais pour quelle raison d'ailleurs et ça a duré vraiment pendant 1 an. Au cours j'is pas d'amis en fait pendant un an, j'étais tout seul et je pouvais pas en parler parce qu'en fait quand je voulais le faire, je me disais mais qu'est-ce que je veux dire à maman ou papa ?
Je suis je suis pas accepté. Donc c'est forcément ma faute parce que si tout le monde l'est que je suis seul à pas être accepté, c'est moi le problème. Du coup, j'en ai pas parlé.
J'ai dû changer de lycée parce que j'arrivais plus. J'en ai parlé au bout de d'un an. J'en pouvais plus.
J'ai pas expliqué la raison pour laquelle je voulais changer de lycée, mais je le j'ai demandé à changer. Et ça a été pire parce qu'en fait quand je suis arrivé dans mon mon second lycée, mon père est tombé malade, du coup j'étais pas le plus joyeux en cours. J'arrivais et j'étais vraiment en dépression parce que c'était compliqué pour moi de gérer mettre le le grand frère du coup et en même temps le papa à la maison.
Et je dormais pas. Je su écu que parce que je suis catholique et je priais beaucoup les soirs, j'ai dormais pas très tôt et je me réveillais très fatigué. En cours, j'étais fatigué, je me faisais harceler, je me faisais frappé.
Donc là, c'est parce que justement j'étais pas voilà, j'étais j'étais nouveau et euh et euhulérable et vulnérable. Euh donc il y a eu plusieurs accusations sur moi, j'ai été vraiment c'était compliqué et j'avais toujours pas trouver les mots pour en pour me sortir de ça. Et la la seule chose que j'ai pu faire, c'est de suivre un parcours, c'est particulier mais un parcours qui ne me plaisait pas forcément.
Je suis parti en en bac en L pour éviter d'être avec les garçons de ma classe qui mecaient. Du coup, j'étais vraiment j'ai pris elle parce que je voulais être tranquille. 14 dans la classe 14 j'étais se le garçon je crois ça se passait très bien.
Du coup c'était ma façon à moi de Tu as fait un choix qui n'était pas le tien ? Ouais je pense que j'aurais fait autre chose si j'avais pas été dans ces conditions là mais ça a été fait ça a été fait. C'est comme ça et puis ça me permet aujourd'hui d'être d'être là et d'en parler.
HH et le courtmétrage ? le courtmétrage, il fallait que je trouve une façon euh pertinente de parler de de mon harcèlement et pas parce que aussi j'ai aussi l'ambition depuis petit de faire des films. Donc c'était l'occasion parfaite de prendre ma revanche sur ce que j'ai vécu.
Donc c'est un courtmétrage que j'ai réalisé avec l'aide d'Apple France donc en collaboration. Euh pour se faire, j'ai dû interviewer plusieurs personnes qui ont été victimes de harcèlement et j'ai eu aussi la chance, si c'est une chance, d'interviewer des anciens harceleurs et ça me semblait vraiment important et intéressant d'avoir le leur point de vue, leur spectre pour savoir leur motivation et c'est particulier parce que les harceleurs oublient ce qu'ils ont fait, il oublient leurs victimes lorsque les personnes qui ont vécu du harcèlement se rappellent du du nom de même enfin plein de détails sur le ancien harceleur. Et dans ce processus euh est-ce que ça leur a permis de se souvenir ?
Oui, parce que j'ai un ami créateur de contenu aussi qui m'a parlé du fait qu' avait oublié qu'il était harceleur du coup exarceleur et c'est un de ses l'ancien harcelé qui lui a écrit sur les réseaux pour dire oui maintenant tu fais des des vidéos sur les réseaux mais à l'époque il y a 90 ans en arrière tu étais mon mon harceleur et il s'en est rendu compte il dit écoute je suis désolé est-ce qu'on peut se voir en parler parce que je sais pas ce que j'ai fait j'ai oublié et puis c'est souvent un effet de groupe, on se rend pas compte de ce qu'on fait sur le sur le coup et ça peut s'emmèner à des conséquences terribles. Alors, tu nous as parlé des acteurs du film et quel est le déroulé ? Pardon ?
Tu nous as parlé des acteurs du film, mais quel en est le déroulé ? C'està-dire le le processus en fait, le la narration ? Euh c'est assez particulier parce que j'ai pas voulu euh faire un film euh comment dire prévisible dans le sens où euh l'histoire est traitée avec un soupçon de légèreté si on peut dire comme ça tout le long pour qu'en fait la fin il vienne rappeler euh ce que c'est que le harcèlement la je pas spoiler parce que peut-être que vous allez vouloir le regarder mais c'est un film qui est léger pour que dès le plus basage il soit accessible pour et la fin va vraiment venir Euh voilà, rappeler que le harcèlement c'est quelque chose de sérieux qu'il faut prendre au sérieux et qu'il y a des conséquences qui souvent sont irréversibles.
Effort de cette transformation, qu'est-ce que tu dirais aux jeunes d'aujourd'hui et à ceux qui sont présents dans cette salle ? Je pense qu'il est important de parler, il est important de communiquer. C'est compliqué, je sais.
Si j'ai fait un film, c'est parce que j'ai pas trouvé les mots jusqu'à présent pour en parler. C'est la première fois, je crois que j'en parle de manière aussi directe. Euh mais je pense qu'il faut avoir le courage et il faut en parler, il faut en parler aux bonnes personnes comme on a pu le le souligner avant.
Et je pense qu'il faut aussi euh moi moi le message que je veux faire passer surtout au aux parents, aux personnes ou à tout le monde. En fait, je pense qu'il est important de savoir déceler les premiers signaux de de harcèlement, même si c'est pas évident. Et je pense c'est tout un travail qu'il faut qu'il faut faire mais chacun de son côté pour pouvoir répondre à cette à ce flot de manière la plus évidente possible.
Merci Dan. Karine écoutez vous avez [applaudissements] une dernière chose à dire. Pardon ?
Vous avez une dernière chose à dire aux gens qui sont présents dans la salle ? Tout a été dit. Il faut effectivement il faut pas rester seul.
Il faut parler c'est le plus important. C'est j'ai c'est ce que j'ai pas fait au début d'ailleurs. J'ai fait dans un second temps et voilà, il faut parler mais on était très seul à l'époque.
Maintenant c'est bien, les choses avance de plus en plus, le combat va continuer. Il y a encore des comme je l'ai dit, des points sur lesquels il faut notamment l'après. L'après et l'après, il y a beaucoup de choses à faire sur le le le fait de pouvoir réintégrer les écoles, que les entreprises s'engagent, que les écoles s'engagent.
Il faut pas que il faut pas qu'à 28 ans on se dise voilà on a plus de futur moi c'est ce qui m'est arrivé voilà j'arrive si j'avais pas eu de connaissance la porte était fermée clairement donc c'est ça c'est pas normal c'est pas normal donc il faut que les écoles laissent une limite d'âge certes mais laisse voilà plus loin que 28 ans l'âge fatidique. Non voilà il faut vraiment continuer d'avancer sur ces points-là et on va y arriver j'y crois et nous aussi. Oui, moi je trouve formidable dans les les débats qu'on a pu avoir ce soir de montrer que c'est un travail collectif et qu'on est tous là pour libérer la parole et que ça devienne un sujet moins tabou.
Donc on a vu évidemment c'est le rôle de l'éducation nationale, c'est le rôle de l'État, c'est le rôle des associations, c'est le rôle des entreprises aussi qu'on peut toucher beaucoup de clients et de collaborateurs et je trouve ça formidable de voir qu'il y a tout cet élan et que c'est un travail qui nous touche tous pour faire changer en très peu d'années finalement un sujet qui était jusqu'ici totalement tabou. Merci à vous trois. [applaudissements] J'ai maintenant le plaisir d'accueillir madame Justine Atlant, directrice générale de l'association I-enfance, opératrice du 318, le numéro national d'assistance contre le harcèlement et les violences numériques.
Depuis plus de 15 ans, elle œuvre pour la protection des enfants et des adolescents sur internet, pour la prévention du cyberharcèlement et l'accompagnement des familles confrontées à ces situations. Son engagement et l'action dit en France sont aujourd'hui des piliers essentiels de la lutte contre le harcèlement scolaire et numérique en France. [applaudissements] Bonjour euh bonsoir à tous.
Euh ben écoutez, merci de de m'accueillir ce soir avant la la clôture par Gabriel Atal. Merci beaucoup Gabriel Atal et ses vice-présidents et présidentes de m'avoir convié ce soir à parler devant vous et en fait à vous rencontrer tous. Euh ce soir, je suis là pour surtout incarner le le 318 euh qui a été cité un certain nombre de fois.
Euh mais quand on se rend compte finalement que tout le monde en a pas forcément une perception très claire, c'est un numéro mais on sait pas trop qu'il y a derrière, qu'est-ce qui se passe, à quoi ça sert et avec à la fois une libération de la parole qui a été faite depuis presque 15 ans maintenant en cas en terme de sensibilisation, on voit bien que le mot du harcèlement est rentré dans le vocabulaire, qu'on comprend qu'effectivement c'est une infraction qui peut être commise entre enfants, une violence qui peut se causer entre enfants euh que je pense que il est très partagé. Je pense qu'aujourd'hui tout le monde a une représentation de ce que c'est que le harcèlement. Les parents d'ailleurs sont extrêmement inquiets.
Quand on les interroge. C'est leur quasiment leur première inquiétude vis-à-vis de l'école. Avant même, je crois, les résultats scolaires aujourd'hui.
C'est est-ce que mon enfant va être épanoui à l'école ? Est-ce qu'il va pouvoir rencontrer des amis ? Est-ce qu'il va pouvoir ne pas être malmené ? ce qui est quand même un aveu assez d'échec de ce que l'école qui est celui obligatoire où ils sont obligés d'aller leur propose.
Donc voilà. Donc on a le sentiment que le travail de sensibilisation qui a été entamé depuis 2011 depuis que cette politique publique de lutte contre l'harcèlement a été lancée commence malgré tout à faire son œuvre même si évidemment c'est pas suffisant. En revanche, il faut vraiment qu'on bascule après ce temps de la sensibilisation au temps de la responsabilisation, c'est-à-dire à ce moment où on doit tous collectivement adulte, on vous doit ça, on doit ça aux enfants, on doit ça aux adolescents, d'être effectivement ce fameux adulte de confiance.
Alors la confiance ça se décrète pas, ça se travaille, ça se donne mais on doit être un lieu, une personne de confiance auquel vous pouvez partager euh pas forcément le mot harcèlement parce que parfois on sait pas qu'on est harcelé en réalité, mais en tout cas le mal-être, la douleur, la souffrance, l'angoisse, tout ce qui fait que on n'est pas bien. Et ça, malheureusement, on en a une perception, même si rapidement, on a tendance à le banaliser et à se dire "Mais non, mais non, en fait ça va, c'est normal, tout va bien et on fait monter son seuil de tolérance malheureusement aux violences." Mais donc il faut qu'on soit identifié.
Alors, c'est pas évident de trouver ce fameux adulte de confiance. On vous dit tout le temps, parle d'un adulte de confiance. Mais alors, il est où l'adulte de confiance ?
Ben, on sait pas. Il est pas toujours à la maison. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir à la maison un adulte de confiance.
On peut en avoir un mais on n pas forcément envie de lui parler. Dans l'établissement scolaire, c'est pas évident. Et puis le harcèlement, ça dépasse largement l'école aussi, hein.
C'était d'ailleurs euh une des volontés du plan interministériel de lutte contre le harcèlement scolaire à l'époque où Gabriel Atal était ministre de l'éducation nationale, de de d'élargir finalement cette responsabilité non pas que à l'éducation nationale, mais à tous les lieux d'accueil des enfants et adolescents. Alors, on passe beaucoup de temps à l'école quand on est enfant adolescent, mais pas que. Mais pas que.
Et il y a plein d'autres lieux où nos parents nous confient euh pour avoir d'autres activités et dans lesquelles il y a du harcèlement. Il y a du harcèlement dans les clubs sportifs, il y a du harcèlement dans les colonies de vacances, il y a du harcèlement dans les bus scolaires, il y a de l'harcèlement dans tous les lieux finalement où on met des groupes d'enfants ensemble. Et donc, il faut une responsabilité collective pour que finalement tous les adultes qui prennent le relais auprès d'enfant et ce sentiment qu'ils sont garants, garanté physique et mentale de l'enfant, garant effectivement de pouvoir euh identifier et témoigner ses violences.
Alors pour ceux qui ont pas d'adultes de confiance, a été effectivement créé ce numéro, le 318, qui est le numéro national unique pour toutes les situations de harcèlement où qu'elles aient lieu à l'école, dans d'autres lieux de loisirs, de sport et aussi évidemment sur internet puisque aujourd'hui un des premiers lieux de socialisation, de communication, d'échange, c'est internet et c'est très bien aussi et ça je vais pas dire le contraire et petite parenthèse, on n'est pas favorable chez enfant. pense à des interdictions sur sur les réseaux sociaux particuliers parce que c'est aussi un lieu qui sauve des enfants et des adolescents qui n'ont pas d'autres lieux, même pas chez eux pour s'informer, pour échanger, pour s'éduquer et donc évidemment c'est pas le sujet. En revanche évidemment, on le sait, c'est aussi un lieu de violence, un nom qui n'est pas assez régulé, un lieu qui n'est pas adapté, qui n'est pas fait pour les jeunes, qui on a une offre globale adulte jeune aujourd'hui qui est la même et donc dans lesquels évidemment il faut que les jeunes soient protégés.
Donc le 318, il est là pour que peut-être qu'avant de parler à un adulte de confiance, vous puissiez d'abord échanger sur qu'est-ce qui m'arrive, qu'est-ce que je vis, est-ce que c'est bien du harcèlement. Et ça c'est voilà, on est là pour ça dans un premier temps, pas que mais déjà pour ça. Et puis ensuite dans un deuxième temps, si on arrive à identifier ensemble que effectivement c'est une forme de harcèlement ou de cyberharcèlement, j'emploi moi global, je mets dedans le cyber parce que c'est un peu un peu old school de dire cyber, bah pas cyber.
Voilà, du phénomène de harcèlement, quelle que soit sa forme. Et donc là, ensuite, si on l'a identifié pour vous aider à le résoudre parce que il y a des solutions, on peut le résoudre, on peut le résoudre ensemble et si tous les adultes se mettent ensemble pour pour aider les jeunes. Et donc on a cette capacité d'action, c'està-dire ensuite d'actionner des leviers auprès de tous les partenaires institutionnels qui sont engagés dans cette coresponsabilité, qui sont dans ce plan interministériel et qui ont effectivement ont laité des enfants et des adolescents qui accueillent.
Et donc on a cette capacité d'action parce qu'on demande plus aucun acte à l'enfant de l'adolescent qui nous appelle. Il n'a plus rien à faire. C'est nous qui allons tout faire pour lui et ce sont aux adultes de revenir vers lui.
Ça c'est quand même la moindre des choses qu'on qu'on leur doit. Et donc on a une capacité d'action de faire quoi ? d'abord de signaler au ministère de l'éducation nationale sur la plateforme harcèlement.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que un référent harcèlement va être contacté et à l'obligation théoriquement dans les 48 heures de reconacter l'enfant ou la famille pour résoudre le problème dans l'établissement. Vous savez qu'aujourd'hui il y a des référents qui sont même plus au niveau académique mais des établissements et que donc ce travail peut être fait.
Mais on est là aussi et c'est la force du 318 parce qu'on n'est pas un numéro gouvernemental, on est un numéro opéré par une association indépendante. Donc on est là pour veiller aussi à ce que ce chemin qui vous est donné, ce parcours, ce protocole soit bien appliqué et donc être sûr que tout est fait dans les délais et c'est notre responsabilité aussi. Ensuite, si ça a lieu sur la sur internet, sur les réseaux sociaux, on a cette capacité de signaler aux réseaux sociaux avec des accès privilégiés, prioritaires de signalement qu'on leur fait directement chez eux. tous aujourd'hui, ils sont tous obligés de traiter nos signalements.
S'ils ne le font pas, ils sont en défaut par rapport à la réglementation européenne. Et donc, ils traitent nos signalements de façon très rapide, très rapide. Je sais que tout à l'heure, il y avait quelqu'un de Snapchat qui était là, mais d'autres comme TikTok, comme MTA et cetera sont capables de traiter nos signalements dans en en 20 minutes et de supprimer, de bloquer des contenus, des comptes qui sont hauteurs de harcèlement.
Ça résout pas tout mais ça calme la viralité et c'est quand même aussi ça calme force franchement l'angoisse intérieure parce qu'il y a rien de pire que de savoir qu'il y a des contenus qui circulent qui sont vu et qui sont et qui sont partagés. Ensuite, évidemment, on peut être amené parfois à signaler au service de police parce que il y a besoin d'enquête, parce que malheureusement il faut aller à ce niveau-là, parce qu'on a besoin qu'ils appuy le blocage de contenu pour plein de raisons. On va signaler aussi à la police de l'internet qui est capable d'intervenir.
On peut malheureusement parce que parfois quand on tire le fil d'une situation de harcèlement, on se rend compte qu'il y a des problématiques autres familiales parfois qu'on doit aussi signaler et donc on est amené parfois à faire des signalements aux services sociaux toujours en ayant informé l'enfant et l'adolescent qui nous a appelé. et toujours avec son accord bien sûr on est ensemble, on travaille ensemble pour lui. Et ensuite effectivement on peut l'orienter l'orienter par exemple pour une prise en charge psychologique.
On est en partenariat avec les maisons des adolescents, il y en a partout sur le territoire en France. On forme leur professionnel, on a une file active avec eux qu'on peut leur permettre d'être plus rapide et on peut les orienter de façon prioritaire aussi dans ces lieux dans ces lieux d'accueil. Et puis parfois les familles effectivement ont une volonté de porter plainte pour des raisons qui les regardent ou parce que les faits le méritent parce que c'est grave.
Et donc là, on va aider au dépôt de plainte, c'est-à-dire qu'on va rédiger un dépôt de plainte avec vous. On va caractériser les infractions et on va vous aussi vous informer sur votre droit parce que on a tous le droit d'aller déposer plainte. On n' pas le droit de vous refuser un dépôt de plainte, c'est interdit.
C'est un droit que vous avez de poser plainte. Et donc malheureusement, on sait que très souvent les services de police ou gendarmerie vont avoir tendance un peu à vous décourager. Donc voilà, donc on est là pour vous accompagner là-dedans aussi.
Voilà, donc on a une capacité finalement d'action assez globale, à la fois unique en terme de point d'entrée, mais auglal en terme d'action. C'est notre mission, c'est notre ambition. Dès qu'on a un nouveau problème qui arrive, qu'on sait pas encore résoudre, on cherche les interlocuteurs à dot la solution adéquate et on la met en œuvre parce que c'est vraiment notre ambition de pouvoir aider tous les enfants.
Alors, ce qui est assez inquiétant aujourd'hui, c'est qu'on appelle d'enfants de plus en plus jeunes. Encore hier, on avait un enfant de 8 ans qui nous appelait pour nous faire part de son harcèlement. Alors, ce qui est positif, c'est qu'il nous a appelé.
Ça veut dire un qui connaissait notre numéro, deux qu'il a osé nous appeler, ce qui est énorme, ce qui est un courage énorme parce que je pense qu'on même en tant qu'adulte, parfois on a peur d'appeler un numéro parce qu'on sait pas qui va décrocher et qu'on sait pas ce qu'on va dire parce que au moment où ça décroche, on sait même plus comment on va parler. Et il faut savoir que le 318 n'est pas qu'un numéro de téléphone, c'est aussi une application, une application qui est gratuite, qui est confidentielle, il y a pas besoin de s'inscrire, on peut l'utiliser tout de suite et qui permet à toute heure de nous téléphoner, de chatter évidemment, c'est le plus important. Ça vous étonnera pas que les jeunes préfèrent ce canal et sur lequel effectivement on peut nous envoyer via un coffre fort sécurisé des éléments de preuve du harcèlement quel qu'il soit que ça soit en ligne ou hors ligne et quand c'est en ligne des URL, des photos, des vidéos, des commentaires, tout ce que vous voulez pour pouvoir nous jindre.
On est ouvert toute l'année, 7 jours sur 7, on n jamais fermé, absolument jamais. Et derrière, ce sont des psychologues et des juristes qui répondent, qui sont capables donc de prendre en charge une souffrance psychologique, de vous écouter longtemps, d'identifier avec vous le problème et ensuite on a besoin de juriste parce qu'on a besoin d'identifier la situation, de la qualifier et encore une fois de la signaler à qui de droit pour qu'elle soit pris en charge. Voilà, donc j'espère que j'ai participé à vous éclairer un peu sur ce qu'est le 318, ce numéro un peu étrange qu'il y a des gens derrière, qu'on est là pour vous et que vous pouvez le faire circuler un maximum. il a besoin d'être connu, il a besoin d'être utilisé parce qu'il est vraiment utile.
C'est c'est un lieu d'écoute mais ce n'est pas que un lieu d'écoute, c'est un lieu d'action. Voilà. Merci beaucoup.
Merci à tous. [applaudissements] Pour clôturer cette belle et émouvante soirée d'anniversaire de faire face au harcèlement, j'ai le plaisir d'accueillir monsieur Gabriel Atal, coprésident de l'association, premier ministre. Il a été à l'origine il y a un an de la création de faire face avec Iliane et Béatrice dans la continuité de son engagement profond contre l'harcèlement scolaire qu'il a porté comme ministre de l'éducation nationale.
À travers cette mobilisation collective et citoyenne, il continue de rappeler que la lutte contre le harcèlement n'est pas seulement une cause éducative mais un combat de société. Monsieur le Premier ministre, merci de conclure cette soirée avant que nous poursuivions nos échanges autour d'un cocktail. Merci beaucoup. [applaudissements] Merci beaucoup.
Bonsoir à toutes et à tous. Et avant tout, désolé pour le léger retard pour cette soirée. Il n'aura échappé à personne qu'on est en pleine période budgétaire à l'Assemblée nationale et la séance s'est prolongée au-delà de ce qui était prévu et et je suis très heureux de vous retrouver ce soir ici.
C'est un moment qui est très important pour moi, qui est très important pour pour nous et c'est très émouvant, je le dis, de vous voir toutes et tous ici réunis parce que savoir que notre association compte autant d'amis que la cause pour laquelle on se bat collectivement compte autant d'alliés, c'est un signe très fort. C'est le signe de la mobilisation collective évidemment quand tous les acteurs de la lutte contre le harcèlement agissent dans le même dans le même sens. Évidemment que ça a un poids énorme.
C'est le signe d'une société qui bouge. Ça a été dit il y a un instant qui ouvre les yeux, qui est prête à agir et c'est le signe d'une détermination à ce que plus jamais un enfant n'ait à subir ce que vous avez subi et vous qui avez eu la force de témoigner ce soir et je veux vraiment vous en remercier pour ce courage aussi d'avoir témoigné. Toi Ilan aussi qui a la force, le courage d'en parler à travers toute la France.
Évidemment, c'est le signe d'une détermination à ce que plus jamais aucune mère n'ait à connaître la perte d'un enfant et cette douleur indisciible à cause du harcèlement. Cette douleur que tu traverses, Béatrice. Et je veux te dire une fois de plus mon admiration immense pour ton combat, ta dignité et ta résilience.
Et c'est bien ça faire face. C'est la volonté de s'allier, de s'unir, de changer la colère, la douleur, la souffrance en action. C'est la volonté d'aider d'aider chaque jeune, chaque parent, chaque professeur aussi à mieux détecter et à mieux réagir.
C'est la volonté de dire à toutes celles et à tous ceux qui subissent le harcèlement au quotidien que ce n'est pas leur faute, ils ne sont pas seuls et que le harcèlement, on s'en sort et qu'on peut évidemment en sortir. Et en écoutant évidemment les propos que j'ai pu entendre en arrivant ici, c'est évidemment cela que j'ai retrouvé. Et ces témoignages sont très importants.
Montrer qu'il y a une lumière au bout du tunnel et qu'évidemment on peut s'en sortir parce que bien souvent se faire harceler c'est se sentir coupable. C'est entrer dans un tunnel dont on l'impression qu'il y a pas d'isse. Alors, il faut faire face.
Mais faire face seul, c'est très difficile. On a toujours besoin, ça a été dit à l'instant par Justine, de quelqu'un à qui on peut se confier, de quelqu'un pour conseiller, de quelqu'un qui a l'autorité pour faire cesser le harcèlement, de quelqu'un pour faire ouvrir les yeux aussi à ceux qui harcèlent et qui ne sont pas toujours conscients de la portée de leurs actes. On ne lâche rien avec Béatrice, avec Lian, avec tous les bénévoles qui sont à nos côtés et je veux les en remercier nos pilotes régionaux et tous les bénévoles qui sont membres de nos instances et qui s'engagent au quotidien.
Vous nous aidez, vous prenez part au combat, vous nous aidez à développer du réseau, à nouer des partenariats et je tiens à remercier Karine et les équipes de Carrefour qui ont décidé avec nous de lancer une campagne contre le harcèlement dans 6000 magasins. Ça veut dire que dans tous les magasins Carrefour, sur les CAD, sur les murs, il y aura des messages de prévention sur le harcèlement. On relayera le 318 pour qu'il soit encore plus connu avec toutes les associations qui agissent et je veux remercier une nouvelle fois Justine Atlan pour tout ce qui est accompli avec le 3018.
Je le dis ici, le 3018 c'est bien plus qu'une ligne téléphonique. Ça a été dit il y a un instant. C'est une ligne de vie à laquelle tant d'enfants et tant de familles peuvent se raccrocher grâce à votre travail qui est absolument extraordinaire.
Vous le savez si il y a une cause qui me tient à cœur, c'est notre jeunesse et parmi les fléaux qui la dévastent, il y a le harcèlement. On en a parlé tout au long de la soirée. Ce ne sont pas des gamineries, ce ne sont pas des petites histoires sans conséquence.
Ce ne sont pas des cas isolés, c'est un phénomène de masse. Ce sont deux enfants par classe en moyenne, 600 à 700000 jeunes qui vivent ce supplice. Cela peut toucher n'importe qui.
Personne n'est à l'abri et le harcèlement est aveugle. Il faut le dire ici, chaque enfant peut être touché, quel que soit son nom, sa couleur de peau, la profession de ses parents, son origine géographique, sa catégorie sociale. C'est un concentré d'injustice et comme vous toutes et tous, ça me met en colère très profondément.
Et comme secrétaire d'État à la jeunesse, comme ministre de l'éducation nationale, comme premier ministre, j'ai eu à cœur d'agir sur ce sujet. On a lancé à l'époque avec Brigitte Macron le premier grand plan de lutte contre le harcèlement. Ça a été un pas de géant et je crois très profondément, comme beaucoup l'ont dit ce soir, que les choses commencent à bouger et en tout cas je le dis quand on se déplace sur le terrain, on était encore ce matin avec Béatrice dans un lycée pas très loin d'ici qu'on voit maintenant les équipes dédiées dans chaque restaurat dans chaque rectorat pardon que j'avais décidé à l'époque où j'étais ministre qui permettent de gérer très concrètement et à 100 % de leur temps ces situations de harcèlement quand on voit tous les élèves qui remplissent désormais chaque année une grille d'auto-évaluation pour identifier d'abord le le nombre de cas de harcèlement en France, mais aussi mettre le mot harcèlement sur certaines situations qui ne sont pas forcément appelées harcèlement.
Comme l'a dit Justine aussi il y a un instant, on a tellement de situations et tellement de cas où des jeunes finissent par élever sans même s'en rendre compte leur seuil de tolérance à accepter des choses qui sont totalement inacceptables et finalement à ne même pas se rendre compte que ce qu'il subissent c'est du harcèlement avec ce nouvel outil qu'on avait lancé quand j'étais ministre de l'éducation nationale qui a lieu désormais chaque année, c'est des dizaines de milliers de cas de harcèlement qui sont identifiés dans des établissements chaque année grâce à cette grille qui ne l'était pas avant et donc évidemment du suivi Derrière, on voit que la formation avance aussi dans les établissements scolaires, évidemment grâce au programme phare, mais au-delà avec les formations des personnel qui ont été engagés. Alors, il faut évidemment poursuivre et évidemment je sais que le nouveau ministre de l'éducation nationale, Édouard Gefrey a à cœur de poursuivre cet engagement et cette mobilisation. J'en ai parlé avec lui.
Il faut poursuivre aussi chacun avec nos moyens et nos leviers. Et c'est ce que nous faisons avec Béatrice et Lion à faire face. Je le dis, je pouvais pas rêver meilleur coprésident que Béatrice et Éliant pour avancer avec moi.
Vous l'avez dit, en un an, ce sont 20000 élèves qui ont été sensibilisés grâce au travail de l'association. une trentaine de conférences qui ont eu lieu. On est intervenu aussi dans de nombreuses entreprises et dans des administrations pour sensibiliser les parents parce que agir à travers une entreprise, c'est aussi pouvoir parler aux salariés qui sont bien souvent des parents d'élèves et donc sensibiliser à travers le à travers eux.
On a organisé un grand événement à Poissi, un concert solidaire en mémoire de Nicolas qui était un moment très émouvant. On a noué des partenariats nouveaux avec l'éducation nationale, avec des associations, avec des entreprises et j'évoqué notamment celui avec Carrefour. Donc c'est beaucoup pour un an mais évidemment on veut faire plus pour l'année qui vient et pour dans un an quand on se retrouvera pouvoir faire un bilan encore plus important de notre action.
Et donc l'objectif c'est pas seulement de recommencer ce qu'on a fait l'année écoulée, c'est évidemment de grandir. C'est de créer un réseau entier à travers la France d'ambassadeur de lutte contre le harcèlement. On vient de lancer les clubs faire face pour que des jeunes puissent créer dans leur établissement scolaire un club Ferface qui est une sorte de section locale de l'association pour organiser évidemment en complémentarité avec les élèves ambassadeurs de lutte contre le harcèlement les dispositifs existants, des actions de sensibilisation et de lutte contre le harcèlement dans leur établissement et nous l'association vient les aider évidemment en terme de logistique, on peut aussi les aider ponctuellement financièrement sur l'organisation d'événements qui nécessitent un petit budget pour faire venir un intervenant extérieur, organiser un atelier de théâtre forum ou organiser une action qui nécessite un peu de moyens.
Et puis cette deuxième année, ça doit être celle qui nous permet de multiplier les canaux pour nous faire connaître, pour convaincre. Je pense notamment aux réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, on en parle et on les connaît beaucoup malheureusement parce qu'ils font le lit de la violence.
Mais je crois aussi qu'on peut véritablement inverser la vapeur et qu'on peut ne pas laisser la haine gagner en ligne, la haine et le harcèlement l'emporter sur les plateformes, mais nous-même investir ces plateformes pour en faire un levier évidemment de sensibilisation et de prévention contre le harcèlement en étant peut-être plus efficace et plus créatif encore. Ça fait partie également de nos objectifs pour l'année qui vient. On a évidemment plein d'autres projets pour renforcer encore notre capacité à accompagner, à aiguiller, à orienter, à offrir une aide y compris juridique.
Et on a noué des partenariats avec des cabinets d'avocats qui de manière probono pourront accompagner des familles qui malheureusement ont dû porter plainte pour faire face à une situation de harcèlement. Avec Béatrice, on était ce matin, je le disais, dans un lycée opéreux. On a rencontré des enfants, des jeunes dans un certain nombre dont un certain nombre nous ont parlé de ce qu'ils ont subi.
Et Lian, tu as parcouru la France à peu près 10 fois et tu nous as raconté des témoignages qui nous fendaient le cœur. Pour tous ces enfants, pour tous ces jeunes, on n pas le droit d'arrêter. On a un devoir qui est d'accélérer, continuer à intervenir, à alerter, à former, continuer à nouer des partenariats, agir de concert avec les entreprises, les associations, l'État, continuer à innover toujours et encore pour combattre le harcèlement.
Nous n'allons pas baisser les armes jamais et je suis convaincu que tous ensemble avec vous, nous ferons face au harcèlement. Merci à tous et merci encore pour votre présence. Merci beaucoup. [applaudissements] [applaudissements] Merci à tous.
Un cocktail que tu veux. C'est bon. OK.
Bon et bien la soirée se termine. Merci beaucoup. Euh je je suis très très très touché d'être ici.
J'ai moi-même été victime et voilà. Je je suis très heureux de de faire partie de de cette soirée. Merci beaucoup. [applaudissements]