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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 septembre 2025 24 min

Suppression des "avantages à vie" des ex-ministres, abandon de la suppression des deux jours fériés... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Vous allez nous dire si vous parlez avec Sébastien Lecornu ou si vous le censurez, si vous êtes réduit au rang de spectateur dans les discussions entamées. On va parler aussi de l'immigration, de la question palestinienne qui embrase les Européens. Mais d'abord, Sébastien Chenu, le Premier ministre, a annoncé hier soir la suppression des avantages à vie des ex-ministres dès le 1er janvier. Ces avantages seront désormais limités. Vous qui ne cessez d'opposer le peuple aux élites, au pouvoir, au Rassemblement National, vous vous en félicitez ?

0:36
Sébastien Chenu

Oui, c'est très bien d'enlever les avantages à vie qui étaient particulièrement indus. Je crois que c'est M. de Villepin qui coûte plus de 200 000 euros par an aux Français pour quelle activité ? Mme Cresson qui se balade encore avec un chauffeur. Je trouve ça très bien, mais c'est un gadget.

0:54
Présentateur

C'est un gadget parce que c'est dérisoire.

0:55
Sébastien Chenu

Estimé à 4,5 millions d'euros par an. Oui, c'est un gadget par rapport au montant total des économies que doit faire le pays. Et si c'est ça la rupture de M. Lecornu, ça va être un peu juste. On attend quand même M. Lecornu sur des choses qui ont du poids, des tournants, des choses qui soient sérieuses. Encore une fois, c'est très bien de faire ça.

1:14
Présentateur

Il s'adresse à qui, Sébastien Lecornu, vous pensez, avec cette mesure ?

1:16
Sébastien Chenu

Il fait de la com' parce que ne serait-ce que les prévisions de croissance que ce gouvernement imaginait, elles viennent d'être affadies, j'allais dire, par la réalité des chiffres. Les prévisions de croissance, il pensait que ce serait 1,2% du PIB et ça va être 0,9%. Donc, je veux dire, si M. Lecornu se transforme en inspecteur gadget, ça ne va pas durer longtemps. La rupture avec le macronisme, ce n'est pas ça. Ça, c'est quelque chose de minuscule qui, symboliquement, est bienvenu. Parce que je pense que lorsqu'on demande des efforts aux Français, il faut montrer. Mais on attend, par exemple, la suppression du Conseil économique et social.

1:54
Présentateur

Et justement, on va revenir, Sébastien Lecornu, on va revenir dans le détail de ce que vous proposez. D'abord, le Rassemblement National faisait sa rentrée ce week-end à Bordeaux. Avec ce mot d'ordre, on écoute Marine Le Pen.

2:06
Auditeur

Ce dont nous avons besoin, c'est d'un retour à l'esprit et à la lettre de la Ve République et donc, au vu de la situation actuelle, d'un retour aux urnes.

2:17
Présentateur

Vous nous parliez de propositions, mais en fait, matin, midi et soir, vous appelez à la dissolution alors même qu'un Premier ministre vient d'être nommé. Si on comprend bien, même stratégique, les insoumis, mais avec la cravate ?

2:28
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. On a une boussole, c'est la Constitution. Lorsqu'un pays est bloqué, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée et qu'il est difficile de faire passer des textes, mais surtout impossible de faire passer un budget, on le voit, c'était le cas de François Béroux qui n'a pas recueilli la confiance sur ses propositions budgétaires. La situation est bloquée. Alors, elle est bloquée, on le sait, parce qu'Emmanuel Macron avait dissous, parce que Gabriel Attal avait appelé à voter pour la LFI, parce que la LFI a fait élire des députés macronistes, parce que les LR ont préféré faire élire des députés de gauche.

Et parce que vous vous êtes censuré deux Premiers ministres à quelques mois d'intervalle. Parce qu'il n'y a pas de majorité pour voter un budget. Parce que vous décidez de les débrancher deux fois, ne créez-vous pas vous-même une forme de... Non mais évidemment qu'on ne va pas voter les budgets de la Macronie qui ne s'attaquent ni à l'immigration, ni aux dépenses toxiques, qui multiplient, qui acceptent en quelques années la multiplication de la contribution à l'Union Européenne. Ne créez-vous pas vous-même de rentabilité politique, ce faisant ? Non mais c'est le pompon, là, c'est le monde à l'envers. C'est eux qui dissolvent. Il faut élire des gens qui, soi-disant, ont des idées opposées.

Ils créent cette situation. Ils font n'importe quoi budgétairement. Ils mettent le pays dans cet état. Mais c'est vous qui avez censuré... 3 200 milliards de dettes. Et c'est notre responsabilité.

3:38
Présentateur

Pourquoi à tout prix appeler à la dissolution, toutes affaires cessantes, c'est-à-dire le candidat ? Est-ce que c'est parce que Marine Le Pen est sous le coup d'une illégibilité ? Et que vous voulez en profiter pour faire voter une loi d'amnistie ?

3:47
Sébastien Chenu

Voilà, vous mélangez tout. La première chose, je le rappelle...

3:50
Présentateur

S'il y a des législatives et que vous avez une majorité, est-ce que vous voulez en profiter pour faire voter une loi ?

3:54
Sébastien Chenu

Beaucoup de questions et donc j'essaie d'être concis. Situation budgétaire catastrophique de notre pays. Nous avons zéro responsabilité là-dedans. Nous n'avons jamais gouverner le pays. Situation politique coincée. C'est leur responsabilité. Emmanuel Macron a dissous. Il a fait élire des gens qui étaient, soi-disant, des opposants politiques pour nous empêcher d'arriver aux responsabilités. Mais vous n'avez pas une majorité suffisante non plus pour vous laisser à Matignon. Mais oui, mais surtout, ils ont tordu le bras. Mais surtout pour durer, parce qu'en fait, leur seul but, c'est durer. Et aujourd'hui, on est dans cette situation-là. Nous, nous appelons à la dissolution. Pourquoi ?

La Constitution prévoit qu'en cas de blocage, la dissolution soit possible. Pour dire aux Français, donnez une majorité. Et les Français donneront la majorité qu'ils veulent. Vous avez vu l'expérience d'une Assemblée nationale dans laquelle il y a trois blocs. Donnez une majorité à l'Assemblée nationale. J'y viens, mais j'y viens.

4:40
Présentateur

Parce que je vous ai entendu sur France Inter, vous avez confirmé que cette dissolution pourrait servir en cas législatif. Ensuite, à proposer une loi qui empêche Marine Le Pen d'être... Ce sera très clair.

4:50
Sébastien Chenu

Il n'y aura pas dans notre programme gouvernemental, on va demander aux gens de nous donner une majorité pour avoir un gouvernement. Il n'y aura pas dans notre programme gouvernemental de loi d'amnistie. C'est assez clair. Donc, il n'y aura pas dans le programme gouvernemental de loi d'amnistie.

5:03
Présentateur

Pas de loi qui annule l'exécution de provisoire.

5:05
Sébastien Chenu

Il n'y aura pas dans notre programme de gouvernement ce type de loi. Ça ne fera pas partie des choses qui seront dans notre programme.

5:10
Présentateur

Vous ne soutiendrez pas la loi de Eric Chioti, votre allié, qui propose ce type de loi ?

5:13
Sébastien Chenu

Les députés peuvent avoir des initiatives. Vous pourriez voter l'initiative d'un de vos amis qui s'appelle Eric Chioti. Encore faut-il avoir une majorité. Encore faut-il avoir une majorité. Et nous allons nous battre pour avoir une majorité. Le droit d'amendement, le droit de faire des propositions de loi, ça c'est un droit parlementaire. Dans notre programme, vous pourrez le voir, nous proposerons aux Français un certain nombre d'engagements. Et ça n'y figurera pas, voilà.

5:35
Présentateur

D'accord, ce n'est pas ce que vous disiez sur France Inter il y a quelques jours. Ce n'est pas ce que disait Eric Chioti Diage non plus.

5:39
Sébastien Chenu

Mais ce n'est pas pour ça qu'on est favorable à la loi qui existe actuellement. La loi qui existe actuellement, elle est assez inique. Elle prive des élus en cours de mandat, et Marine Le Pen en fait partie, de leur mandat. C'est-à-dire qu'elle crée une disposition qui est excessivement attentatoire à l'exercice de leur mandat. Puisque si ensuite la justice dit l'inverse ou invalide la première décision de justice, eh bien la personnalité politique n'a pas retrouvé ses droits. Elle a subi évidemment une discrimination, en tous les cas une atteinte à ses droits. Donc cette loi, elle est mal fichue.

6:10
Invité

On va écouter ensemble le patron de l'UDEP, qui est le syndicat patronal des entreprises de proximité, qui va rencontrer Sébastien Lecornu. Aujourd'hui, il parle de l'instabilité politique.

6:19
Auditeur

On a travaillé pendant trois ans tout ça pour quoi ? Pour rien, pour qu'il y ait des caprices politiques de gouvernement qui sautent, et rien n'avance de ce côté-là. Donc mettez-vous au travail.

6:30
Invité

Mettez-vous au travail. Qu'est-ce que vous lui répondez Sébastien ?

6:33
Sébastien Chenu

Mais nous, on est au travail pour essayer de réparer, pour essayer de donner d'autres perspectives aux pays que celles que nous connaissons. Quand j'entends M. Lecornu dire, par exemple, je reviens sur deux jours fériés, très bien, mais c'est totalement obsolète. Les deux jours fériés, ils sont tombés avec François Béroux. C'est d'ailleurs parce que François Béroux voulait proposer dans son projet de budget la suppression de deux jours fériés... Qu'il est tombé. Donc ce n'est pas une surprise pour vous ? Vous attendez qu'il aille plus loin ? Non, mais à un moment, je veux dire, on veut la rupture. On demande la rupture, pas la rupture avec deux, trois pratiques.

La rupture sur la méthode, la rupture sur le fond, la rupture politique avec le macronisme. Est-ce que Sébastien Lecornu incarne la rupture politique avec le macronisme ? Je ne le crois pas, visiblement...

7:12
Présentateur

Mais vous ne le censurez pas tout de suite, Sébastien Chenu ? Vous lui donnez une chance ?

7:15
Sébastien Chenu

On a toujours fait ça. Enfin, vous ne pouvez pas nous dire d'un côté... Ah là là, vous êtes pour l'instabilité. Et si on dit, ben écoutez, on va d'abord écouter ce que dit un Premier ministre, nous le reprocher.

7:23
Invité

Quelle est votre ligne rouge pour une non-censure demain, Marine Le Pen ? Je viens, ce n'est pas des lignes rouges.

7:28
Sébastien Chenu

Quelles sont vos lignes rouges ? Ce n'est pas des lignes rouges. Je vous ai dit, c'est la rupture sur la forme et sur le fond. Sur la forme, regardez, Sébastien Lecornu, il fait comme les autres. Les mêmes consultations. Il a même fait le même déplacement que Michel Barnier. Son premier déplacement, c'était sur la thématique de la santé, comme Barnier lorsqu'il était à l'hôpital Necker à Paris. Donc, pour l'instant, sur la forme, c'est pareil. Et sur le fond, on attend de voir. Mais je ne vois pas bien Sébastien Lecornu tourner le dos puisqu'il est le premier soldat du macronisme à ce qui a été fait au bilan du Président et à la philosophie politique du Président.

8:00
Présentateur

Où trouver les milliards ? Les socialistes, notamment, réclament une taxe Zuckmann ou une taxe sur les plus riches. Est-ce que vous soutenez ? Ou est-ce que vous censurez ? Est-ce que vous vous y opposez ?

8:09
Sébastien Chenu

C'est intéressant. Solliciter nos compatriotes les plus aisés pour participer à la solidarité nationale est un principe que moi, je peux entendre à partir du moment où ça profite aux autres et pas où ça profite à une politique, par exemple, d'immigration que les Français ne supportent plus. Donc, solliciter ceux qui ont plus est un principe qui n'est pas inintéressant. La taxe de Zuckmann, elle a une vraie faiblesse, c'est qu'elle touche les biens professionnels. Donc, nous, nous considérons qu'elle va affaiblir, attaquer le tissu économique. Et on a d'autres propositions.

Nous, dans nos propositions de fiscalité, on a la proposition d'une loi sur la fortune financière, c'est-à-dire que plutôt que taxer la fortune immobilière, le patrimoine des Français, qu'ils essayent de se transmettre, qu'ils essayent d'acquérir, et qui, si les taxés partira dans les mains de fonds souverains étrangers, par exemple, eh bien, on a une taxe sur la fortune financière.

8:59
Présentateur

Effectivement, vous voulez créer un impôt sur la fortune financière,

9:03
Sébastien Chenu

qui remplacerait celui sur la fortune immobilière. Vous voyez, ce n'est pas la création d'un nouvel impôt en plus de celui qui existe, c'est le remplacement de celui qui existe, parce qu'il est mal embouché. J'ai bien compris.

9:13
Présentateur

Et ça rapporterait plus d'argent, sauf que je ne comprends pas, Sébastien Chenu, ça fait des semaines que les porte-parole du Rassemblement national martèlent que votre ligne, c'est zéro hausse d'impôt. Écoutez, Laure Lavalette et Laurent Jacobelli.

9:24
Auditeur

On a fait tomber deux fois un gouvernement parce que, justement, ils augmentaient les impôts. Parce qu'encore une fois, moins de riches, ça ne fait pas moins de pauvres. Tout d'abord, on a une règle d'or, nous, au Rassemblement national. C'est de dire, pas un centime ne doit être pris dans la poche des Français tant que l'État n'a pas fait sa cure d'un maigrissement.

9:39
Présentateur

Voilà, et la semaine dernière, c'était Julien Audoul qui fustigait la chasse aux riches. Mais vous, ce matin, sur France Info, vous nous dites que l'URN n'est pas fermé à une nouvelle taxe sur les plus riches.

9:47
Sébastien Chenu

Ce n'est pas une nouvelle taxe, puisqu'il y a déjà l'IFI qui existe. C'est une taxe qui remplace celle-ci. Son périmètre ne sera peut-être pas exactement le même. Mais en tous les cas, ce n'est pas la taxe Zuckman qui affaiblit notre système économique. Ce n'est pas l'impôt sur la fortune immobilière qui empêche les Français de transmettre. C'est une taxe sur, quelque part, de l'argent qui dort.

10:06
Présentateur

Mais donc, ce n'est pas zéro hausse d'impôt, vous nous confirmez.

10:09
Sébastien Chenu

Mais ce n'est pas zéro hausse d'impôt. C'est ce que disait l'URN. C'est un périmètre que nous faisons bouger sur un impôt qui existe déjà.

10:15
Invité

Sur les 100 milliards d'euros, où est-ce que vous voulez trouver ces 100 milliards ? On sait que François Bayrou a chuté en en voulant 44, que de plus en plus de voix s'élèvent pour dire que la barre est trop haute. Où est-ce que vous trouvez vos 100 milliards d'euros ? Parce que l'Ordre de la Vallette a été notre invité sur cette question, on n'a pas trop compris.

10:29
Sébastien Chenu

Si, il y a plusieurs pistes. Et nous, ce ne sont évidemment pas les mêmes que celles du gouvernement. C'est pour ça qu'il y a un changement de philosophie. D'abord, pourquoi trouver 100 milliards ? La question qu'on peut se poser, 100 milliards ou 40 milliards, c'était en tous les cas la première proposition de François Bayrou. D'abord, pour rembourser la dette. Une dette, ça se rembourse. Je le dis parce que la gauche, dans son projet d'alourdissement de la dette, considère que, Jean-Luc Mélenchon l'a déjà dit, d'ailleurs, qu'une dette, finalement, ça ne se rembourse pas. Si vous ne remboursez pas la dette, les marchés ne vous prêteront plus.

Si les marchés ne vous prêteront plus, vous ne pouvez plus financer vos projets. Où est-ce que vous trouvez vos 100 milliards ? Alors, il y a plusieurs pistes. D'abord, on a parlé de la fiscalité. Il y a une fiscalité revisitée. C'est-à-dire qu'on a aussi un certain nombre de taxes sur les surdividendes, sur les surprofits. C'est-à-dire pas sur les profits, pas sur les dividendes, sur ce qu'il y a au-dessus. Donc là, nous considérons sur les rachats d'actions. Nous considérons qu'il y a à peu près une dizaine de milliards sur les rachats d'actions possibles à financer. La fraude.

La fraude dont Gabriel Attal nous disait qu'il fallait aller chercher, entre, j'ai les chiffres, fraude sociale 13 milliards, fraude fiscale entre 80 et 100 milliards. Donc vous voyez qu'on a les deux confondus. On a une centaine de milliards. On ne va pas tout aller chercher en un an.

11:38
Présentateur

C'est 100 milliards par an ou 100 milliards ? Parce qu'on a interrogé Laure Lavalette l'autre jour là-dessus. Elle était incapable de nous dire si c'était 100 milliards d'euros d'économie par an ou sur plusieurs années.

11:45
Sébastien Chenu

Non, je ne parle pas des économies. Je vous parle de la fraude. La fraude sociale.

11:48
Présentateur

Non, mais les 100 milliards que le RN prétend faire comme économie, c'est sur un an ou sur plusieurs années ?

11:52
Sébastien Chenu

Sur un mandat, sur une mandature. Sur 5 ans. La fraude sociale et fiscale. Elle, elle coûte, si je cumule les deux, à peu près 100 milliards par an. Alors sur la fraude sociale, parce qu'on parle beaucoup de la fraude sociale, c'est ou de la fraude aux cotisations ou de la fraude aux prestations. Donc là, on a des marges de manœuvre. Sur la fraude fiscale, là aussi, on a quelques marges de manœuvre. L'aide au développement. L'aide au développement, je regardais, c'est environ, dans les budgets passés, c'était à peu près 15 milliards d'euros. Je vous rappelle que de 2018 à 2021, je crois, c'est 400 millions d'euros, par exemple, qui ont été donnés à la Chine.

Il ne s'agit pas de tout couper pour tout le monde. Il s'agit, à un moment, de se dire est-ce que nous avons les moyens, la nécessité, la philosophie, l'intérêt d'aider à se développer un pays comme la Chine ? La réponse est non. Vous coupez les budgets de l'Agence française de développement. Vous coupez les budgets. Je vous ai dit, il ne s'agit pas de tout couper pour tout le monde. Il s'agit de regarder. Là, on ne va pas financer des gens qui sont nos concurrents directs. À un moment, il faut être réaliste. Les agences d'Etat, là, il y a un débat aussi. L'IFRAP dit, c'est 80 milliards d'euros.

12:54
Présentateur

Un rapport du Sénat dit que ça rapporterait 500 millions d'euros de mutualité.

12:57
Sébastien Chenu

Entre 500 millions et 80 milliards d'euros, il doit bien y avoir quand même une juste mesure qui permettrait de faire beaucoup d'économies. Je regardais les coûts de gestion, par exemple, des ARS, des autorités de santé. C'est 621 millions d'euros par an. Rien que les coûts de gestion. L'ADEME, c'est 1 milliard d'euros. Donc, vous voyez, on a ça. Les énergies intermittentes, 6 à 8 milliards d'euros. Et puis, le coût de l'immigration. Pas simplement le coût de l'aide médicale d'Etat. Le coût de l'immigration.

13:22
Présentateur

On en reparle dans un instant.

13:23
Sébastien Chenu

Le 8.30 France Info.

13:26
Présentateur

Agathe Lambret. Paul Larouturou. Avec Sébastien Lecornu, vice-président du Rassemblement National. Avec Sébastien Chenu, par exemple. Sébastien Chenu, mais on va parler de Sébastien Lecornu. L'absus, s'il fallait que je le fasse. Sébastien Chenu.

13:36
Sébastien Chenu

Vous ne dites pas Sébastien Delogu, ça va.

13:38
Présentateur

Vice-président du RN, député du Nord. Vous avez référence à un insoumis. On parle de policiers agressés, Paul.

13:44
Invité

Deux hommes ont été mis en examen hier soir pour violences aggravées sur personnes dépositaires de l'autorité publique après l'agression samedi soir de sept policiers à Reims, en dehors de leur service. Cinq adolescents ont été mis en examen dimanche dans une autre affaire de l'agression d'un autre policier à Tourcoing, dans le Nord. M. Chenu, au-delà de la condamnation évidemment unanime et de votre volonté d'être plus sévère, si vous arrivez au pouvoir, que comptez-vous faire concrètement contre ce phénomène ?

14:08
Sébastien Chenu

D'abord, moi je veux avoir une pensée pour les victimes. C'est tous les jours que des policiers se font agresser. C'était à Tourcoing dans le Nord, c'était à Reims les heures dernières. Ce sont tous les jours que les forces de l'ordre se font agresser, mais aussi les pompiers, mais aussi les médecins dans les quartiers. Pourquoi ? Parce qu'il y a une sorte d'impunité. C'est-à-dire qu'en fait, les agresseurs savent qu'ils ne risquent rien. Le problème de l'insécurité, de la sécurité, c'est la justice. C'est-à-dire que qu'est-ce que nous faisons immédiatement ? Eh bien, nous mettons fin à un certain nombre d'aménagements de peines. Et en parallèle, nous construisions des places de prison.

Je dis en parallèle parce que, malheureusement, les promesses d'Emmanuel Macron n'ont pas été tenues sur ce sujet.

14:47
Invité

Il a construit des prisons ?

14:48
Sébastien Chenu

Très peu. Il a construit, je crois, 7000 places de prison. Il avait dit qu'il en construirait 15 000.

14:54
Présentateur

Vous demandez des peines minimales comme Gérald Darmanin, le garde des Sceaux sortant ?

14:58
Sébastien Chenu

Non, mais on n'a pas attendu Gérald Darmanin pour faire ça. En tout cas, vous soutenez sa démarche ? Et puis qu'est-ce qu'il a fait ? Au bout d'un moment, ça fait 8 ans qu'ils sont là. Il y a toujours des aménagements de peines absolument scandaleux. Et la base de tout cela, c'est que s'il y a des agressions de ce type, c'est que les agresseurs savent qu'ils ne verront pas les barreaux d'une prison.

15:15
Présentateur

Et est-ce que vous demandez de la même sévérité, Sébastien Chenu, avec le policier, par exemple, qui a giflé et craché sur une personne qui faisait l'objet d'un contrôle il y a quelques jours à Saint-Denis ?

15:25
Sébastien Chenu

Je demande que notre police soit exemplaire et elle l'est la plupart du temps. Et lorsqu'un agent de la police nationale se tient mal, il doit être sévèrement sanctionné, évidemment. Mais la police est largement exemplaire. On a une police républicaine.

15:38
Présentateur

On a une police qui prend des coups.

15:42
Sébastien Chenu

C'est des sanctions, d'abord, qui sont données dans la police. Et quand un agent est mis à pied parce qu'il s'est mal comporté, c'est normal.

15:48
Invité

Autre sujet d'actualité majeure, Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, appelle à faire flotter le drapeau palestinien sur les mairies lundi prochain à l'occasion de la reconnaissance par la France d'un État palestinien à l'ONU. Est-ce que les mairies RN vont arborer ce drapeau ?

16:02
Sébastien Chenu

Non, mais c'est une plaisanterie. Non. Mais moi, j'en ai ras-le-bol de ce tapin électoral. Voilà, cette retape. Tapin électoral. Oui, oui, ce tapin électoral, cette retape électorale du Parti Socialiste pour essayer de séduire des communautés dont ils imaginent qu'elles pourraient être sensibles à leur discours. Alors, ça fait longtemps que la gauche a oublié, c'est vrai, les ouvriers, les employés, les travailleurs et que maintenant, elle est dans l'espèce de séduction permanente de communautés et qu'elle instrumentalise ce conflit extrêmement difficile, c'est le moins qu'on puisse dire.

16:32
Présentateur

Mais c'est une instrumentalisation ou c'est un soutien à Gaza, Sébastien Chenu, de violents bombardements ? C'est une instrumentalisation. Gaza brûle, disait le ministre israélien de la Défense. Est-ce qu'en signe de soutien pour les Palestiniens, pour la cause palestinienne, vous pouvez comprendre la démarche ou non, c'est du tapin électoral ?

16:47
Sébastien Chenu

Je vais vous dire une chose, sur le fronton des mairies, ne doit flotter que le drapeau français.

16:52
Invité

Et que faites-vous des drapeaux ukrainiens alors ?

16:55
Sébastien Chenu

Et ça évite toute polémique, instrumentalisation d'actualité. Les drapeaux ukrainiens, les drapeaux gays, les drapeaux européens, les drapeaux que sais-je pour d'autres causes. Vous ne mélangez pas tout là ? Non mais parce que je pense qu'en fait il y a des utilisations, des manipulations politiques qui se font à travers le fait de hisser ou de ne pas hisser. Une mairie hisse, l'autre ne hisse pas. Alors la mairie d'à côté est un salaud. Ça suffit tout ça. Tout ça c'est de la manip, tout ça c'est de la com, c'est pas comme ça qu'on sort des problèmes, c'est juste fait, je vous le dis, à des visées électoralistes. On va avoir un sujet devant nous, qui est la reconnaissance de la Palestine.

17:32
Présentateur

Exactement. Emmanuel Macron ne devrait pas reconnaître un État palestinien à l'ONU dans quelques jours ?

17:36
Sébastien Chenu

Pas maintenant. Moi je vais vous dire, le fond de notre pensée c'est qu'il faudra qu'il y ait la reconnaissance, enfin il faudra qu'il y ait deux États. Donc un jour il faudra reconnaître la Palestine. Le problème c'est qu'aujourd'hui l'État, l'autorité palestinienne, elle est adossée au Hamas. Elle est adossée à des structures terroristes qui ont effectué le pire pogrom que nous ayons connu. Donc si vous voulez, le fait de donner un signe, un signal, et d'ailleurs le Hamas l'a bien compris puisqu'ils ont félicité Emmanuel Macron, envoyé un signal au Hamas en disant, formidable, il y a eu ces attentats en Israël, nous allons reconnaître la Palestine.

Alors qu'on sait que le Hamas sous-tend structure aujourd'hui l'autorité palestinienne.

18:14
Présentateur

Ça c'est ce que dit le gouvernement israélien, mais dans la déclaration adoptée à New York par 142 États, la déclaration rappelle que les otages doivent être libérés et précise bien que c'est un État palestinien sans le Hamas. Le Hamas doit cesser d'exercer son autorité sur la bande de Gaza et remettre ses armes à l'autorité palestinienne, précise la déclaration. Donc c'est pas une prime au terrorisme.

18:35
Sébastien Chenu

Vous venez de citer des conditions, le fait que le Hamas ne sous-tende plus, ne structure plus l'État palestinien, que les otages soient libérés. Ces conditions sont-elles remplies aujourd'hui ? Non. Aujourd'hui c'est bien le Hamas qui mène la danse en Palestine. Les otages ne sont pas libérés, donc les conditions ne sont pas réunies pour cette reconnaissance. Moi je le regrette, j'impression souvent d'ailleurs qu'Emmanuel Macron, il a ses bonnes et ses mauvaises causes. Il a ses bonnes et ses mauvaises causes. Il défend ici la reconnaissance de la Palestine et puis il détourne le regard sur Israël bien souvent.

Moi je pense que tout ça n'est pas un gage qui permet d'apaiser les choses mais au contraire ça jette de l'huile sur le feu et puis quel symbole envoyé à nos compatriotes de confession juive quand même.

19:26
Invité

Avant de passer à la question qui, on a une autre question majeure internationale. On a tous évidemment été très marqués par les images de Londres entre 150 000 selon la police. Un million de personnes à Londres pour manifester contre les migrants. Il y avait Éric Zemmour mais il n'y avait pas de représentant du Rassemblement National. Alors on a vu un député RN appeler à hisser les drapeaux français aux fenêtres. Pourquoi il n'y avait pas de représentant RN et que pensez-vous de cette manifestation ?

19:46
Sébastien Chenu

Mais tout simplement parce que nous on a des députés à l'Assemblée Nationale, ce que n'a d'ailleurs pas Éric Zemmour. Nous avons des députés qui font leur boulot, c'est-à-dire qui proposent des lois, qui essayent de faire évoluer la législation et qui n'ont pas besoin d'aller forcément défiler. Moi je trouve que ces manifestations elles disent quelque chose. Elles disent quelque chose d'un peuple qui d'abord ne veut pas mourir, qui dit nous ne voulons pas être effacés, et nous ne voulons pas que notre pays subisse cette pression migratoire sans rien faire. Et ça je l'entends.

Elle dit l'exaspération d'un peuple, et je pense que cette exaspération au Royaume-Uni, elle fait écho à la même exaspération qu'il y a en France, puisque je regarde les sondages, et par exemple je vois que 65% des électeurs de gauche aimeraient un référendum sur l'immigration.

20:31
Présentateur

Est-ce que vous avez proposé la pétition de Philippe de Villiers qui exige un référendum sur l'immigration ?

20:37
Sébastien Chenu

J'y viens. Je n'ai pas signé la pétition de Philippe de Villiers parce que par principe et à titre personnel, et depuis très longtemps, depuis des dizaines d'années, je ne signe plus aucune pétition. Comme ça ma signature reste la mienne, et elle ne se met pas sur d'autres pétitions, mais je suis législateur. Et donc par conséquent, je peux émettre effectivement, non seulement une solidarité, mais j'accueille avec beaucoup de positivité le fait que Philippe de Villiers lance cette pétition parce que je pense qu'effectivement, il faut un référendum sur l'immigration.

Mais je suis ravi qu'aujourd'hui on puisse en parler parce que pendant des années, on a été nous-mêmes, Rassemblement national, lorsqu'on a demandé ça, caricaturé. On a été, quand on n'a pas été d'ailleurs, insulté pendant des années. C'est dans le programme de Marine Le Pen, le référendum sur l'immigration. Le texte qui serait soumis à un référendum, il a été présenté à l'occasion des élections présidentielles. C'est-à-dire que vous savez, on ne fait pas un référendum pour dire est-ce qu'il y a plus ou moins d'immigration dans notre pays ?

On fait un référendum sur un projet de loi et ce projet de loi, Marine Le Pen l'a présenté, réforme du droit d'asile par exemple, fin de l'aide médicale d'État par exemple.

21:46
Invité

Sébastien Chenu, il est 8h57 sur France Info, l'heure d'une question que certains en croient, vos messages attendent impatiemment. C'est la question qui est retrouvée sur Instagram et sur le TikTok de France Info. Aujourd'hui, la question qui a de tête, on a donc les dates du procès en appel de Marine Le Pen, je le rappelle condamnée à l'inéligibilité suite à l'affaire des assistants parlementaires, du 13 janvier au 12 février, avec un délibéré après les municipales l'été prochain. Est-ce que ce n'est pas bien tard ? Est-ce que votre situation n'est pas particulièrement compliquée ? La présidentielle, c'est la rencontre entre un homme, une femme et un peuple.

Comment vous allez faire si c'est uniquement l'été prochain ?

22:20
Sébastien Chenu

Oui, écoutez, ce n'est pas nous qui avons la maîtrise du calendrier judiciaire. Donc on a bien compris que la tradition républicaine qui auparavant était celle qui consistait à ne pas mélanger les affaires judiciaires et les rendez-vous électoraux n'existaient plus. Nous n'avons pas cette maîtrise. Nous allons faire face. Marine Le Pen est présumée innocente. Elle va se battre pour faire reconnaître cette innocence et pour aller rencontrer le peuple.

22:42
Présentateur

Qui sera votre candidat, Sébastien Chenu ?

22:44
Sébastien Chenu

C'est Marine Le Pen, notre candidate aujourd'hui.

22:46
Présentateur

Ah bon ? Vous n'avez pas la garantie qu'elle pourra se présenter ?

22:49
Sébastien Chenu

Si elle ne l'est pas, Jordan Bardella prendra le relais. C'est assez simple. Mais ça, on le dit sur tous les plateaux. Vous savez, nous, on est un parti à la fois transparent, je le crois assez sincère. C'est plutôt, comme l'écrivait Jean-Anouil, la sincérité est aussi une stratégie. Vous savez, on est sincère. On dit Marine Le Pen est notre candidate. Si elle ne peut pas y aller, ce sera Jordan Bardella.

23:07
Présentateur

Est-ce que ce sont des clones, Marine Le Pen, Jordan Bardella ?

23:10
Sébastien Chenu

Mais ils ne sont pas interchangeables. Vous n'êtes pas interchangeables avec M. Larouturu. Il y en a un des deux qui a plus de barbe que l'autre, par exemple. Au-delà d'autres différences, j'imagine. Mais vous n'êtes pas interchangeables. Ils ne sont pas interchangeables. Mais ils portent le même combat, les mêmes idées. Celles d'un parti républicain. Celles d'un parti qui est dans l'arc républicain. Je pense à François Hollande qui disait qu'on n'était pas dans l'arc républicain. Mais en tout cas, lui, ce n'est pas une flèche. Et qui, aujourd'hui, porte une politique de rupture avec le macronisme. Politique réclamée par les Français.

23:38
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir répondu aux questions de France Info.

23:41
Sébastien Chenu

Un entretien à retrouver comme tous les matins sur YouTube.

Suppression des "avantages à vie" des ex-ministres, abandon de la suppression des deux jours fériés... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote