La Nation est-elle de gauche ? | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous et merci pour votre présence pour cette conférence, cette table ronde au titre qui je vois vous intéresse car vous êtes nombreux sur la nation est-elle de gauche ? Vaste sujet et nous allons essayer d'y répondre avec nos deux intervenants. Avant de vous les présenter, je voudrais remercier nos camarades qui permettent que les amis, les universités d'été de la France insoumise se tiennent.
Il y a 450 volontaires cette année, c'est exceptionnel et vraiment heureusement qu'ils sont là parce que on ne pourrait pas organiser tout cela sans eux. Euh, merci évidemment à donc nos deux intervenants que je vais vous présenter. Jacqueline Lalouette qui est l'auteur de ce livre là qui est déjà sorti qui s'appelle l'identité républicaine de la France.
Et moi ça me va très bien parce qu'il y a écrit liberté, égalité, fraternité ou la mort, unité, indivisibilité de la République avec un beau bonfrigier en haut. Donc c'est la ligne, c'est parfait et euh de la Révolution française en tout cas et qui va bientôt sortir un un nouveau livre qui s'appelle Trois fleurs de la nation, le drapeau, l'hymne, la devise donc qui comme vous l'imaginez est sur les symboles républicains euh et qui commencera donc euh cette cette table ronde par une histoire républicaine de la France et de ses symboles. Et puis nous accueillons statis couvelist donc économiste, humaniste et qui aborde, tu es pas du tout économiste philosophe philosophe, je sais pas pourquoi je dis ça.
Philosophe pardon, c'est de la déformation de type gominé qui fait du trading pour ceux qu'on la rêffe, c'était hier. euh mais donc philosophe et qui abordera plusieurs sujets sur la question de la nation, à la fois le lien qu'on peut faire avec les penseurs, les philosophes marxistes, mais aussi euh et bien peut-être pourquoi la gauche a des questions vis-à-vis de la nation et pourquoi on l'a parfois un peu laissé de côté. Je cède la parole à nos intervenants et je la reprendrai à la fin pour vous parler stratégie du drapeau.
Merci beaucoup Antoine. [Applaudissements] Donc je vais faire un un exposé historique très classique sur les symboles nationaux et l'histoire républicaine de la France. En France, les républicains disposent Ah, en France, les républicains disposent d'assez nombreux symboles.
Euh plus fort. Ah ! Alors, je disais en France les Républicains disposent d'assez nombreux symboles.
Marianne, le bonfrigien, le faisceau des lecticurs, mais aussi ces trois symboles qui sont dans la constitution, le drapeau, la devise et l'hymne. Et ce sont de ces je vais parler de ces trois symboles. Deux sont quotidiennement visibles sur la façade des écoles, seulendroit où ils sont obligatoires depuis la loi sur l'école de 2013.
Quant à la Marseillaise, elle se fait peut-être désormais entendre plus souvent dans un contexte sportif que dans un contexte politique. Les trois symboles n'appartiennent pas à la même catégorie. La Marseillaise et le drapeau jouent sur les sens, sur les affects, la devise est plus abstraite et appelle à philosophie à philosopher sur la liberté, l'égalité et la fraternité. aussi euh ils ne répondent pas aux mêmes usages et n'emplissent pas le même rôle.
La Marseillaise est clamée, le drapeau est agité et généralement la devise reste muette et statique. Les deux premiers surgissent dans l'immédiaté de l'événement alors que la devise est un élément réflexif à long terme. Originellement, ces symboles ne sont pas spécifiquement républicains.
D'ailleurs, dans un des tomes de l'histoire socialiste de Jores, George Renard a écrit, enfin histoire socialiste dirigé par Jores, George Renard a écrit a regardé froidement les choses. Il faut avouer que le drapeau tricolore n'a pas grand sens comme symbole républicain pour peu qu'on se reporte à son origine. En effet, ces trois symboles sont nés alors que la France n'était pas encore une République et deux ont été conservés par des régimes qui n'étaient pas républicains.
Le drapeau tricolore a été le drapeau de la France sous les deux empires, sous la monarchie de juillet et sous l'État français, c'est-à-dire Vichi. Euh la Marseillaise a été conservée par la monarchie de juillet à ses débuts et contrairement à une idée reçue, Vichi n'a pas remplacé la Marseillaise par maréchal. Nous voilà.
Chacun de ces symboles a une longueur de vie différente. 195 ans pour le drapeau, 145 pour l'evise, un petit peu plus pour la Marseillaise. Il est difficile de rendre compte de l'histoire de ces trois symboles sur une aussi longue durée en 20 minutes.
Aussi, mon exposé par la force des choses va avoir un côté assez schématique. Je vais procéder en quatre étapes. une première sur l'origine des symboles, la deuxième sur le 19e siècle et ses bouleversements symboliques très nombreux.
La 3e République est l'officialisation des trois symboles. Et enfin, après 1900, à partir de 1946, les deux dernières Républiques, la 4e et les 5e. Alors premièrement, les origines, les années 1789-1792.
Les trois symboles sont nés sous la révolution. entre le mois de juillet 1789 et le mois d'avril 1792. Donc tous trois avant la République qui a été instauré le 22 septembre 1792.
Donc originellement, ces symboles ne sont pas républicains. Le support privilégié des trois couleurs fut d'abord la cocarde dont l'histoire est quasiment impossible à retracer car l'union de la de la cocarde bicolore de la ville de Paris et de la cocarde blanche de Louis X est une légende qui est née dans le courant du 19e siècle. En réalité, on ne connaît pas bien euh l'histoire de la formation de cette cocarde.
De la cocarde. Les trois couleurs passèrent tout d'abord sous une forme très discrète au pavillon maritime en 1790 sous la constituante. Puis la convention montagnarde en 1794 transforma ce pavillon mitigé en pavillon entièrement tricolore.
Par ailleurs, les trois couleurs passèrent de la cocarde et du pavillon à des drapeaux, à des étendards, à des oriflammes qu'on voyait dans les rues, dans les clubs et dans les théâtres. Et enfin, les trois couleurs pastèrent aussi sur les drapeaux de l'armée, mais ils ne trouvèrent leur forme définitive en trois bandes verticales euh qu'en 1812, 1794 pour le pavillon maritime, 1812 pour l'armée sur terre. La devise, elle elle a été proposée pour la première fois par Robespierre en décembre 1790, mais sa suggestion n'a alors pas été retenue.
Puis cette devise a été popularisée par le club des par le club des cordeliers et surtout elle a été bien connu quand en 1793 l'ordre a été donné par le maire de Paris et par un député Momorau de l'inscrire sur les façades des maisons parisiennes sous la forme liberté, égalité, fraternité ou la mort. expression qui est d'ailleurs susceptible de plusieurs interprétations, mais je n'ai pas le temps d'en parler pour le moment. Il faut noter que si liberté et égalité figure dans les trois déclarations des droits de l'homme 89 en 1 en 3 et dans la constitution 2791 et 1793, fraternité en est totalement absent. fraternité a été pendant longtemps le parent pauvre.
Et d'ailleurs, dans les nombreuses devises qui courait sur les documents officiels, dans les clubs ou autres, on rencontre plus souvent le binôme liberté égalité que le trinome liberté égalité fraternité. Quant à la Marseillaise, elle a été créée par Rouget de Lille sous la monarchie constitutionnelle dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 au moment de l'entrée en guerre de la France contre l'Autriche. Elle s'appelait Rouge de Lille a composé un champ de guerre pour l'armée du rein.
Et ce champ de guerre a pris le titre d'air des Marseillais ou d'hymne des Marseillais avant de s'appeler la Marseillaise parce que ce champ de guerre était passé de Strasbourg à Montpellier, de Montpellier à Marseille puis de Marseille à Paris. Mais il faut préciser que Rouged de Lille n'était pas un républicain. Rouge de Lille a déploré la journée du du 10 août 1792 et la déchéance de la monarchie.
Il a été arrêté comme suspect en 1794 et libéré grâce aux neuf termisor sans quoi il n'aurait peut-être pas continué de vivre. Sous le directoire. On sait qu'il a frayé avec des contre révolutionnaires.
Alors la Marseillaise fut se tue enfin fut cessé de d'être joué progressivement à partir du consulat. La dernière fois où leur été jouée officiellement c'est en 1801. Bonaparte n'aimait pas la Marseillaise, qu'il trouvait trop jacobine et par ailleurs sur les champs de bataille, il ne voulait que la charge et rien que la charge.
Donc on arrive à la deuxième période. Ces trois symboles disparurent en 18 en 1814 avec la première restauration puis avec la seconde après l'épisode des 5 jours. Mais leur bannissement officiel n'entrena pas leur disparition car ils continuèrent de vivre clandestinement dans les milieux républicain.
Ainsi, en 1821, les Carbonaris avaient comme signe de ralliment le drapeau tricolore. Puis Charles ayant signé quatre ordonnances liberticides. La révolution éclata en juillet 1830.
Les aspirations républicaines furent déjouées et ce fut Louis-Philippe, tout d'abord régent du royaume qui fut déclaré non pas roi de France mais roi des Français sous le nom de Louis Philippe I. Louis-Philippe reprit le drapeau tricolore et la charte révisée du 14 août 1830 contient cet article : "La France reprend ses couleurs. À l'avenir, il ne sera plus porté d'autres cocardes que la cocarde tricolore." À cette date, la cocarde l'emporte encore sur le drapeau comme symbole.
La révolution de 1830, cette révolution se fit aux accents de la Marseillaise et c'est à cette époque que Berliose l'orchestra. Mais les manifestations, les oppositions se manifestèrent assez rapidement sous une forme symbolique. On rencontre le drapeau noir à Reince et à Lyon.
à Lyon chez les Canus en 1831, le drapeau rouge à Paris en 1832 et 1834 et puis de nouveau à Lyon en 1834. Chanté par les opposants au gouvernement, à partir de 1832, la Marseillaise redevint un champ sédicieux mais là encore, elle se maintient souterrainement dans les milieux républicains. Les républicains emprisonnés la chantaient en prison.
Et François Vincent Raspaille raconte qu'à Doulince, les Républicains le soir chantaient le couplet Amour sacré de la patrie en s'agenouillant et en se découvrant. Il y a un côté extrêmement religieux et sacré ou sacral dans cette manière de recevoir la Marseillaise. La Marseillaise rentra brièvement en grâce auprès du gouvernement Louis-Philippe en 4041 dans un contexte de tension internationale.
Et c'est à cette époque que Marseillaise que la Martine composa sa Marseillaise de la paix. Quant à la devise liberté, égalité, fraternité, elle fut revivifiée durant les années 1840 grâce à des théoriciens socialistes qui l'inscrivirent sur leurs journaux et Pierre Lerou en parla sur un ton là encore emprint de mysticisme. Il dit à propos de la devise, "Elle est vraie, elle est sainte, elle est l'idéal à suivre, elle est l'avenir révélé, elle règne déjà en principe.
Elle règnera un jour. En fait, elle est ineffaçable et immortelle. Puis dans une France traversée par une grave crise économique à partir de 1846, la révolution éclata en février 1848.
Louis-Philippe abdur de son petitfils mais les Républicains furent décidés à ne pas se laisser voler leur révolution comme ça avait été le cas en 1830. Et donc la République fut proclamée en 1848 les combats sur les barricades se menant au son de la Marseillaise, souvent accompagné d'un autre hymne très célèbre à l'époque, le cœur des Girondins. Le drapeau tricolore faillit alors être remplacé par le drapeau rouge brandi par Blanky et ses amis.
Dans son histoire de la révolution de 1848, la Martine a relaté, reproduit le discours qu'il aurait prononcé devant l'hôtel de ville le 27 février 48 disant qu'il ne voulait pas du drapeau rouge qui avait été traîné dans le sang du peuple et qu'il fallait garder le drapeau tricolore qui avait fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. Mais dans sa propre histoire de la révolution de 1848, Louis Blanc dément que cette scène n'est jamais existée et dit qu'on peut se confier se fier au récit de la Martine comme à ceux d'un mangeur de haschich. Cette scène n'aurait jamais existé.
Donc le drapeau rouge en question, parce que qu'est-ce que ce drapeau rouge dont parle la Martine ? Le drapeau rouge en question est celui de la loi martiale qui d'après le récile la martinien aurait été présent au Champ de Mars le 17 juillet 1791 lorsqu'une cinquantaine minimum de manifestants furent tués par la garde nationale. Or, il semble à peu près certain maintenant que cette loi martiale précisément n'avait pas été proclamée.
D'ailleurs, ce qui fut reproché ultérieurement au maire, B qui fut guillotiné en 93. Pas de loi martiale, pas de drapeau rouge et donc pas de drapeau traîné dans le sang du peuple, de drapeau rouge du sang de l'ouvrier comme dit la chanson de Paul Bruce. Mais c'est ce drapeau que la classe ouvrière, ce drapeau fictif en quelque sorte que la classe ouvrière a ensuite récupéré pour en faire son symbole.
À partir du 27 février, les trois termes du trinome liberté, égalité, fraternité furent systématiquement imprimés en tête des communiqués officiels inscrits sur le drapeau tricolore, sur les bâtiments publics et gravé sur les pièces de monnaie. Bien que l'égalité et la fraternité a été violemment trahie avant et pendant l'insurrection ouvrière de juin 1848, la fraternité n'en figurera pas moins dans la constitution du 4 novembre 1848. Mais après juin et après l'élection du de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence de la République le merci le 10 décembre euh la devise tandis la République tourna de plus en plus à la réaction et on perdit de vue ses origines révolutionnaires et la devise disparut complètement après le coup d'état le s de du 2 décembre 51.
Le 6 janvier 1852, Louis Napoléon Bonaparte envoya au préfet une instruction leur ordonnant de la faire effacé des bâtiments publics. Chant la Marseillaise exposa à des poursuites mais avant d'être effacé pour de longues années, on l'entendit encore chanter dans les colonnes d'insurgés contre le coup d'état du 2 décembre 1851. Après le rétablissement de l'empire proclamé solennellement le 2 décembre 1852, de l'appareil symbolique mise en place par la seconde République ne restait que le drapeau tricolore.
Toutefois, là encore, comme dans les périodes antérieures, la Marseillaise survécue chez les opposants à l'empire. Dans ses mémoires, Louise-Michel relate qu'elle la faisait chanter chaque matin par les élèves de son école libre ouverte dans la Haute Marne, dans un petit village de la Haute Marne en janvier 1853. En 1855, autre exemple, des ardoisiers insurgés du Men et Loir pénétrèrent aux accents de la Marseillaise dans la petite ville de Pondesé.
Au moment de la déclaration de guerre à la Prusse en juin 1870, la Marseillaise fut considérée par le gouvernement comme un hymne patriotique et fut alors autorisé. Le 4 septembre, 2 jours après la défaite de ce dent, elle éclata partout dans les rues. Ce jour-là, lors de la proclamation de la République à l'hôtel de ville de Paris, une scène à peu près équivalente à celle de février 1848 se déroula.
Gambetta, Victor Schelcher et tous leurs amis voulaient euh conserver le drapeau tricolore alors que euh les ouvriers réclamaient le second. Aucune décision ne fut prise. Donc les deux drapeaux coexistèrent mais euh le drapeau euh tricolore progressivement disparu car il était vu comme le drapeau de répression rue Transnonin Larikamari.
Bon, comme le drapeau de la défaite de ce dent. Ah oui, oui. Le jour de la proclamation sur l'anel de la commune, le rouge était partout dans Paris.
Les convois funéraires nombreux cheminaient à l'ombre des drapeaux rouges. Néanmoins, les drapeaux tricolores étaient encore visibles, sauf dans le 12e arrondissement où la commission municipale l'interdit. Le drapeau rouge flotta aussi dans les communes de province. bien que rejeté par des militants socialistes à cause de son instrumentalisation par le pouvoir en 1870, la Marseillaise fut l'une des chansons les plus chantées durant la commune, mais peut-être avec d'autres paroles que celles de Rougesse, ce n'est pas toujours clair.
Et euh les fanfares des bataillons de la garde nationale euh la jouait. 3è période après l'écrasement de la commune s'ouvrit une période de 8 années durant laquelle la France fut une République sans vraiment en être une puisque ses dirigeants étaient des monarchistes qui attendaient la mort du compte de Chambord, l'homme du drapeau blanc pour restaurer la monarchie. sans hymnes et sans devise euh ces années furent quasiment vides en matière symbolique.
Après la démission du maréchal de Mcmaon et l'élection de Jules Grand Grvi à la fin de janvier 1879, des députés radicaux déposèrent une proposition de loi ayant pour objet de faire reconnaître la Marseillaise, mais le jour de son inscription euh à l'ordre du jour euh de la chambre euh le 14 février 79, finalement ils décidèrent de retirer euh leur leur proposition et demandèrent simplement au ministre de la guerre qui était un homme de centre gauche, le général Grayet, de s'engager à demander aux armées de jouer la marseillaise, ce qu'il fit effectivement. Donc, contrairement à ce qui est parfois écrit, en 1879, aucune loi n'attribua à la Marseillaise la qualité d'hymne national. Cette qualité ne tient qu'à une circulaire du ministre de la guerre.
L'année suivante, le trinôme liberté, égalité, fraternité redevint la devise de la France et fut inscrit sur les bâtiments officiels sans toutefois qu'aucune prescription législative ou réglementaire formelle n'oblige, il en a là sensiblement de même pour la seconde constitution en 1958. La Constitution du 4 octobre 1958 reprenant pour les symboles la rédaction de 1946 à une variante près. Toutefois, en 1946, il avait été précisé que le drapeau tricolore était à trois bandes verticales d'égale dimension, précision insignifiante selon le Conseil d'État en 1958 et cette précision donc disparaît à ce moment-là.
Ultérieurement, chacun des trois termes de la devise a été, si l'on peut dire, surconstitutionnalisé par le Conseil constitutionnel. La liberté en 1971, l'égalité en 1999 et la fraternité en 2018. Par ailleurs, tout ce qui tournait autour de la guerre d'Indochine et de la guerre d'Algérie et d'autres questions coloniales contribua à délégitimer le drapeau et la Marseillaise alors que ces deux symboles apparurent encore dans les grands mouvements sociaux de 1962 1963 à propos des charbonnages de l'Avyon de la sidérurgie de Laoren.
Donc ces symboles apparurent encore parallèlement au drapeau rouge et à l'international mais en 1968 ils se trouvèrent quasiment uniquement à droite même si un discours de Val Rochet répondant à Daniel Conbendit qui voulait brûler le drapeau français. Donc Valchont a un discours qui raisonne comme ceux des discours antérieurs de Duclo et de Torè. Le drapeau des luttes de la classe ouvrière dans le monde moderne, c'est tout à la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande révolution française, le drapeau de la nation.
Mais la Marseillaise est le drapeau tricolore triomphère sur les Champs Éélysées le 30 mai 1968. lors d'une grande manifestation de droite et d'extrême droite organisée par les comités de défense de la République, les CDR, ce qui contribua à leur donner encore davantage l'image de symbole irréductiblement attaché à la droite et à en détacher une bonne partie de la gauche et euh surtout euh de euh l'extrême gauche. En 2007 puis en 2011-212, Segolen Royal fut la première à vouloir les ramener et s'atra sarcasme et critique notamment de la part de l'extrême gauche.
Le 26 mars 2007, Harlette Laguillet déclara : "Je laisse bien volontaier la Marseillaise à ces gens-là. Oh, c'était un champ révolutionnaire pendant la révolution française, mais l'histoire est passée par là et c'est en son nom et au nom du drapeau tricolore que la bourgeoisie française a mené ses guerres de conquête colonial, des guerres d'oppression et de rapine contre les peuples, sans parler de l'écrasement des travailleurs de la commune de Paris. En novembre 2015, les appels de François Hollande à Pavoisé furent très inégalement suivis.
Diverses enquêtes montrent ici ou là un faible niveau de pavoisement. Parallèlement, la droite et l'extrême droite faisaient un large usage de ces deux symboles donnant l'impression qu'ils étaient ancrés de ce côté-là du champ politique et exclusivement de ce côté-là. Une partie de la gauche ne se résout pas à cette situation.
Euh Jean-Luc Mélenchon face à Léa Salamé en 2015 euh rappela l'importance de des trois symboles venus euh de la période révolutionnaire. Et euh récemment, le 24 avril 2025, François Ruffin répondit à une auditrice qui lui demandait pourquoi il terminait ses meetings par la Marseillaise et non par Belachiao. Vous savez, ça fait des années que je regrette qu'on abandonne qu'on abandonne des thèmes à l'extrême ces thèmes à l'extrême droite, les symboles qui sont en plus issus de notre grande révolution, de la grande révolution française qui sont la Marseillaise, qui sont le drapeau tricolore, qui sont liberté, égalité, fraternité.
Jamais je ne les céderai, ils sont à nous. Moi, je me sens pleinement patriote. [Applaudissements] Oui.
Euh, bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup à Antoine et aux organisateurs organisatrices de ce débat qui me donne l'occasion de vous présenter des réflexions sur une position qui est la mienne depuis longtemps et cette position que je vais déployer dans les dans les réflexions qui suivent et que aujourd'hui une proposition de gauche de rupture qui se veut victorieuse doit être une proposition qui prenne pleinement en compte la dimension nationale qui propose une vision de la nation comme une nation internationaliste, une nation anti-impérialiste, une nation antiraciste. Euh cette cette conviction cette conviction qui est euh cette conviction et cette position qui est la mienne depuis longtemps et cela ne va pas vous étonner à rencontrer la proposition de la Nouvelle-Fance, de la de la France insoumise de notre mouvement et de Jean-Luc Mélenchon en particulier. et je vais essayer donc de la replacer dans un parcours qui est à la fois une une trajectoire qui est à la fois une trajectoire intellectuelle et politique.
Alors, vous l'avez compris par le l'exposé de Jacqueline Lalouette qui a précédé, les notions de nation et de gauche sont des catégories éminemment historiques. Ce qui veut dire ou on vient de le voir que ce sont des notions qui à la fois clivent et sont traversées par des clivages. Il est donc impossible d'en parler sans les situer d'une façon relativement précise dans le temps et dans l'espace.
Je ferai donc une première distinction ici qui me semble tout à fait capitale. C'est celle entre nation dominée et nation dominante. On ne parle pas de la nation et on ne se refère pas de la nation de la même façon selon qu'on est dans l'une catégorie ou dans un ensemble et dans un autre.
Les nations dominantes, pour aller vite, les nations qui appartiennent à ce qu'on appelle historiquement le nord sont les nations qui ont connu un passé colonial et impérial, une réalité impérialiste qui est loin d'avoir disparu. Au contraire, nous sommes en plein dedans. La France est l'une de ces nations et ce n'est pas simplement du passé.
Il suffit de regarder ce qui se passe aujourd'hui en Canati ou la situation dans ce qu'on appelle la France-Afrique. Euh je renvoie ici au titre d'un livre collectif qui a été dirigé par Thomas Deltombe et ses collaborateurs qui s'appelle l'Empire qui ne veut pas mourir. C'est de la France hein qu'il parle hein, c'est pas de l'Empire américain.
Euh on est donc confronté à ces doubles réalités. La France est la première nation moderne car son moment fondateur est le moment révolutionnaire fondateur qui vient d'être d'être rappelé et à la fois elle a constitué un empire colonial dont il reste bien davantage que des miettes. Par ailleurs, le rôle impérialiste de la France ne se limite pas à la France-Afrique, à laquelle je viens de faire référence, de l'intervention de Suèse en 1956 à la Yougoslavie, de la Libye à l'Afghanistan et dans bien d'autres endroits encore.
La France est intervenue militairement à l'intérieur du camp plus large auquel elle appartient, ce qu'on appelle le camp occidental qui se trouve sous suprématie et prééminence États-unienne. Bien sûr, au sein de ce camp, la France occupe une puissance un rang subalterne. C'est une puissance impérialiste de second ordre et par bien des aspects, une puissance déclinante.
Néanmoins, elle participe pleinement à un système de domination et d'exploitation profondément enraciné dans des structures économiques, sociales, militaires, mais aussi dans les esprits, la mentalité et la culture. La référence à la nation et de la gauche à la nation dans un tel contexte demande donc à être clarifié et problématisé. Il ne va pas du tout de soi que la nation est de gauche.
Mais à mon sens, et je vais essayer d'expliquer pourquoi, le contraire non plus n'est pas valable. Euh la différence en tout cas est claire par rapport à la l'autre pôle dont je viens de que j'ai mentionné auparavant car s'il y a des nations dominantes, il y a aussi des nations dominées. Et là, si vous voulez, les choses en ce qui concerne le rapport de la gauche et de la nation se se présentent de façon plus simple.
Ces nations sont en effet le produit de lutte de libération nationale mené par des forces progressistes et pour une large et pour une large part des forces clairement de gauche qui se rattachent à la tradition marxiste, socialiste et communiste. On peut mentionner, je mentionne les grandes révolutions parmi les grandes révolutions anticoloniales du siècle passé, la lutte du peuple vietnamien, la lutte des peuples des anciennes colonies portugaises et pour une très grande part la lutte du peuple chinois. Je rappelle ici que une part décisive de la révolution chinoise, c'est la guerre en syponaise pendant laquelle le parti communiste chinois a pu s'ériger justement et contester aux forces nationalistes réactionnaires de Chan Kek le rôle de défenseur de la nation chinoise.
Vous pouvez parler à n'importe quelle personne pas nécessairement militante d'ailleurs progressiste de gauche d'Amérique latine et lui demander ce qu'il pense de la nation. La référence est absolument évidente historiquement. La gauche latino-américaine a toujours s'est toujours revendiqué très fièrement de la nation et de la patrie.
Et ceci n'a nullement été contradictoire mais au contraire très complémentaire d'une vision internationaliste à la fois à niveau régional. On connaît euh la référence par exemple bolivarienne qui a traversé un grand nombre de mouvements révolutionnaires et progressistes latino-américains. Le dernier en date étant bien sûr le Venezuela sous euh Hugo Chavez euh euh mais aussi un rôle internationaliste de dimension quasiment mondiale, hein.
On ne peut pas comprendre la révolution cubaine si on ne la comprend pas avant tout comme une lutte de libération nationale, comme un pays qui était une colonie de fête en réalité et à une certaine époque même une colonie de droit des États-Unis. Et en même temps, Cuba a été et reste dans une grande mesure la première la nation la plus internationaliste sans doute de l'histoire du mouvement euh révolutionnaire mondial. Il suffit de mentionner ici la figure évidemment emblématique de de Tegevara.
En réalité, euh ces réalites ces réalités sont très profondément ancrées dans l'histoire. Euh j'ai découvert, si vous voulez, à ma relative surprise, en recherchant de façon un peu plus précise l'histoire du mouvement ouvrier, que le moment fondateur de l'internationalisme socialiste, hein, la fondation de la première internationale, l'Association internationale des travailleurs à Londres en 1864 doit autant à la coordination entre mouvement ouvriers qui se dessinait à l'époque qu'au soutien des causes nationales. Et c'est d'ailleurs un meeting de solidarité avec la Pologne, grande cause nationale de tous les progressistes au 19e siècle, qui a impulsé le la réunion fondatrice de de l'international.
Euh la cause de l'unité italienne, euh la libération de la Pologne et celle de l'Irlande du colonialisme britannique euh ont été euh effectivement des moments clés de toute l'histoire de cette de cette première internationale. Mais euh je l'ai dit, euh auparavant, la question de la nation est celle qui a aussi clivé profondément la la gauche dans son rapport à la dans son rapport à la nation. et Jacqueline Louette vient de d'évoquer le moment qui a été finalement le moment fondateur du politiquement parlant du 20e siècle pour le mouvement ouvrier, le mouvement révolutionnaire qui est la Première Guerre mondiale.
Et c'est autour de la question de l'Union sacrée qu'il y a eu la grande sissouvement ouvrier qui a traversé tout le 20e siècle entre les partisans de l'Union sacrée et ceux qui voyaient dans les dans cette boucherie abominable qui a entraîné les prolétaires. pas à s'unir mais à s'entretuer. Une guerre impérialiste, une guerre pour le partage du monde et qui ont exigé la paix et l'arrêt immédiat de cette guerre.
C'est là-dessus que se fait la séparation et la sion entre socio-démocrate et révolutionnaire et communiste et pas du tout, comme parfois on le pense peut-être un peu naïvement autour du degré de radicalité du programme par exemple économique. Il y avait très peu de divergence en réalité sur le contenu du socialisme à l'époque. Par contre, sur l'attitude d'avoir par rapport aux guerres impérialistes, par contre sur l'attitude d'avoir par rapport aux guerres coloniales, là le clivage s'est manifesté.
Et en effet, pour ne pour rester à la France, il y a une gauche qui a résisté aux guerres coloniales et il y a une gauche qui a non seulement acquié à ces guerres coloniales, mais qui les a mené. Il y a une gauche qui a euh protesté le parti communiste en tête contre la guerre du RIF au Maroc en 1925 qui a qui s'est organisé contre la guerre d'Indochine dans dans la dans l'après-gerre. Il y a une gauche qui a lutté contre la guerre d'Algérie et il y a une gauche qui a mené cette guerre d'Algérie.
Je tiens à signaler que le Premier ministre avant de Gaulle qui a engagé l'escalade littéralement meurtrière et et les massacres en Algérie, c'était Guimolet euh SFIO hein, le président du parti socialiste de de l'époque avec les lois les lois d'exception. C'était un gouverneur socialiste, d'ailleurs Robert Lacoste qui a mené la bataille d'Alger, qui a conduit à cette à la première phase de cette abominable boucherie coloniale en Algérie. Donc on part de ce de ce principe.
Je n'ai pas le temps ici de me référer au mouvement au au moment du Front populaire. On pourrait y revenir si vous voulez à la à ceci. Mais il faut bien comprendre que son bilan à cet égard est ambivalent.
Par bien des aspects, on peut retrouver, y compris dans ce qu'on dit actuellement, des accents qui sont ceux de discours du Front populaire, hein, notamment dans le fait que la tradition révolutionnaire, c'est à la fois le drapeau tricolore et le drapeau et le drapeau rouge. Le Parti communiste a longtemps porté cette tradition en France. Mais attention au moment du Front populaire et pendant on va dire une bonne décennie, la contrepartie de ça, c'est que le Parti communiste abandonne son anticolonialisme et ça s'est manifesté à la fois en 45 dans sa dans son positionnement sur l'Algérie, mais même avant hein, pendant pendant l'époque de la pendant l'époque de la guerre.
Et il a fallu son l'époque de la guerre froide, son expulsion du gouvernement pour que pour qu'un retour au position anticoloniale s'amorce. retour partiel d'ailleurs et avec beaucoup d'ambiguité, d'ambivalence et d'oscillation en ce qui concerne euh l'Algérie. Alors euh ça c'est vous vous allez me dire ça c'est une histoire ancienne.
Il y a il y a un deuxème épisode, un deuxième moment euh que je voulais évoquer dans le rapport de la gauche qui par contre est beaucoup plus récent et qui va sans doute rappeler à à certains d'entre d'entre nous vous ici des des souvenirs. et le fait que après justement la fin de l'URSS, l'effondrement de ce qu'on a appelé le camp communiste ou le camp du socialisme réel, on est entré dans une ère qu'on a pu qualifier de mondialisation heureuse. Je sais pas si vous vous souvenez mais le discours dominant, le récit dominant à l'époque, c'était celui de Francis Fukuyama selon laquelle l'histoire était c'était la fin de l'histoire hein. l'histoire était venue à son terme, l'avenir apparaissait euh identique au présent, c'est-à-dire le capitalisme, le libre le libre marché et la mondialisation heureuse.
Dans ce cadre, on nous disait de tous les côtés que les nations étaient des réalités dépassées. Et comme c'était des réalités dépassées, vouloir une référence affirmer une référence positive à la nation ou affirmer sa pertinence dans un projet politique de gauche apparaissait comme une position absurde ou une position réactionnaire. Et c'est une position qui pouvait qui qui était renforcée en tout cas une perception des choses qui étaient renforcées par le fait que précisément l'effondrement du bloc socialiste et soviétique a conduit à la à la résurgence ou à la à la réémergence de forme particulièrement agressive de nationalisme dont l'exemple le plus tragique est fut incontestablement les guerres de les les guerres en Yougoslavie.
Euh cette idéologie du dépassement de la nation et de la nation comme des réalités archaïques ou réactionnaires a eu une influence très profonde, y compris dans la gauche anticapitaliste et en particulier dans la gauche des mouvements sociaux de l'époque. Alors pour celles et ceux d'entre nous qui avons participé, je crois qu'il doit y en avoir quelques-uns quand même ici dans les mouvements altter mondialistes, en tout cas dans les mouvements altère mondialistes du nord, on se souvient à quel point ce discours était prignant. le euh la nation euh tout ça c'est des réalités dépassées.
C'est immédiatement à un niveau transnational que ça se passe. Les forums sociaux étaient censés incarner justement ce niveau immédiatement et directement transnational. Et les livres en terme de débat d'idée si vous voulez de référence théorique intellectuelle qui ont dominé cette époque, c'était d'un côté euh le livre Empire de Tony Negri et Michael Hart selon lequel les nations étaient dépassées.
Attention, empire de Négr et de Hart, ne faites pas erreur. C'était pas du tout l'impérialisme exactement son contraire, le fait que la planète était unifiée dans cette sorte d'unité un peu un peu un peu informe mais finalement positive dans la mesure où elle exprimait le dépassement des États-nations. C'estàd ce qui s'est passé à l'époque, si vous voulez, c'est que pour une partie de la gauche radicale, des mouvements sociaux en particulier, le l'État nation est devenu un ennemi peut-être davantage de façon encore plus claire peut-être que le que le capitalisme et certainement au même titre que le que le néolibéralisme.
L'autre livre et ça va de pain, c'était le livre de John Holloway, comment changer le monde sans prendre le pouvoir et ça exprimait bien ça justement que on allait exprimer on allait changer le monde directement par l'action des mouvements sociaux sans passer par la stratégie classique de la conquête du du pouvoir politique. est évidemment complètement illusoire et c'est d'ailleurs une position qui n'a jamais été partagée par les les les la gauche des pays du sud hein mondial qui est également très très présente lors de ces mouvements alter mondialistes. Alors aujourd'hui, il est très clair qu'on est dans une nouvelle séquence parce que ce qui s'est passé depuis a permis de révéler trois choses.
Premièrement, le fait que les guerres impérialistes et les interventions impérialistes notamment américaines ont montré que l'emprise des États impérialistes du centre et leur volonté de soumettre à une oppression et à une exploitation, à une domination les pays du sud était loin d'avoir disparu. Ça a commencé avec la guerre en Irak, ça continué avec les guerres en Afghanistan, les interventions en Libye et cetera. Donc c'était une première un premier démenti de cette vision de la mondialisation heureuse.
Puis il y a eu un deuxième élément, c'est le fait que est devenu de plus en plus perceptible le fait que les institutions supranational qui se mettait en place était des négations directes de la démocratie, de la souveraineté populaire et était en réalité le moyen par lequel les politiques néolibérales étaient verrouillées et imposées au peuple du monde entier. Et dans notre ère géographique, c'est-à-dire l'Europe, ces institutions supranationales ont une forme extrêmement précise, c'est l'Union européenne, hein. L'Union européenne est précisément cela une institution supranationale qui a confisqué, déplacé, détruit la souveraineté populaire et la démocratie pour la confier à des mécanismes en grande partie à des mécanismes bureaucratiques avec le plein assentiment des États, des élites et des classes dominantes des pays européens pour verrouiller et et les les politiques néolibérales et les imposer sans marge de contestation possible, sans même que le niveau de contrôle et de contestation qu'un état national nationale et une démocratie parlementaire classique he même bourgeoise rend possible.
Cette contradiction a éclaté de façon tout à fait évidente avec par exemple le référendum français sur le traité constitutionnel européen de 2005 mais je rappelle ici que les résultats de ce référendum ne sont pas une exception. En réalité c'est la règle. Euh vous savez que l'Union européenne a de très bonnes raisons de détester les référendums et de ne pas y avoir recours, c'est que à chaque fois que les peuples ont pu se prononcer justement sur les options qui leur qui leur été euh présenté et bien ils ont dit non euh que ce soit les Français, les Hollandais, les Irlandais, les Danois, les Grecs en 2015 et on refait et et on fait revoter hein souvent les peuples qui votent mal pour qu'ils votent correctement.
Enfin euh la le trisème élément et ça ça nous amène je crois directement à notre présence, c'était évidemment la crise de 2008 hein. La crise de 2008, la crise économique de 2008 a mis fin au niveau économique si vous voulez au récit de la mondialisation heureuse, mais elle a été aussi à l'origine de la grande vague de soulèvement populaire qui en réalité avait déjà commencé précisément en Amérique latine à partir du début des années 2000 mais à partir de 2010-211 vague venant du sud se déporter vers les pays arabes avec les avec les printemps et les soulèvements arables. et aussi les pays du sud de l'Europe, en particulier la Grèce et l'Espagne qui était soumis à des régimes d'austérité de choc imposés précisément par l'Union européenne.
En Grèce, ça avait le nom de Troica, hein. La Troik, c'était la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le fond monétaire international. Alors ce qu'on a vu émerger au cours de cette ce qu'on a vu visuellement enfin ce qu'on a touché du doigt à ce moment-là c'est que l'ensemble de ces soulèvements et de ces mobilisations populaires avait un seul symbole. les symboles nationaux, que ce soit en Amérique latine, que ce soit dans les printemps arabes, que ce soit dans l'occupation des places en Grèce et sous une forme déplacée, mais néanmoins dans la même catégorie en Espagne, c'est les drapeaux nationaux qui ont été mis en avant.
Alors, vous savez qu'en Espagne, c'est pas le drapeau de la monarchie, hein, c'est pas le drapeau officiel espagnol qui était mis en avant par les occupants des places, mais c'était le drapeau de la République espagnole. Et c'est en fait la question du régime politique en Espagne et de la fameuse transition démocratique qui s'est qui s'est ouverte quant à la Grèce. l'utilisation du drapeau national par les mobilisations populaires et sa revendication par la gauche va à peu près de soi parce que les combats de la gauche grecque ont toujours été euh des combats euh pour l'indépendance nationale contre l'impérialisme euh dans un pays qui a été profondément traumatisé par le fait que ces classes dominantes n'ont jamais pu remporter n'ont jamais pu l'emporter dans l'affrontement avec leur propre leur propre peuple le peuple grec que grâce à l'appui justement des puissances étrangère.
La Troica s'inscrit là aussi dans une longue histoire de ce type de relation de dépendance et d'intervention. Donc c'est dans ce contexte en réalité qu'il faut comprendre l'émergence de la France assoumise et de la proposition politique qu'elle porte. Et au niveau intellectuel, je sais pas où j'en suis du point de vue du du point de vue du temps.
Si j'ai encore j'ai encore un peu de temps, il me semble que cette remise en perspective euh peut et doit faire appel aux ressources intellectuelles de la tradition historique matérialiste, de la tradition marxiste. Et il faut à cet égard, je crois dissiper un certain nombre de de malentendus et de mauvaises perceptions de ce que dit finalement cette tradition. pas simplement au niveau d'élaboration théorique, mais aussi au niveau d'expérience concrète, hein, de mouvements historiques concrets qui s'en sont réclamés.
Bon, on connaît quand même à peu près que Lenine a été un fervant défenseur euh du droit à l' à l'autodétermination des peuples et qu'il a farouchement défendu ce principe euh de la du droit des nations à disposé d'elle-même contre par exemple Ros Luxembourg euh révolutionnaire admirable mais qui justement le contestait en particulier dans le cas de la Pologne. On sait que Gramchi et je vais y revenir a théorisé sa notion d'hégémonie à partir de la notion du national populaire hein. C'est-à-dire que pour devenir hégémonique, pour aspirer à la direction de la société, le nouveau bloc des forces sociales doit se nationaliser, doit s'enraciner dans l'histoire profonde du peuple de chaque nation et doit réclamer la nation pour lui-même en en changeant le sens et en changeant le contenu.
En réalité, ces réflexions de Lenine ou de Gramchi, je peux encore allonger la liste, mais je vais m'arrêter là, remonte à Marx et Engel ce même. Et je vais citer ici un écrit qui est l'écrit fondateur de ces traditions à la fois politique intellectuelle qui est le manifeste du parti communiste. Alors du manifeste de parti communiste, une certaine gauche marxiste ne retient qu'une phrase, c'est la les prolétaires n'ont pas de patrie, on ne peut pas leur prendre ce qu'ils n'ont pas.
Alors deux deux précisions de cette à cette question ou tout d'abord trois. Premièrement, le terme patrie en allemand, Fatterland était un était un terme qui était capté à l'époque par la droite nationaliste allemande qui avait qui avait émergé pendant les guerres napoléoniennes très hostile à la Révolution française et qui met en avant une idée de notion en tout point contraire justement à la nation démocratique et révolutionnaire qui s'inspirait de la Révolution française et qui était aussi celle qui inspirait la réflexion de Marx et d'Engels. Donc l'utilisation de ce mot était très compliquée si vous voulez pour les révolutionnaires et les et les démocrates de cette époque.
La deuxième chose, c'est que Marx et Eng veulent dire évidemment que le proletariat est une classe internationale au sens où il n'y a pas d'intérêt contradictoire entre les prolétaires, les travailleurs, les classes ouvrières des divers pays car ils font face à un même système qui est le capitalisme qui unifie en quelque sorte dans son fondement en tout cas leur leur position. contrairement aux classes capitalistes dominantes qui elles ont des intérêts nationaux, qui sont concurrents et qui peuvent parfois même être antagonistes. Mais il y a une troisème dimension qui en général est ratée de cette phrase mais que les phrases suivantes et que je vais vous lire permettent d'éclaircir, c'est le fait que à cette époque les prolétaires étaient tout simplement exclus de la nation.
On ne peut pas leur prendre ce qu'ils n'ont pas. veut dire que justement à cette époque dans l'ensemble des nations européennes, France comprise avec la monarchie sansaire de Louis-Philippe, euh le prolétariat, les travailleurs, les nonpropriétaires étaient exclus de la communauté et du corps national et nous disent Marx et Engels dans les phrases qui suivent immédiatement celle-là, c'est-à-dire le fameux "Les prolétaires n'ont pas de patrie, on ne peut pas leur prendre ce qu'ils n'ont pas". Ils disent ceci : "Comme le prolétariat doit tout d'abord conquérir le pouvoir politique, il doit s'ériger lui-même en classe nationale.
Il est encore par là nationale, quoique nullement au sens où l'entend la bourgeoisie. Et Engels quand il ressort le manifeste du Parti communiste dans les années 1880, il ajoute une note en bas de page pour expliquer la notion de classe nationale et il dit s'ériger en classe dirigeante de la nation. Donc vous avez compris, loin d'exclure lutte de classe et nation, ce que Marc nous présente ici, même si le mot ne figure pas, c'est la problématique de l'hégémonie, c'est-à-dire pour devenir la classe dirigeante d'un bloc social plus large qui trace une perspective de développement historique radicalement différente de celle du capitalisme, le prolétariat est l'ensemble de la classe qu'il du bloc social qu'il qu'il veut diriger doit se nationaliser, doit devenir lui-même nation.
Mais nullement la nation au sens où l'entend la bourgeoisie. Et je voudrais insister sur ce point, il ne s'agit pas ici de se relier à la vision dominante de la nation, de lui faire allégance. Il s'agit de réinventer la nation.
Car justement la position fondamentale qui est expliquée ici, c'est que chaque moment révolutionnaire est un moment de refondation national, est un moment dans lequel une nouvelle idée de la nation émerge. Et il est particulièrement frappant de voir comment Marx juste après le massacre des prolétaires parisiens en juin 1848 auquel Jacqueline Elouette s'est déjà référé commente justement ce massacre. Il dit ce qu'on a vu dans les rues de Paris hein avec les milliers de prolétaires qui ont été massacrés.
Le premier affrontement dans l'histoire mondiale entre la bourgeoisie et le proletariat c'est je cite Marx la ciss de la nation française en deux nations, la nation des possédants et la nation des travailleurs. Donc c'est une nation limite dans lequelle deux nations différentes s'affrontent physiquement. Mais ces deux nations, c'est la nation des travailleurs contre la nation bourgeoise.
Même chose pour la commune de Paris et là je vais encore citer Marx. Si la commune était donc Jacqueline Louette nous a rappelé d'ailleurs à fort juste titre que le drapeau tricolore et la Marseillaise étaient les champs et les symboles des communaux à côté des communeux à côté du du drapeau rouge. Et voilà ce que nous dit Marx à ce propos.
Il nous dit "Si la commune était donc la représentation véritable de tous les éléments sains de la société française et par suite le véritable gouvernement national était en même temps un gouvernement des travailleurs et à ce titre international au plein sens du terme. sous les yeux de l'armée prussienne qui avait annexé à l'Allemagne deux provinces françaises, la commune annexée à la France les travailleur du monde entier. Voilà donc quelle est la position de Marx, la commune comme véritable gouvernement national et en même temps comme véritable gouvernement internationaliste au plein sens du terme qui permet à la France de jouer à nouveau le rôle révolutionnaire qui a été le sien à l'époque de la grande révolution.
La deuxième thèse du manifeste, je vais être plus rapide là-dessus parce que Antoine a enfin non, on en discutait en fait avec Antoine avant, c'est la thèse stratégique hein. La thèse stratégique c'est que dans le droit fil de la commune, loin de s'opposer, dimension internationale et dimension nationale de la lutte doivent s'articuler. Loin de s'opposer, le contenu de classe et la forme nationale vont de pair.
Là encore, je vais citer le manifeste. Une seule phrase, elle est courte. Bien qu'elle ne soit pas quand on fond une lutte nationale, la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie en refait cependant d'abord la forme.
Le prolétariat de chaque pays doit bien entendu en finir avant tout avec sa propre bourgeoisie. Un internationalisme donc qui fait stratégiquement l'économie du niveau national est un national est un internationalisme abstrait. et un et surtout un internationalisme impuissant.
Ça ne peut pas se passer partout tout de suite. Et si ça ne se passe pas au niveau du pouvoir politique et de ceux qui condensent le pouvoir politique, c'est-à-dire un état, et bien un la perspective d'un changement radical n'a plus aucun sens. Toute l'expérience historique plaide euh plaide en ce sens.
Où en sommes-nous donc aujourd'hui par rapport à la à la à la nation ? Et bien la première chose qu'il faut dire, il me semble, c'est que je vais perdre mes notes. Non, voilà, c'est c'est c'est Jean-Luc qui a dit qui a commencé, je crois, avec ça.
Qu'est-ce que j'ai fait de mes qu'est-ce que j'ai fait de mes notes ? Non, je les ai retrouvé. Voilà.
Euh vous comprenez donc que si elle a parut étrange, bizarre au lieu de certains, la proposition de la Nouvelle-France, de Jean-Luc Mélenchon et de la et de la France insoumise n'est en fait s'inscrit dans une continuité mais en même temps elle la renouvelle et elle innove. Euh je crois que cette innovation, il faut l'avoir dans trois dimensions. La première, c'est que la Nouvelle-Fance assumer l'ensemble de l'histoire de la nation française, mais de façon critique.
La France ne s'est pas expliqué avec son passé colonial et impérialiste et elle ne peut donc penser à proprement parler son présent colonial et anti-impérialiste. Et assumer cette histoire, ça veut dire bien sûr assumer ces dimensions qui sont des dimensions sombres, mais c'est aussi assumer les pages qui sont refoulées précisément par le par le récit national dominant mais qui en font pleinement partie. C'est les pages internationalistes, c'est les pages anticolonialistes, c'est les pages anti-impérialistes qui peuvent avoir été minoritaires à tel ou tel moment mais qui sont quand même particulièrement importantes.
Se réclamer aujourd'hui de la nation française, c'est se réclamer de figures comme celle d'Henri Martin et de Raymondien militants communistes qui ont lutté contre la guerre d'Algérie. s'inspirer des dockers de Marseille qui ont bloqué les bateaux qui portaient du matériel militaire pour servir à la lutte du peuple vietnamien. Comme les docers de Marseille et c'est à leur gloire ont bloqué les chargements d'armes israéliennes à destination qui vise à génocider le drapeau palestinien.
Et je profite de l'occasion. Il y a un magnifique drapeau national ici sous ce chapitau. Il est derrière vous.
C'est le drapeau palestinien. Ce n'est quand même pas un hasard si on se reconnaît si les opprimés, les humiliers se reconnaissent dans ce drapeau national comme ils se sont reconnus dans le drapeau du Vietnam révolutionnaire au cours des années 1960 et 1970. Ça veut bien dire que quand même il y a un lien entre le combat émancipateur et le combat national qui n'est pas simplement un passé glorieux, qui est un présent, qui est le présent des peuples qui luttent euh pour leur souveraineté, pour leur autodétermination, contre les oppressions impérialistes, contre bien sûr avec le peuple palestinien, contre le génocide qu'il est en train de subir aujourd'hui par l'occupant sioniste.
Je reviens à mon euh je reviens à mon propos. C'est donc se réclamer c'est donc se réclamer de tout ça. C'est se réclamer d'Henry Alegre.
C'est se réclamer du réseau Jeanon, c'est de se réclamer de ces femmes et des hommes courageux qui ont lutté contre la guerre d'Algérie. C'est se réclamer des manifestants de Charonne dont h tous militants communistes de la CGT ont été massacrés par les par les CRS en plein Paris. Donc euh c'est se réclamer de de l'ensemble de ces choses, mais ce n'est pas simplement une matière une question d'histoire si vous voulez et de mémoire.
Euh l'histoire et de mémoire doivent être au service d'un projet politique et ce projet politique doit forcément inévitablement comporter la rupture avec ce qui fait aujourd'hui la réalité néocoloniale par exemple en Canati, par exemple la réalité impérialiste en Afrique euh de l'Ouest et ailleurs. Il doit passer par une vision de la France de la Nouvelle-Fance qui est une France désoccidentalisée. Et Jean-Luc l'a rappelé hier.
La France n'est pas une nation occidentale. La France doit quitter l'OTAN. Elle n'a rien à se faire.
Elle n'a rien à faire dans cet appareil de dans ce nid de vipè de domination impérialiste. Sa sa sa place est ailleurs. Renoué avec la tradition révolutionnaire de la France.
Ça veut dire se mettre au service d'un ordre international juste. Ça veut dire être en alliance avec les forces progressistes des pays du sud. Ça veut dire bien entendu euh aujourd'hui euh soutenir inconditionnellement la lutte et la résistance du peuple palestinien pour sa libération.
Et je vais finir par la question du racisme et de l'antiracisme. La Nouvelle-Fance ne peut qu'être une nation antiraciste. Le racisme actuel est un principe d'exclusion qui, contrairement au racisme de type ancien, on va dire, ne se font pas tant sur l'idée d'une supériorité de la supériorité biologique d'une race, encore qu'elle ne soit jamais bien loin, mais sur l'idée d'un ennemi intérieur, d'un groupe qui soi-disant n'aurait pas sa place dans la nation, car il est soi-disant une menace pour sa cohésion et pour son essence supposée.
Être ciblé par le racisme aujourd'hui. racisé, ça veut dire subir au quotidien un déni de francité. Ça veut dire que si on est musulman, on ne peut pas être français.
C'est ça le discours raciste. Ça veut dire que être immigré est soi-disant une qualité dont on hérite. Pour moi, l'expression d'immigrer de 2e ou de 3e génération comme si c'était un attribut héréditaire exprime justement la quintessence d'une mentalité qui consciemment ou inconsciemment est une est une mentalité raciste. l'islamophobie est aujourd'hui le nom dominant, pas exclusif mais dominant du racisme tel qu'il tel qu'il existe aujourd'hui.
Il ne peut pas y avoir de nouvelles France si elle n'inclut pas tout cela. Mais attention, quand on parle d'inclusion, hein, quand on parle d'inclusion, ce n'est ni dans le sens, vous savez, de cette diversité néolibérale. Avant, on parlait de l'idéologie Béneton, hein, vous savez ces grandes pour pour ceux qui sont assez anciens qui ont vu ces pubs avec des gens de toutes les couleurs hein, où la célébration aujourd'hui de la diversité particulièrement dans le monde anglophone, ça fait partie de l'idéologie libérale dominante.
Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas non plus l'intégration républicaine telle que le courant républicain conservateur veut l'imposer, c'est-à-dire faire allégance au modèle dominant. Non, c'est lutter pour quelque chose de nouveau.
C'est réinventer dans la la France dans dans une lutte dans une lutte commune, dans une lutte qui permet d'unir les différences sans nécessairement les abolir mais en les dépassant vers un but commun, vers un but émancipateur, vers un but anticapitaliste, vers un vers un projet d'une vie digne, vers un projet de l'abolition des rapports de domination et d'exploitation. C'est ça la Nouvelle-France. C'est ça la dimension à travers laquelle une proposition politique de gauche de rupture peut devenir aujourd'hui une force hégémonique, peut diriger le pays, peut diriger cette société, peut ouvrir une voie différente à ce peuple et croyez-moi, si la France bascule, d'autres pays ne tarderont pas en Europe et ailleurs. [Applaudissements] Euh en fait, j'ai plus rien à dire.
Donc c'est pas mal. Euh bon ben non mais c'est c'est vous voyez pourquoi on a fait cette conférence je pense et cette table ronde parce que on est à un moment qui est un moment de croiser des chemins et c'est ce que je disais tout à l'heure à la fête de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et en gros, on sent qu'on est entré dans un moment prérévolutionnaire, voire déjà révolutionnaire et que donc on doit penser à la fois les moyens d'amener une révolution vers l'endroit où on souhaiterait qu'elle aboutisse.
Et en même temps, une révolution c'est un changement total. Donc ce sur quoi on voudrait, quelle société on on rêve. Donc il y a à la fois une question stratégique qui est posée d'actualité pour des militants politiques comme nous et en même temps une question plus philosophique peut-être et sans doute qu'on a peut-être même pas tous ici et toutes autour de de cette table la même définition de ce qu'on souhaiterait même si je crois qu'on a quand même plutôt des choses plus de choses en commun que que des différences.
Mais donc se poser la question de la nation est-elle de gauche ? Moi, j'ai bien aimé quand c'était même pas moi qui a proposé, c'est en réalité une proposition qui nous a été faite à tous les trois en même temps. Et j'ai trouvé que c'était un bon débat.
D'abord parce que ça dépend en fait, c'està-dire ça dépend ce qu'on met derrière le mot et c'est peut-être par là qu'il faut commencer, c'est qu'est-ce que la nation ? Il y a deux grandes définitions qui sont possibles. La première, c'est dire que la nation est quelque chose d'ethnoicorreligieux en gros ou d'ethnique ou de religieux ou l'un ou l'autre ou les deux à la fois.
Et que pour être pour ce qui nous concerne français, du coup, il faudrait être descendant de français depuis un certain nombre de générations. L'extrême droite a forgé une notion dans ce sens-là qui est français de souche. Ça n'existe pas.
Je vous rassure tout de suite, personne n'est français de sous. C'est ça la vérité. Mais donc, ils ont essayé de forger cette notion là.
Mais il faut appeler un chat un chat. Ce qu'ils veulent dire c'est français blanc. C'est ça ce que ça veut dire français de souche, c'est français blanc. et en même temps associer ça à euh, disent-il, une une tradition judéo-chrétienne.
C'est comme ça que ils définissent les choses, même si l'extrême droite n'a pas toujours mis le terme judéo dans judéochrétien parce que l'extrême droite est et reste la principale force antisémite de ce pays. Et mais la question est de la définition d'un côté le droit du sang, de l'autre celui que nous nous portons sans doute le droit du sol. Mais à la limite, j'irais dire même pas seulement parce que même le droit du sol c'est pas assez.
On va les faire hurler un petit peu parce que pour ce que nous pouvons considérer, nous nous considérons que la nation je crois euh ici est d'abord une définition politique, une définition civique, une définition contractuelle. Qui est d'accord pour dire liberté, égalité, fraternité peut faire partie de notre pays ? Et pour moi, je vais vous dire, moi je suis extrémiste dans la dans la matière, je suis pour la version qui a été la plus avancée, celle de 1848 où pouvez pouvait devenir citoyen de la République française toute personne qui au bout de 6 mois avait envie de devenir citoyen de la République française.
Moi, j'aimais bien. J'aimais bien est très bien. Je trouve je trouve qu'il y a pas besoin d'embêter les gens pendant des plombes et des plombes avec des papiers qui engorgent les préfecture sur je ne sais quel prétexte d'envoyer les gens dans des centres de rétention administrative et je ne sais quoi qui ne font que pourrir la vie des gens et qui empêchent de faire justement ce que les gens ont envie de faire.
C'est-à-dire pour une partie d'entre eux, pas tous. Et ceux qui ne souhaitent pas devenir français, c'est pas une obligation non plus. Mais pour une partie d'entre eux, ayant ici des enfants, une famille, un travail, ce que vous voulez, leur vie quoi, les amis et bien ont envie de faire partie de notre pays et de notre patrie, et ben moi ça me pose absolument aucun problème.
Je pense que ce que montre ce que en fait je trouve ce qu'il a particulièrement intéressant dans cette conférence, c'est que on voit que la nation et les symboles qui sont associés sont des objets de lutte. Et je dis tout de suite que tout à l'heure, j'ai commis une erreur. Tout à l'heure, j'ai dit comme ça dans l'emballement de ce que je disais sur la déclaration des des droits de l'homme et du citoyen.
Et je le dis en regardant mes camarades qui m'ont fait la remarque. J'ai dit la Marseillaise dans le monde entier, c'est connu comme un champ révolutionnaire et de la liberté, je sais pas quoi. Et à la fin, j'ai deux camarades qui sont venus me voir qui m'ont dit "Ça m'a blessé parce que la Marseillaise, ça a été aussi utilisé pendant la guerre d'Algérie pour et pendant la colonisation en Algérie pour anéantir d'une certaine essayer d'anéantir le peuple algérien et ils avaient raison." Et moi je leur ai dit, c'est vous qui avez raison et c'est moi qui avais tort en disant ça.
Et je le redis ici parce que précisément tout ce dont nous parlons, drapeau, hymne, de même la devise parce que liberté pour les libéraux, ça veut pas dire tout à fait la même chose que pour nous. Mais tous ces symboles là, y compris la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sont des objets de lutte, sont des objets de bataille, sont des objets où parfois c'est les autres qui gagnent et parfois c'est nous. Et où il y a un peu une tendance parfois chez les militants de gauche à dire "Bon, l'extrême droite, il a touché, ça y est, c'est fini, c'est plus à nous." Mais c'est c'est un peu stupide en fait de faire comme ça parce qu'à ce moment-là, à partir du moment où ils ont touché quelque chose ou quelqu'un et qu'il est devenu d'extrême droite et qu'on peut plus essayer soit de convaincre la personne en lui disant écoute on va t'expliquer pourquoi tu es raciste.
Même si tu dis je suis pas raciste, mais suivi d'un truc raciste. Pourquoi toi tu es tu es ça ça n'est pas la bonne la bonne manière de faire ? Pourquoi tu as une mauvaise impression de ce que c'est à mes yeux à moi de ce que c'est que le drapeau tricolore, la marseillaise et cetera.
En fait, tous ces objets sont des objets de lutte et ils sont traversés dans certains moments. Je pense, enfin, je sais pas, je je fais un petit pari. Je pense que vous avez appris dans cette conférence que les communards chantaient la marseillaise.
Spontanément, on se dit pas forcément ça, je crois. Spontanément, on se dit un truc bizarre un peu genre il devait chanter l'international, sauf que l'international, elle a été précisément inventée pendant la semaine sanglante à la fin de la commune. Et moi, j'essaie de faire beaucoup de travail sur ce sujet-là en essayant de ramener ici ou là les éléments auxquels nous on peut se raccrocher.
Pas pour faire un roman national, c'est pas mon objet parce que ça n'existe pas les romans nationaux. Il y a pas une histoire qui est écrite à l'avant, à l'avance et puis qu'on pourrait suivre et puis où on pourrait choisir ici ou là ce avec quoi on est d'accord. pas pour faire ça, pour essayer de donner des moments à des étapes de l'histoire.
Comme l'a très bien dit Statis, il y a des moments dans les étapes de l'histoire où la position que je porte, c'est pas la position majoritaire. Je vais même aller plus loin. Il y a des moments où je suis d'accord avec Robespierre, il a des moments où je suis pas d'accord avec Robespierre.
Et quand on écrit, pour prendre un exemple très concret qui est d'ailleurs dans le dans le livre sur la République, Jules Ferry par exemple qui est à la fois qui donne son nom à plein de collèges, de lycées et cetera pour les lois sur l'école qu'il a faite, mais qui est en même temps la personne, pardon, je parlais pas près du micro, qui en même temps la personne qui dans l'Assemblée nationale vient dire que la colonisation serait un devoir au nom de l'inégalité entre les races et que certaines races seraient supérieures et d'autres inférieures. Voilà aussi ce qu'est Julferis. C'est les deux à la fois.
Et moi je suis pas je je suis je suis des déboulonneurs en chef. Moi, je suis pas d'accord avec le fait queon dise "C'est pas grave, ça ça c'est à l'époque des gens pensaient comme ça." Bah non, parce qu'à l'époque il y a une personne dans l'Assemblée nationale, c'est noté au compte-rendu qui lui dit "Oh, vous osez dire cela au pays où ont été proclamés les droits de l'homme et du citoyen ?" Et bien moi je suis le député qui dit ça dans l'Assemblée nationale et je sais que vous vous êtes les députés qui disent ça dans l'Assemblée nationale et qui répondent ça à Jules Ferry qui parle de l'inégalité entre les races qui n'existe pas.
Donc ce que j'essaie de vous dire là, c'est que il y a des objets de bataille, des objets de lutte que dans l'histoire, on voit que parfois c'est des symboles qui sont à gauche, parfois c'est des symboles qui sont à droite, que nos symboles nationaux, ils changent de de camp d'une certaine manière d'une fois sur l'autre. Et c'est en ayant ces éléments de réflexion en tête que j'en suis venu petit à petit à essayer de proposer une stratégie, une manière de lutte que j'ai appelé la stratégie du drapeau et dont je voudrais vous parler. Je peut-être certains m'ont déjà entendu parler de ça qui est une manière un peu résumée de définir les choses.
Stratégie du drapeau voulant à la fois dire que il faut planter le drapeau y compris chez nos adversaires sur des thèmes qui seraient soi-disant des thèmes de droite voire d'extrême droite type sécurité type immigration parce qu'on a des réponses de gauche à apporter sur chacun de ces sujets mais aussi à l'intérieur de ça la question de l'identité républicaine de la France elle-même et de ce qu'on entend ce qu'on met derrière ces mots-là. Je vais vous prendre un exemple très simple. Est-ce que vous diriez que le parti qui s'appelle les républicains est républicain voilà ou que le parti qui s'appelle socialiste est socialiste ?
Voilà. Donc déjà au point de départ vous voyez que c'est pas parce qu'on se revendique de quelque chose que pour autant on en a une définition qui a une définition arrêtée. Et ben, c'est pareil pour tout.
C'est pareil pour le drapeau. C'est pareil pour D'ailleurs, tu as très bien rappelé, ce ne sont pas des symboles républicains à la base. Ce ne sont même pas des symboles républicains.
Donc, on pourrait en inventer d'autres. Moi personnellement, le drapeau rouge, j'ai rien contre, mais euh on pourrait en inventer d'autres. Mais est-ce que d'ici 2027, on a le temps de faire ça ?
C'est ça en fait la question centrale à mon avis qui est la question qu'on doit se poser nous comme militant politique parce qu'on sait tous, on en est tous là maintenant. On sait très bien que ça se terminera entre eux et nous comme l'a très bien dit Jean-Luc Mélenchon, il y a maintenant 10 ans de ça, plus que ça. Là, je commence à être vieux.
On sait qu'on en est dans ce moment-là de notre histoire nationale pour le coup parce que c'est chez nous que ça va se décider pour ce qui concerne le pouvoir politique de la France. Donc, on doit faire avec ce qu'on a. Et devant faire avec ce qu'on a, il faut qu'on voit comment on peut conquérir le pouvoir et quelles sont les les stratégies de victoire qui permettent de le faire.
Moi, je vous dis comment j'en suis venu moi individuellement à cette idée de de stratégie du drapeau. Il y a trois étapes. La première, c'est la coupe du monde de 2018.
Ça peut vous paraître complètement con, mais moi, j'étais à Paris pour la Coupe du monde 2018. Je fais comme tout le monde, je sors dans la rue, je fais comme tout le monde, je vais à l'Élysée. Enfin, Chance Éélysée, mais enfin pas très loin d'un lieu de pouvoir quand même.
Et je constate ce que tout le monde a constaté pour ceux qui étaient là, il y a plein de gens avec des drapeaux tricolores dans une ambiance festive qui se pose pas la question de savoir si le voisin il est de je sais pas quelle origine ou de je sais pas quoi, ni sa couleur de peau, ni sa religion. Bref, tout le monde rassemblé autour d'un événement qui peut paraître stupide mais qui ne l'est pas. On a gagné la Coupe du monde, on est très content et on est uni autour d'un truc, quel sport en l'occurrence et autour de symboles nationaux sans qu'il fasse débat.
Ça c'est le premier et par ailleurs, on a un comportement sensiblement révolutionnaire puisqu'on occupe les rues et que en plus on va juste à côté de l'Élysée, ce qui a fait qu'on s'est pris un certain nombre de gaz lacrymogène dans la tronche comme d'habitude mais c'est pas grave. C'était la première étape. La deuxième c'est la marche contre l'islamophobie en 2019.
Patatra 19. La marche contre l'islamophobie était une marche dans laquelle les symboles nationaux étaient extrêmement présents jusqu'à certains trucs qui peut-être auraient fait hurler certaines personnes. Mais il y avait moi j'ai vu une femme avec un voile tricolore bleu blanc rouge.
Alors, j'imagine qu'il y en a qui s'évanouir, mais moi ça m'a marqué comme image. De même que une pancarte que j'ai vu et qui disait "Laïcité, on t'aime, tu dois tu dois nous protéger" avec d'un côté un petit croissant musulman et de l'autre un petit drapeau français. Et bien moi, c'est des choses qui m'ont marqué et qui ont qui ont travaillé en moi.
Et puis il y a eu une marche à Dama Traoré, je me souviens plus laquelle, c'était en 2020 ou en 2021 où pareil il y avait une présence de drapeau de drapeau tricolore. Ce qui voulait dire à ce moment-là que les milieux antiracistes eux-mêmes étaient dans une stratégie de mobilisation des symboles nationaux pour des des luttes antiracistes. Voilà en tout cas comment j'en suis venu là pour ces ces cette cette réflexion.
Et j'en suis venu à me dire le drapeau tricolore finalement et la Marseillaise et l'ensemble de ces symboles ont le sens qu'on lui donne. Et en lisant le un texte de Statis tout à l'heure dans cette revue qui s'appelle Nous petit blanc fascisme ou révolution, je tombe je pense je sais pas si vous allez la voir mais je tombe sur ça. Je évidemment le texte m'intéresse fortement et mais tuas tu as cité tout ce que je voulais dire donc c'est comme ça que je suis tranquille mais il y a ça et je me dis mais c'est qui ça ?
C'est c'est Napoléon c'est Robespierre et puis après j'ouvre la page au milieu, je dis mais punaise il se dispute un drapeau français. Et ben c'est exactement ça qu'on fait les camarades. On se dispute le drapeau français avec l'extrême droite.
Eux mettent dedans un sens qui est un symbole ethnique. Et eux quand ils disent on est chez nous ce qu'ils disent c'est certains ne sont pas chez eux. C'est ça qu'ils disent quand ils disent "On est chez nous." Et nous ce que nous disons quand nous disons quand nous disputons le drapeau français et quand nous disons on est chez nous, c'est que ils ne vont pas nous faire partir de chez nous, que ça n'arrivera pas, on ne va pas bouger.
Voilà. Donc il y a une bataille. Il y a une bataille.
Et la bataille entre Robespierre et Napoléon dans en l'occurrence c'est par exemple une bataille sur la question du colonialisme et de l'esclavagisme. C'est ça une des questions qui est posée entre les deux parce que l'un dit périssent les colonies plutôt qu'un principe et que l'autre rétablit rétablit l'esclavage. une des personnes qui est portée comme un modèle du drapeau tricolore de la République qu'on honore encore avec une statue que les communards avait fait tomber qui est juste devant le ministère de la justice et quelqu'un qui a rétabli l'esclavage.
Et quand je dis Napoléon n'est pas un modèle pour ça, certains me répondent "Oh bah à l'époque on faisait comme ça." Pardon mais ceux qui répondent ça ont une caractéristique commune. Ils sont blancs.
Et je vous assure que personne dans les outresemers ne va dire que oui oui, c'est pas un problème d'avoir établi l'esclavage. Donc quand on pense la France en entier, on pense à cette question là et c'est très important de le faire. Le drapeau tricolore, il change de sens en fonction de celui ou de celle qui le porte, mais il change aussi le sens des événements eux-mêmes.
Quand on fait une manifestation contre les violences policières et qu'on les fait avec les drapeaux qu'on fait habituellement, et ben c'est les manifes de gauchistes qui n'aiment pas la police, blab blabla, je ne sais quoi. La même manifestation. Et vous voyez d'ailleurs que à la télévision quand il quand il parle, il nous dit "Ah bah on voit pas un seul drapeau tricolore, c'est bien des gens qui n'aiment pas la France." Mais non, c'est pas ça, vous avez pas compris.
C'est qu'on aime pas la France telle que vous la faites vous. Nous, on aime la France différemment. On a un autre projet pour ça.
Les mêmes manifestations avec des drapeaux tricolores ont le sens d'une bataille pour la liberté et pour le respect des droits qui sont inscrits dans notre constitution actuelle. des manifestations. Par exemple, quand on a fait des manifestations pour les les les salaires, pour les retraites, quand les gilets jaunes ont mobilisé le symbole tricolore, ce que ça voulait dire, c'était que c'était une une manifestation et une revendication pour le pouvoir politique et pour un pouvoir social parce que c'était ça la question qui était posée dans les mobilisations des gilets jaunes.
Les mêmes manifestations par exemple quand on fait des mobilisations avec les pour la Palestine, j'ai vu de temps en temps moi des drapeaux français aussi dans ces manifestations. Ça aussi ça change le sens parce que ça envoie le signal au monde entier que le peuple français se revendique de cette lutte-là et partage la lutte du peuple palestinien. Quand il y a ce drapeau qui est présent, le symbole qu'on envoie, il est pas tourné vers nous, il est tourné vers l'extérieur.
Et il envoie le symbole queon revendique. Oui. Que on incarne le peuple tout entier.
Et là, pour le coup, en disant ça, pour le coup, en disant ça, je vous je vous je vous renvoie à ce que je disais tout à l'heure. J'ai retrouvé ça juste avant de faire la conférence sur la déclaration des droits de l'homme et du historien, mais je trouve ça génial. On se moi en tout cas je me revendique de ce que Robespierre disait quand il a proposé sa propre déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Disaiit les hommes de tous les pays sont frères et les différents peuples doivent s'entraider selon leur pouvoir comme les citoyens d'un même état. Et bien oui, c'est ça qu'il faut mettre derrière nos symboles nationaux et c'est comme ça queon peut construire cette cette Nouvelle-Fance dont tu parlais tout à l'heure. Et par ailleurs, petite parenthèse à cet endroit-là, mais quand on dit Nouvelle-Fance, ça veut dire plein de choses en même temps.
Et c'est une notion qui est encore à bord flou, comme on les aime bien les notions à bordflou parce que petit à petit, hop, on arrive à mettre dedans tout ce qu'il faut mettre dedans. Mais j'ai eu la discussion avec Jean-Luc l'autre fois. Je lui dis "Tu sais c'est vachement bien Nouvelle-France parce que il peut y avoir de la Nouvelle-Fance qui est là avant de l'ancienne France." Je vous donne un exemple.
La Révolution française définit une nouvelle France. Par ailleurs, elle est entièrement une nouvelle France puisque elle est le l'écrasement de d'un millénaire de royauté. Et d'un seul coup surgit cette révolution française avec tout ce qu'elle charità la République sociale.
Parce que le le l'aboutissement dans lequel on était avant termidor, c'est à peu près qu'on avance vers la République sociale. Il ils sont en train de mettre en place une sécurité sociale, ils ont mis l'éducation gratuite. Enfin, ils y allaient ils y allaient pas avec le dos de la cuillère.
Moi, je les aime bien les révolutionnaires mais bon, c'est bref, je vais pas rentrer dans dans ces détails là. Mais donc, il y a à ce moment-là le surgissement d'une Nouvelle France. Pardon mais Vichi c'est le retour à une ancienne France et il y a des étapes, on en a parlé, Napoléon, l'Empire, la monarchie, il y a des des des sauts en avant, des retours en arrière et c'est une histoire qui est fluctuante.
Et on voit très bien ce qui est devant nous. Devant nous, c'est soit une nouvelle étape de la Nouvelle-Fance, soit une nouvelle étape de l'ancienne France. C'est ça qui est devant nous.
Et donc, j'aime bien cette notion là parce que elle permet de de voir les choses de cette manière-là. Alors, pourquoi cette stratégie du drapeau et pourquoi je vous dis que c'est dans l'urgence ? Parce que peut-être que dans une autre situation, j'aurais proposé autre chose et j'aurais réfléchi à d'autres moyens et que en fait après tout, peut-être que les marxistes, ils ont pas raison, on nen sait rien.
Donc il y a peut-être plein de manières d'envisager les choses. Mais voyez ce qui est devant nous. Ce qui est devant nous, c'est une élection présidentielle.
Et une élection présidentielle se joue en deux tours. Il y a un premier tour dans lequel il faut convaincre et il y a un deuxième tour dans lequel les gens doivent éliminer l'adversaire avec lequel ils sont pas d'accord. C'est comme ça que ça se passe.
On n pas le choix. C'est le système qu'on a. Enfin, peut-être que d'ici là, on aura on aura on aura fait autre chose, mais on sait pas.
On sait jamais. On sait jamais. Faut pas, faut pas.
Bref, il y a le 10 septembre. On verra bien. Euh septembre, c'est un mois révolutionnaire.
J'arrête, j'arrête mes bêtises. Bref, pour revenir sur le fond de mon propos, il y a d'abord un premier tour et l'objet de ce premier tour, c'est de convaincre. Il y a pas d'incohérence entre ce que propose la France insoumise et le programme de la France insoumise, l'avenir en commun et la longue histoire révolutionnaire et républicaine de notre pays.
Il y a pas d'incohérence entre les deux en en faisant bien le distingo entre les l'objet de bataille dont je vous ai parlé et ce que certains essayent de faire de cette histoire nationale. Donc au premier tour, se revendiquer de la République, c'est tout à fait se revendiquer d'une phase révolutionnaire de notre histoire et il y a pas d'incohérence à se saisir de ça comme ça. Et puis il y a la question du deuxème tour et alors là c'est la grande question.
Ah oui mais au deuxème tour vous faites comment pour rassembler bah précisément avec la République puisque c'est ça l'objet qui est en jeu aujourd'hui. Si jamais on est au 2e tour faut pas oublier qu'il y a deux possibilités. Soit on est au deuxème tour face au Rassemblement national, soit on est au deuxème tour face au Macroniste.
De toute façon, on sera au deuxème tour. Donc la question est de savoir qui sera face à nous. Mais donc Non, mais je préfère le dire.
Je préfère le dire parce que si j'ai bien une certitude, c'est qu'on sera au deuxème tour. Moi, je sais juste pas qui sera en face. Donc, il faut prévoir toutes les stratégies.
Si on est face au Macroniste, commençons par cela. Si on est face au macroniste, et bien je crois qu'incarner la République et d'incarner une nation qui soit celle du peuple souverain, ça parle à beaucoup de gens et ça parle très largement, y compris au-delà de notre camp parce que les gens ont envie de dégager ce pouvoir politique qui a remis en place une nouvelle aristocratie qui est l'aristocratie des riches. Ils nous ont remis avant 1789.
On est en 1788 et bientôt il va y avoir la convocation des États généraux. Vous allez voir, ça va pas tarder. Justement, c'est nous en l'occurrence et ils vont nous demander d'essayer de voter un budget dans lequel on est censé pas remettre en cause les privilèges des riches.
Ils peuvent ils peuvent réfléchir davantage. Je suis désolé, ma fatigue me rend parfois un peu Bon en tout cas face au Macronistes, incarner la République que eux prétendent incarner hein, tout en nous tapant dessus à chaque fois que queon conteste leur pouvoir et bien c'est une manière de faire. Et puis face au rassemblement nation rassemblement ça c'est ça m'embête mais face au au Front National et bien incarner la République c'est justement faire ce qu'est le moment qu'on doit résoudre mais je voudrais trancher une question stratégique aussi ici que je pense nous on a tranché mais envoyer peut-être un signal à l'extérieur on ne combat pas le Rassemblement national sans combattre le fondement du votre Rassemblement national et c'est ce qui a très Bien dit statis, on n'évite pas la question du racisme.
On ne passe pas à côté, on ne met pas ça sous le tapis, on ne parle pas de la question sociale et ça sera réglé. Ça n'est pas vrai. Et camarades, je vais aller jusqu'au bout de l'idée.
Je vais aller jusqu'au bout de l'idée. On ne règle pas la question du racisme en la réglant d'une manière morale et en se disant que c'est mal le racisme et que ça suffit et que une fois qu'on a fait ça, c'est bon, c'est réglé. On règle la question du racisme en le pensant comme un système de domination structurelle et systémique et dans lequel nous-mêmes militant de gauche sommes inclus et lutter contre le racisme, lutter contre le racisme, lutter contre le sexisme, lutter contre l'homophobie, lutter contre la handiphobie, lutter contre d'une manière générale tous les systèmes de domination qui sont en place dans notre société, c'est d'abord lutter contre la part qui existe en nous-même de tous ces systèmes de domination.
Alors si nous voulons être et nous le serons car c'est notre tâche historique si nous voulons être la grande force de mobilisation populaire et d'union populaire, notre tâche centrale, notre devoir central et de mettre dans nos mots d'ordre les questions d'antiracisme, d'anticolonialisme, de lutte féministe, bref de tout ce qui d'une manière générale est une mise à bas des système de domination parce que on ne combat pas le système capitaliste sans combattre efficacement tous les systèmes de domination que lui-même met en place et cette fois-ci je vais pouvoir citer Stati citant Marx puisque ce boutlà il ne l'a pas dit il m'en reste un. Voici ce que dit Marx en parlant de la manière dont les Irlandais et les Anglais sont opposés par la classe capitaliste elle-même pour faire en sorte de créer de la division à l'intérieur du peuple. Il dit cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse.
Tiens tiens le clerger et les revues satiriques. Bref, par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise malgré son organisation.
C'est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste et celle-ci en est parfaitement consciente. Alors oui, face à nos adversaires politiques, il faut tout faire à la fois. C'est-à-dire qu'il faut lutter dans la société, lutter en nous-même, mais en même temps contester à nos adversaires politiques la prétendue hégémonie qu'ils auraient sur nos symboles à nous.
Parce que tu l'as très bien dit aussi Statis tout à l'heure en parlant de des nid de francité. Je pense que c'est une notion qu'il faut faire entrer dans la sphère publique. Je vous donne un exemple très concret.
Qu'est-ce qu'un contrôle d'identité ? Réfléchissez 2 minutes pour ceux qui en ont jamais eu. Un contrôle d'identité, c'est un contrôle de francité.
On vient, on vous voit, on regarde votre tête parce que c'est comme ça que ça se passe et on se dit celui-là, il a pas tout à fait une tête de français, on va lui demander ses papiers. On demande les papiers, les papiers sont en règle. Et voici comment la police elle-même, l'État lui-même renvoie l'image à des compatriotes qu'il ne seraient pas totalement et parfaitement français.
Mais je vais même aller jusqu'au bout de cette idée-là puisque on a parlé du mouvement des gilets jaunes. Quand il y a eu les révoltes urbaines de juin après la mort de Naël, certains ont dit "Monsieur Retaillot, premier d'entre eux, a dit que c'était une régression vers les origines ethniques." Pardon, monsieur Rota régression vers les origines révolutionnaires.
Voilà ce que c'est. Et c'est l'histoire du peuple français lui-même que de se battre contre une police quand elle tue des citoyens de la République française parce que ça n'est pas normal et que quand on est ministre de l'intérieur, on fait servir et obéir la police, pas tuer des gens. Alors voilà comment je pense il faut définir ce que nous sommes.
Voilà je pense pourquoi il faut que nous-mêmes dans la manière dont nous avons de porter les combats, nous utilisions ces symboles avec en tête tous les éléments de leur complexité en ne laissant pas de côté la question de la colonisation. Et c'est pourquoi j'ai tenu d'abord à dire ce que j'ai dit sur la Marseillaise en ne laissant pas de côté cette questionlà. en regardant en face l'histoire, en disant que parfois on est du côté de la personne minoritaire et pas du côté de celle qui à ce moment-là incarne l'histoire de France.
Parce que nous, c'est notre tâche historique de français à cette heure-ci du moment que nous vivons. Notre tâche, c'est de faire en sorte que notre pays ne soit pas le pays qui bascule à l'extrême droite. Et pour cela, il y a deux choses à faire. convaincre sans cesse ceux qui ne sont pas encore rentrés dans la lutte, c'est-à-dire les la lutte électorale en l'occurrence, c'est-à-dire les abstentionnistes, mais aussi, comme tu le disais très bien Statist dans un autre article, ne laisser personne de côté, c'est-à-dire ne jamais renoncer à l'idée que une personne de gauche un peu petit plus petit plus molle que nous, de gauche un petit peu plus molle que nous, que une personne même de droite, et j'en suis un bel exemple puisque j'étais de droite avant, que une personne même qui a voté pour le Rassemblement national puisse à un moment donné voter pour quelque chose d'autre que le Rassemblement national parce que sinon ça veut dire que dès qu'une personne est touchée par le RN alors on n'y toucherait plus et ce serait foutu.
Et ça c'est une stratégie de défaite parce que si on fait comme ça, si on fait comme ça, ça veut dire qu'ils vont être de plus en plus nombreux et que nous à moins de faire plus d'enfants, plus vite et ben on y arrivera pas. Je ne vous dis pas je ne vous dis pas d'aller les voir en leur disant "Oui, mais tu sais avec nous l'hôpital ça sera mieux et avec machin ça sera mieux et que ça sera mieux parce que ça ne marche pas. Parce que ce qu'il faut faire c'est faire reculer le racisme, c'est-à-dire faire comprendre quels en sont les fondements.
C'est-à-dire faire comprendre pourquoi le racisme n'est pas un à côté de la stratégie capitaliste. Il en est le cœur parce que le seul moyen qu'on les puissant de rester au pouvoir, c'est de nous diviser selon laadage divisé pour mieux régner. Alors oui, il y a une version de la nation qui est de droite et même d'extrême droite, mais il y a aussi une version de la nation qui est celle que nous portons nous, c'est-à-dire l'unité du peuple français unie autour de ces revendications communes, autour d'une idée commune qui se résume pour nous.
Et on a du bol, punaise les camarades, on a vraiment du bol autour de trois mots simples : liberté, égalité, fraternité. Je dis on a du bol parce que les camarades des autres pays, ils nous disent ça, ils nous disent vous avez du bol parce que vous vous avez ça et que c'est un point d'appui qui est plus efficace que ordre et progrès ou que d'autres choses comme ça. Et ben oui, c'est vrai.
On a la chance d'avoir ça et c'est écrit partout. Donc c'est une hégémonie culturelle qui est juste là. Il y a juste attendre le bras pour la saisir.
Vous pensez vraiment que des mecs d'extrême droite, ils vont dire fraternité ? Jamais de la vie. Jamais de la vie un type de droite peut dire fraternité.
Vous pensez qu'ils vont dire égalité ? Jamais de la vie. Vous pensez qu'ils vont dire liberté ?
Ils le disent, ils le pensent pas. Donc nous avons à disposition un certain nombre de choses. J'ai essayé de faire aussi résumé que possible mais camarades vraiment je suis convaincu d'une chose, c'est que comme le disait parfaitement Jean-Luc hier, c'est que les périodes de Christ sont des périodes d'opportunité.
Et ne croyez pas que des gens qui ont voté pendant très longtemps à droit de voir dans des parties encore plus extrémistes et bien ne peuvent pas changer d'avis. J'étais tout à l'heure avec un camarade qui est dans le mouvement du 10 septembre et qui me disait, "Il y a un type qui est venu me voir, je sais je j'espère que c'est vrai. J'espère que c'est vrai et qu'il veut pas des trucs pour me faire plaisir.
Il y a un type qui est venu me voir et qui m'a dit "J'étais militant du Rassemblement national, j'ai déchiré ma carte parce que j'ai compris que ces gens-là ne défendront jamais le peuple." Et bien moi, je dis que quelqu'un qui déchire sa carte du Rassemblement national a pris la bonne décision et s'il veut nous rejoindre en abandonnant le racisme, bienvenue dans la lutte.
Antoine Léaument