"Avec monsieur Macron, il y a une soumission totale vis-à-vis du régime algérien"... le "8h30 franceinfo" de Julien Odoul
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Bonjour Julien Audoul, Mohamed Amra en prison, donc il s'y réveille ce matin après son interpellation en Roumanie, après 9 mois de cavale. Est-ce que c'est un soulagement pour vous ?
Déjà moi j'ai une pensée pour les familles des deux agents de la pénitentiaire qui ont été abattus comme des chiens, il faut quand même le rappeler, lors de cette opération commando au péage d'Incarville. C'était abominable et ce que je retiens du final de cette séquence c'est l'horrible petit sourire de ce criminel, c'est cette morgue, c'est cette satisfaction, c'est finalement il n'y a pas de sanctions dissuasives pour cette personne, on sent qu'il est toujours dans une sorte de provocation permanente.
Il fallait qu'il soit placé à l'isolement dans l'une des prisons les plus sécurisées de France à vos yeux ?
Oui bien évidemment, après il faut qu'il n'en sorte plus, c'est ça la question, il faut qu'il n'y ait plus la moindre occasion, qu'il puisse être libéré, qu'il puisse s'évader, il faut que cette peine, il faut une perpétuité réelle, bien sûr, mais excusez-moi, mais dans notre droit et dans notre justice actuellement, ce qu'il manque c'est la perpétuité réelle, c'est-à-dire que pour des cas extrêmement violents, pour des criminels endurcis, il ne faut plus qu'ils ressortent de prison. La perpétuité réelle, ça veut bien dire ce que ça veut dire, vous entrez en prison, vous n'en sortez plus, c'est une mesure de protection de la société.
Et c'est d'ailleurs dans ce type de prison, comme à Condé-sur-Sarthe, que Gérald Darmanin veut envoyer des narcotrafiquants, ça veut dire qu'il avait raison depuis le début, le ministre de la Justice ?
Non, je ne pense pas que M. Darmanin ait raison depuis le début, vous savez, Marine Le Pen, depuis très longtemps, demande un durcissement de notre politique pénale.
Sauf que le ministre de la Justice est en train de le faire, là.
Non, mais très bien, je veux dire, encore une fois, vous savez, le problème de ce gouvernement, que ce soit M. Darmanin, M. Retailleau, on va certainement en parler avec l'Algérie, c'est que c'est la politique des mots, nous on veut la politique des actes.
Là, ces prisons, cet isolement de détenus narcotrafiquants, ça va être réel dans quelques mois.
Mais tant mieux, encore une fois, toutes les mesures qui peuvent participer de l'amélioration de la sécurité des Français, de la dissuasion, de la protection de notre peuple, sont les bienvenues, à condition qu'elles aillent au bout, à condition qu'elles soient suffisamment importantes et appliquées.
C'est quand même une preuve que le gouvernement agisse sur des thèmes qui vous sont chers, à vous, ORN ?
Non, ce n'est pas une preuve. Vous savez, nous, on attend beaucoup plus de preuves que cela. On a eu surtout une succession de discours, de belles paroles, d'incantations. La réalité, et j'allais dire le bilan de M. Retailleau le prouve, c'est que derrière les mots, il n'y a pas grand-chose, il y a souvent le vide sidéral.
Il y a aussi un comité interministériel aujourd'hui autour de François Bayrou, avec neuf de ses ministres, pour parler de l'immigration. Autre thème qui vous est cher au Rassemblement National. Qu'est-ce que vous en attendez de ce comité-là ?
Alors déjà, l'immigration n'est pas chère au Rassemblement National, c'est chère aux Français. Aujourd'hui, une très très large majorité voit bien que l'immigration est un problème pour notre pays, que ce soit pour nos comptes sociaux, pour notre sécurité. Le lien, évidemment, écrasant entre immigration et insécurité, pour notre identité, pour la transformation de notre pays. Donc très clairement, il faut régler ce problème. Malheureusement, on a eu depuis six mois maintenant des messages qui ont été envoyés par M. Retailleau, référendum sur l'immigration. Malheureusement, on n'en verra pas le jour.
On en a eu d'autres sur, encore une fois, sur une réduction du massif des flux et renvoi des OQTF. Ah non, mais c'est très important, parce qu'encore une fois, il y a un gouffre très très important. Le gouffre qu'il y a dans ce gouvernement, entre les incantations, entre les souhaits et puis la réalité de la politique, montre bien qu'il y a eu une illusion.
Il y a aussi une absence de majorité. Enfin bon, on ne va pas revenir nécessairement sur ces sujets, parce que le sujet du jour dans ce comité, c'est aussi, bien sûr, le cas algérien. Bruno Retailleau, par exemple, le ministre de l'Intérieur que vous citiez, il veut le rapport de force avec l'Algérie. Bon, on imagine que vous allez le soutenir dans cette entreprise.
Je vais le dire assez crûment, mais M. Retailleau, c'est la politique du foutage de gueule. Parce que d'un côté, il nous dit qu'il veut engager le rapport de force, et de l'autre, on apprend qu'il octroie des visas pour les imams algériens, pour qu'ils viennent prêcher en France pendant le ramadan. Donc à un moment donné, il n'arrive pas à faire expulser le moindre influenceur qui menace notre peuple sur notre sol. Il n'y arrive pas parce qu'il n'y a pas de politique, encore une fois. De rétorsion, parce qu'il n'y a pas de politique de fermeté vis-à-vis de l'Algérie. Et en même temps, c'est très très important. Et en même temps, M.
Retailleau nous dit qu'il faut accueillir des imams algériens. Le sial est quand même assez détestable.
Il ne le dit pas comme ça.
Et d'ailleurs, c'est pire. Dans le message qu'il a communiqué sur ses réseaux sociaux, il nous dit que ça va participer justement d'une meilleure acculturation de nos compatriotes d'origine algérienne. À un moment donné, il y a un foutage de gueule monumental dans l'hypocrisie de M. Retaille.
Par exemple, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, vient d'annoncer plusieurs choses. Des restrictions de circulation pour certains dignitaires algériens. Ça va dans le bon sens, non ?
Mon Dieu, que de temps perdu. Enfin là, c'est pas taper du poing.
Il y a de l'action, aujourd'hui, de la part du gouvernement, non ?
C'est pas taper du poing sur la table, c'est taper le petit doigt sur la table. Encore une fois, avec l'Algérie, c'est zéro centime, zéro visa. Plus aucun visa au Croy. Plus aucun visa pour personne. Plus aucun visa tant qu'ils ne reprennent pas leurs OQTF. On n'a jamais appliqué cette politique.
Gérald Darmanin, il a essayé en 2021. Non, non, non. Peut-être pas au point que vous évoquez, mais il a essayé de durcir. Ça n'a absolument pas fonctionné.
Essayez de durcir avec l'assurance pour le gouvernement algérien qu'il n'y aurait aucune mesure de rétorsion pérenne. Il faut zéro centime. Plus d'aide au développement, c'est près de 140 millions d'euros pour l'Algérie. Il faut plus de visa. Il faut aussi suspendre les transferts financiers qui sont très importants entre la France et l'Algérie. Il faut tout mettre en œuvre pour que l'Algérie, le gouvernement dictatorial, je le rappelle, qui maintient notre compatriote Boulême Sansal en détention arbitraire, un homme malade. Il faut tout mettre en œuvre pour que ce régime dictatorial cède et reprenne ses indésirables.
Alors, malgré tout, on a quand même des intérêts avec l'Algérie, oui ou non ? Lesquels ? L'intérêt du renseignement, par exemple. Ah bon ? On sait que l'Algérie nous fournit des renseignements, notamment sur la situation au Moyen-Orient, et a pu en fournir par le passé sur les sujets de terrorisme.
On a des accords commerciaux également avec l'Algérie.
Non mais est-ce que sur le cas du renseignement, est-ce qu'on est prêt à perdre le renseignement que nous fournit l'Algérie ?
Non mais soyons sérieux. Est-ce que la France, septième puissance du monde, puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, a besoin de ce rapport et de ce lien qui ne peut pas être bougé avec l'Algérie, qui est 68e puissance du monde ? Non. Il y a une soumission des élites françaises, et particulièrement de M. Macron, qui d'ailleurs refuse des mesures de rétention. Il y avait plusieurs réunions, ça a été relaté par vos confrères, qui étaient soi-disant organisées pour durcir le ton avec l'Algérie. Elles ont toutes été repoussées.
Donc on s'assoit sur la diplomatie,
si on vous suit. Mais encore une fois, la diplomatie, c'est se faire respecter d'abord. La diplomatie, ce n'est pas la politique du paillasson. Or, avec M. Macron, il y a une soumission totale vis-à-vis du régime algérien. Il ne faut rien dire, il ne faut rien faire. Et ça fait des mois qu'on attend un réveil qui malheureusement est bien tardif et bien poussif.
Et vous parlez de l'aide publique au développement. Vous savez, ce qui est compris aussi dedans, c'est de l'aide humanitaire, par exemple, pour aider à la construction d'écoles, à l'électricité. Quand on veut stopper l'immigration, c'est peut-être aussi contre-productif de couper ces aides-là, parce que ça pourrait pousser au départ plusieurs Algériens.
Vous pensez que la France n'a pas déjà assez payé pour l'Algérie ?
Ce n'est pas ma question. Là, je suis en train de vous dire que le risque, c'est aussi d'accentuer l'immigration.
En 132 ans de colonisation qui nous sont d'ailleurs reprochés, puisque c'est le seul argument du pouvoir algérien, c'est son seul axe politique, et c'est ce qui maintient, encore une fois, son existence. Mais c'est un fait historique. Non, non, mais c'est un fait historique. Nous avons construit ce pays. Nous avons payé. Nous versons chaque année énormément. Je rappelle que les ressortissants algériens sont prioritaires sur le logement social plutôt que nos compatriotes français. Donc, à un moment donné, stop ! Stop ! Il faut couper les vivres et couper le cordon avec l'Algérie.
Aujourd'hui, Julien Audoul, c'est 250 000 visas attribués à des Algériens par an. Vous vous dites ?
Zéro, Nada ? Zéro, tant que le régime algérien ne reprend pas ses obligations de quitter le territoire français. Tant qu'il n'y a pas, encore une fois, un rapport sain entre deux pays. Je rappelle quand même que l'Algérie... Donc, les personnes qui ont l'air mis en France... Du crâche dessus matin, midi et soir. L'Algérie et notamment le dirigeant et leurs dirigeants n'ont pas de mots assez durs, assez méprisants pour notre peuple, pour notre histoire, pour notre culture. On se fait insulter tous les quatre matins et on se laisse faire.
Pour bien comprendre, au-delà des dirigeants, la France n'a plus aucune obligation envers le peuple algérien après 60 et quelques années après la fin de la colonisation, la guerre d'Algérie. Quelles obligations ? Il pourrait y avoir des obligations morales, des obligations de proximité avec un peuple dont on a été proche pendant un certain nombre d'années. Est-ce que la Turquie a des obligations vis-à-vis de l'Algérie ?
Alors qu'elle l'a colonisée pendant 300 ans. Il y a des familles aussi. C'est très curieux. À chaque fois, on demande à la France de s'excuser en permanence alors que nous avons tout fait, alors que nous avons été dans une politique d'assistanat permanente, alors que nous avons construit ce pays. Je le rappelle, les routes, les ports, les aéroports, les dispensaires, les hôpitaux, tout a été construit par la France et payé par le contribuable français.
Et des Algériens sont aussi venus aider la France à un moment où la France en avait besoin pour reconstruire le pays. Ça allait aussi dans les deux sens.
C'est du travail. Ils ont été payés pour ça.
Oui, mais il y a eu aussi besoin de cette main-d'oeuvre algérienne à un moment. Ça, vous ne pouvez pas le nier.
Ils ont été payés pour ça, encore une fois. Et certains, d'ailleurs, sont repartis. Et encore une fois, l'immigration de travail pendant les 30 glorieuses n'a rien à voir avec l'immigration de regroupement familial que nous connaissons depuis 40 ans. Julien Audoul,
on va passer à un autre sujet. Après les relations bilatérales, on va parler multilatérales et internationales avec Emmanuel Macron qui était à Washington aux côtés de Donald Trump il y a deux jours. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette rencontre ? C'est une réussite diplomatique, disent un certain nombre de médias américains. J'ai trouvé cette rencontre
assez gênante, déjà. Assez gênante d'un point de vue de la forme puisque la Macronie, certains médias n'ont pas eu de mots assez durs à l'égard de Donald Trump. Ils l'ont même qualifié d'Hitler, de nazi juste avant sa réélection. Et là, on a assisté en fait à la rencontre entre deux copains, M. Macron qui était tout sourire, qui n'arrivait pas à le quitter. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la France ? Encore une fois, je constate qu'il y a eu un changement à la fois de posture, de comportement, de message depuis la réélection de Donald Trump.
Ensuite, ce qu'on peut regretter, c'est qu'au-delà de cette rencontre, c'est que la France, depuis le début notamment de la guerre en Ukraine, le message de la France a été inaudible. La place de la France a été marginalisée.
Au sein de l'Europe, Emmanuel Macron a quand même réuni les pays européens à l'Elysée, il est allé à Washington, ça va un peu à l'encontre de ce que vous êtes en train de dire.
Mais pour quel résultat ? Aller à Washington, c'est très bien.
Il évoque notamment la possibilité d'une trêve dans les semaines à venir, il y a quand même des avancées, non ?
Mais je ne suis pas sûr que ce soit M. Macron qui soit à l'origine ou à l'initiative de cette trêve. Il y a eu des discussions
nous l'avons tous demandé. Nous savions depuis le début... Pardon, Julien Oudel, pour bien comprendre, Marine Le Pen présidente, elle ne serait pas allée voir Donald Trump à Washington ? Marine Le Pen présidente
serait allée voir le président de la première puissance mondiale, bien évidemment. Sauf qu'elle lui aurait dit quoi de plus qu'Emmanuel Macron ? À la différence de M. Macron, depuis trois ans, Marine Le Pen demande non pas seulement une trêve, mais demande une conférence de la paix, que l'on règle ce conflit une bonne fois pour toutes à partir d'une négociation qui est la seule issue possible. Nous le savions, Marine Le Pen l'avait dit, nous avons perdu trois ans malheureusement, beaucoup de morts, beaucoup de sanctions aussi vis-à-vis de l'économie française qui ont été totalement contre-productives. Il faut en passer par cette conférence de la paix pour sortir de ce conflit.
On va continuer à parler de l'Ukraine, notamment de l'Europe aussi.
Vous êtes sur France Info avec Julien Audoux, le porte-parole du Rassemblement national député de Lyon. Vous évoquiez cette conférence pour la paix dont vous parlez au RN depuis des mois. Quelle différence avec ce qui est en train de se jouer en ce moment, c'est-à-dire la possibilité de finalement réussir à mettre tout le monde autour de la table, ce qui est en train de se dessiner ?
La grande différence, c'est qu'avec cette conférence de la paix qui était demandée par Marine Le Pen, la France était à l'initiative. Et en cela, la France était, j'allais dire, dans sa vocation, c'est-à-dire une puissance d'équilibre, une puissance qui parle au grand de ce monde et avec un message singulier. Évidemment, l'Ukraine et la Russie, les deux puissances belligérantes.
Mais Vladimir Poutine ne veut pas parler à Volodymyr Zelensky.
C'est, encore une fois, justement, la négociation et le fait d'organiser cette conférence aurait... Donc Marine Le Pen aurait été une meilleure
négociatrice que Donald Trump, par exemple ?
Je pense qu'en tout cas que Marine Le Pen, présidente de la République française, aurait eu un message d'équilibre et un message qui aurait porté... En tout cas, on ne va pas refaire l'histoire, mais en tout cas, nous, ce que l'on souhaite, c'est que la France ne soit pas une puissance alignée et une diplomatie indépendante et libre.
Donald Trump demande une forme de remboursement à l'Ukraine par le biais de terres rares, un accord qui est en passe d'être signé. On l'a appris cette nuit qui permettra aux Américains de les exploiter, ces terres rares ukrainiennes. Donc il y a du lithium, du titane. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette façon de faire ?
Je n'ai pas à être d'accord ou en désaccord. C'est la politique américaine et vous le savez...
Ça concerne quand même l'Europe.
Non, pour le coup, ça ne concerne pas l'Europe.
L'Europe a donné de l'argent aussi également à l'Ukraine.
Oui, ça concerne les Etats-Unis et l'Ukraine sur la question que vous me posez. Et vous le savez très bien, les Américains défendent leurs intérêts. C'est normal de faire ça.
Il faudrait qu'on puisse faire ça.
Je n'ai pas dit que c'était normal. Après, il faut que ce soit
accepté évidemment par le gouvernement ukrainien. Est-ce que vous appelez à l'Ukraine peut-être une forme de lucidité et dire qu'elle doit faire le deuil d'une partie de son territoire ? Non. Ce n'est pas moi
à ma place à dire quoi que ce soit ni vis-à-vis du gouvernement ukrainien ni des soldats ukrainiens qui se battent.
Le RN n'a pas de position
sur ce sujet. Qui se battent. Mais le RN a une position qui est d'une d'éviter l'escalade de ce conflit. Et vous le savez, il y a toujours un risque d'escalade avec des provocations, avec des mots un peu faciles.
Il faut bien des négociations
qui vont porter sur où on met la frontière. La négociation, ce n'est pas l'escalade. Et ensuite, nous, ce qu'on avait toujours dit, c'est permettre à l'Ukraine d'être en position de force pour négocier au moment où il y aura cette trêve.
Ce n'est pas en train de se passer. On voit par exemple que Russes et Américains se retrouvent encore en fin de semaine. Ça, vous le condamnez, vous qui voulez mettre tout le monde autour de la table, justement ? Que ça se fasse toujours en bilatéral et que ça risque de se faire aux conditions des Russes ?
Il y a plusieurs choses. Il y a déjà le volontarisme de Donald Trump qui, quoi qu'on en pense, fait bouger les choses. Alors, ça fait bouger les choses sur le front ukrainien. Peut-être que ça peut faire bouger les choses également au Proche-Orient. Au moins, ça sort du statu quo. Et je pense qu'il est indispensable que nous sortions de ce conflit qui n'a que trop duré. Beaucoup de morts, beaucoup de détresse, beaucoup de drame.
Même en excluant l'Ukraine des négociations qui concernent l'avenir du pays.
L'Ukraine ne sera pas exclue des négociations, bien évidemment. C'est le cas en ce moment. Moi, ce que je reproche et ce que je déplore, c'est que, sous couvert de diplomatie européenne qui n'a servi à rien, la France s'est vassalisée et que M. Macron est apparue souvent comme le sous-fifre de Mme von der Leyen, présidente de la Commission européenne. C'est ça qui est regrettable dans cette affaire.
Julien Oudoul, malgré tout, il va quand même y avoir une forme de séparation s'il y a un accord de paix, séparation de la Russie, en tout cas les terres occupées par la Russie et l'Ukraine, et donc une ligne qu'il faudra sans doute surveiller. C'est ce à quoi pourrait servir une force européenne avec, on évoque, 30 000 soldats qui seraient peut-être britanniques, peut-être français, peut-être d'autres pays également. Est-ce que vous estimez que la France doit participer à ça ?
La France, en tout cas, ne doit pas participer à l'envoi de soldats. Ça, ce serait avec des soldats. Même pour le maintien de la paix. C'est une ligne rouge. Même pour le maintien
de la paix.
Attendons, encore une fois, moi j'attends la négociation, nous attendons la négociation, il faut être extrêmement prudent, attention à tout ce qui pourrait nous entraîner de près ou de loin, dans un conflit, dans une situation qui serait irrécupérable, donc il faut être extrêmement prudent. Nous le disons, il faut une négociation, cette négociation ne se fera pas ni sans l'Ukraine, ni sans la Russie.
C'est important ce que vous dites, ça veut dire que si jamais il y a un accord, une trêve, et que l'Europe, parce que c'est ce dont il est question précisément en ce moment, doit être amenée à participer, non pas à des combats, mais à, en quelque sorte, garder la frontière. Le Rassemblement National ne soutiendra pas Emmanuel Macron s'il veut envoyer un contingent de soldats pour participer à ce maintien de la paix.
Je vous le répète, nous, nous avions une ligne rouge, c'était évidemment « nous ne souhaitions pas l'envoi de soldats ». Ça dépend pour quoi faire, non ? Oui, oui, oui, ça dépend pour quoi faire. Après, vous ne savez pas, quand les soldats sont sur place, vous ne savez pas comment la situation peut évoluer.
Pourtant, Vladimir Poutine est ouvert à cette force qui pourrait veiller au maintien de la paix.
Mais nous verrons encore une fois dans la négociation, je pense qu'il est un peu trop tôt pour s'avancer. Nous, ce que nous souhaitons, d'une part, c'est la garantie de la souveraineté du peuple ukrainien et de sa sécurité. Nous avons condamné, je vous le rappelle, dès les premières heures. Et ce que nous souhaitons, c'est que cette région qui est à la lisière de l'Union européenne soit pacifiée et sécurisée et que nous retrouvions des relations normales et d'équilibre avec une grande puissance qui restera là et qui s'appelle la Russie.
Alors, un élément intéressant aussi qu'il y a eu ces dernières heures, c'est le futur nouveau chancelier, très probable nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, qui appelle à ce que, enfin non pas qui appelle, mais en tout cas qui dit qu'il est possible qu'on puisse discuter avec la France d'une sorte de parapluie nucléaire français sur l'Europe, comme c'est un peu le cas aujourd'hui avec l'OTAN et donc avec les Etats-Unis. Est-ce que, au Rassemblement national, on se félicite que peut-être la France un jour sera d'une certaine façon responsable de la sécurité de l'Europe ?
Mais elle l'est déjà. La France a la première armée européenne. La France
est l'arme nucléaire.
Oui, oui, mais la France, on parle beaucoup d'armée européenne, mais dans les faits, l'armée européenne, c'est l'armée française. C'est l'armée française qui a protégé la sécurité des Européens, notamment au Sahel, qui a été bien seule. D'ailleurs, on aurait aimé peut-être le soutien de nos partenaires européens. C'est la France qui est la seule puissance nucléaire du continent, puisque les Britanniques...
Elle peut en faire bénéficier, ses alliés européens ?
Encore une fois, la maîtrise et la gestion de l'arme nucléaire doit rester une affaire française. Donc non. Ça veut dire non. C'est pas non. C'est-à-dire que la maîtrise et la gestion doit rester un élément de souveraineté. Ça ne se partage pas.
C'est déjà le cas aux Etats-Unis avec l'OTAN. Vous savez,
il y a des tentations des uns et des autres. Alors, tantôt, on partage notre siège au Conseil de sécurité des Nations Unies. Tantôt, il faudrait effectivement qu'il y ait une gestion partagée de notre dissuasion nucléaire. Tout ça, évidemment, inconcevable. L'arme nucléaire, c'est la souveraineté, la défense de notre nation et du peuple français. Après, qu'elle protège et qu'elle garantisse nos intérêts et celles de nos partenaires, ça, c'est autre chose.
Dans ce contexte, Elon Musk, qui est proche du président américain, est accusé d'avoir tenté de fragiliser l'Allemagne en pleine législative. On l'a vu, notamment, très actif sur son réseau social X, notamment pour faire campagne pour le parti d'extrême droite Live Day. Vous trouvez ça normal ?
Écoutez, si on parle des ingérences, moi, je vous rappellerai les multiples ingérences de dirigeants étrangers qui ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen.
Il y a une différence avec utiliser son réseau social pour faire campagne pour un parti.
Oui, vous savez, quand Barack Obama appelle ouvertement à voter et à soutenir Emmanuel Macron contre Marine Le Pen, personne n'a crié à l'ingérence. Donc, Elon Musk ait des préférences pour tel ou tel parti et prenne position pour tel ou tel parti. Après tout,
c'est son droit. Est-ce que, Julien Audoul, Elon Musk serait le bienvenu s'il voulait participer à un meeting du Rassemblement National ? Ça, c'est pas à moi qu'il faut poser la question.
Je vous la pose. Déjà, c'est à M. Musk et ensuite, c'est à Marine Le Pen, Jordan Bardella.
Vous le trouvez inspirant, Elon Musk ?
J'allais dire que c'est une personnalité atypique, bien évidemment. C'est quelqu'un qui a certainement du génie, qui est peut-être en avance sur son temps avec tous les défauts et peut-être les dérives qui vont avec. Mais encore une fois, on ne va pas revenir sur cette histoire et puis vous savez très bien que ce n'était pas un salut nazi concernant Elon Musk.
Steve Bannon, c'était... C'est quoi la différence entre les deux ?
Donc Steve Bannon et Elon Musk, ce n'est pas la même chose. Mais très clairement, je pense qu'on devrait avoir des personnalités en France du type d'Elon Musk. Ce serait une richesse, effectivement, pour notre pays, pour la science, pour la production, pour le dynamisme économique. Encore une fois, on ne peut pas condamner qu'il y ait ce type de personnage. Encore une fois, il est américain, il n'est pas de chez nous.
Mais vous n'aimeriez pas forcément le voir dans un meeting avec vous ? Parce que c'est quand même une question qui se pose. Il a soutenu un parti en Allemagne. Est-ce qu'il ne pourrait pas être tenté de le faire en France ? Donc, est-ce que si vous apportez son soutien, vous diriez, bon, bienvenue Elon Musk ?
Je pense qu'en France, en tout cas, et dans notre progression vers le pouvoir, dans notre dynamique de rassemblement, on a besoin de beaucoup de choses. On n'a pas forcément besoin d'avoir Elon Musk dans un meeting. Donc, nous, ce que l'on souhaite, c'est parler aux Français, c'est rassembler les Français autour des thèmes qui nous sont chers, la défense du pouvoir d'achat, la défense de leur sécurité, de leur identité. Je pense qu'on n'a pas besoin de se calquer sur les Américains pour gagner en France.
Et justement, un thème cher aux Français, les retraites. Demain, il y a le début du conclave des retraites. Quelle est la position du RN ? On vous a peu entendu là-dessus.
On en a beaucoup parlé, pourtant, que ce soit dans la campagne présidentielle, que ce soit après. Sur le conclave.
Sur le conclave en lui-même. Vous attendez quoi de ce conclave ? Sur les partenaires sociaux ?
Oui, sur les partenaires sociaux, vont-ils réussir à s'accorder ? Vont-ils pouvoir influer sur le gouvernement pour atténuer une mauvaise réforme ? La réforme de M. Macron était très mauvaise, très injuste, très mauvaise d'un point de vue économique aussi. Mais vous le savez très bien, la vraie réforme, celle qui apportera à la fois en matière de justice sociale et en matière de pérennité économique, celle qui est portée par Marine Le Pen. C'est-à-dire, plus vous commencez tôt, vous partez tôt. Vous soutiendrez un éventuel texte
qui sortira de ce conclave qui, comme vous le dites, atténuera cette réforme. Vous le soutiendrez forcément.
Mais nous verrons le moment venu. Vous savez, nous sommes des pragmatiques. Même quand ça ne vient pas de chez nous, si ça améliore la situation, même un temps soit peu, on est susceptibles de le voter. Nous regarderons ça de très près.
Merci à vous, Julien Oudoul, porte-parole du Rassemblement national député de Lyon. Merci, Victoria Koussa.
Julien Odoul