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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 22 septembre 2020 7 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiSantéÉconomie & entreprises

Benoit Serre : "Un accord national sur le télétravail ne ferait que complexifier cette pratique"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Comment voit-il la situation aujourd'hui ? Quelles sont leurs priorités ?

  • 0:22OuverteRéponse directe

    C'est quoi son rôle aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on peut faire dans ces cas-là ? On fait quoi ?

  • 0:45OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous trouvez qu'il y a vraiment des entreprises qui profitent de la crise, qui utilisent ce prétexte pour réduire leurs effectifs ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    On en est où des plans sociaux en ce moment ? Est-ce qu'il y en a vraiment beaucoup plus qu'en temps normal ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Qu'est-ce qu'ils réclament ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    Ce qui est intéressant aussi dans votre étude, c'est qu'on voit que finalement les trois quarts des DRH disent « Mon actualité à moi, finalement, ce n'est pas un plan social, mais c'est la mise en place de mesures sanitaires. »

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33Invité politiqueChiffre
    « Il y en a beaucoup. Et pour les gens qui sont concernés, ça fait beaucoup. Mais ce que dit le ministère du Travail, c'est qu'ils sont autour de 350 qui représenterait 50 000 emplois. »
  • 2:19Invité politiqueChiffre
    « Alors, il ne s'agit pas de juger le plan de relance. Mais c'est vrai qu'il y a 36% qui disent que c'est suffisant. »
  • 4:56Invité politiqueChiffre
    « On estime que ceux qui sont totalement à distance, c'est à peu près 15%, ce qui est assez faible. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Et donc, effectivement, la réunion d'aujourd'hui qui est l'ultime réunion pour essayer de trouver un accord national interprofessionnel que nous, à la NDRH, en tout cas avec nos adhérents, ne souhaitent pas, clairement. »
  • 5:41Invité politiqueFait
    « Et donc, repasser par les négociations nationales, ça ne va faire que ralentir, complexifier les choses, alors qu'aujourd'hui les choses sont très très bien encadrées, notamment la question du volontariat. »

Temps de parole

  • Invité politique76 %
  • Présentateur24 %

7,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h20, entre les plans sociaux et les mesures sanitaires, la crise a renforcé le rôle des DRH. Comment voit-il la situation aujourd'hui ? Quelles sont leurs priorités ? L'Association Nationale des DRH a interrogé ses adhérents et le résultat de cette enquête est publié aujourd'hui. Bonjour Benoît Serre. Bonjour. Vous êtes le vice-président délégué de cette association. S'il y a un DRH en ce moment qui a du pain sur la planche, c'est celui de Bridgestone. C'est quoi son rôle aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on peut faire dans ces cas-là ? On fait quoi ?

0:25
Invité politique

On fait ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire que sur cette affaire-là, il y a eu les annonces, il y a eu les différents commentaires. Puis après, la vie normale du DRH a commencé. Vous avez vu qu'il y a 48 heures, un accord de méthode a été signé, ce qui est la méthode classique. Et puis maintenant, c'est lui qui va piloter la manière dont les choses vont se passer.

0:45
Présentateur

Est-ce que vous trouvez qu'il y a vraiment des entreprises qui profitent de la crise, qui utilisent ce prétexte pour réduire leurs effectifs ? C'est en tout cas ce que dénoncent certains syndicats.

0:52
Invité politique

C'est ce qu'on entend. J'en ai pas vu, mais ça veut pas dire que certains n'en profitent pas. C'est évident que, notamment les entreprises qui aient déjà été dans une situation délicate avant la crise, et qui envisageaient éventuellement un certain nombre de décisions, les prêtent maintenant parce qu'elles savent qu'elles se sont enfoncées encore un peu plus. De là à dire, ce qui est d'ailleurs probablement pas le cas de la société dont on a parlé, que de toute façon c'est la crise qui a provoqué les choses, c'est pas évident. Maintenant, vous pouvez pas exclure l'idée que certains vont profiter de la situation.

1:22
Présentateur

On en est où des plans sociaux en ce moment ? Est-ce qu'il y en a vraiment beaucoup plus qu'en temps normal ? Est-ce qu'on a atteint un pic d'après vous ? Est-ce qu'il y en a encore beaucoup ?

1:29
Invité politique

Il n'y en a pas tant que ça en fait. Il y en a beaucoup. Et pour les gens qui sont concernés, ça fait beaucoup. Mais ce que dit le ministère du Travail, c'est qu'ils sont autour de 350 qui représenterait 50 000 emplois. Donc c'est beaucoup par individu, mais fondamentalement c'est pas énorme. Et donc, est-ce qu'on est à un pic ? Je crains que non. Tout simplement parce que la rentrée s'est moins bien passée que ce qu'on avait imaginé. Et par conséquent, beaucoup d'entreprises sont encore dans une phase très instable. Ça c'est un premier point. Et puis après, on annonce beaucoup d'éléments autour de cela aux alentours de mars 2021.

Ce qui est logique puisque c'est le délai à peu près qu'il faut pour mettre en oeuvre ce type de mesures.

2:04
Présentateur

Et ce qu'on voit d'ailleurs dans votre étude, c'est que vos adhérents que vous avez interrogés, il y en a plus de 5 000, jugent les mesures du gouvernement pour relancer l'économie insuffisante. Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Qu'est-ce qu'ils réclament ?

2:17
Invité politique

En fait, ils réclament des mesures. Alors, il ne s'agit pas de juger le plan de relance. Mais c'est vrai qu'il y a 36% qui disent que c'est suffisant. Donc on en déduit que le reste considère que ce n'est pas suffisant. C'est plutôt des mesures d'urgence. Et vous savez que l'une des difficultés, c'est le déblocage des moyens. Il y a beaucoup d'entreprises, notamment des PME, mais pas que, qui ont des sujets de trésorerie, qui ont des sujets de rembourser le PGE, d'en même temps de payer les taxes qui ont été suspendues. Donc c'est plutôt des problématiques d'urgence immédiate.

Et c'est en cela que le plan de relance leur paraît un peu éloigné de la problématique quotidienne qu'elles peuvent avoir.

2:52
Présentateur

Ce qui est intéressant aussi dans votre étude, c'est qu'on voit que finalement les trois quarts des DRH disent « Mon actualité à moi, finalement, ce n'est pas un plan social, mais c'est la mise en place de mesures sanitaires, des mesures sanitaires. » Ils préoccupent, même majoritairement ?

3:05
Invité politique

Aujourd'hui, effectivement, c'est ce qu'il dit dans cette étude. C'est qu'ils sont concentrés sur la mise en place des mesures sanitaires. Vous avez vu qu'elles n'étaient pas d'une stabilité folle, puisque ça change un peu tout le temps.

3:15
Présentateur

Ça change en fonction de la couleur épidémique des départements.

3:17
Invité politique

Oui, la couleur épidémique des départements. Le protocole sanitaire est sorti la veille du jour où il devait s'appliquer. Donc c'est vrai que ça les mobilise beaucoup. Le deuxième aspect sur le fait que ce ne sont pas les plans sociaux qui préoccupent, c'est ce qu'ils disent. Ils disent aujourd'hui « Ce n'est pas mon sujet du jour. Mon sujet du jour, c'est plutôt protéger mes collaborateurs. » Et puis, paradoxalement, on a été même surpris des résultats. Ils annoncent quand même qu'ils n'ont pas forcément l'intention de suspendre les logiques de recrutement plus que cela.

3:42
Présentateur

Donc ça, c'est plutôt porteur d'espoir.

3:43
Invité politique

Ça, c'est plutôt porteur d'espoir, effectivement. Et en lien avec le fait que beaucoup répondent les plans sociaux, la diminution d'effectifs, ce n'est pas mon sujet, il y a une autre chose qu'on voit dans l'étude. Ils disent « Moi, je cherche des solutions comme le recours au chômage partiel, comme le recours à les accords de performance collectif, qui est une manière d'augmenter le temps de travail. » Donc des solutions qui permettent de ne pas supprimer d'emploi.

4:08
Présentateur

Et ça, c'est valable quelle que soit la taille des entreprises ou vous constatez des différences ?

4:12
Invité politique

C'est ce que notre étude dit, en fait. Notre étude montre que toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, ont des réflexes pour le moment plutôt de ne pas se séparer de collaborateurs. Alors, il y a plusieurs explications, c'est très difficile, mais l'une des raisons, c'est qu'on est encore dans la crise, en fait. Que les entreprises sont extrêmement instables et qu'elles sentent qu'elles ont d'abord à se concentrer sur la protection des collaborateurs et la reprise de leur activité. La réorganisation, ce sera sans doute dans un second temps.

4:41
Présentateur

Benoît Serres, syndicats et patronats se réunissent aujourd'hui pour un ultime rendez-vous sur le télétravail. Aujourd'hui, il y a encore beaucoup de salariés qui travaillent à distance ?

4:51
Invité politique

Il y en a encore pas mal qui travaillent en mixte, c'est-à-dire une partie sur site, une partie à distance. On estime que ceux qui sont totalement à distance, c'est à peu près 15%, ce qui est assez faible. C'est la moitié de ce qu'on a vu pendant la période de crise.

5:03
Présentateur

Mais c'est deux fois plus qu'en temps normal.

5:04
Invité politique

Mais c'est deux fois plus qu'en temps normal, exactement. D'ailleurs, vous avez noté dans l'enquête que la question du télétravail, c'est une des questions principales que se posent les entreprises aujourd'hui avec son développement. Et donc, effectivement, la réunion d'aujourd'hui qui est l'ultime réunion pour essayer de trouver un accord national interprofessionnel que nous, à la NDRH, en tout cas avec nos adhérents, ne souhaitent pas, clairement.

5:26
Présentateur

Pourquoi ?

5:26
Invité politique

Parce que, d'abord, il est très encadré déjà le télétravail. Il est encadré par plusieurs lois, plusieurs accords nationaux, donc il n'y a pas vraiment raison de le faire. Et puis surtout, il y a une sorte de dynamique en ce moment au télétravail, qui est un vrai outil d'avenir pour les modes de travail. Et donc, repasser par les négociations nationales, ça ne va faire que ralentir, complexifier les choses, alors qu'aujourd'hui les choses sont très très bien encadrées, notamment la question du volontariat.

5:50
Présentateur

Et il suffit de laisser un peu de marge de manœuvre au DRH pour gérer, c'est ça en fait ?

5:52
Invité politique

Il faut surtout le faire, vous savez, je prends toujours comme exemple ça, parce que c'est important, en juin, en mai-juin, il y a eu 9000 accords de reprise sur le terrain pour reprendre le travail dans des conditions satisfaisantes. Ça veut dire que les DRH sur le terrain, ils savent négocier avec leurs représentants du personnel, et qu'on n'a pas forcément besoin d'une norme de plus qui arrive d'en haut, on en a suffisamment comme ça.

6:10
Présentateur

Mais il reste toujours quand même quelques questions, qui paye l'ordinateur, qui paye le forfait wifi ?

6:13
Invité politique

Oui, mais ça c'est réglé par les accords de télétravail. Et quand vous regardez les accords de télétravail qui sont signés, qui paye l'ordinateur c'est réglé, les indemnisations des frais internet, etc. c'est réglé, le principe du volontariat c'est réglé. Donc sincèrement, cet accord apporterait probablement pas grand chose.

6:27
Présentateur

Merci Benoît Serres, vice-président délégué de l'association nationale des DRH, vous étiez l'invité du 5-7.

6:32
Invité politique

Merci à vous.