L'intégrale du vendredi 5 décembre
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce vendredi 5 décembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Faut-il s'inquiéter des dernières déclarations de Vladimir Poutine qui se dit prêt ? Si l'Europe veut la guerre, a-t-il l'intention d'attaquer lui-même dans un futur proche ? Dans une demi-heure, nous recevrons le géopolitologue Nicolas Tenzer qui nous livrera son analyse. Sébastien Lecornu va-t-il réussir son pari sur le budget de la Sécu ?
Il abat ses cartes à trouver un compromis sur la hausse de la CSG sur le capital. Réussira-t-il à le faire voter ? On va poser la question dans quelques instants à la sénatrice LR Christine Lavarde alors que le Sénat a voté lui hier la partie recette du budget largement réécrite par la droite sénatoriale. Municipale, J-100 et la difficile situation politique et parlementaire va-t-elle avoir des conséquences sur le scrutin ? On va en parler dans une heure avec nos éditorialistes Pablo Pio-Vivien, Tam Tranui et puis on verra les enjeux du scrutin dans les Alpes-Maritimes et dans le Var avec la presse régionale.
Et puis à la une de nos régions, on verra que la magie de Noël s'est emparée du château de Blois. Nous vous emmenons découvrir les illuminations, un dialogue entre la Renaissance et 2025. Reportage à suivre. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Quentin Calmet. Bonjour Auriane, je suis ravi de vous retrouver en ce vendredi matin. Ravie également. Quentin, on regarde ce qu'il y a à la une de ce vendredi 5 décembre et c'est donc Sébastien Lecornu qui abat ses cartes dans la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.
Voilà, les tractations étaient intenses hier à l'Assemblée nationale. À la clé, un compromis sur la question cruciale de la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Un nouveau vote décisif est attendu aujourd'hui. Les détails avec Fabien Réquer.
Pour faire adopter coûte que coûte le budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu abat ses dernières cartes et fait monter la pression sur les députés.
Vous avez un risque financier à ne pas avoir de texte pris pour la Sécurité sociale. Cela vous dérange, cela vous déplaît, mais je vous l'ai dit, nous n'endosserons pas n'importe quoi.
Au cœur des débats et d'intenses tractations, la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Votée en première lecture à l'Assemblée, supprimée par les sénateurs, la mesure était réclamée à gauche, désapprouvée à droite. On ne parle plus de grandes fortunes, on ne parle plus de grands groupes, on ne parle plus de multinationales, on ne parle plus, M. David est plus riche, on parle de l'épargne populaire des Français et des classes moyennes. Le gouvernement arrache finalement un compromis par un amendement qui doit épargner les classes moyennes tout en sécurisant 1,5 milliard d'euros de recettes, adoptées par 177 voix, mais vivement critiquées par le RN.
M. Wauquiez, il était à deux doigts de nous faire le coup de Mme Borne que la carte vitale allait s'arrêter au 1er janvier. Alors, on sait que ce n'est pas vrai, voilà, d'accord ? On avait un doute sur le vote du PLSS, c'est bon, LR, ils vont voter, tout, à la Nice, la gamelle, la bonne gamelle.
Pour arracher un compromis grâce aux voix du PS, le gouvernement renonce par ailleurs au doublement des franchises médicales. Cela suffira-t-il à parvenir à un vote sur le budget de la Sécu ? Réponse dans la journée.
Et c'est dans ce contexte que débute aujourd'hui la conférence Travail et Retraite. Oui, il y avait bien eu un premier rendez-vous sur la méthode il y a un mois où le MEDEF avait claqué la porte. Il s'agit aujourd'hui d'un lieu de débat et pas de négociation, selon les mots du ministre du Travail. Quant à la CFDT, elle estime pour sa part que la conférence permettra de remettre le sujet du travail, de l'emploi et des retraites dans le bon sens, c'est ce qu'a dit Marie-Lise Léon. Emmanuel Macron promet d'agir pour la libération de Christophe Glaze. Voilà, Emmanuel Macron qui a fait part de sa profonde inquiétude hier.
Quant aux proches du journaliste français Christophe Glaze, ils ont dit espérer une grâce du président algérien. Après donc la confirmation en appel de sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie. Le parquet de Rennes s'est prononcé hier sur les violences commises en mars 2023 lors des manifestations à Sainte-Solide. Le parquet a annoncé hier avoir classé sans suite les violences commises par les gendarmes sur 4 personnes grièvement blessées lors de la manifestation qui s'était tenue le 25 mars 2023.
Mais attention, le procureur de Rennes a également expliqué avoir décidé de poursuivre les investigations relatives aux tirs tendus de grenades effectuées ce jour-là par les gendarmes et d'ouvrir une information judiciaire devant un juge d'instruction. Merci Quentin, tout de suite. Bonjour Christine Lavard. Bonjour. Merci d'être avec nous, sénatrice Allaire des Hauts-de-Seine. On va évidemment longuement revenir sur le budget que vous étudiez en ce moment. D'abord, on regarde la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une de Ouest-France. Comment la France peut répondre aux défis du grand âge, accessibilité, liens sociaux, santé, sécurité ?
Les communes doivent repenser leur action à l'aune du vieillissement de la population. Deuxième une, celle de Corse matin, ruée sur les vaccins. La démarche préventive face à l'épidémie de grippe fait l'objet d'une demande exceptionnelle au point de faire craindre la rupture de stock. Et puis la dernière une, c'est celle de la Voie du Nord. En Europe, le grand retour du service militaire. La menace russe, concrétisée depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, a conduit 8 des 27 pays de l'Union européenne, dont la France, à relancer un service militaire obligatoire ou volontaire. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Disons que celle dont j'ai la plus entendue parler au regard de l'actualité budgétaire, c'est bien évidemment celle du grand retour du service militaire, puisque le président de la République nous a annoncé qu'on allait abandonner le SNU pour revenir vers un service militaire. Qui était le service national universel. Mais il y a un très grand flou, puisqu'on ne connaît ni vraiment ce qui est attendu des jeunes, le nombre de mois que durerait ce service militaire, et puis surtout les coûts qui y sont associés. Qui vous inquiète ou vous dites que c'est un effort qu'il faut faire compte tenu de la menace ? Alors, au regard du budget actuel, toute nouvelle dépense est une source d'inquiétude.
Et hier soir, enfin hier après-midi, on débattait justement des crédits de la mission Sport, Jeunesse, Vie associative, qui jusqu'à présent portait les crédits du SNU. Donc on voit bien que rattaché à cette mission, ce n'était pas tellement un service national universel à vocation militaire, mais c'était plus aussi un moment de cohésion et de partager les valeurs qui font nation. Demain, ce futur service militaire sera peut-être porté par un autre programme, que sais-je pas, la mission défense. Mais c'est vrai qu'il y a un grand flou. Donc ce qui est certain, c'est que de toute façon, dès 2026, on ne sait pas où il est inscrit.
Donc ça va être difficile déjà de commencer à pouvoir le mettre en œuvre. On va évidemment revenir sur le budget. D'abord un mot sur le budget de la Sécurité sociale, qui lui est examiné à l'Assemblée nationale. Et on a vu Sébastien Lecornu extrêmement présent hier en séance. Il abat ses cartes. Il renonce à doubler les franchises médicales. Il a trouvé un compromis sur la hausse de la CSG sur le capital. C'était une ligne rouge des Républicains. Est-ce que vous dites que ce budget de la Sécurité sociale va passer finalement ? Le sujet, c'est que là, on est en train de savoir combien de milliards de déficits de moins on fait par rapport…
On n'est même pas en train de se dire qu'on va essayer de remettre la Sécurité sociale à l'équilibre. Et ce n'est pas un effort impossible, puisqu'elle l'était il n'y a pas si longtemps que ça. Par ailleurs, à l'intérieur des branches de la Sécurité sociale, certaines sont excédentaires, comme la branche famille. Alors même qu'on a un vrai problème de démographie, on va ponctionner la branche famille pour financer d'autres branches de la Sécurité sociale. Donc finalement, peut-être que, je le disais l'année dernière, ce budget est le plus mauvais, à l'exception de tous les autres.
Je pense qu'on pourra répéter exactement la même phrase pour le budget de la Sécurité sociale, parce que finalement, chacun lâche un peu, mais on n'a pas de vraies réformes de structure. Et les quelques réformes qui auraient pu permettre de remettre la Sécurité sociale sur une trajectoire plus soutenable sont abandonnées les unes derrière les autres. – Mais Sébastien Lecornu, il a alerté hier, une absence de budget de la Sécurité sociale conduirait à une perte de contrôle totale du pilotage de la Sécu. Pas de budget, c'est 29 à 30 milliards de déficit. Être que, dans ces conditions, les Républicains doivent voter ce budget de la Sécu.
– Alors, en toute honnêteté, je n'ai pas eu le temps de lire cette note de la direction de la Sécurité sociale, qui effectivement expose ce coût de 29 à 30 milliards. Ce qui est certain, c'est que la Sécurité sociale, elle peut fonctionner sans budget. Ce n'est pas comme l'État, si on n'a pas de budget, ce n'est pas possible, d'où le recours à une loi spéciale l'année dernière. La Sécurité sociale, elle peut poursuivre. – C'est juste qu'on continue à creuser le déficit, mécaniquement.
– On continue justement à creuser le déficit, puisqu'il y a les revalorisations automatiques, dont certaines sur lesquelles le Sénat a décidé, en responsabilité, de les geler, justement pour venir résorber le déficit. Et ensuite, s'il n'y a pas de nouveau, s'il n'y a pas de budget, c'est-à-dire une nouvelle volonté de financer de nouveaux services, on repart, on reconduit la même politique que celle qui était en vigueur en 2025. – Il a la bonne méthode, là, Sébastien Lecornu ?
– Je ne sais pas s'il a la bonne méthode, parce qu'il persiste à renoncer au 49-3, alors que je crois comprendre que certains, finalement, préféreraient encore avoir à se prononcer via un 49-3 et pourraient expliquer que, plutôt que la dissolution, ils préfèrent fermer les yeux sur le budget, que ce soit le PLFSS ou le PLF. Mais en renonçant à cet outil qui est prévu par la Constitution, on ne pourra pas dire qu'il n'y a pas eu de débat, parce que je pense que, depuis le mois de novembre, dans les deux chambres, on débat sans discontinuer, que ce soit du budget de la Sécurité sociale ou du budget de l'État. – Mais il dit que les parlementaires doivent assumer leurs responsabilités.
Pas de 49-3, ça fait qu'ils doivent assumer leurs responsabilités. – Non, mais la responsabilité, c'est jusqu'où ? Moi, il me semble que la responsabilité, c'est de mettre en place des réformes pour notre pays. On en a grandement besoin, parce que sinon, en fait, on ferme les yeux sur les déficits. Et un pis aller, oui, certes, on aura un budget de la Sécurité sociale, mais que fera-t-on pour le budget de 2027 ? Et surtout, on s'obère vraiment nos capacités d'investissement pour le futur. Et je l'ai dit dans l'ouverture du projet de loi de finances, aujourd'hui, la France est vraiment un vieux pays qui ne sait plus parler à sa jeunesse.
C'est-à-dire qu'on préhende toutes nos capacités d'investissement pour l'avenir sur une sorte de stabilité ou de compromis de très court terme. – Et pendant que l'Assemblée nationale poursuit l'examen du budget de la Sécurité sociale, vous poursuivez, vous, au Sénat, l'examen du budget. Quentin, on va en parler avec vous. Le Sénat, qui a donc adopté largement hier la première partie du projet de loi de finances, la partie recette, après l'avoir réécrit pendant une semaine. – Exactement, pour 198 contre 105, avec un fort clivage gauche-droite, le Sénat a adopté le premier volet du projet de loi de finances, le budget de l'État.
On notera tout de même l'abstention du groupe Les Indépendants, le groupe de Claude Maluré, vous voyez, c'est cette série de points blancs-là. Effectivement, Claude Maluré du parti Horizon d'Édouard Philippe, ils se sont abstenus. On va y revenir. Mais donc, souvenez-vous, ce projet de loi de finances avait été rejeté à l'Assemblée nationale. Il n'y avait qu'une seule voix pour la semaine dernière. Et donc, depuis une semaine, les sénateurs ont donc réécrit leur version du texte en partant de la coupée du gouvernement. – Alors, comment les sénateurs ont modifié ce texte ?
La majorité de la droite et du centre dit avoir écrit une version qui n'alourdit pas trop la facture pour les entreprises, mais qui met une large partie des Français à contribution. Les sénateurs ont ainsi supprimé la hausse d'impôts exceptionnels sur les sociétés prévues par le gouvernement sur les grandes entreprises qui ont réalisé des bénéfices. Une surtaxe qui devait rapporter 4 milliards d'euros dans les caisses de l'État. Mais les sénateurs de droite ne veulent pas aggraver l'incertitude économique avec cette mesure exceptionnelle.
Autre mesure, la majorité sénatoriale a réécrit le dispositif du gouvernement qui visait à taxer les holdings, en excluant notamment de l'impôt les actifs financiers, la trésorerie détenue par les holdings. En revanche, il y aura un gel du barème de l'impôt sur le revenu, les impôts qui vont donc augmenter mécaniquement avec l'inflation, sauf pour la première tranche. On note aussi la suppression de l'abattement de 10% pour les retraités, cet abattement qui ressemblait à l'abattement pour frais professionnels avec un seuil à 3 000 euros. C'est votre amendement, Christine Lavarde. Comment qualifiez-vous la copie budgétaire sur ce volet recettes ?
Est-ce qu'il y a des efforts pour tous, mais on préserve les entreprises ? C'est ça la lecture politique de votre texte ? Il y a des efforts qui sont portés par tous. En tout cas, nous nous partageons une vision qui est que les entreprises ne doivent pas être les vaches à lait de la fiscalité et de toute façon, le recours à la fiscalité, là encore, est une mauvaise réponse. C'est-à-dire qu'effectivement, à court terme, on a des recettes immédiates, mais sur le moyen terme, plus d'investissement des entreprises, plus de recrutement, donc conséquences sur l'emploi.
Certains vont aller installer leur chaîne de production ailleurs, alors même qu'on n'arrête pas d'entendre qu'il faut réindustrialiser, remettre de l'emploi manufacturier dans notre pays. On finit par prendre les décisions qui vont vraiment à l'encontre de cette politique publique qui relève aussi de l'aménagement du territoire. Donc finalement, nous avons choisi d'avoir une copie équilibrée. On le dit et il faut que tout le monde en prenne conscience, aujourd'hui, on est face à un mur de déficit. Notre budget n'est plus du tout équilibré et chaque année, c'est de pire en pire. Donc il faut que tout le monde porte des efforts et des efforts qui sont mis à la juste charge de chacun.
Donc par exemple, avec un impôt sur le revenu qui va mécaniquement augmenter avec l'inflation et donc la fin de l'abattement de 10% pour certains retraités les plus aisés, c'est ça ? Exactement. Ce n'est pas la fin totale, mais on a abaissé le plafond qui, jusqu'à présent, était autour de 4 600 et qui va descendre à 3 000 euros. La question qui se pose également, Quentin, c'est de savoir si ce texte peut servir de base à un accord politique avec d'autres groupes du Parlement pour sortir de cet impasse budgétaire. Voilà, rien n'est moins sûr, Oriane. Cette copie est inacceptable pour la gauche qui a donc voté contre hier lors du vote sur la partie recette.
Écoutez Isabelle Briquet, sénatrice socialiste. C'est un budget pro ceux qui ont les moyens de pouvoir contribuer et qui, du coup, ne vont pas contribuer puisque toutes les taxes qui avaient été annoncées, que ce soit sur les holdings, que ce soit aux revenus, elles ont été clairement vidées de leur substance. Alors, à droite, est-on prêt à faire un pas vers la gauche pour sortir de l'impasse ? Écoutez le sénateur David Marguerite, sénateur LR.
Je fais partie de ceux qui considèrent qu'il vaut mieux à l'arrivée qu'il n'y ait pas de budget tout de suite plutôt qu'un très mauvais budget pour les Français. Les discussions auxquelles on a assisté à l'Assemblée nationale étaient extrêmement préoccupantes pour l'avenir de notre pays. Et moi, je préfère en effet que si le compromis n'est pas possible, que nous n'ayons pas un budget qui soit un budget des horreurs fiscales et un budget qui vienne finalement étouffer complètement la croissance qui est déjà très faible dans notre pays. Et donc, la responsabilité, je l'espère, l'emportera en évitant ce risque.
On l'entend, un certain à droite qui se prépare à la possibilité d'une loi spéciale faute d'accord entre les deux chambres du Parlement et les différents groupes politiques. Au milieu, les centristes qui redoutent cette polarisation des positions de chaque camp. Écoutez Loïc Hervé.
Il n'y a quand même pas de grande volonté de la part d'un certain nombre de partis politiques, notamment, d'aller vers le compromis. On n'a pas le choix. Les Allemands, d'autres démocraties européennes nous montrent que face à un éclatement de la représentation politique à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas d'autre choix. Donc, chacun doit faire des efforts. Un peu ras-le-bol des lignes rouges dans tous les sens. Et il faut que chacun prenne en compte les contraintes de l'autre et essayer de trouver un compromis pour donner un budget au pays. Christine Lavarde, elles sont où les mains tendues dans ce budget aux autres groupes politiques,
notamment de gauche ? Mais là, on parlait du budget du Sénat. Au Sénat, la majorité sénatoriale de la droite et du centre est largement majoritaire. Donc, vous votez votre copie ? Mais c'est normal qu'on vote notre copie. On exprime le message de ce qui, pour nous, est un budget sérieux, est un budget qui permet de remettre le pays sur une trajectoire de croissance, ensuite arrivera. Mais est-ce que vous dites là ? Là, on va en CMP où il faut trouver un accord député et sénateur avec notre copie. Mais par contre, en CMP, on lâchera et on essaiera de lâcher sur cette mesure pour aboutir à un compromis. À ce stade, on ne s'est pas dit on vote ça parce que derrière, ce sera un gage pour la CMP.
Par contre, je le redis, l'année dernière, la CMP a réussi à être conclusive. Il n'y a pas de raison que cette année, on n'y arrive pas. Ce sont exactement les mêmes équilibres politiques qui seront présents en CMP. Nous saurons être responsables. Mais responsables, ça ne veut pas dire se compromettre. Ça veut dire quand même qu'on a des visions politiques qui diffèrent. Moi, je reste persuadée que taxer pour taxer, c'est vraiment une réponse de court terme, juste pour s'assurer une survie politique. Mais ce n'est absolument pas une réponse de long terme. Oui, mais le bloc central avec les LR, l'ancien, c'est que le commun est majoritaire dans cette commission disparitaire.
Est-ce qu'il va quand même sortir un texte, même si c'est conclusif, qui sera acceptable par la gauche derrière ? Ça dépend aussi de là où la gauche met ses lignes rouges. À ce stade, eux non plus ne sont pas prêts à faire beaucoup d'efforts. Je suis désolée, mais vouloir revenir sur la réforme des retraites, c'est quand même vraiment vouloir fermer les yeux sur toute réforme et toute transformation dans ce pays. Et on le voit, on a commencé l'examen des dépenses au Sénat. Aujourd'hui, personne n'est prêt à faire d'économie. On est en situation de déficit. Personne ne veut se dire que notre pays a besoin d'être très formé. On l'entend, on va vers l'impasse politique et budgétaire.
C'est ce qui se dessine a priori. Donc, on irait vers une loi spéciale qui permet d'éviter le shutdown, d'éviter la banqueroute comme l'an dernier. Mais on est d'accord, Madame Lavarde, que ce n'est pas une solution viable parce qu'on voit pourtant certains LR qui prônent cette solution à l'image de Bruno Retailleau, le président de votre formation politique. De toute façon, la loi spéciale, quelle va en être la conséquence ? On va se réunir, on va voter un texte entre le 25, enfin au moment des périodes de Noël, très bien, et puis on reviendra en janvier et on recommencera. Donc finalement, est-ce qu'il ne faut pas aussi…
L'accord politique et les lignes politiques, elles seront exactement les mêmes au mois de janvier qu'au mois de décembre. Donc ce qui a échoué en décembre ne marchera pas en janvier ? Et de toute façon, avec la loi spéciale, on l'a vu l'année dernière, il y a des conséquences automatiques qui nécessitent de reprendre très vite un texte de loi de finances, puisque par exemple avec la loi spéciale, il n'y a pas du tout de réindexation du barème de l'impôt. Donc là où il semble y avoir un accord, à savoir qu'il faut éviter l'entrée dans l'impôt entre 200 000 et 300 000 foyers, nécessite d'avoir un texte de loi.
Donc je pense qu'aujourd'hui, dans la copie du Sénat, il y a quand même un certain nombre d'éléments qui répondent à ces attentes de protéger vraiment les plus fragiles, de mettre à contribution ceux qui en ont les moyens.
Après, certains estiment qu'il y a un mouton qu'il faut tondre jusqu'à la peau, et d'autres qui estiment qu'il faut qu'il y ait un esphort qui soit largement réparti, et qui engrange aussi un effort sur l'administration elle-même, sur les services publics, leur réorganisation, parce qu'aujourd'hui, on continue à faire de la politique du chèque à tout va, sans se dire qu'il faut peut-être, à certains endroits, diminuer le recours au public pour laisser aussi la libre initiative.
On l'a vu avec la cartographie de l'hémicycle que je montrais tout à l'heure, il y avait un vote très large de la droite et du centre sur la partie recette hier, et même des sénateurs RDPI, c'est-à-dire des sénateurs macronistes. On note donc l'abstention des indépendants. Le groupe des élus Horizons, la ligne blanche que j'évoquais dans l'hémicycle, donc le parti d'Edouard Philippe qui se sont abstenus, selon eux, ce texte contient encore trop d'impôts. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Alors, dans la ligne blanche que vous montriez, il y avait aussi le groupe des radicaux, donc il y a un groupe qui est majoritairement à gauche, donc eux, ce n'est pas très étonnant qu'ils ne votent pas le budget. Mais qu'Horizon ne vote pas le budget ? Mais alors, qu'Horizon ne vote pas le budget, il faut quand même voir que la copie du Sénat diminue entre 11 et 12 milliards la pression fiscale par rapport à la copie initiale du gouvernement, donc il y a vraiment un mieux. Parce que l'AFP disait 6 à 8, vous, vous chiffrez plutôt 10 à 11.
En tout cas, l'article d'équilibre tel qu'il a été présenté par le gouvernement dit qu'il y a un écart entre un peu plus de 11 milliards par rapport à la copie du gouvernement. Alors, il y a des sujets compliqués parce que dans la fiscalité, il y a des mesures qui concernent les collectivités. Est-ce que c'est de la baisse de la fiscalité ? Est-ce que c'est de la baisse sur les collectivités ? Mais on va dire qu'en termes de fiscalité pure entre entreprises et ménages, on n'est plus sur le chiffre que vous indiquez. Donc, c'est vrai que c'est quand même une amélioration par rapport à la copie du gouvernement.
Et je me suis quand même fait la réflexion que si, effectivement, le groupe ici, Horizon, n'était pas capable de voter favorablement une copie qui améliore, je vois mal comment ils vont pouvoir voter les copies de l'Assemblée nationale qui, elles, vont plutôt dans le sens d'une augmentation de la fiscalité, aussi bien sur le PLFSS que sur le PLF. – Mais qu'est-ce qui se joue politiquement, pardon, avec Horizon ? C'est une émancipation par rapport aux autres groupes de droite ? Enfin, comment vous l'expliquez politiquement, pardon ? Ils veulent jouer leur carte.
– En tout cas, ils portent un discours sur lequel, moi, je peux me reconnaître, le discours toujours de la modération fiscale, de penser à l'avenir plutôt qu'au court terme. Après, c'est là où je dis, il faudra aussi être responsable au moment de la commission mixte paritaire. J'espère qu'ils reviendront, voilà, ils seront avec nous en commission mixte paritaire. On compte sur eux pour avoir une majorité. – Et dans ce contexte, est-ce que la situation de l'incertitude politique et budgétaire va peser sur les municipales ? On est à J-100 du scrutin, c'est le 15 mars que les Français sont appelés aux urnes pour élire leur maire.
Et on va rencontrer, justement, un maire, un maire qui cumule, alors pas les mandats, mais sa fonction et son métier. Bonjour Fabien Ruinet, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire LR de Talence et dans l'agglomération de Dijon en Côte d'Or. Vous êtes à la fois maire et chef d'entreprise. On imagine que vos journées sont extrêmement millimétrées. Racontez-nous.
– Alors, elle l'était déjà au départ, quand j'étais chef d'entreprise. Elle s'articule différemment depuis que je suis maire, c'est-à-dire depuis 2020. En fait, l'articulation d'une journée, ça commence toujours par l'entreprise, où j'y suis à partir de 7h30. Et ce qui me permet de voir mes techniciens quand ils vont partir pour poser les stores, les fenêtres et les volets, puisque mon entreprise commercialise ces produits-là. Je fais toute une matinée où je vois les commerciaux, la comptable, on reste une petite entreprise, c'est 14 salariés. Et ensuite, en début d'après-midi, je suis en mairie sur un temps compris entre 13h et 16h à peu près.
Et là, je fais toutes les réunions, si j'ose dire, techniques au sein de la ville. Je reviens ensuite à mon entreprise pour faire 15h-18h. Et à 18h, mes commerciaux partent en rendez-vous et moi, je démarre les vernissages, les expositions, toutes les activités de représentation le soir.
Donc, c'est extrêmement millimétré, extrêmement chargé. Est-ce qu'on gère sa mairie, sa commune, comme on gère son entreprise ?
C'est deux aspects différents, mais l'entreprise apporte beaucoup à la commune. Peut-être, je dirais, en matière de pilotage de projets, de financement des investissements sur la partie budgétaire, bien sûr, et la capacité peut-être à anticiper des difficultés. Peut-être, c'est quelque chose qu'on peut apporter davantage à la mairie. Mais il y a un dispositif, c'est la mairie, et c'est la mairie où il faut défendre l'intérêt général et l'entreprise, finalement, la rentabilité.
Est-ce qu'il y a des points communs et des difficultés communes, peut-être, entre la mairie et l'entreprise ?
Oui, la gestion d'équipe. La gestion d'équipe, c'est la difficulté dans les deux cas. C'est à la fois une force, c'est aussi une gestion, c'est apprendre à communiquer avec les équipes. Donc, je dirais que, oui, il y a beaucoup de points communs. Et puis, peut-être un regard plus particulier sur la gestion. On a revu, par exemple, des dispositifs d'abattement de taxes foncières pour les bailleurs sociaux. Bon, mais c'est parce que, comme nous perdons des recettes, il faut véritablement qu'il y ait une évaluation des politiques publiques. Alors, ça, c'est peut-être la fibre chef d'entreprise et l'évaluation des dispositifs aujourd'hui.
Christine Lavard, vous l'entendez, monsieur le maire, c'est des journées extrêmement chargées, extrêmement millimétrées. Et, en même temps, gérer l'entreprise, gérer le mairie, il y a des points communs, ça s'alimente. Ben, donc moi, je suis toujours élue locale. Je m'occupe toujours des questions de finances. Et j'ai toujours considéré que, finalement, si on voulait le faire de la manière peut-être la plus efficace, c'était une gestion bon père de famille, comme on gérerait son budget familial. Et il n'y a que les règles de la comptabilité qui diffèrent, mais la logique est exactement la même.
Parce qu'il faut le redire, les communes, comme les ménages, ne peuvent pas être en déficit, à la différence de l'État. Donc, on doit commencer par équilibrer son fonctionnement courant avant de pouvoir faire des investissements. Donc, finalement, un peu comme un ménage, il doit commencer par financer son alimentation, son chauffage, avant de se dire qu'il va se construire une maison. Donc, il n'y a pas besoin. Enfin, je veux dire, le bon sens suffit pour exercer des fonctions locales. Et après, au-delà du bon sens, une vraie dose d'engagement, comme le vient de le montrer le maire de Talence. Vous êtes d'accord, monsieur le maire ?
Je partage totalement.
Mais dans les deux cas, c'est une motivation de tous les jours. C'est surtout la vie familiale qui n'est pas facile à piloter aussi à côté, dont il faut parler.
Mais, en tout cas, on apprend beaucoup. Et c'est deux gestions effectivement différentes, mais passionnantes.
Merci beaucoup. Merci, Fabien Ruinet, d'avoir été avec nous pour nous parler de votre quotidien, maire de Talence en Côte d'Or. Merci d'avoir été avec nous. On continue à parler des municipales. On va au Puy-en-Velay. Cette fois, on retrouve Christophe Darne. Bonjour, Christophe. Merci d'être avec nous, rédacteur en chef de l'éveil de la Haute-Loire, directeur départemental Haute-Loire pour le groupe Centre-France. Christophe, on le disait, on est à 100 jours des municipales. Et l'occasion pour vous de faire un petit point sur cette campagne. Elle a du mal à se lancer ?
Oui, on peut dire que le compte à rebours est lancé pour les municipales.
C'est des élections qui sont d'ordinaire plébiscitées par les Français. Et pourtant, pour l'instant, elles peinent vraiment à intéresser. C'est notamment le cas en Haute-Loire. La faute essentiellement au contexte sur le plan national. Alors, du côté des électeurs, beaucoup affirment être inquiets
par les crises à répétition et l'instabilité gouvernementale.
Et donc, finalement, ne pas avoir la tête aux municipales. Pour les candidats, il n'est pas toujours facile de faire campagne et d'être entendu dans cette situation. D'autant que l'absence de budget rend compliquées les perspectives. C'est un peu comme faire un chèque en blanc quand on parle de nos projets, explique ce matin dans nos colonnes de l'éveil un maire
qui est candidat à sa propre réélection. Alors, Christine Lavarde, est-ce qu'il ne faut finalement pas craindre que ces municipales soient parasitées par le contexte national ? Et quelle est la solution pour revenir à un débat plus recentré
sur les enjeux de chaque commune ?
Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, les collectivités, elles sont dans le flou sur les ponctions qu'elles vont avoir à subir. Hier soir, j'avais le propre conseil municipal de la ville où je suis élue. Et avec le maire, on a décidé de ne pas voter les subventions aux associations au conseil municipal du mois de décembre, ce qu'on fait chaque année normalement. parce qu'on ne sait pas quel va être l'effort demandé aux collectivités. Il faut rappeler que dans la copie initiale du gouvernement, c'était 4,7 milliards d'euros sur le seul projet de loi de finances. Il y a aussi des efforts du côté de la Sécurité sociale. La copie votée hier par le Sénat ramène l'effort à 2 milliards.
On voit bien que pour les communes et les collectivités qui sont toujours appelées à contribuer, j'en fais partie, ce n'est pas la même chose entre 4,7 et 2 milliards. Et donc ce flou, je comprends que pour les élus, ce soit une vraie source d'incertitude. Parce que quand on se présente dans une campagne municipale, on vient avec des projets. Et les capacités à réaliser ces projets vont être très différentes suivant l'effort qui est demandé aux collectivités. Donc je pense que la campagne ne pourra vraiment commencer que quand on saura combien chacun est mis à contribution.
et quand on vient aussi demander un effort aux régions et aux départements qui sont finalement les premiers co-financeurs des collectivités qui viennent les aider, là aussi on peut remettre en cause un certain nombre d'investissements. Donc je pense, comme monsieur, qu'il va falloir attendre d'avoir passé le vote du collectif budgétaire pour que la campagne municipale puisse se lancer vraiment. Ça peut avoir un impact ? Est-ce que LR peut payer dans les urnes une probable possible absence de compromis ?
En tout cas, aujourd'hui, nous, ce qu'on a montré dans le vote du Sénat, c'est de dire que non, les collectivités, il ne faut pas les considérer comme des sources de dépenses et qu'elles doivent être mises à contribution de manière disproportionnée. J'aime à le rappeler, les collectivités, ce sont souvent le premier rempart de ceux qui n'ont rien. Aujourd'hui, quand vous n'avez rien, vous allez voir le CCAS de votre commune qui va vous permettre d'avoir une adresse pour recevoir du courrier, qui va vous accompagner dans vos démarches. La commune, elle est à proximité.
Vous allez pouvoir trouver un interlocuteur quand la plupart des services de l'État, c'est un numéro de téléphone, une hotline que vous arrivez à joindre avec plus ou moins de facilité. Et je pense que ça, il faut l'entendre. Les départements portent toute la politique sociale. Donc je ne suis pas certaine que les électeurs puissent en vouloir plus particulièrement. Donc elles ne vous inquiètent pas ? Nationalement, au titre des LR, elles ne vous inquiètent pas ? Non, mais je pense que les électeurs, quand ils viennent voter aux élections municipales, ils regardent les projets qui sont portés. Et d'ailleurs, il n'y a qu'à regarder.
Il y a des communes qui peuvent voter à gauche aux élections nationales et pourtant élire au premier tour des maires de droite. Donc c'est plus un projet, une personne que l'étiquette attachée au chef, à la tête de liste au moment où on va dans l'isoloir. Merci Christophe Darne, merci d'avoir été avec nous. La une de l'éveil de la Haute-Loire, J-100, qui pense vraiment un dossier autour des municipales. Merci beaucoup Christophe d'avoir été avec nous et merci Christine Lavarde d'avoir été avec notre invitée. Bonne suite d'examens du budget. Ça sera tout le week-end au Sénat. Merci d'avoir été avec nous. Quentin, on se retrouve dans 20 minutes ?
Oui, pour la revue de presse, de la presse régionale. On reviendra aussi sur les municipales, on parlera aussi de Miss France et de Noël. C'est un programme chargé. Allez, on se retrouve dans 20 minutes. D'abord, on va parler de l'Ukraine et de Vladimir Poutine qui menacent. C'est tout de suite avec Nicolas Tanzer. Bonjour Nicolas Tanzer. Bonjour Aurélien Nancini. Merci d'être notre invité, essayiste expert en géostratégie à Sciences Po. Nicolas Tanzer, on a évidemment envie d'avoir votre regard, votre analyse sur ce qui se passe d'abord autour de l'Ukraine. Des dernières déclarations de Vladimir Poutine.
D'abord, est-ce qu'il faut s'en inquiéter de ces déclarations de Vladimir Poutine qui, il y a quelques jours, déclarait être prêt si l'Europe attaquait la Russie ?
Écoutez, les déclarations de Vladimir Poutine, je vais vous dire, on ne les a pas assez écoutées au moment où il le fallait parce que ça aurait instruit les dirigeants européens sur ce qu'ils voulaient, c'est-à-dire la destruction totale, non seulement de l'Ukraine, mais de l'Europe, du modèle européen, du droit international. Et aujourd'hui, à chaque fois qu'il dit quelque chose, on en fait en quelque sorte des choux gras alors qu'il répète des choses que tout le monde sait et qu'encore une fois, qu'il répète tout le temps. C'est-à-dire qu'il est toujours, bien sûr, dans la menace. Pourquoi ? Parce qu'il a eu une politique pendant 25 ans pour nous dissuader de rétorquer, d'agir.
Et là, il a considéré que ça marchait. Là, ça marche quand même un peu moins bien maintenant depuis deux ans. Et donc, il réessaye les mêmes vieilles ficelles, en quelque sorte.
Donc, c'est quoi ? C'est une menace stratégique, en fait ? Oui, bien sûr.
Alors, il y a deux choses. Parce qu'il y a des choses qui sont réelles. Ce qui est réel, c'est qu'il veut détruire l'Europe. C'est-à-dire que, d'ailleurs, si vous aviez un plan de paix, ou soi-disant plan de paix, tel qu'il est aujourd'hui conçu par les Américains, il est certain que ça donnerait à la Russie plus de moyens pour reconstituer ses forces qui seraient un peu libérées du théâtre d'opération ukrainien. Ça lui donnerait du répit. Si, en plus, les sanctions étaient levées, ça permettrait à son économie, qui est vraiment en ruine, de reprendre un peu de couleurs. Et là, dans trois ans, il serait prêt pour attaquer l'Europe. Parce que c'est ça, son objectif fondamental.
C'est détruire l'Europe. Ah oui, bien sûr.
Détruire l'OTAN.
Alors, c'est détruire. Ça ne veut pas dire nécessairement vitrifier l'Europe et en faire une sorte de gigantesque Hiroshima. Non, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. C'est-à-dire, c'est détruire la cohésion de l'Europe, détruire les principes sur lesquels l'Europe est fondée. Et de ce point de vue-là, c'est très frappant de voir que les crimes de masse qu'il commet et pour lesquels il demande l'impunité, ça voudrait dire pour l'Europe la fin de Nuremberg. Parce que l'Europe est fondée sur le principe, quand même, ce principe de punition des crimes de masse.
Il veut, évidemment, mettre en place des gouvernements qui lui sont favorables, des gouvernements, notamment, illibéraux, notamment d'extrême droite, peut-être d'extrême gauche, d'ailleurs, aussi. Mais en tout cas, qui ne respectent pas les principes de masse. C'est ça qu'il veut. C'est ça qu'il veut. Parce qu'il veut réécrire complètement, si vous voulez, l'ordre international quel qu'il a été défini après 1945, que ce soit avec l'ONU, que ce soit avec les juridictions internationales, que ce soit avec les accords commerciaux, les obligations diverses, les régulations. Et là, il est dans une phase où il a trouvé un allié inespéré qui est Donald Trump. Bien sûr, il y a aussi la Chine.
La Chine, la Corée du Nord, l'Iran, etc. Mais vous avez cet allié inespéré qui est Donald Trump qui joue exactement la partition qu'il attend.
– Mais du coup, parce que là, il dit qu'il est prêt si l'Europe attaque, mais il dit que c'est ridicule de penser que lui va attaquer l'Europe. C'est pas si ridicule que ça ?
– Alors, il y a deux choses dans cela. Il y a un premier aspect. Quand il dit, il est ridicule de penser que je vais attaquer l'Europe, il avait dit, mais il est ridicule, c'était trois semaines ou deux semaines avant l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Mais bien sûr, il n'est pas question, et on voyait, par exemple, Lavrov, le ministre étrangère russe, qui disait partout, toutes ces rumeurs, c'est complètement ridicule. Il l'avait dit également à propos de la Tchétchénie, de la Géorgie, etc. Bon, ça, c'est la première chose. Deuxièmement, quand en revanche, là où il monte des muscles, il disait, je suis capable, mes troupes sont prêtes, non. – Il n'est pas prêt.
– Mais non, bien sûr, regardez ce qui s'est passé en Ukraine. Je veux dire, en trois ans et demi de gore total, il ne détient, plutôt, il a mis la main que sur 19,3% du territoire ukrainien, même là, il avance, il avance, il avance. Il a fait quoi ? Il a gagné 700 km² sur un pays de 600 000 km². Je veux dire, ils ne sont pas capables aujourd'hui, mais ça ne veut pas du tout dire qu'ils ne seraient pas capables dans trois ans si vous aviez ce pseudo accord de paix en Ukraine.
– Et on va en parler ? Donc, ça veut dire qu'il faut quand même se préparer à une attaque dans un futur poche ?
– Bien sûr, bien sûr. Ça ne veut pas du tout dire… – Trois ou cinquante ? – Oui, trois ou cinq ans, c'est ce que disent d'ailleurs les chefs d'état-major des armées non seulement françaises, mais aussi allemandes, polonaises, etc. Bien sûr, c'est trois ou cinq ans. Alors, ça ne veut pas dire, soyons clairs, on n'est pas dans une hypothèse de chats russes qui vont défiler sur les Champs-Elysées, qui vont défiler autour de la porte de porte de Brandenbourg à Berlin, enfin, etc., ou sur la Grand-Place à Bruxelles. Je veux dire, on n'est pas dans ce scénario-là.
– On est sur quel type d'attaque ?
– On est plutôt, alors d'abord, sur un scénario d'attaque ponctuelle plutôt sur les pays d'Europe centrale et orientale, notamment les États baltes, pas seulement, et deuxièmement, sur une multiplication, ça existe déjà, d'actes de guerre, comme des attentats terroristes, des incendies volontaires, des assassinats ciblés de personnalités. Regardez ce qui s'est passé en Allemagne l'année dernière, où le patron de Rheinmetall, qui est une grande entreprise allemande, a été victime du tentative d'assassinat. Je veux dire, vous avez eu des tentatives d'assassinat, d'actes terroristes déjoués, y compris en France. Certains peuvent être sans doute attribuables à la Russie.
Ça ne veut pas du tout dire que ce soit les agents russes qui y soient allés, mais les agents russes peuvent parfaitement payer soit des groupes terroristes, soit des groupes mafieux pour commettre leurs forfaits, sans parler des cyberattaques mortales, les vols de brôles, etc.
– Et de la cyberguerre et des ingérences électorales aussi, c'est de cette manière qu'ils voudraient dire ?
– Bien sûr, bien sûr, bien sûr. – Ah ben, ça fait partie, évidemment. On l'a vu à Moldavie, par exemple, alors ça a heureusement échoué. On l'a vu en Roumanie, ça a finalement échoué. Mais là, vous avez à voir des élections en Arménie, qui est un pays quand même extrêmement sensible, même s'il n'est pas membre de l'Union européenne, mais c'est un pays voisinage européen. Et bien sûr, vous avez des extrêmes droites, notamment dans plusieurs pays d'Europe qui jouent aujourd'hui une partition totalement pro-russes, sans parler d'un certain nombre d'agents d'influence que l'on voit parfois même sur certains plateaux de télévision, pas chez vous. Mais voilà, sur certains autres en tout cas.
– Vous nous dites que la Russie n'est pas prête à l'heure actuelle. Est-ce que l'Europe est prête, elle ?
– Alors, j'allais dire oui et non. L'Europe est prête, d'abord, parce que quand même si on regarde l'ensemble des armements que l'Europe est capable aujourd'hui d'aligner en termes d'aviation, de bâtiments de guerre, enfin navires de guerre, etc., je veux dire, on a quand même et de technologies. Si vous voulez embarquer sur nos avions, par exemple, que ce soit sur nos rafales notamment ou les équivalents d'autres pays européens, je veux dire, on a la capacité de, encore une fois, d'affronter directement une menace russe.
En revanche, nous avons quelques faiblesses, notamment sur la production de buts, sur un certain nombre de missiles également, où je pense que nous pourrions développer beaucoup plus, mais nous sommes prêts. Je veux dire, aujourd'hui, je dirais, les armées européennes, c'est quelque chose comme cinq fois plus, je dirais, les armées russes. Le PIB de l'Union européenne, c'est dix fois le PIB de la Russie.
Donc, arrêtons d'avoir peur, nous sommes prêts, mais en revanche, il y a quand même quelques segments où nous devons faire des efforts importants, nous devons aligner plus d'hommes, parce qu'aujourd'hui, notre taille d'armée, ça on le sait bien, était une taille d'armée faite pour les opérations extérieures. Là, nous avons passé à quelque chose qui s'appelle la défense territoriale de l'Europe. Donc, on doit changer complètement d'échelle.
Il y a plusieurs pays européens qui relancent des services militaires, volontaires ou obligatoires. Est-ce que ça, ça peut faire partie d'une dissuasion stratégique vis-à-vis de la Russie ou pas ?
Alors oui, bien sûr, c'est un très bon signe. C'est un signe, je dirais, parce que tout simplement, on s'aperçoit que les armées de la plupart des pays de l'Europe ne sont pas assez... Alors, pour certaines, ne sont pas assez professionnalisées. Ce n'est pas le cas en France où on a une armée de très grande qualité, professionnalisée, mais on a une armée qui n'est pas assez nombreuse. Donc, il faut absolument la renforcer. Et bien sûr, je pense que le président de la République espère que ce service volontaire sera un service qui va attirer aussi des vocations. Alors, les effets, quand même, ne sont pas immédiats. On le sait.
D'abord, parce que la formation ou la professionnalisation de jeunes, ça prend un certain nombre de temps, mais on a besoin de plus de monde pour assurer cette défense territoriale de l'Europe. Et puis, il y a notre propre défense territoriale où là, nous avons des réservistes, mais il faut professionnaliser la réserve. En revanche, je fais quand même partie de la génération qui a fait un service militaire. Je veux dire, il ne fallait absolument pas rétablir la conscription obligatoire. Ça, ça n'aurait pas de sens sur un plan strictement, je dirais, opérationnel, sur un plan d'efficacité militaire. Ça, ça n'aurait pas de sens.
Sur la guerre entre l'Ukraine à l'heure actuelle, qui a l'avantage ? L'Ukraine ou la Russie ?
Alors, aujourd'hui, je vais dire, c'est ni l'un ni l'autre, mais je dirais, la Russie aujourd'hui ne peut pas gagner, soyons parfaitement clairs. L'Ukraine aujourd'hui n'a pas encore les moyens de reconquérir tous les territoires perdus. Ça, c'est tout à fait évident. En revanche, elle tient et elle porte de plus en plus des coûts déterminants à la Russie. On le voit par exemple avec les attaques sur les infrastructures pétrolières, dépôts de carburant, raffinerie sur un certain nombre de bases militaires, sur maintenant les navires de la flotte Franto-Brus qui contournent les sanctions sur le pétrole. Et cela va augmenter.
L'Ukraine, c'est cette année 4 millions de drones produits, la meilleure technologie de drones au monde, au point que vous avez d'ailleurs une association, vous savez, dans la coopération militaire, je dirais, entre la France, par exemple, et l'Ukraine, d'ailleurs, entre la Pologne et l'Ukraine également, parce que, tout simplement, les capacités ukrainiennes sur le plan technologique sont uniques au monde. Et donc, vous savez, moi, je me rappelle plusieurs discussions que j'ai pu avoir en Ukraine au cours des dernières années. Tout le monde me dit, les Ukrainiens me disent, mais écoutez, nous, ce que nous voulons, c'est conquérir notre autonomie stratégique.
Je veux dire, terme qui a été popularisé par Emmanuel Macron, mais nous voulons conquérir notre autonomie stratégique parce qu'in fine, nous savons que nous nous défendrons tout seuls. D'ailleurs, c'est ce qu'ils font. Et je pense que là-dessus, nous, Européens, nous devrions faire beaucoup plus. Nous devrions envisager quand même très vite de mettre en place l'initiative Sky Shield, c'est-à-dire l'initiative de protection du ciel aérien pour protéger les civils ukrainiens contre les incursions de missiles et de drones russes. Il faudrait y aller très vite.
Et puis, je pense qu'à certains moments, nous devrons, d'une manière ou d'une autre, que nos forces armées, probablement surtout la composante aérienne, s'engagent directement, parce que tout simplement, la Russie nous menace tous directement. Et on ne gagne pas une guerre contre un ennemi implacable qui a décidé de lancer une guerre totale en refusant de la faire.
– Un mot sur ce qui se passe en Ukraine. Un très très proche de Volodymyr Zelensky, Yermak, a été empêtré dans un scandale de corruption. Il a démissionné. Est-ce que ça affaiblit la position ukrainienne ? Et est-ce que ça atteint le moral de la nation ukrainienne aussi ?
– Alors, deux choses. Un, bien sûr, ça affaiblit la position de l'Ukraine en ce sens que vous avez, évidemment, tous les propagandistes pro-russes qui s'en donnent à cœur joie pour essayer auprès de Trump et des opinions publiques européennes de calomnier l'Ukraine. L'Ukraine, effectivement, je ne veux pas dire que c'est brillant, soit brillante en matière de corruption, 104ème place. Bon, la Russie, c'est 155. Donc, je veux dire, ce n'est pas la Russie qui va donner des leçons. Mais il y a quand même énormément à faire. Il y a une mobilisation de la société ukrainienne sur ce sujet.
Et moi, je vois que les mêmes activistes, notamment les activistes ukrainiennes, qui se battent contre la corruption, qui ne vont rien laisser passer, ce sont les mêmes, d'ailleurs, qui sont dans la défense de l'Ukraine. Donc, ça a un effet. La tête de Yermak qui a été demandée depuis très longtemps par une grande partie de l'opinion ukrainienne, y compris favorable au président Zelensky, pas seulement des gens d'opposition, parce qu'il concentrait trop de pouvoir aussi. Il était très autoritaire et on l'accusait de surprotéger le président, ce qui n'était pas une bonne chose.
Maintenant, si vous demandez à l'opinion ukrainienne est-ce qu'il faut continuer la lutte contre la corruption, faire beaucoup plus, oui. Est-ce que pour autant, nous ne sommes pas derrière le président Zelensky dans la conduite de la guerre ? Non, nous sommes derrière le président Zelensky, c'est ce que disent tous les Écriniens dans la conduite de la guerre. Alors, ça ne veut pas du tout dire que demain, après la guerre, il va être réélu, qu'on ne lui reprochera pas tout cela. Ça, c'est un autre sujet de politique intérieure, mais ça n'a pas d'impact, si vous voulez, sur la cohésion de la nation qui ne veut pas entendre parler de manière majoritaire d'un pseudo-traité de paix.
Sur le plan paix, est-ce que Donald Trump d'abord peut aboutir, selon vous, à un plan paix ?
Alors, un, il n'aboutira pas à la paix, deux, ce n'est pas son véritable objectif, sauf, effectivement, avoir un machin qui s'appelle Traité de Té qui signe en Bavarade pour essayer de recevoir son prix Nobel, mais surtout, si vous avez un accord entre les Russes et les Américains, qui sera d'ailleurs surtout un accord de corruption, un pacte de corruption, un accord commercial, de business, entre les gens du business en Russie et aux États-Unis, ce n'est pas pour cela qu'il s'imposera à l'Ukraine et qu'il s'imposera à l'Europe. Dans leur coin, ils peuvent signer quelque chose. Alors, peut-être qu'ils le feront, en fin, et j'en sais rien.
Mais, encore une fois, ça ne nous engage pas, mais en revanche, ce que nous devons savoir, c'est que, premièrement, moi, je suis convaincu qu'il n'y aura pas d'accord de paix et que ce n'est pas une mauvaise chose parce qu'il ne peut pas y avoir d'accord de paix avec la Russie parce que la Russie, encore une fois, veut cette destruction dont je parlais, veut soumettre complètement...
L'Europe n'a pas intérêt à un accord de paix parce que ça permettrait à l'Ukraine... Mais bien sûr, et je pense qu'aujourd'hui,
les Européens... Voilà, exactement. Et je pense qu'aujourd'hui, les Européens, quand ils disent, voilà, il faut parvenir, il faut continuer à négocier, ils sont... D'ailleurs, ils le savent, les dirigeants européens. Ils sont dans une sorte de jeu de mots, de théâtre d'ombre. Ils sont dans une sorte de répétition des vieux mantras diplomatiques qui, avec la Russie, n'ont pas de sens. Ça n'a aucun sens, aujourd'hui. Je veux dire, la Russie ne veut pas la paix et même s'il y avait une sorte de trêve, si vous voulez, de cesser le feu, ce serait un moyen pour la Russie de regagner des forces. Donc, soyons très attentifs à tout cela. Mais du coup,
si l'Europe n'a pas intérêt à la paix, comment on s'en sort de...
Il faut gagner la guerre. Il faut gagner la guerre. Je veux dire, on est dans un scénario qui est quand même un scénario de 1945. Je veux dire, on peut faire toutes les différences que l'on veut entre Poutine et Hitler. La Russie n'est pas l'Allemagne nazie. Ok, très bien. Mais on est dans un scénario avec un pouvoir qui n'entend pas la raison. On est dans quelqu'un qui veut vraiment, comme je le disais tout à l'heure, réécrire complètement l'ordre fondé à Nuremberg qui veut vraiment avoir le pouvoir de torturer, d'assassiner. C'est ce qu'il fait.
Il ne faut jamais oublier quand même que l'Ukraine et avant la Tchétchénie, la Géorgie, ce sont des centaines de milliers de victimes civiles, donc des centaines de milliers d'assassinats perpétrés par la Russie. Je veux dire, cette réalité-là, elle reste avec nous. Elle reste avec nous dans chaque ville conquise par la Russie. Vous avez à chaque fois des chambres de torture qui sont installées. Vous avez, Mme Zelenska était à Paris récemment, elle a parlé de l'initiative Bring Kids Back, faites revenir les enfants. Vous avez plus de 20 000 enfants déportés de force par la Russie pour un certain nombre d'entre eux sur les territoires occupés qui commencent déjà à être enrôlés.
Si vous avez des territoires qui restent cédés à la Russie, vous allez avoir 1,6 million d'enfants et d'adolescents qui vont être enrôlés dans l'armée russe pour servir de chair à canon contre leurs frères et soeurs ukrainiens et demain contre l'Europe.
Mais est-ce que là, les Européens, ils ne sont pas pris de vitesse par les États-Unis de Donald Trump et est-ce que l'Ukraine ne va pas se retrouver contrainte de devoir céder des territoires ?
Je veux dire, l'Ukraine n'est pas du tout contrainte. Je veux dire, encore une fois, l'Ukraine a la capacité Alors, bien sûr, on va dire que les États-Unis, d'ailleurs c'est ce qu'ils vont faire un jour ou l'autre, retirent leurs renseignements militaires. Ça va poser un problème d'ailleurs surtout pour l'observation des missiles russes qui arrivent sur le territoire ukrainien. Parce que le rentement
n'a pas compensé ?
Pour ça, ils sont en train de progresser mais pas immédiatement. Mais ce n'est pas sur le champ de bataille. C'est pour la protection effectivement des civils et ça, ça pose un véritable problème. Mais ça ne veut pas du tout dire qu'on est dans l'effondrement. Je veux dire, et de toute manière, je veux dire, les Européens doivent être clairs là-dessus. Aujourd'hui, les États-Unis ne sont plus notre allié. Ils sont devenus notre ennemi.
Emmanuel Macron a chef sa quatrième visite d'État en Chine. Xi Jinping a opposé hier une fin de non-recevoir aux demandes du chef de l'État français de faire pression sur la Russie pour un cessez-le-feu. C'était prévisible ou c'est un échec d'Emmanuel Macron ?
Non, c'était totalement prévisible. Je pense qu'Emmanuel Macron a eu raison de l'évoquer, bien sûr, parce qu'il est important de rappeler quand même un certain nombre de règles, de principes. En revanche, je suis totalement certain qu'il ne se faisait absolument pas d'illusion. Je pense qu'il y a deux ans, il était encore dans l'illusion qu'on pourrait jouer la Chine contre la Russie. De même qu'il y a 5-6 ans, il était dans l'illusion qu'on pouvait jouer la Russie pour se protéger de la Chine. Tout ceci, évidemment, ce sont des coxigrues invraisemblables. Ça n'a aucun sens. Aujourd'hui, je pense qu'il est parfaitement réaliste.
D'ailleurs, il suffit de regarder, la Chine donne des livres des armements à la Russie, fournit ce qu'on appelle des composants à double usage, c'est-à-dire des composants civils qui servent, je dirais, à fabriquer du matériel militaire, achètent du pétrole russe et de toute manière, Xi Jinping, à la différence de Jiang Zemin et de Ru Jintao, de ses prédécesseurs, est sur un projet de réécriture complet de l'ordre international. Donc, ils sont alignés, ils ne sont pas, je ne dirais pas alliés parce qu'il y a un grand partenaire et un tout petit derrière, le grand étant la Chine et le tout petit étant la Russie. Mais juste,
quel rôle joue la Chine dans cette guerre en Ukraine ? Est-ce qu'ils sont neutres ou est-ce qu'ils sont des soutiens russes déguisés ?
Ce sont des soutiens de la Russie, de même que l'Inde et le Brésil, soyons parfaitement clairs.
De quelle manière ils aident la Russie ?
Ils aident la Russie, justement, d'abord en fournissant des armes, en fournissant, en achetant, en donnant de l'argent, en ayant des accords de coopération très larges, très avantageux pour la Chine parce qu'in fine, bien sûr, c'est la Chine qui va mettre la main, je dirais, de fait, sur les richesses russes parce qu'il y a un écart de puissance telle entre les deux qu'il n'y a pas... Mais aujourd'hui, disons, la Russie est en quelque sorte un instrument qui fait le sale boulot dans le cadre des ambitions idéologiques de Xi Jinping qui est effectivement la réécriture du droit international. Je vais vous donner un seul exemple.
Vous savez, la Chine a été très inaperçu en France en mai de cette année à créer à Hong Kong, déjà remets sous le joug chinois total, une organisation internationale de la médiation qui vise à apporter la médiation dans les conflits internationaux mais à la mode chinoise. Tout simplement parce que vous avez une institution internationale qui est la cour permanente d'arbitrage qui est une des grandes juridictions internationales cis à la haie comme les autres juridictions internationales qui a donné tort à la Chine dans le conflit sur la délimitation des zones dans la mer de Chine méridionale. Ils ont dit non, mais nous on va donner notre vision du droit international.
Et vous avez déjà 37 ou 38 états qui sont membres de cette organisation pour contester toutes les organisations qui ont été créées après la seconde guerre mondiale. Donc il y a aujourd'hui un révisionnisme chinois qui est absolument total. Et en plus la Chine regarde ça aussi de très près parce que si l'Europe même plus question des Etats-Unis cède sur l'Ukraine la Chine va se dire nous on n'a aucune raison de ne pas aller envahir Taïwan parce qu'on sait très bien qu'il ne bougera pas. Donc c'est aussi un test et la Chine regarde ça évidemment de très près.
Mais quand Xi Jinping dit qu'il soutient tous les efforts de paix il faut le croire ou pas ?
On est vraiment on est dans je dirais de la poudre aux yeux je veux dire on n'est pas avec un pouvoir pas civil. La seule chose semble-t-il qui soit réelle c'est que la Chine a dissuadé un peu la Russie d'utiliser l'arme nucléaire. Ça c'est vraisemblable.
Qu'est-ce qu'ils l'auraient fait ?
C'est pas complètement exclu qu'ils auraient pu le faire. Personne ne sait
Ça veut dire que la Chine si elle le voulait elle pourrait faire pression sur Poutine ?
Bien sûr mais encore une fois je veux dire le pouvoir économique est tel parce qu'il suffit que la Chine dise écoutez Poutine si vous ne m'obéissez pas on arrête de vous acheter du pétrole ça a immédiatement un impact je dirais sur les finances et donc le financement de la guerre russe.
Merci Nicolas Tenzer. Merci beaucoup de nous avoir livré votre analyse. Votre dernier livre je le mentionne Fin de la politique des grandes puissances c'est aux éditions de l'Observatoire. Merci beaucoup d'avoir été notre invité et de nous avoir éclairé sur ce qui se passe actuellement on va passer à un autre sujet on va revenir en France on va voir ce qui se passe à la lune de nos régions.
Et sujet beaucoup plus léger je vous emmène au château royal de Blois il a revêtu vous allez le voir ses habits de lumière à l'arrivée des fêtes de Noël l'artiste Jérémy Mello propose avec ses installations lumineuses un dialogue entre la Renaissance et 2025 au programme une lune de vœux une balançoire lumineuse ou encore un voile de guirlande un parcours immersif qui se nomme rêve chromatique et qui invite le visiteur au voyage.
C'est un reportage d'Hélène Chapelet pour nos partenaires de Val-de-Loire TV Dans la cour centrale du château royal de Blois une lune vient d'être installée une œuvre qui reflète les différentes façades et époques des bâtiments un peu plus loin dans la chapelle Saint-Calais des centaines de points lumineux il compose un cube virtuel aux couleurs changeantes un rappel des vitraux présents sur place des installations que l'on doit à l'artiste Jérémy Bellot qui a eu carte blanche pour mettre en valeur le monument pour les fêtes de fin d'année
Finalement ces lieux ils ont aussi en permanence été le vecteur des évolutions de leur temps des évolutions liées à l'histoire des destructions des reconstructions mais aussi de l'évolution des pratiques les pratiques des bâtisseurs les pratiques des artisans du vitrail notamment donc ce sont des lieux qui sont dans une continuité et aujourd'hui on se les approprie avec d'autres méthodes d'autres pratiques
A découvrir également dans la salle des états généraux ces deux étoiles de 5 mètres de haut dont l'installation se terminait alors des créations en métal qui renvoient à la symétrie de la pièce un mélange des époques assumées entre le lieu qui date de 1214 et ses propositions artistiques
Nous on fait Noël avec de la création contemporaine en étant persuadés qu'il y a un intérêt à avoir cette rencontre entre l'art ancien et l'art d'aujourd'hui
parce que c'est des formes d'expression qui sont complémentaires qui sont cohérentes aussi les unes avec les autres et puis on fait intervenir des artistes qui jouent avec le patrimoine
et ce qui fait plaisir c'est qu'en plus cette année on invite un artiste qui est de la région qui vit et travaille à Beaujancy donc on valorise un artiste local
A l'intérieur du château pas de sapins mais des créations faites de guirlandes des œuvres lumineuses qui viennent illustrer les décors déjà présents et rappeler que la féerie de Noël c'est pour bientôt et voilà c'est beau ces images Quentin c'est très beau belles images ça donne envie bon vous aussi vous allez nous parler de Noël mais pas tout de suite parce que d'abord on est à combien des municipales ?
On est à 100 jours 10 moins 100 on l'a beaucoup dit depuis le début c'est la presse régionale on l'a beaucoup dit effectivement depuis le début de cette émission nous sommes à 100 jours du scrutin effectivement le Berry républicain se demande qui pense vraiment dans le chair visiblement la campagne qui peine à commencer alors qu'en Bretagne c'est visiblement différent le télégramme à Brest qui dit que les candidats répondent présent le journal dans ses pages intérieures qui revient notamment sur deux lois pour favoriser les vocations déjà il y a la loi qui instaure la parité femmes-hommes sur les listes électorales y compris dans les communes de moins de 1000 habitants il y a aussi la proposition de loi sur le statut de l'Elie avec plusieurs mesures très concrètes pour améliorer la vie quotidienne des maires qui devraient être adoptées d'ici mars prochain et on va reparler de ces municipales J-100 on sera dans quelques instants du côté de Nice avec Baptiste Bisse qui nous fera un point sur les Alpes-Maritimes et sur le Var mais d'abord on continue la revue de presse Corse Matin qui titre sur la ruée sur les vaccins oui en ce moment une demande exceptionnelle au point de faire craindre lecture de stock explique ce matin le journal Corse au moment où plusieurs régions de métropole entrent officiellement en Rian dans une épidémie de grippe c'est le cas de l'Ile-de-France de la Normandie de la Nouvelle-Aquitaine on le rappelle la vaccination est gratuite pour les publics à risque pour tous les plus de 65 ans les femmes enceintes et aussi les personnes souffrant de maladies chroniques l'indépendant le journal de Perpillon titre sur les conséquences de l'instabilité économique voilà Pyrénées-Orientale chez les notaires le rush des donations les propriétaires s'inquiètent des frais de succession en cette fin d'année marqués par l'instabilité économique les notaires se veulent rassurants il n'y a pas de changements cruciaux cette année tout serait parti des propos de la présidente de l'Assemblée nationale qui avait émis l'idée de taxer les successions et on garde cette une parce qu'on voit aussi l'autre actualité à la une de l'indépendant Oriane le concours Miss France c'est demain soir la cérémonie aura lieu à Amiens Miss Roussillon Déborah Adelin-Chabal qui vise la couronne alors Oriane est-ce qu'il y a un pronostic paroie de dire Miss Corse ah ouais si je peux pas dire Miss Corse je vais dire la vôtre du coup Miss Centre Val-de-Loire ah c'est sympa c'est votre Miss du coup allez on va parler de Noël premier rush dans les commerces avant Noël voilà petit rappel qu'il y a les cadeaux de Noël à trouver pour toute la famille les commerçants nantais comptent beaucoup sur ce week-end et notamment sur la première ouverture dominicale pour lancer la période des achats de Noël certaines villes comme Marseille qui rendent d'ailleurs gratuit le stationnement en centre-ville pour faciliter ces achats de Noël bon et tradition évidemment Quentin pour les gens qui nous suivent ils le savent Quentin le vendredi c'est marché de Noël voilà on va à Dijon c'est la une du bien public marché de Noël des créateurs dit rendez-vous à Dijon près d'une dizaine de marchés d'artisans sont organisés pour trouver un cadeau local et original c'est pas mal avec des objets à acheter aussi pourquoi pas des produits gourmands c'est ce qu'on lit dans le journal fromage truffes foie gras truite ça c'est si vous préférez l'option gastronomie merci Quentin à vendredi prochain pour notre marché de Noël allez on continue d'avoir été avec nous allez on reparle des municipales et on l'a dit J-100 avant le premier tour du scrutin ce sera le 15 mars et ça fait la une vous l'avez dit Quentin de la presse régionale on va aller à Nice bonjour Baptiste Bise merci beaucoup d'être avec nous bonjour Rian de la rédaction du groupe Nice Matin Baptiste et à lire aujourd'hui dans vos éditions Nice Matin Var Matin 8 pages consacrées aux municipales vous proposez un dossier spécial à vos lecteurs
oui c'est vrai qu'à la rédaction de Nice Matin et de Var Batin nous avons vraiment pleinement conscience de notre responsabilité dans la période qui s'ouvre je dis souvent que l'on fait véritablement société et même que l'on fait véritablement république quand on s'informe avec son journal local nous avons donc à coeur de prendre toute notre part dans l'animation du débat public et dans l'avis démocratique de nos départements du Var et des Alpes-Maritimes le numéro exceptionnel de Nice Matin et de Var Matin que vous trouverez en kiosque aujourd'hui et sur nos sites internet depuis hier soir donne le coup d'envoi de notre dispositif éditorial dans chacune de nos 7 éditions nos lecteurs découvriront 6 pages spéciales avec 100 propositions d'habitants de nos différents territoires suivront des dossiers thématiques des reportages sur le terrain au plus près des préoccupations des électeurs et puis sur internet aussi une newsletter dédiée des vidéos de décryptage et une plateforme participative sur notre site pour permettre à nos lecteurs de soumettre leurs propositions aux candidats de leur commune dans les communes les plus disputées Nice Matin et Var Matin organiseront par ailleurs des débats je vous inviterai à ce moment-là à en parler on sera en janvier ou en février et puis pas seulement dans les villes sur lesquelles les projecteurs seront braqués nos 180 journalistes professionnels présenteront les candidats décrypteront les projets et ils analyseront les enjeux en toute indépendance j'insiste avec rigueur sans parti pris
et dans le respect de la diversité des opinions Quels sont les sujets Baptiste de préoccupation de ces habitants auxquels vous donnez la parole ce matin
Alors c'est vrai que vous parliez de Noël juste avant c'est un peu la liste au Père Noël qu'ont fait nos lecteurs à Toulon à hier dans l'ouest du Var les personnes que nous avons interrogées nous parlent beaucoup de sécurité de propreté dans l'espace public aussi dans le Haut-Var qui est plus rural autour de Brignol et de Draguignan il est beaucoup question des moyens à mettre en oeuvre pour donner du souffle aux villages et aux villes du secteur puis du côté de Saint-Raphaël et de Saint-Tropez toujours dans le Var les habitants réclament des améliorations concrètes pour leur vie quotidienne dans les Alpes-Maritimes l'une des préoccupations majeures c'est le logement dans la métropole de Nice à Cannes à Antibes à Grasse on nous parle aussi bien de stationnement que d'air pour les chiens et d'animation pour les enfants puis à Menton les propositions que nous avons recueillies elles portent beaucoup sur l'offre commerciale sur la politique culturelle ou encore sur l'accès au service
Et Baptiste un dernier mot parce que c'est quand même important de parler des poichots dans vos deux départements
Oui et on n'en manque pas à Toulon la question sera de savoir si le RN peut reprendre la mairie avec la députée Laure Lavalette à Menton la campagne sera forcément suivie au niveau national car le fils de Nicolas Sarkozy affronte la députée RN Alexandra Masson à Cannes on ne voit pas trop ce qui pourrait arriver au président de l'association des maires de France David Lysnard qui est candidat à sa succession et puis si on ne votera pas à Monaco on suivra la situation dans la commune française limitrophe de Beausoleil où Nicolas Spinelli est candidat face à son père le maire sortant Gérard Spinelli enfin vous suivrez comme nous le duel des droites que se livrent Christian Estrosi et Éric Ciotti à Nice la campagne est déjà bien lancée les coucougnettes vont s'agiter dans tous les sens a prévenu le maire sortant en début de semaine vous voyez que le ton est donné
Merci beaucoup Merci Baptiste d'avoir été avec nous depuis Nice on regarde la une de vos journaux sans idée pour vos communes c'est donc à lire ce matin dans vos journaux Baptiste directeur de la rédaction du groupe Nice Matin il y a Nice Matin avant matin maintenant qu'on matin merci beaucoup Baptiste Bise d'avoir été avec nous et on va parler de ces municipales bonjour Tam Tranui bonjour merci d'être là directrice adjoint de la rédaction de Public Sénat et bonjour Pablo Piovivien bonjour merci également d'être avec nous rédacteur en chef de la revue Regards on en parlait à l'instant avec Baptiste il y a de forts enjeux alors évidemment il y a de forts enjeux dans les villes mais est-ce que finalement compte tenu du contexte politique national des difficultés au Parlement pour trouver un compromis Tam ça va être plutôt un scrutin local avec quand même un enjeu national on a tendance à dire généralement que le scrutin municipal c'est un scrutin qui est pour de nombreuses villes déconnecté de la vie politique nationale avec notamment la prime au sortant etc.
on va dire ça c'est une habitude mais c'est vrai que là on est dans un scrutin on est dans un scrutin qui forcément va être aussi bouleversé par le contexte politique national c'est une situation qui inquiète les français les maires on a tout le sujet du budget des collectivités qu'on a entendu tout au long des congrès des collectivités qui bien sûr aussi impactent tout de même cette campagne avec vous ne pouvez pas faire tout à fait les mêmes promesses de campagne quand vous craignez infiniment pour votre budget que vous ne savez pas sur quel pied vous allez danser et puis il y a aussi eu une note de la fondation Jean Jaurès cet été qui a averti sur le fait que la dichotomie qui existait jusque-là de façon très claire entre la vie politique nationale et la vie municipale pouvait commencer à se réduire avec un certain nombre de villes on peut commencer à le voir une montée notamment de l'extrême droite on va bien sûr prêter énormément attention notamment à ce que va faire le rassemblement national dans le sud-est et puis on voit même on a entendu Laurent Wauquiez hier maintenant qui appelle à voter contre pour tout le monde sauf la France insoumise donc on entend quand même un certain nombre de villes où par exemple il pourrait y avoir des tentatives d'union des droites Bourg-en-Bresse par exemple ce sera une ville à laquelle on prêtera beaucoup d'attention et on sait qu'il y a déjà cette union des droits qui se constitue c'est vrai qu'on observait ces derniers mois ces dernières années deux scrutins les scrutins nationaux où il y avait les macronistes à la FI le RN qui étaient en position de force et les scrutins locaux où le LR et le PS gardaient un ancrage fort et où on avait cette espèce de parti traditionnel qui n'existe plus quasiment au niveau de la vie politique nationale qui effectivement continuait à représenter ces élus en lesquels les français ont confiance qu'ils connaissent depuis longtemps et qui n'ont pas démérité bien sûr sur le terrain Pablo, le contexte national il va jouer plus que d'habitude ?
Je ne sais pas s'il va jouer plus que d'habitude en tout cas aujourd'hui tout ce qui se passe toutes les problématiques en fait des gens qui touchent leur quotidien dans leur ville ou dans leur village ne sont pas très présentes dans les campagnes qui sont menées par les différents acteurs municipaux les acteurs en campagne là pour l'instant ce dont ils s'occupent c'est la composition des listes et avec qui je vais faire alliance on ne parle que de ça dans les villes moyennes et dans les grandes villes c'est alors avec qui LFI va aller est-ce qu'ils vont aller avec le parti social enfin ils ne vont jamais avec le parti socialiste mais est-ce qu'ils vont aller avec les écologistes est-ce que les écologistes vont avec les socialistes genre lorsque vous êtes du côté de la droite je prends par exemple l'exemple de Marseille toute la question n'est pas de savoir qu'est-ce que raconte Martine Vassal mais est-ce qu'elle va faire une alliance avec le Rassemblement National et il en va de même pour des candidats Renaissance c'est à qui Renaissance a donné sa validation alors est-ce que c'est à Ola c'est à Lyon etc et comment ça se passe et Ola c'est à le soutien de T mais au fond on ne parle pas du quotidien des gens on ne parle pas en fait de toutes les problématiques que vont avoir à gérer ensuite les maires donc oui il y a un brouillage à ce niveau-là peut-être comme le disait Tam c'est-à-dire qu'il y a effectivement une prise de force en fait de la part du national sur le local mais ça va aussi il y a une étude qui est sortie hier du Cevipov qui montrait que ce dont étaient le plus inquiets les Français aujourd'hui et c'est la première fois dans l'histoire de cette étude que la première inquiétude des Français c'est la crise politique auparavant c'était la crise économique l'écologie la guerre que sais-je la dette là c'est la crise politique c'est-à-dire que tout d'un coup les Français et les Françaises et je pense d'ailleurs qu'ils ont raison à ce niveau-là voient tous ces représentants tous ces élus tous ces partis en fait qui font notre vie démocratique qui fondent notre vie démocratique aussi ils se disent mais on n'a plus rien à voir avec ça et je pense que ça effraie et c'est peut-être aussi pour ça que tout d'un coup il y a un raccrochage entre ce qui se passe au niveau national et ce qui se passe au niveau local Je pense aussi qu'il y a une prise du local sur le national parce qu'on voit aussi un certain nombre de parlementaires qui ne veulent pas forcément aller jusqu'à la dissolution en raison des élections municipales et qui disent tous évidemment qu'on ne va pas assister à un bazar parlementaire et politique absolu juste avant ces élections ces élections sur lesquelles on va avoir quand même un regard aussi qui va nous influencer sur la présidentielle ça je pense qu'il y a quand même cette dimension de les municipales vont-elles aussi constituer un galop d'essai pour la présidentielle donc vous voyez c'est vrai que faites ma transition sans le savoir vous êtes parfaite justement on va écouter Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen effectivement qui sont déjà lancés dans la campagne des municipales avec en ligne de mire la présidentielle
ce seront des élections ce seront des élections politiques du fait du contexte actuel d'effondrement du pouvoir politique et parce que nous serons à un an de l'élection présidentielle dont ceci pourrait bien être un galop d'essai je pense que il est évidemment important pour nous de s'investir sur les municipales pour continuer à faire nos preuves pour aussi préparer les élections sénatoriales et puis c'est autant de points d'ancrage pour les élections présidentielles et législatives qui viennent donc il y a une forme d'entraide les députés vont venir aider les têtes de liste municipales et les têtes de liste municipales eux-mêmes sont le relais du travail des députés à l'Assemblée nationale
Voilà on entend un peu même son de cloche chez Jean-Luc Mélenchon et chez Marine Le Pen alors c'est deux parties qui n'ont pas un énorme ancrage local et qui veulent faire des municipales un tremplin pour la présidentielle Oui c'est deux parmi les mouvements en fait les plus dynamiques dans la politique française et il s'agit aussi de deux mouvements qui sont des challengers au niveau des municipales parce qu'ils ont très peu d'élus sortants donc pour eux il y a un gros enjeu le choix qui est fait par Jean-Luc Mélenchon et par Marine Le Pen et de nationaliser l'élection c'est pas forcément enfin on le voit moi je suis les campagnes notamment à gauche dans différentes villes c'est pas forcément le choix qui est fait par les têtes de liste ou les listes par exemple du mouvement insoumis eux ils essayent au contraire de localiser municipaliser leur campagne de dire attendez nous on va faire comme Zoran Mandani le maire de New York qui a réussi à gagner en déjouant beaucoup de pronostics on va faire des campagnes sur le quotidien je vois par exemple Sophia Shikiru on est à Paris ici bon bah Sophia Shikiru elle essaye de faire ça elle essaye de faire un peu la même chose sauf que évidemment on revient à ce que disait Tom tout à l'heure les gens ils sont rattrapés en fait par le politique c'est-à-dire que moi je vois des candidats j'ai parlé à des candidats dans diverses villes de France et ils me disent ah bah oui mais là c'est le candidat de Jean-Luc Mélenchon et on n'aime pas Jean-Luc Mélenchon alors comment on va faire alors que bon c'est pas mal ce qu'il raconte donc ils sont et j'imagine qu'il en va de même du côté de l'extrême droite c'est-à-dire que si on a un problème avec le Rassemblement National mais que le candidat bon bah finalement il dit des choses qui nous intéressent je veux dire il y a des inter enfin forcément il y a des intrications là où il faut quand même pas oublier que la majorité des candidats au municipal sont sans étiquette parce que là on parle des grandes villes on parle des grands partis mais la majorité sont sans étiquette et que ceux-là ils passent un peu sous les radars ils sont pas exactement au même niveau avec en plus des changements sur la question des listes parce qu'avant vous aviez à partir d'un certain nombre d'habitants c'était je crois 3000 vous aviez il n'y avait pas de liste en fait qui se présentait il y avait un panachage il y avait un panachage et donc cette question-là va changer beaucoup de choses en fait au niveau des toutes petites toutes petites communes et on en parle assez peu et pourtant ça touche quand même beaucoup de gens et Marine Le Pen parlait des sénatoriales elle a raison d'avoir ça en ligne de mire mais les sénateurs ils sont aussi beaucoup élus par des gens qui sont issus de ces toutes petites communes sans étiquette oui et d'ailleurs donc actuellement on a trois élus rassemblement national au Sénat donc il en manque quand même encore sept avant de pouvoir réussir à constituer un groupe mais on sait que ça fait partie bien sûr des objectifs du rassemblement national de pouvoir constituer un groupe ici au Sénat et pour cela il y a bien sûr le fait de conquérir un certain nombre de mairies donc je le disais dans le sud-est notamment il y a un certain nombre de chances on évoque par exemple Toulon où la valette serait en bonne place pour pouvoir remporter la mairie mais il y a aussi une autre stratégie qu'évoquait certaines personnalités du rassemblement national c'est de pouvoir être présent sur des listes d'élus sans étiquette et tout ça peut quand même aussi faire grossir les grands électeurs qui pourraient ensuite voter rassemblement national pas forcément conquérir la mairie mais commencer à être dans des équipes municipales notamment dans le nord Allez on le disait J-100 on va évidemment continuer à suivre très très régulièrement cette campagne des municipales et on se posait la question de savoir si le contexte politique allait influer sur la campagne des municipales on va en parler du contexte politique parlementaire et de la question budgétaire Sébastien Lecornu va-t-il réussir son pari sur le budget de la sécurité sociale il y a un premier vote aujourd'hui sur la partie recette qui sera important hier il a passé sa journée en séance à l'Assemblée où il a abattu quelques cartes on voit ça avec Fabien Requer
Pour faire adopter coûte que coûte le budget de la sécurité sociale Sébastien Lecornu abat ses dernières cartes et fait monter la pression sur les députés
Vous avez un risque financier à ne pas avoir de texte pris pour la sécurité sociale cela vous dérange cela vous déplaît mais je vous l'ai dit nous n'endosserons pas n'importe quoi
Au coeur des débats et d'intenses tractations la hausse de la CSG sur les revenus du capital votée en première lecture à l'Assemblée supprimée par les sénateurs la mesure était réclamée à gauche désapprouvée à droite On ne parle plus de grandes fortunes On ne parle plus de grands groupes On ne parle plus de multinationales On ne parle plus M. David est plus riche On parle de l'épargne populaire des français et des classes moyennes Le gouvernement arrache finalement un compromis par un amendement qui doit épargner les classes moyennes tout en sécurisant 1,5 milliard d'euros de recettes adoptées par 177 voix mais vivement critiquées par le RN
M. Wauquiez il était à deux doigts de nous faire le coup de Mme Borne que la carte vitale allait s'arrêter au 1er janvier On sait que ce n'est pas vrai On sait que ce n'est pas vrai Donc arrêtez Par contre on sait que vous êtes revenus à la niche On avait un doute sur le vote du PLFSS C'est bon LR ils vont voter tout à la niche La gamelle La bonne gamelle
Pour arracher un compromis grâce aux voix du PS le gouvernement renonce par ailleurs au doublement des franchises médicales Cela suffira-t-il à parvenir à un vote sur le budget de la sécu Réponse dans la journée
Etam Etam D'abord un mot sur la méthode Le Cornu On l'a vu hier extrêmement présent à l'Assemblée Il négocie point par point avec des suspensions de séances dans laquelle il va négocier avec les chefs de groupe C'est une méthode un peu inédite quand même d'avoir un Premier ministre aussi présent dans les débats budgétaires C'est une méthode qui peut payer ?
En tout cas d'évidence hier ça a payé C'est déjà ce qu'il avait fait Rappelez-vous lors du premier passage du PLFSS à l'Assemblée nationale Il avait déjà siégé je me rappelle ce vendredi où il avait fait lui-même un certain nombre d'annonces de concessions aux partis socialistes Donc il est coutumier du fait Et hier c'est vrai qu'il a joué à la fois la dramatisation quand même dans l'hémicycle en disant s'il n'y a pas de budget de la sécurité sociale c'est la survie de notre système social qui est en jeu etc.
Il a fait passer une note quand même aux parlementaires qui était signée Pierre Pribille dans lequel il explique le coût que ça pourrait représenter s'il n'y a pas de budget de la sécurité sociale adopté à la fin de l'année 30 milliards d'euros très forte dégradation des comptes de la sécurité sociale Et puis c'est vraiment quasiment lui qui a tenu le stylo pour arriver à cet amendement de compromis Donc ce sujet c'est celui de la hausse de la CSG sur le capital C'était quelque chose qui était réclamé par les socialistes qui veulent plus de moyens pour la sécurité sociale mais il y avait toute la droite qui s'y opposait au motif que ça va impacter notamment les petits épargnants On se retrouve donc avec cet amendement où en gros on a une contribution financière pour l'autonomie qui a été votée c'est un peu moins que ce que prévoyait le parti socialiste quand même ça devait rapporter 2,8 milliards ça n'en rapportera que 1,5 et puis en revanche ça exclut les assurances vues les plans d'épargne retraite les revenus fonciers et quand même c'est incroyable il a réussi à obtenir un vote pour du parti socialiste Renaissance Modem Liott et l'abstention d'LR d'Horizon qui en faisait une ligne rouge Voilà Sincèrement on ne l'avait pas vu venir donc je pense qu'on pensait absolument tous que le budget de la sécurité sociale était dans la seringue et qu'on voyait déjà un vote contre de façon sûre et certaine sur le volet recettes et puis on se disait que le neuf il n'allait rien se passer bon peut-être qu'il y a de la lumière au bout de ce tunnel budgétaire Elle peut marcher la stratégie de Sébastien Lecornu il mouille le maillot en tout cas Pablo Ah oui ça il mouille le maillot il cherche toutes les stratagèmes possibles pour essayer de faire passer son budget ce qui reste son budget parce qu'il sait que lui il tient parce que le budget tient s'il n'y a pas de budget on pense que Sébastien Lecornu et son gouvernement disparaîtront donc je vois qu'il essaye de sortir de ça là il a vraiment sorti ça de sa manche l'amendement d'amoindrissement en fait de l'assiette de la CSG personne ne s'y attendait dans l'hémicycle ils ont quand même au début ils avaient dit oui on fait une pause de 30 minutes et puis finalement la pause a duré deux heures et demie parce qu'ils étaient tous dans le bureau de Gabriel Attal à essayer de se mettre d'accord sur qu'est-ce qu'on sortait de la CSG pour obtenir l'abstention des horizons et des LR mais très honnêtement tout ça ressemble quand même à des artifices à des rafistolages pour essayer de faire passer c'est à dire que là on met la rustine sur une chambre à air mais qui est complètement éventrée donc genre vous mettez une rustine vous allez tenir peut-être quelques mètres quelques kilomètres grand maximum mais au bout d'un moment votre pneu va continuer de se dégonfler voire vous allez abîmer la jante je veux dire on est sur un truc qui est très grave hier je faisais un plateau et un peu comme ce que disait Tam c'est à dire qu'en rappelant les arguments de Sébastien Lecornu en disant bon bah oui il faut un budget économiquement ce serait pas super de ne pas avoir de budget je suis tout à fait d'accord avec ça le problème c'est que politiquement avoir un budget qui ne satisfait personne est aussi un désastre et ça il faut quand même l'avoir en tête c'est à dire que je rappelle ce qui s'est passé sur le projet de loi de finance du budget général de l'État où vous avez un seul député qui était d'accord avec ce budget et les 576 autres qui n'étaient pas d'accord avec ce budget et là on risque d'avoir un peu la même chose mais à la fois les socialistes les renaissances les horizons ou je ne sais pas qui pourrait voter pour ce budget de la sécurité sociale notamment d'abord ce volet recette mais en gros personne ne sera vraiment d'accord avec ce qu'il y a dedans mais ils le voteront tous à contre-coeur il dit c'est un budget qui ne satisfera personne c'est un budget d'attente avant 2027 mais en fait on ne fait qu'attendre c'était la même chose l'année dernière on avait dit aux parlementaires bah attendez là on fait passer ça vous n'êtes pas trop d'accord mais on verra l'année prochaine et puis bon bah l'année prochaine et puis on verra encore et il va se repasser la même chose pour le budget 2027 qui sera voté dans un an et on est en train de perdre du temps alors que les français demandent de la politique ils veulent de la clarification dans ce que font leurs politiques et qu'est-ce que le parlement leur propose du brouillage du brouillage on ne sait plus qui pense quoi on ne sait plus quoi penser personne ne sait hier il y avait Olivier Faure qui était interviewé on lui dit bon alors la CSG machin il dit alors je comprends pas il commence sa phrase je comprends pas bah oui bah nous non plus on comprend pas personne ne comprend et si le patron du Parti Socialiste qui est quand même un des acteurs clés de tout ce qui est en train de se passer ne comprend pas oui il l'a demandé mais en fait il sait plus trop en fait est-ce qu'il doit être d'accord avec la CSG au moment où Sébastien Lecornu sort l'amendement il sait plus trop et je le comprends enfin je veux dire tout ça c'est des trucs qui sortent de la manche de Sébastien Lecornu mais on n'est pas là j'en parle comme si c'était un jeu or non il s'agit genre d'un moment clé en fait de la vie de nos institutions parce que Sébastien Lecornu lui-même revient sur ses propres convictions mais en plus oui et puis là on nous dit tout ça en plus finira en 49-3 donc genre alors au départ Sébastien Lecornu vous avait dit pas de 49-3 c'était une ligne rouge du Parti Socialiste maintenant les socialistes demandent le 49-3 parce que sinon ils voient bien ça ne passera jamais on va en dire un mot du 49-3 parce qu'effectivement il est demandé par les républicains aussi on va voir ce qu'en dit ce matin la porte-parole du gouvernement au mot de Bréjean c'était sur TF1 nous n'utiliserons pas le 49-3 je réponds à cette question à chaque nouvelle interview et je fais la même réponse ce n'est pas au gouvernement d'engager sa responsabilité c'est au parlementaire d'engager leur responsabilité et il y a quelque chose d'un peu hypocrite à nous demander d'utiliser le 49-3 sur un budget que les parlementaires refusent de voter tout en disant au gouvernement utilisez le 49-3 et puis on vous censurera pas ça peut pas marcher comme ça C'est une demande de plus en plus pressante de la part de plusieurs parlementaires Gérard Larcher aussi Oui Gérard Larcher Bruno Retailleau qu'on a entendu cette semaine et puis on entend bien sûr du côté des socialistes un certain nombre de parlementaires qui se disent on n'aurait peut-être pas dû demander de ne pas avoir recours au 49-3 parce que le 49-3 au final ça peut quand même bien aider à faire passer un budget à éviter une loi spéciale et puis surtout en 49-3 si ça permet de faire passer ce que nous avons essayé de négocier avec Sébastien Lecornu à savoir sur le PLFSS par exemple la suspension de la réforme de retraite ou par exemple cette mesure de compromis sur la CSG ça pourrait bien nous arranger bon le concept du 49-3 c'est que si vous dites 15 jours avant que vous allez passer par 49-3 bien sûr il n'y a plus de discussion parlementaire donc le gouvernement ne va pas dire bon de toute façon aller jusqu'au bout pour essayer de travailler le parlementarisme se retrouve vivifié c'est pour dire qu'au final c'est bien lui qui va finir par écrire la copie donc on comprend qu'on est dans un petit jeu où tout le monde sait bien qu'il y a de fortes chances que c'est ce qui arrive au bout mais si et seulement si on a quand même une vraie discussion parlementaire s'il y a un accord en commission mixte paritaire vous voyez il y a quand même un certain nombre d'étapes avant d'arriver à la possibilité d'un 49-3 final et la gauche qui demande un compromis c'est le cas du parti socialiste c'est le cas aussi également de Raphaël Luxman il était l'invité ce matin d'RT allons l'écoute sur le PLFSS c'est-à-dire sur la sécu il y a un compromis qui s'exquise et moi vous savez je sais que c'est un gros mot en France le compromis mais je suis pour
que ce compromis fonctionne et je salue d'ailleurs ce que font les députés socialistes et places publiques qui entrent dans cette logique de compromis pour essayer de faire en sorte que les dépenses de santé ne soient pas
la variable d'ajustement
il faut voter ce PLFSS
et donc il faut le voter et le PLF il faudra le voter aussi si il y a un accord alors là franchement c'est bien trop tôt on est déjà dans une situation complètement instable
à cause de beaucoup de jeux de posture des uns et des autres sur le PLFSS mais il y a un chemin et je pense qu'en fait la France doit apprendre à faire des compromis
la gauche la gauche, le PS, la publique ils ont tout intérêt au compromis Pablo ?
en fait ça dépend quel type de compromis le compromis dans un paysage politique dans un moment politique complètement brouillon c'est pas un compromis enfin je veux dire c'est rien du tout c'est au pire une compromission au mieux pas grand chose c'est à dire que les gens sont là oui on entend souvent cette phrase oui il faut que le parti socialiste ramène des totems ou ramène des j'ai jamais très bien compris ce que ça voulait dire le problème c'est l'architecture en fait de ce budget c'est ça qui compte le plus or qui a tenu le stylo de l'architecture générale du budget c'est François Béroux enfin le gouvernement Béroux puis après le gouvernement Lecornu et Sébastien Lecornu lui-même donc sur cette base là je ne vois pas en quoi un homme ou une femme de gauche parlementaire puisse chercher un compromis de ce côté là je comprends Raphaël Glucksmann a raison il faut chercher les compromis mais pour chercher un compromis il faut avoir une identité et une direction claire dans ce qu'on a envie de dire politiquement si on n'a rien à dire et que la seule chose qu'on cherche c'est le compromis je suis désolé mais vous entraînez la disparition de ce que potentiellement vous êtes or aujourd'hui on parle des socialistes par exemple et des sociodémocrates en général puisque Raphaël Glucksmann il n'est pas socialiste il est au mouvement place publique avant que de faire des compromis il faut définir ce que l'on est or aujourd'hui franchement je suis bien en peine et beaucoup de gens sont bien en peine de définir est-ce qu'est exactement un socialiste est-ce qu'est un social-démocrate outre le fait qu'ils veulent absolument un budget et ils veulent absolument des compromis ce qui n'est pas suffisant il faut un compromis un avec une colonne vertébrale c'est ce que vous expliquez Pablo mais il faut aussi un compromis qui puisse aboutir à quelque chose parce que tout de même ce que l'on a vu cette semaine c'est que potentiellement Sébastien Lecornu à force de regarder du côté du parti socialiste pouvait perdre une partie du socle commun on a vu bien sûr la sortie d'Eudon Philippe qui a dit en l'état je ne voterai pas le budget de la sécurité sociale quelle serait la rentabilité du parti socialiste à voter pour un budget ou à s'abstenir sur un budget ou en tout cas à faire en sorte qu'un budget passe alors qu'il ne passe pas parce que le socle commun est en train de se déliter il y a aussi ce sujet-là donc à ce moment-là il n'y aurait aucune raison de venir se rejoindre à un bateau qui coule donc je pense qu'à chaque fois il y a aussi un fonctionnement en vaste communiquant en fait entre le socle commun et le parti socialiste alors où est-ce qu'on voit un petit peu de lumière au bout du tunnel c'est avec ce qui s'est quand même passé hier autour de cet amendement sur la CSG et d'ailleurs je trouve que ça donne un certain éclairage sur ce qu'a fait Edouard Philippe parce qu'on s'est tous dit est-ce qu'en fait il veut faire complètement imploser la machine avec cette sortie mardi ou est-ce qu'il est en train de mettre la pression un maximum pour que le compromis qui se dessine soit en train de se déplacer vers le socle commun bon avec l'abstention des députés horizon on se dit peut-être qu'il était plutôt dans une manœuvre de pression dans un cadre de négociation et que au final si le compromis se déplace il est capable au moins de s'abstenir le problème c'est de redroitiser un peu oui et puis Edouard Philippe il est dans une dynamique de lui il essaye d'affirmer une identité politique de se construire une identité politique en se détachant un peu du macronisme parce que pour reprendre les mots de Tam genre c'est un peu un bateau un Titanic quoi genre on se dit genre oulala il arrive sur l'iceberg et vaut mieux pas genre rester dessus en être donc ils essayent de se détacher un peu d'affirmer une identité politique et donc pour ça ils cherchent des moyens de se dire attendez moi je suis de droite donc genre pas de hausse des impôts et puis que ça file droit dans les dépenses publiques encore plus libéral que les LR ici rappelons qu'ils se sont abstenus sur la première partie du projet de finance parce qu'il y avait trop d'impôts mais très honnêtement je trouve ça cohérent en fait de sa part et logique politiquement ce qui se passe du côté du parti socialiste pour moi l'est beaucoup moins c'est à dire que je ne vois pas où est-ce qu'ils vont je rappelle que le parti socialiste est arrivé avec trois exigences à la fin du mois d'août au début du mois de septembre sur le gouvernement c'était pas de 49.3 la taxe Zuckman et l'abrogation de la réforme des retraites la taxe Zuckman c'était l'abrogation au départ qui était demandée c'est vite passé la suspicion exactement vous avez dit et suspension puis après décalage la taxe Zuckman ils ont dû s'asseoir dessus même la version light et là le 49.3 on est aussi en train de nous dire que bon ben finalement il y aura un 49.3 donc qu'est-ce qu'il va rester finalement au parti socialiste si ce n'est d'avoir cette battue sur certains points à l'Assemblée nationale mais qu'est-ce qui va rester de ces trois points qui étaient des lignes rouges genre vraiment indépassables au mois d'août et au mois de septembre bon ben il va rien rester et c'est quand même un problème lorsque des partis ne tiennent pas leurs engagements ou changent en fait en permanence leur fusil d'épaule et on suivra tout ça c'est pas fini il y a encore toute une semaine de budget ici au Sénat 10 jours TAM et le mardi 15 décembre oui mardi le mardi le vote sur le budget de la CQ allez on termine par l'histoire du jour ce week-end c'est le Téléthon deux histoires à la une de la presse régionale d'abord celle d'Arthur elle fait la une du même libre le Téléthon a changé sa vie c'est ce que titre le journal il est atteint d'amiotrophie spinale le petit Arthur c'est une maladie dégénérative qui affecte les cellules nerveuses qui commandent le mouvement au muscle sa maman raconte c'était une poupée de chiffon il ne bougeait pas du tout même pas la tête pour regarder sur le côté et après le choc du diagnostic il y a eu l'espoir du traitement on leur apprend qu'une thérapie génique existe Arthur la reçoit le 24 janvier dernier la veille de ses deux mois aujourd'hui il a un an il bouge les bras il bouge les jambes on se trouve très chanceux 6 ans plus tôt notre enfant ne serait plus là raconte Elodie sa maman et puis il y a une autre histoire c'est à la une de Libération Champagne celle de Guillaume 9 ans qui lui souffre de la myopathie de Duchesne ça l'empêche de grandir de faire du sport normalement j'ai les muscles qui lâchent raconte-t-il il va à l'hôpital à Paris tous les 6 mois il est au courant des progrès de la recherche Guillaume et il veut un traitement antigénique pour l'aider à stopper sa maladie c'est son rêve il y a un essai clinique prometteur qui pourrait changer son quotidien ainsi que celui de nombreux enfants alors pour que le rêve de Guillaume et des autres enfants puissent devenir réalité ce week-end faites le 36-37 pour aider les chercheurs du Téléthon merci à tous merci Pablo merci Tam merci de nous avoir suivis on se retrouve lundi c'est Alexandre Poussard que vous retrouvez nous on se retrouve mardi très bon week-end et 36-37 Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Christine Lavarde