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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 10 octobre 2022 7 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleSantéLogement

Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25FerméeRéponse directe

    On a appris la semaine dernière que le gouvernement allait encore supprimer des places d'hébergement d'urgence. 14 000 au total cette année et l'an prochain. Vous le regrettez ?

  • 1:10OuverteRéponse partielle

    C'est un chiffre constant ces dernières années ou qui augmente, qui diminue ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Quel est le lien entre le logement et la santé mentale ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Et ce qui aggrave le problème, c'est que ces enfants, bien souvent, ne sont pas suivis médicalement.

  • 4:23OuverteRéponse directe

    Pour en revenir, vous l'avez évoqué rapidement, sur la nature des troubles que peuvent développer ces enfants, l'éventail est vraiment très vaste.

  • 5:38OuverteRéponse directe

    C'est que ça n'intéresse pas les jeunes qui font des études de médecine aujourd'hui, pédopsychiatre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28Invité politiqueFait
    « Je le dénonce même parce qu'effectivement c'est dans le plan de finance, de projet de loi de finance, pardon, où il est prévu que 14 000 places soient supprimées, là où déjà il y a un manque totalement criant. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « Il y a environ 42 000 enfants qui sont sans domicile fixe. »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « C'est un chiffre qui a plutôt tendance à augmenter. »
  • 1:40Invité politiqueChiffre
    « Et cet été, au cours d'une nuit du mois d'août, il y avait à peu près 1 600 enfants qui dormaient dans la rue. »
  • 3:33Invité politiqueChiffre
    « Il y a, pour vous donner une idée, un tiers de moins de pédopsychiatres qu'il n'y en avait il y a 12 ans. »
  • 3:43Invité politiqueChiffre
    « Il n'y en avait déjà pas beaucoup. Aujourd'hui, il y en a à peu près 2000, d'après votre rapport. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « Voilà, il faut aujourd'hui, entre 6 mois et 2 ans, pour qu'un enfant puisse bénéficier d'une consultation en CMP, en centre médico-psychologique. »

Temps de parole

  • Adeline Hazan84 %
  • Présentateur16 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h20, un enfant qui grandit sans un véritable logement risque fort de développer des problèmes psychologiques, voire psychiatriques. C'est ce que souligne un rapport publié ce matin par l'UNICEF et le SAMU Social de Paris en cette journée mondiale de la santé mentale. Bonjour Adeline Azan. Bonjour. Vous êtes la présidente de l'UNICEF en France. On va revenir sur vos conclusions dans un instant, mais puisqu'on parle de personnes sans abri, on a appris la semaine dernière que le gouvernement allait encore supprimer des places d'hébergement d'urgence. 14 000 au total cette année et l'an prochain. Vous le regrettez ?

0:28
Adeline Hazan

Je le dénonce même parce qu'effectivement c'est dans le plan de finance, de projet de loi de finance, pardon, où il est prévu que 14 000 places soient supprimées, là où déjà il y a un manque totalement criant. Et c'est justement ce cri d'alarme que nous voulons avec le SAMU Social porter aujourd'hui, en cette journée de la santé mentale, cette journée mondiale de la santé mentale. Il y a environ 42 000 enfants qui sont sans domicile fixe. Quand on dit sans domicile fixe, ça veut dire à la fois à la rue, il y en a beaucoup, en hôtel, il y en a à peu près 20 000, et le reste en hôtel social, foyer d'hébergement. C'est absolument inadmissible dans un pays développé.

1:10
Présentateur

C'est un chiffre constant ces dernières années ou qui augmente, qui diminue ?

1:13
Adeline Hazan

C'est un chiffre qui a plutôt tendance à augmenter. Ce qu'il faut savoir justement, c'est que ça n'est pas un chiffre officiel, et que c'est un chiffre que nous avons dû justement constater avec les autres organismes humanitaires, dont justement le SAMU Social, et avec la Fédération des acteurs de la solidarité, où cet été, par exemple, nous avons dû élaborer un baromètre pour savoir exactement le nombre d'enfants qui dormaient. Là, c'est à la rue. Et cet été, au cours d'une nuit du mois d'août, il y avait à peu près 1 600 enfants qui dormaient dans la rue.

Et ça, c'est un angle mort des politiques publiques, parce qu'il n'y a pas de statistiques, et il n'y a pas de véritable action pour justement contrer ce phénomène qui est complètement inadmissible. Alors, venons-en au cœur de votre rapport. Quel est le lien entre le logement et la santé mentale ? Il est primordial, ce lien. Il est primordial parce qu'on sait que c'est au moment de l'enfance, et il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, que le cerveau de l'enfance se construit, et que précisément, vivre dans la rue, ou dans un hôtel, ou même en foyer d'hébergement, ça veut dire vivre en danger.

Déjà, ça veut dire vivre dans la proximité familiale, avec des risques de violence, de tension, mais même de violence. Ça veut dire, pour ceux qui sont à la rue, ne pas aller à l'école, parce que très souvent, les mairies n'acceptent pas les enfants des familles sans adresse. Ça veut dire que même si ces enfants, finalement, arrivent à se faire inscrire à l'école, eh bien, ils ne pourront pas apprendre dans des conditions satisfaisantes. Donc, ça veut dire de l'angoisse, de l'insécurité, des relations familiales qui sont complètement perturbées, et tous ces troubles qui s'inscrivent dans l'enfance, eh bien, évidemment, ils vont perdurer à l'âge adulte.

Et c'est vraiment un cri d'alarme que nous voulons lancer, parce que les pouvoirs publics ne sont absolument pas conscients de cette situation. C'est pour ça que nous voulons les alerter aujourd'hui.

3:13
Présentateur

Et ce qui aggrave le problème, c'est que ces enfants, bien souvent, ne sont pas suivis médicalement.

3:17
Adeline Hazan

Alors, il y a aussi un suivi, une absence, malheureusement, de suivi. Et ça, alors, pour le coup, c'est vrai pour les enfants sans domicile, c'est vrai pour l'ensemble des enfants. Nous sommes actuellement dans une situation de crise de la pédopsychiatrie. Il y a, pour vous donner une idée, un tiers de moins de pédopsychiatres qu'il n'y en avait il y a 12 ans. Il n'y en avait déjà pas beaucoup. Aujourd'hui, il y en a à peu près 2000, d'après votre rapport. Voilà, il faut aujourd'hui, entre 6 mois et 2 ans, pour qu'un enfant puisse bénéficier d'une consultation en CMP, en centre médico-psychologique.

Or, il est évident, et là aussi, il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, il est évident que plus on prend un trouble qui peut être de l'anxiété tôt, plus il sera soigné et surtout, on évitera qu'il se transforme en un trouble psychiatrique. Et un trouble psychiatrique qui se développe dès l'enfance, ça va vouloir dire forcément un adulte qui sera en risque de trouble psychiatrique.

4:23
Présentateur

Pour en revenir, vous l'avez évoqué rapidement, sur la nature des troubles que peuvent développer ces enfants, l'éventail est vraiment très vaste. Ça va d'un problème d'estime de soi et ça peut aller jusqu'à la dépression.

4:33
Adeline Hazan

Voilà, c'est ça. D'ailleurs, quand on parle, et l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, parle de santé mentale, ça va du bien-être de l'enfant jusqu'à l'absence de troubles psychiatriques. Ça veut dire que là, dans cette situation, ça peut commencer par simplement, si je puis dire, parce que c'est déjà grave, un sentiment d'insécurité jusqu'à des problèmes psychiatriques graves comme la dépression ou des maladies encore plus graves.

Donc c'est vraiment à la source de ce problème qu'il faut intervenir et il est vraiment regrettable que les pouvoirs publics ne prennent pas d'arrache-pied, je dirais, ce problème justement en promouvant des politiques de logement proactifs, c'est-à-dire faire en sorte qu'il y ait des politiques dans le logement social d'accueil absolument prioritaire de ces familles avec enfants, qu'il y ait aussi un développement du métier de pédopsychiatre de façon à ce que cette profession soit à nouveau attractive.

5:38
Présentateur

C'est que ça n'intéresse pas les jeunes qui font des études de médecine aujourd'hui, pédopsychiatre ?

5:40
Adeline Hazan

Je pense que c'est trop difficile, de toute façon les psychiatres sont déjà en soi une fonction, une profession qui est en crise et à l'intérieur de la psychiatrie, les pédopsychiatres c'est encore pire, il n'y en a plus, il n'y en a pas. Donc que faire pour cela ? Déjà rendre cette profession plus attractive. Et puis il faut aussi que les professionnels y travaillent ensemble, parce que ça c'est un véritable problème. Les professionnels de l'enfance, ils travaillent en silo, c'est-à-dire que d'un côté on va avoir les professeurs des écoles, de l'autre les assistantes sociales, de l'autre les infirmières scolaires quand il y en a, et ensuite les pédopsychiatres.

Et qu'il n'y a aucune transversalité entre ces différentes professions. Il faut qu'ils se parlent, il faut qu'il y ait justement des rencontres entre ces professionnels.

6:24
Présentateur

Vous dites les infirmières scolaires quand il y en a, ça aussi c'est un point intéressant de votre rapport, il faut renforcer la médecine scolaire, parce que ça permet de détecter justement quand il y a un problème.

6:31
Adeline Hazan

Bien sûr, c'est là justement au plus tôt et dans un cadre sécurisant qu'est l'école, que pourront se détecter les premiers troubles qui peuvent être simplement de la tristesse ou une absence de concentration pour un enfant de 5 ou 6 ans.

6:48
Présentateur

Grandir sans chez soi, c'est le titre de votre rapport Adeline Hazan, publié par l'UNICEF France avec le SAMU Social de Paris et Santé Publique France. Merci beaucoup, je rappelle que vous êtes la présidente de l'UNICEF en France.

Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé" — Adeline Hazan · Pourquijevote