Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur YouTube)· 30 avril 2026 13 min

Olivier Faure explique la proposition de loi du Parti Socialiste de taxer les superprofits

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors vous évoquiez justement les sociétés pétrolières qui, eux, ont fait des bénéfices. Il y en a certains qui disent qu'il faut aller récupérer l'argent. Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, nous rejoint sur ce plateau.

Il est notre invité ce soir. Bonsoir Olivier Faure. Merci d'être avec nous.

On le disait, Total a annoncé hier que ses bénéfices au premier trimestre avait bondi de plus de 50 % par rapport à l'an dernier. L'EPS a annoncé qu'il y aurait une proposition de loi déposée pour taxer les super-profits des entreprises qui profitent de la La crise, ça veut dire quoi ? Les socialistes trouvent ça scandaleux qu'une entreprise gagne de l'argent ?

Non, pas du tout. J'aime beaucoup qu'une entreprise gagne de l'argent. Au contraire, si elles pouvant gagner davantage et les redistribuer ensuite à leurs salariés, tout le monde s'en porterait Donc bravo total ?

Non, pas bravo total. La réalité c'est que vous avez des profits qui sont liés à des innovations. Vous avez des entreprises qui font des progrès technologiques, qui produisent des produits nouveaux, qui par leur génie propre, arrivent à générer des profits supplémentaires.

Mais là, où est le génie de Total ? Son génie, c'est d'être capable de vendre davantage, plus cher, à un moment où en réalité il y a une crise qui est une crise mondial qu'il y a une guerre, une guerre illégale et la vérité c'est que on ne voit pas très bien quelle serait la justification au fait que Total considère que ses bénéfices sont tout à fait normaux et qu'il les distribue aujourd'hui à ses actionnaires est assez épouvantable. Imaginez qu'il y a des gens qui, aujourd'hui, spéculent sur la guerre, sur la mort, sur un conflit qui va avoir un impact sur le monde entier et qui, en en réalité, résulte d'une décision prise par Donald Trump, seul ou avec Netanyahou, qui nous a mis dans une situation qui est, en fait, impossible.

Et nous allons maintenant faire payer aux Français les conséquences. À qui vous feriez payer, justement, cette taxe ? Mais pas aux Français, parce que moi, ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, ceux qui la payent, cette crise, surtout ceux qui ne partent plus en vacances, et regardez ce qui se passe.

Non seulement il y a des Français qui ne partiront pas, mais il y a aussi des étrangers qui ne viendront pas et c'est en fait un solde commercial qui va se dégrader parce que nous avons besoin de ces touristes étrangers, américains, allemands enfin européens qui viennent sur le sol français, voir Notre-Dame voir le Mont-Saint Michel, voire La Croisette et qui vont rester j'allais dire boudés, non, qui vont rester chez eux. Et donc cette situation-là elle suppose à un moment qu'effectivement on reparte. J'entendais à l'instant Edwige Chevrillon qui parlait de la croissance zéro au premier semestre, bon ben...

Premier trimestre, pardon. – Oui mais elle n'est pas liée à la crise. – Non, elle n'est pas liée à la crise. – Oui mais vous imaginez ce qui va se passer si au premier trimestre vous avez déjà une croissance zéro avec la crise qui est une crise que l'on nous dit qu'elle qui va durer vous avez même parlé d'un semestre minimum bon mais est-ce que vous pensez sérieusement que on va pouvoir tenir avec avec des Français qui sont déjà à l'os, je crois qu'effectivement, il faut rediscer.

Total a décidé de prolonger le plafonnement des prix du carburant tant que la crise durera, dit Total aujourd'hui. 1 ,99 par litre pour l'essence, 2 ,25 pour le diesel. Des opérations commerciales durant le week-end.

Est-ce que vous saluez cela, quand même ? Mais s'il n'y a pas de super-profit, ils n'auront pas à payer la taxe sur les super-profits. Comprenez bien qu'ils font leur calcul.

Donc vaut mieux qu'ils perdent de l'argent. Mais ce n'est pas ce que je dis. Ce que nous proposons, c'est que nous prenions la moyenne des trois dernières années de toutes les entreprises qui font plus de 750 millions de chiffre d'affaires.

On fait donc une moyenne et on compare entre cette moyenne et ce qu'ils font comme profit au cours des prochains trimestres. Et c'est sur la base de ces sur-profits qu'ils sont imposés. Qu'est-ce que vous trouvez d'anormal là-dedans ?

C'est une économie dirigée que vous prenez là, par ici là c'est de la provocation. Non, ce n'est pas de la provocation. Écoutez, Total est une entreprise privée qui fait un geste comme Guillaume l'a dit.

Ce n'est pas un geste d'ailleurs, c'est plus que ça parce qu'ils ont décidé de plafonner le prix. C'est une façon de dire bon ben voilà. Et d'ailleurs les gains dont on parle et dont Guillaume a souligné l'importance, ce sont des gains qui n'ont pas été faits avec la crise actuelle.

Ce sont des gains qui ont été faits en vertu d'une spéculation qui précède la crise Les actuelles. Non, non. Si, si, si.

Il y a ça. Non, la réalité c'est qu'ils ont acheté effectivement. Oui, au prix du vent, avec le marché.

Bien sûr, au prix du marché. Mais juste au début de la crise. et ils ont profité des prix qui augmentaient.

C'est-à-dire qu'ils avaient un stock qui était acheté à 1 et ils le revendent à 1 ,5. En fait, je donne des chiffres au hasard. Oui, votre question, Olivier Faure.

Alors ma question...

C'est quand même...

Pardon, mais enfin, c'est de la spéculation sur l'odo des Français. Comme vous le savez, il y a toutes les compagnies pétrolières dans le monde et les 100 premières ont fait des profits qui sont assez importants. Mais moi, je ne m'impose pas...

Je ne me limite pas Total. Si vous pénalisez Total, est-ce que Total ne va pas se dire, écoutez, moi c'est très simple, c'est déjà arrivé par le passé, je quitte la France et je vais me domicilier ailleurs. C'est très facile à faire.

Mais moi, je crois au patriotisme. Contrairement à vous. Et c'est ce qui se Je crois qu'un grand patron Comme Patrick Pouyanné c'est un patriote Et qu'il ne peut pas dire Parce que je n'arrive pas A faire des surprofits sur Des bases qui sont celles d'une guerre Je m'en vais m'expatrier ailleurs Enfin vous vous imaginez la honte pour lui et pour l'entreprise.

Enfin, il y a un préjudice, y compris en termes de réputation, qui serait terrible. Évidemment qu'il ne le fera pas. Ce n'est pas la première fois qu'on taxe sur les surprofits.

Et je rappelle, même pour ceux qui n'étaient pas encore René, je ne l'étais pas non plus et vous non plus. Mais enfin, 14-18, il y a une taxe sur les super profits. C'est gentil pour lui. 39-45, on est à peu près, quasiment de la même génération. 39-45 c'est la même chose en fait on est dans une situation où en fait à l'issue de la guerre avec le général de Gaulle que vous n'avez pas connu et moi non plus mais que vous avez plus aimé que moi qu'est-ce qu'il fait ?

Il dit qu'il faut taxer tous ceux qui ont profité de la crise, enfin de la guerre, pendant les quatre années qui ont précédé. Donc on est bien là dans une situation où...

Juste, on peut comprendre votre raisonnement, ce que je trouve moi un peu désagréable, si vous me permettez cette expression d'avoir des profits indécents. Le but de Total Energy, c'est une compagnie pétrolière qui fait de l'énergie, qui produit du pétrole, qui extracte du pétrole et puis qui en vend. C'est ça son business.

Donc je veux dire, c'est pas eux qui ont déclenché la guerre. Ils sont pas responsables de cette guerre. Évidemment, ça profite à leur activité comme ça profite à toute l'industrie de défense ou aussi à d'autres secteur donc vous voyez c'est pas indécent je trouve les profits de le total après c'est la manière dont c'est quand même perçu on va dire par les français il faut quand même voir que la la france est un tout petit marché c'est tout petit pour total energie qui est une compagnie mondiale et il reste en france même s'ils sont quand même mis à pied aux états unis puisqu'ils se sont fait maintenant côté à new york et du coup certains effectivement se sont inquiétés à ce moment là en disant tiens est-ce que total pourrait mettre son siège à new york ça serait sans doute beaucoup plus facile pour eux vous avez raison de souligner le patriotisme de patrick puy aîné et de total.

Alors, la question qu'on peut se poser maintenant, c'est est-ce que cet argent, il faut qu'il le redistribue entièrement aux Français ? Il pourrait le faire aussi à d'autres, dans d'autres pays. Oui, en fait ça c'est une possibilité mais moi je ne parle pas, là on s'est concentré sur Total Oui, moi je parle de Total Je parle de tous ceux qui font des profits Parce que les 5 milliards ils n'ont pas gagné pas en France Est-ce que vous ne pouvez pas faire une proposition d'oie – Et ça représente combien d'entreprises pour vous ? – Je ne sais pas combien seront frappées par l'augmentation, enfin les sur-profits, je ne sais pas combien ont fait des sur-profits. – Et ça ramènerait combien ? – Nous on considère que ça rapporterait 2 milliards si c'est la tendance Et sur profit, c'est quoi ?

Si le temps ne se maintient pas, je vous l'ai dit, c'est-à-dire qu'on fait la moyenne des trois années précédentes et ceux qui ont fait plus de 20 % de chiffres supplémentaires par rapport à la moyenne des années précédentes, on considère que ce sont des profits qui sont de nature différentes et qui sont liées à la crise. C'est une loi totale ? Non, pas totale, c'est une loi totale si vous voulez, mais ce n'est pas une loi pour total.

Ce que je voulais revenir, je vous reviens d'un mot sur ce qu'est un profit indécent. Imaginez une entreprise, alors là on ne parle Enfin, une entreprise qui tirerait ses profits du travail des enfants. Est-ce que vous trouvez que c'est indécent ou pas ? – Mais ce n'est pas du tout la même chose. – Vous comparez les bénéfices totales, mais là, on parle de profits qui sont tirés de la guerre.

Ce que je ne comprends pas, c'est que le réflexe, quand il y a une crise, et il y a une crise, et c'est vrai que les Français souffrent, pour beaucoup d'entre eux, pourquoi à chaque fois mettre une règle, qui est une règle de punition finalement vis-à-vis des entreprises. Mais Yves Tréard, c'est les Français qui sont punis là, ce n'est pas possible de les laisser comme ça. Regardez, vous avez quand même là une entreprise pour ce qui est Total, Total Énergie qui fait un geste justement qui dit je plafonne mon prix de vente c'est déjà me semble-t-il Pour vous c'est suffisant, c'est déjà énorme mais pour moi ça ne l'est pas Oui mais en fait vous Mais comprenez que s'ils font ce geste, regardez ce qui s'est passé sur le premier trimestre.

Ils ont déjà fait ce geste et ils ont fait 5 milliards de profits supplémentaires. C'est donc qu'ils ont bien compris qu'il y avait un intérêt pour eux, y compris à plafonner, ce qui n n'empêchez pas de faire des sourcils. Olivier Faure, ça n'est pas illégal.

Mais je ne parle pas d'illégal. Vous venez quand même de prendre l'exemple d'entreprises qui feraient travailler des enfants. Vous comparez Total avec des entreprises qui feraient travailler des enfants Vous avez même dit que ce serait pire.

Non, j'ai simplement expliqué ce qui n'était qu'un profit indu. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui profitent de situations qui ne sont pas liés à leur génie propre mais qui sont liés à des situations...

Je ne dis pas que Total fait travailler les enfants, donc je ne peux pas dire que je n'ai pas Est-ce que les profits dont bénéficient total, c'est la même chose qu'une entreprise qui ferait des profits avec des enfants ? Aujourd'hui, il y a des gens, enfin des entreprises, qui font des bénéfices sur la guerre. Et la guerre, pardon de le dire, mais enfin, c'est des gens qui meurent tous les jours.

Vous en avez vous-même le compte rendu que vous faites à chaque journal. Et donc, oui, il est indécent de dire que dans un moment où il y a des gens qui meurent ou en fait, on a une crise économique mondial, où on a des français qui se serrent la ceinture de dire qu'on ne participe pas tous, et d'abord ceux qui le peuvent davantage, qu'on ne participe pas tous à l'effort. Et quand il y a un effort à faire, ce sont d'abord les plus gros qui doivent Olivier Faure, pourquoi mettre de la morale là-dedans ?

Il n'y a pas de morale à avoir. Se faire de l'argent sur la guerre, je suis désolé, mais l'économie de la guerre, ça existe aussi. Ce que je ne comprends pas, si vous voulez, c'est que le projet de loi que vous portez, la proposition de loi que vous portez, c'est une proposition de loi qui se veut temporaire le temps de cette crise ou c'est ou elle serait pérenne ?

Non, temporaire. Parce que ça va encore défavoriser la France par rapport à tous ses partenaires sur le front économique. Ne craignez rien, ça va arriver dans tous les pays parce que si la crise dure, tout le monde cherchera de l'argent et tout le monde cherchera à faire en sorte que les contribuables les moins fortunés puissent trouver là un peu d'oxygène.

Si vous suggérez qu'il faudrait dans le même temps plutôt augmenter les salaires, je vous suis. Juste Olivier Faure, Yves posait la question des industries d'armement. Est-ce que ça veut dire qu'aussi les entreprises d'industrie de l'armement qui vont faire plus de bénéfices, il faut les taxer aussi ?

Moi, ça ne me choque pas, oui. Ça me Mais là, on ne parle pas de la même chose. Enfin, on est en train de...

Non, non, mais est-ce que vous considérez qu'une entreprise de l'armement, en ce moment, qui a énormément de commandes, notamment des pays du Golfe, est-ce que vous considérez que ce sera des profits indécents – Il y a des profits qui sont des profits parfois indus. Et là, en l'occurrence, ce n'est pas tout à fait la même chose au sens où une usine d'armement, c'est bien par sa production même. Et c'est parce qu'elle fait en plus, ce n'est pas de la spéculation.

Le missile ne vaut pas plus cher parce que la guerre a commencé. Là, ce que je dis, c'est que sur l'essence, vous êtes dans une situation où vous n'avez rien fait de plus. Vous avez un un baril que vous avez acheté la veille, vous le vendez 10 jours plus tard et vous faites...

Mais vous l'avez quand même, il y a de l'extraction, il y a de le raffinement. C'est leur métier. Mais je ne dis pas que ce n'est pas leur métier, je ne dis pas que c'est illégal, je dis simplement que parfois, il faut que dans un moment où tout le monde joue ça à la ceinture que ceux qui...

Comment vous expliquer 5 milliards d'office supplémentaire une entreprise qui a fait 11 milliards l'année dernière Olivier Faure, les profiteurs. Yves, le débat ne fait que commencer en un mot. Total, c'est une chance pour la France quand même ?

Mais bien sûr. Vous en êtes fier ? Bien sûr.

Mais moi je suis fier des entreprises françaises. Non mais ne nous méprenons pas. Moi je n'ai rien contre le monde d'entreprise.

Je n'ai rien contre les entrepreneurs, je n'ai rien contre celles et ceux qui font même y compris des profits, plus simplement qu'à un moment il faut partager. Vous avez dit ce sera une loi totale, pas une loi contre totale.

Olivier Faure explique la proposition de loi du Parti Socialiste de taxer les superprofits — Olivier Faure · Pourquijevote