Du pape Jean-Paul II à Walt Disney : les grandes histoires racontées en direct du Festival d'Avignon
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, Christophe Meillant, depuis le Festival Off d'Avignon. Bonjour mes amis, ravi de vous retrouver ici en direct du Théâtre des Vents sur la terrasse où il fait bon. Ah, j'ai envie de rire. Toujours une ambiance formidable ici sur l'antenne de Sud Radio, vous le savez, nous sommes en direct tous les jours jusqu'au 25 juillet pour vous proposer parmi les 1800 spectacles, des spectacles que j'ai vus, que j'ai aimés et que j'ai découverts avec beaucoup de tendresse pour la plupart. Et aujourd'hui, on a trois invités, voire quatre. Ce n'est pas trois, c'est quatre invités de marque.
Je vous demande de faire un tonnerre d'applaudissements pour Fanny Dupin et Clément Vieux pour Walt Disney, la folie, qui se joue tous les jours à 10h aux Chênes Noires. Léo Gardy, qu'on peut applaudir aussi. Dans Forcené, tous les jours à 10h15, il n'y a que des leftos ici. Et Benoît Solès dans 22 minutes à 10h aussi au Théâtre Actuel. Bravo les amis, merci d'être avec nous. Tiens, on va commencer avec Benoît par exemple. Comment ça va ?
Allez, ça va très bien, je sors de Seine, donc c'est chouette de vous retrouver. C'est bien de jouer le matin. Oui, c'est pas mal le matin, le public est assez réceptif. À 10h, il n'a pas vu de spectacle avant. La salle est encore un peu fraîche. Et donc, oui, c'est un horaire que je trouve très agréable. Bon, il faut se lever un peu tôt, c'est une autre énergie dans la journée, mais c'est chouette.
Auteur, comédien, on t'a découvert entre autres, bien sûr, dans la célèbre Machine de Turing, cartonnée, mollierisée. Tu l'as créée ici à Vignon et tu t'es dit, tiens, si je continuais à faire des choses qui marchent et pourquoi pas créer une nouvelle proposition, 22 minutes.
Oui, c'était d'abord, comment dire, après une pièce qui a marqué le public, qui s'est jouée pendant 8 ans, qui continue de se jouer en français et dans le monde. Revenir avec ce nouveau projet dans la même salle, il y avait comme une façon de remettre comme ça les choses en jeu, de remettre le travail face au public avec beaucoup d'humilité, parce qu'on ne sait jamais comment un spectacle sera reçu, mais voilà, venir le faire au même endroit, c'était se dire, je me représente à vous, presque un peu tout nu comme ça, avec un seul en scène et pas grand-chose, pas beaucoup de décor et une belle histoire.
Une belle histoire, brillantissime, et ce que je vous propose, c'est de rentrer dans le vif du sujet. Nous sommes toujours sur la terrasse du Tête des Vents, vous l'avez entendu, chers auditeurs, à tout de suite, avec ce petit après-avent.
Je m'appelle Ali Aksha. Le 13 mai 1981, j'ai tiré trois fois sur Jean-Paul II. Deux ans plus tard, il est venu me voir en prison. 22 minutes, sans aucun témoin. Pour se raconter quoi, personne ne le sait, je n'ai jamais rien dit, et lui non plus. Je crois que le moment de parler est venu. Il est à sa place, par terre. Arrête Ali, t'es pas obligé. Fais passer un petit... Alors, alors... Arrête Ali, t'es pas obligé de leur faire mal. Tu veux toujours être des nôtres ? Ouais. J'ai 21 ans et je t'emmerde. Tu vas éliminer le porte-parole du diable. Tu vas tuer le pape, le 13 mai prochain, sur la place Saint-Pierre, à Rome. Je vais tuer le pape. Je vais tuer le pape. Je vais tuer le pape.
C'est une visite à Perté.
Et le pape ? On peut applaudir. Enfin, peut-être pas ce que ce monsieur a fait au pape Jean-Paul II, mais qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on se dit, on se lève et on décide d'écrire ce spectacle ? Pourquoi mettre en lumière un assassin ?
C'est un peu un mystère, la façon dont on choisit les sujets. Moi, j'ai presque envie de dire que c'est le sujet qui m'a choisi. Je regardais une chaîne d'info en continu et c'était au mois d'avril, l'année dernière, il y avait les obsèques du pape François et ça m'a fait penser à celle de Jean-Paul II. Et par ricochet, je dirais, j'ai pensé à l'attentat qui avait eu lieu en mai 81 sur la place Saint-Pierre. J'étais un gamin et je me rappelle que ça avait fait pleurer ma mère. Et puis, j'ai eu l'image de cette scène assez historique du pape venant rendre visite à son agresseur en prison. Et je me suis dit, mon Dieu, c'est quand même fou cette histoire.
J'ai fait quelques recherches sur Internet, j'ai vu qu'on ne connaissait pas, que personne ne savait ce que le pape Jean-Paul II et Ali Aksha s'étaient dit pendant ces fameuses 22 minutes. Ça m'a déjà intrigué, j'ai voulu en savoir plus. Donc, j'ai commencé à travailler, ça m'a emmené jusqu'à Rome, je suis quasiment fait une espèce d'enquête policière sur les traces d'Ali Aksha pour essayer de boucher les trous nombreux dans sa vie, les interrogations, les moments dont on ne sait rien.
Et voilà, j'ai fait ce spectacle comme un seul en scène où Ali Aksha parle au public, raconte sa vie et la mécanique tragique qui a mené à son embrigadement dans cette faction d'extrême droite qui s'appelle les loups gris, qui existe toujours, et comment il a été amené à 23 ans à tirer sur le pape.
Comme d'habitude, c'est touchant, c'est brillantissime. Je le lis avec beaucoup d'émotion parce que tu nous embarques dans un truc qui est dur quand même. Et finalement, tu le lis avec tes mots.
Moi, je ne juge pas le personnage. C'est peut-être au public de le faire s'il le souhaite. Je raconte sa vie. Je montre comment, et c'est probablement le cas de beaucoup de ces jeunes gens qu'on en voit, comme de la chair à canon tirer sur d'autres, pour des raisons qui parfois les dépassent d'ailleurs. Je voulais montrer cette mécanique tragique de façon un peu chirurgicale, sans prendre forcément partie. Je ne l'excuse pas. Je ne cherche pas à le réhabiliter. Je cherche simplement à montrer que même chez un monstre, ce qu'il était peut-être à certains égards, il y a des failles, il y a des explications, il y a des raisons qui n'excusent rien, mais permettent peut-être de comprendre.
Allez découvrir le spectacle de Benoît Solès dans 22 minutes, tous les jours à 10h au Théâtre Actuel. Autre histoire, autre univers, un peu plus légère cette fois-ci, avec la folie Walt Disney. Fanny Dupin, tu as décidé d'écrire ce spectacle. À quel moment ? Qu'est-ce que tu... Voilà, toi pareil, pourquoi ?
Pareil, je pense que l'histoire est venue à moi. Un peu comme ça par hasard. En fait, c'est un peu un changement de carrière. Je ne savais pas très longtemps que j'écris. Et en fait, je suis tombée sur un reportage sur Walt Disney. Et il y a un moment qui m'a particulièrement marquée. C'est quand les salariés racontent le jour où il a raconté et offert l'histoire à tous les personnages. Enfin, il a joué Blanche Neige devant tout le studio. Et il a interprété chaque personnage les uns après les autres. Et moi, qui venais du One Man Show, je me suis dit que ça devait être un truc incroyable pour un acteur de jouer tous les personnages de Blanche Neige.
Et vous savez quoi, Fanny ? J'ai une bonne nouvelle, puisqu'on a la conférence de Walt Disney. Tout de suite.
Est-ce qu'il y aura Mickey Mouse dedans ?
Non, ni Mickey, ni Minnie, ni rien de tout ce que vous avez déjà connu. Croyez-vous que les gens vont rester 90 minutes devant un dessin animé ? Je vous parie même qu'ils en redemanderont.
Quel sera le budget ?
Nous l'estimons à 250 000 dollars. Et mon frère espère ne pas le dépasser.
Avez-vous déjà commencé à travailler sur le film ?
Si je suis honnête avec vous, je dirais que je travaille sur ce film depuis toujours. Plus particulièrement depuis le jour où nous avons emménagé dans la ferme familiale. C'est là que ma tante m'a offert ma première boîte de crayons de couleurs. Et là encore que mon oncle m'a emmené dans la forêt pour observer les animaux. Blanche-Neige s'est nourrie peu à peu des plus belles années de ma vie. Blanche-Neige me colle à la peau. En fait, Blanche-Neige, c'est moi. Et bien voilà, c'est terminé.
Blanche-Neige, c'est moi. C'est la conclusion du spectacle.
En fait, on connaît Walt Disney, mais on connaît très très peu cette histoire. C'est assez phénoménal et ça donne plein d'espoir parce qu'il s'est battu pratiquement pendant 4 ans. Au départ, le film devait coûter 150 000 dollars, 200 000 dollars. Et au final, 1,5 million de dollars.
Et 4 ans de labeur intense.
Et Clément Vieux, c'est toi qui interprètes le personnage. D'avoir dit oui à Fanny, c'est pourquoi en fait ? C'est l'histoire. Oui, c'est un peu aussi le rôle qu'ils vous choisissent. Un peu comme Benoît, c'est quelque chose qui est apparu. Et l'occasion de pouvoir jouer un personnage aussi connu et si méconnu se présente assez peu dans une vie, dans une carrière. Et je connaissais assez mal Disney. Je ne savais pas à quel point c'était une personne qui avait une vie aussi complexe, qui était finalement aussi enfantin que monstrueux. Et ça m'intéressait d'aller voir un peu ce Disney qui se cache derrière le miroir. Et je l'ai découvert grâce au travail de Fanny et de Damien.
Et de Victoire Berger, Périn également, qu'on salue. Elle a fait un travail admirable aussi. On est dans le bureau avec toi. Oui, c'est vraiment les 4 ans de création. Donc Qualt à cette époque-là travaillait avec ses collaborateurs. Ils étaient tout le temps dans le bureau. D'ailleurs, ils dormaient, ils vivaient dedans, ils ne rentraient plus chez lui. Donc la pièce parle de ça, c'est-à-dire de cette obsession créatrice et dévorante. Que faut-il sacrifier pour son art ? Finalement, est-ce qu'on doit sacrifier sa famille, sa santé, son argent ? Walt Disney répond en disant oui. Et tant pis si personne ne me croit, j'irai jusqu'au bout.
Et voilà, c'est aussi un peu une métaphore de ce que l'on partage, nous, ici, là autour de la table. Et ça a révolutionné l'industrie du cinéma. Plus d'un milliard aujourd'hui de recettes sur ce film, c'est fou quand même. C'est un classique et c'est l'un des films, je crois, le plus...
Il fait partie des 100 films les plus classés, enfin les plus importants de l'histoire. Il reste encore dans le top 100, c'est quand même dingo. Benoît, tu connaissais un petit peu cette histoire ? Je ne connaissais pas tous les travers, si je puis dire, et toutes les parties sombres de ce personnage. Mais ce qui est marrant, parce qu'il y a toujours des liens entre nous, au-delà de l'amitié, parce qu'on se connaît, c'est que dans La Machine de Turing, Blanche-Neige a une part importante, puisqu'il découvre ce film en 47, c'est ça, sa sortie, je ne me trompe pas ? 37, 37, pardon. Et ce film le marque beaucoup.
Il chante toujours la petite chanson quand la sorcière veut tremper la pomme dans le chaudron. Et il se suicide, Alan Turing, en trempant une pomme dans du cyanure, peut-être en hommage à ce film. Et peut-être que c'est ce qui aurait donné le logo d'Apple. Donc il y a une espèce de... C'est vrai, c'est vrai, aujourd'hui, on le pense. C'est débattu, mais voilà, il y a un lien très amusant.
La folle E. Walt Disney, c'est au Chêne Noire à 10h, tous les jours. Enfin, il y a un petit jour de repos quand même. Oui, je me repose le lundi. Mais c'est bien aussi, de temps en temps. Parce qu'Avignon, c'est éprouvant. Ça tracte un petit peu, les amis ? Non, pas trop. Ça sera grand parce que la salle est pleine. Non, non, non, on va à la rencontre du public et puis on se balade avec des tracts. C'est important, quoi qu'il arrive. Même quand c'est plein, je conseille souvent aux artistes d'aller à la rencontre du public. C'est toujours intéressant. Et puis pour la suite, puisque vous êtes généralement toujours en tournée. Ça ne s'arrête pas du tout. En région, donc c'est important.
Léo, juste avant la pause fraîcheur, avant la pub, je voudrais simplement souligner, toi, ta performance scénique et incroyable. Tu pédales pendant 25 minutes pour nous raconter. Une heure, une heure cinq. Oui. Tu fais 25 kilomètres pendant une heure dix. C'est incroyable. Et tu nous racontes l'histoire du cyclisme au travers d'images d'archives. C'est absolument génial. On apprend plein de choses. C'est vrai que même si on n'est pas amateur de cyclisme, on peut y aller les yeux fermés.
C'est né comment ? Oui, complètement. En fait, c'est né d'un stage que j'ai eu avec un metteur en scène, Jacques Vincet, qui, au détour d'une discussion, s'est mis à parler vélo. Et je lui ai confié que j'avais eu un passé de cycliste de haut niveau quand j'étais jeune et que j'avais arrêté suite à des soucis de santé. Et un soir, il m'envoie un podcast France Inter sur Philippe Bordas, l'auteur de Forcené, en me disant, tiens, écoute, c'est extrêmement intéressant. Le titre du podcast était Y a-t-il une métaphysique dans le vélo ? Et il parle de son livre dedans, Forcené. Il y a une curiosité qui me pique. J'achète le livre le lendemain, je le lis.
Et là, c'est un bouleversement total parce que je ressens dans les mots tout de suite toutes les sensations, en fait, de coureur cycliste que j'ai pu avoir. Il arrive à trouver dans son écriture et dans sa langue qui est très particulière, très sélinienne, c'est net, c'est troué, c'est assez impressionnant. Et tout de suite, les sensations de pédalage me sont revenus. Et je me suis dit, je crois que ça, il faut qu'on le porte sur le plateau. Et je le propose à Jacques tout naturellement. Et puis voilà, c'est né comme ça.
C'est né comme ça, il faut absolument aller découvrir le spectacle de Léo Gardy dans Forcené, au 11, à 10h15. Lui aussi, c'est un couche-tôt et un lève-tôt. Exactement. Vous restez avec moi, les amis. On va se retrouver dans quelques instants, toujours avec Fanny Dupin, et Clément Vieux pour Walt Disney, la folie. Walt Disney au théâtre du Chêne Noir, Léo Gardy dans Forcené. Et Benoît Solès avec ce sublime spectacle, sublime seul en scène, 22 minutes, à 10h au théâtre actuel. A tout de suite. Sud Radio, Christophe Meillant, depuis le Festival Off d'Avignon. Ils sont nos invités aujourd'hui, Fanny Dupin et Clément Vieux dans Walt Disney, la folie.
Léo Gardy dans Forcené, au 11, à 10h15, tous les jours. Et puis Benoît Solès dans 22 minutes, à 10h au théâtre actuel, qu'on peut applaudir aussi. Combien vous faites de kilomètres par jour, vous ?
Beaucoup trop.
Fanny, près du micro.
Beaucoup trop, je suis épuisée.
La maison, le théâtre, le théâtre, la maison. Tu es l'enfoiré.
C'est bien le sol.
J'ai regardé, j'ai fait 17 kilomètres hier. Et je pense que les personnes qui viennent voir un petit peu les spectacles dans Avignon, en font autant. Léo Gardy, toi, t'en fais.
Parce que je compte le vélo après le spectacle. Alors, le vélo par exemple. Aujourd'hui, hier, 28 kilomètres le matin. Et hier soir, je m'en suis rajouté 53 plaisirs perso en bonus. Bon, pour être tranquille. C'est pas possible.
Allez, c'est le moment de retrouver notre ami Al-Guecha pour sa chronique. Mon Avignon à moi. Comment ça va, Al-Guecha ? Bonjour.
Eh bien, bonjour. Bonjour, messieurs, dames. Un spectacle d'humour en trio avec un belge, un suisse, un français. Pardon, ça fait une semaine. Je répète le même pitch en boucle. Je ne sais plus comment je m'appelle. J'ai l'impression de vendre du saumon au marché. Vraiment, ça reste le off d'Avignon. Je vends plutôt de la sardine en conserve. Mais en plus, je suis introverti, moi. Et je dois parler à 1000 personnes par jour. Les gens sont en Avignon. Je suis en dépression. C'est ça, mon festival, mon Christophe. Et puis, bon, ben voilà.
Toutes les compagnies qui font des parades et qui ont des méthodes de tractage redoutables, ça fait que Avignon, pendant le festival, les gens ne distinguent plus le vrai du faux. Voilà. Hier, un SDF m'a vomi dessus. Les gens ont cru que c'était une performance. Voilà. J'ai vendu trois places. Allez. Bonjour, messieurs, dames. Un spectacle d'humour en trio entre un belge, un suisse, un français. Pardon, pardon. Ça me reprend. Parfois, j'en étais où. Pardon. Ah oui. Deuxième semaine à tracter le public du Festival d'Avignon avec une moyenne d'âge. Bon. T'hésites à leur raconter la fin du spectacle de peurs qui ne tiennent pas jusqu'au bout.
Le public du festival, c'est un pied dans le théâtre, un autre dans la tombe. Si un humoriste te dit, hier, j'ai tué ma salle, il faut s'inquiéter. Voilà. Mais moi, je l'aime. Je l'aime, ce public âgé, vraiment, parce que je partage quelque chose avec eux. C'est les problèmes d'audition. Voilà. Moi, je suis un peu sourd. Je porte des appareils auditifs depuis mes 14 ans. Ça m'est arrivé en pleine adolescence. Voilà. À un âge où, normalement, le seul truc que tu as à gérer, c'est ton coup de foudre avec la masturbation. Donc, est-ce que la légende est vraie ? La masturbation rend sourd. Oui. Oui, absolument. Bon.
J'ai tracté une bobo parisienne hier qui faisait la queue pour un spectacle du In. Je lui ai dit, bonjour, madame. Bonjour, un spectacle d'humour en trio avec un Belge, un Suisse et un Français. Ça parle de handicap parce que je joue avec un Belge. Et je suis sourd. Elle m'a dit, alors, je t'interromps. On ne dit pas sourd, on dit malentendant. C'est offensant, ce que tu viens de dire. C'est une micro-agression contre toi-même. Bon, je vous laisse deviner la couleur de ses cheveux. On est sur Sud Radio. Je fais une petite blague de droite. Voilà, je m'adapte. Je m'adapte. Non, sur Radio Nova, j'aurais fini la vanne par, je vous laisse deviner, la pertinence de son propos.
Bon, après, elle m'a mis un petit tunnel sur mon propre handicap. Après le mainsplaining, le handisplaining, voilà. Heureusement que je peux connecter mes appareils auditifs, pardon, en Bluetooth à mon portable. Parce que quand les gens me parlaient que je m'en fous, j'écoute des podcasts. Voilà. Bon, là, c'est moi qui parle, mais j'écoute un podcast sur Comment réussir une chronique. Mais c'est la pub, encore. On accuse les intermittents de vivre au crochet de l'État. Tu ne feras jamais pire que moi. J'ai des Airpods remboursés par la sécu. Voilà, ce soir, je joue mon spectacle The Tremancho au Collège de la Salle à 21h30, en même temps que le match de l'équipe de France.
Je vais écouter le match dans mes oreilles. Entre deux répliques, vous allez m'entendre dire, allez, Kylian, allez, merci beaucoup. A la semaine prochaine, merci.
Merci, avec nos partenaires de la SACD. Merci. Et bon festival. Merci beaucoup. Et bon match.
Ah oui. Diffuse le match.
Voilà, il faut diffuser le match. Moi, j'ai vu beaucoup de spectacles où les spectateurs regardaient plus le match dans la salle que les comédiens. C'est gênant. C'est dur pour les comédiens. Oui, c'est un petit peu dur. Est-ce que vous êtes prêts à jouer, les amis ? Allez, c'est parti. On va se jouer, on va se détendre. Plus que c'est une émission aussi détente. Émission festive où on parle de spectacles importants avec des personnages importants qui ont marqué l'histoire comme le spectacle de Benoît Solès dans 22 minutes à 10h en théâtre actuel. Mais là, on va jouer, il va falloir retrouver, retrouver tout simplement les titres des chansons. C'est simple. Léo, est-ce que tu es prêt ?
C'est parti. C'est parti. On va s'arrêter sur l'année 98. Victoire des Bleus, premier extrait. Dana. Précile. Précile de Dana. On écoute, on écoute.
Ah, quand même. On respecte jusqu'au bout.
On va vérifier, surtout. Pour Clément, Fanny, Léo et Benoît. Et chez vous aussi, vous avez le droit de jouer. Ils peuvent être rapides, nos auditeurs de Sud Radio. Deuxième extrait. Larousseau, tu m'oublieras.
J'ai failli le dire à la première note, mais je n'ai pas oublié. Il est hyper fort. J'avais trois ans aussi, donc c'est compliqué.
Léo, tu es en train de dire que ce n'est pas ta génération. Bah oui, tu as moins de 30 ballets, toi. Non, non, non, j'ai plus. Tu es plus de 30 ans. 31. 31 ? Oui. Allez, troisième extrait. Il va falloir aller très, très vite. C'est super facile.
Johnny.
Allumé. C'est pas mal, c'est pas mal, c'est pas mal. Quatrième extrait.
Matmata. Matmata.
C'est ça ? Ouais. Réponse. Matmata, bravo.
Incollable en blind test.
Je vois ça, c'est fort. Benoît Solès et Larguet. Ah ouais, ouais, pardon.
Je ne la connais même pas, cette chanson. T'écoutes quoi, toi ? Plein de choses, mais non, j'adore la variété française, notamment. Mais non, non, là, j'ai perdu, j'ai perdu.
Bon. Non, non, alors, petit dernier. Petit dernier, là, vous avez, grâce à cet extrait.
Manu Chau. Non.
Manu Chau. Manu Chau, bravo. Arthur, le réalisateur de cette émission, qui a remporté ce match ? Ouais, il n'y a pas photo. Il n'y a pas photo, c'est-à-dire ? C'est la team Walt. C'est Benoît Solès.
Quoi ? Tu rigoles ? Ils nous ont écrasés. On est largués.
Le duo Fanny, Dupin et Clément, vieux dans Walt Disney, la folie ou Walt la folie Disney. Walt la folie Disney. C'est pareil, finalement. L'histoire est la même. Tout à fait. Cette histoire est dingue. On l'a dit avant la pause fraîcheur, mais on apprend beaucoup de choses. Ce qui est intéressant également, c'est que toi, tu t'adresses directement au public, comme si c'était les personnes qui travaillaient avec toi. Oui, le parti pris, c'est qu'on est dans le bureau de Disney. Disney s'était enfermé avec ses collaborateurs. Pendant une heure et quart, on est au cœur de cette relation de collaboration entre eux et moi. Je m'adresse à la salle.
Ce n'est pas un spectacle participatif, mais en tout cas, on essaie de créer une sorte de relation pendant le spectacle entre, pas de travail, mais en tout cas, de connivence ou parfois d'explication franche. Est-ce qu'on a le temps de voir d'autres spectacles ? Benoît, par exemple ?
Oui, j'essaye. Ce n'est pas évident, en fait, ni quand tu joues le soir, d'avoir la disponibilité mentale d'aller voir des copains l'après-midi ou le matin. Mais j'essaye, évidemment. J'ai vu 4-5 spectacles. Ne t'arrête pas de courir à l'actuel. J'ai vu pas mal les spectacles, beaucoup les copains. Il y a un spectacle qui s'appelle Les Fanfarons, qui est vachement bien, que je recommande. Je suis allé voir au 11, Cécile Garcia-Fogel dans Tantopoco, que j'ai trouvé magnifique. J'ai vu le spectacle de Caroline Loeb aussi sur la folie mentale. J'ai vu des trucs hyper différents. Toujours des spectacles très beaux, très engagés. C'est merveilleux.
Même quand on a l'habitude de faire le festival, on a une préparation psychologique, physique, avant ce festival ? Léo ?
Moi, personnellement, je sais que ça va être trois semaines où il va falloir quand même s'accrocher. Cette deuxième semaine, je ne sais pas pour vous, est toujours un peu critique. Je sais qu'il y a une sorte de ventre mou de jour sans qui peut arriver d'un moment à l'autre. Alors qu'une fois qu'on enchaîne la troisième, on commence la troisième, elle est déjà terminée, j'ai l'impression. C'est vrai que physiquement, c'est clairement un festival exigeant, surtout avec la chaleur.
C'est un marathon.
Oui, il faut essayer d'être au rendez-vous tous les jours et je crois pouvoir dire que nos spectacles fonctionnent bien.
Est-ce qu'ils sont bons ?
Peut-être, je n'en sais rien. Je suis sûr pour les copains, mais ce qui est certain, c'est que quand on doit aller tracter plusieurs heures par jour pour remplir sa salle, là, ça devient vraiment un marathon. Ça peut être très dur.
Et Clément, tu t'es préparé aussi, pareil, physiquement, psychologiquement, avant ce festival ? Physiquement, oui, c'est un tour de force, ce spectacle. Donc j'ai une vraie discipline de l'effort pendant le spectacle, aussi une discipline du repos, même au niveau de l'alimentation et tout ça. Je le vis vraiment comme un peu les Jeux Olympiques. Vous êtes en train de me dire qu'on ne boit pas pendant le festival d'alcool ? Oui, mais c'est bien. Non, non, vraiment, je fais très attention là-dessus parce que, voilà, de me lever tôt, de faire de l'exercice avant. On se croise le matin à 8h, on fait nos tours de ville pour se mettre un peu dedans.
Bon, voilà, c'est une expérience intéressante, mais voilà, on est très jeunes et très en forme, mais on doit quand même un peu se ménager et s'adapter à ça. Et l'expérience, eh bien, je la conseille à tous nos auditeurs ici qui nous écoutent sur Sud Radio jusqu'au 25 juillet, les 60 ans du Festival Of Davignon. Venez, venez jusqu'à nous et on se retrouve dans quelques instants avec nos amis de la scène indépendante. Je rappelle le spectacle de Fanny Dupin et Clément Vieux dans Walla Folie Disney, c'est à 10h au Chêne Noir. Léo Gardy dans Forcené au 11h à 10h15 et Benoît Solès dans 22 minutes à 10h au Théâtre Actuel. A tout de suite !
Merci d'avoir choisi Sud Radio pour passer ce moment avec nous jusqu'au 25 juillet. On vous fait découvrir chaque jour de nombreux spectacles et l'occasion pour nous de vous aiguiller. Parmi les 1800 qui sont là, 1200 levées de rideaux chaque jour, c'est incroyable. Vous venez par dizaines de milliers, vous arrivez, vous campez, vous observez, vous écoutez et surtout vous pénétrez dans les salles de spectacle. Le spectacle vivant justement nous permet de voyager juste dans le temps. Festival Of Davignon, de nombreuses créations s'inspirent de personnages célèbres ou d'événements historiques pour raconter autrement notre patrimoine.
Aujourd'hui, grâce à la scène indépendante, nous découvrons une création qui vous font revivre des personnages emblématiques grâce au théâtre. Et nous avons la chance de recevoir Thomas Boissier. Bonjour. Bonjour. Et Edouard Moncli. Bonjour. Comment ça va Edouard ?
Bien le bonjour, ça va chaudement comme tout le monde j'imagine.
Dumas, la plume et l'épée. Alexandre Dumas, justement, qui est mis en avant dans ce spectacle, on va tout savoir.
Mais on rentre dans l'intimité de Dumas, qui est en pleine écriture du Comte de Montecristo. Dumas est joué par Edouard et il va se servir de tous les personnages proches de lui, de sa femme de chambre, du pire critique face à lui, qui est Eugène de Mircourt et que j'ai le plaisir d'interpréter. Et puis de tous les personnages qui l'entourent, de Maquet qui écrivait également avec lui, pour s'inspirer, pour créer les personnages du Comte de Montecristo.
Et on découvre aussi la personnalité de Dumas au travers de tout ça ? Ou c'est vraiment... Il y a un petit peu de ça. Il y a un petit peu de ça ou pas ?
Alors bien évidemment, c'est un Alexandre Dumas vu et imaginé par Jean-Félix Lalanne qui a écrit la pièce. Mais effectivement, on se rend compte déjà qu'Alexandre Dumas était métisse. Voilà, chose qu'on ne dit pas, il y a quand même pas mal de gens qui sont venus voir la pièce, qui connaissent la pièce et qui m'ont dit mais on était étonné, on ne savait pas. Voilà, c'est pas ce qu'on dit dans les cours d'école. Dans les écrits, oui. Donc voilà, il était métisse, il était métisse haïtien. D'accord. Et on découvre un Dumas qui est en perte de vitesse parce qu'il en manque d'inspiration, parce qu'il est hanté par le fantôme de son père.
Son père qui était un héros de guerre, général sous Napoléon. Donc voilà, donc effectivement, comme le dit Thomas, c'est un aller-retour entre son monde réel et ses problématiques dues au racisme d'époque, la pression sociale. Et ce qu'il va en faire, d'où son besoin de revanche et de vengeance, donc le conte de Montecristo. Voilà.
Qui est l'actualité, c'est vrai qu'on l'a redécouvert il y a quelque temps au cinéma qui a plutôt bien marché.
Il y a eu beaucoup de versions, il y a eu le cinéma, il y a eu beaucoup de versions de comédie musicale, donc c'est vraiment une autre approche sur l'inspiration et sur comment l'auteur va se servir de sa vie et la transcender pour en faire une œuvre d'art et se servir de toutes ses angoisses, de tout ce qui peut se passer autour de lui, du conflit avec son père et comment il va créer les personnages. Et vous êtes combien sur scène ? Six. Six ? Six, mais alors on est combien de personnages ? Douze. Il y a pas mal de personnages, entre les personnages de la fiction. Il y a des personnages dans sa tête. Oui c'est ça, c'est qu'on entre vraiment dans la tête de Dumas.
Parce qu'il y a le père, il y a la voix du père qu'on entend, qu'on appelle le Diable Noir et d'ailleurs, à savoir que le Diable Noir est aussi un film qui vient de se terminer puisque c'est vraiment actuel, vraiment. Et il y a un film réalisé par Lajli qui parle de ça avec Omar Sy, donc le Diable Noir et on fait vraiment référence à ce personnage-là que Dumas a peu connu puisque quand il est mort il avait 4 ans.
Thomas, toi qui viens de la scène aussi, moi je t'ai connu chanteur. Dans la musique, oui, dans l'improvisation. Dans la musique, comédien bien sûr, mais est-ce que le fait d'interpréter, de moins chanter, c'est une nouvelle expérience pour toi, différente mais tout aussi enrichissante ?
Ah oui, c'est formidable. Moi j'avais fait pas mal de théâtre avant aussi avec Roger Louret, parce que je viens de la compagnie Roger Louret. Et ce qui est intéressant aussi pour nous, là c'est le mélange vraiment parce qu'il y a Daniel Jean-Coloredot qui est très, qui est théâtre... Théâtre comique, très comique. Alain Bernard qui était beaucoup le pianiste de Smaïn, qui a fait des spectacles également, mais qui est dans un univers complètement différent, qui est plus sur du one-man show et il accompagne un one-man show. Magali Bonfils, avec qui j'étais dans la compagnie Roger Louret, qui a fait aussi beaucoup de spectacles, de théâtre et de...
Donc il y a beaucoup d'univers comme ça qui sont mélangés. Franck Capilleri. Et Franck Capilleri. Qui a fait énormément de théâtre et de doublage de comédie. Et donc ça mélange des univers entre les comédiens qui sont vraiment complètement différents. Les caractères évidemment des gens sont complètement différents. Donc ce qui est intéressant pour nous, c'est ça, c'est l'approche de ce mélange. On a un grand grand plaisir à jouer ensemble. Et on s'engueule tous les soirs, mais on se complète.
Voilà, ce qui est arrivé assez régulièrement dans la vie. Ça se joue où précisément ?
Au théâtre de La Luna. La Luna. À 20h05. Ouais. Venez vite parce que ça se remplit, mais méchamment quoi.
Ouais, et puis là les gens vraiment, je le dis depuis 2-3 jours, mais les gens vraiment arrivent là.
Ah, il y a du monde là, on sent qu'il y a du monde. Ah ouais, ouais, ouais. Ça commence à bien se faire clairement.
Et c'est votre premier avignon ? Non Thomas, c'est pas très bon.
Moi j'avais fait avec l'impro déjà il y a quelques années. T'as vu une différence ? Euh... Il y a de plus en plus de monde quoi. Il y a un monde fou, le nombre de pièces qui est exceptionnel. À 1800. 1800, c'est absolument énorme. Mais c'est formidable, il y a vraiment, on sent que ça bouillonne, que c'est... Et puis surtout il y a un public qui est là pendant plusieurs jours, qui vient, certains prennent vraiment des vacances pour venir voir des pièces de théâtre, c'est formidable. Ils vont voir 3, 4, 5 pièces par jour et c'est assez formidable de vivre ça.
Et c'est bien aussi d'aller à la rencontre du public, c'est ce que vous faites tous les jours j'imagine ?
Tout à fait, oui, oui, parce qu'effectivement on aime aussi rencontrer les gens après, quand on sort de scène, c'est ce que nous permet le théâtre de la Luna, parce que c'est vraiment un milieu, c'est vraiment un endroit magnifique. Je crois qu'ils savent pas que je vais rester tout le mois d'août là-bas et effectivement rencontrer... Et puis ne serait-ce que les gens qui viennent nous voir, même dans la rue, parce qu'ils ont vu la pièce, enfin plein de choses comme ça, quoi, voilà. Non, non, c'est un bonheur.
Thomas, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
Que ça continue, le théâtre, la musique, on mélange un petit peu tout et puis il y a plein de choses qui se font. Il y a Roberto Alagna, on fait une nouvelle comédie musicale avec Roberto Alagna en septembre, une création sur Caruso, écrite par Jean-Félix Lalanne également, donc formidable. Tout ça, vous voulez. Qu'est-ce qu'on peut me proposer ? Te souhaiter ? Bah, plus de subventions, je sais pas, voilà, ce genre-là, si je peux me permettre un petit... Je t'offre pour une fresta galace. Ouais, bah voilà, ça commence comme ça.
Merci, je vous applaudis. Merci à vous. Vous êtes venus jusqu'à nous. Et demain, voici pour Dumas, la plume et l'épée. Je vous souhaite une bonne fin de festival. Merci à vous. Allez, ciao à tous. Allez, on retrouve... Sud Radio, Christophe Meillant, depuis le Festival of Davy Nure. Ah, c'est le jeu des chaises musicales, j'ai envie de dire. Ils sont nos invités depuis tout à l'heure. Donc, Benoît Solès dans 22 minutes à 10h au Tête actuel. Fanoui Dupin et Clément Vieux. Walla Folie Disney au Chêne de Noir à 10h, pardon. Et Léo Gardy d'en forcené au 11h à 10h15.
Benoît, quand tu as eu ce succès des professionnels du public avec la machine de Turing, après, tu ne t'es pas dit, j'arrête tout, c'est bon, je suis arrivé au sommet ? Oh non. Non, non, mais c'est une vraie question.
Non, mais je pense que le coureur cycliste qui est en face de moi comprendra la métaphore. On a tous envie de grimper des montagnes. On pense à un moment, à tort ou à raison, qu'on est arrivé au sommet, mais quoi qu'il arrive, il y a une descente derrière. Et dans la descente, il ne faut pas se vautrer, il ne faut pas paniquer non plus, parce que par définition, si ça descend, même s'il y a un faux plat au milieu, ça devrait finir par remonter. Et dans nos métiers, réussir un spectacle, c'est bien, c'est un accomplissement, mais il y a une descente derrière, un faux plat, et puis peut-être une remontée. Il faut s'accrocher. Chaque nouveau spectacle, on remet en jeu beaucoup de choses.
Mais quand on a monté la première côte, on sait qu'on en est capable. Et le public se dit, il a monté le col, donc on attend que l'autre col soit encore plus haut. Tu vois, il y a cette attente qui est difficile à gérer. Il faut tout faire pour en être à la hauteur.
Et je te remercie pour l'attransitement, parce que... Ouais, t'es super. Non mais c'est vrai, Léo Gardi, dans le spectacle, tu me parles à un moment donné des cyclistes, des montées, les grimpeurs, comme on les appelle, ces phénomènes.
Ouais, le chapitre de l'art de grimper, où on passe en revue tous ces grands grimpeurs qui, dès les années 1900, montaient sur des routes gravillonnées. Et à l'époque, il n'y avait même pas de route. Les premiers cols, comme le Tourmalet, en 1923, c'est les cyclistes qui l'ont inauguré. Ils croisaient des ours bruns dans les Pyrénées. C'est fou. Les avions ne montaient même pas à cette altitude encore. Donc ces forçats de la route ont vraiment ouvert tellement d'endroits pour tellement de gens et pour la suite. C'est souvent des ouvriers, des paysans, qui se sont extirpés de leurs conditions par le cyclisme.
Et à un moment donné, tu nous parles d'une anecdote où tu as un coureur qui dévale les pentes à plus de 140 km heure. Non mais 140 km heure, et on ne parle pas de vélo, là, il y a deux trois ans.
Lucien et Marc, qui sont toujours vivants, qui habitent dans le sud, à Yer, et qui a doublé sur le col du Ventoux, juste à côté d'Avignon, en plongeant sur Malosègne, il a doublé un motard de la gendarmerie. À la fin, le moteur lui a dit, tu m'as doublé, j'étais à 130. Et le mec n'avait pas de casque et pas de lunettes. Il a pris un PV ou pas ? Il a pris deux PV et il a lu un article dans l'équipe quelques jours plus tard où on a fait un article en disant qu'un coureur avait rattrapé huit minutes au général dans cette descente grâce à ses 130 km heure. Il a lu que c'était lui, il s'est rendu compte, et il a arrêté le vélo après ça parce qu'il a pris peur.
Il s'est dit, mais en fait, c'est trop dangereux. T'as vu le mec dans une descente qui s'est mis à plat ventre sur la selle pour se mettre en position verticale et descendre comme un avion comme ça.
Mais Léo le fait sur scène.
Oui, en fait, on a un vélo qui se lève et qui se descend en fonction de la pente. Et derrière, il y a les images d'Otello Villegard, qui est le vidéaste de la pièce, qui allait filmer toute la descente de Malosènes. Donc il y a vraiment tout le décor qui descend derrière moi. Et moi, je me prends pour un oiseau et je lâche les mains du guidon. et je reviens à cet état naturel des coureurs cyclistes, de ce rapport où ils font qu'un avec la machine et la nature. C'est beau.
Clément, avant de se quitter, puisque je crois que tu as un spectacle. Tout à fait. C'est bien ça. Non, mais c'est pas grave. On essaie d'aller voir aussi d'autres amis. On va te remercier et vraiment encore bravo pour ta prestation scénique. Tu nous embarres totalement dans cette histoire complètement incroyable de Blanche-Neige. Mais c'est un peu ça. Voilà, c'est chouette. C'est aussi bien pour les enfants que les adultes. Pour les professionnels, les non-professionnels, on s'en fout. Et pendant une heure et quart, tu nous embarques. Merci mille fois d'être passé. On peut l'applaudir. Merci pour l'invitation. Clément Vieux dans Walt la Pollue Disney.
Les amis, on se retrouve dans quelques instants avec nos invités. On aura également un petit papier de notre charmante et délicieuse personne. Mais c'est une petite surprise. Petite surprise. Je ne vous dis pas tout. Quelques instants. A tout de suite. Ornella. Sud Radio. Christophe Meillant. Depuis le Festival of Davignon. Ils sont mes invités. Fanny Dupin. Clément Vieux qui vient de se parler. Léo Gardy dans Fortenay. Benoît Solès dans 22 minutes à 10 heures. Au Théâtre Actuel, ce spectacle que tu vas jouer à Paris.
Oui, il va être pris à partir du mois de janvier au Théâtre La Bruyère.
Et entre septembre et décembre ?
Je vais monter une comédie musicale dans un style totalement différent. Le Fantôme de l'Opéra, qui a été un grand succès la saison dernière au Théâtre Antoine. On reprend le spectacle. On améliore l'adaptation. Je me charge cette fois aussi de la mise en scène. Et c'est au Théâtre du Gymnase à partir du 8 octobre à 19h.
À 19h, donc, ce spectacle-là est ton spectacle. Oui. À partir de janvier.
Voilà. Avec des styles, des ambiances très différentes. Et c'est merveilleux. Très heureux de m'atteler au Fantôme de l'Opéra. Ça va être un très joli spectacle.
Léo, ton spectacle, il se joue bien sûr à Avignon. Donc, il faut se dépêcher. Vous avez jusqu'au 25 juillet. C'est important, mais tu vas le jouer aussi.
Il devrait se reprendre à Paris. J'attends la confirmation dans la semaine. Mais normalement, c'est fait. Je ne peux pas le dire encore. Mais ça sera...
Jour de match. Jour de match. L'arrondissement. Vas-y, l'arrondissement.
Je ne sais même pas dans lequel. En haut du onzième, oui, onzième, vingtième, par là-bas. Très bien.
Et je poserai la question dans quelques instants à Fanny Dupin pour Walt, la Foddy Disney, si ça revient à Paris. Mais j'en suis sûr, c'est un magnifique spectacle, magnifique.
Elle l'est tous les jours avec moi.
Et j'en suis très heureux. C'est Ornella d'en prendre. Tout de suite. Sud Radio depuis le Festival of Davignon, la carte blanche. Ornella, re-bonjour.
Re-bonjour, Christophe. Bonjour à tous. Est-ce que vous connaissez, enfin non, vous connaissez sûrement la cerisée de Tchékov, un grand classique du théâtre, qui parfois, ça peut vraiment impressionner. Eh bien, oubliez tout ce que vous imaginez, parce qu'ici, on ne vous demande pas de rester assis dans votre fauteuil, mais plutôt à regarder une scène. On vous invite à entrer dans la maison avec, nous reviendrons au printemps, le metteur en scène et adaptateur Simone Adigna Anoukai. Marie transforme cette oeuvre mythique en une véritable expérience immersive. L'histoire, elle va commencer avec Louise. Après plusieurs années d'absence, elle revient dans la propriété familiale.
Mais le domaine est au bord du gouffre financier. La vente du verger des cerisés semble inévitable. Et alors, au-delà d'un héritage, c'est tout un monde qui est menacé de disparaître. Et vous, vous êtes là, pas simplement installé dans le public, mais au milieu des personnages. Vous passez d'une scène à l'autre, vous surprenez une conversation, vous croisez un regard, vous entendez des confidences. C'est une expérience sensorielle, comme si l'on effeuillait un petit peu un album de famille, dont des souvenirs qui seraient encore bien vivants. On a parfois même l'impression d'être invité dans la famille.
Parfois même, un truc, comme si on observait, vous savez, un petit geste par le trou de la serrure. Bref, ce qui fait tout à force de ce spectacle, chacun construit son propre parcours, son propre regard sur l'histoire. On ne reçoit pas seulement le récit, on le vit. Mais derrière cette mise en scène très contemporaine, le propos reste profondément humain. Il est question de transmission, d'attachement à un lieu, de notre difficulté à accepter le changement. Et puis finalement, cette vieille demeure et son verger racontent beaucoup sur notre époque. Comment préserver ce qui nous est cher chez nous, lorsque le monde avance plus vite que nous ?
Ce qui frappe aussi, c'est la délicatesse du jeu des comédiens. Tout passe par des silences, des regards, des non-dits, la danse, la musique. Alors si vous aimez le spectacle qui sort des sentiers battus, qui font confiance à l'intelligence du public, qui propose une façon différente de regarder une histoire, nous reviendrons au printemps avec sa double lecture onirique, mérite vraiment le détour, c'est original et audacieux. Et ça prouve que les grands classiques sont encore beaucoup de choses à nous dire, à condition de les regarder autrement. Nous reviendrons au printemps, c'est au Festival Villeneuve-en-Seine, et c'est à 21h à l'école Mont-Olivet.
Christophe, si vous pouvez rentrer juste une petite journée dans l'univers d'un roman, d'une pièce de théâtre, ça serait quoi ?
En m'attendant Bojangol.
Et pourquoi ?
Parce que j'ai adoré ce spectacle, parce que j'ai trouvé la mise en scène de Victor Berger-Périn incroyable, j'adore cet univers, j'adore la folie des personnages, c'est tout ce que je suis, ou pas. C'est un bon choix. Benoît ? Si t'avais toi, c'est pas facile.
Oh wow ! Je vais parler du garçon assis en face de moi, qui fait du vélo sur scène, qui fait l'oiseau sur scène. Voilà, je trouve que c'est très beau, ce sport a quelque chose de mythologique, par rapport à son rapport à l'homme et à la machine. Je trouve que c'est magnifique, la performance et le dépassement. Donc déjà, je serais très curieux de voir le spectacle, et puis peut-être d'être juste au bord de la route, et d'applaudir, tu sais quand tu passes. Léo ? Moi, ça serait, c'est un peu plus sombre, mais les Nuits Blanches de Dostoyevski. Ah oui, c'est beau chose. La poésie de la ville, de la solitude, et de déambouer dans cette ville, teintée par la lumière de Saint-Pétersbourg la nuit.
Fanny ?
Qu'est-ce que c'est difficile ! Je ne sais pas. Une journée avec Christophe Meignan ?
Une journée avec Christophe Meignan, ça c'est évident. Ça, c'est un vrai spectacle.
Je suis très ému aujourd'hui, je peux le dire à nos auditeurs, généralement, il ne faut pas en parler, mais ce n'est pas très grave. On a eu la chance de travailler très très longuement ensemble. Je lui dois beaucoup. On a démarré la société de production avec Fanny il y a une vingtaine d'années, et c'est vrai que ça a été...
Une sacrée aventure. Une sacrée aventure, voilà.
Et aujourd'hui, elle est partie à l'écriture, il y a déjà quelques années. Et je suis très bouleversé, et surtout, je suis très heureux pour toi du parcours accompli et de la proposition scénique que tu nous as proposée dans ce spectacle magnifique « La folie Disney ». Est-ce que tu as écrit également des bouquins pour enfants ?
J'ai écrit un bouquin pour enfants, oui, un bouquin sur Noël, sur l'esprit de Noël. Et puis, j'ai fait une mise en scène aussi, ma première mise en scène d'une comédie musicale pour enfants qui s'appelle « Zélie la pirate », qui est un super spectacle, vraiment haut en couleur, avec des chansons d'enfer et une équipe sur scène qui envoie sa danse super bien, sa chante. C'est vraiment un spectacle génial qui reprend d'ailleurs à Paris à la rentrée, qui a une belle vie.
Eh bien, une belle vie, je vous la souhaite, très longue, le plus longtemps possible. On va devoir se quitter, mais avant de se quitter, c'est la minute qu'a l'île qui devrait arriver d'une seconde à l'autre. Sud Radio, Christophe Meillant, depuis le Festival Off d'Avignon. Le moment de la minute caline, c'est le moment où on est bienveillant avec les autres. C'est l'occasion peut-être de parler de spectacles qu'on a vus. Tu l'as évoqué tout à l'heure, Benoît, des spectacles que tu conseilles. Si tu devais en choisir un parmi tous ceux que tu as vus, ce serait lequel ?
C'est difficile. Je vais être un peu familial. Il y a un spectacle qui se joue juste après moi et dont j'entends l'ovation que lui fait le public. Ça s'appelle Ne t'arrête pas de courir. Ça parle de ce garçon qui s'appelait Koulibaly qui était un coureur de 400 mètres mais qui la nuit braquait des pharmacies. Tristan Petit-Girard a fait un magnifique spectacle avec des très beaux acteurs. Une belle mise en scène. Je vous encourage à aller l'applaudir. Léo Gardy. Léo, ça serait lequel ? Ça serait Mécanique d'une famille au Théâtre de l'Oriflamme. C'est un jeune metteur en scène qui s'appelle Martin Kindermans qui a écrit ça.
C'est l'histoire d'une famille explosée qui se retrouve en Argentine et qui vont se découvrir des secrets de famille. C'est magnifique. Les comédiens sont super. C'est avec Marion de Schröder, Valentin Daruti et Thomas de Fouché-Cour.
On peut te souhaiter quoi pour la suite ?
Que je continue à pédaler. Et puis non, que tous les projets continuent à avancer et qu'on continue à faire résistance dans le théâtre. Je pense qu'aujourd'hui, dans l'époque où on est, où nous avons un devoir qui est artistique et politique et c'est important aujourd'hui de monter sur scène et de continuer à essayer de mettre un petit peu de lumière dans ce monde qui se teinte d'ombre. Fanny Dupin pour... Alors je vais rebondir sur ça. Effectivement, il y a un spectacle qui m'a beaucoup touchée, c'est Dessiner Encore de Coco. Et c'est splendide, la mise en scène est incroyable avec les dessins justement de Coco et elle raconte l'attentat de Charlie Hebdo.
C'est un spectacle qui est très très émouvant. Moi qui m'a scotché vraiment, qui m'a scotché dans mon fauteuil, j'ai eu du mal à repartir de là. Mais c'est fait avec beaucoup d'humour, avec beaucoup de poésie et c'est surtout essentiel. Il ne faut pas qu'on oublie ça et il faut surtout qu'on continue d'aller au théâtre, de critiquer, d'écouter, de partager et d'apprendre. D'essayer. Tout à fait, exactement. Donc Dessiner Encore, c'est un magnifique spectacle.
Ornella, si...
Allez, je termine avec une petite note d'humour. Marie Reynaud au Théâtre des Vents 18h35 parce que c'est vraiment très drôle et en plus humainement c'est une personne formidable.
C'est une personne incroyable. Je ne t'ai pas posé la question mon ami Benoît Solès mais qu'est-ce qu'on peut te souhaiter avec toutes tes aventures prochaines ?
Se souhaiter que les artistes continuent de pouvoir s'exprimer sur scène librement avec des moyens qui nous permettent de faire parler notre imaginaire.
souhaiter que la liberté d'expression qui est souvent si charmant acquise et si rare et c'est un combat dans plein de pays qu'on continue de s'en emparer et l'avenir est étrange sombre comme on l'a dit les artistes doivent être là présents s'engager et le public aussi doit le faire on a besoin du public le public crée aussi un acte militant en venant voir des spectacles en soutenant les artistes et en bravant presque ce que certains politiques tentent d'insuffler c'est-à-dire un appauvrissement de la culture il est temps de sortir notre bannière liberté création liberté de pensée ça s'applaudit c'est magnifique
et moi je voudrais simplement dédier cette émission à Roland qui nous a quitté cette nuit et c'était une personne très proche et je fais un gros bisou à Richard et je vous embrasse très très fort merci mille fois d'avoir été présent ici autour de moi avec l'équipe Titouan Mathéo merci Fanny et voilà je te souhaite plein de succès avec ce beau théâtre ce beau théâtre ce beau spectacle pardon Léo Gardy dans Forcené au 11 à 10h15 et puis Benoît Solès voilà un spectacle qui fait du bien dans 22 minutes à 10h au théâtre actuel je vous souhaite une belle journée je vous donne rendez-vous demain merci mes amis merci merci