FRANCE : VERS LA MISE À MORT DE L’ÉTAT DE DROIT
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Le premier rôle, c'est de casser l'indifférence qui est en train de gagner notre société. Ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée, savent qu'ils seront complices de ces manifestations. Les gilets jaunes, ce sont des mains arrachées, des visages éborgnés, des crânes facturés. On voit bien que l'âme française aujourd'hui se délie.
D'abord, Emmanuel Macron a fait supprimer avec la collaboration active du RN la redevance télévisuelle aggravant la dépendance des médias publics aux politiques.
Sur ce sujet comme sur d'autres, le Rassemblement national a été précurseur. Il s'agit en effet de la mesure numéro 6 des 22 mesures pour 2022 du programme de Marine Le Pen.
Puis, son gouvernement a réquisitionné les moyens humains nécessaires pour mettre en échec une grève causée par la captation des super profits par les super riches.
Ce sont les pauvres qui font les impôts, pas les riches !
Les manifestations que cette politique engendre sont de plus en plus violemment réprimées, imprimant chez les Français une crainte à exercer ce droit fondamental.
La répression policière et la criminalisation par la justice des militants grévistes et syndicalistes sont devenus monnaie courante en France. Les gilets jaunes, ce sont des mains arrachées, des visages éborgnés, des crânes facturés.
Et cerise sur le gâteau, partout en Europe, le discours xénophobe, racialiste et anti-droit de l'homme gagnent une visibilité inconcevable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une ministre anglaise rêve de pouvoir déporter par avion entier des migrants jusqu'au Rwanda pour leur bien, pour qu'ils puissent demander l'asile dans de bonnes conditions. À un moment sérieux, Orwell, c'était un auteur ou un prophète ? La société moderne, fondée sur un pacte fondamental de garantie de l'autonomie du peuple, est balayée par ces peurs et angoisses existentielles qui justifient tous les piétinements aux principes démocratiques.
Piétinement en Hongrie, par exemple, où l'essentiel des médias est contrôlé par les proches et fidèles du pouvoir. Piétinement encore en Pologne, où les juges sont progressivement mis sous la tutelle du pouvoir exécutif. Piétinement en Russie, enfin, où les opposants pacifiques aux décisions poutiniennes sont molestés, violemment incarcérés et persécutés. Bon, et pour arrêter de déprimer, on fait quoi ? On se dit que c'est meilleur ici ?
Sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement sur la troisième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.
La situation peut paraître désespérante, mais c'est parce que les piliers fondamentaux de nos sociétés démocratiques vacillent. Le vivre ensemble, autour de valeurs communes, permettant un espace d'échange et de partage, est sensiblement menacé. Les droits de l'homme, qui furent longtemps un terrain d'entente entre droite et gauche, reçoivent des coups de plus en plus durs. La démocratie qui a justifié tant de fronts républicains est de plus en plus fragile et réduite. Notre assemblée nationale a bien du mal à s'accorder sur les grandes valeurs qui nous unissent, et seuls des accords superficiels et de circonstances arrivent à se conclure.
Dans l'épisode précédent, nous avions vu que les droits de l'homme sont ses prérogatives garanties juridiquement et inaliénables, accordées du seul fait d'être humain. On a vu qu'ils avaient été pensés à la fois contre l'arbitraire des rois et pour fabriquer une société plus juste. Ces droits humains ont reçu un tout nouveau visage après la Seconde Guerre mondiale. Les atrocités commises à Auschwitz comme à Hiroshima ont rappelé à quel point il fallait que ces principes fondamentaux reçoivent une protection efficace. Pas juste des mots, des actes ! Pour ça, on a imaginé une autre façon de faire de la politique où les élus seraient vraiment tenus au respect des droits de l'homme.
Et pour cela, on a créé des juges spécialisés qui vérifient que les hommes politiques n'abusent pas de leurs prérogatives et si jamais ils en abusaient, annuler cette décision prise contre la volonté solennelle du peuple souverain. Mais la présence des droits humains et de leurs juges sur le terrain politique hérisse beaucoup de poils.
Je ne remets absolument pas en cause la déclaration des droits de l'homme. Je ne remets absolument pas en cause les principes même de l'État de droit. Je remets en cause en revanche la liberté qu'ont les juges, conseil constitutionnel, conseil d'État, etc. d'imposer leur doxa au peuple qui n'en veut pas.
On leur reproche d'être trop de droite quand ils défendent la liberté d'entreprise ou de la chasse ou d'être trop de gauche quand ils condamnent l'État pour une action climatique ou qu'ils retoquent l'utilisation des NAS mobile en manifestation. Se pose ainsi la question brûlante du caractère démocratique de tout ce système. Est-ce vraiment démocratique d'avoir des règles qui encadrent la volonté des représentants du peuple ? Et pire encore, que ces règles soient garanties par des juges non élus ?
Dans une période où ces droits essentiels sont de plus en plus menacés et risquent même d'être franchement retirés, il est central de comprendre en quoi démocratie et droits humains sont deux choses foncièrement inséparables. Plus encore, il faut voir ce que l'on risque de perdre si les droits de l'homme sont réduits. Et si cette question est aussi importante, c'est que les droits de l'homme ont reçu des consécrations capitales. N'oublions jamais que… Quand on parle de démocratie, on pense tout de suite au peuple, aux élections et à nos représentants. Et au référendum ! Mais avant d'être tout ça, la démocratie, c'est un principe politique.
C'est l'idée d'après laquelle le pouvoir, quel qu'il soit, a pour origine le peuple, pour direction le peuple et pour justification le peuple. La démocratie se différencie par là des autres types de régimes, où une personne ou une caste sont considérées comme les seuls lieux légitimes d'expression politique. Par exemple, le roi, ou le président à vie, les juntes et l'armée. En démocratie, ce n'est pas le cas, la politique est l'affaire de tous. Chacun peut avoir son avis et peut également participer à la décision collective.
« Peut-être que la décision de ce qui est le meilleur pour tout le monde devrait être restée à tout le monde. »
« Peut-être que nous devons donner un vote aux enfants aussi. »
« Je vais demander mon arbre ! »
Autrement dit, l'organisation, les règles, les principes et les valeurs de la société sont des choses ouvertes, discutables et appartenant à tous. Plus encore, la démocratie vise à garantir au peuple son autonomie. Autrement dit, elle doit permettre au peuple de décider ensemble de la direction à prendre. Plus d'Europe, moins d'Europe, l'Europe différemment. Il ne suffit donc pas de dire que l'on vote pour que ce soit la démocratie. Il y a plein de pays où le peuple vote, mais où l'autonomie du peuple n'est pas vraiment garantie. Il faut s'assurer encore que l'expression de la volonté du peuple soit libre, sincère et éclairée. On l'a vu l'an dernier avec le référendum de 1962.
La campagne dominée par l'exécutif a été dirigée par un ministre de l'information qui a exploité la crise des missiles de Cuba pour sensiblement affecter la liberté dont disposait le peuple pour peser ses options. Il faut donc des règles qui encadrent tout ça, qui empêchent par exemple qu'une petite minorité ne décide à elle seule de la politique du pays, comme c'est le cas dans les oligarchies.
Jamais la droite ne votera une motion de censure avec un autre groupe. On est parfois con chez LR, mais pas au point de se lancer une ogive nucléaire sur la tête. Lâche un ténor des Républicains quand une autre résume, si on devait revoter pour les législatives aujourd'hui, on finirait à 10 députés.
Ces règles, ce sont essentiellement les droits de l'homme. Si la démocratie, c'est l'expression libre, sincère et éclairée du peuple, comment s'estimer en démocratie si vous n'avez pas le choix de vos gouvernants ? Si l'essentiel du temps médiatique est dominé par le gouvernement, comment estimer que le choix du peuple est libre et éclairé si les groupes d'opposition sont structurellement opprimés, si la liberté de communication, d'association et de la presse est à géométrie variable ? Comment estimer enfin que le choix du peuple est sincèrement respecté si la voix d'un citoyen d'une circonscription a moins de valeur que celle d'un autre ? Regardons en Russie.
Comment estimer que le peuple russe est libre et souverain si les élections sont massivement truquées, si les médias sont à la bode du Kremlin et si le moindre signe de désaccord est violemment réprimé ? Il ne s'agit pas que de préserver notre modèle social ouvert et tolérant en protégeant les droits des minorités. Il s'agit au contraire de protéger le principe démocratique lui-même. La démocratie, ce n'est pas la dictature, même celle de la majorité relative. Bien des Français ont soutenu Pétain. Mais qui estime que Pétain a été un gouvernant démocratique de la France malgré son large soutien populaire ? Bah… les fachos !
Le pouvoir démocratique doit pouvoir changer de camp et personne ne peut exiger de l'exercer à tout jamais. Seul le peuple peut décider. Mais un peuple, ça change d'avis. On peut être contre l'Europe, puis pour, puis recontre. On peut même changer le sens des institutions qui nous gouvernent. On peut être pour plus d'Europe, mais non une Europe de la finance et de la banque. Mais une Europe de la solidarité et des peuples. Les droits humains visent à garantir ce principe. Ils visent à empêcher que la minorité qui n'est pas au pouvoir se fasse abuser par les gouvernants et même la majorité. Parce que ni les gouvernants ni les majorités ne sont le peuple. Le peuple, c'est tout le monde.
Même ceux qu'on n'aime pas. Voilà pourquoi la démocratie et les droits humains sont indissociables. Les droits humains visent à garantir l'expression sincère, libre et éclairée de la volonté du peuple. Ils tentent à empêcher la captation et l'abus de pouvoir. Ils permettent la libre circulation des personnes, des idées. Ils permettent à tous de se sentir citoyens également. Chacun peut créer son association pour jouer au tarot ou pour suivre les politiques véreux. L'État, le gouvernement et la majorité n'ont pas leur mot à dire sur les gens qu'on fréquente, avec qui on travaille et ce qu'on dit. Comme bêtises et comme poésie.
Non, non, non, non, non, non.
Comme on l'a vu, la situation a bien changé depuis le début de la Vème République. Elle a commencé avec un ministre de l'information qui contrôlait la parole officielle. Mais elle a vu par la suite un conseil supérieur de l'audiovisuel serrer progressivement la vis sur le respect de l'égalité du temps de parole dans les médias audiovisuels pour assurer une information plus équilibrée au grand public. Mais elle a aussi vu une concentration progressive des grands médias dans les mains de quelques richissimes. Et des chaînes qui font directement l'apologie d'une quasi-inquisition.
Bienvenue dans Enquête d'Esprit. C'est une réalité plus sournoise que tous les virus. Plus dangereuse que toutes les épidémies. Plus contagieuse aussi que toutes les infections. Mais elle est rarement évoquée et encore moins prise au sérieux. Cette réalité, ce sont les forces du mal sous toutes leurs manifestations. Elles étendent leur pouvoir dans toutes les sphères de la société. L'actualité le montre amplement pour nous conduire au désespoir.
Le tournant néo-autoritaire que la gestion des manifestations a pris ces dernières années n'augure rien de bon.
Demain, je le dis, ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a la casse qui est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations.
La manifestation est un droit inaliénable et sacré pour le peuple. Nous devons pouvoir avoir le droit d'exprimer même véhémentement notre désaccord avec la politique du moment. Tout simplement parce que c'est le principe démocratique fondamental. La politique doit pouvoir changer. Outre leur caractère profondément anti-humaniste, les attaques contre les droits humains visent en réalité à saper le fonctionnement démocratique. Sérieux, retenez ça. Attaquer les droits de l'homme, c'est attaquer la démocratie. Allez, redites-le. Attaquer les droits de l'homme, c'est attaquer la démocratie. Chiant ce type ? On présente ces garde-fous comme des dangers.
Et les droits humains, de la bouche d'un bon nombre de responsables politiques très à droite sur les chiquiers, sont de sérieuses et indues entraves à leurs projets pour le peuple.
Moi je propose par exemple qu'on revienne sur le droit du sol au profit du droit du sang. Parce qu'on voit bien que l'âme française aujourd'hui se délie. C'est la réduction du rattachement familial aussi. C'est la limitation de l'immigration étudiante qui a atteint des records.
Mais imaginez un peu dire que la liberté d'expression représente un danger pour vos idées. Ou encore que la liberté de manifester menace votre pouvoir. C'est que vous êtes un ennemi de la liberté et du peuple.
Ne parlez pas de répression ou de violence policière, ces mots sont inacceptables dans un état de droit.
Les droits humains sont indissociables de la démocratie. Ils en sont la pierre angulaire et la condition de son bon fonctionnement. S'ils sont attaqués, il faut les défendre. Et donc se défaire de cette influence nauséabonde qui envahit progressivement la société. Ça pue la haine, la rancœur et l'égoïsme glorifiés. Un pour tous, chacun pour soi. Les droits humains, quels qu'ils soient, visent à promouvoir une société plus juste, plus légitime, où les décisions et la position sociale ne se font essentiellement que sur le mérite de travail et moins sur l'héritage et les castes. C'est ça qu'on risque de perdre, cette richesse, cette humanité, cette liberté.
Mon premier rôle, c'est de casser l'indifférence qui est en train de gagner notre société. Les droits fondamentaux, ça n'est pas dans les terres. Les droits fondamentaux, c'est sur les trottoirs du boulevard de la Villette.
Pouvoir accéder à un logement décent, recevoir des soins essentiels sans se ruiner, manifester, avoir une retraite d'un montant et d'une durée digne sont autant de conditions à la réalisation d'une société qui n'exclut pas juste parce que vous êtes pauvres, malades, opposants ou vieux. C'est considérer que nos concitoyens et les autres humains, qui qu'ils soient, valent quelque chose et pas juste rien.
Et une gare, c'est un lieu où on croise. Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien.
La démocratie, les droits humains sont ainsi deux outils pour façonner la société. Pour changer nos perceptions, nos idées, nos valeurs fondamentales. Protéger et garantir les droits humains, c'est affirmer que quelles que soient les caractéristiques extérieures de l'individu, sa vie, du simple fait qu'elle existe, a une valeur. Qu'on ne peut en disposer comme on l'entend. Que l'autre n'est pas juste un truc qu'on peut manipuler à droite et à gauche, mais qu'il est bien quelqu'un avec ses désirs, ses peurs, ses rêves et ses souffrances.
Faire de la dignité de la personne humaine le facteur fondamental d'organisation des relations sociales, c'est adopter une conception riche de l'humain et le placer au premier plan. Il y a dès lors une hiérarchie sociale qui s'installe entre les priorités politiques, la protection et le bonheur du plus grand nombre et la garantie pour tous d'un minimum décent, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, ses opinions, ses choix et autres caractéristiques extérieures indifférentes à la valeur humaine. Mais cette conception demande un effort permanent du peuple pour y adhérer. Nous ne sommes en démocratie que tant que nous voulons y être.
Et c'est là la plus grande fragilité de nos systèmes démocratiques. Ils dépendent entièrement de notre bon vouloir. Voyez comment ces valeurs pourtant conquises peu de temps avant ont été vite abandonnées. Napoléon fut investi par le peuple pour piétiner les droits qu'il venait lui-même de se proclamer une dizaine d'années plus tôt. Voyez comme la Troisième République, qui a consacré la liberté de la presse, d'associations et a séparé les églises de l'État, a fini par s'autodissoudre dans un État fasciste, raciste et génocidaire.
Le danger des programmes, des discours et des partis qui s'attaquent aux droits fondamentaux ne réside pas tant dans les atteintes qu'ils veulent mettre en place que dans la facilité qu'ils ont à nous faire oublier tout ça. Les discours néofascistes et xénophobes, en s'appuyant sur des théories délirantes d'un remplacement qui n'aura pas lieu, exploitent angoisse et terreur pour rendre désirable la destruction de l'ordre démocratique contemporain. Ces discours attirent par le vide qu'ils créent. La vie humaine n'aurait pas de valeur intrinsèque, les règles non plus. Si elles gênent, nous pourrions les violer.
Autrement dit, il n'y a plus de valeur sociale, si ce n'est ces mascarades qui déguisent une volonté d'épuration ethnopolitique, mais en réalité ne font que détruire les valeurs. Ces idéologies rétrogrades ne visent qu'à une seule chose, abrutir suffisamment pour rendre tout acceptable. Renvoyer des migrants en avion au Rwanda, c'est pour leur bien. Gazer des supporters sans raison, c'est de leur faute. Couler des bateaux remplis de personnes en détresse, n'avaient qu'à rester chez eux. Matraquer des gilets jaunes, ce sont des factieux. Polluer sans vergogne, on ne va pas changer le monde.
L'acceptabilité progressive que ces idées acquièrent dans le débat public est un danger vital à nos démocraties fragilisées. Cette subversion des valeurs humanistes est le poison le plus dangereux qui peut être versé dans la coupe démocratique. En supprimant toute valeur fondamentale de l'être humain, tout devient justifiable parce qu'on a peur, parce qu'on en a envie ou simplement par appât du gain. Ces idéologies néofascistes revendiquent le retour de la France qu'on connaît, plus sûre, plus ordonnée, plus calme. Celle des grands hommes, une belle nation accoudée à la même table. En réalité, ces idéologies ne sont que des ferments d'égoïsme, de violence et d'ignominie sociale et politique.
Contre ça, on peut soutenir des initiatives indépendantes comme Blast, qui par leur liberté permettent la production de contenu moins soutenu par l'ordre établi. Il y a aussi l'implication citoyenne aux élections bien entendu, mais dans la vie sociale et politique au sens large. Enfin, il y a l'éducation. L'ignorance est le terreau des autocrates. À un peuple ignorant, on peut lui faire croire ce qu'on veut. La libération des opprimés ne viendra pas seulement d'une école, d'un parti ou d'un homme d'État. Ils la devront avant tout à eux-mêmes.
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Emmanuel Macron