Elie Barnavi, l’homme de paix - C à Vous l’intégrale - 18/04/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... -M.Bouhafsi: Bonsoir à tous.
Bienvenue dans "C à vous". On est ensemble jusqu'à 21h pour l'actualité de ce samedi 18 avril avec Eglantine, Amandine, Yaël et Paul. Bonsoir à tous. - BONSOIR. -M.Bouhafsi: A la une, après des semaines de frappes intensives, un cessez-le-feu signé entre Israel et le Liban. -M.Bouhafsi: Yaël, au menu de votre édito ce soir? -Y.Goosz: Une France exclue de ces négociations.
Rien ne va plus avec le Premier ministre israélien. Doit-on rester passif face à un dirigeant qui refuse d'écouter la voix de la France? -M.Bouhafsi: Sa parole est rare.
L'ancien ambassadeur d'Israël en France, Elie Barnavi, sera avec nous ce soir. Les images les plus marquantes de la semaine, c'est dans le 5 sur 5. Ce soir, alerte sur la récolte de champagne. - Celui-là a bien résisté.
Ceux-là, ils sont détruits. -A.Bégot: 40% des bourgeons ont été détruits, c'est du jamais vu depuis 2003.
L'agroclimatologue Serge Zaka va tout nous expliquer. -M.Bouhafsi: Paul, vous serez en immersion avec ceux qui font l'actualité.
Ce soir, le portrait d'un héros. -P.Larrouturou: Je vais vous raconter l'histoire de Gabin, neuf ans, qui a sauvé sa petite soeur Laura et son chien Malcolm d'un terrible incendie. -M.Bouhafsi: Après 20h, les recommandations culturelles. -E.Eméyé: Je vous propose une plongée dans l'histoire dans un monument de Paris qui peut être un peu inquiétant, les catacombes ont fait peau neuve. -M.Bouhafsi: Ce sera après 20h et ça va plaire à nos invités Stéphane Bern, Augustin Trapenard et Shy'm.
Mais avant ça, jeudi à 23h, Israël et le Liban signaient un cessez-le-feu pour tenter de mettre fin à une guerre qui dure depuis plusieurs années. Quelques minutes avant, Tsahal continuait de bombarder le Sud-Liban. De l'autre côté de la frontière, le Hezbollah se tient prêt à reprendre les armes.
Trump propose une rencontre historique à Washington et Benyamin Netanyahou impose ses règles: ces négociations doivent se tenir sans la France. - Je suis tellement contente de pouvoir retourner dans mon village aussi vite. Le cessez-le-feu a été soudain et inattendu.
Vous voyez, le village est entièrement détruit. -M.Bouhafsi: Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, est l'invité de "C à vous".
Bonsoir, monsieur l'ambassadeur. Merci d'avoir accepté notre invitation. Avant de vous donner la parole, l'édito de Yaël Goosz.
Rien ne va plus entre Macron et Netanyahou. Le cessez-le-feu au Liban a été négocié sans la France. Humiliation, incompréhension...
La relation France-Israël a-t-elle atteint un point de non-retour? -Y.Goosz: C'est ce qui s'appelle être mis hors-jeu.
Israël ne prend même plus de gants. Il y a 2 semaines, l'ambassadeur à Paris, Joshua Zarka, déclare qu'il y a des choix faits ces derniers temps qui montrent que la France ne se définit pas comme amie d'Israël. Les mots sont forts.
Son collègue, ambassadeur aux Etats-Unis, est plus cash encore. -M.Bouhafsi: Pourquoi une telle violence dans les mots? -Y.Goosz: La France, présente au Liban, amie du Liban, dérange les plans d'Israël.
Nous pouvons encore parler au Hezbollah. La France croit à une solution politique. Nos Casques bleus de la FINUL sont les témoins gênants de ce que l'armée israélienne fait subir aux populations du Sud-Liban. -M.Bouhafsi: Cette tension ne se limite pas à la question du Liban. -Y.Goosz: Ce qui insupporte le gouvernement israélien, c'est aussi la position défensive de la France dans la guerre en Iran.
Tout s'est déréglé après les massacres du 7 octobre 2023. A chaque fois que Paris émet la moindre réserve pour éviter le bain de sang à Gaza, Benyamin Netanyahou s'énerve. -Y.Goosz: Le lendemain de cette déclaration, le 12 novembre 2023, Macron n'est pas physiquement dans la fameuse Marche pour la République et contre l'antisémitisme.
Pour ne rien arranger, vu de Tel-Aviv, il y a cette reconnaissance par la France, 2 ans plus tard, à l'ONU le 22 septembre 2025, d'un Etat palestinien. Signe selon Benyamin Netanyahou, qui écrit à Emmanuel Macron pour le lui dire, que la France, je cite, "alimente le feu antisémite". Tension maximale, comme l'explique David Rigoulet-Roze. - Ca s'aggrave ces derniers mois, incontestablement.
Ca tient largement, je dirais, aux relations interpersonnelles qui sont exécrables aujourd'hui entre les entre les deux hommes. Ca affecte aussi les relations entre les deux pays. Joshua Zarka, qui est l'ambassadeur en France, a même dit que la France n'était pas l'amie d'Israël.
C'est oublier l'histoire des relations entre les deux pays et le fait que la France a aidé Israël, notamment, à se doter de la bombe atomique. Ca affecte aussi les relations parfois entre les services, ce qui n'était pas le cas avant. -M.Bouhafsi: En France, on cherche à garder de bonnes relations? -Y.Goosz: C'est ça qui est choquant.
Nous sommes très conciliants. Jamais la France ne conteste le droit d'Israël à se défendre et pourtant, on encaisse les humiliations. Dernières en date: le boycott par Israël des achats de matériels de défense produits en France, l'annulation aussi de la visite d'Alice Rufo, notre ministre déléguée aux armées.
En sens inverse, l'Elysée accumule les gestes amicaux. Le 13 novembre dernier, la France autorise Israël à exposer ses armements au salon Milipol. Le 5 décembre, la France s'oppose au boycott d'Israël à l'Eurovision.
Le 11 février, Jean-Noël Barrot appelle à la démission Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU, parce qu'elle évoque un possible génocide à Gaza. Sans parler du soutien à la loi Yad contre les nouvelles formes d'antisémitisme, qui sera transformée en projet de loi d'ici de juin prochain. -M.Bouhafsi: Tout ça pour ça? -Y.Goosz: Oui, on touche aux limites de ce "en même temps" diplomatique.
Les provocations succèdent aux provocations, quand la Knesset vote pour la pendaison des terroristes palestiniens. Pourtant c'est Benyamin Netanyahou qui nous considère en pleine décadence morale. Fuite en avant d'un dirigeant messianique en guerre continue pour échapper à ses déboires judiciaires.
Acteur majeur de l'Internationale réactionnaire, jumeau de Trump et qui sait qu'Emmanuel Macron est en fin de règne et en profite. Justement, raison de plus pour tenir tête à "Bibi" au nom d'une certaine idée de la France. -M.Bouhafsi: Elie Barnavi, vous êtes diplomate, historien, ancien ambassadeur d'Israël en France.
Vous publiez "Dictionnaire amoureux d'Israël" chez Plon. On va revenir sur les relations tumultueuses entre la France et le gouvernement israélien. Mais cette annonce historique d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, c'est la condition sine qua non pour rétablir un dialogue entre les deux pays?
Vous croyez à un cessez-le-feu? -E.Barnavi: J'y crois, si Trump le veut.
On est arrivé à une situation où un homme, et quel homme, décide souverainement de l'avenir des pays, de l'avenir de la région, de la paix ou de la guerre. Si on laisse faire Netanyahou, il va continuer à faire la guerre, parce que la guerre lui convient. On va avoir des élections en octobre et tant que la guerre se poursuit, il peut se prémunir, il peut faire de son procès ce qu'il veut.
La guerre est bonne pour lui. -A.Bégot: Vous pensez que Donald Trump a la main sur Benyamin Netanyahou? -E.Barnavi: Oui, absolument.
On le voit tous les jours. S'il y a un cessez-le-feu au Liban maintenant, c'est parce qu'il lui a forcé la main. Netanyahou n'aurait jamais accepté.
Pareil pour Gaza. C'est Trump qui a imposé le cessez-le-feu à Gaza et le retour des otages. Sinon, ils pourriraient encore dans les tunnels du Hamas. -M.Bouhafsi: Aujourd'hui, Benyamin Netanyahou vient bombarder massivement le Sud-Liban.
Quel est son intérêt au Liban? -E.Barnavi: Son intérêt, c'est de montrer à sa base, puisque tout tourne autour de ça, autour de son intérêt électoral, que c'est un Premier ministre fort, puissant, qui ne s'en laisse pas conter, qu'il va aller jusqu'au bout de ce qu'il a promis.
Il fait le contraire de ce qu'il devrait faire. Il devrait renforcer le gouvernement libanais. C'est ça qu'il devrait faire.
C'est ce que lui disent ses chefs militaires. Beaucoup de monde lui dit ça, mais il a la coalition qu'il a. Il est entouré de jusqu'au-boutistes et il veut montrer qu'il est capable de faire ce qu'aucun autre ne peut faire.
De toute façon, nous n'avons plus d'autre politique que la politique du coup de poing et de l'insulte...
Il n'y a pas de diplomatie ni rien. Voyez ce qui se passe avec la France. C'est insensé.
D'ailleurs, Emmanuel Macron n'est pas le seul, ses collègues européens ne sont pas mieux traités, mais c'est comme ça. Là, il s'est enfermé dans une bulle, une bulle réactionnaire, d'extrême droite. C'est Trump.
Jusqu'à hier, Orban. Il a perdu Orban. Mais ce sont les seuls avec qui il parle encore.
Dans cette configuration, c'est la fuite en avant jusqu'à ce qu'on l'arrête. Qui peut l'arrêter? Trump, encore une fois, et les électeurs israéliens, en octobre, qui vont le renvoyer chez lui. -E.Eméyé: Il y a deux semaines, le Parlement israélien a adopté une loi rétablissant la peine de mort, un vote qui a été célébré à la Knesset.
Propos en hébreu. -E.Eméyé: Ils le fêtent au champagne et les députés arborent un pin's qui figure un noeud coulant.
Ces images vous ont choqué? Vous en pensez quoi? -E.Barnavi: C'est effroyable.
Qu'est-ce que je peux dire? C'est obscène. Rétablir la peine de mort, et de cette manière...
C'est-à-dire que la peine de mort ne serait exercée que contre les terroristes palestiniens et non pas contre les terroristes juifs. C'est une loi scélérate en soi, la peine de mort. Et celle-là doublement, car elle est discriminatoire. -Y.Goosz: Elle s'appliquera sans doute pas parce qu'il y a encore un Etat de droit.
La Cour suprême va empêcher. -E.Barnavi: J'allais y venir.
Cette loi sera cassée par la Cour suprême, mais les scènes que nous voyons, ça montre bien la dégringolade, la déréliction de la démocratie israélienne. Ce sont des scènes qu'il n'y a pas longtemps étaient inimaginables. Aujourd'hui, tout va... -Y.Goosz: Comment vous jugez notre relation avec Israël?
Est-ce que nous sommes toujours alliés d'Israël? -E.Barnavi: Oui, la relation France-Israël est une relation qui a toujours connu des hauts et des bas dans l'histoire. -Y.Goosz: Là, on est dans le très, très bas? -E.Barnavi: Et là, on est dans le très bas parce que c'est la relation du gouvernement d'Israël avec l'Europe qui est très basse, et avec le monde.
La France n'est exceptionnelle que parce qu'elle occupe une place un peu particulière, à la fois comme membre éminent de l'UE, comme ancien allié très proche d'Israël, comme allié du Liban. Tout ça fait de la France un acteur un peu un peu spécial. Ce que j'essaie de dire à mes amis français, c'est que tout cela est normal, si je puis dire, que c'était prévisible et que faire le dos rond et s'humilier ne sert à rien.
C'est pas comme ça qu'on gagne la sympathie d'un gouvernement pareil. Ce que devraient faire la France et l'Europe, c'est dire: "Voilà quels sont nos intérêts et nos valeurs, "et nous vous aimons bien..." -M.Bouhafsi: La France ne le fait pas suffisamment? -E.Barnavi: Evidemment pas.
Ni la France ni l'Europe en général. Comme c'est Israël, l'Europe marche sur des oeufs au lieu de tenir un langage très clair. -Y.Goosz: Qu'est-ce qu'il faudrait dire? -E.Barnavi: Tout en protestant de l'amitié historique inébranlable, la conviction qu'Israël a un droit absolu à la sécurité, tout ce que la France dit d'ailleurs...
Mais il y a des choses que nous, puissances qui avons nos intérêts et nos valeurs, nous ne pouvons pas admettre. -Y.Goosz: Puisqu'Israël nous sanctionne, est-ce que l'Europe, en accord d'association commerciale, devrait prendre des sanctions contre Israël? -E.Barnavi: Je pense que toute diplomatie est faite d'un ensemble de carottes et de bâtons.
Nous n'avons jamais eu que des carottes. Il est temps de faire sentir qu'il y a aussi des bâtons. C'est un "give and take".
Et ça, l'Europe n'a jamais su le faire pour des raisons historiques que vous connaissez comme moi, parce qu'elle n'arrive pas à parler d'une seule voix, parce qu'elle est faible diplomatiquement...
Mais c'est le seul moyen de nous sauver, d'ailleurs. A continuer comme ça, bientôt Israël ne sera pas... -Y.Goosz: Vous voulez que l'Europe vous sanctionne? -E.Barnavi: Bien entendu.
Cela fait des années que je dis ça. -M.Bouhafsi: Souvent, en France, quand quelqu'un sur un plateau, à la radio ou à la télé tient ce genre de propos, il peut se faire taxer d'antisémitisme.
On va tout de suite sur ce procès-là. Votre propos, c'est de dire il faut sanctionner Israël? -E.Barnavi: Il ne faut pas accepter ce genre de chantage.
Bien sûr qu'il y a des antisémites, évidemment. C'est pas une nouveauté. Toute critique d'Israël et tout appel à agir n'est pas de l'antisémitisme.
Sinon, je serais le premier antisémite. Et moi, comme patriote israélien convaincu, qui aime mon pays, qui n'imagine pas pouvoir vivre ailleurs, je dis qu'il faut sauver ce pays de lui-même, parce que sinon, le pays sera toujours là, peut-être, mais des gens comme moi ne pourront pas y vivre. D'ailleurs, beaucoup d'Israéliens votent avec leurs pieds.
Par dizaines de milliers, ils s'en vont. Si cet individu gagne encore les élections en octobre, je ne sais pas ce qui va se passer. Tenir un langage de fermeté, d'amitié, j'insiste, d'amitié sincère et réaffirmée sans arrêt, mais en même temps de limites, "voilà ce que vous pouvez faire "ou pas faire", c'est la moindre des choses. -A.Bégot: A propos d'antisémitisme, cette semaine, une proposition de loi visant à lutter contre les nouvelles formes, les formes renouvelées, de l'antisémitisme, a enflammé l'Assemblée nationale en France.
C'est la proposition de loi Yadan. Un texte qui a été soutenu par le gouvernement puis retiré, qui a suscité beaucoup de questions, de reproches. Les opposants disaient: "On pourra plus critiquer la politique d'Israël." Vous comprenez ce débat?
Vous avez le sentiment qu'on peut pas finalement parler d'antisémitisme de façon posée aujourd'hui en France? -E.Barnavi: Oui, c'est vrai.
J'ai lu le projet de loi. Il me convient parfaitement. Je n'ai rien à dire contre ce projet de loi.
Et il y a dans les protestations contre ce projet de loi beaucoup d'ambiguïté. Alors, je suppose qu'il y en a qui sont sincères, mais personne n'a jamais songé à interdire la critique du gouvernement d'Israël. Il faut pas raconter des histoires.
C'est pas la loi Yadan qui va criminaliser la critique du gouvernement de Jérusalem. Tout ça est absurde. Je veux être très clair, je pense que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme.
L'antisionisme avait un sens avant la création de l'Etat, il y avait d'autres options, on pouvait être antisioniste. La plupart des antisionistes étaient des juifs. Une fois que l'Etat existe, l'antisionisme veut dire une seule chose: éradiquer l'Etat d'Israël.
C'est ça que ça veut dire. Il faut arrêter ça. On vous dit la bouche en coeur: "Non, je suis pas antisémite, je suis antisioniste." Tu n'as pas besoin d'antisionisme pour dire tout le mal que tu penses de la politique d'Israël.
Tout ça est absurde. On n'a pas...
On ne s'est pas battus contre l'Allemagne hitlérienne pour détruire l'Allemagne en tant que telle. C'est un régime qu'on voulait mettre à bas. Et là, il faut bien avouer, il faut bien voir qu'Israël est un cas unique, c'est le seul membre de la Communauté des nations dont on peut proclamer le désir de le voir disparaître de la carte.
C'est la politique de l'Iran, c'est le Hezbollah, c'est le Hamas et ce sont leurs amis en Europe. -M.Bouhafsi: Cette semaine, Marine Le Pen a été reçue par l'actuel ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka.
Elle avait été reçue la veille par son homologue libanais. Mais plus globalement, cette entrevue s'inscrit dans une opération de séduction de la communauté juive en France, une opération de dédiabolisation. C'est une façon d'oublier le passé du Rassemblement National et de l'ancien parti du Front National.
Vous l'auriez reçue, vous, à votre époque? -E.Barnavi: Non, à mon époque, personne n'aurait demandé. -M.Bouhafsi: Et aujourd'hui, si vous étiez en fonction? -E.Barnavi: Non, non, je ne l'aurais pas fait.
Ils n'auraient pas dû le faire. Mais ça s'insère dans une politique constante d'acceptation, de blanchiment de l'extrême droite européenne. Marine Le Pen n'est pas la seule.
On a reçu Bardella en Israël, on a reçu toutes les extrêmes droites d'Europe. Et donc c'est la banalisation, si vous voulez, des liens entre Israël et l'extrême droite. Moi, je trouve cela dommageable, mais c'est comme ça. -M.Bouhafsi: Par ailleurs, aujourd'hui en France, le Rassemblement National se présente comme le parti capable de protéger cette communauté juive, nos concitoyens de communauté juive en France, notamment contre La France Insoumise.
Qu'est-ce que ça vous inspire, Elie Barnavi? -E.Barnavi: Je ne veux pas me mêler de ça.
C'est votre problème, ce n'est pas le mien. Mais je suis très sceptique. Vous savez, moi, je suis sceptique parce que dans l'ADN de ces extrêmes droites européennes, quand vous grattez un peu, il y a toujours... il y a toujours l'antisémitisme.
Il y a la méfiance, le dégoût, l'opposition à l'autre, quel qu'il soit. Et le juif est l'autre par excellence. Donc je me garderai bien...
Et chaque fois qu'on entend des voix de l'intérieur...
Vos cheveux se dressent sur la tête. Les gens parlent, du coup, sans retenue. Vous voyez bien ce qui se dit.
Et régulièrement, Marine Le Pen est obligée d'expulser des membres, des brebis galeuses. Or, ce sont les brebis galeuses qui détiennent la vérité du mouvement. -M.Bouhafsi: Merci à vous, Elie Barnavi.
Vous êtes l'ancien ambassadeur d'Israël en France. Vous publiez "Dictionnaire amoureux d'Israël" chez Plon. Vous restez avec nous.
On a d'autres sujets d'actualité à vous proposer. Tout de suite, la story de Paul Larrouturou. - C'était 5 minutes où tout a basculé. - Il m'a juste dit: "Maman, la maison est en feu." -Il a dit "Descends!" et il m'a pris par la main et on est allés plus vite, du coup. - Le héros, c'est Gabin, quoi. -P.Larrouturou: Je vous emmène en immersion avec un petit héros.
Son prénom est Gabin. Il a 9 ans. Il est atteint de troubles autistiques.
Il vit à côté d'Arras et il a sauvé des flammes et sa petite soeur et son chien. Ses parents, Arnaud et Dorothée, nous racontent. - Ca a commencé dans la cuisine. - C'est la plaque vitrocéramique qui a eu un défaut, qui s'est mise à chauffer et ma friteuse était posée dessus et ça a pris feu à ce moment-là. - J'avoue que là, je suis quand même stupéfait de voir une véranda complètement pulvérisée.
On est monté à plus de 1000 degrés, c'est sûr. Alors on a beau déjà avoir vu ce genre de scène, quand c'est les siens, c'est pas la même chose. -P.Larrouturou: Gabin, 9 ans, faisait un puzzle.
Sa petite soeur Laura, 5 ans, jouait à la poupée. Il nous raconte la suite. - J'étais là, en train de faire un puzzle.
Il y avait plein de fumée. Après, ça a pris feu. J'ai allumé la hotte, j'ai ouvert une fenêtre. - Gabin, il a vu toute la fumée.
On a pleuré, on était tristes. Il m'a emmenée au sous-sol et il est remonté pour prendre le chien. Il est descendu et maman, elle est arrivée. -P.Larrouturou: Leur mère avait installé une petite caméra de surveillance.
Elle s'est absentée une petite dizaine de minutes pour aller chercher son aîné, Alex, qui était au catéchisme, quand tout à coup, elle a reçu un appel. - J'ai trouvé mon fils avec sa petite soeur et son chien réfugiés au sous-sol. Mon garçon avait pensé à refermer la porte des escaliers du sous-sol.
Et là, il y a eu une explosion de fumée juste après qu'on est sortis de la maison. -P.Larrouturou: Vous avez vu la porte?
Ils sont descendus au fond. Gabin sauve sa petite soeur et remonte dans la fournaise pour sauver Malcolm, c'est le nom de son chien. - Le chien va bien, il s'en est super bien sorti grâce à mon garçon.
Il est remonté le chercher dans la maison sans savoir où il s'était mis pour lui-même se mettre en sécurité. Il l'a retrouvé dans notre chambre. Il l'a attrapé et l'a redescendu au sous-sol avec lui. -P.Larrouturou: Par chance, leur papa est pompier volontaire, tout comme son propre père, le grand-père de Gabin, également pompier, alors le père a appris à ses enfants les gestes qui sauvent. - J'avais eu une discussion avec les enfants. "Si jamais il y avait un incendie dans la maison, "vous ouvrez la porte du sous-sol, "vous descendez par le sous-sol "et vous vous réfugiez en bas. "Il y aura de l'air frais.
Et surtout, "n'oubliez pas de fermer la porte derrière vous." J'en reviens pas! Il a fait mot pour mot ce que je lui avais fait comprendre de faire.
Son grand-père, qui était pompier professionnel, il doit être fier de son petit-fils. -P.Larrouturou: Et aujourd'hui, toute la famille croule sous les dons de la France entière, Nîmes, Nice et même la Guadeloupe.
Je suis allé juste à côté, à la mairie de ce petit village de 500 habitants à côté d'Arras. Il nous emmène dans la salle, qui déborde de jeux. - C'est un bel acte, c'est vrai.
Il va être vraisemblablement récompensé. On va le mettre à l'honneur. Ils viennent déposer ce qu'ils pensent être nécessaire à trois enfants de 11, 9 et 5 ans.
Comme quasi la totalité a brûlé, il faut reconstituer ce qu'il y avait dans les chambres. C'est de la générosité qu'on rencontre dans ces cas-là. - Ca permet de voir le sourire sur les enfants qui revient.
Ils ont même retrouvé des jouets qu'ils avaient à l'identique et qui ne sont plus là. Donc ils ont l'impression de voir renaître leurs jouets. Et ça, c'est le plus beau cadeau qui puisse exister. -P.Larrouturou: La générosité du Nord.
Alors ce soir, certains s'activent pour donner une médaille à Gabin. On ne sait pas encore si ce sera l'Ordre national du Mérite, il est peut-être un peu jeune, ou la médaille de la présidence de l'Assemblée nationale. C'est en conversation entre les députés.
La seule certitude, c'est que ce soir, il y a une cagnotte qui récolte plus de 8000 euros pour la famille de Gabin. -M.Bouhafsi: Il sera très heureux de se voir à la télévision.
Je vois que ça vous émeut, Elie Barnavi. -E.Barnavi: C'est merveilleux. -M.Bouhafsi: Elle est merveilleuse, cette histoire!
Quel héros, ce jeune Gabin! Merci à vous, Paul Larrouturou. C'est un nouvel épisode d'une saga judiciaire.
La cour d'appel de Versailles a autorisé l'exhumation du corps de Sophie Narme, une jeune agente immobilière de 23 ans, violée et assassinée en 1991 à Paris. Un cold case vieux de 35 ans sur lequel plane l'ombre de Dominique Pelicot. - C'est par le biais de cette petite annonce parue dans une revue immobilière que l'assassin a pris contact par téléphone avec Sophie Narme, 23 ans.
L'homme, qui a donné une fausse identité, souhaite visiter l'appartement. Rendez-vous est pris, mercredi 11h. D'autres clients sont prévus dans l'après-midi, mais ils trouveront porte close.
Le directeur de l'agence, inquiet de la disparition de son employée, découvrira le corps de la jeune femme gisant dans l'appartement. Sophie Narme a été violée avant d'être étranglée puis achevée à coups de couteau. -M.Bouhafsi: Bonsoir, Florante Rault, vous êtes l'avocate de la famille de Sophie Narme.
Bonsoir, Mélanie Bertrand, grand reporter à BFMTV. Cette exhumation a eu lieu mardi et selon vos informations, Mélanie, les prélèvements ont débuté dès le lendemain, dès le mercredi. -M.Bertrand: Oui, exactement.
La justice n'a pas traîné parce qu'évidemment, c'est une demande de l'avocate de Dominique Pelicot, Me Zavarro, qui avait déjà été retoquée une première fois et qui a été validée cet hiver. Et donc maintenant, toute la question est de savoir si on retrouve un ADN. Il faut savoir qu'on est 35 ans après l'assassinat de cette jeune femme, si on peut retrouver des éléments sur elle...
Là, ce que la justice cherche, c'est l'ADN d'un suspect, et peut-être celui de Dominique Pelicot. Il est mis en examen dans ce dossier. Donc maintenant, il faut plus traîner.
On estime que les prélèvements sont faits, dans la globalité. Maintenant, c'est le temps des analyses et ça peut prendre 15 jours à 3 semaines environ. -M.Bouhafsi: C'est rarissime, ce genre d'opération. -M.Bertrand: Oui, c'est rarissime.
Il y avait eu le cas dans l'affaire Jacques Rançon, le tueur des disparues de la gare de Perpignan, qui a été condamné pour le viol et le meurtre de 2 jeunes femmes. On a pu lui attribuer un nouveau viol et meurtre en 86, l'affaire Isabelle Ménage, une jeune femme retrouvée morte à la lisière d'un bois dans la Somme. A l'époque, les analyses n'avaient pas permis de déterminer un auteur.
Le corps avait été exhumé des dizaines d'années plus tard et il avait été condamné à la perpétuité en appel en 2022. Donc c'est possible, mais c'est très rare. -M.Bouhafsi: Florence Rault, vous étiez présente lors de cette exhumation.
C'est toujours une étape très difficile à supporter, notamment pour la famille de Sophie Narme. -F.Rault: C'est quelque chose qui n'est pas tolérable pour une mère ni pour une soeur, et puis difficilement supportable aussi pour les amis.
Donc heureusement, personne n'était présent. J'étais la seule à être présente à cette exhumation, avec évidemment l'avocate de Dominique Pelicot, et puis de nombreuses autres personnes, puisqu'une opération comme celle-ci, ça mobilise les pompes funèbres, les policiers, les enquêteurs, le service d'ordre, le juge, la greffière...
Enfin, il y avait 35 personnes sur les lieux, Et au moment où je suis sur ces lieux, c'est assez particulier parce qu'on arrive un beau matin, il est 9h30, il fait très beau, il y a du soleil, on entend les oiseaux chanter, c'est très champêtre. C'est un tout petit cimetière d'une petite ville dans les Yvelines. Et tout d'un coup, ce cimetière se transforme en une scène de crime, pratiquement.
Et donc c'est cette espèce de décalage qui est quand même très étrange. Et puis ensuite, c'est vrai que vous avez dit, à juste titre, que c'était des opérations rarissimes. Ca fait 42 ans que j'ai prêté serment.
C'est la première fois de mon exercice professionnel et de ma vie que j'assiste à une exhumation. Alors, on se fait plein d'idées des opérations, de la manière dont ça se déroule, de qui fait quoi et on a plein d'images dans la tête et en réalité, ça n'est pas du tout ça. On n'a pas du tout ces images qu'on peut voir dans les séries.
Ca ressemble à rien. Ce que j'en ai retenu, c'est que ça a été fait avec infiniment de respect. -M.Bouhafsi: De la part des enquêteurs? -F.Rault: De la part de tout le monde.
De la part des pompes funèbres, que je salue. Les enquêteurs étaient là pour assister, mais c'est pas eux qui interviennent. Les personnes qui interviennent, c'est la légiste et le personnel des pompes funèbres.
Et en fait, tout le monde a été d'une extrême bienveillance, d'une extrême attention, parce qu'on avait cette sensation que voilà, on allait voir pour la première fois Sophie. C'est quand même très particulier. -M.Bouhafsi: J'insiste sur ce point: c'est Béatrice Zavarro, l'avocate de Dominique Pelicot, qui a demandé cette exhumation.
L'idée, c'est de trouver des traces ADN pour prouver l'innocence, puisque Dominique Pelicot nie toute implication. Florence Rault, vous décrivez un désordre indescriptible sur la scène du crime de Sophie Narme et pourtant, un détail a retenu votre attention. Ce sont les talons de Sophie et son sac à main. -F.Rault: Les chaussures, les escarpins de Sophie.
Sur cette scène de crime qui est apocalyptique, dès que vous la voyez...
Je ne vous parle même pas d'être sur place comme l'ont été les enquêteurs. Moi, quand je vois les photos qui sont dans le dossier, j'ai cette sensation d'une scène de chaos. J'ai cette sensation que Sophie s'est débattue, qu'elle a souffert le martyre, qu'elle a été martyrisée.
Tout a volé en éclats. Tout est parti dans tous les sens. On retrouve des bijoux à elle, des bagues sous son corps.
Tout a été jeté. Et vous avez un élément qui est tellement étrange...
Comme si, dans un brouhaha, vous aviez un silence. Vous avez ces chaussures, des escarpins, des escarpins bleu marine, qui sont rangées dans une certaine position. Les deux chaussures sont parallèles.
Il y a une certaine position par rapport à la position du corps. Et là, quand je vois ça, et je n'ai pas été la seule à avoir cette sensation, quand je vois ça, je me dis que ça n'est pas dû au hasard. -A.Bégot: C'est quelqu'un qui les a déposées comme ça. -F.Rault: En tout cas, c'est un tueur en série. -M.Bouhafsi: Et d'ailleurs... -M.Bertrand: C'est pas la première fois. -M.Bouhafsi: D'ailleurs, en janvier dernier, le pôle cold case de Nanterre, ce pôle consacré aux affaires non élucidées, a ouvert un parcours criminel sur Dominique Pelicot.
Ca veut dire quoi? Qu'on va tout regarder dans la vie de Dominique Pelicot? -M.Bertrand: Exactement.
Les enquêteurs ne partent plus d'un fait, d'un meurtre, d'un viol, mais prennent la globalité d'un auteur déjà identifié pour voir s'il y a des correspondances avec des affaires non élucidées. Ils l'ont déjà fait, il y a 13 parcours criminels qui sont ouverts par le pôle cold case. C'est le cas pour Nordahl Lelandais, pour Michel Fourniret, malgré le fait qu'il soit décédé, pour Patrice Alègre et aussi pour Dominique Pelicot et pour Guy Georges, bien sûr.
L'idée, c'est de retracer toute sa vie, les endroits où il a habité, où il a pu partir en vacances, d'interroger des anciens proches, des anciens patrons, des collègues. Ca peut remonter très loin, l'école, les études, les premiers jobs qu'ont fait tel ou tel suspect et de voir si, dans ce parcours de vie qui peut durer 20, 30, 40 ans, il y a des cold cases qui peuvent leur être attribués. Voilà, on a 13 parcours criminels ouverts en ce moment. -M.Bouhafsi: Ce n'est pas la seule affaire dans laquelle on retrouve le nom de Dominique Pelicot.
Il y a aussi une tentative de viol sur une jeune femme appelée Marion en 1999. Marion est toujours en vie. Vous la défendez.
Vous pouvez nous raconter ce qu'elle a vécu? -F.Rault: Elle a vécu la même scène apocalyptique.
Cette jeune femme est agent immobilier, comme Sophie. Elle fait visiter un appartement à un individu qui se présente sous un nom. On apprendra plus tard que c'est un faux nom, avec un faux numéro de téléphone.
La visite a lieu. Elle commence bien. Tout va bien.
Personne ne remarque rien d'étrange. Sur place, il demande à Marion un certain nombre de détails qui n'ont pas vraiment d'importance. A un moment donné, lorsqu'ils ont monté un étage, il va demander à Marion de mesurer l'écartement entre un endroit et un autre, dans une soupente, pour savoir si son lit et son armoire peuvent rentrer.
La jeune femme, qui a laissé son sac à l'étage en dessous, descend récupérer un mètre qu'elle a dans son sac. Elle remonte. Vous voyez, il se passe quand même du temps sans qu'il n'y ait rien d'inquiétant et qu'elle se préoccupe davantage.
C'est au moment où elle s'accroupit pour tendre le mètre d'un bout à l'autre qu'il va lui tomber dessus et qu'il va la plaquer au sol, et là va commencer une espèce de lutte. Il va finir par lui entraver les mains, par la bâillonner. Il va la dévêtir en partie, pas complètement.
Ce qui est étrange, c'est qu'on a une espèce de parallèle. Moi qui connais les deux affaires, j'ai la scène de crime de Sophie et j'ai aussi la scène de crime, la tentative de viol de Marion. Et je vois des parallèles s'établir dans la manière dont l'individu...
Je ne sais pas qui c'est, mais l'individu, alors sur Marion, on est sûrs, c'est Pelicot, puisqu'ils trouvent son ADN et il l'a reconnu partiellement. Et il y a aussi ces détails très étranges, il y en a deux. Il y a l'utilisation de l'éther, et ça c'est très rarement utilisé dans les crimes, et les chaussures.
Sur Marion, on va retrouver, pareil, les chaussures, qui vont être...
Ce ne sont pas des escarpins, mais peu importe, c'est pas bleu marine, c'est blanc, mais elles sont positionnées un peu de la même manière. Et ça, c'est très étrange. C'est une sorte de signature.
Et notre chance dans ce dossier, c'est qu'il y a une trace de sang, une belle trace de sang sur un des talons. Et ce sang va se retrouver sur la moquette et un petit peu plus loin dans l'appartement, ce qui fait que la trace de sang est relevée, exploitée. On va extraire un ADN et des années plus tard, on va passer sur les loupés de l'enquête, mais des années plus tard, on identifie Dominique Pelicot, qui reconnaît sa présence physique sur les lieux, qui reconnaît avoir agressé Marion, pas pour lui faire du mal, mais uniquement "pour faire plus ample connaissance", ce sont ses propos.
Tout le monde appréciera. Il dit qu'il ne l'a pas violée puisque pour lui, il s'agit d'un "viol visuel". Là aussi, tout le monde appréciera. -M.Bouhafsi: Et on revient sur l'affaire Sophie Narme.
Elle est aussi marquée par un incroyable dysfonctionnement judiciaire. Des preuves essentielles ont tout simplement disparu. -F.Rault: Oui, bien sûr, puisque lorsque l'on va découvrir le corps sans vie de Sophie dans cet appartement du 22, rue Manin, 19e arrondissement, il est 22h, à peu près.
L'identité judiciaire arrive, le corps va être transféré. Une fois les constatations faites, elle est transférée à l'institut médico-légal de Paris, près de la Gare de Lyon. Là, les opérations d'autopsie vont commencer.
Elles ont lieu dans les heures qui vont suivre le crime. On prélève du sperme, avec des spermatozoïdes vivants. Ca ne peut être que le sperme du violeur.
Ca va être placé sous écouvillons. Ces écouvillons ne peuvent pas être examinés et analysés à l'institut médico-légal, où on ne fait que les prélèvements. C'est envoyé au laboratoire de police scientifique.
Entre les deux, je ne sais pas ce qui se passe, mais il y a un micmac qui fait que ce qui a été envoyé ne correspond pas à ce qui arrive au laboratoire. Donc il y a une perte de preuves. Ce ne sont pas des preuves qui ont été détruites, parce que dans ces cas-là, on a un PV de destruction.
On n'en a pas, donc on est sûr que ça a été perdu, égaré, peut-être classé dans un mauvais dossier. Il suffirait peut-être de chercher correctement. Mais on n'a pas cet ADN, qui a disparu en 91.
Maintenant, on a perdu aussi les vêtements de Sophie. C'est formidable. -M.Bouhafsi: Et vous avez fait condamner l'Etat dans cette affaire.
Mélanie Bertrand, vous avez de très bons contacts et beaucoup d'informations. Est-ce que vous savez combien de temps ça va mettre, ces analyses sur le corps de Sophie Narme? -M.Bertrand: On nous dit: 15 jours à 3 semaines.
Il y a quelque chose de très important. Evidemment, il y a la signature de Dominique Pélicot, qui pose question. Il y a la similitude entre les deux scènes de crimes.
Mais il n'y a pas de preuve irréfutable au moment où on se parle. Il y en aura peut-être une qui va émerger avec ces prélèvements. Mais l'affaire de Marion est prescrite, alors que l'affaire de Sophie Narme ne l'est pas.
Si Dominique Pélicot est acquitté, s'il est renvoyé aux assises et qu'il est acquitté pour Sophie Narme, si je me trompe pas, il ne peut pas être condamné dans l'affaire de Marion. C'est pour ça que la justice tente un dernier tout pour le tout pour tenter absolument de trouver un ADN, que ce soit celui de Dominique Pélicot ou d'un autre auteur. En tout cas, tenter de trouver quelque chose pour raccrocher Dominique Pélicot à Sophie Narme. -M.Bouhafsi: Merci, Mélanie Bertrand.
Vous êtes grand reporter police-justice à BFMTV. Merci, Florence Rault. Vous êtes l'avocate de la famille de Sophie Narme et de Marion.
Merci, vous restez avec nous. Tout de suite, le 5 sur 5 d'Amandine Bégot. Pour commencer, on part en Allemagne. -A.Bégot: Avec une question qui risque de vous surprendre ou de vous choquer. "Mon grand-père était-il nazi?" Un hebdomadaire a mis en ligne ces derniers jours un moteur de recherche qui permet à tout un chacun en Allemagne de savoir si son grand-père, sa grand-mère ou son vieil oncle avait ou non adhéré au parti national socialiste d'Adolf Hitler.
Il suffit pour cela de renseigner un nom et un prénom. Leyla, qui est journaliste franco-allemande à France Info, a fait le test. d'Allemands qui ont adhéré au parti nazi.
Les historiens rappellent que ça n'a jamais été obligatoire et qu'une telle adhésion nécessitait toujours la signature de l'intéressé, son consentement. Plus de 80 ans plus tard, ils sont des centaines de milliers à avoir entré les noms de leurs ancêtres. Le moteur de recherche a enregistré plus de 2,6 millions de collections en quelques heures. - Nous avons été très surpris par le succès.
Je pense que ça a quelque chose à voir avec l'époque dans laquelle nous vivons. C'est une époque avec beaucoup de discussions sur l'extrémisme, notamment de droite, de nationalisme. Il y a différentes réactions de lecteurs.
Il y a ceux qui étaient surpris parce qu'ils ont découvert quelque chose qu'ils ne savaient pas. Il y a ceux qui ont trouvé une confirmation d'un soupçon qui existe déjà dans la famille. -M.Bouhafsi: On revient en France.
Emmanuel Macron veut instaurer une journée de déconnexion par mois pour les plus jeunes. -A.Bégot: L'objectif est de tenter d'éloigner les enfants des écrans et de leur redonner le goût à la lecture.
Annonce faite jeudi lors de son déplacement à la Cité internationale de la langue française. - On voudrait qu'il y ait une fois par mois une journée sans connexion, pour se réhabituer et montrer que c'est possible. Je voudrais que toutes les semaines, on retrouve ce rite, à l'école, et ce seront vos enseignants qui vont le trouver, de lire pendant une demi-heure, une heure, et de le faire à voix haute.
Dès qu'on lit à voix haute un texte, on comprend très vite si on comprend les mots ou pas. Ca s'entend au ton. -A.Bégot: Avant ce discours, le président avait participé à des ateliers de lecture avec des collégiens et des lycéens, qui ne manquent pas d'humour.
Ils rient. -A.Bégot: Plus sérieusement, que ce soit en anglais ou en français, nos enfants lisent de moins en moins.
Le phénomène s'accélère. Regardez ces chiffres publiés qui font froid dans le dos. Et ceux qui lisent n'y consacrent que 18 minutes par jour.
C'est 10 fois moins que le temps qu'ils passent devant les écrans. Comment redonner le goût de lire à nos enfants? Nous sommes allés poser la question à l'un des plus gros vendeurs de livres jeunesse. - La lecture, ça commence par des rendez-vous de lecture partagée, adultes, enfants.
Le soir, c'est le moment, même si ensuite, le livre doit s'échapper du soir et gagner l'après-midi, voire le matin, plutôt qu'un écran. Et à nous, auteurs, d'écrire les bons livres, les livres irrésistibles qu'on ne peut pas lâcher. Je vois que le livre joue toujours son rôle.
La rencontre avec le livre est toujours magique quand elle a lieu. Les enfants sont changés par les livres qu'ils lisent. -A.Bégot: Changés, transformés, c'est ce que nous sommes allés vérifier auprès des premiers concernés, les enfants. - Est-ce que tu aimes lire? - Oui, je lis à l'école, au temps calme. - Le soir, avant de m'endormir. - C'est mieux de lire que de regarder son téléphone. - On peut s'imaginer les personnages. - Entre la possibilité de lire les histoires et de les regarder, je préfère les lire. - Les écrans, ça nous rend moins intelligents. - Quand il y a le schéma où les parents sont devant l'écran, les enfants sont devant l'écran. - Dans notre salon, il n'y a pas d'écran.
La lecture est plus propice à cet exercice d'imagination. -A.Bégot: Aujourd'hui, 20% des parents ne lisent pas d'histoire à leurs enfants de 7-9 ans.
C'est 7 points de moins qu'il y a 2 ans. On a sans doute une petite part de responsabilité. -M.Bouhafsi: A Pau, le début du procès du meurtre d'Agnès Lassalle. -A.Bégot: Agnès Lassalle, c'est cette professeure d'espagnol qui avait été tuée à Saint-Jean-de-Luz en plein cours par l'un de ses élèves, le 22 février 2023.
On se souvient aussi tous de cet hommage que lui avait rendu à l'époque son compagnon, Stéphane Voirin, une danse bouleversante devant son cercueil à la sortie de la cérémonie. Trois ans plus tard, Stéphane Voirin sera bien sûr bien présent à l'audience la semaine prochaine. Ca fait trois ans qu'il attend ça. - Ce procès, j'y pense tous les jours.
Je suis relativement serein. C'est une étape importante que j'attendais depuis longtemps, qui arrive enfin, 3 ans après. Je ne suis pas du tout vindicatif.
Ca me permettra de passer à autre chose, de tourner une page, d'être entendu et d'entendre justice. Ca paraît bête à dire, mais c'est important. -A.Bégot: Ce procès doit se tenir à huis clos devant la cour d'assises des mineurs, puisque l'accusé n'avait que 16 ans au moment des faits, huis clos que regrette Stéphane Voirin. - Par rapport à un acte aussi grave, le huis clos qui est fait pour protéger un mineur n'a plus lieu d'être.
Ce n'est plus adapté à la situation. Je pense que ce huis clos a quelque chose de dommageable pour le plus grand nombre. J'estime que les gens ont le droit de savoir ce qui a pu motiver un tel geste. -A.Bégot: L'accusé va devoir répondre d'assassinat.
Cette audience doit durer trois jours jusqu'à jeudi. -M.Bouhafsi: En Champagne, coup dur pour les viticulteurs. -A.Bégot: 40% des bourgeons ont été détruits par le gel de ces dernières semaines.
C'est du jamais vu depuis 2003. - Celui-là a bien résisté. Ceux-là, ils sont détruits. -A.Bégot: Alors le vrai problème, ce n'est pas le gel, qui est plutôt habituel, à cette période de l'année, c'est plutôt la douceur précoce qu'on a connue avant: plus de 20 degrés par endroits au mois de février.
Les bourgeons sont donc arrivés avec 3 semaines d'avance. - Sur cette partie, il y a 5-6 bourgeons. C'est un début de saison qui s'annonce difficile.
On sait que dans cette parcelle, il y aura peu de récolte. Et ce qui nous a fortement surpris, c'est le démarrage précoce de la végétation, ce qui a exposé la vigne à une plus grande sensibilité face au gel. -M.Bouhafsi: Serge Zaka, vous êtes agroclimatologue.
On a tendance à s'intéresser aux épisodes de gel. On a tous en tête ces images de braseros, des bougies au milieu des vignes pour les réchauffer. Mais c'est la douleur précoce qui est en cause dans ces cas-là. -S.Zaka: La douceur, pas la douleur. -M.Bouhafsi: Qui est une douleur pour les viticulteurs. -S.Zaka: Les vignes en Champagne avaient 3 semaines d'avance.
Si on avait cet épisode de gel, que nous avons eu fin mars, il n'aurait pas fait autant de dégâts si les vignes n'étaient pas en avance, voire pas de dégâts du tout, puisque la plupart des bourgeons auraient été fermés. Quand les bourgeons sont fermés, les futurs fruits, les futures feuilles, sont protégés par la structure du bourgeon et le gel ne les impacte pas. Donc c'est vraiment un épisode de douceur en février et en mars, qui dure d'ailleurs en avril actuellement, qui a réveillé les végétaux trop tôt, qui a fait qu'ils ont gelé. -A.Bégot: Ce qu'on appelle le débourrement? -S.Zaka: Oui, c'est l'ouverture du bourgeon, c'est le mot scientifique pour le stade de développement. -A.Bégot: Ce faux printemps, quand on compare les chiffres... 40% de bourgeons détruits, ça paraît énorme.
Est-ce qu'il y a moyen encore pour eux d'inverser la tendance d'ici la récolte? -S.Zaka: En partie, mais pas totalement, puisque les bourgeons détruits ne reprendront pas.
Par contre, il peut y avoir des bourgeons secondaires qui apparaissent sur la vigne, mais qui sont moins productifs que les bourgeons détruits. Par contre, pour l'arboriculture, parce qu'on parle de la vigne, mais il y a aussi les abricots, les cerises, les pommes qui dans cette région ont souffert également, elles ne referont pas de fleurs. Il faudra attendre l'an prochain pour pouvoir avoir peut-être une meilleure récolte, si on n'a pas encore de douceur hivernale et de gel derrière. -A.Bégot: On a peut-être tous le sentiment que chaque année, on parle notamment des viticulteurs, avec des problèmes liés au dérèglement climatique.
Est-ce qu'ils peuvent s'adapter aujourd'hui à ce dérèglement? Créer par exemple de nouvelles variétés de vignes qui seraient plus résistantes? -S.Zaka: On dit "de nouveaux cépages" pour la vigne.
C'est le mot pour la vigne. Il y a des adaptations court terme, par exemple les bougies, les tours à vent qui brassent l'air pour éviter que le gel se dépose au sol. C'est du court terme, quand il y a un épisode en cours.
Sur le long terme, on a aussi des adaptations, des changements de cépages, qui peut-être pourront débourrer plus tard, mais s'ils débourrent plus tard, la fructification, la floraison va se faire plus tard et tomber pendant les canicules. Donc c'est une équation compliquée à résoudre pour les viticulteurs. On peut travailler aussi sur un port végétal qui soit différent, sur un enherbement différent dans les rangs et qui maîtrise un peu mieux le microclimat de la parcelle pour gagner peut-être un degré.
Mais on n'a pas beaucoup d'autres moyens pour le gel. Autant pour la sécheresse, la canicule, on peut irriguer, mais pour le gel, on n'a pas beaucoup de moyens pour y faire face. -A.Bégot: On a beaucoup parlé du 1er mai.
Il y en a un qui est en avance, c'est le muguet. La cueillette a commencé avec une bonne semaine d'avance. Il faut s'attendre à quoi pour ce qu'on va trouver dans quelques jours? -S.Zaka: Ce qui est intéressant pour le muguet, c'est que ça a pas forcément une valeur économique agricole en tant que telle, sur toute la France, mais c'est une date de phénologie, c'est le développement des végétaux, qui est très connue par les Français.
Elle est très connue comme le début de chant des cigales, comme l'arrivée des hirondelles. C'est très connu par les Français, et au final, on a ce 1er mai, le muguet. Le problème, c'est que le muguet aussi fleurit de plus en plus tôt.
Donc peut-être que d'ici 50 ans, on parlera du muguet de Pâques et qu'on se l'offrira à Pâques...
Le 1er mai, il sera fané, ce muguet, malheureusement. -M.Bouhafsi: Merci, Serge Zaka.
Je cite "Orage sur le climat". C'est publié aux éditions Harper Collins. On en avait parlé, Amandine: quand Picasso finance la lutte contre la maladie d'Alzheimer. -A.Bégot: Oui, un Picasso pour 100 euros, c'était le concept de cette grande tombola organisée par la Fondation Recherche Alzheimer. 120.000 personnes ont tenté leur chance, 12 millions d'euros récoltés, donc, et un gros lot, ce tableau de Picasso, portrait de sa muse Dora Maar, peint en 1941.
Les tickets de loterie ont été vendus dans 152 pays, et un Français l'a emporté. Nous l'avons retrouvé. Il veut garder l'anonymat.
C'est un ingénieur commercial qui n'a vraiment pas l'habitude de jouer. - Pourquoi j'ai joué à cette loterie? J'ai par hasard entendu dans une émission: "100 euros pour un Picasso" Ca m'est resté dans la tête.
Je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait. Ca date d'il y a à peu près trois semaines. Tenant compte du fait qu'il s'agissait en particulier de financer la recherche pour la maladie d'Alzheimer, j'ai dit: "Tiens, je vais prendre deux tickets." -A.Bégot: Ce tableau a été conservé pendant un temps par Pablo Picasso et sa famille, avant d'être vendu, puis de revenir récemment seulement sur le marché.
Gagner ce tableau, c'est donc un peu comme gagner au loto. - Ca m'est sorti de la tête, qu'il y avait le tirage hier soir. J'étais en train de faire complètement autre chose.
J'ai été extrêmement surpris, et ma deuxième réaction était de m'assurer que ce n'était pas un canular. Beaucoup de gens me parlent de la valeur de l'oeuvre. J'ai un intérêt pour l'art et la peinture en particulier.
L'émotion première, c'était l'idée d'un Picasso. C'est une idée dans la vie de tous les jours inatteignable. -M.Bouhafsi: Encore un nouveau-né au zoo de Beauval. -A.Bégot: Oui, un bébé singe doré, le deuxième en quelques semaines.
Il y a quelques semaines, je vous avais parlé du premier. Il est trop mignon! Ca fait deux naissances en moins d'un mois.
Evénement exceptionnel hors d'Asie. Celui-ci est né le 2 avril et il va très bien. -M.Bouhafsi: Merci, Amandine avec ces très belles images.
Merci, Elie Barnavi, vous publiez "Dictionnaire amoureux d'Israël" aux éditions Plon. Serge Zaka, "Orage sur le climat", aux éditions Harper Collins. Merci à vous, Mélanie Bertrand.
On vous retrouve sur BFMTV. Merci à vous, Florence Rault. Dans un instant, nos invités du dîner: Stéphane Bern, Augustin Trapenard et la chanteuse Shy'm.
On sera dans l'oeil d'Eglantine Eméyé et le dîner de "C à vous". On reste ensemble jusqu'à 21.
Emmanuel Macron