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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 21 septembre 2024 10 min

Le RN en ordre de bataille - Reportage #cdanslair 20.09.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

M.Le Pen fait le pari d'une nouvelle dissolution d'ici un an et met son parti en ordre de marche. - Un samedi matin, 9h, à l'Assemblée nationale.

Voilà pour le décor de rentrée, cette année, au RN. Décor studieux. - On a connu des rentrées plus festives au RN? - Ce n'est pas la fête.

On a fêté nos victoires électorales lors de différentes élections. - Au travail, à condition de retrouver la porte d'entrée et ses habitudes. Le parti à la flamme autorise la caméra le temps d'une matinée, le temps de la photo de classe. - M.Le Pen: Je rappelle qu'il y a 26 mois, nous étions 6. - Aujourd'hui, ils sont 126.

Pas question de se faire remarquer. - M.Le Pen: On ne suit pas les commentaires des uns et des autres. "Est-ce que vous êtes de gauche, de droite..." Tout cela n'a aucun intérêt.

Ne vous laissez pas ballotter par les bla-bla. - Hors micro, les députés sont invités à éviter de s'exprimer dans la presse et de prendre note du nouveau programme économique. Une dose de libéralisme pour les entreprises, une dose de social-populisme.

Le parti proposera l'abrogation de la réforme des retraites le 31 octobre à l'Assemblée. - S.Chenu: Cette réforme des retraites est rejetée par 93 % des actifs.

On a une niche parlementaire. Nous allons proposer l'abrogation de la réforme des retraites. Quiconque voudra la voter en liberté la votera. - La gauche suivra-t-elle?

Et sur l'immigration, que fera le gouvernement Barnier pour convaincre le RN de ne pas le censurer? L'extrême droite est au centre du jeu politique, et elle le sait. Au programme du 2e jour, comment s'imposer définitivement aux prochaines élections. - J.Bardella: Nous sommes désormais incontournables.

Il est important qu'on remonte à cheval, qu'on reparte au travail. Cet état d'esprit de la campagne permanente, qui a connu une parenthèse avec la trêve olympique, doit reprendre. - Le RN lance sa campagne permanente, un meeting par mois et 577 candidats à trouver d'ici fin mars, en ordre de marche, si leur rêve de nouvelle dissolution se réalisait. - J.Bardella: L'instabilité politique du moment ne va pas nous empêcher de continuer à avancer.

On démarre cette année avec 2 bonnes nouvelles. Premier parti en nombre de voix, en nombre de députés à l'Assemblée nationale et au Parlement européen...

Nous allons continuer de travailler, d'avancer avec un objectif qui ne change pas, celui de conquérir et d'exercer le pouvoir. - Le parti fait aussi le ménage, récemment avec une députée qui reconnaît avoir utilisé son enveloppe parlementaire pour payer la garde de ses chiens ou encore un abonnement sur un site de rencontres. En juin, plusieurs dizaines de candidats aux législatives avaient été épinglés pour racisme et antisémitisme, notamment. - Quelqu'un qui a dit quelque chose d'ambigu il y a 10 ans, avant, la presse ne s'y intéressait pas et nos adversaires s'y intéressaient moins.

Maintenant, il faut qu'on soit nickel. On est en position de favoris. - Mais cette mise à l'écart de certaines "brebis galeuses", comme les appelle J.Bardella, n'est pas au goût de tout le monde.

Vous êtes d'accord avec le terme de "brebis galeuses"? - Non. - J.Bardella l'utilise beaucoup. - Je pense qu'il se trompe sur ce point.

Il y a des gens qui ont peut-être fait une erreur. Aujourd'hui, il y a des jeunes qui font des selfies, des choses comme ça, qui se retrouvent après sur leur CV...

C'est un casier judiciaire pratiquement ineffaçable. S'ils avaient égorgé père et mère, ça pourrait être gommé ensuite par le fait qu'ils aient purgé leur peine, qu'il y ait une amnistie. - Autre ombre au tableau pour le RN: l'affaire des assistants parlementaires au Parlement européen.

Plusieurs cadres, dont M.Le Pen, seront jugés pour détournement de fonds publics. - A.de Tarlé: Question. - J.Jaffré: Tôt ou tard, il le fera, mais j'ai tendance à penser que c'est plutôt tard que tôt.

On ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale avant l'été 2025. Il faut calculer le temps nécessaire par rapport à l'hypothèse de la dissolution, l'objectif proclamé du RN. Je crois aussi que les Français souhaitent assez nettement qu'on le laisse faire un moment, qu'on le laisse agir, qu'on retrouve une forme de stabilité politique dans cette Assemblée ingérable et ces institutions qui fonctionnent mal.

Pour le RN, l'idée, c'est qu'avec le budget tellement difficile à faire passer...

Quand il y a un 49-3, vous pouvez toujours ne pas voter la censure, en disant que vous êtes contre le budget mais que vous ne votez pas pour le chaos institutionnel. "Mais vous ne perdez rien pour attendre." Peut-être qu'ils attendent la baisse de popularité du gouvernement, une forme d'échec de B.Retailleau dans des mesures qu'il n'arrive pas à faire adopter ou qui ne donnent pas des résultats très efficaces.

A ce moment-là, ce sera la censure que le RN sera prêt à voter. La question, c'est de savoir si le Nouveau Front populaire voudra voter la censure. - A.de Tarlé: Censure, est-ce que ça veut dire automatiquement dissolution?

E.Macron a déjà dissous une fois. - C.Cornudet: Même s'il y a une censure, il n'a pas le droit de dissoudre avant juin prochain. - A.de Tarlé: Ce serait son intérêt de redissoudre?

Ca ne lui a pas réussi la 1re fois. - C.Cornudet: Il dit à ses proches qu'il n'a plus l'intention de dissoudre.

Mais le jeu de M.Le Pen peut être...

Il y a un élément: quand elle sera prête. Vous avez rappelé les brebis galeuses et le procès...

Ils ont besoin de temps pour être prêts. Une censure...

La politique paraît tellement fragile qu'on ne sait pas jusqu'où ça embarque tout le monde. Est-ce que ça embarque dans une présidentielle anticipée parce qu'E.Macron ne peut pas résister à une pression qui dirait qu'il faut qu'il parte parce qu'on est dans une situation difficile?

On ne sait pas. Une censure peut avoir des conséquences très importantes. - A.de Tarlé: Elle ne voudrait pas en être tenue responsable. - C.Cornudet: Il faut qu'elle soit prête.

Elle a besoin de faire croire qu'elle peut, à tout moment, faire tomber le gouvernement. C'est de ça qu'elle joue aujourd'hui. - A.de Tarlé: On a revu J.Bardella, l'échec de J.Bardella au soir du 9 juillet... - J.Jaffré: 7 juillet. - A.de Tarlé: C'était le signe d'un RN qui n'était pas prêt? - A.de Villaines: Je crois.

Il y a eu une mobilisation extraordinaire des Français. 20 points de plus de participation par rapport à 2022. On était à 46 % et là, c'est 66 %.

Ils se sont pris le front républicain de plein fouet. Ils ne l'avaient pas vu venir. Ils étaient sur une autoroute de la victoire, avec le bon score aux élections européennes.

Il y a eu le réflexe du front républicain. On a parlé des brebis galeuses, mais il y a eu d'autres éléments de fond bien plus importants. Eux-mêmes se sont sentis presque à Matignon, puisqu'ils sont arrivés en tête au 1er tour des législatives.

Ils ont pu paniquer sur le programme. Un exemple avec les retraites. Le RN était très opposé à la réforme des retraites.

Ils ont encouragé les gens à manifester. Là, il y a une niche RN. C'est facile de proposer l'abrogation de la réforme des retraites.

Ils espèrent que la gauche va voter avec eux, et pendant la campagne, au Medef, quand on a demandé à J.Bardella s'ils allaient abroger la réforme des retraites, à côté d'E.Ciotti, qui était pour la retraite à 65 ans, les masques tombent.

Il y a eu aussi ces dérapages sur l'ancien programme du RN, que S.Chenu n'avait visiblement pas assimilé, sur les binationaux. Ca a beaucoup crispé le pays.

Il y a eu beaucoup de gaffes de porte-paroles, d'élus, de représentants du RN qui disaient que ce ne serait pas possible d'être binational et ministre. J.Bardella a une part de responsabilité là-dedans.

C'est quelqu'un de très jeune. C'est monsieur Selfie. Matignon, c'est le poste le plus difficile de la Ve République.

C'est stratégique. C'est une immense administration.