Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewLCI (sur YouTube)· 1 septembre 2026 18 minAutoproduitPortrait personnel

Mort d'Édouard Balladur : Nicolas Sarkozy face à Darius Rochebin, l'interview exclusive|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le président, bonjour. Bonjour. Vous saluez la mémoire d'Edouard Baladur qui a joué un si grand rôle dans la 5e République et un si grand rôle dans votre vie.

Quel souvenir vous vient d'abord de lui ? Vous savez, pour moi, c'est une épreuve que de commenter la disparition d'un homme que j'ai beaucoup aimé et que je considérais comme faisant partie de ma famille. Je lui dois beaucoup, je l'aimais beaucoup, je l'ai rencontré et j'ai eu des discussions peut-être des centaines de fois avec lui.

Pour les Français, c'est un personnage de leur quotidien qui a disparu. Pour moi, c'est vraiment une blessure et un chagrin. est un homme que j'aimais beaucoup, qui ne correspondait pas à l'image extérieure, qui était sensible, sentimental et affectif.

Vous avez été ensemble dans les défaites et dans les victoires. Vous faites campagne ensemble, il est chaud avec président de la République. Ensuite, c'est vous qui arrivez à la présidence de la République.

C'est un croisement des destins fascinants. Quel Quel moment vous gardez de ça ? Vous savez, j'en ai tellement.

Mais ça a commencé très tôt parce que j'ai commencé à voir monsieur Baladur pratiquement tous les jours en 1988 et le premier événement marquant où nous étions ensemble, c'est la prise de tâche d'HB H. Il est premier ministre. Charles Pasqua est ministre de l'intérieur.

Je suis sur place et nous avons en pleine nuit le premier jour un un entretien assez dramatique car il me dit "On m'a informé que vous étiez rentré dans la classe, je vous interdis de continuer à faire cela." Et je dit "Je peux pas, ça marche, les enfants sortent, je dois continuer." Il me dit "Imaginez qu'un de mes ministres soit tué. un moment de silence et vous de surcroix.

Et il y avait dans ce dans cette pudeur et dans cette déclaration tellement de profondeur de sentiments. Et je dis "Monsieur le premier ministre, je dois vous désobéir, je vais continuer à rentrer et d'ailleurs, j'ai rédigé ma lettre de démission. Et puis après, on a eu tellement d'autres événements quand il est nommé premier ministre, c'était avant pardon, il m'appelle le lendemain à 8h moins de venez dans mon bureau.

Il avait un bureau à Pouloir Saint-Germain. Vous serez ministre du budget. Je repars 10 minutes après, il me rappelle.

Revenez et vous serez porte-parole. Très bien, je repars. Non, non, partez pas, vous resterez avec moi et comme ça vous saurez comment on constitue un gouvernement.

Et j'ai passé toute la journée avec lui et j'appelais les ministres pour leur dire qu'ils étaient pris. On a connu tellement de choses, tellement d'événements. Il y a eu le gouvernement, il y a eu la crise financière déjà, il y a eu l'élection qui l'a perdu.

C'est un homme qui que j'ai accompagné d'abord et qui a accompagné ma vie du début à la fin. Monsieur le président, dans ce monde où il y a eu tellement de trahison de Tury, Chirac, Giscar, baladure, Chiraak et cetera, vous vous étiez vraiment amis. C'est assez rare en politique les vrais amis.

Quand vous gagnez, il était vraiment heureux pour vous avec vous quand vous devenez président de la République. Alors je sais pas si le terme ami était le bon terme parce que monsieur Baladur cit une personnalité. Moi, j'étais tout jeune.

Il vous impressionnait ? Oui. Oui.

C'est lui par exemple qui m'a appris. Chirak m'a appris l'énergie. Mais Baladur m'a appris à travailler les dossiers.

était très exigeant, très discipliné hein, rentrant tôt le soiré écrivant vous savez la première réunion interministérielle en 1993, je suis ministre du budget porte-parole du gouvernement, on est plusieurs ministres autour de lui. Messieurs les ministres, h je n'accepterai aucun collaborateur autour de vous et je n'accepterai jamais que vous lisiez une note. En tête, il faut tout avoir en tête.

Tout en tête. C'était quelque chose discipliné. Pendant 2 ans, il m'a appelé tous les jours à 7h du matin et tous les soirs à 20h.

Et quand il y a eu la crise financière, vous savez que le serpent monétaire, le franc existait à ce moment-là. Il est parti se coucher à 20h. Il nous a demandé à Nicolas Bazir et à moi de rester dans son bureau à Maton.

On a passé toute la nuit. Il était pas question de le réveiller. Monsieur Mitteran était président.

On a négocié avec Trichet qui était à l'époque directeur du trésor et de la rosière qui était gouverneur de la banque de France, les bandes élargies. Et il a fait la conférence de presse le matin comme s'il avait été aux mal toute la nuit pour la prise d'otage de Marignan. J'étais avec mes enfants à l'hôtel, il m'a fait revenir et on voyait les images sur LCI de la prise d'agit le début de LCI.

C'était le début de LCI. Il est resté d'un calme extraordinaire. On a passé toute la journée, une partie de la nuit et à 2 ou 3h du matin, il m'a dit aller chercher l'Airbus qui arrivait de Marignan, aller les accueillir à l'aéroport.

Mais j'ai tant de souvenirs, monsieur Rebin. Édouard Baladur a incarné une certaine idée de la prospérité française. C'était l'héritage aussi de George Pompidou.

Est-ce que on a raté des bifurcations ? Il a perdu à un certain nombre de de reprises les les privatisations qui n'ont pas pu être mené à bout. 1980 avant lui, 1988 1995.

Est-ce que selon vous il était grand serviteur de l'État mais en même temps partisan de la liberté économique ? Est-ce qu'il y a des bifurcations qu'on a raté qu'on paye encore aujourd'hui ? Non, d'abord il faut comprendre que c'est qu'une époque où avant d'avoir des responsabilités, vous aviez un long chemin.

Monsieur Baladur, c'est un pu de science, c'est un homme très cultivé. Il avait été secrétaire général adjoint George Pompidou, conseiller même avant lui, avant ça, conseiller de Pompidou. Vous savez, moi j'ai assisté à une séance que j'oublierai jamais.

Nous sommes à Doville. C'est avant les élections de 93. Jacques Chirac, Édouard Baladur et moi.

Nous disons tous les trois. Et j'assiste à ce spectacle incroyable de Chirak et de Baladur qui se cherche pour savoir lequel était le premier devenu conseiller technique au cabinet de George Pompidou plutôt que changer de mission. Il avait une grande expérience à cette époque-là.

Il fallait apprendre son métier avant de devenir un politique. Et j'ai bénéficié de cette chance extraordinaire de pouvoir fréquenter ces gens, d'apprendre, de m'imprégner de leur expérience et de leur humanité. J'étais au cœur bien sûr de la l'affrontement entre Jacques Chirac et Baladur, mais c'était l'époque des grands dinosaur, des fauves.

Ah, pas simplement, des grands dinosaures. Parce que il y avait tellement de cicatrices sur chacun d'eux qu'ils en avaient tellement vu. Quand vous avez été lu, est-ce que ça l'a vengé ?

Écoutez, je sais pas si ça l'a vengé, mais il était si heureux, monsieur Rosembain, je me souviens, il avait l'œil humide et je lui ai dit, "Vous savez Édouard, je l'ai fait mais je l'ai fait aussi pour nous deux." Il m'a dit "Je suis tellement content, Nicolas." Mais en 2012, le soir où j'ai été battu, il était là dans mon bureau.

Il a toujours été là. Vous comprenez ça ? Oui.

Vous avez eu des très hauts et des très bas ensemble tous les deux. Tous les deux. Mais jamais il n'y a chose qu'une profonde affection.

Je sais que Shirac a été blessé quand je l'ai quitté pour Balature. Plus Shiak, plus que blessé. Vous savez, je pense monsieur Rebin que c'est un des problèmes de la vie politique, c'est de rajouter des adjectifs à des mots qui sont suffisamment forts.

Quand je dis blesser, c'est fort. Je sais pas ce que c'est plus que baisser. Alors, on peut dire plus que plus que plus.

Mais c'est faux tout ça. Il a été blessé. Je m'en suis expliqué avec Jacques Chirac avant.

J'admirais tellement monsieur Balader, il connaissait tous les dossiers et il avait une vision originale sur toutes les questions. C'était pas du tout un conservateur. Sa formule, je crois en l'homme plus qu'en l'État.

Il a écrit des choses très Il est égauliste évidemment mais un peu critique he sur un certain gaulisme, sur un certain étatisme français. Est-ce qu'on a manqué ce virage là ? Est-ce que selon vous on paye encore aujourd'hui dans la crise d'aujourd'hui hein ?

Quand on voit l'état des taux, l'état de la croissance aujourd'hui à zéro et cetera, le poids de l'État en France, le poids des prélèvements sociaux, est-ce qu'on paye encore aujourd'hui ce qui n'a pas pu être fait par Édouard Baladur et ceux qui pensaient comm Moi, je ne ferai pas parler Édouard Baladur, mais pour moi, c'était un homme profondément lucide et profondément pragmatique. Monsieur Baladiur croyait dans le travail, croyait dans la liberté et par-dessus tout, vous savez ce qui m'a le plus bluffé chez lui. Il faisait confiance.

Il m'a donné beaucoup de pouvoir. C'est un homme qui faisait confiance. J'étais ministre du budget, je pouvais rendre les arbitrages.

Je lui en rendais compte. Mais c'est un homme qui savait déléguer et qui n'aimait pas être bousculé ni dans son emploi du temps ni dans ses décisions. Je l'ai toujours vu arriver en avance.

J'ai toujours monsieur le premier ministre mais Édouard pourquoi vous arrivez un quart d'heure en avance ? Ça bouleverse tout le monde. Il était comme ça.

Donc quand il fixait un rendez-vous j'arrivais toujours en avance et il m'arrivait comme ça d'être assez peu en retard. L'héritage d'Edouard Baladur aujourd'hui. Il a signé cette tribune très retentissante où il disait "La France est victime d'un déclassement économique, social, culturel.

Est-ce que nous vivons ça particulièrement maintenant d'après vous ?" J'ai dit qu'il était lucide. Ce constat, il est vrai, il est cruel, il est triste et hélas.

Il ne s'applique pas qu'à la France mais à l'Europe et même à l'ensemble du monde occidental. C'est un basculement déséquilibre dans notre monde. Le monde occidental a dominé la planète pendant plusieurs siècles.

Nous sommes en train d'être dominés. Vous êtes un des rares hein en politique française à à avoir en bouche ce mot d'Occident. Beaucoup de d'hommes ou de femmes politiques françaises se méfient de ce mot hein.

Ils ont pour une connotation coloniale, postcoloniale. Vous vous assumez ça, hein. Il faut défendre l'Occident.

Je ne comprends pas ce que ce veut dire assumer. Nous avons une histoire, un passé. Nos aïeux ont bâti une civilisation extraordinaire.

Mais si on nen est pas fier, on est fier de rien. Si on se est soi-même, on ne peut pas envisager l'avenir. Bien sûr qu' une civilisation avec des racines judéo-chrétiennes.

C'était un point dont on a qu'on a souvent évoqué avec Édouard Baladur. C'est un homme par exemple qui ne lisait que des biographies. Il me disait toujours "Mais Nicolas, vous êtes très romanesque, vous aimez les romans ?" Moi, j'aime les biographies, mais je disais peut-être qu'on peut se retrouver sur Zveg dont les biographies sont aussi des romans.

Vous avez raison. Voilà. Et vous savez la dimension historique, la dimension culturelle, la dimension de la culture personnelle.

C'est un homme que j'ai toujours vu lire mais tous les jours. Elle manque tellement aujourd'hui. Vous savez la classe politique a baissé de niveau.

Non, je je veux pas porter de jugement mais vous savez le mot modernisme, je m'en méfie tellement. Les modernes, c'est ceux qui pensent que le monde commence avec eux. Nous, nous pensions que le monde n'a pas commencé avec nous et ne finirait pas avec nous.

Dans cette même tribune, il disait il faut que le peuple français se prononce notamment sur l'immigration, qui a un référendum sur l'immigration. Est-ce que ça vaudra pour son héritage et notamment pour l'élection à venir ? Mais vous êtes tellement suite vous êtes tellement àile, monsieur R.

Vous voulez absolument me mettre voulez me mettre dans la dans la cuisine actuelle. Je vous dirai simplement une chose. Lorsque j'ai eu l'idée de réformer la Constitution, la réforme de 2008 qui est la réforme la plus importante après celle de 1962, il disait faut voter sur l'article 11.

Et bien Édouard Baladur a pris à ma demande la présidence du comité des constitutionnalistes que j'avais constitué. Il a jou un rôle essentiel. Il croyait dans le référendum même s'il considérait qu'il ne fallait pas en abuser parce que le référendum était tellement important à ses yeux et a raison que le banaliser c'est la baisser.

La droite de gouvernement, il l'a incarné, vous l'avez incarné. Est-ce qu'elle a encore sa chance aujourd'hui ou est-ce que c'est terminé ? La droite de gouvernement souffre aujourd'hui de quantité de choses et de quantité de problèmes.

Mais je ne veux pas commenter l'actualité d'aujourd'hui. Est-ce qu'elle a ses chances ? J'aurai l'occasion de parler un moment ou un autre, mais j'ai toujours détesté ceux qui font des commentaires sans salir les mains, c'est-à-dire aller au charbon.

Vous savez, moi je suis un amoureux du Tour de France. J'ai toujours préféré le cycliste qui souffre plutôt que le spectateur qui crie plus vite. Est-ce que c'est une une douleur pour vous quand vous voyez l'état, ce qu'a l'UMP, le RP, l'UDF et cetera, ces parties que vous avez un carnique baladure, un carni qui sont dans l'état où ils sont aujourd'hui.

Il ne faut pas il ne faut pas réduire les choses à des problèmes de personnes, même si les personnes ça compte. La vérité c'est qu'avec les réseaux sociaux, l'accumulation des chaînes d'information, l'accumulation des rendez-vous politiques, on s'aperçoit que le théâtre politique fait tout, sauf de la politique. La politique, ça doit être en grand une vision, une forme d'épisme.

Au fond, peut-être que je suis resté boniste. Ah oui, Bonapart. Et Bonaparte, c'est pas Napoléon parce que le pont d'Arcool, c'est quand même mieux que Waterlot.

Il revient Bonaparte. Malheureusement ça ne marche pas parce qu'il a toute l'Europe contre lui. Mais ça fera l'objet d'une autre émission où je serai ravi de pouvoir y être interrogé.

Monsieur le président, merci beaucoup. Un mot sur le temps qui passe. Bernadet Chirac, Edard Baladur sont des gens qui vous ont aimé, que vous avez aimé.

Sont extrêmement proche. Voilà. Là, vous êtes croyant je crois.

Absolument. C'est présent pour vous. Vous croyez au dialogue avec les morts.

Alors, d'abord, c'est pas parce que je crois dans la laïcité qu'on a pas le droit de dire quelles sont ses convictions. Je suis surtout espérant. C'est plus important que croyant. l'espérance.

Cette petite fleur de l'espérance. J'espère que chacun de ceux qui nous regardent là au fond de lui-même. Mais pour moi, quand je vois ces grandes personnalités qui disparaissent, je mesure la chance que j'ai eu de les avoir connus, de les avoir aimés et d'avoir échangé avec ell.

Est-ce qu'elles vivent encore ? En tout cas, moi je peux vous dire une chose, c'est que j'y pense souvent. Jacques Chirac avec qui j'ai eu tant de débats, Charles Pasquis que j'ai aimé au fond, y compris à mon âge, je reste un incorrigible sentimental.

Merci Nicolas Sarkozy. Merci de m'avoir invité. Yeah.