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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 5 août 2026 18 min

Incendies, ingérences étrangères, présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Brun

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 3

Bonjour Philippe Brun. Bonjour, merci pour votre invitation.

0:02
Locuteur 2

On a assez peu entendu les socialistes durant ces incendies, à part pour critiquer les votes du RN et la gestion par le gouvernement. Est-ce que vous auriez fait les choses différemment ?

0:10
Locuteur 3

Oui, d'abord il faut, je crois, changer le mode de financement de nos services départementaux d'incendie et de secours. Il y a eu une augmentation de 30% de l'activité depuis 10 ans, il n'y a pas eu une augmentation de 30% des moyens. Aujourd'hui, les services d'incendie et de secours, les pompiers, ils sont financés par qui ? Par les départements dont les finances sont exsangues aujourd'hui, parce que les départements sont financés comment ? Par les frais de notaire que vous payez quand vous achetez votre maison ou votre appartement. Et ces frais ont baissé de manière importante puisqu'il y a beaucoup moins de transactions immobilières depuis que les taux d'intérêt ont augmenté.

Nous, on fait un rapport à l'Assemblée nationale, une députée qui s'appelle Sophie Pantel, qui est députée socialiste. Et on propose depuis de nombreuses années un changement du financement des pompiers en passant sur la taxe, une taxe sur les conventions d'assurance qu'il y a aujourd'hui, que le produit de cette taxe, plutôt que d'aller à l'État, il aille intégralement aux pompiers pour financer nos services de département.

0:58
Locuteur 2

Et la majorité présidentielle et de secours.

1:01
Locuteur 3

De toute façon, si on ne le fait pas, qu'est-ce qui va se passer ? Les primes d'assurance vont exploser. Et quand les assurances vont devoir rembourser des reconstructions de villages entiers qui ont été décimés par les flammes, eh bien, naturellement, il va y avoir une augmentation du prix des assurances. Nous, on dit qu'il faut aujourd'hui qu'on finance nos services d'incendie et de secours. Et des maisons qui ne sont pas brûlées, eh bien, c'est des frais aussi évités pour les assurances. Ce n'est pas un nouvel impôt, c'est un impôt qui existe déjà.

Ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui, au lieu que cet impôt, il aille à l'État, que cet impôt, il aille aux services départementaux d'incendie et de secours.

1:28
Locuteur 4

Est-ce que vous considérez que le gouvernement a bien géré et gère toujours bien la crise ?

1:33
Locuteur 3

Écoutez, ils font ce qu'ils peuvent dans la limite de la pénurie qu'ils ont créée depuis dix ans. Je cite le Beauvau de la sécurité civile. Ce n'est pas moi qui l'ai écrit, ce n'est pas un député socialiste qui l'a écrit, c'est le gouvernement lui-même qui explique que nos SDIS sont à bout de souffle.

1:46
Locuteur 4

À l'issue d'une rencontre entre les principaux acteurs de la sécurité civile en 2024.

1:50
Locuteur 3

Donc le financement est à bout de souffle et que c'est une gestion opérationnelle à courte vue. Je cite mot pour mot ce qu'il y a écrit dans le rapport du Beauvau de la sécurité civile qui a été mis en place par le ministre de l'Intérieur. Ça doit appeler à des solutions urgentes. Et donc l'urgence, dans notre point de vue... Un projet de loi sera déposé à la rentrée par le gouvernement ? Il faut le faire. Il faut, à mon avis même, voter des mesures en projet de loi de finances très très vite. Et puis il faut aussi qu'on s'adapte au changement climatique.

Nous, on a déposé une proposition de loi d'un député qui s'appelle Fabrice Barrusso qui vise justement à ce que les communes adaptent aussi leur fonctionnement au changement climatique, modifient leurs plans communaux de sauvegarde et mettent en place des mesures pour notamment éviter les incendies.

2:30
Locuteur 2

Alors que le fonds vert, par exemple, qui aidait les collectivités a été gelé.

2:33
Locuteur 3

Bah oui.

2:34
Locuteur 2

Vous feriez quoi ? Vous le multiplieriez par combien, par exemple ?

2:36
Locuteur 3

Le fonds vert, c'est quoi ? Moi, je vois dans l'heure. Le fonds vert, il finance la défense d'incendie. Vous savez qu'il y a très peu de communes qui sont aujourd'hui aux normes. Il faut que vous ayez une bouche d'incendie à 200 mètres de la principale des habitations. Donc si vous n'avez pas cette bouche d'incendie à 200 mètres, vous n'êtes pas aux normes. Il y a très peu de communes en France rurale qui sont aux normes. Le fonds vert, il permettait ça. Il a été gelé là en cours d'année. Il faut d'urgence débloquer le fonds vert. Sans quoi nous serons dans la capacité de faire face à cette explosion aujourd'hui du nombre d'incendies.

3:04
Locuteur 4

L'État va prendre en charge intégralement les indemnités d'activité partielle versées aux salariés. Les TPE, PME, c'est une annonce du ministre du Travail hier soir en Gironde et dans les Landes. Est-ce que c'est le rôle de l'État d'abonder ce genre de dispositif ?

3:19
Locuteur 3

Bien sûr. Il faut aujourd'hui venir en aide à tous les sinistrés. Le rôle de l'État, c'est d'être là pour ceux qui en ont le plus besoin. On a un risque économique important. On écoute ou regarde France Info ce matin, on voit que dans beaucoup de départements et plus simplement seulement en Gironde, on a ces villages qui sont décimés, ces forêts qui brûlent, ces champs qui brûlent. Il faut des indemnisations. Il est normal que l'État vienne au secours de ceux qui en ont le plus besoin.

3:44
Locuteur 2

C'est bien, mais il faut aller plus loin. Écoutez la réaction du président du MEDEF de Nouvelle-Aquitaine, François Perrin sur France Info.

3:51
Locuteur 1

Ce n'est pas suffisant. Le tourisme, c'est 7% du PIB de la Gironde et des Landes. On parle dans certains secteurs de 60% d'annulation sur le mois d'août. Dans le tourisme, vous faites souvent 80% de votre chiffre d'affaires en deux mois. Donc, ça va être un impact majeur. Donc, ce n'est pas suffisant.

4:08
Locuteur 3

Oui, il faut réfléchir et travailler avec les professionnels pour mettre en place le meilleur outil. La France, c'est un pays touristique. Il est vrai que dans ces départements-là, la conséquence est importante. Mais je crois que ce n'est pas budgétairement, ce n'est pas ça qui va faire exploser le déficit. On parle d'aides qui sont très localisées à certains départements.

4:26
Locuteur 2

Dans le Var, le parquet de Draguignon émet l'hypothèse de 6 départs de feux volontaires depuis fin juillet dans le secteur du Gros-Bessillon dans le Var. Et émet l'hypothèse que c'est aussi un départ de feux volontaires qui a permis la reprise des feux dans le Var dernièrement. Qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre les pyromanes, Philippe Brun ?

4:43
Locuteur 3

D'abord, il faut augmenter les moyens de la justice, pardon de le répéter. Mais enfin, c'est vrai pour l'affaire Liana, c'est vrai pour les affaires de viol, c'est vrai aussi pour les affaires d'incendie criminel. Aujourd'hui, les parquets, ils ne sont pas dans la capacité de mener les enquêtes dans de bonnes conditions compte tenu des moyens qui leur sont alloués. Rappelons ici à l'antenne de France Info que la France a le 36e budget sur les 38 pays du Conseil de l'Europe de la justice. Que le budget de la justice en France, il est inférieur à celui de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, qui ne sont pas quand même des grandes démocraties ou des grands systèmes judiciaires.

Il est temps aujourd'hui de donner à notre justice les moyens de travailler. L'essentiel des incendies aujourd'hui, ce sont d'origine criminelle. Il faut qu'il y ait une tolérance zéro sur ces départs d'incendie. Donc la prison, systématiquement ? En tout cas, il faut une très grande fermeté pour ces auteurs, parce que ce sont des vies qui sont brisées. Il y a des morts, il y a des entreprises entières qui ne veulent pas fonctionner, il y a des villages antiques qui sont décimés. Donc bien sûr qu'il faut que la sanction soit exemplaire.

5:36
Locuteur 4

Le RN notamment propose des peines planchées, vous êtes plutôt d'accord avec eux ?

5:40
Locuteur 3

Des peines planchées, on a déjà essayé. Aujourd'hui, la justice en France n'est pas l'axiste, elle n'a juste pas de moyens. Les peines aujourd'hui sont beaucoup plus dures d'ailleurs, celles qui sont rendues. Elles sont dures, mais la justice n'est pas rendue, parce qu'il y a beaucoup de classements sans suite, il y a beaucoup de non-lieux, parce que les enquêtes ne sont pas faites. Dans mon commissariat chez moi, à Val-de-Reuil, dans l'heure, il y a 5000 plaintes non-traitées. 5000 plaintes non-traitées. Qu'est-ce que vous voulez faire quand vous avez 5000 plaintes non-traitées sur un commissariat, un petit commissariat ?

Donc aujourd'hui, il faut renforcer les moyens de la justice, il faut le faire urgemment. Et on ne peut pas continuer à avoir obligé de la justice qui soit inférieure à celui de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan.

6:11
Locuteur 2

Philippe Brun, parlons ingérence étrangère à présent. Le candidat place publique, Raphaël Glucksmann, victime il y a quelques jours d'une opération de désinformation particulièrement élaborée, menée par les services secrets de l'armée russe, à base de ce qu'on appelle les deepfakes, des identités et des voix usurpées, pour propager de fausses informations. La campagne va ressembler à ça en permanence, Philippe Brun ?

6:30
Locuteur 3

Oui, ça va être des mensonges en permanence, ça va être des vidéos tronquées en permanence. Et c'est le nouveau monde dans lequel nous vivons. Celui de l'intelligence artificielle, celui de l'ingérence étrangère. Il faut qu'on se prépare nous aussi, il faut qu'on ait une riposte à la hauteur.

6:43
Locuteur 2

On sait que la France Insoumise a embauché des gens qui vont être chargés durant la campagne de Jean-Luc Mélenchon de veiller aux ingérences, justement. Est-ce que c'est le cas au Parti Socialiste ?

6:51
Locuteur 3

Il est temps qu'on arrête le Minitel et qu'on passe à une nouvelle étape. Aujourd'hui, on fonctionne vraiment comme les années 90. Donc il faut qu'on ait aujourd'hui des escoides et des armées.

7:00
Locuteur 2

Vous avez recruté du personnel spécifiquement pour ça ?

7:01
Locuteur 3

Moi, je suis en train de le faire au cours de ma campagne. On est en train de constituer une armée numérique, avec les moyens qui sont les miens. Mais moi, je crois qu'aujourd'hui, il faut que tout le monde le fasse. Il faut que Raphaël Glucksmann le fasse, il faut que le PS le fasse. Il faut que les sociodémocrates, les socialistes, les démocrates de ce pays se défendent. Et il faut qu'aujourd'hui, les nationalistes, les prêcheurs de haine, ceux qui sont les porte-parole des ingérences étrangères, aient face à eux une riposte qui soit à la hauteur. Et donc il faut que nous ne soyons pas désarmés dans ce combat.

7:28
Locuteur 2

Il devrait y avoir une union sacrée, en tout cas une dénonciation commune, unanime, de ce qu'a vécu Raphaël Glucksmann de la classe politique.

7:34
Locuteur 3

Et je lui dis ce matin, à votre antenne, mon plein et entier soutien.

7:37
Locuteur 4

Un projet de loi est en préparation, enfin, il a même été déposé par le gouvernement. Il sera examiné par le Sénat à la rentrée, pour lutter justement contre ces ingérences étrangères. Le texte propose notamment que les candidats puissent saisir un nouvel outil de référé devant le juge en cas d'ingérence pendant la campagne. C'est pertinent ou c'est dérisoire, selon vous, vu l'ampleur du phénomène qui se profile ?

7:56
Locuteur 3

On ne va pas faire un référé pour chaque tweet. Moi, je suis moi-même victime à mon très modeste niveau de choses fausses. Il y a plein d'affiches avec ma tête sur un certain nombre de choses qui sont complètement fausses. Et y compris, disons-le également, y compris des partis français qui font des campagnes de désinformation. Lesquelles ? Elle est partout. La France Insoumise, par exemple, fait des campagnes de désinformation. Vous êtes victime de campagnes de désinformation. C'était le cas pendant le budget où ils racontent absolument tout et n'importe quoi. Donc c'est malheureusement, aujourd'hui, comme ça que fonctionne la vie politique.

Donc il faut que les démocrates, il faut que les gens sincères, il faut que les gens authentiquement démocrates qui ont le goût de la vérité, qui ont le courage de la nuance. Il faut qu'eux aussi puissent se défendre. Il faut qu'eux aussi puissent se battre sur les réseaux sociaux.

8:41
Locuteur 2

Est-ce que vous allez voter ce projet de loi ?

8:42
Locuteur 3

Pardon ? Est-ce que vous allez voter ce projet de loi ? Je ne l'ai pas lu, donc je ne peux pas vous le dire. Ce que je pense, c'est qu'en la matière, il faut surtout que nous-mêmes cessions d'être naïfs et que nous donnions aussi les moyens de lutter en ligne.

8:52
Locuteur 2

Est-ce que vous allez davantage appeler aussi à ce qu'on protège les candidats pendant la campagne ? C'est un risque ?

8:58
Locuteur 3

Je vois mal comment l'État peut nous protéger. Les réseaux sociaux fonctionnent comme nous le connaissons aujourd'hui. Un référé, c'est un juge. Un juge ne va pas bloquer des milliers de tweets qui disent des choses fausses. Il faut qu'en face, on puisse nous-mêmes déployer une armée qui rétablisse la vérité sur les réseaux sociaux. Donc c'est une contre-attaque sur les réseaux sociaux ? Je crois qu'il faut le faire. Après qu'on prévoit un arsenal légal, bien sûr. Mais je connais aujourd'hui la faiblesse des moyens de la justice.

9:21
Locuteur 2

Vous êtes également vice-président de la commission des finances de l'Assemblée. On sait que les discussions budgétaires à l'automne au Parlement vont être compliquées, pour le moins. Vous ferez tout, vous, socialistes, pour que la France puisse se doter d'un budget pour 2027 ?

9:34
Locuteur 3

C'est mieux que la France ait un budget, bien sûr. Et on a de très grosses dépenses à prévoir à la rentrée. On parlait du chômage partiel en Gironde. Il y a la question aussi du pouvoir d'achat. Car là, on va avoir une rentrée qui va être très difficile pour les Français. Le prix du carburant qui est toujours au-dessus des 2 euros, au moment où on se parle, les retours de vacances, pour ceux qui sont en train de retourner de vacances, vont être difficiles. On a plus de 40% des prix de l'énergie quand même depuis 4 ans. Augmentation des prix alimentaires, toujours. La rentrée va être une des plus chères, la rentrée scolaire, une des plus chères des dernières années.

Donc il faut aussi un paquet de mesures sur le pouvoir d'achat. Et nous présenterons, nous les socialistes, à Blois, fin août, nos propositions, notre contre-budget.

10:10
Locuteur 4

Et nous demanderons au gouvernement de se positionner sur ces propositions. Les insoumis ont réclamé une session extraordinaire d'ailleurs pour lutter contre les incendies. Vous êtes pour ? Oui, j'avais dit que j'étais favorable.

10:18
Locuteur 3

Bon, maintenant, c'est un peu enterré cette série. C'est un peu enterré, parce que le gouvernement n'y a pas fait droit. En tout cas, nous, nous présentons nos propositions. Et nous demanderons au gouvernement de se positionner par rapport à ces propositions qui porteront pour l'essentiel sur le pouvoir d'achat.

10:30
Locuteur 2

Et on continue de discuter ensemble dans le 830 Politique. Philippe Brun, restez avec nous.

10:34
Locuteur 4

Le 830 France Info, Pierrick Bonneau, Lucie Barbarin. Philippe Brun, député PS, invité du 830 ce matin. Je rappelle, Philippe Brun, que vous êtes candidat à l'élection présidentielle, en tout cas la primaire socialiste en vue de cette élection. Le seul officiellement déclaré d'ailleurs à ce jour. J'aimerais qu'on s'arrête sur la mesure que vous mettez en avant dans ce qui serait votre programme pour 2027. Le salaire Brun, Brun comme Philippe Brun évidemment. C'est quoi le salaire Brun ?

11:00
Locuteur 3

C'est aujourd'hui baisser assez massivement les cotisations sociales, la CSG, sur les salaires. Aujourd'hui, les salaires sont surtaxés en France par rapport au capital. Aujourd'hui, vous vous versez un dividende, vous payez 30% seulement d'impôts. C'est la fameuse flat tax, 31,7% en vérité. Vous êtes salarié, vous payez plus de 60% de cotisation sociale sur votre salaire. Donc les salariés sont surtaxés. Le capital est complètement détaxé. Et aujourd'hui, on voit bien qu'on n'arrivera pas à augmenter les salaires dans notre pays avec l'explosion aujourd'hui des charges.

On parlait du prix de l'énergie plus 40%, des prix alimentaires plus 27%, des prix du logement dans les grandes villes qui a explosé aussi. Il faut qu'on puisse ramener du salaire net aux gens. Donc je propose une baisse de la CSG importante.

11:41
Locuteur 2

Comment on la compense cette baisse ?

11:43
Locuteur 3

Alors chacun peut la calculer sur salairebrun.fr. On peut calculer combien ça représente. Jusqu'à 4000 euros par mois, vous gagnez environ une centaine d'euros en plus par mois, ce qui est important. Et comment on la finance ? Eh bien, on taxe davantage le capital. Donc le capital, on décide de le taxer autant qu'on taxe le travail. Il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui, les salariés soient les vachalés du système. Les salariés payent très très cher aujourd'hui la protection sociale et le capital est exonéré d'efforts. Je propose finalement de rentrer dans la modernité.

12:08
Locuteur 2

Donc une taxe sur les grandes entreprises ?

12:09
Locuteur 3

Non, le capital. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand vous êtes actionnaire, quand vous dormez, vous ne payez que 30% d'impôt, enfin 31,7% sur ce que vous touchez. Vous êtes salarié, la différence entre ce que paye votre employeur et ce que vous touchez vous, elle est de 60%. Ce n'est pas normal. Bon, aujourd'hui, les salariés sont les vachalés. Une taxe sur l'argent qui dort, en quelque sorte. En tout cas, une taxe sur quand vous versez un dividende, que vous puissiez contribuer au financement de la protection sociale. On ne va pas s'en sortir sinon. On a un pays aujourd'hui qui aura bientôt 30% de retraités.

On ne peut pas demander à 27 millions de salariés de payer à eux seuls la protection sociale de 70 millions de Français. Donc il faut aujourd'hui qu'on revalorise le travail, que le travail paye. Et aujourd'hui, le travail ne paye pas suffisamment. Les salaires, ils ont augmenté que de 3,5% durant les dix dernières années. Et tous les autres prix ont augmenté. Et ce qui est de notre problème de la France aujourd'hui, c'est qu'on a toute une France qui est en train de décrocher.

Vous savez, cette classe moyenne inférieure qui est un petit peu au-dessus de 1 700, 1 800 euros par mois, couple avec enfant, qui a une voiture, qui habite dans un lotissement, et qui aujourd'hui est étranglée complètement par l'explosion des prix. Cette France-là, il faut lui parler. Et c'est ce que je propose avec le salaire brun que je viens de défendre dans toute la France. Je vais à Toulouse et dans le Gers en fin de semaine.

13:14
Locuteur 4

Philippe Brun, où en êtes-vous de l'organisation de cette primaire socialiste ? On a l'impression qu'elle a un peu du plomb dans l'aile.

13:18
Locuteur 3

Elle n'a pas de plomb dans l'aile. Elle aura lieu au mois d'octobre. Alors aujourd'hui, il y a... Avec quel candidat ? Oui, avec qui ? Alors, écoutez, on verra. Ils vont tous se déclarer. Je crois qu'ils sont la plupart d'entre eux en vacances en Corse. Alors, ils vont revenir. Vous pensez à Raphaël Glucksmann, c'est ça ? Pour ma part, je suis sur les routes de France.

13:32
Locuteur 4

Mais Karim Bouamran ne veut pas y participer. Raphaël Glucksmann ne s'est pas prononcée. C'est Guadel Royale, on ne sait pas trop. Olivier Faure, Boris Vallaud. Enfin, la liste est longue. Bon, on sera probablement 4 à 5 candidats.

13:41
Locuteur 3

Vous avez cité. Et ils seront candidats à cette primaire. Donc, j'ai bon espoir que nous proposions... Il était question de faire payer, d'ailleurs,

13:49
Locuteur 4

le droit de voter ?

13:50
Locuteur 3

Oui, je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête. Alors, je lis dans la presse que certains réfléchissent à faire payer 15 euros pour voter à la primaire. Alors, je ne sais pas très bien d'où ça leur vient. C'est vrai que 15 euros, pour ceux qui prennent leur café à Saint-Germain-des-Prés, ça fait deux cafés.

14:03
Locuteur 2

À l'époque où c'était 2 euros, dans ma mémoire. C'est délirant.

14:06
Locuteur 3

C'est-à-dire, qui va payer 15 euros pour participer à la primaire ? C'est complètement déconnecté. Alors, je sais que le café est à 7 euros à Saint-Germain-des-Prés. Mais si vous voulez, pour la plupart des Français, 15 euros, c'est beaucoup trop cher pour participer à la primaire. Moi, je propose qu'on la fasse à 5 euros. Et j'annonce à votre antenne que si je ne suis pas entendu de la part des instances du Parti Socialiste et de Place Publique, Raphaël Glucksmann, je mets en place une caisse populaire. Chacun peut se connecter en ligne, caissepopulaire.fr. Et donc, nous financerons les adhésions des ouvriers, des employés, des gens qui veulent participer à cette primaire. Qui vous ?

Parce que moi, je ne suis... Nous avons mis en place, avec un réseau de militants, nous allons nous cotiser en ligne. Vous pouvez aller sur caissepopulaire.fr pour aider les gens modestes à venir participer à cette primaire. Moi, je ne laisserai pas cette primaire être confisquée par ceux qui veulent de l'entre-soi. La gauche, elle a été inventée pour défendre les ouvriers et les employés. Elle n'a pas été inventée pour défendre les bobos et la gauche de salon dans les arrondissements aisés de la capitale. Moi, je crois qu'il faut aujourd'hui redire que nous sommes là pour défendre les gens qui ont des difficultés à finir leur mois.

Nous sommes là pour défendre les familles monoparentales, les aides-soignantes, les caristes, les préparateurs de commandes, tous ceux qui galèrent dans la société française aujourd'hui. Et on ne peut pas, dans le même temps, envoyer un message en faisant payer 15 euros pour participer à une primaire.

15:19
Locuteur 4

Il y a une multitude de candidats à gauche. Est-ce que vous pensez que la gauche modérée peut se permettre d'avancer désunie ?

15:24
Locuteur 3

Non, c'est pour ça qu'il faut la primaire et qu'il faut y participer et que je suis candidat à cette primaire. Je suis plus jeune candidat de cette primaire. J'ai 34 ans et j'incarne les idées nouvelles, neuves, d'une gauche populaire qui parle aux gens, qui parle du prix du carburant, qui parle du prix du logement, qui parle des services publics et qui essaie de redonner de l'espoir à une France qui sort de 10 ans de macronisme.

15:41
Locuteur 2

Un mot pour finir de la crise à Ceuta, la semaine dernière. 72 000 migrants qui forcent l'entrée de cet enclave espagnol situé sur le territoire marocain. 70 000 ont été renvoyés, c'est ce que disent les autorités espagnoles. Est-ce que tout est de la faute du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez ?

16:00
Locuteur 3

Non, d'ailleurs, moi je pense que rien n'est de la faute du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. On a assisté à une vaste opération de manipulation internationale. Je ne sais pas ce qu'a fait le Royaume du Maroc. Je trouve ça très étrange. Je laissais passer autant de personnes d'un coup. Il y a une enquête qui est en cours. On va bientôt savoir. J'ai vu la réaction de toute l'international réactionnaire. Donald Trump en premier, Georgia Meloni, toute l'extrême droite européenne. Pourquoi il s'attaque à Pedro Sanchez ? Le gouvernement de gauche,

16:27
Locuteur 2

le Dan Odenarck.

16:28
Locuteur 3

Oui, pourquoi il s'attaque à Pedro Sanchez ? Il est l'exemple même de la réussite de la gauche au pouvoir. La croissance en Espagne, elle est à plus de 2% aujourd'hui. L'Espagne a baissé, a divisé par deux son taux de chômage durant les cinq dernières années. L'Espagne est un pays qui est aujourd'hui économiquement prospère, qui a réussi à baisser son prix du carburant.

16:44
Locuteur 2

Ça veut dire que vous, par exemple, au pouvoir, vous lanceriez une grande vague de régularisation comme en Espagne, 500 000 migrants régularisés ?

16:52
Locuteur 3

Madame Meloni, qui est une fasciste, elle a régularisé 200 000 personnes. Donc, il faut comprendre qu'aujourd'hui, avec le choc démographique que nous avons, un continent qui vieillit, on ne va pas réussir à s'occuper de nos papys, nos mamies dans les EHPAD si on ne régularise pas les gens qui viennent travailler. Est-ce qu'il n'y a pas tout de même une question

17:08
Locuteur 4

de pression migratoire aux portes de l'Europe ?

17:10
Locuteur 3

Ce que dénoncent l'extrême droite et la droite ? Oui, mais là, ce n'est pas de la pression migratoire. C'est une vaste opération de déstabilisation. On n'a jamais vu 70 000 personnes rentrer d'un coup au travers d'une frontière. Le Royaume du Maroc a sans doute voulu se venger sur le nombre de différents qu'il a aujourd'hui avec le gouvernement espagnol. La visite, ou en tout cas, les reprises de discussion entre Prédo Sanchez et l'Algérie.

17:29
Locuteur 2

Donc, il ne faut pas renforcer les contrôles aux frontières comme l'a fait Laurent Nunez à la frontière franco-espagnole.

17:33
Locuteur 3

Les positions de Prédo Sanchez ou également vis-à-vis de la Palestine qui lui sont reprochées. Le Royaume du Maroc étant, lui, aligné de manière très étrange sur les positions du gouvernement Netanyahou. C'est tout cela qui s'est joué, malheureusement. Donc, on a essayé de nous faire croire que c'était une affaire de migration. La vérité, c'est que c'est une affaire, avant tout, géopolitique, de concurrence entre les nations. Et je crois qu'il faut savoir à qui nous faisons face. Moi, je suis indéfectiblement du côté de Prédo Sanchez et des socialistes espagnols qui sont un modèle pour nous.

18:00
Locuteur 2

Merci, Philippe Brun, député socialiste de l'heure candidat à la présidentielle. En tout cas, la primaire socialiste, on l'a bien compris. Merci beaucoup, invité du 8.30.