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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 25 janvier 2021 8 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploi

Confinement : Patrick Martin, président délégué du Medef, ne veut pas d’un "débat de cornecul"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous soutenez les nouvelles mesures sanitaires annoncées par le gouvernement ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Souhaitez-vous que l'exécutif attende pour prendre de nouvelles mesures ?

  • 1:01RelanceRéponse directe

    Le conseil scientifique souhaite des mesures plus strictes rapidement. Que répondez-vous ?

  • 1:40FerméeRéponse directe

    Sur les commerces, votre première demande est-elle le maintien de tous les commerces ouverts ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Ce qui vous fait peur, c'est le confinement version mars 2020 ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'économie peut repartir normalement sous la menace des variants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « On soutient tout ce qui peut contribuer à la sécurité sanitaire de nos concitoyens, de nos salariés, des entrepreneurs eux-mêmes. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Les commerces ne sont pas un lieu de contamination. »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « On a bien vu l'effondrement de la production industrielle au printemps dernier. »
  • 2:32Invité politiqueChiffre
    « On voit ce que ça coûte, quoi qu'il en coûte, pour les finances publiques, pour les régimes sociaux. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Les réserves financières de l'État, des régimes sociaux, elles sont largement consommées. »
  • 4:09Invité politiqueFait
    « La plupart des secteurs d'activité fonctionnent normalement ou légèrement en deçà du normatif. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « Ce sont les secteurs de l'économie présentielle qui sont les plus affectés. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Une situation sociale qui s'est fortement dégradée. »
  • 6:51Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, les faits leur donnent largement raison. »

Temps de parole

  • Patrick Martin69 %
  • Présentateur31 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir à tous, y aura-t-il un nouveau confinement ? Et si oui, à quoi ressemblera-t-il ? La question est partout ce soir. Bonsoir Patrick Martin, président délégué du MEDEF, invité éco de France Info. Des décisions en tout cas seront prises cette semaine. Jean Castex l'a dit tout à l'heure, le gouvernement prépare de nouvelles mesures, certainement plus dures. Est-ce que vous le soutenez ?

0:20
Patrick Martin

On soutient tout ce qui peut contribuer à la sécurité sanitaire de nos concitoyens, de nos salariés, des entrepreneurs eux-mêmes. En revanche, on est un petit peu surpris parce que jusque-là, on avait compris que le président de la République singulièrement se donnait le temps de vérifier, j'imagine, les conséquences du couvre-feu. Et puis effectivement, le Premier ministre vient de s'exprimer pour annoncer des mesures, lesquelles on n'en sait rien à ce stade. Ça crée de l'indécision, ça crée du stress pour dire les choses.

0:45
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez que l'exécutif attende pour prendre de nouvelles mesures éventuelles ? La semaine prochaine, la semaine suivante, celle d'après ?

0:51
Patrick Martin

Il faut être très humble, très modeste. On voit que les médecins eux-mêmes, des sommités, ne partagent pas le même avis. Ce n'est pas le MEDEF qui va trancher sur le plan sanitaire.

1:01
Présentateur

Le conseil scientifique, qui conseille donc l'exécutif, le président de la République, lui souhaite des mesures plus strictes et rapidement. Il l'a dit dans son dernier avis.

1:09
Patrick Martin

Oui, il l'a dit. Alors, nous, ce qui nous importe, c'est que ces mesures, si elles doivent être prises, le soient de manière pragmatique et prennent en compte un certain nombre de réalités. Par exemple, et les études scientifiques le démontrent, les commerces ne sont pas un lieu de contamination. Donc, si on peut aller vers plus de pragmatisme, si on peut territorialiser ces mesures et si on peut faire en sorte que l'économie ne s'écroule pas parce qu'elle est fatiguée, l'économie, dans certains secteurs en particulier, ce sera évidemment mieux. On est en période de risque et on voit qu'il y a par ailleurs un sujet d'acceptabilité par la population elle-même de toutes ces mesures.

1:40
Présentateur

Donc, sur les commerces, votre première demande, c'est maintien des commerces ouverts de tous les commerces, c'est ça ?

1:47
Patrick Martin

De tous les commerces. Alors, ne rentrons pas à nouveau dans ce débat, excusez la grossièreté de mon expression, de corne cul qu'on a pu avoir lors du dernier confinement. Qu'est-ce qu'un produit essentiel ? Qu'est-ce qu'un produit non essentiel ? Ne rentrons pas là-dedans. Mais, s'il doit y avoir des mesures de renforcement sanitaire, qu'on définisse malgré tout des horaires qui permettent aux consommateurs de s'approvisionner, peut-être des mesures renforcées sur les distanciations, des prises de rendez-vous, enfin des choses opérationnelles.

2:15
Présentateur

Ce qui vous fait peur, et si je vous suis bien Patrick Martin, c'est le confinement version mars 2020, c'est ça ?

2:21
Patrick Martin

Écoutez, ça serait fatal. Je n'ai pas compris que la situation sanitaire imposait une mesure aussi radicale. On a bien vu l'effondrement de la production industrielle au printemps dernier. On voit ce que ça coûte, quoi qu'il en coûte, pour les finances publiques, pour les régimes sociaux. Il vient un moment où il y a une forme d'épuisement. Là aussi, les réserves financières de l'État, des régimes sociaux, elles sont largement consommées. On emprunte à tir l'arigot. Donc, il peut y avoir un collapse économique. Est-ce que ça serait mieux qu'un collapse sanitaire qui, à ce jour, n'est pas prévu ?

2:53
Présentateur

Est-ce que l'économie peut commencer à repartir normalement, tant qu'on vit sous la menace de variants dont on découvre l'existence semaine après semaine ?

3:02
Patrick Martin

Oui, nous en sommes convaincus.

3:02
Présentateur

Est-ce que ça se joue vraiment entre l'économie d'un côté et la santé de l'autre, Patrick Martin ?

3:06
Patrick Martin

Non, notre conviction, c'est qu'on peut concilier les deux en priorisant toujours la santé. Évidemment, plus vite les vaccins seront disponibles, mieux on se portera. Mais on peut imaginer, il y a des tests qui sont en cours d'études là-dessus, de demander par exemple aux visiteurs d'un salon professionnel ou aux spectateurs d'une pièce de théâtre de venir avec un test, l'attestation d'un test en quelque sorte. Et puis ensuite, on fait un retour d'expérience et si ça marche, on les multiplie sous contrôle. Mais on ne peut pas mettre éternellement sous cloche des secteurs entiers de l'économie française.

3:40
Présentateur

Vous avez commencé à parler de ces aides apportées par l'État, du coup, pour la collectivité. Est-ce qu'il faut revoir le système d'aide ? Est-ce qu'il faut concentrer davantage encore les aides sur les secteurs les plus touchés ? Je pense à toutes ces entreprises obligées de fermer, quitte à donner moins aux autres. Est-ce que ça, c'est possible pour vous ?

3:57
Patrick Martin

Alors, ce n'est pas une question de principe là aussi, c'est la réalité qui doit l'emporter. La réalité, quelle est-elle ? C'est qu'à ce jour, en tout cas, la plupart des secteurs d'activité fonctionnent normalement ou légèrement en deçà du normatif. Moi, je peux en parler pour ma propre entreprise, qui est au contact de tous les secteurs du bâtiment et de l'industrie. J'allais dire, je suis désolé de vous annoncer. Non, je me réjouis de vous annoncer qu'elle fait des chiffres normaux, à peu près les chiffres qu'elle faisait en 2019. Et donc, au fil du temps, on voit que ce sont les secteurs de l'économie présentielle qui sont les plus affectés.

Sur le plan financier, il n'est donc pas illogique qu'on concentre les mesures de soutien sur ces secteurs.

4:32
Présentateur

La réforme de l'assurance chômage, Patrick Martin, devait entrer en vigueur le 1er avril. Le gouvernement a réuni aujourd'hui syndicats et patronats pour envisager un autre système, puisque la situation sanitaire crée aussi évidemment beaucoup de détresse sociale, notamment chez les demandeurs d'emploi. Finalement, elle entrera à quoi en vigueur cette réforme ?

4:51
Patrick Martin

Ce que l'on comprend, ce n'est pas pour imaginer un autre système. C'est pour moduler en définitive ce qui avait été arrêté en 2019, en prenant en compte, et nous partageons totalement cette approche, une situation sociale qui s'est fortement dégradée.

5:03
Présentateur

Donc, que comprenez-vous des intentions du gouvernement ? Est-ce qu'on garde le même principe, mais on change le calendrier, c'est ça ?

5:08
Patrick Martin

Alors, on change le calendrier, mais surtout, on indexe en quelque sorte la mise en œuvre de certaines mesures, par exemple, au taux de chômage. Donc, il va falloir s'accorder sur le principe même de cette indexation, sur les niveaux qui déclencheraient ou pas la mise en œuvre de telle ou telle mesure. Mais pour ce qui nous concerne, on considère toujours, comme c'était le cas en 2019, que cette réforme va dans le bon sens, avec évidemment, s'agissant des entreprises, toujours cette aberration du bonus-malus, dont on ne voit ni sur le plan pratique, ni sur le plan du principe, l'intérêt.

5:38
Présentateur

Bonus-malus, je le rappelle, pour les entreprises qui multiplient les CDD les plus courts. Qu'on se comprenne bien, Patrick Martin, qu'est-ce que vous demandez ? Qu'on ne mette pas en place ce qui concerne les chômeurs, ni ce qui concerne les entreprises touchées par le bonus-malus ? Votre souhait, aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ?

5:56
Patrick Martin

Notre souhait, à nouveau, en prenant en compte la situation difficile qu'on vit actuellement, c'est qu'en particulier, tout ce qui pouvait inciter à ce qu'on appelle la permettance, c'est-à-dire le cumul de périodes de travail et de périodes d'indemnisation de chômage, en ayant, au bout du compte, une rémunération supérieure à celle des salariés qui travaillent à temps plein. C'est une bonne mesure, parce qu'il y a encore des tensions sur le marché de l'emploi. Il y a des tensions, c'est-à-dire qu'il y a des entreprises qui ne trouvent pas la main-d'oeuvre dont elles ont besoin, et pas nécessairement dans des qualifications exceptionnelles. Donc ça, ça va dans le bon sens.

Après, il y a un sujet d'équilibre financier, mais on ne le priorise plus à ce jour. Il faudra y penser à nouveau quand l'économie sera revenue à un niveau plus normal. Et puis le bonus-malus, nous persistons à dire que c'est une usine à gaz et que ça ne produira aucun effet positif.

6:40
Présentateur

Et ça, vous n'en voulez pas en face de vous. Vous avez toujours des syndicats qui s'opposent à l'essence, au principe de la réforme, car ils redoutent une explosion de la précarité. Est-ce que les faits leur donnent tort avec la crise qu'on vit ?

6:51
Patrick Martin

Aujourd'hui, les faits leur donnent largement raison. C'est la raison pour laquelle je vous dis, Geoffroy Roux-de-Bézieux dit, pas d'urgence, il faut que nous arrêtions sur un dispositif et sur la définition des indicateurs qui feront qu'on mettra en oeuvre le jour venu, telle ou telle mesure de cette réforme.

7:07
Présentateur

Est-ce que ce sera cette année, ça ?

7:09
Patrick Martin

Écoutez, par exemple, sur le bonus-malus, il semblerait qu'on va y prendre en compte 2021, en tout cas le deuxième semestre. Non, on ne sera pas dans une période normative, singulièrement pour les secteurs, les sept secteurs qui sont touchés par le bonus-malus. L'hôtellerie et restauration, typiquement.

7:24
Présentateur

On aura l'occasion d'en reparler. Merci Patrick Martin, président délégué du Medef, invité éco de France Info ce soir.