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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 8 août 2022 55 minContradictoireMixte

En quoi l'humour est-il devenu un business ?

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0:16
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans le débat de midi. J'espère que vous avez passé un bon week-end. Venez vous mettre à table, on n'attend que vous. Le rire et le propre de l'homme est-il devenu le propre du bénéfice ? Alors peut-être l'avez-vous remarqué, en arpentant la route des festivals cet été, événements souvent réservés à la musique, il y a de plus en plus de festivals d'humour. Toutes les villes, grandes et moyennes, veulent leur comique comme sûr de remplir leur jauge. L'humour est devenu la valeur sûre du spectacle vivant et séduit les Français qui veulent rire et aiment d'ailleurs l'humour dans toute sa diversité.

Il suffisait d'aller voir à quoi ressemblait cette année le Festival Off d'Avignon. Il y avait un petit côté Comic City sous le soleil, presque étouffant. Radio, télé, théâtre, internet, la France connaît actuellement une inflation d'humoristes et le monde du spectacle vivant en profite pleinement car programmer un humoriste et son micro est toujours moins cher qu'abriter une troupe avec costumes et décors. Jamais il n'a été aussi facile d'accéder au one-man show d'humoristes étrangers grâce aux plateformes type Netflix ou Amazon Prime qui en proposent de très nombreux. Et quand votre enfant vous dit, moi plus tard j'aimerais être humoriste, pourquoi pas ? Vous traverse l'esprit.

L'humour partout pour tous mais la qualité peut-elle en pâtir ? La liberté de ton est-elle toujours de mise ? Le rire est enfin pris au sérieux. On en parle dans le débat de midi. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter.

1:33
Invité

Aujourd'hui dans Enquête Spéciale, un reportage dans la fabrique d'humour qui est à l'origine de toutes les blagues en France. Monsieur et madame ont un fils, devinette ou encore tu l'as mis où ? Dans ton cul, immersion dans la blague corporation. C'est vrai que je ne suis pas peu fier d'être à la tête de cette société qui compte pas moins de 300 personnes à son actif. Bonjour monsieur Bomber. Bonjour Julie. Dites-moi Julie, vous avez livré la blague du mois à Télé Loisirs ?

1:53
Présentateur

Oui, hier soir. Comment dit-on ? Il n'y a pas de problème en japonais.

1:56
Invité

Il n'y a pas de sushi. C'est bien ça. C'est drôle ça Julie. Puis ça peut se revendre. Merci. Jacqueline, vous me faites plaisir. Vous appelez les chevaliers du fiel. Vous leur dites qu'on a la chute pour leur nouveau spectacle et vous me faites un café.

2:05
Présentateur

Voilà la fabrique de l'humour vue par le palmachot. On va en parler de cette fabrique de l'humour et également de l'économie que procure cet humour en France aujourd'hui et autour de la table du débat de midi. Eh bien nous trouvons Marie Aldine Girard. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes autrice, comédienne, rédactrice en chef à Télé. Vous connaissez bien ce milieu. Vous êtes auteure de rivales. Il n'y a rien de pire que les femmes entre elles. Ce sera votre premier livre, premier essai ? Premier essai.

J'ai écrit de nombreux livres notamment La Femme Parfaite est une connasse qui est un livre d'humour mais là c'est la première fois que j'écris un livre sérieux pour en finir avec la rivalité féminine. Et à noter que ça paraîtra chez Flammarion en octobre prochain. Serge Grusensky, bonjour à vous. Bonjour. Alors vous êtes spécialiste vous de l'entreprise de l'humour en fait en entreprise. Du rire, du rire. Du rire et pas de l'humour.

2:57
Invité

Ah c'est pas pareil non ?

2:58
Présentateur

Ah bah justement on va voir quelle est cette spécificité. Alors ce qui est assez intéressant c'est que vous vous en servez justement de l'humour et du rire pour résoudre les problèmes d'équipe et de changement et vous travaillez en France et surtout dans le monde entier. C'est là où on va voir justement si le rire est universel avec vous.

3:14
Invité

Humour Consulting Group. J'allais le dire. Ah pardon, pardon, pardon. J'allais le dire. Sinon les gens sont perdus. Vous allez le dire Serge.

3:20
Présentateur

Voilà on va en parler avec vous également. avec Christelle Paré. Bonjour à vous. Bonjour. Alors Christelle Paré, vous êtes directrice pédagogique de l'école nationale de l'humour à Montréal. Professeur à temps partiel au département communication de l'université d'Ottawa. Première chercheuse canadienne sur l'industrie de l'humour. Et on vous remercie grandement parce que je crois qu'il est 6h du matin à Montréal, non ?

3:40
Invité

Oui, il est un peu tôt. Mais ça va, je suis une lève tôt.

3:43
Présentateur

Très bien, bon, merci à vous. Et puis Grégoire Führer, bonjour à vous.

3:48
Invité

Bonjour.

3:48
Présentateur

Vous êtes patron et fondateur du plus gros tout simplement Festival d'humour francophone, le Montreux Comédie Festival. Ça existe depuis 33 ans maintenant. Et oui, vous êtes aussi, vous avez fondé des festivals d'humour à Lille, à Johannesburg. Vous travaillez en ce moment à la création d'un festival à Alger, un autre à Montréal. Alors là, plus énigmatique pour moi, un projet en partenariat avec Microsoft pour proposer des spectacles holoportés. Qu'est-ce que c'est que ça, Grégoire Führer, holoporté ?

4:13
Invité

C'est une technologie développée par Microsoft qui permet de projeter un hologramme sur une scène et donc de permettre à deux artistes de jouer ensemble même s'ils ne sont pas dans le même lieu physiquement. On a fait la première expérience à Cannes au festival Big Perf au mois de juin dernier. C'était vraiment génial.

4:35
Présentateur

D'accord. On a vu ça aussi pendant la campagne électorale avec Jean-Luc Mélenchon et on voit que ça fonctionne. En effet, on attend vos commentaires et réactions par mail et sur l'appli Inter ainsi que sur Twitter, hashtag le débat de midi. Et on va commencer tout de suite. Alors avec cette question, évidemment, on va essayer de répondre directement. On va y aller, Marie-Aldine Girard. Est-ce que vraiment, vous trouvez qu'actuellement, on peut le dire, il y a vraiment plus d'humoristes en France ? Ou tout simplement qu'on les voit davantage ? Alors, je pense les deux. Je pense déjà que les chiffres sont là par rapport...

Alors, quand je parle d'humoristes, je parle de stand-up, de one-man show, etc., de seule en scène. On voit que les chiffres, effectivement, ont explosé. Je sais qu'on parle là de 20 000 spectacles seuls en scène qui se produisent chaque année. Donc, effectivement, les chiffres sont là, mais il y a également cette visibilité. C'est-à-dire que chaque émission a son humoriste, chaque émission de radio, notamment sur cette radio. Oui, à France Inter. Deux très bons humoristes, mais également dans des émissions de télé. Et on en voit aussi les limites. Moi qui suis rédactrice en chef d'émissions plutôt sérieuses.

C'est-à-dire qu'on en vient à inviter un humoriste pour parler du nucléaire iranien ou de la guerre en Crimée. Est-ce que c'est vraiment sa place ? C'est aussi une des questions qu'on peut se poser. Et même si c'est une très bonne chose d'en avoir, je pense qu'après, chacun a sa place. Grégoire Führer, vous-même, justement, autour du montreux... On va le joindre dans un instant, Grégoire Führer. Mais Christelle Paré, alors vous qui étudiez véritablement aussi l'humour de près, ce phénomène qui touche la France, d'après vous, est-ce qu'il touche aujourd'hui le monde entier et notamment le Canada, l'Amérique, l'Europe ?

6:09
Invité

Oh, absolument. En fait, avec le déploiement des différentes plateformes depuis le début des années 2000, c'est incroyable ce qu'on retrouve maintenant. En termes de diversité de contenu, en termes de ton, en termes également de différentes façons de s'exprimer. On a des artistes maintenant qui n'ont plus du tout besoin de monter sur la scène et qui fonctionnent très bien avec des plateformes comme Twitch ou encore avec les podcasts. On a Mike White, d'ailleurs, qui a rempli le Centre Bell il y a à peine deux semaines, ici à Montréal, qui est autour de... C'est pratiquement 30 000 places. Seulement pour enregistrer un podcast, c'est incroyable.

Même l'industrie du one-man show, c'est complètement refaite avec les nouvelles plateformes.

6:50
Présentateur

C'est ça. Alors, Grégoire Führer, on vous a retrouvé vous-même, je le disais, en tant que fondateur du plus gros festival d'humour, donc le francophone, le montreux comédie festival, ça existe depuis 33 ans. Vous avez vu, vous-même, assisté à cette inflation du nombre d'humoristes ?

7:06
Invité

Oui, bien sûr. Je pense que l'humour est devenu un art majeur aujourd'hui, alors que c'était à la base un art très annexe. On parlait de café-théâtre, d'ailleurs, on ne parlait pas forcément de scènes humoristiques. Aujourd'hui, évidemment, l'humour a pris sa place dans la société, donc c'est pour ça qu'il y en a plus et qu'il est plus visible et qu'il y en a aussi plus besoin. Parce que la société est aussi plus difficile. Donc voilà, moi, je pense qu'il n'y a pas d'inflation dans le sens où on est en ce temps d'habitude dans un art ou dans un genre. Mais c'est vrai qu'il y a de plus en plus de jeunes aussi qui ont envie de le faire.

C'est aussi un spectacle qui intéresse la jeunesse, donc il y a de plus en plus de jeunes qui veulent en faire aussi. C'est juste une question de temps, de société. Moi, personnellement, je m'en réjouis, en tout cas, qu'il y ait autant de monde qui veulent faire de l'humour.

7:53
Présentateur

Oui, alors, est-ce que ça devient aussi pour vous plus compliqué de choisir pour justement vos programmations de festivals ?

8:02
Invité

Non, parce que nous, en tout cas, on a toujours défendu une ligne éditoriale. Donc, à partir de là, c'est relativement facile pour nous parce qu'on n'essaie pas de programmer tout le monde. On essaie de programmer les gens qui nous plaisent et qui ont aussi quelque chose à raconter. donc, on arrive toujours à faire des choix. Et puis, ce qui nous, nous réjouit surtout, c'est que l'humour est de plus en plus international. J'entendais dans vos propos au début vous parler de l'humour mondial. Moi, je crois à ça depuis le début.

Et ce qui me fait plaisir, c'est de voir qu'aujourd'hui, des humoristes québécois peuvent venir jouer un montreux et avoir un public parce que le public les a suivis d'abord sur des réseaux sociaux. Pareil avec l'Afrique. Aujourd'hui, nous, on est très présent au Côte d'Ivoire, en Algérie. Et là, il y a énormément de gens formidables qui arrivent maintenant à faire connaître leur humour grâce aux réseaux sociaux. Donc, évidemment, tous ces gens arrivent aussi sur le marché. Donc, ça crée encore aussi plus de fréquentation.

Mais c'est formidable parce que ça permet de créer des points de vue différents, d'avoir un pont culturel qui est notre mission, en fait, première, qui est de faire rencontrer un public à des artistes ou des artistes à un public.

9:06
Présentateur

Christelle Paré-Vouly Région.

9:07
Invité

Oui, en fait, je ne sais pas compléter les propos de M. Führard, qui parle beaucoup de la jeunesse. En fait, ce qu'on voit de plus en plus aussi, pas seulement au Canada, mais en Grande-Bretagne, aux États-Unis aussi, c'est le troisième âge, le bel âge, les gens qui sont à la retraite, qui, maintenant, qui ont un peu plus de temps libre et qui s'investissent vraiment en humour. On a de plus en plus de gens qui ont passé la soixantaine, qui font les open mic. On a de plus en plus de concours aussi dans les festivals pour les gens du bel âge. Donc, on voit que l'humour en tant que corps, c'est vraiment démocratisé aussi.

Ce n'est plus seulement une business, c'est une nouvelle façon de s'exprimer, comme on a la danse, la peinture, le théâtre. Et ça peut rejoindre, maintenant, vraiment toutes les générations.

9:56
Présentateur

Oui, c'est ça. Alors, quand vous avez dit open mic, je précise, c'est aussi des scènes ouvertes. Voilà aussi. Les scènes ouvertes. Voilà, on peut dire ça. Voilà, tout simplement. Serge Kruzinski, vous qui travaillez en entreprise auprès. Alors, vous m'avez dit tout à l'heure, il y a une différence entre...

10:10
Invité

Oui, moi, je n'ai pas une approche quantitative. J'ai une approche quantitative. Et ce qui m'intéresse, ce que j'ai découvert au fil des années, c'est ce que j'appelle la puissance du grand rire. Donc, ce n'est pas un humour, si vous voulez, qui fait un peu sourire ou vaguement. C'est vraiment le très grand rire où l'être humain est complètement secoué. Et c'est ça qui induit des effets très forts dans la tête et dans le cœur et qui réunit les gens dans les équipes. Et ça, si vous voulez, c'est plus rare. Et pourtant,

10:35
Présentateur

vous le voyez aujourd'hui, l'image de l'humour ou même du rire, ça a changé.

10:39
Invité

Ben non. Non, pour vous, ça n'a pas changé. Non, non, non. Si vous voulez, le grand rire, vous en avez aussi peu qu'avant. D'accord. Vous avez plus d'humour, moyen, vous voyez. Mais le grand rire où les gens sont complètement pétés de rire, hurles de rire, etc., vous n'en avez pas plus. Vous n'en avez pas plus. D'accord. Vous n'en avez pas plus. Bon. Donc, moi, c'est en tant que personne qui cherche à réunir les gens, traiter les tensions. Et voilà. C'est ce grand rire qui fait des choses, donc c'est très rare.

Mais ce qui est où je vous rejoins, et je rejoins Mme Paré, je crois, c'est que du coup, moi, quand je fais des choses dans les entreprises où je traite tous ces problèmes, et après, les gens parfois partent en groupe de travail pour résoudre leurs problèmes et les abordent eux-mêmes par le rire. D'accord. Le rire, pas l'humour. Et ils sont à hurler et ils sont très très forts. Donc, c'est vrai qu'il y a un humour latent, mais je dirais, moi, pas chez les humoristes, uniquement, qui souvent sont un peu plats. C'est un peu devenu une commodité, l'humorisme, au sens économique. Mais chez les gens eux-mêmes.

Et moi, je vous prends n'importe quel groupe de gens de 30, 40, 50 personnes, qui vivent ensemble, et je vais vous leur faire créer des choses où les gens vont hurler de rire. Vous voyez, l'humour est... Donc, je suis beaucoup plus exigeant, si vous voulez, en qualité de rire, parce qu'il n'y a que ce que je fais, ce rire-là, qui résout les tensions. Mais à l'inverse, après, je le fais partager par tout le monde.

12:01
Présentateur

Alors, on va continuer. Et là,

12:02
Invité

dans l'humoriste, pour moi, est perdu. On va avancer.

12:04
Présentateur

Alors, Grégoire Fureur, vous vouliez réagir ?

12:07
Invité

Oui, moi, je ne suis pas d'accord avec l'analyse qu'aujourd'hui, les humoristes sont moins drôles qu'avant, que la nouvelle génération s'est moins fait rire qu'avant. Ça, moi, j'ai envie de m'opposer en faux dans tout ça. Il y a plus d'humoristes. On rit de choses différentes. Moi, je me souviens, j'avais Fernand Reynaud, point. C'est tout. Aujourd'hui, dans ma famille, j'ai des jeunes enfants qui adorent dix humoristes différents et ce n'est pas les mêmes. Donc, on a tous des rires différents et aujourd'hui, c'est important de se réunir par le rire parce qu'on rit tous de quelque chose et je pense que le grand rire dont parle Serge, il existe encore. Il est encore là.

Moi, personnellement, ça m'arrive très souvent de partir d'un grand four de rire grâce à des jeunes humoristes aujourd'hui qui réussissent à me toucher sur des plateaux parce qu'ils abordent quelque chose d'une manière originale et ça existe tous les jours encore et ça, je pense que c'est important de le dire. Marie-Dinja ?

13:02
Présentateur

Oui, justement, en plus, là, vous parliez des plateaux, je trouve que c'est important d'en parler parce que sur les plateaux d'humoristes, on découvre des gens, on n'est pas allé les voir. Alors, juste pour expliquer aux personnes, qu'est-ce que c'est qu'un plateau d'humoriste ? On va se réunir pendant une heure, par exemple, dans une salle de spectacle et on va pouvoir découvrir, on va dire, une dizaine d'humoristes qui a, par exemple, un 5 minutes pour nous faire découvrir son spectacle et ça nous donne envie, après, d'aller le voir en salle.

Ce qui est intéressant, c'est que pour être allé voir un nombre d'humoristes, quand on va voir un, comment dire, un Galden Mallet ou un autre statutaire, on arrive, il dit bonjour, on est déjà mort de rire. Je veux dire, le public est acquis. Ce qui est une très bonne chose et on parle là du grand rire parce qu'il nous emporte.

Quand on va voir une scène ouverte comme ça, le public n'est pas acquis dans le sens où on découvre chacune des personnes, souvent, des très jeunes humoristes et c'est formidable parce que des gens, la première minute, on se dit mais je ne sais pas si je vais être sensible à cet humour-là et il vient vous chercher, il vous attrape et après, on a envie de découvrir et d'aller le voir dans une salle parce que c'est aussi l'intérêt, c'est d'être en salle même si Internet est passé par là et ça nous permet de découvrir des gens formidables. Donc voilà, moi je vous invite tous à y aller.

Alors justement, est-ce que aussi, notre vision de l'humour n'a pas changé un jour de 2006 quand on a découvert ça en France ?

14:16
Invité

Bienvenue au Jamel Comédie Club ! Pris pour le premier de la liste. Il nous vient tout droit de Long Beach, Gijol !

14:30
Présentateur

Voilà Marie-Lin Gérard, est-ce que c'est ça aussi quand on me parlait tout à l'heure de stand-up ? Jamel Debbouze, la troupe, Jamel Comédie Club, l'idée c'était de montrer aussi un rire différent en France que c'était possible. Est-ce que là, il n'y a pas eu un avant, un après ? Alors je pense qu'il y a eu un avant, un après. En plus, je me souviens avoir fait une émission dans Ce Soir ou Jamais en 2006 sur le stand-up. Qu'est-ce que cette chose qui nous vient des Etats-Unis ? Il fallait expliquer avec nous notre tradition du sol en scène à la Cobert avec Jamel. En plus, Jamel dit s'être inspiré de Cobert donc c'est assez formidable cette réunion des humours.

Et on a découvert une personne qui vient et qui vous parle, qui s'adresse au public et qui va le chercher. Et c'est vrai qu'il y a eu un avant et un après. Christelle Paré, alors vous justement à Montréal, vous connaissez bien le stand-up en tant que voisin justement des Etats-Unis. Comment vous avez vu ça cette arrivée finalement du stand-up en France hier qu'on était bien en retard ?

15:26
Invité

Je ne veux pas dire en retard, ça ne serait pas gentil. Non, en fait, ce sont des dynamiques différentes. C'est une philosophie artistique qui était différente au Québec, qui était différente aux Etats-Unis. Nous, au Québec, on a une espèce de forme d'hybride entre le seul en scène de variété et le stand-up à l'américaine. Même pour nous, ça a été quand même un peu plus long. Mais en fait, c'est d'adapter une nouvelle forme artistique à ce qui est déjà populaire chez nous, ce que les gens sont habitués. Puis, ce changement-là ne peut pas se faire nécessairement du jour au lendemain. Mais quand le public tombe en amour avec cette nouvelle forme-là, c'est sûr que ça le propulse.

Donc, Jamel a fait un travail extraordinaire auprès du public français, auprès du public francophone européen. Et nous, ça s'est fait d'une façon un peu plus différente. Il y avait déjà ces soirées, nous, ce qu'on appelle les soirées d'humour, que vous vous appelez les plateaux, qui étaient déjà en place depuis quelques années, parce que nous, on avait un autre problème au niveau de l'engorgement dans notre industrie. Et c'est vraiment ces plateaux-là qui ont fait en sorte qu'on a développé une faune d'humoristes très, très différente.

16:32
Présentateur

Est-ce que vous diriez aussi, Christelle Paré, que le stand-up a décomplexé finalement beaucoup de vocations ? C'est sorti un peu comme le disait Marie-Adeline, le côté théâtral, on en est sorti pour tout simplement prendre un micro et parler de sa vie.

16:47
Invité

Absolument. Et nous, au niveau de la mise en scène, entre autres, la mise en scène au Québec était très, très léchée, surtout pour les one-man shows, pour les seuls en scène, très, très léchées, lumière, scénographie, vraiment, tout était rythmé, tout était calculé. Et maintenant, avec le stand-up, on est beaucoup plus... Il y a une intimité, en fait, une illusion d'intimité qui nous vient avec le stand-up. C'est qu'on a vraiment l'impression que l'artiste sur scène s'adresse à nous directement. Il est décomplexé. Il n'est pas habillé en carte de mode. Il est là pour nous. Il se tient très, très près aussi.

Les soirées d'humour, les Jamel Comédie Club, les Comédie Club, on n'est pas à 10 mètres de la première rangée sur une scène très, très élevée. Non, non, on est très près du public. Le public nous sent, le public nous voit. Donc, on a vraiment cette illusion d'intimité-là qui fait en sorte que le public est partie prenante du spectacle. Il n'est pas là seulement pour réagir aux blagues. S'il n'est pas là, il n'y a pas cette vibe, il n'y a pas cette énergie qui nourrit les stand-upers et stand-uppers. C'est leur adrénaline et qui donne l'adrénaline également au public.

17:52
Présentateur

Grégoire Führer, vous-même, vous l'avez vu aussi cette arrivée en Europe ou même en France ou dans la zone francophone. Le stand-up, à quel point ça a pu pousser des vocations ?

18:02
Invité

Oui, moi je pense qu'une des grandes vertus de Jamel, ça a été de permettre aussi à toute une population d'accéder au spectacle. C'est-à-dire de pouvoir monter sur scène quand on a 10 minutes à raconter. Et c'est vrai qu'on ne fait pas un spectacle avec 10 minutes, mais ça permet de nous mettre le pied à l'étrier, de tester nos vannes, de tester notre personnalité. Et puis beaucoup ont commencé par 10 minutes pour finalement faire des spectacles qui sont aujourd'hui des choses formidables. Donc je pense qu'il a amené, il a vraiment amené un nouveau public dans les scènes de théâtre. Et ça, c'est vraiment son talent. Après, il y a toujours des différences culturelles.

Nous, on est des latins à la base, on vient de la comédia de l'art. On aime quand même les sketchs construits, on aime les chutes, ce que les Québécois appellent le punch. nous, Anne Romanoff fonctionne toujours très bien aujourd'hui en France, elle ne fait pas de stand-up. Donc moi, je pense qu'il faut respecter les différences culturelles. C'est comme dans l'alimentation, on adore manger une blanquette de veau et on aime aussi aller manger un McDo. Je pense qu'il faut... Voilà, la culture, c'est quelque chose de très personnel. C'est bien une autre culture francophone, latine. On aime aussi les histoires, on aime aussi les duos.

Il y a beaucoup de duos qui fonctionnent très bien en France et qui sont moins dans la culture stand-up.

19:21
Présentateur

Bien sûr, il faut bien expliquer, il y a différentes formes de l'humour. Rapidement, vous disiez, il y a aussi des personnages. Oui, les personnages, parce que c'est vrai que quand le stand-up est arrivé, les humoristes qui incarnaient des personnages, bien sûr, je ne pense pas à le match, je pense à toute la génération d'avant, on est parti un peu plus vers le stand-up où là, on raconte une histoire, on s'adresse à son public, mais le perso revient aussi en force. Il y a toute une nouvelle génération qui arrive avec ce qu'on appelle le perso et qui vient nous raconter des histoires en incarnant un professeur, voilà. Plus comédien, en fait, davantage comédien.

Exactement, et c'est notre tradition française parce que, comme on le verra, je pense aussi, c'est toute cette différence aussi à tradition américaine et exception culturelle française aussi.

19:57
Invité

C'est ça, Serge Roseski. Oui, ce que j'entends, en effet, c'est très intéressant, je trouve que ça touche à la démarche sociale, c'est-à-dire qu'on permet aux gens de s'exprimer. Je suis ravi que les gens s'expriment, c'est merveilleux. Bon, mais du point de vue du rire, du spectateur, de l'émotion magique que peut être un très grand rire pendant une heure et demie ou une heure trois quarts, c'est ça, c'est fantastique. Là, je suis désolé, il n'y a pas grand-chose. Il n'y a pas grand-chose parce qu'il y a très peu de gens capables de faire ça et moi, j'entends beaucoup dire autour de moi que des jeunes, des moins jeunes, il n'y a pas grand-monde qui me fait rire.

Donc, en effet, ça permet aux gens de s'exprimer les contents pour eux mais le public, vous voyez.

20:31
Présentateur

Il faut les inviter à aller dans les salles parce qu'ils ne le diront plus jamais.

20:35
Invité

Si, c'est pas... Je pose simplement la question quelle est la puissance de l'émotion que l'on en attend ? Grégoire Führer, c'est cette émotion qui est belle et magique. Vous vouliez réagir ? Je trouve que c'est quand même délicat de dire qu'on ne peut rire que si on a fait une heure et demie de fou rire avec un humoriste parce que c'est quand même un peu réducteur. Aujourd'hui, par exemple, on a un vrai problème, on a une vraie problématique de nos sociétés de fracturation entre communautés. On a un problème d'un... Enfin, on a tous les problèmes, je ne vais pas vous les citer là et l'humour peut nous aider à faire comprendre des choses. Moi, j'ai fait plein de plateaux ces derniers temps.

J'étais à Marseille dans un endroit incroyable. J'ai fait à Avignon, j'étais à Montréal. J'ai vu beaucoup de jeunes et qui, je trouve aujourd'hui, sont capables de rire de problématiques taboues. Je pense notamment à la walk culture. Au Québec, j'ai vu des choses incroyables sur ce phénomène qui nous arrive. avec des humoristes blancs qui riaient de leurs conditions de blanc, avec dans la même salle des blagues qui riaient aussi de leurs conditions. Et il y avait à la fin de la soirée une espèce de communion formidable.

Alors, je ne dis pas qu'on a passé la soirée à se bidonner pendant une heure et demie, mais il y a eu plein de moments de rire importants dans la soirée qui nous ont fait comprendre un certain nombre de messages et moi, ça m'a touché. Et je suis allé voir les humoristes à la fin et je leur ai dit « Merci de m'avoir fait comprendre certaines choses. » C'est des gars qui ont 20-30 mondes moins que moi et qui comprennent des choses de la société aujourd'hui que je n'ai peut-être pas compris moi-même et qui arrivent à me faire passer un message par l'humour. Et ça, c'est extrêmement précieux. Et prenons ça.

Pas besoin de demander à ce gars ou cette nana de nous faire une heure et demie de fou rire géniaux. ça suffit ce qu'elle a fait cette expression. Et ça, c'est très très important aujourd'hui. Comme je disais tout à l'heure, une personne a encouragé les gens à aller voir des plateaux et aller voir des jeunes humoristes même quand on ne les connaît pas surtout quand on ne les connaît pas d'ailleurs et puis de comprendre la société d'aujourd'hui.

22:38
Présentateur

On va continuer à parler de tout ça et notamment de l'économie avec vous aussi Grégoire Führer et Christelle Paré puisque vous faites partie et maintenant véritablement l'École Nationale d'Humour à Montréal et montre Comédie Club des endroits importants et qui comptent. On va voir ça. Pourquoi dans un instant son poids économique dans l'humour et bien c'est dans le débat de midi. Les Australiens de Parcells qui sont bons l'été avec Febus sur Inter. France Inter Jean-Mathieu Pernin Le débat de midi On parle humour dans le débat de midi et notamment son poids économique est-il devenu véritablement une valeur sûre ?

Alors Christelle Paré je rappelle vous êtes directrice pédagogique de l'École Nationale de l'Humour à Montréal vous êtes la première chercheuse canadienne sur l'industrie de l'humour est-ce qu'on peut dire à l'intérieur du spectacle vivant l'humour est devenu véritablement un poids économique important ?

26:47
Invité

Absolument.

En fait ça dépend un peu où vous vous trouvez mais si on regarde les grandes industries sur la planète que sont l'Europe francophone le Québec on pourrait dire le territoire nord-américain parce que le Canada anglais est plutôt absorbé par le marché américain et la Grande-Bretagne et le Commonwealth définitivement là on a vraiment une industrie qui est institutionnalisée donc on a chacune des étapes qui sont assez claires dans le business on sait qui fait quoi donc quelle est la différence entre un gérant avec un agent avec un producteur on a une ligne directrice il y a des façons il y a des protocoles de faire pour monter une carrière pour rouler même à travers cette business-là donc les règles sont assez claires les gens se connaissent il y a un milieu ensuite on va dans d'autres territoires qui sont en train de s'institutionnaliser ce qui n'est pas encore tout à fait clair je pense que M.

Fureur connaît un peu ce marché-là aussi

27:44
Présentateur

on va en parler avec lui

27:45
Invité

exactement et moi aussi je connais un peu plus mais au niveau de l'Europe de l'Est et de l'Asie donc on voit que ça se constitue bien mais oui de plus en plus c'est quelque chose qui prend une place et comme mon autre collègue le mentionnait tout à l'heure la place à la télé dans les médias maintenant on essaie vraiment d'aller chercher du 360 au niveau des humoristes et en même temps c'est bien normal parce que ce sont des communicateurs et des communicatrices hors pair ce sont des personnes qui peuvent réagir ce sont des personnes qui ont toujours cette dégaine qui peuvent rebondir sur des sujets et c'est ce qu'on s'attend d'eux donc ça en fait des invités extraordinaires pour toutes sortes de plateformes

28:30
Présentateur

Grégoire Führer avec le Montreux Comédie Festival qui a été fondé en 89 j'imagine qu'économiquement vous avez vu une évolution aussi importante de ce milieu

28:39
Invité

oui alors évidemment dès qu'un art devient majeur se pose la question de l'économie qu'il y a derrière mais je pense que par contre en Europe on n'est pas du tout en tout cas on n'est pas encore aussi structuré que le Québec et d'ailleurs l'école nationale de l'humour de Montréal a 30 ans il n'y a pas d'équivalent en Europe pour l'instant nous on a créé dans le cadre du Festival d'Hilarious les états généraux de l'humour et ça c'est quelque chose de très important les états généraux de l'humour francophones justement pour organiser un peu la filière et surtout que la filière s'auto-organise d'une certaine manière mais vous voyez il n'y a pas par exemple nous aujourd'hui les producteurs d'humour dépendent du CNM qui est le centre national de la musique il n'y a pas le mot humour dans le CNM et aujourd'hui clairement les acteurs les producteurs humoristiques les festivals d'humour sont les parents pauvres du CNM et il y a vraiment quelque chose à évangéliser à éduquer parce que les producteurs de musique ne comprennent pas forcément la problématique des producteurs d'humour vous parliez dans l'extrait d'ouverture qu'il fallait un humoriste un micro ça ne coûte pas cher c'est ce que tous les producteurs de musique pensent en pensant à l'humour mais on est loin de cette réalité là il y a énormément de travail en amont qui est très peu structuré et très peu soutenu et par exemple un jeune humoriste se retrouve souvent très seul pour démarrer sa carrière répéter son spectacle tester ses vannes sa personnalité il n'y a pas de structure contrairement à ce qu'on pense de structure très de filière très structurante pour ça donc c'est un peu tout le monde se débrouille avec les moyens du bord et ça ça manque en Europe francophone et ça il faut absolument l'amener et puis après il y a tout effectivement l'industrie de la télévision l'industrie du web qui sont des industries très parallèles et qui dépendent d'autres organismes aussi la télévision c'est on va en parler c'est voilà c'est CNC etc il y a beaucoup de choses à organiser avant de parler de structure de l'humour

30:33
Présentateur

Christelle Paris vous vouliez réagir

30:35
Invité

oui en fait ces structures-là sont plus ou moins organisées selon les endroits mais disons que la France est quand même loin devant la Suède et la Norvège si je peux me le permettre il y a quand même de bons points là-dedans mais il y a un aspect au Québec qu'il faut quand même mentionner c'est qu'on est une toute petite population comparativement à la France donc pour nous s'organiser ça s'est fait quand même assez vite tout se passe à Montréal et bien tout se fait assez vite ça fait maintenant 40 ans que notre industrie c'est vraiment c'est pris en main si on peut dire qui a installé son propre son propre modus operandi autant économique qu'artistique et qui est comptuellement en changement et qui s'adapte mais ça s'est fait sur 40 ans

31:16
Présentateur

oui c'est ça

31:17
Invité

et les 10 dernières années ont bougé beaucoup mais je comprends M. Fureur en tant que directrice de l'école directrice pédagogique mais aussi comme personne qui est dans le milieu depuis déjà 15 ans des histoires d'horreur d'artistes qui ont passé par des gérants des producteurs en musique parce qu'ils voulaient se lancer en humour pour faire un nouvel investissement financier ou encore des gens qui venaient du théâtre et du cinéma puis dire je vais prendre un humoriste je vais essayer de monter sa carrière mon dieu des histoires d'horreur comme ça on en connait Justement

31:51
Présentateur

pour rebondir à ça on parle de producteurs il faut penser que là je parle je mets de côté tout ce qui est internet etc qui est une autre économie une autre façon d'aborder cette profession on parle de profession aussi je parle des gens qui vont dans les salles qui essayent de monter leur spectacle très très peu sont produits c'est à dire que là on parle d'une infime minorité être produit c'est le graal quand ça se passe bien je suis d'accord avec notre intervenance c'est à dire que vous êtes en train de nous dire aussi qu'il faut faire attention au revers de la médaille c'est à dire que l'humour c'est démocratisé il y a une industrie d'humour mais tout le monde ne remplit pas les salles de Gadelmalet c'est plus que ça je pense qu'en fait il faut aussi protéger les personnes on ne peut pas les faire miroiter que tous ces gens-là deviendront parce que deviendront célèbres ou même c'est à dire que faire rire c'est aussi comment dire se livrer c'est des personnes aussi parfois qui peuvent en sortir détruites parce qu'on investit de l'argent par exemple une salle ça coûte cher vous voulez louer une salle c'est 120 euros imaginons je vous donne une petite salle 120 euros vous jouez pendant un mois vous sortez avec une ardoise parce que tous les soirs c'est se dire ah j'ai 4 personnes dans ma salle est-ce que je joue est-ce que je joue pas si je joue je perds de l'argent et tout ça on n'en parle pas c'est des gens qui impriment avec je ne veux pas misérabiliser mais qui impriment avec leurs économies les flyers et puis après une heure après qui vont dans la rue récupérer les flyers dans les poubelles ou par terre parce qu'un flyer ça coûte cher c'est aussi ça cette économie pour remplir les salles il faut en parler c'est une réalité c'est une réalité c'est ça oui ça a toujours été comme ça et ça continue Serge Josinski pourquoi votre avis aujourd'hui vous qui parliez tout à l'heure du grand rire pourquoi aujourd'hui les français et on le voit ce presse notamment que ça soit en salle ou télécharge des spectacles d'humour ou vont même regarder des spectacles étrangers ça veut dire pourquoi aujourd'hui cette société a vraiment besoin de rire est-ce que c'est parce que c'est sombre la qualité est sombre parce que l'époque n'est pas drôle ou il y aurait autre chose derrière d'après vous

33:49
Invité

je suis moins qualifié que mes amis invités pour répondre à cette question d'abord on dit ça mais en fait je pense que les gens ont toujours beaucoup aimé le rire chaque année on dit ça sans arrêt que les gens aiment rire forcément moi je ne suis plus un perdant de l'année hors du temps de canuche les gens hurlaient de rire comme des malades et étaient fous de lui donc je ne pense pas tellement que ce soit vrai j'en reviens toujours à mon histoire allez-y allez-y et encore une fois c'est ce que disait Marie-Aldine Marie-Aldine c'est ça c'est que ça a toujours été dur de produire des shows des spectacles des one man shows et il y a les très bons qui arrivaient grâce à ce sacré bouche-oreille ou parce qu'ils trouvaient un producteur qui vraiment mais c'est normal c'est tout à fait c'est un décrémage normal la très grande qualité passe la moindre qualité passe pas c'est tout c'est la règle du spectacle c'est tout mais c'est bien normal quelqu'un va sur scène le rire est le propre de l'homme alors si on le galvaude si le rire est un tout petit machin il n'y a plus de propre de l'homme et Rabelais Rabelais plaire plaire plaire avant tout donc il faut que l'artiste soit très très bon qu'il sorte le max de lui qu'il travaille un max qu'il soit super bon super bon et puis s'il est super bon il trouvera sa voix

35:01
Présentateur

oh ça serait merveilleux ah si si si attendez moi j'ai commencé j'ai commencé attendez j'ai commencé

35:05
Invité

il y a un certain temps et j'ai vu les très très bons les très très très très peu forcément c'est pas des bataillons c'est pas des dizaines et des centaines ou des milliers même si au plan social c'est merveilleux que des milliers s'expriment encore une fois même des dizaines de milliers mais pour donner ces énormes émotions aux gens il y en avait très très peu et moi j'ai vu les très bons avec qui j'ai commencé Elikaku par exemple ils ont percé point barre

35:30
Présentateur

oui c'est ça

35:30
Invité

c'est tout

35:31
Présentateur

alors Christelle Pare vous vouliez réagir

35:33
Invité

oui ben je suis désolée de devoir peut-être un peu briser les rêves de monsieur Jotinsky mais ce n'est définitivement pas une méritocratie le monde de l'humour définitivement pas oui il y a des personnes qui perdent c'est qui parce qu'elles sont bien accompagnées parce qu'elles ont du temps de scène et ça c'est tellement important elles ont le temps elles sont capables elles ont l'argent comme le disait Marie-Aldine tout à l'heure de pouvoir avoir accès à la scène de pouvoir pratiquer mais s'ils sont très bons ils le trouvent s'ils sont très très bons ils le trouvent non c'est pas toujours si facile c'est très très dur c'est très très dur vous avez raison mais c'est pour ça attendez attention c'est très très dur si vous pouvez me laisser allez-y allez-y Christelle Pare parce que justement il y a tellement de bons artistes il y a tellement de personnes qui se battent pour avoir ce 5 minutes sur une soirée dans un plateau ce qui fait en sorte que ceux qui perdent pour une bonne partie il y a deux choses oui il y a trois choses oui le talent bien évidemment ensuite le casting le casting est très important c'est ce qui va faire en sorte qu'un producteur qu'un gérant qu'un agent va faire ah lui elle elle a une voix différente elle a quelque chose je vais continuer avec elle je vais l'accompagner je vais investir ça c'est tellement important dans la continuité d'un artiste quelqu'un qui croit en son talent et qui investit pour faire en sorte que cette personne-là devienne meilleure mais dans le rire le talent est évident le talent est évident dans le rire si vous voulez et finalement il y a la persévérance il y a la persévérance chez nous ça peut prendre c'est la même chose aux Etats-Unis c'est la même chose en Grande-Bretagne ça peut prendre entre 10 ans au moins 10 ans à 15 ans avant de réellement être capable d'accéder à un large public et avant de vraiment pouvoir vivre

37:08
Présentateur

ah madame vous connaissez mieux attendez Serge laissez terminer s'il vous plaît

37:13
Invité

donc oui c'est ça c'est extrêmement difficile de pouvoir vivre de son art assez rapidement ou au moins d'avoir accès à un public très très large au-delà de sa ville au-delà des salles de moins de 100 personnes donc là-dessus je suis un peu avec Marie-Adeline c'est vraiment la croix et la bannière ceux qui passent au travers des mailles du filet c'est pour plusieurs raisons mais pas seulement que pour le talent ça c'est sûr

37:36
Présentateur

voilà en tout cas une leçon donnée par la directrice pédagogique de l'école nationale de l'humour c'est gratuit en plus juste une chose on va juste avancer sur un point tout à l'heure Marie-Adeline Grégoire Fuert disait moi je ne trouve pas aujourd'hui qu'il y a trop d'humoristes je ne pense pas d'ailleurs qu'ils parlent tous de la même chose et pourtant on a l'impression tout de même avec cette industrialisation du rire en France est-ce que ça peut aussi nuire à la qualité en gros est-ce que c'est comme un buffet gratuit on se dit plus il y en a mieux c'est ou au contraire le fait qu'il y ait une masse plus importante ça fait nuire à la qualité alors je pense que ni l'un ni l'autre c'est-à-dire que la qualité pour moi elle est là et ça nous permet alors effectivement plus il y en a plus on va en voir et effectivement dedans tout le monde n'est pas bon tout le monde c'est vrai que certains effectivement se lancent sans peut-être avoir ni l'expérience ni les capacités ni les textes surtout parce que ce qui est important aussi c'est c'est de ne pas arriver voilà il y a du stand-up avec des fulgurances mais il y a aussi des textes parce que tout ça c'est pas improvisé il y a des auteurs derrière certains qui se lancent avec des auteurs certains qui se lancent seuls et qui sont des incroyables c'est-à-dire pas obligatoirement des auteurs plus des incroyables interprètes c'est ça et qui n'ont pas les personnes pour les accompagner c'est pour ça que j'étais totalement d'accord avec notre invité qui disait de s'entourer de savoir s'entourer mais je pense que la qualité est là et la qualité elle est formidable il y a des choses incroyables mais effectivement il faut aller les découvrir Grégoire Führer vous êtes d'accord avec ça parce qu'on a l'impression de temps en temps quand on fréquente un peu les salles c'est que les mêmes thèmes par exemple reviennent souvent dans les sketchs alors est-ce que ça veut dire qu'il y a trop d'humoristes ?

39:15
Invité

Non je reste sur ce que j'ai dit au début il n'y a pas trop d'humoristes après il y a 10-12 artistes qui deviennent des stars par génération et vous pouvez en avoir 2000 qui commencent 10 000 15 000 là je suis totalement d'accord avec Serge je pense qu'à un moment donné il y a un écrémage qui se fait et plus il y a de monde qui est à l'entrée et plus il y aura de déçus mais à la fin vous avez toujours 10-12 artistes par génération et on ne peut pas apprendre à être drôle on est drôle ou on ne l'est pas ça correspond aussi à des périodes et des fois on a besoin d'une certaine drôlerie une autre période nous demande une autre drôlerie l'école nationale de l'humour à Montréal n'apprend pas à être drôle si vous n'êtes pas drôle vous pouvez faire l'école nationale de l'humour à Montréal et ne pas y arriver par contre elle va vous apprendre des techniques elle va vous apprendre comment écrire comment jouer elle va apprendre plein de choses qu'on peut aussi d'ailleurs apprendre au cours Florent à Paris parce qu'avant de monter sur scène il faut savoir être comédien et tenir une scène ça s'apprend à une école de comédie mais être drôle ou pas être drôle c'est un état qu'on a ou qu'on n'a pas et ça malheureusement il y a plein d'artistes qui démarrent en espérant y arriver et ils n'y arrivent pas parce qu'il leur manque cette petite flamme comme dans tous les grands arts il y a 10 pianistes extraordinaires et il y en a peut-être 150 000 qui font des cours de piano après il y a effectivement la persévérance il y a aussi le fait de faire une carrière d'avoir envie de gérer la partie médiatique moi j'ai connu plein d'artistes qui avaient beaucoup de talent mais qui n'avaient pas envie de monter à Paris pour faire le le chabada médiatique c'est ça rester dans leur province et c'est avoir un théâtre et faire plein de choses Serge Wozinski j'étais déjà très d'accord avec Edouard je le suis encore plus il y a un truc très particulier dans l'art comique il faut bien comprendre c'est qu'il est tout de suite quantifié par le public vous pouvez être un fantastique tragédien tout le monde dort à la sortie ils vont dire c'était merveilleux le comique vous avez un truc magique c'est que vous avez tout de suite à chaque instant la valorisation du public par la puissance du rire d'accord un type ou une femme qui est drôle vous le savez tout de suite tout de suite vous savez si vous allez être un bon comique ou un grand comique ou pas vous le savez tout de suite voilà quasiment tout de suite donc vous voyez alors et ces gens là comme disait madame Paré il faut qu'ils aient du bol après ils trouvaient des producteurs machin machin mais si vous montez sur scène et que les gens sont pétés de rire pétés de rire bah il faut continuer si vous montez sur scène et que les gens sont pas se marrent pas bah vous allez ramer comme des malades là vous allez faire toutes les écoles de l'humour la règle est simple en fait finalement la règle est très simple moi je dis aux jeunes Dieu sait j'ai un immense respect pour madame Paré c'est une école nationale d'humour du Canada mais moi quand on me le demande en France et moi je suis une particulière moi je ferais dans le monde dans le monde c'est ça c'est très très drôle parce que moi en plus on me paie pour faire on me paie vous vous rendez compte les entreprises me paient pour régler leurs problèmes il faut que ce soit drôle parce que c'est pas drôle tout le monde sort ils ont des cas ils se courent et ils sont furacs c'est tout donc je dis lorsqu'un jeune me demande ah j'aimerais être comique je lui dis tu vas sur un marché tu vends des fromages ou des chaussures et si tu as 50 personnes autour de toi à péter de rire pendant une heure bah la mec ou nana t'es un comique sinon attention tu vas ramener

42:22
Présentateur

juste un mot tout de même aussi qui revient souvent c'est une question Marie-Hélène Girard est-ce que cette profession excusez-moi je voulais juste compléter juste ce qui vient d'être dit mais en une phrase parce qu'en fait vous m'avez coupé dans l'élan je suis vraiment navrée j'avais une question incroyable à vous poser mais vous la poserez juste après mais c'est justement je pense que le problème est là c'est que si c'était si simple et si on dit aux personnes si vous êtes drôle dans la vie vous serez drôle sur scène c'est les envoyer à l'échafaud parce que malheureusement il y a des textes derrière

42:50
Invité

qu'ils aillent sur un marché qu'ils aillent dans la rue s'ils font marrer tout le monde ils sont drôle dans la vie

42:54
Présentateur

mais ce ne seront pas des humoristes c'est un métier

42:56
Invité

non s'ils sont sur un marché et qu'il y a plein de gens autour d'eux ils créent leur public c'est fabuleux

43:03
Présentateur

alors

43:03
Invité

c'est ça le commun

43:04
Présentateur

attendez ce qu'on va faire moi aussi je vais prendre mon temps vous avez bien raison on va écouter un peu de musique son répertoire lui est inspiré du blues des musiques cajun et du folklore haïtien c'est une artiste à suivre véritablement sans faute Leila Makala avec Dodinin sur France Inter

43:22
Invité

Le choix de Juliette

45:39
Présentateur

l'orphelin programmatrice sur Inter France Inter débat de midi

45:48
Invité

Jean-Mathieu Pernin bienvenue dans mon salon bonjour à tous petite vidéo à l'ancienne parce que moi je suis ancien j'aurais pas dû dire ça c'est trop négatif tu pourras couper le montage est-ce qu'on pourra couper cette partie en vrai ça fait longtemps et ça me fait super plaisir dans la vie comme beaucoup de gens j'ai plein de petites habitudes plein de petites manies parfois stupides je me suis dit tiens ça pourrait faire un bon sujet de vidéo pourquoi pas alors soit vous allez me dire tiens c'est marrant moi aussi je fais comme toi ou alors vous allez peut-être me dire bah mec t'es complètement ouf personne fait ça en fait

46:22
Présentateur

mais t'es pas net non ?

voilà une vidéo signée Norman Marie-Anne il est vrai que alors lui est-ce que là on arrive avec ses humoristes du web puisque c'est comme ça lui en plus maintenant monte sur scène finalement la finalité aussi de cette industrialisation du rire dont on parle depuis midi ça veut dire qu'aujourd'hui directement le rire disponible depuis un téléphone portable le rire pour tous par tous le rire pour tous par tous mais Norman c'est un très très bon un très très bon exemple parce que justement lui est devenu une star incroyable sur les réseaux sociaux avec une communauté de dingues qui se chiffre en millions et ensuite il est monté sur scène et ensuite il s'est mis en danger parce que ce qu'on disait aussi tout à l'heure par rapport au fait d'avoir 10-12 personnes qui vont exploser comme ça par génération c'est que ces gens-là ils y arrivent mais on ne reste pas là-haut ils se mettent en danger constamment à chaque nouveau spectacle il y a une nouvelle tentative enfin comment dire on ne peut pas rester et se dire ça y est on y est arrivé c'est pour ça qu'on voit des gadets de malais mais j'en ai tellement à citer notamment aux Etats-Unis moi j'étais allée Judas Friedlander par exemple c'est un humoriste de stand-up que j'adore et je vais aux Etats-Unis dans une petite enfin le comédie c'est l'art qui est très connu mais qui est une petite salle et là on le voit t'as l'impression qu'il n'a plus rien à prouver etc il est là il vient tester ses vannes etc ils se remettent en danger constamment je trouve ça formidable Christelle Paré est-ce qu'en effet internet le web a été un accélérateur dans ce qu'on peut appeler cette invasion de l'humour mondial

47:52
Invité

absolument chez nous en tout cas dès le début des années 2000 vraiment il y a eu ça l'a forcé l'industrie et ça c'est merveilleux ça l'a forcé les producteurs et les grands investisseurs de l'industrie à changer et à réinvestir dans la jeunesse parce que pendant un bout de temps nous durant les années 2000 on avait d'excellents humoristes nos 10-12 par génération comme on dit qui roulaient très bien qui en étaient rendus à leur troisième quatrième one man one woman show et on ne recrutait plus de nouveaux talents on avait un peu comme fermé les portes et arrive internet arrive YouTube les réseaux sociaux Facebook Twitter et autres de ce monde et là les producteurs n'ont pas eu le choix que de constater qu'on avait de nouvelles voix et que ces gens-là étaient suivis par un public qui était déjà gagné d'avance et là on a fait ok d'accord on va se tourner vers ces gens-là on va se tourner vers ces nouveaux contenus et ça l'a aidé énormément au niveau de la diversité de contenu parce qu'on se disait ah ben non madame Tremblay en région elle ne va pas aimer ce genre de truc-là c'est trop urbain on ne pourra pas vendre ça on ne pourra pas faire de grandes tournées et là on se voyait non non non les chiffres sur Facebook ne mentent pas tel artiste a vraiment des fans un peu partout au pays donc on y va et on investit donc ça l'a aidé énormément au niveau des investisseurs parce qu'il ne faut pas oublier ça aussi ça reste un investissement c'est une prise de risque quand même importante

49:18
Présentateur

est-ce que vous diriez voilà est-ce que aussi au Canada vous parlez voilà vous venez de le dire le mot investisseur pour l'humour est-ce que vous diriez qu'en France on a un peu de mal à le dire à parler de cet argent que peut rapporter l'humour et que ça devienne une économie

49:32
Invité

je ne voudrais pas je ne voudrais pas mettre des mots dans la bouche de mes collègues surtout pas avec Grégoire Führer qui est beaucoup plus dans le quotidien d'investissement que moi

49:40
Présentateur

vous le voyez depuis votre travail de chercheuse

49:41
Invité

oui bien sûr bien sûr donc c'est sûr que c'est un investissement qui est colossal il ne faut pas l'oublier aussi il y a tellement d'argent à mettre avant la production d'un show qui va rouler pendant 75-90 minutes pendant un an deux ans trois ans c'est énormément d'argent à mettre à l'avance il y a les auteurs il y a les metteurs en scène il y a la publicité il y a des relationnistes il faut convaincre les salles de spectacle il faut vendre le billet donc avant même qu'on ait quelqu'un dans la salle qui s'assoie qui est payé pour son billet il y a énormément d'argent qui a été engrangé donc c'est sûr qu'à un moment donné il faut faire des choix des choix qui sont difficiles pour les investisseurs mais vraiment les réseaux sociaux ont aidé à réconforter les investisseurs

50:26
Présentateur

Grégoire Führer parce que je voudrais qu'on l'entende tout le monde aussi est-ce que pour vous vous assumez clairement d'être une industrie de l'humour

50:33
Invité

non nous on est une industrie culturelle industrie créative et culturelle il y a le mot créatif et culture dedans qui est très important donc il faut faire attention quand j'entends beaucoup ma collègue québécoise moi j'adore le Québec je vis à moitié du temps au Québec ma femme est québécoise donc je connais très très bien l'économie québécoise il faut pondérer les choses un petit peu aujourd'hui c'est pas vrai que avant pour démarrer un spectacle d'abord il faut avoir quelque chose à dire d'abord il y a un talent et nous nous sommes des accompagnateurs de talent on n'est pas des producteurs on fait pas la pluie et le beau temps il faut aussi couper un peu ce mythe du producteur bienveillant qui va tout faire le pauvre artiste s'il est découvert par un producteur ça va marcher pour lui s'il n'est pas découvert par un producteur ça va pas marcher pour lui ça c'est fini ça c'est les années 80 aujourd'hui 80% des humoristes en France ils s'autoproduisent et ils ont envie de s'autoproduire et ça va de Gad Elmaleh qui s'autoproduit depuis toujours Romane Fressinet jeune humoriste qui vient de sortir de l'école nationale de l'humour de Montréal et qui s'autoproduit alors qu'il n'a pas 25 ans donc c'est ça la réalité aujourd'hui d'abord c'est des talents et c'est d'abord avoir envie de dire quelque chose et effectivement ce quelque chose il faut commencer par le dire dans une petite salle devant 100 personnes et puis ensuite ça va grandir il y en a qui arriveront à remplir des zéniths et d'autres qui n'y arriveront pas et c'est correct

51:47
Présentateur

c'est ça aussi qu'il faut faire comprendre en effet une chose tout de même aussi intéressante à savoir Marie-Aldine Girard ce sont bien ces humoristes en effet qui ont des auteurs même à la télévision et il y a un prix il y a une économie de ça de ces auteurs aujourd'hui ça veut dire qu'on paye cher un auteur ?

Oui on le paye cher mais c'est vrai que la France alors encore une fois c'est pas là du retard en tout cas c'est différent en France par exemple aux Etats-Unis il y a des auteurs pour tout je me souviens il y a quelques années quand ils se sont mis en grève le monde s'est arrêté aux Etats-Unis en France c'est différent mais on existe on a mis du temps à être reconnu mais par exemple ça se vend même on va dire sous le manteau le nombre de fois on m'a dit bon bah tiens j'ai vendu cette punchline des copains par exemple qui se sont lancés sur des plateaux en stand-up et puis après ça n'a pas marché pour eux mais ils avaient quelques bonnes vannes quelques bonnes punchlines ils vendaient la vanne donc il y a marché de la vanne mais évidemment parce qu'il y a des marchés du sketch on vend des sketchs en entier mais on vend aussi une vanne nombre d'humouristes qui ont réussi à faire une carrière sur un sketch ça peut aller jusqu'à combien une vanne ?

ah ça je ne connais pas ça mes collègues le diront mieux je sais que par exemple j'ai un pote qui l'a vendu 150 euros sa vanne je pense qu'il l'a mal vendu mais je ne connais pas bien l'économie

53:04
Invité

15 millions d'euros 15 millions d'euros 15 millions d'euros 15 millions d'euros moi j'étais plutôt sur 150 euros ça dépend il y a des dérivés de vanne aussi

53:13
Présentateur

le principal c'est surtout de ne pas la voler à l'eau on sait à quel point ça peut jouer bien sûr une dernière chose Serge Kroninsky vous qui tournez dans le monde entier vous allez voir des entreprises dans le monde entier vous diriez que là on a parlé du Québec on était aussi en Suisse tout à l'heure il y a un rire universel ?

53:29
Invité

ah oui il y a un rire universel alors à partir du moment si vous voulez le rire doit être dans le même modèle le même modèle il y a la même idéologie vous voyez exemple si vous êtes ultra libéral et que vous avez des communistes ça va être dur et réciproquement bon en revanche moi j'interviens dans l'entreprise dans le monde entier l'entreprise est un modèle universel vous savez il y a Shanghai il y a Johannesburg à Londres etc il y a le même modèle c'est la même entreprise oui et les mêmes sujets de gamme de prix de marge d'équipe etc et lorsqu'on traite les sujets les tensions des gens les peurs les incompréhensions de ces gens dans le monde entier les sentiments sont les mêmes

54:04
Présentateur

c'est les mêmes

54:04
Invité

quand vous avez exprimé comprendre ces sentiments et les exprimer et bien c'est le même vous faites rire aussi bien un Kazakh qu'un Arabe d'Arabie Saoudine qu'un Argentin qu'un Américain et c'est ça qui est assez passionnant qu'un Rwandais

54:16
Présentateur

en tout cas merci beaucoup Serge Goudinski d'être passé par le débat de midi merci à Grégoire Führer merci Marie-Adeline Girard et Christelle Paré d'avoir également participé une émission et bien préparée par Stéphanie Valois assistée d'Anaïs Poncin et bien mise en son par Genab Sangaré et réalisée par Théo raison la programmation musicale Juliette L'Orphelin demain on parlera et bien des tubes de l'été est-ce que vous êtes capable de savoir qu'il y a les tubes de l'été de cette année moi non on va voir pourquoi ils ont disparu à demain dans le débat de midi et bien des tubes de l'été

54:48
Locuteur

et bien des tubes de l'été et bien des tubes de l'été