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Podcast / conversationTribunes ESCP· 25 mars 2026 88 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiRetraitesÉconomie & entreprisesSanté

Tribunes ESCP reçoit Jean-Pierre Farandou (Ministre du Travail et des Solidarités)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 81 %Attaque 7 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 14:54OuverteRéponse directe

    Comment faire pour lever le frein de l'expérience à l'embauche et accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle ?

  • 20:19OuverteRéponse directe

    Quelle vision avez-vous du monde du travail de demain et quelle action engagé dès aujourd'hui pour empêcher un potentiel chômage technologique ?

  • 26:18OuverteRéponse directe

    Comment proposez-vous de faire une utilisation plus efficace du budget alloué à la formation ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Quelles priorités doivent être fixées pour mieux protéger la santé des travailleurs ?

  • 36:36OuverteRéponse directe

    Comment rendre le CDI plus accessible aux salariés ?

  • 40:45OuverteRéponse directe

    Comment faire pour instaurer un dialogue social efficace et parvenir à des compromis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 22:11Fait
    « L'IA, rien ne l'arrêtera. C'est un tsunami l'IA. »
  • 23:25Promesse
    « Il faut former 15 millions de français d'ici 2030. »
  • 45:36Chiffre
    « Le nombre de salariés payés au SMIC est passé de 9,8 % en 2010 à 14,6 % en 2024. »
  • 50:56Fait
    « faut passer par la loi parce que la loi est très protectrice en matière de données. Donc, faut la loi nous autorise à croiser des bases de données. »
  • 51:00Fait
    « On a besoin de desserrer un peu les contraintes de protection individuelle. »
  • 51:08Fait
    « il suffit de croiser par exemple le nombre de salariés déclarés par une entreprise avec son chiffre d'affaires pour vite voir des aberrations. »
  • 51:15Fait
    « Une fois que vous avez identifié et voilà à peu près les avec une probabilité forte d'une entreprise qui est fraudeur, il suffit d'envoyer les contrôleurs chez elle et vous faites bingo à tous les coups quoi. »
  • 51:29Fait
    « l'IA peut aider très vite en screenant à repérer euh les entreprises à forte probabilité de fraude et ça renforce du coup le la capacité de fraude. »
  • 52:03Promesse
    « je vais présenter d'ailleurs dès la semaine prochaine je continue la présentation de ces lois et je la défends au parlement. »
  • 52:06Promesse
    « Je vais demander une mesure qui va permettre de bloquer les comptes des entreprises très vite pour être en capacité de récupérer l'argent. »
  • 53:16Fait
    « Pourquoi c'est comme ça ? Pourquoi cette malédiction ? Bah, c'est une malédiction française, hein. »
  • 59:38Promesse
    « une tranche de capitalisation notamment pour des jeunes comme vous qui pourraient démarrer assez vite avec en mettant un peu de sous sur un compte peut-être abondé par l'entreprise dans laquelle vous travaillez. »
  • 1:17:02Chiffre
    « Est-ce que vous avez une idée du nombre de master 2 en droit de l'homme ? 500 par an au maximum on en a besoin de 50. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

5:20
Locuteur

Il a été nommé ministre dimanche à l'un des postes les plus importants, ministre du travail et des solidarités en charge du dossier explosif. des retraites longtemps patron de la SNCF où il a fait toute sa carrière. Moi je suis pas partisan mon seul parti c'est les françaises et les français au fond j'ai préféré être dans l'action sur le terrain plutôt que de rester spectateurs ou commentateurs dans les tribunes. En ce moment on est quand même écrasé par les Américains de côté qui veulent pas qu'on exporte chez eux et les Chinois c'est le contraire qui veulent beaucoup exporter chez nous. Je trouve que dans les situations où nous sommes, l'économie française résiste.

On voit bien que ce qui a manqué, c'est une adhésion populaire assez forte, que les Français trouvent le système juste équitable et qui leur conviennent en comprenant quand même que l'argent qui finance les retraites, il vient du travail. La prochaine campagne présidentielle, elle sera sociale. Il faudra par les retraites, il faudra par sécurité sociale. Et on peut penser que le débat démocratique tranchera le modèle de protection que les Français souhaitent pour leur pays. Moi ce qui m'intéresse donc président Kolis, ben c'est la concurrence hein qui don va donc arriver sur les ter l'ouverture de la concurrence qu'elle a cassé, vous l'avez dit, le système de la péréquation à la française.

Ben là où on gagnait de l'argent, ça permettait d'assurer un service là où on en perdait. C'était ça le principe. Moi, je suis un homme de dialogue et de discussion. Donc je ne rentre jamais dans un débat avec des positions archifmées, sinon c'est pas la peine de discuter. Je ne suis pas dans le rapport de force, je suis dans la discussion et l'échange et la capacité à dégager des consensus.

6:42
Non speech

[musique]

7:33
Locuteur

Bonsoir à toutes et à tous. Ce soir, Tribune a le plaisir et l'honneur d'accueillir monsieur Jean-Pierre Farendou, ministre du travail et des solidarités et ancien président directeur général de la SNCF. Monsieur le ministre, merci. sincèrement d'avoir accepté notre invitation et de vous prêter à cet échange qui s'inscrit dans la continuité des rencontres que nous avons à cœur d'organiser au sein de tribune. Nous remercions également chaleureusement nos partenaires, le SCP Business School, la maison de champagne Rémy Massin et la maison Lavoisier maroquinier pour leur précieux soutien.

Avant de commencer, nous vous invitons à mettre vos téléphones en mode silencieux et vous rappelons que toute sortie est définitive. Mesdames et messieurs, nous vous souhaitons une excellente conférence et je laisse la parole à Cédric de Nirémi.

8:17
Non speech

[applaudissements]

8:22
Locuteur

Mesdames et messieurs, chers collègues, chers collègues professeurs, chers étudiants, je serais extrêmement bref évidemment souhaiter la la bienvenue à notre ministre mais également féliciter l'association tribune et les étudiants pour leur engagement. Donc je vais vous demander qu'on les applaudisse.

8:38
Non speech

[applaudissements]

8:40
Locuteur

Voilà. et vous êtes venu évidemment pour écouter les questions qui vont être posées à notre à notre ministre. Et euh donc je vais laisser tout de suite la parole à nos étudiants et encore merci monsieur le ministre pour votre présence.

8:51
Non speech

[applaudissements]

8:58
Locuteur

Monsieur le ministre, j'ai une bonne nouvelle. La France a gagné le tournoi des six nations. Mais ça, monsieur Farandou, vous le saviez déjà. Car avant d'être ministre, vous êtes aussi et peut-être d'abord un grand amateur de rugby. À croire que vous avez mené toute votre vie comme un match en 80 minutes. Le coup d'envoi est donné en 1957, année de votre naissance dans cette magnifique ville qui est Bordeaux. Vous grandissez dans une ambiance sportive partagée entre le football et le rugby. Et pendant cette enfance, vous restez sur le banc, admirant le sport sans vous y projeter vous-même.

À 19 ans, après des études au lycée Michel Montagne à Bordeaux, vous intégrez l'école des mines de Paris. L'arbitre siffle et annonce un changement. Monsieur Farandou entre sur le terrain. Paris, Tour, Bruches, Saint-Pierre des Corps. Vos études et votre début de carrière vous font voyager, mais vous gardez le ballon au oval dans votre valise. À la 20e minute, en 1981, vous recevez votre premier ballon. Vous entrez à la société nationale les chemins de fer français comme chef de gare. Le début d'une longue partie dans cette maison que vous allez apprendre à connaître de l'intérieur, poste après poste, match après match. 10 minutes plus tard, en 1993, vous accélérez franchement le jeu.

Vous prenez la direction de Talis International, la filiale du groupe SNCF chargé de la liaison Paris-Bruxelles. Vous suivez notamment de près le projet de la ligne Paris-L. Cette fois, plus de doute, vous avez trouvé l'ouverture et vous marquez un premier essai. L'essai est d'ailleurs transformé. Vous poursuivez votre course en prenant la tête de l'entité régionale Ronalpe avant de rejoindre Keolis en 2004. Et là, on commence à voir se dessiner votre style. Pas forcément celui qui fait le plus de bruit, mais très clairement celui qui fait avancer l'équipe. Car votre poste finalement, c'est celui des avants.

La première ligne, ceux qui vont au contact, qui travaillent dur, souvent sans lumière mais sans qui rien n'avance. Dans ce rôle, vous devenez peu à peu un joueur essentiel du collectif SNCF. Vous prenez la direction de SNCF Proximité qui rassemble Transilien, TER et Keolis. Puis en 2012, vous êtes nommé directeur général. directeur général délégué, pardon, du groupe SNCF et président du directoire de Keolis. Mi-emp l'équipe va mal. Tension après des grèves sur la réforme des retraites. Résultat dans le rouge, dette qui s'alourdit. L'entraîneur vient vous voir, monsieur Farandotou, et vous propose un nouveau poste, celui de Capitaine.

Vous devenez en 2019 président directeur général de la SNCF. Galvanisé, la tête pleine d'objectif et d'ambition, le match reprend. Sur le terrain, vous êtes ce capitaine qui vient calmer les deux équipes à la suite d'une confrontation un peu trop musclée. Cette fibre cette fibre sociale, monsieur Farandou, tout le monde vous la reconnaît. Avec votre accent chantant, vous dites même parler le chemineau première langue. Compétences nécessaires dans une entreprise où la fierté d'appartenance et les statuts protégés peuvent parfois provoquer quelques tensions sociales. Vous le reconnaissez d'ailleurs, tout est possible avec le les chemineaux.

Pas grand-chose [raclement de gorge] n'est possible sans eux. Belit d'équipe, monsieur le ministre. On vous appelle alors le démineur de la SNCF, le chef de la mêlée. Vous prenez à bras le corps les enjeux auxquels l'entreprise publique fait face. Privatisation, vieillissement du réseau et j'en passe. Vous incarnez ce chef d'entreprise que vous décrivez vous-même qu'en étant quelqu'un qui doit avoir le courage de prendre une stratégie et d'affirmer une vision de l'avenir, même s'il est incertain. Mais alors que la 80e minute approche et qu'une fin de carrière paisible à la SNCF s'annonce pour vous, vous conservez le ballon et repartez au front.

Vous êtes nommé ministre du travail et des solidarités. Sur le terrain, vous changez de poste. De première ligne, vous passez àer. Vous savez ce qu'on applaudit quand il traverse le terrain ballon sous le bras pour aller marquer un essai. Cela équivaut à un coup de projecteur. Vous entrez dans la vie publique. Et comme lorsque l'on change de poste, vous ratez parfois quelques ballons peu habitués à l'environnement et au langage politique, mais vous ne vous arrêtez pas là. reste un essai à marquer pour remporter le match, celui de la réforme des retraites. Comme vous disiez, la SNCF est un bout de la France.

Beaucoup pensé alors si vous avez su discuter avec des chemineaux, vous saurez calmer la France. Résultat, vous obtenez le report de la réforme des retraites jusqu'en 2027. Ce nouvel essai est transformé. Aujourd'hui, le match n'est toujours pas terminé. Nous en sommes à la minute plus 8, mais vous ne voulez pas envoyer ce ballon en touche. De nombreux combats subsistent : intelligence artificielle, chômage des jeunes, égalité au travail, cause des agriculteurs. Vous soldats au service de la République comme vous aimez vous décrire, n'abandonnez pas de sitôt. Alors, monsieur le ministre, je vous fais la passe en arrière et vous laisse aller marquer l'essai. Merci

13:43
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

13:50
Locuteur

monsieur Farandou. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Avant de commencer, souhaitez-vous réagir au portrait dressé par Tristan ? Oui, bien sûr. Ben, un grand merci. C'était très sympa d'avoir pris le rugby comme fil conducteur. C'est une très bonne idée. Oui, c'est ma passion le rugby. Je me suis mis sur le tard mais j'ai beaucoup vibré un jour en rugby et je dois dire que j'ai encore des souvenirs de certains matchs. Donc vraiment pour impressionner la mémoire euh que décennies plus tard, il a fallu vraiment que ces moments soient intenses. C'est un beau sport, c'est un porte de combat.

D'abord, faut pas oublier que l'équipe d'en face, elle veut le même ballon que vous, elle veut passer dans votre dos et vous voulez pas, c'est le contraire. Donc on apprend le combat. C'est un sport très collectif. On peut pas réussir tout seul, donc faut vraiment jouer ensemble. Tout le monde a sa place en tout cas à petit niveau. Pas besoin d'être un athlète. Il y a des voilà selon les morphologies, on trouve sa place. Faut juste un peu de courage, faut quand même oser plaquer les gens. Donc faut faut y aller quoi. Un moment donné, il faut s'engager. Mais c'est un sport qui laisse des amitiés.

Moi j'ai encore par exemple Philippe Varin que vous devez connaître qui a été un grand patron de l'industrie. On a joué au rugby ensemble à l'école des mines. On est voilà ça on est toujours amis. Bah on va vers les 50 ans, vous voyez 50 ans plus tard, on a toujours ce lienl. Voilà. Donc merci d'avoir pris le rubic au fil conducteur, les images étaient bonnes et et bravo pour le pour ce talent de narration et je me suis bien retrouvé dans dans la description qui a été faite. Bonsoir monsieur le ministre. Commençons cette conférence avec un enjeu majeur, le chômage des jeunes. Aujourd'hui, le marché du travail connaît de fortes tensions.

Selon l'INC, 21,5 % des actifs de 15 à 24 ans sont à la recherche d'un emploi. Parmi eux, de nombreux jeunes sont confrontés au paradoxe de l'expérience ou l'accès à l'emploi dépend de compétences qu'ils n'ont pas encore pu acquérir, mais aussi des employeurs qui ne souhaitent pas rémunérer des jeunes peu qualifiés à hauteur du SMIC. Tout cela peut freiner leur entrée dans la vie active et générer du découragement. Ainsi, comment faire pour lever ce frein de l'expérience à l'embauche et accompagner au mieux les jeunes dans leur insertion professionnelle ? Oui, c'est vrai. En France, on a on a cette caractéristique.

Il y avait un article du monde d'ailleurs qui disait qui parlait d'un problème structurel. Donc, c'est pas nouveau. On a un taux d'emploi des jeunes où qui est qui est qui est faible par rapport à la moyenne européenne et c'est pas bon. C'est pas bon pour les jeunes eux-mêmes, c'est pas bon pour le le financement, la sécurité sociale puisqu'on manque de force de travail, donc de de cotisation. Donc c'est un vrai problème. Euh une fois qu'on l'a posé, je pense que on on n'est pas remonté aux causes racines. Euh moi je viens de l'entreprise, l'entreprise, on a bien posé les bons diagnostics même quand ils font pas plaisir quoi. Il faut voir les choses en face.

Pour moi, le problème numéro 1, c'est l'orientation. On a on a un vrai problème d'orientation. Je vais m'expliquer. Euh, on laisse les jeunes se perdre un peu et pas emprunter les bonnes filières, en tout cas les filières qui conduisent à un emploi, à un métier où il y a où il y a du recrutement. Euh c'est un peu le dogme de l'éducation nationale qui forme pour former, enfin qui forme pas au fond, qui enseigne. Voilà, qui enseigne. Alors, on est libre d'enseigner et pourquoi pas ? Mais quand on arrive à la vingtaine d'années, qu'on se demande à chercher du boulot, il faut être sûr qu'on qu'on soit pas trompé.

Et je pense que là-dessus, il y a un gros effort à faire pour alors c'est pas je pense des jeunes comme vous, il y a pas il y a pas de problème, mais euh il y a aussi des jeunes souvent venant de des milieux sociaux un peu défavorisés qui ont pas une représentation du travail large autour d'eux, hein. Il voi ce que font leur père, leurs mères, leurs voisins, mais c'est pas très large. Or, en fait, la palette d'emploi, elle est considérable. Il y a vraiment une palette de métiers considérable, des secteurs considérables et ils ont pas ça en tête. Et c'est très important de de de leur dire voilà le champ du possible.

Après, une fois que vous aurez identifié un secteur qui vous plaît, un métier qui vous plaît, on va voir avec vous le parcours qui vous permet d'y arriver. Et mais c'est très important et il y a du boulot à faire. C'est au même moment d'ailleurs qu'il faut combattre l'idée de métier genré, hein. On manque de de jeunes filles, de jeunes femmes dans les métiers techniques. C'est c'est vraiment là où un manque structurel français. Il faut absolument qu'on arrive à convaincre davantage de jeunes filles de choisir des métiers a priori qui ne les attirent pas suffisamment. Et c'est à 12 13 14 ans que ça se fait tout ça.

Pour y arriver, il faut faire rentrer les entreprises davantage dans les écoles. Là aussi, on retrouve un peu cette citadelle de l'éducation nationale un peu fermé sur elle-même. Le salut, c'est que les entreprises viennent dans les collèges, viennent dans les écoles avec des professionnels qui vont parler de leur métier, de leur entreprise, de leur secteur, de leurs enjeux qui vont l'illustrer. Très très important. les stages de ce côté-là, c'est pas mal pour le concrétiser. Je pense qu'il est important que les entreprises rentrent euh très tôt, plus vite dans les écoles.

Euh il y a aussi euh euh je trouve que on en fait, on a un autre handicap, enfin en tout cas une différence négative, c'est que euh par rapport à d'autres pays européens ou internationaux, on a beaucoup moins d'étudiants qui ont petit boulot à côté à côté et et ça c'est un problème quand je crois qu'il y a des gens qui ont qui ont fait des études au Pays-Bas, au Pays-Bas, c'est carrément organisé. Vous avez un statut de working students. Il y a trois ces étudiants sur quatre qui ont un petit boulot au Pays-Bas. Aux États-Unis, c'est la même chose. Il y a énormément d'étudiants américains qui ont un petit boulot.

Alors, peut-être pour des raisons économiques parce qu'il y a besoin d'un petit complément de revenus, mais on voit bien tout l'intérêt qu'il y a. Ça vous fait exercer un travail, ça vous fait rentrer dans l'entreprise, ça vous motive d'ailleurs à réussir vos études parce que vous avez pas envie de faire les petits boulots à vie qu'on vous propose. Euh ça vous amène à une certaine rigueur, vous lever le matin, entrer dans une équipe, accepter d'avoir un chef pénible ou pas pénible ou des clients à qui il faut sourire. Bref, vous acquérez plutôt ce sens de l'entreprise qui vous servira à coup sûr. Ça vous donne une maturité.

Et quand on regarde les éléments justement de de de taux de chômage, comme par hasard, ces pays ont un meilleur score parce qu'ils comptabilisent tous ces étudiants comme étant au travail et donc forcément ça joue sur le taux de chômage. Enfin, il faut travailler aussi sur les des sujets de de de blocage, d'obstacle. Je pense qu'il y en a un très important, c'est le logement. Il y a pas mal de jeunes pour lesquels on peut trouver un un travail, mais il faut se déplacer. Ils sont d'accord, mais à l'arrivée, il faut trouver un logement. Et on a vraiment un problème dans ce pays de logement.

Alors, pas seulement que pour les jeunes, un peu pour tout le monde, mais on doit aussi associer la recherche d'emploi des jeunes. En plus, les jeunes, ce sont des prix accédents, ils ont pas de CDI, donc où où ils sont en stage d'essai. Donc, comment on fait pour avoir euh un bail euh avec un un loueur privé ? Ben, il hésite. On voit aussi qu'à ce sujet de la sécurisation de l'accès à l'emploi des jeunes. La fois, trouver le logement, sécuriser le le premier le premier bail, le premier bail de de de location, c'est très important. Il y avait mon collègue du logement, on va travailler là-dessus. Voilà. Et dans quelques semaines, je vais présenter une stratégie jeune.

Alors, elle on repart pas de zéro, il y a beaucoup déjà d'éléments qui sont sur la table, mais on essaiera un de la compléter, de la de la packager avec une idée toute simple, c'est une application, une seule application jeune, j'allais dire ou ben en fonction de votre besoin parce que sous l'homogène, il y a des réalités très différentes bien évidemment, chacun trouvera par segment de de problématique jeune la réponse à à la à la question qu'il qu'il se pose. Voilà, donc on va vraiment travailler là-dessus avec beaucoup de de punch et de et de volonté parce que c'est très très important d'améliorer le taux d'emploi des jeunes et et réduire donc le le taux de chômage des jeunes.

Monsieur le ministre, quelque chose qui menace aussi les employés de façon générale et pas seulement les jeunes employés, c'est le chômage technologique. Le monde du travail évolue rapidement sous l'effet des nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle, l'émergence de nouvelles formes de travail plus flexible comme le travail indépendant. En ce sens, il apparaît urgent de mettre en place des politiques qui permettent aux individus de tirer profit de ces changements. Quelle vision avez-vous du monde du travail de demain et quelle action engagé dès aujourd'hui pour empêcher un potentiel chômage technologique dans les années futures ?

Euh alors, il y a plusieurs questions dans la question, mais c'est vrai que quand on rajoute intelligence artificielle d'un côté nouvelle manière de d'organiser son travail avec davantage de travailleurs indépendants, voir des auto-entrepreneurs, en fait des formes de salariés entre guillemets différents, le l'organisation par des plateformes qui font les intermédiaires entre les clients d'un côté et des travailleurs de l'autre, des indépendants de l'autre. On voit bien que tout ça bouscule la manière un peu classique dont le travail a été organisé depuis des décennies.

En fait là, on est dans un moment un peu de bascule où technologie et relation au travail, organisation du travail euh bouge et tout tout à la fois. Euh il y a on peut on pourrait rajouter aussi une relation au travail qui a un peu changé en plus hein. Donc il y a un peu de la sociologie derrière, une volonté des des notamment des jeunes, vous me le direz si je me trompe, qui veulent davantage organiser leur vie aussi hein, trouver des équilibres, décider davantage, être plus agile et plus souple dans l'organisation personnelle. Enfin, tout ça s'ajoute. Et quand on ajoute tout ça, oui, on voit bien qu'on est à un moment de bascule. le travail va rester. Moi, j'en suis absolument sûr.

C'est pas que le travail va disparaître et heureusement d'ailleurs, mais mais certainement sous des formes différentes. Alors, les sujets sont à prendre les uns après les autres. L'IA, il faut être humble parce qu'il y a on commence à voir des choses qui arrivent sur l'IA. Skature, commençons par Skature, après il y a des questions. C'est une vague énorme. Voilà, l'IA, rien ne l'arrêtera. C'est un tsunami l'IA. Et comme les vagues, moi je suis du sud-ouest, on l'a compris, c'est le surf. Le surf vaut mettre sur la vague et devant que écrasé par la vague ou déposer par la vague, la vague s'en va et vous restez quoi. Voilà, c'est ça le surf hein.

Donc le surf d'ailleurs faut apprendre pour prendre une vague, faut faut pédaler, faut brasser pour prendre de la vitesse pour se faire prendre par la vague. C'est exactement pareil avec Lia. faut prendre de la vitesse. Euh si on est statique, bouf l'a euh il vous traverse. Donc il faut accélérer. Euh après toutes les questions, est-ce que oui, ça va déformer le marché du travail et le travail, mais faut pas trop se prendre la tête avec, je pense. Il faut faut y aller, faut foncer euh et sans trop poser de sans trop se poser des de de de questions qui ont pas de réponse certaines. Donc, il y a une forme d'incertitude. Ben, on y va. Qu'est-ce que ça veut dire pour un gouvernement ?

Pour un gouvernement, on a deux actions à conduire. principal de la formation et de l'aide aux entreprises. La formation, il y a un an, il y a eu un grand plan aux Élia qui a été lancé par Clara Chapaz qui était la ministre de de de numérique et de l'IA. Euh très ambitieux. Par exemple, elle a dit et elle a raison, il faut former 15 millions de français d'ici 2030. 15 millions, c'est pas rien 15 millions. Bon, moi j'ai dit OK, j'arrive. J'ai dit mais c'est quoi l'ingénierie de formation ? Et là, un peu réponse hésitante quoi. Bon, j'ai dit bon scrognogneux, ben on se met autour d'une table. Si c'est 15 millions, c'est 15 millions. Ça segmente 15 millions bien évidemment.

Donc c'est quoi les grands segments ? En face, on met les les les niveaux de les contenu de formation à adresser sur des segments qu'on va identifier et on fait un plan, on retrouve on on décide l'ingénierie de formation qui va avec. Il faut que tous les acteurs soient concernés d'ailleurs, hein. Et et à partir de là, on se on met en branle un vaste plan mais organisé, structuré, planifié euh pour mettre en œuvre cette formation. Deuxièmement, la les pour les entreprises, les grandes entreprises, elles ont pas de l'État.

Elles anent leurs intérêts, elles ont des directions digitales, elles ont des direction RH, elles ont des directions de l'innovation, elles ont des directions de la production, elles ont pas besoin de nous. Donc elles vont y aller. Si. Alors la formation des salariés actuels et futur, ça peut les aider mais même ça la limite elles sont assez puissantes pour s'organiser. Non, nous ce qu'on doit aider c'est les PME. les PME ou les ou les TPE parce que le chef d'entreprise ou la chef d'entreprise, il est seul, il est tout lui. Il est le chef d'entreprise, il est le DRH, il est le directeur de l'innovation, le directeur du digital, il est tout. Et donc c'est beaucoup quand vous êtes tout.

Et moi mon idée c'est de en prenant un exemple sur le sur le benchmark Singapourien. Alors bien sûr Singapour c'est facile, c'est une c'est une ville pays donc c'est facile. Ils ont un cluster, un endroit un booster, je crois ils appellent ça, où un un petit entrepreneur peut demander rendez-vous et il a un consultant qui va l'aider à débroussailler ses idées. Et à partir de là, et ben il est assez intelligent, c'est pour voir où sont ses intérêts, il a il a de l'information, il peut se débrouiller. Mais moi, j'ai envie de faire pareil mais pour toute la France et j'ai commencé à y réfléchir. Moi, j'ai un réseau formidable dans les mains, c'est France Travail.

France Travail, ils sont partout dans les grandes villes, dans les petites villes, ils sont partout en France. Et deuxièmement, il y a les CCI. Et avec les CCI, j'ai commencé à discuter aussi avec le patron des CCI en disant voilà ensemble on va créer des lieux. Il y aura des consultants, on prend les chef d'entreprise pour prendre rendez-vous. Il y a un parking devant, ils viennent en voiture, ils se garent et ils ont quelqu'un qui pendant une heure va les aider à débroussailler leurs problèmes et ils sortiront de là avec un petit plan, les buches d'un plan. C'est quoi ton problème ? Qu'est-ce que tu peux faire ? Sur quel processus tu peux travailler ? Pourquoi ?

et queles voilà les ressources que tu peux avoir autour de toi, des cabinets en organisation, des cabinets en IA pour t'aider à apporter des réponses à ton projet à toi qu'on va t'aider à esquisser. Voilà. Et ça, je pense qu'on peut le faire vite. On peut aller vite parce qu'il faut aller vite aussi bien sûr. La vague elle passe, c'est maintenant qu'il faut la prendre. Bon, ça c'est l'IA. sur les entrepreneurs, peut-être deux mots, euh il faut des enfentrepreneurs, attention à pas rester toute sa vie auto-entrepreneur. Auto-entrepreneur, c'est un statut de démarrage hein où on teste une idée.

OK, on a des facilités fiscales et comptables pour le faire mais si au bout de 2 3 ans l'entreprise elle décolle pas, faut arrêter. Faut surtout pas s'installer durablement parce que là, ça devient une espèce de sous-salariat qui dit pas son nom. C'est pas terrible. Voilà. Donc il faut veiller à ce que ce statut d'autour auto-entrepreneur reste temporaire et surtout pas sur le long terme. Puisque vous avez évoquer l'utile le recours à la formation pour palier au chômage technologique, je voulais vous parler de la formation puisquelle l'allocation des dépenses formation fait aujourd'hui débat. Chaque année, la France met à disposition 34 milliards d'euros pour la formation professionnelle.

Ceci étant, cet argent profite essentiellement aux actifs dans l'emploi. Selon la DARS, 57 % des personnes en emploi suivent une formation contre 43 % des chômeurs. En se concentrant sur les dispositifs publics de formation destinés à l'insertion, le chiffre se dégrade. Seul 10 % des demandeurs d'emploi accèdent à la formation. Cette allocation est en partie décidée par les partenaires sociaux. Les syndicats de patron ont intérêt à avoir des salariés formés et donc productifs et les syndicats de salariés des travailleurs qualifiés et donc moins facilement substituables. Les chômeurs payent donc le prix fort puisque il leur est plus difficile d'accéder à l'emploi.

Monsieur le ministre, face à cette situation, comment proposez-vous de faire une utilisation plus efficace du budget alloué à la formation ? Bon, je pense déjà faut pas opposer là, vous posez le problème en opposition. On fait formation continue pour les salariés et formation adoc pour les demandeurs d'emploi. Il faut faire les deux parce que les salariés vont devoir se former hein. Ça c'est on est à peu près sûr de ça. Je sais pas les statistiques, on va changer je sais pas 10 fois de métier dans son parcours, trois fois qu tr fois d'entreprise. Donc la formation continue, elle est essentielle.

D'ailleurs, le vrai sujet que j'opposerai moi pour avoir débat, c'est moins de formation initiale, plus de formation continue. Voilà, ça je pense que c'est un bon débat et il faut des par contre la formation continue, il faut la charpenter, faut vraiment la structurer. C'est presque un droit d'ailleurs, faut vraiment le droit de changer de d'orientation dans son parcours. C'est une nécessité parfois si le secteur dans lequel on est a des problèmes économiques, ben il faut pouvoir se reconvertir et c'est un droit parce qu'après tout, on peut avoir changé de on peut avoir envie de de changer de métier, hein. C'est pas du tout interdit. Dans 40 45 ans, 50 ans peut-être de carrière demain.

On a tout à fait le droit et et la nécessité parfois de changer de métier. Donc c'est important de disposer de fonds de formation pour pour la formation continue. Pour les pour les chômeurs, les demandeurs d'emploi, c'est plus poli effectivement. On fait des trucs, on fait des trucs parce que le il faut bien voir que le marché du recrutement, il est en train de changer. Avant, une entreprise quand elle voulait recruter, elle était très fermée sur le sur le profil. il a définit une fiche de poste très très précise et tant que la personne matchait pas à 110 % presque elle le prenait pas, elle le recevait même pas, il était éjecté sur CV. Bon, ça marche plus ça.

Ça marche plus parce que alors ça peut marcher à la marge mais en masse ça ne marche plus parce que le le le vivier d'employeur d'employé potentiel correspond pas à ça. Il faut accepter donc et France Travail le fait très bien de prendre une personne qui est peut-être à 60 65 % du profil et par la formation on va l'amener à compléter son bagage, ses compétences pour prendre cet emploi. D'autant plus que c'est France Travail qui va le payer, c'est la puissance publique qui va le payer. Donc c'est pas l'entreprise.

et on passe des contrats comme ça avec avec une entreprise, il faut qu'il y avoir un peu de temps, faut nous laisser le temps de former la personne 3 mois, 4 mois, 5 mois, on le finance. Et ce qui est très important et d'ailleurs c'est un sujet intéressant à à partager avec vous, les entreprises de plus en plus elles vont chercher le savoir-être. Je pense que le savoir, elles se disent, ça peut s'apprendre en gros et le savoir, ça s'apprend, le savoir-être moins. Voilà, le savoir-être, il vous c'est votre personnalité, c'est votre manière d'être, c'est et dans le savoir-être aussi, c'est l'adhésion au projet de l'entreprise, aux valeurs de l'entreprise. Voilà, ça c'est très important aussi.

Si cette case là, elle est cochée, je vois bien que les patrons d'entreprise sont prêts à faire le pari sur vous. Nous faisons la formation complémentaire et ça marche. Voilà. Donc faut surtout pas opposer. Il y a de la Je pense que ceux qui font de la formation ont de bel avenir devant eux parce qu'on voit bien que ce sujet des compétences, il est absolument clé dans une économie performante et et queon aura un besoin de voilà de d'énormément de formations tout au long de son parcours du début jusqu'à la fin. Passons maintenant à des statistiques assez inquiétantes. Environ 34 % des salariés seraient en situation de burnout et on recense 764 décès d au travail en 2024.

Donc la santé au travail est forcément un élément plus que primordial au sein d'une entreprise. Or, le nombre encore trop élevé d'accidents de travail et de situation de burnout relève d'un manque de plan d'action et de prévention au sein des entreprises. Quelle priorité Quelle priorités doivent être fixées pour mieux protéger la santé des travailleurs ? Oui. Alors, on est sur un sujet très grave. Là, on est sur un sujet grave parce qu'on parle d'accident grave et mortel. Mortel, ben c'est la mort, hein. Il y a aucun salarié qui doit ne pas rentrer chez lui le soir. Ça existe pas ça. Et bien, en fait, si. Donc on va y revenir. Donc ça doit pas exister.

Enfin, vous êtes parmi vous, il y a des futurs chefs d'entreprise. J'espère que très tôt vous aurez cette conscience que votre responsabilité chef d'entreprise c'est qu'il y ait pas de blessé et de mort chez vous. La mort c'est très grave et blessé c'est pas mieux. Amputer d'une jambe ou d'une bras c'est pas terrible pour continuer dans la vie. Donc c'est une responsabilité lourde de chez entreprise et c'est une responsabilité morale et juridique hein. Voilà. Et puis c'est un devoir fait moi j'étais chef d'entreprise c'est c'est j'ai eu des accidents mortels. Je peux vous dire vous dormez mal parce qu'au fond ils sont souvent évitables.

En plus quand vous regardez le cheminement, l'arbre des causes, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous vous rendez compte qu'il y a eu deux trois moments où si on avait eu le bon comportement, on aurait évité l'accident mortel. Sujet très grave. Après les statistiques, il faut les interpréter. 764 en 2024, c'est beaucoup, ça fait deux par jour, un peu plus. Mais en France, c'est bien les Français, on a on a une une décompte qui est un petit peu autoflagélation parce que on compte les malaises cardiaques. C'est vous avez malaise cardiaque fatal sur le lieu du travail, on dit accident du travail, c'est pas forcément un accident du travail.

Vous pouvez avoir une maladie cardiaque, elle se elle vous rattrape dans le lieu de travail, vous en décédez, l'attribution aux conditions de travail est pas évidente. Alors ça peut l'être s'il faisait très chaud et cetera. Bon mais souvent vous savez pas. Donc nous on les compte parce qu'en fait en étant compté accident du travail c'est plus favorable. Alors la personne est décédée mais à sa famille et cetera. Donc voilà, on a une forme de générosité en en élargissant assez facilement le décomte des accidents du travail au malaise pendant le travail. C'est on il y a peu de pays qui le font en Europe.

Si on enlevait cette cause, vous enlevez plus de la moitié des accidents, vous voyez que les statistiques s'améliorent. On serait dans la moyenne. Alors que là, on apparaît dans les mauvais élèves. Il y a quand même un effet de de base, j'allais dire qui intervient. Bon, après vous avez les accidents de trajet. Pour une entreprise, c'est il y a 15 % à peu près accident de trajet. C'est un peu compliqué pour une pour une entreprise. C'est vous qui condez votre voiture, c'est vous qui êtes prudent ou pas prudent ou votre vélo hein aussi.

Bon, alors une entreprise peut faire, elle peut faire des campagnes de sécurité routière, elle peut vous inciter à à faire attention, elle peut vous inciter à mettre des pneus neiges quand il fait froid, elle peut vous aider et cetera. Donc l'entreprise a un rôle mais on voit bien que son rôle est un peu plus ténu parce que c'est quand même vous vous qui connais votre voiture hein, c'est pas le patron de votre entreprise. Mais pour autant on les compte et ça c'est universel dans toute l'Europe dans les accidents du travail avec une prise vous voyez moins importante. Il reste les vrais accidents du travail au sens vrai et au sens direct quoi.

Vous vous faites rouler dessus par un engin, vous prenez une charge sur la tête, vous tombez dans un trou. C'est vraiment là complètement lié à l'exercice de votre travail. Et là bien sûr c'est la prévention. Le maettre mot, c'est la prévention et on en fera jamais assez. Il faut prévenir au fond. Si je fais cours, c'est la culture du risque. Là aussi, je parle d'expérience. Dans les accidents du travail, vous rendez compte que la personne victime de l'accident, alors il y a des procédures hein, mais il y en a des procédures maintenant. On peut pas dire qu'il y en a pas, il y en a de plus en plus.

Mais pour des raisons qui restent d'ailleurs à à comprendre, la personne oublie le risque, ne voit plus le risque et comme elle voit plus le risque, elle s'expose. Alors 9 fois 10 9 fois sur 10, ça va bien se passer ou 89 fois sur 100, ça va bien se passer. Et puis un jour alimente des mauvaises planètes et badaboum on tombe dans le dans le drame. Voilà. Donc euh on on alors côté ministère, on anime des politiques assez puissantes. C'est un peu normatif en plus là on est il y a le droit là derrière he il y a le droit du travail, c'est normatif, il y a des contrôles, il y a l'inspection du travail.

Enfin là, on est on est vraiment dans un côté plus régalien du fonctionnement de l'État qui veut pas que ça se passe hein. Donc donc qui met le paquet, il y a des il y a des choses imposées par la loi et par la réglementation aux entreprises. C'est du c'est du là. c'est du lourd et avec des sanctions administratives voire pénales, hein. Donc là, on est sur un registre beaucoup plus grave et on a un plan qui va sortir bientôt, peut-être une manière de de répondre au burnout. On a une cause nouvelle qui était pas inexistante auparavant mais qui s'amplifie, ce sont les maladies santé mentales. Enfin, lié à la santé mentale, c'est en train de monter. Il y a un élément que je porte à votre con.

D'ailleurs, vous êtes un peu cette génération enfin ouais à peu près. Vous savez que le Covid a causé pas mal de dégâages dans les adolescents et adolescentes français françaises. On dit que il y a un adolescent sur qu est sorti du Covid avec un peu perturbé au plan psychologique. Et ben vous c'était en 2020, on est en 2026. 6 ans plus tard, ils ont 20 ans, 21 ans, ils sont ils font des études ou ils sont en entreprise. Voilà. Et donc on a peut-être aussi cette cette génération d'adolescents du Covid un peu perturbé par cette période très trouble. Au moment où on se construit, au moment où la personnalité se construit, en plus, on les voit arriver dans les entreprises et c'est pas simple.

Voilà. Donc et et la santé mentale, plus on alors on tombe aussi sur un sujet culturel. On est un pays qui est pas très à l'aise avec la santé mentale. Souvenez-vous sans aucune forme de procès, je dis quelque chose de factuel. Il y a encore peut-être pas 2 ans mais je sais pas 20 30 ans quand vous étiez catholique un suicide vous avez pas le droit de vous faire enterrer quand même. Donc c'était violent quand même. C'estàd que la culture dominante elle vous renvoyait que que le suicide c'est l'aboutissement d'une dépression quand même hein.

C'est un processus long et terrible qui fait que si la dépression est pas soignée, vous prenez des risques que la personne finisse par ne plus supporter la vie et donne fin à séjour. Voilà donc c'est voilà c'est un processus. Il y a d'autres pays comme le Canada et la Suède par exemple où avoir une dépression c'est qu'on avoir une grippe, c'est pas grave quoi. C'est pas honteux surtout. C'est pas honteux. Donc dès qu'on se sent moins bien d'un point de vue psychologique, on va consulter un médecin qui vous envoie chez un petit qui vous soigne et 3 mois après vous gambadez quoi. Voilà. Donc nous en France c'est encore un peu tabou tout ça. On a des vrais problèmes culturels autour de ça.

Il faut libérer la parole. Il faut pas avoir honte d'avoir une de traverser un moment compliqué. Il faut le dire. Dire à son c'est sa famille, dire à son médecin surtout parce que c'est médical et ça soigne très bien. Ça soigne très très bien. Donc voilà. Et je pense que le rôle de l'entreprise c'est d'être un observateur. Quand vous avez un collègue qui est toujours joyeux et tout à coup il l' plus. Un jour, ça peut arriver mais sur une période longue, c'est un signal. Voilà, l'entreprise, elle voit des signaux faibles parce que sinon le l'univers de la personne, c'est sa famille, il peut être tout seul en plus. Donc, il y a personne autour de lui.

Le seul endroit où il y a des gens qui le regardent, qui le connaissent, c'est l'entreprise, ses collègues au fond, son chef. Et je pense que c'est ce devoir de vigilance, d'observation et de déclenchement. Tu devrais est-ce que tu devrais pas aller voir médecin ? Qu'est-ce qui se passe ? Voilà, je pense qu'on a aussi ce relâ donc ce sont des sujets très importants, très lourds et et qu'il faut affronter avec courage et et sans des réalités. Euh monsieur le ministre, aujourd'hui je voulais passer sur un autre sujet, la rigidité des contrats. Aujourd'hé contrat, oui, aujourd'hui en France, environ 87 % des salariés bénéficient d'un CDI.

Pourtant, cette apparente stabilité masque une profonde segmentation. Près de 85 % des embauches donnent lieu à un CDD. 97 % des réembauches font l'objet d'un renouvellement du CDD dans la même entreprise et 85 % des CDD ne se convertissent pas en CDI. En cause la rigidité du CDI qui dissuade les employeurs d'offrir un contrat de travail stable à ses salariés tant il est difficile de le rompre après signature. Monsieur le ministre, comment rendre le CDI plus accessible au salariés ? Ah, c'est sujet là. On parlait la la du code du travail. Le CDI, c'est une composante très forte du droit du travail à la française.

La la la toute la philosophie du droit du travail à la française, c'est que le vrai enfin le statut normal de salarié, c'est le CDI. Voilà. Alors, c'est pas toujours le cas, c'est ce que vous dites, mais en tout cas la la doctrine très profonde, très ancienne, c'est le CDI euh voilà qui qui est le qui est le cadre normal de de contrat de travail. Alors, CDI, il protège, c'est fait pour hein, c'est fait pour le CDI, il est fait pour protéger. Donc, il protège voilà. Donc après ce qui protège trop vu des chefs d'entreprise, c'est possible mais mais en tout cas il faut y réfléchir à deux fois avant d'y toucher quand même. Ça fait partie, vous savez des tables de la loi.

On a parfois envie d'y toucher mais il faut réfléchir. Voilà, faut quand même réfléchir. D'ailleurs, on peut licencier une personne he c'est pas impossible de casser un CDI. Ça coûte Ah bah oui, ça coûte un peu mais ça ça fait partie de la protection. Mais un CDI peut se rompre. Euh voilà, donc c'est possible. Il y a des procédures tout à fait individuelles et collectives. D'ailleurs, il y a des plans sociaux. quand les entreprises vont mal, on peut faire un CSE donc don dont une des finalités c'est de réduire la masse salariale, donc de faire partir des gens. Voilà, donc il y a des procédures qui existent dans ce pays.

Dans tous les pays civilisés, il y en a plus ou moins quand même hein, c'est pas spécifique à la France et il y a un très grand attachement de la France à ce sujet. Alors, les sujets des de l'assouplissement des contrats, vous l'avez dit, il y a le CDD, normalement, on n'est pas censé le renouveler trop de fois quand même, hein. Voilà. C'est vrai que ça peut être on peut l'utiliser pour faire du prérecrutement. C'est pas faux. Pourquoi pas ? au fond hein, il faut pas plus se crisper que ça parce que tout le monde est sûr comme ça. L'entreprise est sûre que le salarié fonctionne bien, le salarié, il est sûr que l'entreprise lui plaît et le métier lui plaît.

Donc au fond, c'est pas prévu hein, normalement c'est pas dans les causes prévues, mais on sait que c'est une pratique qui qui est établie. Même la CNCF, on le faisait un peu. Bon, ça me choquait pas plus que ça parce qu'au fond al voilà, il faut pas exagérer, faut faut pas trop tordre un peu la loi et renouveler de manière un peu curieuse les CDD de manière de manière répétée. Ça c'est pas bon. au bout d'un CDD, on est au clair quoi. On sait on sait si on se plaît de manière réciproque et si on peut passer au CDI.

Alors, il y a des débats euh il y a pas très longtemps d'ailleurs, le MEDF a relancé un débat autour des jeunes en disant "Est-ce qu'il faut pas justement avoir un contrat jeune plus souple ?" Alors, ça a réveillé une guerre. Alors, vous l'avez pas connu, mais il y a eu la la guerre du CPE là il y a je sais pas 20 ans en arrière là, c'était Chirac, je crois. Donc, voyez, ça nous rajunit pas. Bon, ça s'est mal passé. Tous les jeunes se sont mis dans la rue ou beaucoup de jeunes en tout cas sont mis dans la rue, ils en ont pas voulu. Bon, moi je pense que c'est pas tabou, on peut en discuter, mais comme je l'ai dit, enfin ce consiste à quoi ?

Ça consistait la proposition du MDF à faire un contrat de 3 ans, mais c'était soi-disant un CDI, mais pendant 3 ans, vous pourriez le rompre sans motif particulier. Donc voilà, c'est un CDI assez élastique et en plus en terme de rémunération, vous avez le droit de démarrer en dessous du SMIC. Bon, c'est quand même voilà, c'est c'était ce que c'était. Euh, j'ai pas d'avis particulier si ce n'est que c'est quand même un peu quand même un peu singulier. Et surtout, je pense que c'est pas la cause la plus importante. La cause la plus importante pour les jeunes, je l'ai dit, c'est l'orientation.

trouver la bonne pilière qui vous correspond et qui vous amène sur un emploi parce que les entreprises vont dire on a besoin de salariés dans ce secteur. Voilà, je pense c'est ça le truc de rang 1. Après, peut-être qu'ils vont peut réfléchir à un premier contrat un peu plus souple, pourquoi pas ? Mais il faut le faire faut le faire dans l'ordre quoi. Voilà. Donc en tout cas, je suis en train de vous répondre en tant que ministre du travail, je serai ça se ça se manipule avec beaucoup de précaution ce genre de sujet quoi. Parce qu'il faudra bien sûr un accord avec les partenaires sociaux. Vous pouvez passer en force sur des sujets comme ça.

Vous avez bien compris que les partenaires sociaux sur des sujets comme ça, ils sont plutôt conservateurs quoi. Voilà. Donc à voilà, il faut y aller doucement justement. Donc on peut dire que un élément central qui caractérise votre parcours, c'est le dialogue social. Lors de votre passage à la tête de la SNCF, vous avez été confronté à des mouvements sociaux importants et à des négociations parfois tendu avec les syndicats. Aujourd'hui, en tant que ministre du travail, vous êtes au cœur de discussion entre partenaires sociaux, notamment sur des sujets sensibles comme l'assurance chômage où les intérêts du patronat et du syndicat divergent fortement.

Dans ces situations, comment faire pour instaurer un dialogue social efficace et parvenir à des compromis ? Ah ben c'est une bonne question ça. D'abord euh on a devant nous, on l'a dit, des grandes transformations euh intelligence artificielle, souveraineté, euh organisation du travail, euh nouvelle répartition de la formation, nouveaux contrats de travail, rémunération variable, enfin on a des chantiers sociaux, les retraites, la sécurité, financement, la sécurité sociale, c'est juste monstrueux quoi. On a un agénat social d'enfer et on a pas le choix. Voilà, il faut que la France soit au rendez-vous de ces sujets.

Est-ce qu'on pense sérieusement qu'on va mener tout ça contre les salariés en passant en force ? Moi, je crois pas. On est en France quand les salaristes se mettent dans la rue quand ils sont pas contents. Il y en a des millions dans la rue. Bon, ça paralyse le pays. Bon, ça va pas changer comme ça quoi. Donc donc euh par humanisme ou par pragmatisme, il faut faire du dialogue social. Il faut discuter de toutes ces transformations avec les partenaires sociaux. Il y a deux niveaux de la négociation. les convaincre que c'est inévitable parce que c'est des sacrées remises en cause là derrière.

Donc il faut qu'ils acceptent intellectuellement que la l'effort que vous allez leur demander, il est inévitable. Si on le fait pas, ben alors la France sera réléguée en 10e division et ça sera pas bon pour les salariés. Euh voilà. Et une fois qu'ils on a passé ce cap que la que la réforme est inévitable, il faut accepter un accompagnement de la réforme au plan social en évaluant les impacts sociaux, en les atténuant, en les accompagnant. Euh voilà, il faut accepter ces deux étapes et la première est pas la plus simple parce que le le poteau de départ là sur l'IA par exemple, les syndicats ils ont très peur donc ils ont une posture de blocage.

Bon voilà donc il va falloir discuter et leur dire "OK bloquez c'est bien mais si vous bloquez ça va passer quand même ou ça va passer ailleurs donc faut y aller." Voilà. Donc donc je suis en train de vous dire c'est c'est une c'est une figure imposée dialogue social. À partir de là, c'est comme les les champions de pâinage artistique, autant bien la faire avec élégance hein. Si les imposé, autant marquer des points en étant le plus gracieux possible et le plus efficace possible et pas se ramasser sur la glace quoi. Mais c'est exactement pareil. Voilà. Donc alors les les recettes, elles sont pas compliquées au fond. Euh c'est du respect déjà.

Faut pas considérer l'autre comme un ennemi, sinon vous êtes mal parti. de faut comprendre son point de vue, faut vraiment se mettre à sa place. Vous avez affaire à des gens intelligents. S'ils ont un point de vue, c'est qu' il y a un logiciel derrière. C'est peut-être pas le vôtre, mais il y en a un, il faut le comprendre. Qu'est-ce quel est l'enchaînement de valeur et de et de process intellectuel qui fait qu'il vous demande ce qu'il vous demande ? Il faut comprendre. Si vous comprenez pas, vous serez incapable de répondre avec justesse. Vous allez taper à côté de la plaque, surtout vous allez crper des positions et c'est l'absence de dialogue.

Au contraire, vous allez pas vous parler, quoi. Donc cet effort là, il faut le faire. admettre que vous avez affaire à des gens intelligents, même si c'est désagréable ce qu'ils vous disent, intelligents au sens d'intelligence quoi, de ils sont capables d'articuler des propos et des raisonnement. Et après, il faut voir, vous avez deux grandes familles de négociation, la facile et la difficile. La difficile, celle que j'évoquais le point de départ, vous avez légitimement un point de vue très divergent. Voilà. Et c'est comme ça. Ils veulent pas d'une transformation. Vous vous êtes là pour conduire la transformation. Ils ont des raisons de pas la vouloir.

Cette transformation, elle peut dégrader les conditions sociales des travailleurs. Donc ils en veulent pas. Et vous êtes là, vous dire si si, il faut la faire. Bon là, le poteau de départ, il est compliqué et ça passe par beaucoup de Alors, vous avez des techniques là-dessus, les benchmark, qu'est-ce qui se passe ailleurs ? Vous faites intervenir des experts qui ouvrent les têtes, c'est pas moi qui vous le dis, c'est les tiers sachant qui vont vous l'expliquer et cetera. Il faut prendre son temps, il faut prendre le temps nécessaire à ce que la nécessité d'évoluer soit partagée, sinon ça marchera pas. Et après, c'est l'accompagnement. Après, vous avez d'autres négociations possibles.

Ça ça dépend de la santé des entreprises. Les entreprises qui vont mal, elles ont pas grand-chose à négocier. Elles ont à négocier que de l'accompagnement. Les entreprises qui vont bien, elles ont le partage de la valeur à négocier. Elles ont des choses à négocier. Et donc là, bah c'est plus facile parce que vous avez du grin à moudre hein. Donc il faut installer une association du personnel au bon résultat de l'entreprise. Je pense que j'y crois aussi beaucoup parce que forcément ça motive les salariés. Ils partagent une partie des bons résultats qu'ils ont quand même contribué à créer. Il faut être honnête. Ces bons résultats, ils sont venus de quelque part. Voilà.

Donc ça c'est plus simple mais au fond c'est une attitude, c'est du respect, c'est de l'intelligence de l'autre, c'est la conviction profonde qui a toujours un chemin même quand c'est difficile, il faut accepter de prendre du temps, ça peut pas se faire en force et donc rapidement voilà enfin c'est un peu la théorie ce que je vous raconte mais enfin instruit par de l'expérience et quand on fait tout ça, on augmente ses chances d'y arriver. C'est pas forcément une une réussite garantie mais c'est au moins en tout cas une vraie une vraie capacité à avancer. À l'inverse, ne pas faire tout ce que je vous dis.

Cela pour le coup, c'est une certitude à pas y arriver et se retrouver dans une position de blocage dont il est compliqué après de sortir. Monsieur le ministre a un sujet qui doit je l'imagine faire l'objet de discussion avec les partenaires sociaux, c'est la smicardisation. Dans un rapport de France stratégie paru en 2024, Antoine Bosio et Étienne Vas font état d'une trappe à bas salaire causée par l'écart important de charge social entre le SMIC et un salaire supérieur. À titre d'exemple, les cotisations sociales payées sur le SMIC sont d'environ 445 € contre environ 850 € pour un SMIC augmenté de 100 €.

Donc résultat, selon la DARS, le nombre de salariés payés au SMIC est passé de 9,8 % en 2010 à 14,6 % en 2024. Monsieur Farandou, comment proposez-vous de lutter contre la semicardisation ? Ah si, c'est pas c'est pas simple votre question. Alors, faut peut-être expliquer parce que je sais pas si vous êtes tous familier des des de la présentation qui a été faite. On a cru bien faire quand on je mais nous, c'est pas moi qui étais au aux manches, mais on a cru bien faire dans les années, ça fait moment qu'il y a les alléments généraux, c'est-à-dire quand il vient une politique qui consiste à alléger les charges, les cotisations patronales payées par les entreprises pour faciliter l'emploi.

En gros, on réduit le coût du travail. Vous savez, le coût du travail, c'est un coût complet. Vous avez le salaire, les cotisations payées par les salariés, les cotisations patronales, tout ça, ça fait le salaire brut et forcément si le et le salaire brut il est élevé en France par rapport au net.

Voilà, c'est une mauvaise caractère enfin une mauvaise je ne sais pas ça s'explique parce qu'on fait porter par le travail patronal et salarial le coût du financement de la sécurité sociale en voilà donc forcément cette tranche-là elle c'est s élevée au fil du temps et elle atteint maintenant des niveaux élevés fait que tout le monde estima content le patron il est pas content parce que le travail lui coûte cher et le salarié il est pas content parce que le travail lui rapporte peu. Voyez donc on a une situation à l'ambiquée dont il est pas simple de sortir. Ça c'est la toile générale pour rendre les entreprises françaises plus compétitives et pour encourager le recrutement.

Alors plutôt de bas salaire pour être massif pour aller chercher des des pour être massif. Il a été décidé il y a je me souviens plus il y a quelques années effectivement de quasiment pas neutraliser mais presque les charges patronales pour les passes à l'air pour le SMIG. Voilà c'est ce qu'on appelle les allègements généraux. C'est une courbe un peu comme ça. Alors à l'envers pour vous c'est comme ça. Ils sont maximaux au niveau du SMIG et ils sont nuls à trois à trois fois le SMIG. C'est une une une espèce de courbe, une parabole un peu comme ça. Voilà. Donc c'est très élevé au début puis ça tombe assez vite et à la fin il y a plus grand-chose. Voilà.

Alors alors c'est très bien, ça a marché. Les entreprises françaises ont recruté, on a le coût du travail sur les bas salaires, un des plus bas d'Europe. Donc en matière compétitive pour des bas salaires, ça marche très bien. L'inconvénient, c'est comme vous l'avez dit, ce système plus un système de prix d'activité qui qui est pas terrible fait que pour pour un coût pour un patron de 600 € le salarié ne reçoit que 100 €. Donc forcément c'est pas évident quoi. Et c'est pour ça que les entreprises hésitent à à aller au-delà du SMIC parce que ça leur coûte très cher avec un effet net pour le salarié très bas. Voilà.

Alors ce ce problème étant posé, il est il a pas une solution simple parce que pour trouver la solution à ça, il faut casser ce système. Et pour casser ce système qui rapporte quand même 80 milliards aux entreprises, on va le il faut pas leur enlever 80 milliards comme ça hein. Donc voilà. Donc quel système de substitution ? Certains pensent, vous verrez certains candidats qui arrivent avec quelques idées intéressantes, qu'il faut en gros réduire considérablement ce système là et entre et et lorsqu'il va mettre enfin qui va causer une dépense supplémentaire pour les entreprises, mais compenser en réduisant considérablement les impôts de production.

On en est par ailleurs un pays où il y a beaucoup d'impôts de production qui tapent le chiffre d'affaires très haut, le versement de transport par exemple, mobilité, mais il y en a quelques-uns comme ça qui coûte très cher aux entreprises. Donc il pourrait y avoir un deal autour de vous payez les charges que vous devez payer au fond. Voilà, parce que c'est comme ça, mais on on vous aide en diminuant euh parce que cet argent-là, en plus, on en a besoin pour la sécurité sociale par ailleurs, hein. Donc, il s'agit pas de le faire disparaître comme ça.

Mais en contrepartie, euh l'État fait un effort de fiscalité, don d'économie en réduisant sensiblement les euh les économies, les les impôts de production. Je trouve que c'est une piste intéressante, mais qui vous montre quand même que ce sujet là, il est facile à poser, il est pas facile à résoudre. On va forcément parler de la question de la fraude sociale. Donc dans sa note publiée en janvier dernier, le Haut Conseil du financement de la protection sociale estime la fraude sociale à 14 milliards d'euros dont 52 % et le fait des entreprises. Un montant qui à première vue laisse entrevoir une potentielle aide pour réduire le déficit de la sécurité sociale.

Or le taux de recouvrement est inférieur à 5 %. Cela signifie que l'État arrive à récupérer uniquement que 5 % de l'argent fraudé. Déjà, comment pouvez-vous expliquer que ce taux soit aussi faible alors qu'on arrive à estimer un montant à 14 milliards par an et comment améliorer concrètement le recouvrement de la fraude fiscale ? Oui, alors les les chiffres être complets, il vous en manque un au milieu. 14 milliards, c'est une estimation. C'est c'est une extrapolation, c'est pas comptable mais enfin bon, c'est une estimation. Euh après, vous avez la fraude identifiée, ça c'est sûr. Par exemple, de 14 milliards, on tombe plus qu'à 1 milliard et demi.

Donc on a encore beaucoup de boulot à identifier. Après, il y a le recouvrement. Une fois que vous avez identifié un fraudeur et ça fraude, comment vous arrivez à capter l'argent qu'il vous doit ? Voilà, ça c'est le recouvrement et c'est pas facile. Alors, ce qu'il faut faire, c'est améliorer les deux. Il faut en identifier davantage. De ce côté-là, l'intelligence artificielle peut nous aider. Par exemple, je vais vous donner un truc que vous allez comprendre tout de suite. En en on en alors faut passer par la loi parce que la loi est très protectrice en matière de données. Donc, faut la loi nous autorise à croiser des bases de données.

On a besoin de desserrer un peu les contraintes de protection individuelle. Donc, passe par la loi, il faut être mesuré. Et il suffit de croiser par exemple le nombre de salariés déclarés par une entreprise avec son chiffre d'affaires pour vite voir des aberrations. C'est qu'une entreprise qui a trois salariés qui fait un million d'euros de chiffre d'affair, vous dites il y a un bug là hein, il y a quelque chose qui va pas. Donc là vous avez un indice de de travail dissimulé. Vous voyez ça c'est pas très compliqué.

Une fois que vous avez identifié et voilà à peu près les avec une probabilité forte d'une entreprise qui est fraudeur, il suffit d'envoyer les contrôleurs chez elle et vous faites bingo à tous les coups quoi. Donc vous avez une rentabilité des forces de fraude des qui sont des gens he des des des inspecteurs ou des contrôleurs très efficaces. Donc vous voyez que l'IA peut aider très vite en screenant à repérer euh les entreprises à forte probabilité de fraude et ça renforce du coup le la capacité de fraude. Deuxième ça c'est pour l'identification. Pour le recouvrement, en fait, ce qu'il faut, c'est capter l'argent.

C'estàd que dès que vos inspecteurs et très vite ont une présomption avec quelques éléments probant quand même hein, pas euh là aussi que qu'une entreprise est fraudeur, faut faut clore ses comptes, faut l'empêcher de partir avec l'argent. Aujourd'hui, il existe une procédure de de blocage des comptes, ça dure 15 jours. En 15 jours, la l'entreprise, elle est partie. Comme ils sont fraudeurs, ils sont éphémères, ils se taillent, ils s'en vont, ils disparaissent.

Donc vous êtes quand vous êtes au bout de l'instruction, vous avez là pour le coup un juge qui dit "Ils sont coupables mais ils ont disparu, il y a plus personne et vous avez pu récupérer l'argent." Donc dans le projet de loi contre la fraude que je vais présenter d'ailleurs dès la semaine prochaine je continue la présentation de ces lois et je la défends au parlement. Je vais demander une mesure qui va permettre de bloquer les comptes des entreprises très vite pour être en capacité de récupérer l'argent. Voilà les instruments dont on veut se doter pour avec l'IA repérer plus vite avec cette évolution de la loi, capter l'argent, bloquer les comptes avant que les fraudeurs ne s'enent.

Alors, monsieur le ministre, nous allons passer à notre dernier sujet. Vous n'alliez pas y échapper. Nous allons parler des retraites. La France compte aujourd'hui 42 régimes de retraite différents. Le président de la République avait tenté de les fondre au sein d'un seul régime de retraite par point lors de son premier quinquena. Mais la proposition avait fait polémique. Par exemple, en janvier 2020, les avocats se mettent en grève puisqu'ils craignent que cette réforme abolisse leur caisse de retraite excédentaire.

L'immobilisme qui caractérise la situation crée un manque à gagner pour les caisses de la sécurité sociale et une perte pour l'État lorsqu'il s'agit de subventionner les régimes déficit. Monsieur le ministre, comment mettre fin au régimes spéciaux et faire émerger un régime général total ? Ah ben je sais pas si c'est la solution ça. C'est une une des solutions mais c'est pas la seule. Euh alors d'abord il faut comprendre quand même moi j'aime bien comprendre les choses. C'est mon côté ingénieur là qui qui revient. Pourquoi c'est comme ça ? Pourquoi cette malédiction ? Bah, c'est une malédiction française, hein.

La plupart des pays européens, bon gré malgré, bah les populations acceptent de travailler davantage parce qu'on a tous le même problème he vieillissement de la population, équilibre des des régimes de retraite quelle que soit la manière dont les retraites sont établies. Je rappelle qu'en France, bien sûr, vous le savez, on est régime de répartition, c'est-à-dire que bah les actifs cotisent pour les retraiter. Voilà, c'est une solidarité générationnelle comme on dit, c'est un joli mot. Enfin, c'est aussi le principe. Donc forcément, quand il y a déséquilibre démographique, il y a un problème qui se pose.

Il y a il y a le ratio actif sur sur retraité, il est passé après guerre de je crois de plus de trois actifs pour en retraiter à 1,4 1,5 actifs pour en retraiter et ça diminue. Donc forcément euh il y a il y a un problème. Bon tout le problème il est parfaitement compris.

Ceci étant posé quand on a voulu alors c'est deux réformes de nature différente mais enfin bon il y en a eu deux hein parce qu'il y a eu celle de 1920 qui consistait à inventer un nouveau système toujours par répartition mais par point et là c'était le régime universel il y avait une belle ambition c'est celle que vous avez reprise c'està-dire qu'il y a énormément de régimes d'ailleurs dans notre pays il y en a pas qu'un il y a les régimes spéciaux il y a les indépendants, il les agriculteurs, puis le régime général et après il y a les dans les régimes particuliers ben il y a les avocats, il y a les pompiers, il y a tout l'Opéra de Paris, la RATP P EDF et compagnie et compagnie et puis il y a ceux qui se terminent comme ceux des Chinau et cetera.

Bon bref voilà et là l'idée était très séduisante au plan conceptuel avec le sujet d'égalité un seul convergence totale. pas simple, pas simple, pas simple. Et la transition de système hyper compliqué à un seul système, c'était aussi assez croquignolé. Mais enfin bon, il y avait un projet. Le projet d'ailleurs, il est pas tombé au passage parce que c'était oui, il y avait des oppositions mais euh en fait ce qui a empêché son adoption c'est qu'en cours de jeu euh alors que le début le projet était uniquement sur un système par point, on a rajouté à un moment donné dans le processus de la f pivot, c'est une une un paramètre de de d'âge.

C'est ça qui a compliqué les choses parce que la CFDT qui jusqu'alors avait accompagné la réforme, paf, à cause de ça, elle s'est mis contre. Donc il y avait aucun syndicat qui était pour tous était contre le fond social était quand même lourd. plus des quelques niches là qui se faisaient entendre. Voilà, ça rendait les choses compliquées. Ça a failli passer quand même parce queà l'époque euh le gouvernement avait une assemblée avait une assemblée à dont il était majoritaire et c'est le Covid, vous voyez le fait de jeu qui est arrivé d'Asie, c'est ce qu'on dit.

Le fait de jeu est arrivé le Covid et hop, le président de la République a levé le crayon parce qu'il voulait pas rajouter du désordre au désordre et donc il a suspendu la réforme qui est plus jamais revenue. Ça c'est le 1920. en 23, c'est une forme plus classique au fond qui consiste à reculer l'âge de départ si on fait courant. Bon voilà, il y a d'autres choses mais fondamentalement, on prend le système actuel et bof, on conjugue euh la la durée, hein, le le le nombre de de trimestres sur lequel il faut cotiser pour avoir une retête à ta plein avec un âge d'ouverture des droits qui est décalé à 64 ans, les fameux 64 ans dont on a beaucoup parlé. Bon, on sait ce qu' état devenu.

C'est passé avec le avec le 493, mais ça a laissé une trace, on voit durable hein dans le corps social, même dans la démocratie. Enfin, c'était pas digéré. Alors, c'est pas moi qui ai décidé de la suspension. Ça c'est un petit bémol par rapport au au propos introductif. C'est le premier ministre hein pour des raisons de d'équilibre, d'équilibre politique. C'était le gage a donné pour avoir une stabilité gouvernementale. Il a donné le gage et il y a une stabilité. Donc, au moins le le a été respecté. et et s'il ne se passe rien d'ailleurs pour être précis, s'il y a aucune autre loi, celle-là redémarra le 1er janvier 2028. Voilà.

Donc s'il se passe rien, s'il y a pas d'autres lois, celle-là redémarre. C'est un décalage dans le temps comme l'a dit le président de la République à l'époque. Alors, est-ce qu'il y aura une autre loi ? Ben ça c'est la démocratie qui le décidera. les candidats peut-être vont arriver au à l'élection présidentielle avec des projets de des projets de réforme de retraite. Ben, je pense que s'ils sont élus, ils vont ils vont dissoudre l'assemblée, faire une autre assemblée et je pense que la cette nouvelle assemblée assez rapidement verra arriver une loi qui réformera pour le coup la la le système des retraites.

Bon, euh moi je pense qu'il y a euh il y a peut-être deux trois idées que je voulais partager avec vous avec vous. On n pas été loin, vous en appelz ça le conclave, je sais pas si vous avez suivi cette affaire là. En gros, à la fin, c'est la CFDT qui négocie avec le MDEF. C'est les deux plus grosses organisations, syndical d'un côté, patronale de l'autre. Ils ont été assez d'y arriver. Alors, dans les négoqué parce que vous avez fait beaucoup de concessions réciproques. Les faciles, vous avez faites, les moyennement difficiles vous avez faites, les difficiles vous avez faites, les très difficiles vous avez faites et reste la dernière que vous voulez vraiment pas faire. Voilà.

Et c'est pareil dans le camp d'en face. Si vous avez pas surmonté par un coup de rein la dernière étape, et ben il y a pas le dernière étape. S'il y a pas la dernière étape, il y a pas d'accord. Voilà. Et au fond, c'était important. Ils ont buté sur la pénibilité. La pénibilité, c'est de d'accepter l'idée qu'il y a dans certains métiers. En tout cas, quand vous les faites longtemps, 20 ans, 30 ans, 40 ans, du 38, travail de nuit, travail de force, couvreur aux intempéries, et cetera et cetera. Il y a quand même des métiers quand vous les faites longtemps, vous finissez par être un peu abîmé quand même.

Il y a un peu d'usure physique au fond au fond un peu mental aussi, mais physique, c'est un peu démontré par les études scientifiques. On travaille de nuit, raccourciz votre durée de vie, hein. C'est quand même prouvé. Bon, on a quand même une forme d'usure qu'il est paraît normal de de de compenser. Deuxièmement, vous avez un petit peu un mal français autour des conditions de travail au cours du management qui font que pas partout fort heureusement, il y a quand même des gens arrivés à 60 ans, 62 ans, ils ont envie de partir quoi. Ils ont plus envie de rester du tout parce qu'ils se plaisent plus au travail. Donc quand on leur a dit bonne nouvelle les gars, vous allez faire 2 ans de plus.

Ah non, moi je veux pas faire 2 ans de plus, j'ai pas du tout envie de faire 2 ans en plus. Bon ça ça a pas été traité. C'estàd qu'on a pas traité ces 40 ans de vie au travail, ces 45 ans de vie au travail. dans quel état ça vous mettait au fond. Et et là, la modeste avancée que j'ai pu faire, j'ai relancé une conférence sociale autour du du travail et des retraites. Justement, j'ai rajouté le travail. Je leur ai dit, avant de parler des retraites, prenez le temps de parler du travail. Regardez qu'est-ce qu'il faut faire pour que 45 ans plus tard, les gens soient toujours contents d'aller au travail parce que je pense que c'est possible. Voilà, c'est mon côté optimiste, hein.

Je pense que c'est possible mais il y a des choses à faire pour y arriver. Au contraire, si on le fait pas, c'est dégradé. Voilà. Donc, je pense que je suis en train de vous dire que répartition, faire partir les gens plus plus tard, c'est nécessaire. Mais il faudra accepter d'une manière ou d'une autre d'arriver à trouver comment on prend en compte l'esure au travail. C'est une condition nécessaire et la et et la capitalisation. Vous m'avez pas posé la question mais peut-être que ça allait venir. Oui, c'est possible mais c'est compliqué. Il y a dans les pays angl c'est les fonds de pension ce qu'on appelle les fonds de pension. Les pays anglosax fonctionnent comme ça.

Alors pour le coup c'est vous qui cotisez pour votre retraite. C'est très différent. C'est vous qui cotisez pour votre retraite. Donc c'est complètement différent avec des fonds qui gèrent ben les les les abondements que vous faites sur votre sur votre compte. C'est possible mais c'est très compliqué de passer du système A système B parce queil y a une génération qui l'a payé deux fois quoi. Elle doit continuer à payer pour la répar pour la répartition sinon ça s'arrête elle doit commencer à payer pour elle. Voyez ça là. Bon alors moi je pense pas qu'il soit possible de de passer d'un système complet répartition à un système complet capitalisation.

Par contre une tranche de capitalisation notamment pour des jeunes comme vous qui pourraient démarrer assez vite avec en mettant un peu de sous sur un compte peut-être abondé par l'entreprise dans laquelle vous travaillez. Ça c'est pas idiot parce que vous 45 ans plus tard, ce fond-là, il peut avoir produit au moins un élément complémentaire à votre au régime général. Voilà, donc ça, je pense qu'une tranche de capitalisation, c'est pas idiot et et je suis d'accord, je fais partie de ceux qui pensent que oui, ça peut être intéressant de compléter le système de répartition avec usure et et par point c'est comme répartition.

C'est un système plus moderne, on va dire, plus ambitieux, mais au fond philosophiquement parlant, ça reste un modèle par répartition. Donc usure plus capitalisation, une tranche de capitalisation avec un côté comme ça, je pense qu'on peut arriver à sauvegarder notre régime de retraite. Merci beaucoup monsieur le ministre. Nous allons maintenant passer au Fast and Curius préparé par Alexis. Monsieur le ministre, bonsoir. Tribune vous invite pour clore cette conférence à passer une dernière épreuve, celle du Fast and Curious. Les règles sont assez simples. Vous allez être confronté à un choix binaire et vous choisissez soit l'option une, soit l'option 2 et ça va être de façon rythmée. OK ?

R et vous avez les questions devant vous. Donc pour commencer pour votre ancienne profession, est-ce que vous êtes plus une personne pile à l'heure ou en avance ? En avance. Est-ce que vous êtes plus SNCF ou RATP ? SNCF. Et donc est-ce que par rapport à l' SNCF, vous êtes plus première classe ou 2è classe ? première classe [rires] mais nous allons passer sur un terrain un peu plus politique. Et en parlant de terrain, est-ce que vous êtes plus sur le terrain ou sur le bureau ? Euh je je suis passe plus de temps sur le bureau, mais j'ai le terrain est très très important. Vous m'excuserez cette petite Voilà, mais donc terrain, si je devais choisir un, je dirais terrain.

Parfait pour le terrain. Est-ce que vous prenez des risques vous jouez la sécurité ? Euh prendre un risque toujours. Oui, souvent. Vous allez pas bien sûr y échapper 64 ans ou 62 ans ? 64 ans. J'ai pas osé répondre 67 parce que ça aurait été provoque mais 64. [rires] Et donc nous allons passer à un choix un peu plus dur important. Thomas Ramos ou Antoine Dupon ? Thomas Ramos parce que moi je joue arrière au rugby. Parfait. Un discours préparé ou une prise de parole improvisée ? Prise de parole improvisée parce qu'on est plus authentique. Et bien sûr ce qui est important c'est est-ce que vous êtes direct ou diplomate ? Elle est dure celle.

Je pense que je suis diplomate par rapport à à votre ancienne profession, mais euh surtout les cotisations salariales ou les cotisations patronales. Euh la question faut la faire à l'envers. Laquelle il faut réduire d'abord ? Et ben paradoxalement, je pense qu'il faut réduire les patronales d'abord. Donc ça sera les patronales ou Bordeaux. Bordeaux bien sûr. Les GIO d'hivers ou les GODT ? Jodt. Et il me semble que c'est la meilleure pour la fin. Le SCP ou les mines de Paris. le SCP quand même. Je suis diplomate, je vous l'ai dit. Parfait. Merci beaucoup.

1:02:43
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

1:02:49
Locuteur

On va maintenant passer à une session de questions. Donc n'hésitez pas à lever la main et des micros vont circuler dans la salle. la bonsoir. Merci beaucoup, intervention super intéressante et merci à ECP Tribune d'organiser cette cet événement. Moi, j'ai un petit peu plus d'expérience que la moyenne de la salle, je crois. Je suis passée par le salariat, 25 ans et l'entrepreneuriat. Euh, je suis aussi très intéressée par les affaires publiques et je voulais vous demander si vous pensiez à des mesures pour favoriser les la mixité des parcours, c'est-à-dire entre le privé, le public, l'entrepreneuriat, le salariat.

favoriser tout ça parce que finalement une carrière elle est souvent très verticale et peut-être que si on avait des carrière plus horizontal ou transversal ça créerait plus de flexibilité dans le monde du travail. Voilà. Non mais je suis je peux être que d'accord avec vous au plan philosophique on pourrait rajouter monde politique monde dans l'entreprise hein. Je vois bien le monde de l'entreprise est pas assez représenté au parlement. Il y a très peu de parlementaires qui ont une expérience d'entreprise au mieux un peu libéral. au Sénat, il y a quelques médecins et quelques notaires.

Bon voilà, mais très peu qui ont été cadres, CADUP, chef de projet, dirigeant, chef d'entreprise, très très peu. Et ça manque, ça manque parce que je vois dans la manière dont il s'exprime, ça se sent quoi. Ils comprennent pas l'entreprise, ils disent des erreurs sur l'entreprise, des erreurs négatives ou positives, peu importe. Mais ça manque. Donc je pense que et alors ce pays alors une fois que j'ai dit ça, vous avez raison, ce pays est pas du tout fait pour euh organise des parcours variés et mixte. Faut se battre comme un malade pour y arriver. Il y a une autre un autre frein, la chat la chat TVP. C'est redoutable ce machin.

Alors moi maintenant ça se pose plus mais j'ai je me souviens de ministre des transports que j'aimais bien qui s'appelait qui s'appelle toujours Jean-Baptiste Jbari. Qu'est-ce qu'il avait développé son métier ? Il était je crois un pilote de l'air. Enfin, il avait développé des compétences dans les transports mais pendant 3 ans, il pouvait pas travailler dans les transports. Ça vous ça vous pose des problèmes quand même. Il fallait bien qu'il mange quand même, il fallait bien qu'il croûte. Donc comment il a fait ? Il s'est un peu débrouillé, il a trouvé du consulting à droite à gauche.

Mais c'est vrai qu'on a on a des règles, alors on les comprend au départ mais mais on a des règles de déontologie pour le monde public qui sont très dures. Les les des fonctionnaires, c'est pareil. Je me souviens d'une fonctionnaire de ministère du logement que je voulais alors fonctionnaire de pas une très haute fonctionnaire enfin une conseillère. Bon, quelqu'un de bien mais 30 35 ans pas pas un directeur d'administration centrale hein qui avait travaillé au logement, je voulais la recruter dans une équipe SNCF. On a pas pu faire le mouvement.

Lahat la haute autorité de transparence à la vie publique hein, c'est ça la chat TVP, elle s'est opposé parce que figurez-vous une fois elle a participé à une réunion d'ailleurs j' étais où la SNCF donnait gratuitement des terrains et sur ces terrains le ministère du logement allait organiser une promotion de logements sociaux. Il a suffit qu'une fois elle participe à cette réunion pour considérer qu'elle était potentiellement conflictée avec le fait de revenir d'arriver à la SNC. Voyez, c'est c'est comme ça. Voilà. Et ça alors ça c'est un frais majeur pour faire voyez gouvernement versus entreprise c'est un fin majeur. C'est un frais majeur.

Euh un autre truc, je vais vous dire, moi je travaillé dans le transport public. J'étais patron du transport public pendant des années. Je travaillais à Keolis aussi. Ça a pas été dit dans mon parcours. J'ai dirigé une très grande filiale privée pour le coup de la SNCF. C'est la délégation service public. en en Angleterre, les pays anglo-saxon, en Australie, vous pouvez parfaitement passer de d'une entreprise de transport public privé à une autorité organisatrice qui gère les transport. Au contraire, ils en cherchent parce qu'ils savent très bien que vous êtes compétent parce que vous avez organisé des transports.

Donc pour eux, ils savent que c'est un atout que vous allez travailler dans une autorité qui va être le donneur d'ordre hein pour dans des appels d'offre. En France, c'est interdit. Vous pouvez pas. Voilà, la France, elle s'est ingénignée euh administrativement, normativement, légalement à interdire volontairement les parcours. C'est même c'est c'est quoi quoi. Voyez, c'est à partir de là euh mais il faut se battre, hein. Il fait c'est c'est c'est très compliqué. Alors, on peut faire salariat entreprise, ça on peut faire euh ça il il tient qu'à soi, ça c'est pas interdit en tout cas. Donc on arrive à faire des mouvements dans ce sens-là. Euh voilà.

Donc ça je l'encourage d'ailleurs parce que c'est bien d'être entrepreneur de voir l'effet que ça fait de d'avoir de d'être responsable soi-même des comptes de son entreprise he c'est ça met de la pression et quand après on passe à en entreprise même cadre ou cadre supre voilà on le porte dans ces gènes et à mon avis on est plus entreprenant voilà mais on est intraent entreprenant voilà dans dans une entreprise voilà donc je suis désolé de pas être forcément optimist malheureusement la France est pas très douée ou des universitaires qui font que l'université c'est très rare que les gens qui sont à l'université à un moment donné se retrouvent en entreprise.

Pourtant, ça ferait pas de mal et réciproquement vraiment on est un pays, on a des on a des ordres aussi, voyez, on est organisé l'ordre des médecins, l'ordre des architectes. Alors, les ordres, ça vous enferme complètement. Si vous quittez pour revenir, bonjour quoi. Voilà, donc on est vraiment dans une espèce de sectarisme comme ça qui malheureusement ne n'encourage pas les ces ces parcours. Je le regrette mais c'est quand même ça la situation encore aujourd'hui. Euh bonjour monsieur le ministre, c'est Silson. Je suis une ancienne élève de LAACB et j'ai fait Science PO aussi. Donc, j'ai une question un peu plus personnelle et politique.

Euh, je voulais savoir en fait cette nomination au ministère du travail, qu'est-ce que ça a changé concrètement dans votre vie ? Et est-ce que vous destinez à une carrière en tant que haut fonctionnaire plutôt dans le secteur public ? Ah non, non, pas alors d'abord c'est une surprise totale. Moi moi j'étais j'ai 68 ans moi donc je suis pas très loin de la fin quand même. Et j'allais m'arrêter la SNCF à 15 jours près. C'était organisé. Monsieur Castex m'a m'a succédé au 1er novembre hein et là ça se passe le 15 le 12 octobre voyez donc on est vraiment dans la toute dernière ligne droite. Ma vie d'après est organisé hein.

Je vais je vais rentrer dans les conseils d'administration un copain consulting m'attend. Je vais prendre d'ailleurs des responsabilités municipales dans la ville où j'habite. Enfin bref ma vie d'après est sympa, organisée, active tout va bien et un peu plus de temps libre qui fait pas de mal. Et j'ai le sentiment d'avoir bien mérité après 45 ans de bons services dont tout va bien. Et là la proposition arrive. J'hésite un peu hein pour tout vous dire parce que je m'étais pas trop préparé à ça et après avoir réfléchi vite parce queil faut décider vite hein, le coup de fil de proposition arrive le jeudi, il faut décider le samedi quoi en gros hein. Vous avez pas 3 mois pour réfléchir.

J'y vais contre toute attente un peu d'ailleurs. Même moi-même je me suis presque un peu surpris de dire oui. Euh alors pourquoi ? Euh d'abord la chose publique m'a toujours intéressé sans faire de la politique. J'ai jamais été encarté, j'ai jamais été élu. J'étais en en adhérence quand même de la chose politique. Le transport public que j'évoquais ou la SNCF qui est une boîte publique, les ministres, les présidents de région, les élus, les maire, je les ai côtoyé. Donc j'ai des j'ai j'ai quand même des gens que je connais que je connais leur logique. Je parler des logiques, des logiciels, je sais comment et j'ai du respect pour eux.

Moi je les critique pas du tout les hommes et les femmes politiques. Ils donnent don de leur vie, hein. Ils ont pas d'heur et tous les weekends, ils bossent, les soirées ils sont pas chez eux. Enfin, c'est un don de soi pour pas gagner grand-chose. En plus, franchement, contrairement à ce que les gens pensent, c'est pas il faut pas faire de la politique pour gagner des sous. C'est pas vrai. C'est pas la c'est pas la bonne voie. Donc, j'ai du respect pour ces gens-là. Et puis au bon, je me suis dit écoute, la France ne va pas bien. C'est pas c'est un constat. C'est un moment compliqué pour la France.

compliqué au plan économique, géopolitique, stratégique, social, politique puisqu'il y a pas de majorité donc c'est difficile de faire marcher le pays. Je dis tu as le choix entre deux attitudes. Ou tu es commentateur, tu fais comme les autres, tu commentes, tu refais l'équipe de foot, voilà tous les weekends et tu vas jamais jouer ou tu prends tes crampons comme au rugby, tu mets le maillot et tu vas jouer. Tu vas prendre des coups hein comme au rugby mais tu vas peut-être pas en donner mais en fait tu vas porter le ballon, tu vas te débrouiller dans l'adversité, tu vas essayer de porter le ballon et marquer des essais pour les Français. et les françaises.

Voilà, ce qui m'animait, c'est le centre de l'intérêt général. J'ai réfléchi de jours, j'ai dit bah alors et la proposition était belle. Le travail, je suis pas un théoricien du travail, je suis un praticien. Ça j'ai connu tous les sujets qu'on a évoqué, la santé au travail, les conditions de travail, le dialogue social, la rémunération, le recrutement, la gestion de carrière, les retraites, enfin j'ai vécu tout ça de l'intérieur comme un praticien au fond hein dans le laboratoire et là il je deviens un théoricien davantage encore avec les mains quand même Enzone quand même, j'essaie de rester en zone. Voilà, j'ai dit ben voilà, j'y vais, ça c'est mon engagement.

Après, pour moi, c'est un sas. J'espère que je ne je tiendrai cette bonne résolution. Bon là, j'arrive quand même. Moi, pour moi, si tout va bien, si la démocratie nous renverse pas, ce qui est toujours possible, hein. Je rappelle qu'on a' pas la majorité, donc on est on est à la mercie du motion de censure, hein. Le Parlement, ben l'Assemblée nationale peut nous jeter, hein. S'il y a une majorité de de députés qui veulent nous jeter, il peut nous jeter. Voilà, donc c'est quand même un contrat à durée vraiment indéterminé là pour le coup on en a parlé. Il est très indéterminé là ce contrat pour de vrai et euh voilà, ça sans motif trop trop sans motif préalable quoi.

Euh je pense que je j'espère aller jusqu'à l'élection présidentielle de de l'année prochaine. Là, j'aurai 70 ans en 2017, ça sera bien. 57 calculé, c'est la date de ma naissance. Là, il faut que j'arrête. Il faut que je retrouve ma future nouvelle vie que j'ai un peu laissé de côté. J'espère pouvoir réactiver les les pistes que j'avais envisagé et et m'arrêter parce qu'il y a un temps pour tout. Donc, je ne pense pas. Alors, on verra. Je m'engagerai peut-être dans la campagne, ça on verra. Je je n'ai pas encore décidé. On n'est pas là pour faire la politique, mais on en dit deux mots.

Sans surprise, et je pense que vous serez pas surpris, ça me plairait pas quand même que la France bascule au Remblement national. Je serais pas très fier de mon pays et pour mon pays. Je serai inquiet pour mon pays. Donc, si je peux aider à ma manière à l'éviter, ben je le ferai. Voilà. Et après 2017 arrivera et 2027, pardon, arrivera. Et voilà. et je pense qu'il sera temps de de vaquer à d'autres occupations. Bonsoir monsieur le ministre, merci beaucoup pour cette intervention. En 1945, le l'espérance de vie était de 60 ans. Cette année-là aussi, le système des retraites est instauré et autorise un départ à la retraite à 65 ans.

En 2025, pour la première fois, la France enregistre un solde naturel négatif. Lorsque vous nous conseillez de épargner d'épargner pardon une partie de notre argent dès maintenant, est-ce que ce que vous nous dites à demi-mot c'est que plus qu'une transition nous allons assister à l'effondrement du système par capitalisation par répartition ? Alors si on fait rien, oui, ça ça s'effondre si on fait rien lentement. C'est une espèce de collapse lent. C'est pas le la maison qui s'écroule. C'est c'est c'est ça se fit ça se lézarde. Vousz ça bouge un peu. Vous perdez voilà.

Non, moi j'ai bon espoir qu'on y arrive parce que quand même ce système par répartition, il est pas mal mais il y a des conditions. Il faut en fait travailler plus longtemps. Ça on l'a tous compris. 64 mais je vous l'ai dit en plaisant mais je plaisante pas. Je pense que 76 66 vous votre génération 70 hein. Voilà donc mais c'est rien. 70 vous pterez le feu. Vous serez en pleine forme au courz partout. Voilà donc faut bien voir ça c'est que c'est très loin 70 ans pour vous. Donc vous aurez une forme olympique hein. Donc il y a pas de problème. Les représentations mentales il faut il faut les remettre en question. On n'est pas vieux à 70 ans, même aujourd'hui.

Euh regardez, moi j'ai 68 ans, je me sens pas vieux. Je suis ministre de la République, je fais je mène une vie infernale, je tiens le coup. Euh voilà, je suis heureux de le faire. Il y a c'est dans la tête un peu aussi la jeunesse et la vieillesse, hein. Donc franchement euh voilà. Donc je pense que le système par répartition, si on est capable de le réformer et donc de travailler davantage en gros, ça c'est sûr, et d'accepter, je vous dis la condition d'acceptation, c'est une forme de reconnaissance de l'usure au travail qui reste à calé. Je pense pas qu'il s'écroule.

Pour autant, ça peut pas faire de mal pour le soulager un petit peu quand même que chacun à sa manière vous vous vous ayez un peu de compensation par capitalisation personnelle. Je pense que c'est sage. Voilà, je pense que c'est pas idiot. Voilà, ça peut faire un complément de de rémunération. C'est un complément, je pense pas que ça sera votre retraite principale. Ça sera un complément mais un complément qui peut être utile. Et là, pour que ça marche, il faut commencer très tôt. C'est vraiment le c'est le c'est le c'est l'écureuil hein. Il faut mettre des noisettes, une noisette après noisette. Euh pour avoir 10000 noisettes, faut commencer à en mettre une une par une, quoi. Voilà.

Donc c'est une part de votre rémunération, de votre de votre salaire qu'il faudra mettre. Et après, je pense aussi les entreprises, c'est le cas déjà hein, auront des systèmes peut-être d'abondement en terme de partage de la valeur. Peut-être une partie de la de la partage de la valeur peut se faire un abondement euh sur ce compte-là pour pour vous aider à constituer un capital qui va qui va fonctionner, qui va qui va prospérer et qui vous permettra d'avoir une retraite complémentaire qui viendra ben vous donner un complément de revenu lorsqu'il sera l'âge pour vous de vous arrêter de vous travailler.

Je crois aussi beaucoup, je voudrais lire aux retraites mixtes, je pense qu'il faut là aussi alors c'est un peu à la française, on est très binaire, on travaille puis un jour on s'arrête. Mais c'est idiot ça. Il y a une période de la vie de je sais pas de 62 65 à 74 15 où on peut faire les deux. On peut un peu travailler et un peu à la retraite ou beaucoup travailler un peu à la retraite ou un peu travailler beaucoup à la retraite. Je crois beaucoup à ces périodes de la vie sur une bonne dizaine d'années hein largement peut-être plus où en fait on peut faire les deux. Voilà. C'est pas du tout naturel en France.

C'est pas encouragé mais je pense qu'il faut encourager en terme de transmission en terme bien pour soi-même. C'est très dur d'arrêter d'un coup. C'est très violent quand même. Vous retrouvez d'un coup dans votre fauteuil vous avez pas forcément envie. Je trouve qu'il faut encourager ces systèmes mixtes. Je j'y crois beaucoup et ça aussi ça pour être une forme de retraite assez euh originale, en tout cas plus répandue quand vous petit à petit vous vous avez le temps, hein, franchement vous rapprocherez de ce de ces seuils-là. Bonsoir monsieur le ministre. Euh tout à l'heure, vous avez parlé de formation initiale.

Vous avez euh presque suggéré qu'il faudrait moins de formation initiale et plus de formation continue. [grognement] Euh je voulais vous poser une question puisqu'on voit souvent euh dans la presse euh euh des témoignages de personnes qui ont des bacs + 5 et qui ne trouvent pas de travail. Euh est-ce que vous pensez que il y a presque trop d'offres de formation maintenant ? Est-ce qu'il y a trop d'écoles notamment des écoles privées ? Est-ce que vous pensez que le bac ne fait plus assez de sélection et que donc trop de personnes se retrouvent sur un marché du travail qui n'a plus assez de place à offrir ? Alors, il y a plusieurs éléments dans ce que vous dites.

Alors, il faut démêler les facteurs. Le le facteur principal, c'est pas public privé, c'est des formations qui mènent nulle part. Je vais vous donner un exemple, il est un peu caricatural, mais bon, ça permet de faire la communication simple. Est-ce que vous avez une idée du nombre de master 2 en droit de l'homme ? 500 par an au maximum on en a besoin de 50. Donc il y a 450 jeunes qui sont peut-être très heureux d'avoir le master 2 de droit de l'homme qui ne peuvent pas trouver du travail. Voilà parce que le droit de l'homme c'est pointu quand même. Voilà ça c'est un drame.

Et il y en a il y a là c est caricatural mais il y en a beaucoup de formations comme ça où par rapport à la demande du marché du travail il y a beaucoup trop de de diplômés qui arrivent là-dessus. Alors c'est beaucoup les sciences humaines au sens large c'est beaucoup là-dedans de la communication aussi. Il y a beaucoup trop de master 2 de com. Alors ça c'est un des effets pervers d'ailleurs de l'apprentissage. C'est très bien l'apprentissage mais ça a permis à des à des jeunes gens de de faire des parcours en master 1, master 2 mais pas vraiment guidé. On en revient à l'orientation. Il y a pas eu la réflexion en am disant mais je veux faire ça et quoi après ?

AL c'est très frustrant pour le jeune qui a bossé qui se retrouve avec un master 2 à 23 ans et puis il se rend compte que le marché du travail il l'a pas attendu parce qu'il est pas allé là où il y a des besoins. Ça c'est le pour moi le spé de rang 1. C'est l'orientation à nouveau. L'orientation elle est décisive. Il faut vraiment conseiller aux jeunes gens de renseignez-vous quand vous choisissez une voie de formation posez-vous la question qu'est-ce qu'il y a derrière quand même ça passe vite 4 5 ans de formation. Alors c'est pas de la science absolue mais quand même on voit à peu près les besoins de l'économie.

On voit à peu près où où à l'inverse, on voit très bien qu'il y a des formations qui mènent à une impasse. Euh en tout cas, le risque enfin le taux d'insertion est beaucoup plus bas. Ça se mesure nous en plus on peut le mesurer. D'ailleurs, c'est je vous ai parlé d'une appli jeune, on va le mettre à disposition des jeunes. On va leur donner l'information que tel type de formation mais voilà le taux d'insertion 10 % ou 70 %. C'est pas la même chose quand même. En tout le jeune fait son choix mais dans il est grand, il est adulte, il est responsable mais dans ce cas-là faut pas qu'il se peigne à 63 à 23 ans de se retrouver le bec dans l'eau quoi.

Et donc il faut là aussi responsabiliser les gens. en leur donnant les les éléments d'information pour le faire. Pour moi, c'est dr c'est pas plus privé. Il y a du bon public, il y a du bon privé, il y a du mauvais public, il y a du mauvais privé. Voilà ce qui compte, c'est une bonne bonne école. Voilà et ça ça renvoie à la qualité de l'enseignement, à la qualité des contenus, à la qualité du corps enseignant au parcours qui sont faits. Et je je reprends l'exemple de l'apprentissage. On est en train de fermer. Moi, depuis que je suis là, j'ai fait ma ma mon mon mon mon coup de calgon, on commence à fermer des centres de formation des des apprentis parce que c'est indigne.

C'est le niveau de formation donnée est mauvais. beaucoup de télétravail les donc il y a il y a très peu de de présentiel donc il y a très peu de pratiqu les contenus sont pas bons, il y a beaucoup de redites enfin ou de tron commun qui sont répétés à tout le monde. Euh les les enseignants sont de bas niveau, c'est de double gâchi. On gâche de l'argent public parce que l'État paye paye ses boîtes de formation en fait hein. Euh et deuxièmement les les jeunes sont sabotés. Ils ils passent pas leur le leur diplôme final à la fin. Enfin c'est une catastrophe.

Sans parler même d'escroc qui font une année qui la seconde année s'en vont mais la caisse sous la porte il part il part avec la caisse aussi. Voilà, donc vraiment il faut faire le ménage un peu là-dedans. Il faut être plus sérieux et moi, j'ai commencé à le faire avec un peu de fermeté et on va le faire à la fois pour l'agent public et pour les jeunes. Voilà. Donc et pour revenir, je pense que l'IA, je pense que l'IA va arriver là-dedans. L'IA, c'est en rapport au savoir qui qui change complètement puisque le savoir ben vous posez la question. D'ailleurs, quand vous discutez déjà avec des jeunes, vous êtes jeune vous aussi.

Moi j'ai une petite belle fille, je suis remarié, j'ai une belle fille qui a 20 ans. Quand Lia, c'est pas nouveau Lia, ça date de quelques années. Comment ça ve dire pourquoi tu veux que j'apprenne ? Je pose la question, il me répond. Donc si c'est juste pour avoir du savoir pur, vous savez savoir faire savoir être le savoir pur, mais vous posez la question, il vous répond. Donc est-ce qu'il faut que la ça vaut la peine que j'apprenne par cœur des tas de bouquins, des tas de machins puisque je vais poser la question et j'aurai la réponse. Voilà.

Et comme les jeunes génération c'est l'intelligence sont parfois paresseuses mais au bon sens du terme, c'est que pouvoir faire un effort quand j' pas besoin. Donc le rapport au savoir, il est sacrément chamboulé. Ce qu'il faut c'est apprendre à apprendre à prendre les principes. Il faut ouvrir les esprits. Je crois que moi, une formation de demain, elle elle sera beaucoup plus sur savoir être, savoir-faire, moins sur le savoir puisque la fois on pourra aller chercher. Voilà. Après, il faut poser la bonne question.

Voilà, c'est pour ça qu'il y a un minimum quand même de maîtrise de la matière pour poser la bonne question, comprendre les grands processus qui sont derrière mais avec moins de détails, plus les les grands les grands processus, d'autant plus que tout ça bouge en plus le processus de demain et pas forcément le processus d'après-demain. Voilà. Donc je pense que il y a une petite révolutionnicienne dans dans dans la formation initiale qui est quand même c'est apprendre à apprendre quoi.

Alors c'est déjà le cas, c'est pas comme nouveau ce que je raconte mais quand même et je crois que le savoir être je vous l'ai dit, il faut dans travailler en équipe, c'est déjà le cas, vous le faites déjà mais vraiment ce se ce travailler sur votre personnalité, vous connaître bien pour aller sur ce qui vous plaît, parler sur ce qui vous plaît pas, savoir travailler avec les autres ou pas après tout être pas fait pour ça. Ça c'est très important. Voilà, je pense que la la formation initiale de domaine est certainement pas celle d'aujourd'hui euh et plus elle peut être plus courte parce qu'on va vous apprendre à apprendre. Par contre, tout le long de votre vie, vous allez apprendre.

Alors, de manière plus ou moins structurée, organisée, mais je pense que c'est pour ça qu'en terme de balance euh il faut en faire peut-être un peu moins au début et beaucoup plus pendant toute votre durée et même quand on est retraité, on peut continuer à apprendre. D'ailleurs, l'apprentissage c'est la vie, hein. Le fait d'apprendre, peu importe, le fait d'être apprenant dans son cerveau, c'est comme ça que vous le maintenez. On parlait de vieillir en bonne santé. Je sais pas si on en parlait. Ça c'est une clé hein. Plus votre cerveau va tourner, même quand vous êtes plus en activité, plus vous allez vieillir en bonne santé. Merci beaucoup. Euh bonsoir monsieur le ministre.

Euh merci beaucoup euh pour notamment votre honnêteté. Enfin c'est c'est vraiment intéressant votre authenticité aussi. Je voulais vous poser une question. Au début de la conférence, vous avez parlé du fait de venir faire venir les entreprises dans les écoles. Je pense moi à titré, j'ai été étudiant. Voilà, je me suis toujours dit "Comment se fait que je suis en terminale, je ne connais pas les métiers." Voilà, je pense c'est quelque chose de très important. C'est une mesure qui je pense aussi est assez en tout cas plus facile à mettre en place que d'autres mesures. Concrètement, comment vous comptez faire ça ?

Est-ce que ça passerait par une matière qui intégrerait le fait de présenter les métiers ? Est-ce que ce serait directement les entreprises qui viendraient ? Est-ce que ce serait des obligatoires ou non ? parce que les étudiants au collégiens lycéens, ils auront peut-être pas envie de venir à ce genre de de parce qu'ils ont pas la maturité nécessaire peut-être. Est-ce que c'est voilà obligatoire ou non ? Comment vous comptez concrètement vous y prendre ? Alors, j'ai pas la réponse encore parce que c'est une thématique toute nouvelle mais mais toutes les idées que vous dites sont bonnes. D'o forcément qu'une seule idée, c'est une mix d'idées.

Et d'ailleurs, on pourrait laisser euh un directeur d'école décider son panier d'idées. Le tout, il y a plein d'idées, il y a une boîte à outil d'idées. Choisis celle qui t'intéresse dans ton bassin d'emploi à toi avec tes entreprises, à toi, ton ta géographie à toi. Voilà, il y a pas forcément une idée. Faut que c'est un caractère un peu obligatoire. Oui. Alors, faut que ce soit une réussite. Si c'est un fardeau, c'est un échec. Il faut que les que les étudiants soient intéressés, que les les lycéens soient intéressés. Et ça peut être réussi, c'est pas très compliqué à réussir hein. Euh il faut que si c'est que porté par quelqu'un de l'entreprise, il en parle bien, il en parle avec passion.

C'est son entreprise, c'est son métier de son secteur, il arrive avec un petit film, petit vidéo, il répond aux questions. Voilà, je vais vous raconter une anecdote. Je citerai pas la ministre parce que c'est là, j'ai dit là déjà de je donner un facteur. Bon bon, peu importe, je m'arrête là. J'ai une idée pour vous dire qu'il y a du boulot. J'étais patron la SNCF et et et j'étais, je vous l'avais compris, j'ai j'ai été assez vite soucieux de l'intérêt général au-delà de mon métier qui consistait à faire rouler les trains en sécurité et gagner ma vie avec ça et faire des travaux sur les voies pour que ça se passe bien. Ça c'est mon métier, il fallait le faire, c'est la base.

Mais j'étais prêt à faire plus. J'étais prêt à aller voir un ministre en lui disant voilà euh moi j'ai beaucoup de retraités, c'est une grosse entreprise donc ça génère des milliers de retraités par an qui ont une bonne bagage technique. J'ai dit voilà c'est retraité, je fais je suis sûr qu'en je vais en trouver 500 800 un paquet quoi, plusieurs centaines qui sont prêts à venir faire je pensais à l'école primaire. Ma ma vision c'est on met un petit train électrique au fond de la classe et on le calcul on va faire là-dessus tris wagons plus de wagons égal 5 wagons. On enlève un wagon combien il en reste et puis la vitesse. Alors ça c'est très c'est très tôt.

C'est du cours élémentaire ou cours préparatoire. Après, ça peut être le le ben la vitesse du train, on peut faire quelques quelques équations simples. Euh le train il roule, combien de temps il va mettre et cetera. Euh puis après ça peut être le métal, ça peut être qu'est-ce qu'il y a dans une locomotive, enfin leçon de choses quoi. Et le train c'est très c'est très ludique. Je suis sûr que serait beaucoup intéressé pédagogiquement les enfants qui auraient eu plaisir à faire rouler le petit train, se mettre autour. Voilà. Et j'ai même pas eu rendez-vous. C'est cette idée-là. J'ai même pas eu l'occasion de l'exprimer.

Quand je vous dis que les entreprises elles ont du mal à rentrer dans les écoles, vous rendez compte, on a un sacré de révolutionnicienne pour que les gens qui s'occupent de l'éducation du haut en bas de la pyramide, il comprennent que leur boulot, c'est plus comme je sais pas à une certaine époque, c'est plus ça l'école. L'école pendant longtemps, c'est une école un peu élitiste qui éduquait les élites aux humanités, aux grandes lettres. Très bien. Formidable, hein. Euh, il faut le garder ça, mais à côté de ça, faut préparer un métier. Voilà.

Faut pas oublier quand même et je vois pas pourquoi l'école est pas à l'aise avec cette idée-là, qu'elle est là aussi pour faire des citoyens qui vont rentrer dans un métier à l'issue de leur scolarité tout simplement. Il y a pas d'un côté une espèce d'éducation un peu éterée, purement intellectuelle, formidable, hein. Euh et puis par ailleurs, bizarrement, il faudrait s'occuper de de quelles sont les compétences dont j'ai besoin pour trouver un métier. En fait, c'est la même chose. Donc, il faut un socle qui prépare un métier. Ça n'empêche pas de parler d'art, de parler de culture, de parler de littérature, voilà, et de poésie. Ça n'empêche pas.

Même il faut mais mais faut trouver la combinaison des deux. Et et je pense que là-dessus, on a une vraie bataille euh dans les têtes, hein, euh de représentation dans les têtes. C'est quoi le rôle profond de l'éducation nationale ? Voilà, s'achève cette conférence. Monsieur le ministre, merci sincèrement pour votre présence et pour la richesse de vos échanges ce soir. Nous remercions également nos partenaires, le SCP Business School, la maison de Champagne Rémy Massin et lavoisier maroquinier avec lequel nous avons le plaisir de vous offrir un présent ce soir. Au nom de toute l'équipe tribune. Merci à vous, à toutes et à tous pour votre présence et votre fidélité.

Nous espérons vous retrouver très bientôt pour de nouvelles conférences toujours aussi variées, inspirantes et engagées. Mesdames et messieurs, nous vous souhaitons une excellente soirée et nous avons le plaisir de vous retrouver la semaine prochaine avec une conférence un peu différente avec monsieur Joaris. Merci beaucoup. Merci à vous toutes et à vous tous. Merci pour l'invitation. Merci beaucoup.

1:27:07
Non speech

[applaudissements]