Le Grand Jury de François-Xavier Bellamy et Manon Aubry
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 43 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:37OuverteRéponse directe
La première vous est posée par Alexis Brézé sur l'affaire Lambert.
- 5:10OuverteRéponse partielle
Autre question sur un sujet de société également, Christophe Racubizé.
- 5:30OuverteÉludée
Vous êtes personnellement, vous l'avez dit, hostile à l'IVG. Est-ce que vous comprenez ce qui est en train de se passer aux États-Unis ?
- 5:50RelanceÉludée
Est-ce que dans ce cas-là, vous pouvez nous dire votre avis sur ce sujet ?
- 7:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous engagerez contre un texte qui sera présenté par le gouvernement, la PMA pour toutes les femmes ?
- 8:20OuverteRéponse directe
Est-ce que ça sera l'un de vos combats au Parlement européen de faire revenir ces pays sur cette législation qu'ils ont adoptée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58InvitéFait
« La conférence des évêques s'est étonnée de la précipitation avec laquelle cette affaire a été menée. »
- 2:30InvitéChiffre
« Il y a aujourd'hui 1500 patients français qui sont dans des situations post-relationnelles, dans des situations qui sont proches de la sienne. »
- 4:08InvitéFait
« Je crois qu'aujourd'hui, ceux qui font la promotion de l'euthanasie, qui expliquent qu'il faudrait mourir dans la dignité, commencent d'abord par déclarer indignes de vivre ceux qui sont effectivement dépendants. »
- 4:25InvitéChiffre
« Une très grande majorité de Français sont favorables à une loi sur l'euthanasie, une très grande majorité à longueur de sondage. »
- 5:20InvitéFait
« Plusieurs États américains ont considérablement durci les conditions d'accès à l'interruption volontaire de grossesse, notamment l'Alabama, y compris pour les grossesses suite à des cas d'inceste ou de viol. »
- 7:46InvitéFait
« La procréation médicalement assistée est aujourd'hui un acte thérapeutique qui vise à remédier à l'infertilité d'un couple qui ne peut pas avoir d'enfant pour des raisons médicales. »
- 9:25InvitéFait
« Quand on voit qu'en Chine aujourd'hui, pour la première fois, on annonce la naissance de bébés qui sont nés avec une modification génétique, on voit que le génisme est aujourd'hui une vraie question qui se présente à nous. »
- 11:14InvitéFait
« Nous sommes toujours, dans les pays européens, celui qui vit le plus durement cette question du chômage de masse. »
- 11:33InvitéFait
« Le coût du travail n'a pas baissé. Le poids des charges et des normes n'a pas diminué. »
- 12:13InvitéFait
« Le plan qui était annoncé par le président Macron le 10 décembre, avec des augmentations de pouvoir d'achat, a contribué à l'économie puisqu'on voit finalement le pouvoir d'achat augmenter. »
- 13:27InvitéFait
« D'abord je m'étonne peut-être un peu du calendrier qui fait qu'avant chaque élection, on voit surgir des feuilletons judiciaires qui peut-être ont aussi pour but de colorer le choix des Français. »
- 20:25InvitéFait
« Nous disons qu'il faut bien sûr maîtriser les frontières françaises et faire en sorte que chaque pays maîtrise sa politique migratoire tout en gardant la liberté de circulation que nous avons conquise aujourd'hui. »
- 28:24InvitéFait
« certains de nos parlementaires ne l'ont pas voté »
- 28:32InvitéFait
« Cet accord-là est très dangereux »
- 28:41InvitéFait
« C'est Michel Dantin qui a permis de stopper les négociations sur le Mercosur »
- 30:27InvitéFait
« il ne faut pas d'acharnement thérapeutique »
- 30:45InvitéPromesse
« on doit pouvoir constitutionnaliser le droit à une fin de vie digne »
- 32:15InvitéChiffre
« 200 000 chômeurs de plus qu'au début du quinquennat de monsieur Macron »
- 32:42InvitéChiffre
« 87% des nouvelles embauches sont faites en CDD »
- 33:52InvitéFait
« les gens étaient pour le rétablissement de l'ISF »
- 43:34InvitéFait
« ils sont tous deux contre la hausse du SMIC »
- 44:20InvitéFait
« l'Union Européenne est devenue un espace de compétition de tous contre tous »
Temps de parole
- Invité38 %
- Invité 230 %
- Présentateur14 %
- ?7 %
- Invité 35 %
- Invité 45 %
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Vous
êtes
sur RTL.
Le
grand jury RTL Le Figaro LCI, spécial élections européennes. Premier invité, François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche. Bonjour à tous et bienvenue dans ce grand jury spécial élections européennes. Avec deux invités. Dans la seconde partie,
nous
recevrons Manon Aubry, tête de liste des Insoumis. Et puis tout d'abord, nous accueillons bien sûr la tête de liste des Républicains, François-Xavier Bellamy. Bonjour à vous. Merci d'être à nos côtés. Vous avez au moins un point commun avec Manon Aubry, c'est votre premier grand jury. Donc bienvenue. Et pour vous interroger à mes côtés, Alexis Brézé
du Figaro
et Christophe Jacubizine de TF1 LCI. Alors François-Xavier Bellamy, vous êtes la nouvelle star de la droite. Mais de quoi êtes-vous le nom ? D'une nouvelle synthèse qui permettra à votre camp de s'unir dans la durée ou d'un conservatisme nouveau genre, défenseur en fait des fondamentaux de la droite. Sur l'immigration notamment, au risque d'une confusion avec le Rassemblement national. Marine Le Pen vers qui certains de vos électeurs se sont désormais tournés. Pouvez-vous encore les rattraper à l'occasion de ces élections européennes ? Car après une véritable embellie, vous accusez dorénavant dans les sondages un net reflux. Nous en parlerons dans cette émission bien sûr.
Avec vous François-Xavier Bellamy en qui Philippe Devilliers voit le futur, je cite, Emmanuel Macron. Mais avant cela, quelques questions d'actualité. La première vous est posée par Alexis Brézé sur l'affaire Lambert.
Oui, on en parlait à l'instant. Le cas de ce jeune garçon tétrapégique qui est dans un coma profond depuis une dizaine d'années. Normalement demain, le CHU de Reims devrait arrêter les soins, ce qui le conduira à une mort certaine. La conférence des évêques s'est étonnée de la précipitation avec laquelle cette affaire a été menée. Mais vous, vous avez dit que c'était quelque chose d'inhumain. Mais certains vous rétorqueront que finalement, ça n'est jamais que l'application de la loi qui dit qu'il ne
faut
pas qu
'il y ait
d'acharnement thérapeutique.
La
vraie question c'est, et c'est vrai que c'est une question complexe parce qu'aujourd'hui la science et la médecine conduisent à des situations qu'on ne connaissait pas auparavant. La vraie question c'est, est-ce que l'alimentation et l'hydratation sont un soin ?
Et
si c'est le cas, nous sommes tous très malades parce que la dépendance de Vincent Lambert, c'est une dépendance à cette alimentation qui lui est effectivement prodiguée par un moyen technique puisqu'il ne peut plus s'alimenter seul. Je crois que sur ce sujet, on devrait entendre le Comité international pour les droits des personnes handicapées qui dépend de l'ONU, qui est d'ailleurs lié à la France parce que la France a ratifié la charte qu'il a constituée et qui a écrit au gouvernement pour demander qu'on puisse mettre en œuvre une sauvegarde.
Vous soutenez les parents,
qu'on vous comprenne bien François-Gébélamie,
vous
soutenez
les parents de M. Lambert qui demandent à la poursuite des soins, ils vont d'ailleurs engager de nouveaux recours.
D'abord, je les soutiens, comment ne pas les soutenir dans l'épreuve infinie qu'ils traversent, je ne les connais pas, mais quand on imagine
ce que vivent ces parents aujourd'hui. Alors que l'épouse de Vincent Lambert
souhaite l'arrêt des soins.
Encore une fois,
c'est une question d'une difficulté inouïe, mais comment ne pas dire
sa
compassion
devant
des parents à qui on annonce qu'on va leur rendre leur fils décédé dans quelques jours et qui vivent ce compte à rebours qui a quelque chose, c'est vrai, d'atroce. En disant ça, je ne mets en accusation personne, je conçois bien que le sujet soit d'une très grande difficulté.
Mais vous souhaitez
la poursuite des
soins ?
Je crois qu'on devrait écouter le comité pour les droits des personnes handicapées qui demande qu
'on
se laisse le temps, encore une fois, de pouvoir parvenir à... Et ce que je ne comprends pas, je me
permets de le dire, c
'est que d'autres instituts spécialisés, parce que Vincent Lambert n'est pas seul dans ce cas, il
y a
aujourd'hui 1500 patients français qui sont dans des situations post-relationnelles, dans des situations qui sont proches de la sienne. Aujourd'hui, des instituts spécialisés proposent d'accueillir Vincent Lambert.
J
'ai du mal à comprendre qu'effectivement on se... Il
y a
eu des appels à Emmanuel Macron, Philippe Devillet dont on parlait tout à l'heure. Vous pensez que le président de
la
République devrait intervenir ? Est-ce que c'est son rôle
?
Oui, je crois qu'il devrait intervenir, je crois qu'il devrait donner son sentiment sur cette question. Et c'est une question fondamentale derrière Vincent Lambert, c'est la question de notre rapport à la dépendance qui se joue, notre rapport à l'extrême dépendance. Je crois qu'aujourd'hui, ceux qui font la promotion de l'euthanasie, qui expliquent qu'il faudrait mourir dans la dignité, commencent d'abord par déclarer indignes de vivre ceux qui sont effectivement dépendants. A ce compte-là, nous avons en effet de vraies préoccupations à avoir sur l'avenir de l'humain en
nous, parce que l
'humain c'est... Une
très grande majorité de Français sont favorables
à une
loi
sur l'euthanasie, une très grande
majorité
à longueur de sondage.
Écoutez, c'est aussi la folie française de la multiplication des lois. On a dans notre famille politique un parlementaire exceptionnel qui s'appelle Jean Léonetti, qui a réussi à faire voter une loi qui a fait l'unanimité des parlementaires il
y
a quelques années. Mais je crois que cette loi, il faudrait lui laisser le temps d'être appropriée petit à petit par les équipes soignantes, par les personnels médicaux. Et ensuite, nous verrons si elle ne permet pas de répondre aux difficultés. Mais je crois pour ma part, d'une part, que cette loi mérite d'être, encore une fois, vraiment appliquée d'abord. Et deuxièmement, je crois, oui c'est vrai, que si nous entrons dans cette voie dangereuse qui consiste à dire qu'une vie dépendante, une vie fragile, une vie malade ne mérite pas d'être vécue, alors nous allons construire un monde inhumain. Et c'est un enjeu majeur
des années qui viennent.
Vous avez entendu sur
ce sujet.
Autre question sur un sujet de société également, Christophe Racubizé.
Oui, un sujet évidemment d'éthique aussi. Plusieurs États américains ont considérablement durci les conditions d'accès à l'interruption volontaire de grossesse, notamment l'Alabama, y compris pour les grossesses suite à des cas d'inceste ou de viol. Plusieurs États américains du Sud ont lance une offensive pour aller jusqu'à la Cour suprême. Vous êtes personnellement, vous l'avez dit, hostile à l'IVG. Est-ce que vous comprenez ce qui est en train de se passer aux États-Unis ? Est -ce que vous soutenez ce mouvement
?
Non mais je ne
vais
pas commenter l'avis politique américaine. On est, pardonnez-moi, on est à la veille d'une élection européenne. Dans une semaine, une des élections européennes sans doute les plus importantes depuis le début du débat européen. Et ce serait quand même incroyable qu'on en vienne sans cesse à parler du
sujet.
Non mais
François-Germain, vous savez très bien que c'est un mouvement éventuellement qui peut aussi traverser l'Atlantique. Est-ce que dans ce cas-là, vous pouvez nous dire votre avis sur
ce sujet ? Aujourd'hui,
absolument personne ne remet en cause la loi Veil. J'ai été durement attaqué pour avoir employé des mots que Simone Veil elle-même utilisait. Et je crois que cette espèce de jeu grossier que d'ailleurs joue La République en marche maintenant, qui consiste à se revendiquer en permanence de Simone Veil pour tenter de cristalliser le débat sur un sujet qui n'a rien à voir avec cet enjeu européen, ne permet pas d'offrir aux Français un vrai choix démocratique. Enfin, encore une fois, je voudrais quand même dire un mot de la situation dans laquelle on est qui me paraît un peu folle. Et je ne dis pas ça pour vous, bien sûr, mais pour le contexte général qu'on est en train de connaître.
L'Europe traverse une crise profonde, une crise économique et commerciale, une crise migratoire qui, c'est vrai, est devant nous et non pas derrière nous. Vous dites une crise d'identité aussi ? Une crise d'identité, bien sûr, mais qui est d'abord le fait que nous ne savons plus, d'une certaine manière, partager ce que nous sommes à tous les jeunes qui grandissent en France, qui grandissent en Europe, quel est notre lien commun ? Voilà au fond ce qui fait l'inquiétude des Français. Et depuis des semaines, avec toute la famille politique qui nous entoure, avec les parlementaires qui sont là avec nous aujourd'hui, nous avons tenté de prendre ce débat au sérieux.
Nous avons fait un vrai projet, nous avons porté ce projet partout en France. Et j'ai le sentiment qu'on n'a pas eu droit à un vrai
débat. Alors, on va en parler, il va y en avoir, vous savez, notamment lundi soir, la grande
confrontation sur LCI en partenariat avec RTL. Et le Figaro, bien évidemment, comme toujours, je ne le citais pas, mais c'était évident, vous avez raison Alexis Brézet. Et il y a d'autres sujets de société, on veut vous entendre aussi là-dessus, c'est normal, vous allez être député européen pendant 5 ans, vous resterez au Parlement européen pendant 5 ans, François-Germain
? Bien sûr, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, c'est un mandat. Est-ce que vous
vous engagerez contre, un texte qui sera présenté par le gouvernement, la PMA, la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes
?
Ça c'est encore une fois un texte purement national, mais oui, on peut en dire un mot, je me suis déjà exprimé sur le sujet, ça, ça concerne la France, ça concerne notre avenir. Oui, mon sentiment profond, c'est qu'effectivement, nous ne devons pas ouvrir la PMA aux femmes seules ou aux couples de femmes, pas plus que d'ailleurs la gestation pour autrui, à laquelle Madame Loiseau s'est dite favorable. Pour une raison très simple, c'est que la procréation médicalement assistée est aujourd'hui un acte thérapeutique qui vise à remédier à l'infertilité d'un couple qui ne peut pas avoir d'enfant pour des raisons médicales.
L'extension, je crois que c'est une manière impropre d'ailleurs de le désigner, l'extension de la PMA à des femmes seules ou à des couples de femmes n'a plus pour but de guérir une infertilité pathologique, une infertilité médicale, mais de satisfaire un désir, désir parfaitement légitime, parfaitement respectable. Mais la vraie grande question qui nous est posée, c'est, faut-il libérer toutes les forces de la science et de la technique ? Faut-il faire évoluer notre droit pour que tous nos désirs soient
satisfaits ?
D'autres
pays
européens l'accordent ce droit ? Est-ce que ça sera l'un de vos combats au Parlement européen de faire revenir ces pays sur cette législation qu'ils ont adoptée ?
Je crois qu'il faut tenir au
principe de subsidiarité qui est très important dans le travail européen. Le principe de subsidiarité, c'est que l'Europe n'est pas là pour décider à la place des États de la politique qu'ils doivent mener. L'Europe, son rôle, c'est de faire en sorte que nous puissions agir plus efficacement ensemble sur les sujets qui requièrent que nous soyons coordonnés, plutôt que d'être seuls, isolés et donc moins efficaces. Et je crois que ce principe de subsidiarité interdit que l'Europe se mette à la place des États.
C
'est peut-être
une divergence aussi avec la
République en marche qui a une vision fédéraliste. En revanche, il me semble que sur une autre question qui est encore différente, qui est la question de la gestation pour autrui, oui, ça c'est une question qui touche effectivement
à
la manière dont la dignité humaine, le principe même des droits de l'homme est touché, parce que là il s'agit de commercialité.
Là vous voulez une interdiction en Europe. Vous souhaitez que le Parlement
européen se prononce contre
?
Et
moi je
crois que l'Europe gagnerait à parler d'une seule voix sur la question de la non-marchandisation du corps, comme pour la lutte
contre le génisme. Oui, mais alors le principe
de subsidiarité peut aussi s'appliquer si un
pays ne souhaite le faire ? Non, parce que là pour le
coup on ne peut être plus efficace ensemble en effet. Quand on voit qu'en Chine aujourd'hui, pour la première fois, on annonce la naissance de bébés qui sont nés avec une modification génétique, on voit que le génisme est aujourd'hui une vraie question qui se présente à nous. Et ce sera un des grands défis politiques de notre avenir. Si on croit vraiment à l'écologie, il faut se préoccuper de transmettre à ceux qui nous suivront un monde encore habitable par des humains.
Mais
il faut aussi se préoccuper de transmettre une humanité qui soit encore vraiment humaine.
C'est un sujet qui
préoccupe aussi les gens. Et depuis longtemps, l'affaire de la limitation de vitesse, les 80 km heure, le Premier ministre Edouard Philippe vient d'assouplir le dispositif. Et finalement, on croit comprendre que les présidents du Conseil Généraux d'une part ou les préfets d'autre part pourraient remettre la limitation de vitesse à 90 à l'heure. Ça vous paraît une bonne chose ? Bien sûr, que de temps perdu. Et
comme
on aurait pu prendre le temps d'écouter plutôt les élus locaux, tous ceux qui sur le terrain alertaient sur l'impact d'une telle mesure pour la vie quotidienne de beaucoup de Français, notamment en zone rurale. Je crois que les expérimentations qui avaient été menées n'avaient pas permis de prouver que le fait d'abaisser
la vitesse... Il y a quand même le risque
que les accidents remontent. Les expérimentations qui avaient été menées avant
le
passage aux 80 km heure n'avaient pas permis de démontrer que cette baisse de la vitesse faisait baisser le nombre d'accidents. Et donc aujourd'hui, il faut qu'on puisse revenir à la raison. Et je crois que ce qui compte, c'est de garantir aux Français, en particulier effectivement dans les zones rurales, qu'on ne va pas sans cesse multiplier des règles de plus en plus compliquées qui leur rendent la vie difficile. Christophe Jacubizine. Encore un sujet qui préoccupe les Français, leur emploi, le chômage. Bon résultat sur ce front-là de la part du gouvernement, avec la baisse du chômage encore une fois au premier trimestre de cette année.
Est-ce qu'au fond, ça veut dire que la politique économique menée par le gouvernement est globalement positive
?
Globalement, la conjoncture économique est surtout favorable. Mais notre taux
de chômage
baisse beaucoup moins que celui des autres pays européens. Et nous sommes toujours, dans les pays européens, celui qui vit le plus durement cette question du chômage de masse. Donc il faut évidemment qu'on puisse faire enfin les réformes nécessaires pour que cette conjoncture économique puisse bénéficier de façon plus forte encore à nos entreprises et évidemment à l'emploi. Et sur ce front-là, je crois que très peu de choses ont encore été réellement accomplies. Le coût du travail n'a pas baissé. Le poids des charges et des normes n'a pas diminué.
Et au contraire, on voit que le président de la République, dans sa conférence de presse, a décidé maintenant de faire peser sur les entreprises le coût de la fiscalité supplémentaire que vont représenter les milliards d'euros qu'il a annoncés pour pouvoir sortir d'une crise sociale qu'il avait lui-même provoquée. Donc évidemment, on ne s'oriente pas malheureusement vers cet oxygène dont nos entreprises ont besoin.
Et c'est l'asphyxie, je le vois depuis le début de cette campagne, tous les jours sur le terrain, l'asphyxie de ceux qui travaillent, de ceux qui entreprennent, des commerçants, des artisans, qui ont tant de mal à recruter parce que recruter est aujourd'hui un parcours du combattant. En revanche, on peut dire que le plan qui était annoncé par le président Macron le 10 décembre, avec des augmentations de pouvoir d'achat, a contribué à l'économie puisqu'on voit finalement le pouvoir d'achat augmenter et qu'au fond, ces mesures de relance un peu à la keynésienne ont fonctionné. Est-ce que, là aussi, vous donnez quittus sur ce mouvement-là ?
Mais en réalité, nous, ça fait très longtemps qu'on disait qu'il fallait baisser la fiscalité, qu'il fallait baisser l'impôt sur le revenu pour pouvoir faire en sorte que les Français qui travaillent retrouvent un peu d'oxygène, encore une fois, et qu'on puisse sortir de la crise sociale dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Mais le problème, c'est que si vous ne faites pas en parallèle une vraie réforme de l'État, une vraie réforme de la dépense publique, une vraie réforme de la manière dont notre pays est aujourd'hui administré, eh bien, tout le monde le comprend bien, personne n'est dupe. Les promesses d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain.
Et ce que nous gagnons aujourd'hui en pouvoir d'achat, c'est ce que nous paierons forcément demain ou ce que les générations qui viendront paieront sur la consommation d'aujourd'hui. Et ça, je crois que c'est une injustice majeure à laquelle il faut mettre fin. Le Conseil Considional vient de dire que rien ne s'opposait à ce que Nicolas Sarkozy soit jugé dans l'affaire Big Malion. Dans cette affaire, vous diriez quoi ? Que la justice fait son travail ? Ou bien que c'est de
l
'acharnement judiciaire contre Sarkozy
? Je
ne vais pas commenter de décision de justice. Je crois qu'il faut que la justice puisse faire son travail. Cela étant dit,
effectivement,
d'abord je m'étonne peut-être un peu du calendrier qui fait qu'avant chaque élection, on voit surgir des feuilletons judiciaires qui peut-être ont aussi pour but de colorer
le choix des Français. Alors le conseil constitutionnel qui était saisi.
Et maintenant,
encore une fois, je n'ai pas plus de commentaires à faire. Est-ce qu'il
s'immisce dans la campagne, le conseil constitutionnel, en prenant cette décision ?
Je dis simplement que je m'étonne de ce calendrier. Peut-être est-il totalement fortuit, mais enfin, je n
'ai
pas plus de commentaires à faire. Est-ce que
vous souhaitez la participation de Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droite de cette campagne en vous soutenant à un meeting ? Par exemple, on sait encore qu'il est une figure tutélaire pour la
droite. C'est une figure importante de notre famille politique, bien sûr. J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui. Il nous a réaffirmé son soutien récemment. Il l'a dit aux parlementaires qu'il le rencontrait de manière tout à fait publique. Donc il n
'y a
aucune ambiguïté.
Mais vous aimeriez qu'il
vienne à un meeting
?
C'est son choix, c'est sa décision. En tous les cas, je suis très heureux de ce soutien. Comme je suis très heureux d'ailleurs du soutien de plus de 800 maires qui nous ont aujourd'hui, par une tribune, apporté leur confiance dans le journal du dimanche. Alors Nicolas Sarkozy, à cette même réunion que vous évoquiez avec des parlementaires, il a dit « Moi, quand j'avais fait 12,8% aux élections européennes, en 99, je crois, j'ai démissionné le jour même. »
Est
-ce qu'il parlait pour Laurent Wauquiez, selon vous
? Vous avez fait de
12,5% dans notre sondage.
D'abord, je crois que vous verrez une belle surprise dans quelques jours parce que tous les jours sur le terrain, tous les jours, je le vois, il y a aujourd'hui beaucoup de Français qui ont décidé de ne pas se laisser piéger par le faux débat qu'on voudrait leur imposer. Effectivement, ce tassement sondagier, il est sans aucun doute dû à cette mise en scène à laquelle on voudrait faire croire, comme s'il n'y avait dans ce débat européen que M. Macron et Mme Le Pen. On voit très bien que cette mise en scène ne sert qu'une seule personne, c'est M. Macron, et on voit très bien que M. Macron est en train de faire de cette élection européenne, l'occasion de faire
que
le match qui s'installe jusqu'à la présidentielle le sauve de son bilan et de son absence de vision. Parce que la seule personne qui peut sauver Emmanuel Macron, c'est Marine Le Pen. Mais ça, je peux vous dire que beaucoup de Français l'ont parfaitement compris. Je le vois tous les jours
dans la mixte. Mais visiblement, vous n'avez pas été convaincée.
Personne n'interdit les Français de voter comme ils le souhaitent. Visiblement, il
y a un réflexe vote
utile. Vous verrez, ils voteront comme ils le souhaiteront. Et donc, vous pensez arriver à combien ? Quel est votre objectif aujourd
'hui ? Le réflexe du vote utile, je
vais vous dire, encore une fois, ce vote utile,
il
n'est utile qu'à une personne. Il est utile à M. Macron. C'est M. Macron qui profite de cet antifascisme de théâtre pour nous faire croire qu'une
menace pèse sur la France... Oui, vous avez dit ça,
antifascisme de théâtre. Mais ça veut dire quoi ? Quand Emmanuel Macron dit qu'une victoire du Front National serait grave, vous dites que non, ce n
'est
pas vrai ? Mais d'abord, M. Macron le dit lui-même. Le Front National a gagné les dernières élections européennes en 2014. A l'époque, il était ministre.
Il
est aujourd'hui président de la République. Donc, le sondage qui donne aujourd'hui le Front National en tête est l'exacte corrélation de l'échec de M. Macron
et de
la politique qu'il mène depuis 5 ans, depuis 7 ans maintenant, en lien avec François Hollande. Et donc, je crois qu'il faut d'abord qu'il prenne les choses avec un peu plus d'humilité. Et deuxièmement, je crois qu'il faudrait qu'il permette au jeu démocratique de s'exprimer totalement en reconnaissant qu'en effet, il n'y a pas aujourd'hui, c'est faux, un match entre M. Macron et Mme Le Pen. Moins de 20% des Français, si on écoute les enquêtes d'opinion auxquelles vous vous référez, moins de 20% des Français qui pourraient aller voter se reconnaissent dans ce clivage. Moins de 20% sont
rassemblés par M. Macron et par Mme Le Pen. En 2017,
vous avez dû faire un choix. Quel a-t-il été ce choix au second tour de la présidentielle de 2017 entre M. Le Pen et Emmanuel Macron ?
J'ai déjà répondu à cette question, en répondant que je ne répondrai pas à cette question pour une raison très simple. C'est que précisément, tout le travail que nous faisons aujourd'hui avec Agnès Evren, avec Arnaud Dangean, avec tous mes colistiers, c'est d'apporter une vraie alternative à la France. Et je crois qu'au fond, on voit bien que M. Macron et Mme Le Pen font système pour asphyxier la démocratie.
Mais vous mettez un signe égal entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, c'est-à
-dire,
encore une fois, on vous repose la question, est-ce qu'une victoire du Front National serait un danger pour la France ou vous estimez que cela équivaut aussi à une victoire
d'Emmanuel Macron ? Je vais
peut-être vous choquer en disant ça, mais le danger pour la France, ce n
'est
pas la victoire du Front National. Le danger pour la France, c'est tout ce qui cause les succès du Front National. Le danger pour la France, c
'est
la crise économique. Le danger pour la France, c
'est
le chômage de masse. Le danger pour la France, c'est le désespoir dans lequel beaucoup de Français sont en train de s'abimer. Le danger pour la France, c'est l'immigration massive que nous ne savons pas maîtriser. Le danger pour la France, c'est le fait que nous ne soyons pas capables d'apprendre à nos enfants les éléments fondamentaux d'une culture et d'un savoir qui leur permettent de s'insérer dans la société. C'est ça le danger pour la France. Et au fond,
dans ce combat, on voit bien... Pardonnez-moi, on voit très bien
ce qu
'il
y
a. L
'arrivée en tête du Front National, du Rassemblement National, est-ce que vous dites, écoutez, c'est le jeu de la démocratie, ce ne sera pas une plus mauvaise nouvelle que
si La République En Marche arrive en tête ? Bien sûr que c'est une mauvaise nouvelle. Si je croyais que c'était la solution, je ne m'engagerais pas à côté de cette fausse alternative. Je ne crois pas que le Front National apporte des solutions. Il prospère sur la colère. Mais enfin, s'attaquer au Front National, ça n'a jamais fait baisser le Front National. C'est la vieille stratégie de François Mitterrand, à laquelle on voit d'ailleurs que M. Macron reprend les techniques de la gauche à laquelle il appartient toujours. C'est la vieille stratégie cynique qui consiste à
faire en sorte...
Vous voyez, M. Macron rentre dans cette campagne en disant, il l'a dit en Roumanie, je vais mettre toute mon énergie pour battre Marine Le Pen. Eh bien, il aurait peut-être pu mettre toute son énergie pour réformer la dépense publique. Il aurait pu mettre toute son énergie pour faire en sorte de sortir de la crise écologique. Il aurait pu mettre toute son énergie pour s'investir sur ces grands sujets. En réalité, M. Macron est très heureux
que
Mme Le Pen soit aujourd'hui face à lui, parce qu'il sait très bien qu'encore une fois, c'est sa seule chance d'être réélu
en 2022. Et moi,
je le dis à tous les Français,
la seule
chance de sortir
de
cette alternative inexistante que représente Mme Le Pen, de cette impasse que constitue la colère entretenue, la seule chance de s'en sortir, c'est de permettre à une alternative crédible de
remonter la tête et de se reconstruire. Vous lancez aujourd
'hui, qu'on vous comprenne bien, parce que certains de vos électeurs sont partis au RN, d'autres chez Emmanuel Macron, des électeurs de centre droit. Est-ce que vous appelez qui aujourd'hui ? Tous ces électeurs globalement, plus ceux du centre droit à revenir vers vous ?
Moi, je parle à tous les
Français. Je n
'ai
jamais fait de marketing électoral. Je crois que la démocratie, ça consiste à parler ensemble des grands défis qui sont devant nous. Et moi, je le dis encore une fois, M. Macron rentre dans cette campagne en disant « Je suis contre Mme Le Pen ». Mme Le Pen en disant « Je suis contre M. Macron ». Eh bien, nous,
nous
voulons nous attaquer aux problèmes
des
Français. Et c'est par là que la politique se
trouve à son sens. Les interventions d
'Emmanuel Macron, par voie d'interview, dans cette campagne, vous paraissent légitimes ? Ou non ? Vous vous dites que
c
'est normal ? Ou vous trouvez que ce n
'est
pas normal que le président de
la
République prenne partie ? Non, moi, je n
'ai
aucun problème avec le fait que le président de la République s'implique dans ce débat. C'est son droit le plus entier. Et je ne lui conteste pas le fait d'assumer une vision. Mais je souhaiterais qu'il assume une vision plutôt que de nous expliquer, avec des trémolos dans la voix, en jouant sur une inquiétude artificielle, que Marine Le Pen est le grand
danger qui monnait la chance. Vous appelez l'antifascisme de terre.
Christophe Jakubizine.
Pour mettre fin à la politique d'Emmanuel Macron, comme vous avez dénoncée, est-ce que l'union des droites,
c
'est à terme une perspective ? Marion Maréchal l'ouvre, pas Marine Le Pen. Et vous
? Moi,
je ne crois pas une seule seconde à cette perspective. D'abord, parce que je ne me reconnais pas, avec Marine Le Pen, de base commune dans ces débats politiques. Et
avec Marion Maréchal non plus. On le voit très bien sur la question européenne.
Vous parliez tout à l'heure des questions migratoires en disant que c'était une manière pour nous de nous mettre derrière le Rassemblement national. Mais pas du tout. Nous, nous avons une proposition très claire pour la France et pour l'Europe face à la crise migratoire. Nous disons qu'il faut bien sûr maîtriser les frontières françaises et faire en sorte que chaque pays maîtrise sa politique migratoire tout en gardant la liberté de circulation que nous avons conquise aujourd'hui. Mais que pour cela, il faut travailler ensemble en Europe. Nous ne croyons pas, contrairement à M. Macron, que l'Europe devrait se contenter seulement de répartir des quotas de migrants sur le territoire européen.
Mais nous ne croyons pas, contrairement à Mme Le Pen, que c'est en déconstruisant l'Europe que nous serons plus
forts.
Et c'est très important. Il n
'y
a pas de base commune sur ce plan. Mais je ne me reconnais pas du tout dans la déconstruction de l'Europe que propose Mme Le Pen et qu'elle a pratiquée au cours des années passées au
Parlement européen. Mais cette
affaire de frontières est quelque chose de pas absolument clair. C
'est
-à
-dire
que vous dites à la fois qu
'il
faut les frontières extérieures, des frontières intérieures. Vous dites, mais c'est temporaire, transitoire, le temps que... Mais est-ce qu'il ne faudrait pas dire tout simplement ? Rétablissons les frontières intérieures et puis on n'en parle plus.
Non, ce que
nous disons...
Il
faut travailler ensemble pour défendre les frontières extérieures de l'Europe et de
l
'espace Schengen. Il faut faire en sorte que les demandes d'asile soient désormais effectuées à l'extérieur de l'Europe parce que sinon, nous allons continuer avec cette impuissance qui fait tant de drames en mer Méditerranée et qui conduit dans une impasse tant de jeunes venus d'Afrique qui rêvent d'un Eldorado qu'en fait, ils ne trouveront pas. Mais nous disons simultanément que chaque pays doit pouvoir maîtriser sa politique migratoire.
Et
ça... Donc
on
rétablit les frontières aux
frontières des pays. Non, non, non.
Chaque pays doit pouvoir maîtriser sa politique migratoire, les conditions dans lesquelles il accueille et dans lesquelles il donne le droit de séjour aux personnes qui viennent chez lui et qu'il est pour cela nécessaire, c'est vrai, de pouvoir maintenir cette dérogation qui existe aujourd'hui dans le code Schengen qui permet aux États de faire des contrôles ciblés à leurs frontières quand c'est nécessaire parce que s'il y
a
une crise migratoire qui se produit,
la fragilité d'un État ne doit
pas rejaillir sur tous
les autres.
C'est déjà... Je me permets de terminer, c'est très important. C'est déjà le cas aujourd'hui. C'est-à
-dire
qu'aujourd'hui vous avez des dizaines de milliers de personnes qui ont été arrêtées à la frontière franco-italienne et ça n'a jamais empêché les travailleurs transfrontaliers de passer, ça n
'a
jamais empêché les Européens de bénéficier de
la libre circulation. Il faut
prolonger ce dispositif temporaire.
Il
faut absolument prolonger ce dispositif temporaire.
Si on vous dit que vous êtes
un homme petit conservateur,
est-ce que vous acquiescez ou pas
? Ce
qui m'amuse beaucoup c'est ce besoin de tout réduire à des étiquettes mais je comprends que ce soit parfois nécessaire. J'ai écrit un livre il y a quelques mois dans lequel j'expliquais que le conservatisme en soi ne pouvait pas résumer une proposition politique pour le temps de crise que nous connaissons. Mais passons. Je serais d'accord pour vous dire qu'effectivement dans l'époque dans laquelle nous sommes l'un des enjeux fondamentaux c'est de pouvoir sauver ce qui doit être transmis aux générations qui viennent. Et je pense bien sûr à la question de cet environnement que nous avons besoin de rééquilibrer, que nous avons besoin de protéger. Je pense aussi évidemment à notre culture,
à notre civilisation. Je crois beaucoup plus à la transmission que à la conservation. Je suis
une femme de droite conservatrice. Et sur ce plan-là on se dit est-ce que les passerelles entre vous sont vraiment impossibles
? Vous voyez une raison supplémentaire. C'est vrai que moi pour ma part je ne crois pas qu'il faille définir une proposition politique par le conservatisme. Le conservatisme est une tradition politique intéressante, féconde mais en tant que tel le conservatisme a été pensé dans une époque qui n'était pas en crise comme la nôtre. Et je ne crois pas que le conservatisme peut à lui seul répondre aux défis de l'avenir. Pardon.
Non, on va en venir à votre programme dans le fond.
C
'est l'heure de notre rubrique Questions Express. Le Grand Jury Questions Express. Alors François-Xavier Bellamy cinq propositions pour ou contre. La fin de la règle des 3% de déficit.
Contre bien sûr. Il faut qu'on arrive à équilibrer notre budget et d'ailleurs les 3% sont évidemment déjà le signe d'un échec collectif. Un État qui transmet à ceux qui le suivront seulement des dettes et des déficits est un État qui est intérieurement déjà fragile.
Supprimer le Parlement à Strasbourg en gardant Bruxelles.
Contre, absolument. Nous proposons au contraire s'il faut mettre fin à cette dualité des sièges du Parlement de ne garder que le siège de Strasbourg celui qui figure dans notre été parce que Strasbourg c'est le cœur de l'Europe c'est 114
millions d'euros par an pour quelques jours de séance à Strasbourg.
Exactement. S'il faut
supprimer la dualité des sièges qui est
effectivement On supprime Bruxelles.
On supprime Bruxelles.
Et vous faites
un bras de fer avec l'Allemagne là-dessus ?
Hop là
!
Je m'emporte.
Votre verre
d
'eau est tombé.
Bien sûr, ce sera un bras de fer et ce sera un bras de fer si nécessaire aussi avec y compris nos propres alliés allemands au sein du PPE. Ça a été l'occasion pour La République En Marche d'entretenir quelques fake news sur notre propre position mais nous avons toujours été clairs nous tenons au siège de Strasbourg. Un salaire minimum européen
? Évidemment
non. C'est vraiment la fausse bonne idée à l'état pur.
D
'abord, la plupart des pays européens ont déjà un salaire minimum. Ceux qui nous font de la concurrence déloyale sont aujourd'hui ceux qui ont un salaire minimum qui correspond au standard que Mme Loiseau exprime. Donc cette proposition n'aurait aucun effet concret. Aucun. La vraie question c'est d'obtenir une vraie révision des travailleurs détachés. Cette révision que le gouvernement n'a pas obtenue nous nous battrons pour
la
révision. qu'a proposé le gouvernement qui change un peu les choses c'est parce qu'on paye
quand même le salaire minimum de l'état
où on travaille. Vous l'avez voté ? C'était un
premier
pas.
Évidemment qu'il fallait le voter.
L'idée c'était d'avoir un travail égal, un salaire égal mais on sait que le vrai problème c'est les charges sociales et c'est la raison pour laquelle il faut qu'on arrive à avoir une vraie révision. Je le dis tout simplement il fallait évidemment la voter parce que c'était un premier pas mais en acceptant qu'on ne fasse que ce premier pas le gouvernement a sans doute manqué une chance historique d'obtenir une révision complète dont nous avons
vraiment besoin.
Le budget de la zone euro François-Xavier Bellamy pour ou contre
?
Contre évidemment aussi le budget de la zone euro d'abord personne n'y croit en Europe surtout quand ce budget de la zone euro est proposé par l'état qui est aujourd'hui grâce à monsieur Macron 28ème sur 28 en matière de déficit public évidemment quand vous proposez aux Allemands de mutualiser nos dettes il vous regarde avec un peu d'ironie. La vraie question c'est comment est
-ce
que nous allons faire les réformes nécessaires pour pouvoir faire en sorte de retrouver notre compétitivité.
Cette tension qui monte entre l'Allemagne
et le gouvernement et même maintenant vous le dites vous-même entre vous et l'Allemagne c'est quelque chose qui vous préoccupe ? Alors nous et l'Allemagne pas du tout.
Alors
vous dites on va faire un bras de fer avec
les Allemands
On a des points de désaccord mais
ça
c'est le dialogue
allemand Mais qui
vous êtes allié au sein du PPE
? Au sein du PPE
bien sûr Nous on a un lien fort avec la famille politique allemande de la CDU-CSU qui est au PPE
C'est cette famille qui
veut fermer Strasbourg ? Mais encore une fois on a des désaccords ça ne
veut
pas dire qu
'il
y
ait
des tensions On a passé une journée de campagne avec Manfred Weber qui est le tête de liste de la CDU-CSU et du PPE en Allemagne On a fait un meeting commun On a une relation qui au contraire est excellente et très constructive Et je crois que c'est très important que les Français comprennent que cette relation sera là pour les servir demain parce qu'il faut en effet que la voix de la France sorte de cette fragilité dans laquelle M. Macron nous a enfermés Jamais
on
avait entendu une chancelière allemande et Mme Merkel en particulier avoir des mots aussi durs sur un président
de la République Sur des relations conflictuelles Même si la traduction est
litigieuse
Et si d'ailleurs
Mme Kram-Karen Bauer a proposé qu'on supprime le siège de
Strasbourg C'était le signe
C'était le signe de cette fragilité de la France qui fait qu'aujourd'hui elle est moins
considérée dans le débat européen
Dernière
proposition
Changer les traités
européens
Pour ou contre François-Xavier Bellamy ? Sans doute pour Ce sera nécessaire sur un certain nombre de sujets Ce sera nécessaire en particulier parce que c'est une des propositions que nous faisons pour inscrire la mention de nos racines dans nos traités fondateurs On en a besoin On a besoin de dire ce qu'est l'Europe De dire qu'elle est une civilisation
C'est pour ça il faut les éviter On
peut encore changer
Mais ça n'est pas
ça n
'est
pas un préalable à toutes les propositions que nous faisons concrètement de manière rapide et simple Cela étant dit il y aura évidemment un jour ou l'autre bien sûr une révision des traités parce que l'Europe devra avancer et s'ajuster sur quelques points Dernière question Christophe Jacubizine Vous prenez une forme de protectionnisme la fin de la naïveté européenne en matière commerciale simplement vous avez voté vos députés encore une fois l'UMP avaient voté 60% d'entre eux la ratification du traité CETA avec le Canada Ce n
'est
pas une contradiction entre ce que vous dites et ce que vous faites ? Nous ce que nous disons c'est qu'il faut sortir de la naïveté et qu'il faut réussir à exiger de nos partenaires commerciaux une vraie réciprocité Nous ne sommes pas pour nous renfermer entre quatre murs Nous croyons à la fécondité de l'échange à la liberté du commerce et nous croyons d'ailleurs à la force de nos entreprises de nos savoir-faire de nos artisans de nos ouvriers de nos agriculteurs Il
faut que les traités de libre-échange
Il n'y a pas de contradiction Il faut que les traités de libre-échange soient votés lorsqu'ils peuvent servir nos producteurs nos agriculteurs nos
entreprises et
nos emplois Et le CETA a permis par exemple de protéger plus de 70 appellations d'origine par exemple dans le secteur de l'agriculture On voit qu'il y avait effectivement des atouts à en retenir Ça n'était pas aussi dénué d'inquiétude C'est pourquoi certains de nos parlementaires ne l'ont pas voté Par exemple le Mercosur qui lui est un accord qui menace directement
nos filles
Cet accord-là est très dangereux Là
on est sûr que personne ne
votera celui-là Bien sûr Et non seulement personne ne le votera de notre famille politique mais c'est même notre famille politique
et Michel Dantin en
particulier C'est Michel Dantin qui a permis de stopper les négociations sur le Mercosur Je m'inquiète de la position du groupe ALDE que M. Macron et ses parlementaires rejoignent dans quelques jours parce que ce groupe ALDE est un groupe qui lui Voilà
un engagement
clair que vous venez de prendre sur le Mercosur C'était votre grand jury On se retrouve dans Merci à vous On se
trouve dans quelques
temps pour la seconde partie avec Manon Aubry tête de liste des insoumis A tout de suite Bonjour Manon Aubry Merci d'être avec nous aujourd'hui pour ce premier grand jury Je disais vous aviez ça en partage avec votre prédécesseur à cette place François-Xavier Belamiam Écoutez toujours pour vous interroger Alexis Brézet du Figaro Bonjour Et Christophe Jacubizine de TF1LC qui vous pose la première question d'actualité de cette seconde partie d'émission
Sur l'affaire Lambert on vient d'entendre que les parents de ce jeune homme qui est effectivement dans le coma depuis 10 ans qui est alimenté de manière médicalisée vont essayer de faire un recours pour empêcher l'arrêt d'alimentation de M. Lambert Est-ce que vous soutenez la démarche des parents
? Je
pense que tout d'abord c'est toujours une histoire qui est difficile qui divise une famille et qu'il faut prendre tout cela avec des pincettes et que ce n'est pas à moi de dire à la famille ce qu'elle doit faire D'un point de vue juridique néanmoins il y a eu différentes décisions à la fois de la part du Conseil d'Etat puis de la CEDH de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui disent la même chose qu'il ne faut pas d'acharnement thérapeutique et je crois que ces décisions juridiques doivent être la voie à suivre et que ça pose plus largement la question de la fin de vie digne et des droits que l'on a sur son corps et pour faire le parallèle aussi avec comment avancer sur la question de ces droits je pense que à la fois en France et en Europe on doit pouvoir constitutionnaliser le droit à une fin de vie digne comme
le droit à l'avortement à l'euthanasie oui je pense que nous
devons le défendre nous l'avons toujours défendu
mais sur
le cas Vincent Lambert pourquoi ça ne s'appliquerait pas clairement pour vous dans ce cas là
je
pense que ça doit ça doit s'appliquer mais je vous l'ai dit je suis vigilante vous avez vous avez face à vous un drame humain et une famille il faut comprendre la détresse de la famille et je la comprends après il y a eu un recours juridique y compris devant la cour européenne des droits de l'homme vous savez moi j'ai un parcours en droit de l'homme donc je suis plutôt respectueuse de ces instances là le fait qu'un comité de l'ONU ait dit il faut sursoir à cette décision ça ne
vous
affléchit pas ça ne fait pas évoluer votre réflexion
alors vous
savez il y a un principe en droit international pour le coup je m'y connais assez bien qui dit qu'en théorie une deuxième instance de droit international ne doit pas venir supplé une première instance de droit international et en l'occurrence il y a eu une décision de la cour européenne des droits de l'homme qui je crois doit être suivie des faits c'est quand même l'objectif et le rôle que joue la cour européenne des droits de l'homme
Christophe Jacobizine on passe à l'actualité sur le chômage
le
chômage avec une embellie sur le marché de l'emploi au premier trimestre en tout cas 2019 avec le chômage qui recule une nouvelle fois est-ce que ça finalement valide la politique du gouvernement sur la flexibilité du marché du travail peut-être sur les baisses des charges je vous vois sourire mais on anticipe votre réponse mais on l'écoute quand même vous pouvez faire les questions et les réponses
sinon
non puis sérieusement quand on regarde quand même de très près si on veut louer la politique du gouvernement il y
a
quand même 200 000 chômeurs de plus qu'au début du quinquennat de monsieur Macron donc je crois qu'on ne peut pas encore dire qu'il a fait reculer le chômage par rapport à son arrivée par ailleurs ce qu'on voit en pratique c'est qu'aujourd'hui cette baisse du chômage elle s'explique par quoi ? par d'abord une baisse de la population en activité notamment avec le vieillissement de la population premièrement la population active continue d'augmenter
et deuxièmement
quand on regarde de très près il faut trouver à peu près 100 000 emplois nouveaux pour suivre l'évolution
de la population active dans notre pays de quel type
d'emploi nous parlons ? aujourd'hui 87% des nouvelles embauches sont faites en CDD et qui plus est en CDD de contrats très courts donc si vous réglez le problème de manière éphémère et quelqu'un sort des statistiques du chômage pour y rentrer un mois ou deux mois plus tard c'est problématique et nous nous disons qu'on ne peut régler la question de l'emploi sans faire de la relance économique on l'a vu le peu d'argent qui a
été donné dans le cas des Gilets
Jeunes ça relance la croissance et derrière
l'emploi
c
'est
peut
-être
ça qui explique aussi ce regain d'activité c'est qu'il
y a
de l'argent qui a été remis dans la machine nous on a été le premier à le dire que si vous remettez de l'argent dans la machine et quand vous donnez qui plus est aux plus pauvres a priori les populations les plus pauvres ne vont pas spéculer sur les marchés financiers ou amasser de l'argent sous leur oreiller a priori ils vont plutôt le consommer directement et donc ça participe de la
croissance économique donc là on a félicité les
10 milliards qui
ont été donnés par le gouvernement
et plus même puisqu'il va y avoir des baisses
d'impôts on
l
'a toujours
dit que les 10 milliards c'était mieux que rien mais attendez regardons de très près ce qui a été fait en pratique c'est quelques cacahuètes qui ont été envoyées qui sont toujours bienvenues évidemment mais on est très loin des aspirations qui ont été celles notamment du mouvement des gilets jaunes mais plus largement avec ou sans gilets jaunes les gens étaient pour le rétablissement de l'ISF les gens étaient pour ils sont toujours d'ailleurs pour l'augmentation du SMIC pour un plus grand partage des richesses pour un plus grand justice fiscale c'est à dire une progressivité de l'impôt c'est simple plus vous êtes gros plus vous payez gros plus vous êtes petit plus vous payez petit c'était le slogan des gilets jaunes je crois qu'il résume à lui seul l'ambition de justice fiscale qui n'a pas été écoutée par le gouvernement et qui n'a donné suite à aucune de ses revendications il faut l'avoir en tête aucune de ses revendications n'a été suivie
des faits les gilets jaunes vous
diriez que c'est fini ou que ça va continuer ? je crois qu'on a assisté je pense que
vous
serez d'accord pour le dire un des plus grands mouvements de l'histoire récente on a rarement vu pendant plus de 26
semaines 27 semaines
maintenant il y
a
quand même beaucoup moins de monde
dans la
rue il y en a quasiment plus sur les ronds-points donc vous dites bon c'est fini on passe à autre chose à une phase politique ou ça va continuer ?
je crois que ce qui s'est passé dans les rues ces 27 dernières semaines ne s'arrêtera pas ne s'arrêtera pas alors ça prendra d'autres formes peut-être parce que les gens sont fatigués sont crevés franchement était-vous à la place d'un gilet jaune qui va manifester tous les samedis depuis 27 semaines qui a occupé des ronds-points qu'on a accusé de violents qu'on a accusé d'antisémites qu'on a pointé du doigt pendant 27 semaines c'est fatigant et je crois qu'il faut le comprendre ce sentiment-là mais aujourd'hui personne ne peut renier le fait que ça marque l'histoire et que les revendications qui sont partagées par les gilets jaunes sont en réalité partagées par une grande partie
de la population française mais pourquoi ils ne vous rejoignent
pas Manon Aubry ? je cite Jean-Luc Mélenchon ne nous laissez pas tomber leur a-t-il dit comme une sorte d'aveu d'échec de pouvoir les ramener vers vous je
crois que nos 79 candidats sur la liste de la France Insoumise sont 79 gilets jaunes on a tous manifesté dans les rues vous
êtes
un gilet jaune
mais
moi j'ai manifesté oui mais on ne prétend pas résumer le mouvement à nous-mêmes parce qu'on n'a pas voulu faire de récupération politique mais le mouvement Jean
-Luc Mélenchon a toujours dit qu
'il se sentait
si les gilets jaunes le souhaitaient le leader de ce mouvement qu'il pouvait l'incarner qu
'il n'y voyait pas d'inconvénient je vous
invite à regarder à aucun moment on s'est posé en leader de ce mouvement vous avez remarqué qu'on a toujours été vigilants
il est laissé faire s'il souhaitait se ranger derrière lui
quand on nous demandait par exemple est-ce que vous êtes pour la conduite ou l'arrêt du mouvement on a toujours été très précautionneux en nous disant nous tant que les revendications n'ont pas été satisfaites on pense qu'on doit continuer mais ce n
'est
pas à nous de répondre à cette question c'est à l'ensemble des gilets jaunes qui sont mobilisés je crois que c'est toute la difficulté que vous avez eue les médias et les journalistes si je peux me permettre c'est que ce mouvement est d'une forme inédite il n'y a pas de leader
mais
vous vous n'avez pas de difficulté on peut bien évidemment chacun doit regarder un peu et faire son examen de conscience est-ce que vous vous n
'êtes
pas dit on est passé à côté de quelque chose on ne sait pas vraiment incarner ces aspirations-là
je pense qu'aujourd'hui le seul mouvement politique dont les revendications dont le projet fait écho aux demandes des gilets jaunes c'est la France insoumise que ce soit en matière de partage des richesses en matière de justice fiscale
ça ne se voit pas dans les sondages en matière démocratique
les sondages on verra le résultat dans les urnes le 26 mai prochain vous aurez remarqué qu'il y
a
plutôt une dynamique positive ces derniers jours pour la France insoumise et puis je crois que le véritable enjeu je vais être honnête avec vous c'est que les gens aillent se mobiliser parce que moi quand je vais manifester quand on fait du porte-à-porte il y a plein de gens qui nous disent on ne
va
pas manifester mais on se sent gilets jaunes mais on n'a pas forcément envie de voter parce qu'on est dégoûté par
le monde politique
alors
on va
venir aux européennes
mais
Christophe Jacubizine en compte vous avez raison il faut attendre le dimanche prochain pour voir votre résultat mais néanmoins si vous êtes à 9 ou 10% c'est à dire la moitié moins du score de Jean-Luc Mélenchon dans la présidentielle est-ce que ça doit entraîner un changement stratégique de ligne politique pour la France insoumise alors si vous me permettez je crois que le point de comparaison le plus pertinent c'est celui des élections législatives où l'offre politique était similaire nous étions à 11% on est en dynamique positive on gagne des points dans les sondages et vous savez comment on gagne des points dans les sondages parce que l'intérêt grandissant pour ces élections il n
'est
pas encore à la hauteur à mon sens et parce qu'il y a de plus en plus de personnes qui se disent que bah oui on ne veut pas se faire confisquer ce vote pour les élections européennes je crois qu'aujourd'hui la France insoumise est le seul butin de vote en capacité de déjouer le duo entre le Rassemblement National et la République En Marche de déjouer ceux qui vont gouverner ensemble après au Parlement européen que ce soit les Verts et la droite au Parlement européen ensemble et je crois que c
'est
ça que nous incarnons pour cette élection et en tout cas c'est sur ce terrain là qui est le terrain des idées sur lesquelles nous allons encore
nous battre Alors dernière question d
'actualité
avant l
'entreprise
européenne qui a compté en tout cas
au départ de cette affaire des gilets jaunes c'est la limitation de vitesse à 80 km heure le Premier ministre a fait marche arrière en disant ou les préfets ou les présidents du conseil généraux allaient pouvoir la remonter vous dites qu'il a eu raison que c
'est
une bonne décision ou bien qu'on sait faire courir un risque d'accident supplémentaire aux préfets c'est-à-dire que vous passez d'un département à l'autre vous n'allez pas avoir la même règle il y a
clairement
un manque de lisibilité ensuite je crois que sur cette histoire on s'est trompé en de nouveau pointant du doigt les automobilistes sans leur donner d'alternatives de transport moi je comprends le sentiment des gens qui se disent ok concrètement pour aller à mon boulot je vais mettre quelques minutes de plus parce que j'ai déjà beaucoup de trajets à parcourir je crois qu'à terme il faudra réduire la vitesse parce que c'est mieux pour l'écologie évidemment et c'est mieux pour notre planète il faut d'abord fournir des alternatives de transport plus
rapides donc c'est plutôt une
bonne chose d'assouplir
en tout cas maintenant je
crois si vous voulez vraiment mon avis je crois que c'est un outil électoraliste du gouvernement qui se réveille trois semaines après c
'est une des réponses vous
dites ils n'apportent pas de réponse là c'en est
une
vous
croyez vraiment c'est la revendication principale aujourd'hui des
français les français
ça les préoccupe visiblement mais est-ce que je pense
on peut chacun avoir sa vision des choses moi je crois qu'au quotidien que disent les gens et sans doute une grande partie des gens qui manifestaient dans les Gilets jaunes c'est qu'on a droit à une vie digne qu'aujourd'hui il y a les 8 milliardaires les plus riches en France qui possèdent autant que les 30% les plus pauvres de la population française et ça c'est pas normal et qu'il faut s'attaquer au partage des richesses je crois que c'est une préoccupation aujourd'hui qui est majeure et qui est celle qu'on incarne et qui met en parallèle la question écologique parce qu'on a voulu faire de l'écologie punitive comme l'a voulu le faire le gouvernement notamment avec la taxe carbone et nous nous prenons une écologie populaire qui se fait avec les classes populaires qui pénalise les pollueurs les plus riches les grandes entreprises multinationales c'est sur ces deux jambes finalement que nous allons marcher partage des richesses d'une part l'écologie d'autre part
on
en vient aux élections européennes à 29 ans vous voilà pour votre première campagne donc à la tête de la liste de la France insoumise Manon Aubry vous vous y donnez pleinement autant que dans vos matchs de water polo que vous pratiquez assidûment et que vous continuez à pratiquer sport difficile je
le prétis on a gagné le
championnat c'est peut-être de bon augure pour
les
élections européennes c
'est dit pas simple de faire campagne quand on sait quand même à quel point Jean-Luc Mélenchon incarne ce mouvement et qu'il est toujours difficile de se détacher d'une figure tutélaire aussi imposante est-ce que justement vous ne payez pas aussi dans les sondages les emportements les excès de Jean-Luc Mélenchon vous avez parlé vous dans une interview dans un entretien face à Claire Nouvian de la liste place publique PS d'un manque de sang-froid qu'aurait pu être celui de Jean-Luc Mélenchon au moment des perquisitions qui ont marqué les français
je
crois que quand on va voter pour une élection on ne va pas voter pour ou contre une perquisition qui a eu lieu honnêtement c'est un épisode qui ne résume absolument pas la
ligne politique
est-ce que vous pensez qu
'il y a eu des excès je pense que l
'excès il est de la part de la justice
uniquement
il est d'abord de la part de la justice il est d'abord de
la part de la justice quand vous
déployez un dispositif de l'ordre d'un dispositif anti-terroriste il faut bien prendre conscience de cela alors oui moi je vous le dis la réaction qu'a eu Jean-Luc Mélenchon je pense que ce n'était pas forcément la bonne et je n'aurais pas eu celle-là mais c'est difficile à dire je n'étais pas dans cette situation et je pense que la démesure elle est d'abord du point de vue judiciaire et puis vous savez je pense que la politique ne doit pas se résumer cela moi ça fait 6 mois que je fais de la politique je découvre et je suis assez
sidérée c'est
dur c
'est dur sans cesse on
nous ramène plus de ce que vous pensiez
ouais et moi je comprends que je vais vous dire franchement je comprends que les gens soient dégoûtés de la vie politique parce que parfois la politique ça ne fait pas envie parfois la politique c'est un débat de petites phrases c'est un débat aussi de personnes et bien moi je me suis engagée en politique parce que j'ai le sentiment que c'est le seul moyen de changer les choses j'ai travaillé dans le secteur associatif pendant des années mis sur la table des propositions en matière de lutte contre l'évasion fiscale en matière de lutte contre le changement climatique et j'ai fait face au manque de volonté politique au poids des lobbies et si on veut agir et bien à la fin il faut des propositions politiques le seul moyen de le faire c
'est
en s'engageant et quitte à dénoncer toutes ces tentatives de verrouiller le débat démocratique qui sont bien trop nombreuses et qui ne cesseront de me
sidérer pour être honnête demandent pour
libérer
s'il est porté qu'il y a des
verrous à
l
'exilibré la question c
'est
qu'il y
a
un verrou il y a un instant François-Xavier Bellamy déplorait que la campagne des européennes soit en quelque sorte confisquée par cette espèce de duopole entre Macron d'un côté Marine Le Pen de l'autre et il disait qu
'il y a
une espèce de duel factice qui est en train de mettre en place est-ce que vous dites la même chose vous dites on nous vole notre campagne
oui
je crois que de manière évidente on est en train de rejouer le second tour de
l
'élection présidentielle moi je veux rappeler à tous ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent cette élection elle se joue à un seul tour à la proportionnelle ceux qui auront des élus sont ceux qui en font plus de 5% de vote dans les urnes et je crois qu'aujourd'hui je vous le disais tout à l'heure la France Insoumise est la seule à même de déjouer ce duo entre la République En Marche et le Rassemblement National en posant une véritable alternative nous n'allons pas gouverner avec les libéraux au Parlement Européen comme d'autres vont le faire nous allons nous opposer toujours pied à pied contre ce que défend le République En Marche et le Rassemblement National à savoir l'augmentation du temps de travail parfois les traités de libre-échange des politiques antisociales ils sont tous deux contre la hausse du SMIC aujourd'hui nous sommes la seule alternative
mais vous reprochez vous aussi
à Emmanuel Macron d'instrumentaliser le Rassemblement National
oui
en fait il se pose comme c'est moi ou le chaos moi j'ai le sentiment qu'on a lui et le chaos et qu'en s'opposant comme seul rempart potentiel à l'extrême droite il est en réalité son marche-pied parce que qu'est-ce qui crée du désaveu de la colère aujourd'hui ce sont les politiques libérales qui ont été menées au niveau européen ce sont ces politiques l'Union Européenne est devenue un espace de compétition de tous contre tous moi j'ai appris à l'école parce que je suis née après la construction de l'Union Européenne que l'Union Européenne devait être un espace de coopération d'émancipation moi je tiens à cet idéal là mais ils l'ont détruit parce qu'ils créent du dumping social avec le statut de travailleur détaché compétition en matière fiscale avec les paradis fiscaux européens comme le Luxembourg et l'Irlande voilà
ce qui est devenu l'Union Européenne vous condamnez ce duel
sauf qu'il y
a
eu un événement de campagne cette semaine qui a semé le trouble puisque Andréa Kotarach qui est élu régional la France Insoumise en Rhône-Alpes et ancien membre de l'équipe de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon a annoncé en début de semaine mardi soir qu'il quittait votre mouvement pour voter pour la liste du Rassemblement National aux élections européennes pour dit-il faire barrage à Emmanuel Macron en disant selon lui qu'il y a plusieurs convergences il parle entre vous et le Rassemblement National sur l'opposition aux privatisations sur la baisse des deux premières tranches d'impôts est-ce que et bien là se pose pas à vous ce problème cette idée qu'il peut y avoir des passerelles entre vous et le Rassemblement National de
manière concrète
franchement
je
vais vous le dire franchement cette histoire elle est odieuse ce type personne ne le connaissait moi je l'avais jamais rencontré de
ma vie
j
'avais jamais entendu parler de lui et tout d'un
coup ça devient la star de cette élection il n'y a pas une seule interview où on ne nous pose pas la question c'est un scandale
je vais vous dire moi
ça me met en colère mon engagement est né de la lutte contre l'extrême droite nous sommes les seuls
sur le terrain c
'est pas votre engagement à
vous nous sommes les seuls
allez voir sur le terrain laissez
-moi répondre à votre question
s'il vous plaît nous sommes les seuls sur le terrain à nous battre pied à pied contre l'extrême droite à dénoncer aujourd'hui les convergences qui existent entre la République en marche et l'extrême droite sur le fond parlons des idées ils sont tous les deux contre la hausse du SMIC ils sont tous les deux contre le partage des richesses tous les deux pour contre le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune les convergences elles sont là si vous en cherchez alors cesser
d'instrumentaliser la dérive
mais
qui peut
croire ça
franchement la ficelle elle est pas un peu grosse à 10 jours des élections que sur chaque plateau
que je vais faire
jusqu'au 26 mai on va me poser la question qu'est-ce que vous voulez dire par là qu'il y a des
ambiguïtés sur le fond mais
le fait que vous me posiez la question je vais vous le dire et je m'adresse ici à tous les médias qui nous regardent arrêtez la ficelle elle est trop grosse vous savez que sur le terrain sur le terrain des idées nous sommes aujourd'hui le seul rempart à l'extrême droite et à la république en
main il y a quand même un sondage qui montre l'histoire d'un type que personne ne connaît et donc tout le monde au delà du cas de
ce gars il y a quand même un sondage qui montre que les sympathisants de la France insoumise se sentent beaucoup plus proches que par le passé des idées du Front National mais là aussi c'est une instrumentalisation regardez en pratique ce qui s'est passé quelle porosité il y a-t-il eu sur les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 2% entre la France insoumise et le Rassemblement National moi je vais vous montrer un autre sondage je ne
sais
pas si on le voit ici à l'antenne là vous
regardez je
vais
vous l'expliquer
c'est un sondage qui dit le second choix des électeurs pour les élections européennes ce second choix pour les électeurs de la France insoumise c'est d'autres mouvements politiques de gauche et c'est de manière très marginale le Rassemblement National en revanche s'agissant des républicains leur second choix pour les élections européennes c'est la Rassemblement National à hauteur de 19% voilà aujourd'hui la véritable porosité qui existe
alors
cessez
s'il vous
plaît d'instrumentaliser et de kidnapper vous faites un double kidnapping de cette élection européenne c'est autant de temps qu'on ne passe pas sur le terrain des idées
alors on y vient
et toutes les questions sont bien sûr ici posées au grand jury à tous les invités sans tabou c'est ainsi ce qu'est conçu cette émission un grand oral donc on vient au programme au fond du programme bien sûr on en a déjà parlé mais on continue avec questions express le grand jury questions express Manon Aubry pour ou contre cinq propositions la fin de la règle des 3% de déficit
pour
bien sûr cette règle elle ne sort de nulle part elle a été écrite sur un coin de table dans les années 80 elle
ne correspond à aucune réalité
économique on est les seuls à l'appliquer dans le monde et moi je vais vous le dire si on veut faire la transition écologique oui il faut investir des dizaines de milliards d'euros pour ambitionner
les 100% d'énergie en nous mais vous
savez on emprunte aujourd'hui sur les marchés
financiers un taux inférieur à celui de l'inflation donc on gagne de l'argent ça ne restera pas cher les emprunts et
moi je peux vous dire moi je préfère vivre dans une société avec 3% de déficit que dans un pays où il y a 3 degrés de réchauffement climatique parce que les dégâts sont irrémédiables
aujourd'hui c'est la dette climatique qui
est bien plus grave
que la dette climatique un salaire
minimum européen
pour évidemment aujourd'hui ce qui a été créé au niveau européen je vous le disais c'est une compétition en matière sociale où les entreprises se jouent de ces écarts de salaire nous nous défendons un salaire minimum européen qui correspond à 75% du salaire médian de chaque pays ce qui correspondrait à plus de 1500 euros en France et avec un processus de convergence entre les différents états européens pour que enfin on fasse une convergence par le haut et non plus vers le bas comme l'Union Européenne le fait ces dernières
années
reprimer le Parlement européen à Strasbourg pour le laisser à Bruxelles uniquement et dans le but de faire des économies pour ou contre
?
Contre ? Je crois que le Parlement à Strasbourg est issu d'une histoire
particulière Manon Aubry
qui ne
comprend pas trop cette Europe parallèle si jamais vous n'arrivez pas à faire changer les traités de l'intérieur c'est quoi cette Europe parallèle ?
C'est faire une coopération avec tous ceux qui le veulent vous savez aujourd'hui l'Union Européenne est déjà à géométrie variable l'espace Schengen ne comprend pas l'ensemble des états membres l'euro évidemment et donc aujourd'hui nous avons la conviction que si nous plaçons l'ambition écologique et l'ambition sociale au-dessus de tout oui nous pouvons embarquer d'autres états avec nous qui seraient intéressés de faire avec nous un impôt sur les sociétés en commun pour lutter contre l'évasion fiscale notamment de faire ensemble la transition écologique et se donner l'ambition de 100% d'énergie renouvelable j'ai le sentiment que ce sont des objectifs plutôt réalistes pragmatiques et que d'autres états pourraient nous suivre
Dernière question Christophe
Jacubizine
François Ruffin vous a apporté lors d'un meeting son soutien et son renfort populiste je cite vous êtes populiste Manon Brie
ça
veut dire quoi être populiste
justement c'est la question
si ça veut dire incarner les revendications populaires alors oui je le suis si ça veut dire être dogmatique alors non je ne le suis pas parce que très souvent on inclut une dimension dogmatique là-dedans je crois qu'aujourd'hui la politique
s'est éloignée vous pensez que c'est un mot non mais c'est ce que vous mettez derrière qui peut me gêner mais moi je crois que
la politique s
'est
éloignée du peuple pendant trop longtemps et qu'il faut que la politique se rapproche du peuple c'est ce qu'on fait à la France Insoumise avec moi qui suis tête de liste et qui n'ai jamais fait de politique avant et avec toutes les démarches citoyennes que nous faisons à commencer aujourd'hui par la présentation directive qui ont été élaborées avec les citoyens
merci beaucoup Manon
Brie c'était
votre grand jury nous vous retrouvons sur nos antennes et dans le Figaro bien sûr toute cette semaine pour cette campagne des européennes très bon dimanche à tous à très vite
merci à tous merci à tous merci à tous