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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 juillet 2021 25 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesNumériqueInstitutions & élections

Tourisme spatial : "C'est un divertissement pour une clientèle fortunée, il y aura un marché"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Vous avez été dans l'espace dans les années 90. Les astronautes, jusqu'à présent, c'était des pilotes ou des ingénieurs. Vous voyez d'un bon oeil que ces milliardaires viennent jouer sur vos plates-bandes ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Et il y a déjà eu, en fait, des touristes spatiaux dans l'espace philibatiste ?

  • 1:30OuverteRéponse partielle

    C'était pour renflouer les caisses de l'agence spatiale russe ?

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Là, c'est totalement différent. Décrivez-nous ces vols-là.

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Mais c'est juste un petit saut de puce, en fait, par rapport à ce qu'ont fait les autres ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Jean-François Clairvoye, je voudrais savoir ce qu'on voit à 80, 90 km d'altitude. C'est quoi le paysage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:36InvitéFait
    « Il y a déjà eu des touristes spatiaux dans l'espace. Les Russes, en particulier, ont un programme. »
  • 1:39PrésentateurChiffre
    « À l'époque, c'était entre 20 et 35 millions de dollars, c'est ça ? »
  • 1:41InvitéFait
    « Absolument. Pour partir sur Soyouz et pour aller jusqu'à la Station Spatiale Internationale. »
  • 1:54InvitéFait
    « On est vraiment sur du vol qui est suborbital. »
  • 2:17InvitéFait
    « Donc, si c'est vu du côté des États-Unis, il est allé dans l'espace. Si c'est vu du côté des grandes organisations internationales, il s'en est rapproché, mais il n'y était pas tout à fait. »
  • 4:39InvitéFait
    « C'est ce qu'on appelle l'overview effect. »
  • 5:11PrésentateurChiffre
    « Alors, c'est un billet à 200-250 000 dollars environ. »
  • 5:15PrésentateurFait
    « Richard Branson prévoit à partir de l'an prochain d'en programmer 400 par an. »
  • 5:56PrésentateurChiffre
    « 200-250 000 dollars ? »
  • 5:56InvitéFait
    « Il y en a, il y a, je crois, plusieurs centaines de personnes qui ont déjà versé un compte et qui sont sur la liste d'attente. »
  • 6:19PrésentateurChiffre
    « C'est un gros marché. On l'estime à 3 milliards de dollars d'ici 2030. »
  • 6:34InvitéChiffre
    « Oui. Alors, peut-être juste quand même, lors de grandeur, effectivement, les études de marché, elles disent 50 000 vols par an. »
  • 6:41InvitéChiffre
    « Enfin, 50 000 personnes par an qui seraient susceptibles de vouloir aller dans l'espace. »
  • 6:48InvitéPromesse
    « Et avec, évidemment, des tarifs qui vont baisser très rapidement. Ça veut dire, à terme, non pas des billets à 250 000 dollars, mais peut-être à 20 000 ou à 25 000 dollars. »
  • 7:33InvitéFait
    « Mais à chaque fois, c'est quand même des infrastructures qui sont relativement légères, relativement légères par rapport à ce qu'on peut voir pour les vols qu'on organise, aussi bien avec Ariane que Ariane 5 ou avec SpaceX. »
  • 7:57InvitéFait
    « Très très marginalement. »
  • 9:11InvitéFait
    « Ce n'est pas tout à fait comparable parce que le vol orbital est 50 à 100 fois plus énergétique et donc environ 50 à 100 fois plus cher pour un ticket touristique que le vol suborbital. »
  • 10:16InvitéFait
    « Mais tout de suite, Virgin Galactic, comme Blue Origin, ont signé des accords de partenariat avec la NASA en disant que si jamais vous avez besoin d'apesanteur, c'est comme le disait M. Philippe Baptiste, on est prêt à vous proposer de l'accès à l'apesanteur pendant quelques minutes. »
  • 12:21InvitéFait
    « Ne serait-ce que pour nos vols R0G, basés à Bordeaux, de Novespace, filiales du CNES, on demande une visite médicale. »
  • 12:42InvitéFait
    « Aux Etats-Unis, si vous signez un abandon de recours, et vous signez vous-même un papier qui atteste que vous vous déclarez vous-même en suffisamment bonne santé pour faire le vol, on vous laisse le faire. »
  • 15:58InvitéFait
    « C'est-à-dire que si, effectivement, le chiffre que je donnais tout à l'heure, si, effectivement, on voulait demain envoyer 50 000 touristes par an dans l'espace, ça veut dire qu'effectivement, là, on a un vrai sujet, parce que ce n'est pas envoyer quelques fusées de plus qui changent vraiment grand-chose, mais si on en envoie énormément, là, il y a une question. »
  • 16:12InvitéFait
    « Par exemple, les technos de Branson, aujourd'hui, qui sont utilisés, c'est de la propulsion solide. Alors, je ne veux pas rentrer dans des débats trop techniques, mais ça produit des suies dans la haute atmosphère qui ne sont pas lavées par la pluie. »
  • 17:40InvitéFait
    « Plus de la moitié des paramètres définis par le groupe international d'études du climat pour définir le climat viennent des satellites. »
  • 18:11InvitéFait
    « Et comme le risque est élevé et que ça coûte cher, ce ne sera jamais du grand public, ce ne sera jamais un tourisme de masse, je n'y crois pas vraiment. »
  • 18:50InvitéFait
    « Celui de Jeff Bezos, il ne produit que de la vapeur d'eau. Et on peut dire qu'il est totalement propre à condition que son oxygène et son hydrogène soit produit à partir d'énergie renouvelable. »
  • 24:13InvitéChiffre
    « C'est 6 000 euros pour un Français. »
  • 24:17InvitéFait
    « Et là-dessus, il y a 1 700 euros de marge nette qui sont reversés au vol scientifique. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • Invité 224 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 315 %
  • Invité 42 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alors, vous vous demandez où partir en vacances ? Certains milliardaires ne se posent plus de questions. Les Maldives, Zanzibar ou Mykonos, c'est terminé désormais. Ils visent l'espace. Richard Branson a été le premier dimanche dernier, grillant la priorité à Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, qui doit décoller mardi. Et pour en parler ce matin, trois invités. D'abord à distance, l'astronaute Jean-François Clairvoy. Bonjour. Jean-François Clairvoy, est-ce que vous nous entendez ? Alors, on va dire bonjour à nos invités qui sont en studio d'abord. Philippe Baptiste, PDG du CNES. Bonjour. Le Centre National d'Études Spatiales.

Et Philippe Hénard-Réjouz, rédacteur en chef du magazine Ciel et Espace. Bonjour à vous. Bonjour. Est-ce qu'on a retrouvé Jean-François Clairvoy ? Bonjour.

0:42
Invité

Bonjour.

0:43
Présentateur

Puisque c'est à vous que je veux poser la première question. Vous avez été dans l'espace dans les années 90. Les astronautes, jusqu'à présent, c'était des pilotes ou des ingénieurs. Vous voyez d'un bon oeil, vous, que ces milliardaires viennent jouer sur vos plates-bandes.

0:53
Invité

Oui, en fait, ce n'est pas du tout le même domaine, puisque les astronautes sont des professionnels qui vont dans l'espace pour travailler. Ceux qu'on appelle les touristes de l'espace vont dans l'espace pour vivre l'expérience du vol spatial sur le plan sensoriel, émotionnel. Mais ils n'y vont pas pour travailler. Donc, ce ne sont pas vraiment les mêmes plates-bandes.

1:14
Présentateur

Et il y a déjà eu, en fait, des touristes spatiaux dans l'espace philibatiste ?

1:20
Invité

Oui, oui. Il y a déjà eu des touristes spatiaux dans l'espace. Les Russes, en particulier, ont un programme. Vous pouvez vous envoler pendant quelques jours ou quelques semaines.

1:30
Présentateur

C'était pour renflouer les caisses de l'agence spatiale russe ?

1:33
Invité

Je pense qu'il faut demander aux Russes, mais effectivement, ce n'était pas gratuit.

1:36
Présentateur

À l'époque, c'était entre 20 et 35 millions de dollars, c'est ça ? Absolument. Pour partir sur Soyouz et pour aller jusqu'à la Station Spatiale Internationale. Là, c'est totalement différent. Décrivez-nous ces vols-là.

1:48
Invité

Oui, donc là, c'est complètement différent. Déjà, on ne monte pas dans les mêmes orbites. On est vraiment sur du vol qui est suborbital. On atteint... Alors, ça dépend si on parle de Bezos ou on parle de Brunson. Mais Brunson était à 90 kilomètres, donc un petit peu en dessous de ce qu'on appelle vraiment l'espace. Alors après, ça, c'est...

2:08
Présentateur

C'est les 100 kilomètres. Voilà, c'est les 100 kilomètres.

2:11
Invité

Alors, ça dépend si on regarde la définition internationale ou si on regarde la manière dont les États-Unis voient ça. Donc, si c'est vu du côté des États-Unis, il est allé dans l'espace. Si c'est vu du côté des grandes organisations internationales, il s'en est rapproché, mais il n'y était pas tout à fait. Et donc, ça fait l'objet d'une polémique intéressante entre Bezos et Brunson.

2:30
Présentateur

Mais c'est juste un petit saut de puce, en fait, par rapport à ce qu'ont fait les autres.

2:33
Invité

En fait, c'est un saut de puce. Ça veut dire que quelque part, il reste quelques minutes en microgravité et puis il revient. Ce qui est fascinant, c'est la manière dont il y va et c'est l'avion qui est... Enfin, un avion navette avec un moteur fusée, enfin, qui est quelque chose d'assez amusant et d'assez hybride. C'est un véhicule qui est complexe, on a quand même besoin de... Il y a quand même deux pilotes d'essai qui sont à la tête de l'équipage. Il y a des professionnels à bord. Donc, il y a des professionnels à bord et ça secoue un petit peu. Quand ils reviennent, ils prennent quand même ça au sujet.

3:13
Présentateur

Jean-François Clairvoye, je voudrais savoir ce qu'on voit à 80, 90 km d'altitude. C'est quoi le paysage ?

3:19
Invité

Les caractéristiques sensorielles du vol spatial, après la grosse poussée dans le dos qui vous monte vers le ciel avec une forte accélération, c'est d'abord le ciel noir en plein jour. Si un jour vous voyez le ciel noir et dans le champ de vue vous voyez le soleil, c'est que vous êtes au-dessus de l'atmosphère. Vous êtes dans l'espace, sur le plan sensoriel. Et pour ça, il suffit de monter à une quarantaine, 30, 40 km. Mais ce qui est spectaculaire aussi, c'est le fait qu'on voit que la Terre est finie parce qu'on voit l'horizon courbe.

Donc, même si la Terre prend une grande partie de votre champ de vue, quasiment tout champ de vue à 100 km, vous sentez que c'est un objet fini et le regard porte à 1000 km à la ronde. C'est-à-dire que vous voyez beaucoup plus loin que vous n'avez jamais vu du sommet d'une montagne ou du hublot d'un avion en ligne. Et ce spectacle qui couvre un grand champ de vue est propre à l'expérience du vol spatial. Et ce recul physique, géographique, en quelque sorte, vous fait réfléchir sur votre condition d'humain. Et même si vous n'êtes que deux minutes, comme le cas du Spaceship 2 de Virgin Galactique, c'est deux minutes en apesanteur. Jeff Bezos sera trois minutes en apesanteur.

Sans être en apesanteur, mais ils auront déjà cette vue à partir de... pendant 4-5 minutes. C'est ce qu'on appelle l'overview effect. Cet effet de voir la Terre, vous avez la sensation de la voir dans sa globalité, même si elle est encore très proche comparé à ceux qui l'ont vue depuis la Lune où elle était toute petite.

4:50
Présentateur

Philippe Hénard, Hénard-Réjot, c'est quand même un point de vue... On comprend ces milliardaires qui veuillent aller voir ça.

4:55
Invité

Oui, parce que c'est... C'est tout à fait exceptionnel. Comme l'expliquait Jean-François Clairvoy, c'est un moment assez rare auquel très peu d'humains ont eu droit, finalement.

5:06
Présentateur

Vous, en tant que journaliste, vous aimeriez aller prendre une photo là-haut, j'imagine ?

5:09
Invité

Oui, bien sûr, mais bon...

5:11
Présentateur

Alors, c'est un billet à 200-250 000 dollars environ. Richard Branson prévoit à partir de l'an prochain d'en programmer 400 par an. C'est un marché qui peut être rentable, à votre avis, Philippe Hénard-Réjot ?

5:24
Invité

Virgin Galactique et cette activité, c'est un business. Donc, il y a un marché, Richard Branson, qui n'est plus actuellement à la tête de Virgin Galactique, au passage, et qui a cédé sa place de PDG il y a quelques années à quelqu'un qui a été PDG des centres Disney. Donc, on voit que...

5:45
Présentateur

On parle de divertissement.

5:46
Invité

Sans divertissement pour une clientèle fortunée, c'est tout simple. Donc, il y a certainement marché, oui, comme il y a un marché du luxe.

5:53
Présentateur

Avec des gens qui vont être capables de payer ces sommes-là ? 200-250 000 dollars ?

5:56
Invité

Il y en a, il y a, je crois, plusieurs centaines de personnes qui ont déjà versé un compte et qui sont sur la liste d'attente. Donc, il sait déjà ce qui va rentrer comme argent et comment va fonctionner son entreprise. Donc, voilà. Après, faut-il le souhaiter ? Qu'il y ait un vol comme ça par jour, on peut y revenir.

6:19
Présentateur

C'est un gros marché. On l'estime à 3 milliards de dollars d'ici 2030. Philippe Baptiste, c'est un marché aussi pour ceux qui vont accueillir ces spaceports comme des aéroports, en fait. Et il va y en avoir aux Etats-Unis, en Russie, en Chine, en Inde, dans les Émirats, c'est ça ?

6:34
Invité

Oui. Alors, peut-être juste quand même, lors de grandeur, effectivement, les études de marché, elles disent 50 000 vols par an. Enfin, 50 000 personnes par an qui seraient susceptibles de vouloir aller dans l'espace. Et avec, évidemment, des tarifs qui vont baisser très rapidement. Ça veut dire, à terme, non pas des billets à 250 000 dollars, mais peut-être à 20 000 ou à 25 000 dollars.

6:53
Présentateur

Pour 20 000 dollars, on pourra aller dans l'espace ?

6:55
Invité

Pas demain matin, mais dans quelques années. Tout en ayant exactement les mêmes réserves dont on va parler, j'en suis sûr, après, sur l'utilité de ça.

7:04
Présentateur

Et sur ces spaceports, alors, sur ces Etats qui investissent pour installer des sortes d'aéroports, pour ces futurs vols touristiques ?

7:11
Invité

Oui, alors, c'est extrêmement variable et ça dépend énormément du type d'engin qu'on va utiliser. Vous voyez que si, par exemple, on regarde ce qu'a fait Branson, on est sur un engin qui est porté par lui-même par un avion et qui part après au-dessus, donc avec des infrastructures au sol qui sont quand même relativement limitées, un petit peu plus lourdes pour Bezos. Mais à chaque fois, c'est quand même des infrastructures qui sont relativement légères, relativement légères par rapport à ce qu'on peut voir pour les vols qu'on organise, aussi bien avec Ariane que Ariane 5 ou avec SpaceX.

7:46
Présentateur

Justement, Philippe-Baptiste du CNES, est-ce que tout cet argent investi, on voit que c'est des milliards, déboursé par les très très fortunés, est-ce que ça va profiter aux missions spatiales scientifiques ?

7:57
Invité

Très très marginalement. Alors, ça dépend évidemment de quoi on parle. Mais si, par exemple, on prend l'exemple du vol de Branson, l'intérêt pour nous, d'ailleurs, aucune agence spatiale ne met véritablement d'argent dans le projet.

8:10
Présentateur

Ce sont des vols vraiment privés.

8:11
Invité

Oui, c'est vraiment des vols privés. Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous êtes sur des orbites très très basses. Vous redescendez immédiatement parce que vous n'êtes pas en orbite, justement. Vous avez juste atteint une certaine altitude et puis vous redescendez. Donc, ça veut dire que les seules applications qu'on pourrait avoir, ce serait de deux types. Soit des expériences en microgravité pendant des durées un peu plus longues que ce qu'on fait aujourd'hui sur des vols avec un Airbus qui fait des paraboles, donc des vols zéro-G.

8:36
Présentateur

Dans lesquelles on peut être en apesanteur également pendant quelques secondes.

8:39
Invité

Dans lesquelles on est en apesanteur pendant des durées très courtes. Ça, c'est une première type d'application. Deuxième type d'application qui serait peut-être plus pour l'observation plus, on va dire, militaire où on peut éventuellement aller regarder ce qui se passe à un endroit donné très facilement et très simplement.

8:53
Présentateur

Jean-François Clairvoy, est-ce que c'est, à votre avis, un moyen de réduire les coûts des voyages spatiaux ? Je pense par exemple à ce qu'a fait Elon Musk avec SpaceX qui a inventé un lanceur réutilisable. Du coup, il a fait baisser le coût des missions spatiales. Est-ce qu'on peut appliquer ça avec ces vols touristiques ?

9:11
Invité

Ce n'est pas tout à fait comparable parce que le vol orbital est 50 à 100 fois plus énergétique et donc environ 50 à 100 fois plus cher pour un ticket touristique que le vol suborbital. et pour que ce soit rentable la récupération des tâches, il faut faire un grand nombre de lancements. L'investissement et la perte de performance liées au retour des tâches, la navette, même si c'est le premier vaisseau spatial orbital qui a tenté la réutilisation et qui l'a fait en partie, c'est le système de navette spatiale. J'ai volé trois fois sur Atlantis et Discovery qui avaient déjà volé dans l'espace.

Mais les propulseurs à poudre qui étaient censés être récupérées et réutilisées l'ont été un petit peu, mais ça n'a pas été aussi rentable que l'espérait la NASA. Sur le vol suborbital, on se rapproche plus sur le plan technologique de l'aéronautique que de l'astronautique. La seule partie astronautique d'un vaisseau suborbital, comme le SpaceShip 2, c'est le moteur fusée. Et c'est ce qui coûte cher, c'est mettre au point la propulsion fusée. Tous les constructeurs de lanceurs le savent. Mais je pense que le vol suborbital est né d'un prix qu'on appelait le X-Prize il y a une vingtaine d'années, dans le but du tourisme spatial.

Mais tout de suite, Virgin Galactic, comme Blue Origin, ont signé des accords de partenariat avec la NASA en disant que si jamais vous avez besoin d'apesanteur, c'est comme le disait M. Philippe Baptiste, on est prêt à vous proposer de l'accès à l'apesanteur pendant quelques minutes. Parce que l'avantage de ces vols suborbitaux, pour une petite niche d'expérience, c'est qu'on a les avantages des vols érogés et des vols de fusées sondes sans avoir l'inconvénient ni de l'un ni de l'autre. Les vols érogés ont l'avantage d'avoir le scientifique qui est sur sa propre manip, mais les durées sont courtes.

Le vol de fusées sondes, auquel participe le CNES, plusieurs agences régulièrement, l'agence spatiale européenne, vous avez plusieurs minutes d'apesanteur d'un tenant, mais il faut miniaturiser et automatiser les expériences. Et si ça ne marche pas, vous n'êtes pas sur place pour corriger. Le vol suborbital permettra quelques manips scientifiques, mais c'est vraiment une activité de niche.

11:25
Présentateur

J'ai une question, Jean-François Clairvoy, également, sur le profil de ces astronautes, de ces touristes spatiaux. Mardi, avec Jeff Bezos, il y aura à bord Wally Funk, elle a 82 ans. Il n'y a pas de limite d'âge, pas de limite physique pour être touriste spatial. Vous, vous étiez super entraîné quand vous êtes allé dans l'espace.

11:43
Invité

Alors, c'est un peu une idée reçue que les astronautes sont super entraînés physiquement. En fait, nous sommes sélectionnés, un peu comme des pilotes, on vérifie qu'on est en bonne santé, qu'on a une bonne vue, parce que nous sommes des opérationnels qui opérons des machines complexes dans l'espace. Mais le touriste, en gros, ce qu'il a besoin, c'est d'avoir un bon système cardiovasculaire. On ne lui demande pas de travailler, donc il n'a pas besoin d'avoir une vue excellente.

12:08
Présentateur

C'est pour ça qu'il y aura aussi un jeune homme de 18 ans qui sera à bord avec Jeff Bezos. Il n'y a pas besoin de connaissances scientifiques ou d'une formation. On peut monter demain à bord d'un vol spatial touristique.

12:21
Invité

Alors, c'est une différence qui est un peu entre l'Europe et les Etats-Unis. Ne serait-ce que pour nos vols R0G, basés à Bordeaux, de Novespace, filiales du CNES, on demande une visite médicale. Parce que les règles de certification, les règles d'autorisation de vol en Europe sont plus strictes qu'aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, si vous signez un abandon de recours, et vous signez vous-même un papier qui atteste que vous vous déclarez vous-même en suffisamment bonne santé pour faire le vol, on vous laisse le faire. C'est pour ça que le vol touristique du Speyship 2 ou de Bezos va probablement fonctionner dans les mois, les années qui viennent, basés aux Etats-Unis.

Mais avant d'exporter ce type d'activité en Europe, il faudra qu'il fasse probablement plus de vols d'essai et un travail de certification qui coûtera très cher pour pouvoir embarquer des passagers touristiques. La réglementation joue un grand rôle là-dedans. C'est plus difficile d'obtenir une autorisation de vol de ce type d'engin en Europe qu'aux Etats-Unis.

13:19
Présentateur

Ces vols, ils posent beaucoup de questions écologiques sur le plan environnemental, sur les rejets de ces vols. D'ailleurs, beaucoup de nos auditeurs nous appellent. Je crois qu'on va aller au standard tout de suite. On va peut-être rejoindre Julien qui nous appelle justement à propos de l'impact écologique. Bonjour Julien.

13:39
Invité

Oui, bonjour à vous. Merci pour vos émissions et merci d'avoir retenu ma question. Alors moi, oui, par rapport à ce que vous venez de dire, bien sûr, les bras m'entendent. Je ne comprends même pas qu'on puisse faire du tourisme dans l'espace. J'irais même jusqu'à dire qu'étant donné les enjeux du réchauffement climatique, j'ai du mal à comprendre qu'il n'y ait pas de programme d'exploration spatiale qui ne soit pas en lien avec le réchauffement climatique. Je considère qu'on devrait abandonner une grosse part de la recherche scientifique pour se consacrer à essayer de lutter contre le réchauffement climatique et prendre bien en compte les limites de la Terre.

14:15
Présentateur

Merci Julien. Je voudrais qu'on entende Marie derrière vous qui pose à peu près la même question. Vous aussi, ça vous choque ce tourisme spatial et les possibles impacts écologiques ? Bonjour Marie.

14:27
Invité

Oui, bonjour. Oui, effectivement, tout à fait, ça me choque. Je me dis, quand on voit le désastre écologique du tourisme maritime, du tourisme aérien ici sur Terre, on parle maintenant de partir dans l'espace, alors qu'on parle de réguler en parallèle ici les émissions de carbone. Donc je me demande, est-ce que les personnes ici sur votre plateau ne voient pas une contradiction ?

14:49
Présentateur

Nos trois invités veulent répondre. On va commencer par Philippe Baptiste, peut-être du CNES ?

14:53
Invité

Oui, alors première chose, c'est que déjà, l'espace aujourd'hui, on l'utilise essentiellement pour plusieurs applications. Alors des applications de défense, de surveillance du territoire, des applications de télécom pour communiquer aujourd'hui. Et puis, pour répondre aux questions de vos éditeurs, quelque chose qui est extrêmement important aujourd'hui, c'est tous les programmes d'observation de la Terre. Et ces programmes, en fait, ils sont absolument clés pour suivre et comprendre le fonctionnement de la Terre aujourd'hui.

C'est-à-dire qu'il n'y a pas de suivi du climat, il n'y a pas de suivi des pollutions, il n'y a pas de suivi de la biodiversité aujourd'hui si on n'a pas l'observation qui nous est fournie aujourd'hui par les satellites qu'on envoie dans l'espace.

15:35
Présentateur

Mais ça, c'est pour les missions scientifiques, ce n'est pas pour les vols touristiques. Oui, mais il y avait une question de vos auditeurs

15:40
Invité

qui était liée à ça, et ça me semblait important de le rappeler. C'est-à-dire qu'il y a quand même une très très grande part de l'activité aujourd'hui, en particulier des agences, qui est directement liée, en fait, à la question du climat et de la bonne santé de la Terre. Maintenant, pour revenir sur la question, effectivement, des vols, le problème se pose surtout si on fait de la masse.

C'est-à-dire que si, effectivement, le chiffre que je donnais tout à l'heure, si, effectivement, on voulait demain envoyer 50 000 touristes par an dans l'espace, ça veut dire qu'effectivement, là, on a un vrai sujet, parce que ce n'est pas envoyer quelques fusées de plus qui changent vraiment grand-chose, mais si on en envoie énormément, là, il y a une question. D'autant plus que, par exemple, les technos de Branson, aujourd'hui, qui sont utilisés, c'est de la propulsion solide. Alors, je ne veux pas rentrer dans des débats trop techniques, mais ça produit des suies dans la haute atmosphère qui ne sont pas lavées par la pluie. Enfin, bon, donc, il y a plein de sujets.

Ce n'est pas particulièrement un moteur très propre. Donc, effectivement, il y a un vrai sujet environnemental.

16:28
Présentateur

Philippe Hénard-Réjos, sur le plan environnemental.

16:31
Invité

Oui, il y a deux plans. Effectivement, les agences spatiales ou gouvernementales étudient la Terre et permettent de la comprendre pour pouvoir combattre le réchauffement climatique. Là, on parle d'une entreprise privée, que ce soit Blue Origin ou Branson, avec un marché qui a quand même quelque chose d'un peu indécent, effectivement, aujourd'hui, où on nous dit, nous, prenez le train plutôt que l'avion. Et où là, on entend que 400 vols comme ça vont avoir lieu. Et effectivement, la masse, c'est un problème. Il y en a quelques-uns comme ça qui se fassent plaisir.

Mais enfin, vous savez, les gens qui sont à ces niveaux de richesse, s'ils ne vont pas dans l'espace comme ça, ils vont aller sur leur yacht. Il y a un problème philosophique plus profond qui dépasse l'espace. Mais effectivement, je comprends parfaitement ce que disent les auditeurs.

17:16
Présentateur

Et vous, Jean-François Clairvoy, astrodote, vous comprenez ce que disent nos auditeurs sur l'impact écologique, environnemental ?

17:23
Invité

Oui, d'abord, juste pour confirmer ce que disait Philippe Baptiste et répondre à ces personnes, c'est que l'espace est aujourd'hui le premier contributeur de mesures scientifiques permettant de comprendre le changement climatique. Plus de la moitié des paramètres définis par le groupe international d'études du climat pour définir le climat viennent des satellites. Mais je connais les touristes spatiaux qui se sont payés des vols orbitaux, donc à plusieurs dizaines de millions de dollars dans les années 2000. Tous sont d'excellentes ambassadeurs de la planète. Et ils donnent des conférences dans les écoles. Ils se sentent investis d'un devoir.

Et je pense qu'on n'arrivera jamais à un vrai tourisme de masse parce que, comme on le disait tout à l'heure, dès que vous chevauchez un moteur fusée, vous prenez un risque élevé et ça coûte cher. Et comme le risque est élevé et que ça coûte cher, ce ne sera jamais du grand public, ce ne sera jamais un tourisme de masse, je n'y crois pas vraiment. Donc ce seront quelques centaines de privilégiés par décennie, je dirais, mais pas par an. Et pas 400 vols par an. Peut-être quelques centaines de personnes par an. Et qui auront probablement un message positif. Ce sont pour la grande majorité des personnes qui en rêvent depuis longtemps et qui vont inspirer les jeunes.

Mais je ne crois pas au tourisme spatial de masse qui aurait un impact significatif sur le climat. Mais c'est vrai que le moteur de Virgin Galactique n'est pas très propre. Celui de Jeff Bezos, il ne produit que de la vapeur d'eau. Et on peut dire qu'il est totalement propre à condition que son oxygène et son hydrogène soit produit à partir d'énergie renouvelable.

19:00
Présentateur

Je voudrais qu'on retourne au Standard pour accueillir Patrick. Bonjour Patrick.

19:04
Invité

Bonjour.

19:05
Présentateur

Allez-y, posez votre question.

19:07
Invité

Les Américains dans les années 60 sont allés sur la Lune. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas un système d'aller-retour depuis le temps entre la Terre et la Lune ?

19:16
Présentateur

Une ligne directe entre la Terre et la Lune. Philippe Baptiste, est-ce que vous voulez répondre à cette question du CNES ?

19:21
Invité

Non, alors la question, ce qui est déjà l'exploit technologique d'y être allé il y a 50 ans, c'est quelque chose d'absolument extraordinaire. Je crois qu'il faut le souligner en permanence. C'est un effort considérable des Etats-Unis qui ont consacré plusieurs points du PIB américain simplement sur le programme Apollo. C'est absolument considérable l'effort qui avait été fait à l'époque. Donc maintenant, la vraie question, c'est savoir aller sur la Lune, pourquoi faire ? C'est ça la vraie question.

Et une fois qu'on a répondu à cette question, si on sait répondre à cette question, après, il faut se poser la question, effectivement, comment on fait pour y aller et comment on fait pour y revenir régulièrement. Donc il y a un nouvel attrait aujourd'hui autour des explorations lunaires, à la fois pour se préparer à des vols longs, donc pour éventuellement aller plus tard sur Mars éventuellement, ou faire des voyages qui sont plus longs. C'est aussi éventuellement pour réfléchir à un certain nombre d'applications de scientifiques ou pré-industriels qu'on pourrait faire sur la Lune et qu'on ne pourrait pas faire sur Terre.

C'est réfléchir à la technologie qu'on pourrait développer sur la Lune. C'est ça les vraies questions aujourd'hui.

20:35
Présentateur

On va prendre la question de Marmoud, maintenant, qui nous appelle. Bonjour, Marmoud.

20:39
Invité

Oui, bonjour.

20:40
Présentateur

Vous aussi, comme beaucoup d'auditeurs, c'est l'aspect environnemental qui pose question chez vous.

20:44
Invité

Oui, clairement, effectivement, que le tourisme spatiale se développe dans ce contexte-là et qu'on a des enjeux climatiques relativement importants. Et surtout, que l'espace est un bien commun de toute l'humanité, pourquoi ne pas faire un programme par les Nations Unies qui surtaxe justement ces voyages spatiaux à des fins touristiques pour justement financer tous les enjeux climatiques des Nations Unies ? Donc, clairement, dans ce sens-là, c'est au point que je pose ma question.

21:10
Présentateur

On va poser la question à Philippe. Et Naregeos, qu'est-ce que vous en pensez ?

21:12
Invité

C'est intéressant, la question de l'auditeur va au-delà du simple domaine spatial puisqu'il s'agit juste de fiscalité qui n'est pas une question neutre. C'est une question éminemment politique, c'est-à-dire la participation de chacun en fonction de ses moyens. Oui, pourquoi pas ? C'est une question de bien commun aussi. C'est une question de bien commun.

21:35
Présentateur

L'espace, il appartient à qui ? Est-ce qu'on a le droit d'aller dans l'espace, de se balader dans l'espace ?

21:39
Invité

Alors, pour l'instant, il y a un traité qui est quand même, il tient en quelques pages, qui date de 1967, qui régit un peu les activités et l'appartenance des corps spatiaux. Donc, effectivement, ça appartient à personne, à tout le monde a le droit d'y aller. Il y a du coup un énorme vide juridique, mais nous, humanité, à ton vocation à légiférer pour des mondes qui ne sont pas les nôtres. On peut aussi se poser la question. Et, simplement pour revenir sur un peu l'ensemble des questions, avec notamment pourquoi n'y a-t-il pas d'aller-retour vers la Lune, etc. La question, c'est qu'est-ce qu'on va faire dans l'espace ?

J'ai le sentiment que c'est l'exploration et que l'exploration, c'est la connaissance. C'est aussi se raconter des histoires, avoir des explorateurs qui vont là-bas, qui reviennent, qui voient la Terre de loin, qui nous permettent de prendre conscience de notre monde. Ça a été le cas quand les astronautes se sont allés sur la Lune. Ils ont eu la Terre de plus loin que personne. Et, finalement, ça, c'est une activité qui restera, à mon avis, réduite. Il n'y a pas de nouveau monde. L'espace est terriblement hostile. La Lune, Mars, c'est beaucoup plus hostile que la plus hostile des contrées terrestres où on n'a pas fait de ville, où on n'a pas de ligne régulière.

22:53
Présentateur

Mais on a besoin de ces aventuriers pour se construire un imaginaire aussi.

22:56
Invité

Oui, mais bien sûr, pour continuer à comprendre, la question, c'est pourquoi est-on sur Terre ? Personne ne saura jamais pourquoi. Mais, en tout cas, profitons-en pour comprendre notre environnement. C'est quelque chose de positif. De dépenser de l'argent pour ça, ça nous permet de mieux vivre, de savoir où nous sommes. C'est la quête de la connaissance qui est quand même jouissive et qui est quand même beaucoup plus positive que beaucoup d'argent qu'on dépense pour d'autres activités ici qui sont beaucoup plus discutables.

23:23
Présentateur

Jean-François Clairvoy, vous êtes d'accord avec cette visée éthique, philosophique presque, de la conquête de l'espace ? Oui, complètement.

23:31
Invité

Et d'ailleurs, notre avion R0G basé à Bordeaux, qui est avant tout un laboratoire de recherche, donc utilisé par les agences spatiales, l'agence spatiale française, le CNES, l'agence spatiale européenne, l'agence spatiale allemande, cet avion nous permet de faire quelques vols touristiques par an. Nous sommes vraiment dans le tourisme spatial. Avec cet avion, nous vendons la vraie apesanteur, de la vraie gravité lunaire et martienne. D'ailleurs, on vend plus d'apesanteur en un vol 5 minutes que dans un vol suborbital, mais en plusieurs tranches. Et tous les bénéfices de ces vols touristiques sont reversés aux agences spatiales pour financer plus de recherches.

Donc, c'est une façon indirectement d'avoir des clients privés qui n'ont pas plusieurs centaines de milliers de dollars. C'est 5 000 euros, en gros ?

24:12
Présentateur

C'est ça, un vol avec vous ?

24:13
Invité

C'est 6 000 euros pour un Français. Donc, 5 000 euros hors taxes. Et là-dessus, il y a 1 700 euros de marge nette qui sont reversés au vol scientifique. Donc, la société Novespace, filiale du CNES, ne gagne pas d'argent avec ses vols touristiques, mais on permet aux pilotes de garder leur entraînement très fin, de pilotage, et on finance plus de recherches. Donc, c'est une façon indirectement d'avoir de la recherche publique financée sur fonds privés. Merci.

Et je peux vous dire que tous nos passagers qui volent, dont la plupart, dont beaucoup d'ailleurs, pas la plupart, mais beaucoup, sont des clients de Virgin Galactique qui ont déjà réservé leurs billets, nous disent après qu'ils sont bien sûr heureux d'avoir vécu cette expérience de la vraie apesanteur, mais ils sont contents de savoir que leur billet a servi à financer de la recherche, donc de l'exploration et de la connaissance.

24:55
Présentateur

Merci beaucoup. Merci à nos trois invités. À vous, Jean-François Clairvaux, ancien astronaute. À vous, Philippe Baptiste, PDG du CNES. Et vous, Philippe Hénard-Régeau, rédacteur en chef du magazine Ciel et Espagne. Je vous souhaite une très belle journée à tous les trois.

Tourisme spatial : "C'est un divertissement pour une clientèle fortunée, il y aura un marché" · Pourquijevote