Le NFP s’effrite : le moment de vérité pour Marine Tondelier
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« On passe de presque 14% en 2019 à seulement 5,5% en 2024. »
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« Le Premier ministre a dégainé pas moins de 29 mesures fiscales, en plus des coupes budgétaires drastiques, pour aller chercher ces 30 milliards d'économies. »
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« il a tenté une taxe sur les holdings, qui devrait rapporter entre 1 et 1,5 milliard. »
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« jusqu'à 400 millions d'ordinateurs en circulation seraient tout bonnement incompatibles avec le système Windows 11 »
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« En Europe, c'est 54% du parc informatique qui fonctionne sous Windows 10. »
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Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. Elle vient du Nord comme son homonyme en politique, porte une veste verte et s'est construit l'image de la bonne copine. C'est évidemment Marine Tondelier, la patronne des Verts, véritable trait d'union à gauche. Elle tente de jongler entre la France Insoumise et le Parti Socialiste, entre radicalité et modération, toujours à la recherche de ce fameux équilibre qui lui permet de rester incontournable.
Mais cette posture d'équilibriste à ses limites, à trop vouloir plaire à tout le monde, elle risque de perdre sa voix, et avec elle, celle de son parti. Bonjour et bienvenue dans le récap, nous sommes le mardi 14 octobre, et depuis la rentrée, la crise politique française oblige les partis à sortir du bois et à affirmer leur stratégie. Entre union forcée, stratégie divergente et rupture explosive, la période est idéale pour les règlements de compte, et la gauche n'échappe pas au spectacle. En juin 2024, il avait suffi de 4 jours aux différentes factions pour accoucher du NFP.
13 mois plus tard, le divorce est consommé, le dialogue entre le PS et LFI est totalement rompu, les socialistes refusent même d'avoir les insoumis à leur table pour marquer la rupture. Marine Tondelier, elle, persiste à vouloir marier l'irréconciliable, persuadée que la gauche finira par devoir se retrouver pour affronter l'après-le-cornu et la montée de l'extrême droite. Mais choisir, ça implique de renoncer, et les Verts, eux, continuent de jouer sur tous les tableaux, au risque de s'y perdre eux-mêmes. Depuis qu'elle dirige les écologistes, Marine Tondelier a fait du trait d'union entre les gauches réformistes et radicales, pour ne pas dire entre LFI et l'EPS, sa marque de fabrique.
Pour y parvenir, elle n'a d'autre choix que de se contorsionner en permanence afin de garder une certaine souplesse technique maximale pour que ses candidats puissent négocier des alliances au gré des contextes locaux, notamment en vue des élections municipales. Résultat, les écologistes deviennent des faiseurs de roi au sein de la gauche, convoités par tous, mais oscillant parfois au prix de leur crédibilité et au détriment de leur propre ligne idéologique. Ce poids stratégique des écolos dans le débat est encore relativement récent et juin 2024 a été un véritable tournant. Marine Tondelier a été la grande gagnante de la séquence NFP, du moins sur le plan de la communication et de l'image.
Sa notoriété publique a explosé, notamment grâce à sa posture rassembleuse et jugée pragmatique. Et pourtant, ce n'était pas gagné. Tondelier a été élue secrétaire générale du parti écolo en décembre 2022, mais elle était jusqu'ici relativement discrète sur la scène nationale, souvent même éclipsée par d'autres figures de son parti, plus médiatiques et radicales qu'elle, comme Sandrine Rousseau par exemple. Quand Macron décide de dissoudre l'Assemblée, les écolos viennent en plus de se prendre une déculottée magistrale aux élections européennes, qui sont pourtant leur scrutin phare. On passe de presque 14% en 2019 à seulement 5,5% en 2024. C'est donc une grosse claque.
Mais la séquence offerte par Macron lui donne une porte de sortie, qu'elle s'empresse évidemment de saisir. Les négociations entre les forces de gauche se tiennent au siège des écologistes. C'est donc le grand moment de la soirée pizza qui donnera naissance à terme au NFP. Marine Tondelier réussit le tour de force de se placer, pour la première fois comme la figure incontournable de l'Union de la Gauche, la courroie de distribution entre l'EPS et LFI, déjà en proie aux querelles ancestrales. Sauf qu'à cette époque, l'EPS est presque mort et ne peut pas se permettre de jouer cavalier seul.
Grâce à Tondelier, les écolos passent d'un parti de gauche, souvent relégué au second plan, à une vraie force sans qui on ne peut composer. Derrière ce revirement magistral se cache une solide stratégie de communication. D'abord en termes d'images, au fil du temps, Marine Tondelier a habilement tiré son épingle du jeu, notamment avec son iconisque veste, un petit rien sur le papier, mais une ficelle bien connue pour s'ancrer dans la tête du public. C'était Elisabeth II avec ses chapeaux originaux, Steve Jobs avec ses cols roulés noirs, Mitterrand avec son écharpe rouge, et donc désormais Tondelier avec sa veste de blazer verte.
Sur le fond, elle a aussi travaillé sa présence médiatique en devenant la bonne cliente des médias. Elle a soigné son image en l'humanisant, n'hésitant pas à jouer sur la corde émotionnelle. On se souvient de ses larmes en direct sur France Inter au lendemain du premier tour des législatives, par exemple. Marine Tondelier assume une forme d'authenticité, un naturel maîtrisé qui crée une vraie proximité avec ceux qui l'écoutent. Elle a aussi habilement ajusté son registre de langage pour rendre son discours plus accessible, maniant la punchline avec tout autant d'habileté. En façade, l'authenticité, mais en coulisses, une maîtrise chirurgicale de son image.
Marine Tondelier a compris que dans la politique, la forme est aussi une arme. Là où un Jean-Luc Mélenchon est un tribun redoutable, mais parfois vu comme trop colérique, où fort s'applique à incarner la respectabilité de la gauche, de gouvernement, quitte à devenir complètement transparent, Marine Tondelier préfère, elle, jouer la corde du lien. Un ton complice, une image décontractée, un peu la bonne copine de tout le monde. Mais cette période de grâce pourrait bien avoir touché à sa fin. Le personnage de Marine Tondelier ne résiste pas très bien à l'épreuve du temps et surtout à l'érosion du NFP.
Le trait d'union commence à s'étirer un peu trop entre les deux polarités qui s'éloignent et les écologistes sont contraints d'exister par eux-mêmes et surtout de s'affirmer dans le jeu politique. Et puis il ne faut pas ligner que Tondelier a des ambitions, qu'elle n'a pas encore publiquement révélées pour l'heure, mais qui ne font plus vraiment de doute. Elle assure qu'elle annoncera à l'automne sa décision sur une candidature à une potentielle primaire à gauche. Je la cite. Les écologistes n'ont pas vocation à juste être les gentils organisateurs de l'Union. Il y aura un candidat écologiste. On dirait qu'elle prépare le terrain. C'était rapporté par La Croix.
La présidente des écologistes a d'ailleurs publié un nouveau livre. C'était le 1er octobre. Il s'appelle Demain, si tout va bien. Alors elle dément que ce soit un livre programmatique, mais dedans, elle se raconte et donne ses perspectives. Alors tout ça, ça fait un petit peu grincer en interne certaines dents, du moins. Des critiques sont récurrentes, comme la suspension d'Éric Piolle de son mandat de porte-parole du parti, la personnalisation excessive du parti et le manque de travail idéologique. Et ces challengers au dernier congrès n'ont pas mâché leurs mots.
J'aime bien Marine Tondelier, mais forcée de constater que l'écologie a disparu du paysage politique, a critiqué l'ex-eurodéputée Karima Dely dans un entretien à Mediapart. Un autre challenger abonde. Elle a une notoriété, une surface médiatique. On la voit beaucoup, mais ce n'est pas pour ça que le parti écologiste accroît son nombre d'électeurs. Ce sont les mots de Florentin Letissier, adjoint écolo à la mairie de Paris. Pour Harmonie, le serre Meunier. Il ne suffit pas d'être populaire, sinon c'est Jean-Jacques Goldman qui serait président de la République, parce qu'il est la personnalité préférée des Français depuis des années.
Ce n'est pas ça la politique, c'est l'incarnation d'un programme, d'un projet, c'est donner à voir ce que l'on pourrait porter pour toutes et tous et forcer de constater que nous n'avons pas trouvé la formule chez les écologistes, cinglant. Pour autant, malgré ses critiques en interne, Marine Tondelier a renforcé son autorité lors du congrès d'avril 2025 et a balayé ses challengers en recueillant 73% des voix. Mais derrière ce score plutôt flatteur, tout n'est pas si rose. Pour certains, les verts ressemblent moins à un parti qu'à un fan club de Marine, laissant peu de place aux nouvelles figures.
Et l'omniprésence médiatique de la secrétaire nationale ne fait rien pour contredire cette impression. Parmi les leaders de gauche, elle fait d'ailleurs figure d'exception, on la voit partout, tout le temps. Normalement, ces grandes figures cultivent une certaine rareté médiatique, histoire de frapper fort quand elles acceptent une interview ou un plateau, tandis que les seconds couteaux s'occupent du quotidien. Chez les écologistes à l'air tondelier, ça ne fonctionne pas comme ça, si bien qu'il est parfois difficile pour le public de distinguer d'autres figures du parti.
Une stratégie de saturation un peu complexe à tenir et qui finit par diluer sa parole et brouiller un peu plus encore sa ligne politique. Comme cette semaine, à l'occasion d'une nouvelle tractation sur la censure ou non du gouvernement Lecornu, le 8 octobre, sur le plateau de France Info, elle s'était pourtant montrée très claire.
On ne va pas faire un gouvernement avec des macronistes et des gens de gauche. Nous, dans ces cas-là, nous n'irons pas. Nous avons été très clairs. Si c'est un Premier ministre macroniste, nous le censurerons immédiatement et tous les suivants. Ça suffit maintenant, on a perdu assez de temps. et on ne va pas faire des gouvernements qui ne sont d'accord sur rien.
Quelques jours plus tard, le 12 octobre, sur France Inter, la chef de file des écologistes a adopté un ton plus nuancé sur la question de la censure, un revirement qui n'a pas échappé aux observateurs.
Nous, nous demandons un vote de confiance, ce qui est normalement normal. Un gouvernement arrive, il fait son discours de politique générale et il y a un vote de confiance. Ils ne veulent même pas en organiser. Et s'il n'y a pas de vote de confiance, alors là, c'est même pas qu'on votera une censure. Je pense qu'on déposera nous-mêmes une motion de censure que l'on souhaite unitaire parce que le petit jeu de c'est l'EPS qui la dépose en premier ou l'EFI. Nous, on estime que si les écologistes la déposent, elle a plus de chances d'obtenir les voies.
Alors attendez, il faut peut-être... Parce que vous, vous connaissez toutes les coulisses et les auditeurs. Mais vous avez raison, c'est compliqué. Voilà. Il y a donc LFI qui va déposer une motion de censure.
Alors eux, ils la déposent, là, avant même le discours de politique générale. Mais l'EPS veut également... Nous, nous estimons qu'il faut d'abord écouter le discours de politique générale parce que si on ne le fait pas, on renonce à toute pression sur M. Lecornu, dont je répète que je pense qu'il n'a rien à faire là. C'est-à-dire que dans les conditions de non-censure, on en avait plusieurs. Premièrement, que le Premier ministre soit de gauche et écologiste. Bon, ça l'a l'air raté. Il en restait d'autres. Et on va être très, très attentifs à ce qu'il dit parce que pour l'instant, sur l'environnement, par exemple, il ne nous a jamais donné aucune réponse. Et personne n'en parle d'ailleurs.
Alors la période actuelle constitue un véritable moment de vérité pour Marine Tondelier et pour plus largement les écologistes. Ils ne peuvent plus se contenter de naviguer sur une ligne d'équilibre précaire entre les différentes sensibilités de la gauche. Depuis plus d'un an, la chef des Verts se présente en unificatrice, garante d'une convergence possible entre les forces du NFP. Mais cette stratégie d'union permanente montre aujourd'hui ses limites. Elle repose sur un flou stratégique devenu presque contre-productif.
En tentant de ménager à la fois la France insoumise dont elle partage certains combats sociaux et le parti socialiste avec lequel elle espère bâtir une alternative crédible au macronisme, Tondelier entretient une ambiguïté qui fragilise la cohérence du mouvement écologiste tout entier. À l'approche des prochaines échéances électorales, cette indétermination ne pourra plus durer. Les alliances doubles deviennent intenables dans un paysage où chaque force de gauche cherche à imposer son leadership.
La stratégie du « en même temps écolo » utile un temps pour maintenir le dialogue risque désormais de condamner les Verts à l'effacement politique coincé entre deux blocs plus structurés idéologiquement. À trop vouloir être partout, Marine Tondelier n'est pleinement reconnue nulle part, ni par les Insoumis, pour qui elle paraît trop modérée, ni par les socialistes, qui lui reprochent évidemment sa proximité avec LFI. Cette posture d'équilibriste tacticienne finit par brouiller son image et celle de son parti. Les écologistes apparaissent davantage comme des médiateurs que comme de réels porteurs d'un projet distinct.
Pire, dans un contexte où la question écologique est devenue transversale, reprise jusqu'à la droite de l'échiquier politique, Les Verts ne peuvent plus se contenter d'être le parti de l'écologie. Ils doivent retrouver un récit politique propre, capable d'articuler urgences climatiques, justice sociale et réformes démocratiques, sans se dissoudre dans les alliances fragiles. Marine Tondelier joue donc une partie décisive, transformer son positionnement d'unificatrice en une ligne politique claire et crédible, ou alors rester prisonnière de son rôle de médiatrice impuissante dans une gauche fragmentée.
L'écologie politique n'a plus le droit d'être un simple accessoire moral ou un outil pour lier les forces de gauche. Il est temps qu'elle devienne une alternative à part entière si elle veut réellement exister. On passe au reste de l'actualité politique. À peine nommée, le gouvernement Lecornu 2 est déjà chahuté par les motions de censure. On en parlait hier dans le récap. Aujourd'hui, le Premier ministre a présenté sa déclaration de politique générale aux parlementaires. Un moment évidemment crucial, puisque le PS, qui pourrait faire basculer l'avenir de l'exécutif, attendait des gages, notamment au sujet de la réforme des retraites, avant de décider de son vote.
La plus grande richesse du pays, c'est sa capacité collective à aller de l'avant. C'est pourquoi je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle. Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028, comme l'avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d'assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres. Lecornu devrait donc engager un débat parlementaire sur la suspension de la réforme des retraites jusqu'en 2027. C'est ce qu'il a annoncé. L'EPS semble donc avoir obtenu gain de cause, en tout cas pour le moment.
Pour autant, le Premier ministre a évoqué dans son projet de budget le gel des pensions de retraite. Alors, on le sait, parce que le tant attendu projet de loi finance a enfin été révélé. Du moins, il a fuité dans sa première version. C'était ce matin, dans le cadre du premier conseil des ministres de ce nouveau gouvernement. Pour l'occasion, d'ailleurs, un immense parterre de journalistes avait fait le déplacement, dont le Média. Le Premier ministre a dégainé pas moins de 29 mesures fiscales, en plus des coupes budgétaires drastiques, pour aller chercher ces 30 milliards d'économies.
Comme lors des négociations interminables du mois de septembre, le Cornu a tenté de plaire à tout le monde, quitte à ne plaire à personne. Alors, pour plaire à la gauche, par exemple, il a tenté une taxe sur les holdings, qui devrait rapporter entre 1 et 1,5 milliard. Dans son projet, le Cornu conserve aussi la taxe exceptionnelle sur les profits des grandes entreprises, mais divisée par deux, tout de même. En revanche, il propose la suppression de 23 niches fiscales, mais pas la niche copée, dont les grandes entreprises sont les principales bénéficiaires.
D'un autre côté, le Premier ministre propose de supprimer la réduction d'impôts pour les frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur. Il entend aussi fiscaliser les indemnités journalières perçues pour les affections de longue durée, comme les cancers ou le diabète, par exemple. Ce projet de loi finance prétend faire échec aux stratégies de contournement de l'impôt des plus riches, tout en les préservant et en les démultipliant, a d'ores et déjà critiqué l'économiste Gabriel Zuckmann, toujours pour s'acheter l'indulgence des oppositions, notamment des socialistes. Le Cornu a aussi répété qu'il renonçait au 49-3.
Alors rappelons tout de même que le 49-3 n'est pas le seul dispositif constitutionnel qui peut contenir le Parlement. Et on n'a pas entendu Le Cornu promettre de ne pas utiliser le vote bloqué de l'article 44-3, également utilisé à l'époque des retraites. Affaire à suivre. On passe à une actualité qui va assurément perturber bon nombre de foyers et d'entreprises d'ailleurs. Microsoft a mis fin aux mises à jour pour Windows 10. Les utilisateurs n'auront donc d'autre choix que de migrer vers Windows 11, le système d'exploitation le plus récent de la firme, ou à défaut de s'exposer à d'importants risques de sécurité pour leurs données.
Une obsolescence programmée qui fait évidemment polémique tant ses conséquences risquent d'être importantes. Selon l'évaluation d'une association américaine, jusqu'à 400 millions d'ordinateurs en circulation seraient tout bonnement incompatibles avec le système Windows 11 et devraient donc être changés, même s'ils fonctionnent encore très bien. Rien qu'en Europe, c'est 54% du parc informatique qui fonctionne sous Windows 10. Face à cette obsolescence programmée de nos outils informatiques, les ONG craignent une catastrophe écologique à venir.
C'est aussi un risque d'isolement numérique pour les plus fragiles, comme les personnes âgées ou les plus précaires, qui n'auront pas les moyens de s'acheter un nouvel équipement. Au-delà des particuliers, les administrations, les hôpitaux et les collectivités locales sont également concernés par ces problèmes d'ordinateurs obsolètes. Flavie Wonderscher de l'association HALT à l'obsolescence programmée explique, je la cite, « On a enquêté et certains services publics et collectivités doivent dépenser parfois plusieurs millions d'euros pour continuer à travailler. » On parle évidemment d'argent public.
À l'heure où l'État pousse aux économies, c'est un véritable hold-up numérique, dénonce-t-elle. De quoi, effectivement, compliquer la tâche de Sébastien Lecornu dans sa quête des 30 milliards d'économies ? Face à cette polémique qui enfle, Microsoft a légèrement temporisé. La firme américaine a annoncé que les utilisateurs particuliers pourront bénéficier gratuitement pendant un an encore du programme de mise à jour étendue de Windows 10. Il faudra néanmoins rester connecté en permanence à son compte Microsoft. Et de toute façon, le problème et toutes ses dimensions, qu'elles soient économiques, écologiques ou encore sociales, se reposeront dans un an.
On passe à l'international et Madagascar emprunt à un soulèvement inédit de sa jeunesse contre son président. L'unité militaire a annoncé dans l'après-midi du mardi 14 octobre avoir pris le pouvoir juste après le vote de l'Assemblée nationale qui a destitué le chef de l'État, le président Andri Rojolina, qui a fui, lui, le pays à bord d'un avion militaire français, pour l'information. Ce dernier a tout tenté pour échapper à la sanction allant jusqu'à publier quelques minutes avant le vote un décret dissolvant l'Assemblée nationale. Le décret présidentiel est contesté. Absence de cachet officiel et signature depuis l'étranger.
C'est ce que dénonce le vice-président de l'Assemblée nationale, Malgache, qui parle, lui, de violation de la Constitution. Malgré cela, les députés ont décidé de poursuivre le vote avec environ 120 sur 161 présents, espérant atteindre les deux tiers nécessaires pour la dissolution. Fragilisé par le ralliement des militaires à l'opposition et réfugiés dans un lieu inconnu, le président avait rejeté toute démission et appelé au dialogue avec la jeunesse contestataire. Mais son décret a déclenché de vives critiques sur les réseaux sociaux, perçus évidemment comme une tentative de se maintenir au pouvoir coûte que coûte.
Emmanuel Macron a déclaré mardi que l'ordre constitutionnel devait être préservé et que même si la France comprenait les revendications des jeunes, celle-ci ne devrait pas être exploitée par des factions militaires. Un peu plus tôt, lors d'une allocution prononcée lundi soir dans un lieu toujours tenu secret, Andri et Rogolina avaient refusé de quitter le pouvoir malgré des semaines de manifestations de la Gen Z, exigeant sa démission et des défections généralisées au sein des armées. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé.
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