RELIGION, BIEN COMMUN ET IMMIGRATION : MARION MARÉCHAL SUR FRANCE INFO TV
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:44OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous trouvez que le gouvernement est arrivé à un bon équilibre entre santé et liberté ?
- 5:45RelanceÉludée
Vous trouvez qu'on a privilégié la santé par rapport à la liberté ?
- 7:56FerméeRéponse directe
Est-ce que vous rouvririez les restaurants en France ?
- 8:34FerméeRéponse directe
Est-ce que vous dites « Tout le monde doit aller se faire vacciner » ?
- 10:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut rendre le vaccin obligatoire pour les personnels soignants ?
- 14:07OuverteRéponse directe
Virginia, votre salon est dans un quartier de Nice, comment allez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:18PrésentateurChiffre
« On a eu plus de 130 000 chômeurs en plus. Début 2021, on a des estimations à plus de 600 000 à 700 000 chômeurs de plus. »
- 9:42PrésentateurChiffre
« Aujourd'hui, seuls, je crois, 20% des plus de 70 ans sont vaccinés. »
- 10:07PrésentateurFait
« On a aujourd'hui des personnes âgées qui sont vaccinées dans les EHPAD, sans que le protocole n'ait changé en rien, qui continuent de ne pas avoir le droit de sortir. »
- 12:00PrésentateurChiffre
« 27 000 patients ont attrapé le coronavirus à l'hôpital, c'est une maladie nosocomiale, et ça a provoqué 186 décès. »
- 31:55PrésentateurFait
« Génération Identitaire a reçu le financement de Brenton Taren, qui est le terroriste suprémaciste blanc, qui a assassiné 51 personnes à Christchurch. »
- 35:42Marion MaréchalFait
« Le pape n'est infaillible que sur le dom. »
- 44:44Marion MaréchalFait
« Le nombre empêche l'assimilation. »
- 55:05Locuteur 8Chiffre
« Le dernier cyclone d'une telle ampleur, Erika, en 2003, avait fait 2 morts, des dizaines de blessés et des millions d'euros de dégâts. »
- 55:30Locuteur 8Fait
« C'est la première fois qu'une évacuation d'une telle ampleur a lieu depuis le début de la crise sanitaire. »
- 55:58Locuteur 8Chiffre
« 38 400 litres d'oxygène pour 4 patients plongés dans le coma pour le voyage. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Présentateur 214 %
- ?8 %
- Locuteur 13 %
- Locuteur 83 %
- Locuteur 33 %
≈ 32,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les
restrictions,
ça
commence donc demain dans les zones en tension, en Ile-de-France par exemple, à Marseille ou à Lyon. Les magasins de moins de 5000 m2 seront fermés dans tout le Pas-de-Calais. C'est un vrai reconfinement qui commence pour les 4 prochains week-ends et ceux des 6h du matin.
On
est fatigué, on est énervé, on est stressé. Ça nous embête quand même pas mal de devoir fermer les week-ends.
C
'est-à-dire, sans vous mentir, c'est vrai que c'est là où on travaille bien. Coup d'accélérateur sur la vaccination à Paris. Des centaines de centres resteront ouverts ce week-end pour écouler plus de 50 000 doses de vaccin Pfizer. Finalement, on en trouve. Objectif, 10 millions de premières injections d'ici la mi-avril.
Si
on nous le demande, on peut aller jusqu'à 600 sur le week-end. Comme finalement tous les centres de vaccination, de vacciner le plus grand nombre de personnes le plus vite possible en fonction des doses qui nous sont allouées.
Alors
qu'Olivier Véran vient de publier une lettre où il met la pression sur les soignants pour qu'ils se fassent vacciner, maintenant on va en Irak. Appel à la paix du pape François dans la cathédrale de Bagdad, là où un attentat d'Al-Qaïda commis par un commando a fait 53 morts la veille de la Toussaint 2010. Le pape François entame un voyage historique de trois jours en Irak. Bonsoir Marion Maréchal.
Vous avez
été députée du Vaucluse, élue sous l'étiquette de ce qui était alors le Front National. Et maintenant vous êtes directrice de l'Institut de sciences sociales, économiques et politiques de Lyon. C'est ça, exactement.
Donc
officiellement vous êtes retirée de la politique, mais il ne vous a pas échappé, comme je le disais, que cette émission s'appelle Votre instant politique. Ce qui donc préfigure de la conversation qu'on va avoir pendant 50 minutes. Et pour ceux qui ne le sauraient pas, je précise que vous êtes la petite fille de Jean-Marie Le Pen et la nièce de Marine Le Pen. Aussi, en effet. En effet, je me tais et laisse la parole à Adrien Roar, que je salue. Bonsoir Gilles, bonsoir Marion Maréchal. Bonsoir. C'est votre première ici, donc je suppose que vous mourrez d'envie terriblement de connaître nos observateurs citoyens. Terriblement, c'est le mot.
C'est comme ça qu'on les a appelés, trois Français issus de notre panel qui vont vous interpeller ce soir, qui ont beaucoup de choses à vous dire. Donc je vous les présente, si vous voulez bien. Avec plaisir. Vous rencontrerez par écran interposé
Amélie d'abord.
Alors
Amélie, il faut savoir qu'elle habite le Vexin français dans un tout petit village, ce
petit village. Il y a des Vexins autres que français ? Il paraît que ça s'appelle comme ça. Écoutez,
c'est le nom historique de cette région. Le Vexin
français, parfait. On va la voir apparaître sur l'écran. Amélie, Réquier-Court, c'est le nom de son petit village. Elle est maman, chef d'entreprise aussi, architecte à Vernon. Et elle se sent pas mal de points communs avec vous, Amélie. Vous verrez lesquels, mais ça n'est pas sur le terrain des idées. Il y aura également Hugo. Alors Hugo, il est nantais, on ne le voit pas malheureusement.
Et il est étudiant en santé. On a besoin d
'eux
en ce moment, les étudiants en santé, bien sûr. Il est en quatrième année de pharmacie. Il vous parlera de la campagne de vaccination. Ça,
c
'est
Amélie, je crois. Voilà, c'est Amélie qui est là.
Vous allez voir Hugo dans
un
instant apparaître. Alors Hugo, il a une coiffure assez atypique, vous verrez. Peut-être qu'on devrait donner à Hugo le numéro de Virginia. Virginia,
elle
est coiffeuse à Nice et elle est en direct avec nous. Coiffeuse barbier. Elle va rester avec nous en direct pendant toute l'émission, Virginia. Et elle aura également pas mal de choses à vous dire. Elle vous interpellera directement. Ne se fatigue pas,
on ne voit personne. Voilà, la voie aussi, Virginia. Finalement, on la
voit, elle sourit. Elle est en
direct. Elle est en direct, Virginia et à
tout de suite. À tout de suite, bravo, bravo.
Un exercice équilibriste
comme un autre.
Alors les restrictions, mais on va commencer par parler du Covid. Les restrictions, même modérées, ça commence demain à 6h dans le Pas-de-Calais. Moins de rassemblements dans les autres départements en tension. Est-ce que vous trouvez que le gouvernement est arrivé à un bon équilibre entre santé et liberté
?
Avant qu'on ne parle de restrictions, j'aimerais bien qu'on parle des conséquences de ces restrictions. Parce que c'est quelque chose que j'entends assez peu dans le débat public, alors que ça m'apparaît quand même absolument central. Rien que pour donner
quelques chiffres... Le président en parle. Le
29 janvier, quand il n'a pas voulu reconfiner, il a dit que
la
population était fragile, la jeunesse surtout. Oui, mais au-delà
de ça, je vais vous appeler par exemple
des chiffres du chômage dont on parle assez peu. Il
faut
savoir qu'on a vécu un troisième trimestre en 2020 absolument apocalyptique. L'INSEE n'avait jamais vu ça depuis 1975. On a eu plus de 130 000 chômeurs en plus. Début 2021, on a des estimations à plus de 600 000 à 700 000 chômeurs de plus. On a aussi une explosion de la pauvreté. On a des enquêtes qui sont faites par des syndicats dans différents secteurs qui concluent a priori qu'on aurait potentiellement jusqu'à 4 restaurants sur 10 qui ne rouvrirait pas. Et dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, peut-être même jusqu'à 2 établissements sur 3 qui n'ouvrirait
pas. Tout
ça,
c
'est plus important que la santé ? Et tout ça pour dire que chaque fois qu
'on
prend une mesure de restriction, il faut avoir ça en tête. Voilà, c'est ça que je veux dire. Et surtout, quand on n'a pas l'assurance scientifique absolue de leur efficacité. Et en ce qui concerne le couvre-feu à 18h, il n
'y a
pas de consensus scientifique. Je vous donne un
exemple. Je vous parlais du
confinement. Du confinement
au week-end, du confinement le
week
-end. Et l'idée pour le
confinement d'ailleurs, je vais y revenir dans un instant. Mais pour vous parler du couvre-feu, parce que là pour l'instant c'est ce qui est généralisé au niveau français, on a notamment, mais pas que celle-ci, une étude par exemple du CHU de Toulouse qui a été faite sur le terrain et qui a conclu qu'il n'y avait pas d'efficacité du couvre-feu, voire
même
l'inverse. D'autres études concluent l'inverse. C'est pour ça que je vous dis qu
'il
n'y a pas de consensus scientifique. Idem sur le confinement, on n'a pas de consensus scientifique. Ça veut dire qu'on a des études...
Dans le
doute,
il
ne faut pas être prudent. Dans le doute,
c
'est-à
-dire
quand on voit les conséquences, pour le coup, économiques, psychologiques, sociales, en prenant des mesures sur lesquelles il n
'y a
pas un véritable consensus scientifique, bon ben c'est vrai que moi personnellement j'aurais tendance à être dans la précaution et à éviter de généraliser des mesures à l
'efficacité incertaine.
Pour répondre à ma question sur le bon équilibre entre santé et liberté, vous trouvez qu'on a
trop
privilégié la santé par rapport à la liberté ? Mais moi,
je
n'oppose pas tout à fait les deux parce qu'il y a un espèce de débat un peu biaisé qui consiste...
En tout
cas, que le gouvernement est trop restrictif. Alors je vais vous répondre là-dessus parce qu'il y a une espèce de débat un peu moral qui consiste à dire « Ah oui, alors donc en gros, il y a les salauds qui veulent sauver l'économie et puis il y
a
les gentils qui veulent sauver... »
Non,
je ne
dis
pas que c'est votre cas, mais les gentils qui veulent sauver les malades. Je veux dire, en réalité, la personne qui vit aujourd'hui pour défendre son commerce, qui a besoin de ses revenus pour pouvoir faire vivre sa famille, nourrir sa famille et payer son loyer, ce n
'est
pas moins vital, si vous voulez, aussi que le reste. Donc c'est pas... Je veux dire, il n
'y a
pas, à mon avis... Le rôle du politique,
c'est de trouver...
Même quand on est au chômage,
on n'est pas mort. Vous savez
combien il y
a
eu de morts aujourd'hui ? 439 décès sur le plan d
'air. Monsieur,
mais n'essayez pas
de me faire dire... Mais n'essayez pas de me faire passer pour
quelqu'un qui se fiche de la situation. Je suis comme tout le monde, vous
savez, j'ai envie que mon pays sorte de la crise. Vous avez
commencé par parler des conséquences économiques qui existent. Oui,
parce
que je pense... Mais manifestement, elles passent devant pour vous. Non, je ne dis pas qu'elles passent devant. Je dis que si des mesures doivent être prises, elles doivent être prises avec la certitude de leur efficacité. Donc je ne suis pas du tout contre qu'il y ait des jauges. Je ne suis pas contre qu'il y ait des restrictions. Je ne suis pas contre qu'il y ait évidemment les masques obligatoires. Je ne suis pas contre que certains secteurs puissent éventuellement, selon les territoires, rester fermés.
Je dis juste que quand je vois qu'il y a une territorialisation des réponses, et je pense que c'est une bonne chose, qu'elles aillent dans un sens plus restrictif, d'accord, mais qu'elles puissent aussi aller dans un sens plus libre, si je puis dire, pour les territoires qui, justement, souffrent moins aujourd'hui et ont des chiffres en hospitalisation
qui sont moins... Par exemple, dans le
Finistère, où on sait que les contaminations sont faibles, vous aspireriez
à
plus
de liberté
? Par exemple.
Et
je pense, franchement, je ne vois pas ce qui peut nous empêcher de réouvrir, par exemple, les musées, moyennant des jauges, moyennant le respect de distance sociale. Pourquoi le monde de la culture ?
Comme l'a fait Louis
Allure, comme a essayé de le faire Louis Allure. Oui, oui. Aujourd'hui, il n
'y a
pas de raison qu'on puisse ouvrir la journée des magasins de vêtements et qu'on puisse, par en parallèle, avoir d'autres activités qui rouvrent.
Simplement, soyons
équilibrées. Toute l'Europe confine. On est certainement le pays où on est le plus libre de nos mouvements. Vous, vous auriez rouvert les restaurants, par exemple ? Ce n'est pas tout à fait vrai, quand même. Quand vous regardez ce qui se passe en Espagne ou en Italie, il y a même de nombreuses provinces où les restaurants sont ouverts,
où les marques sont
ouverts.
Oui,
tout à fait.
Il y a un couvre
-feu, même à 22h. Non, on ne peut pas dire ça.
Mais est-ce que
vous rouvririez les restaurants en France
?
Je pense que selon les territoires, oui. On peut se poser la question. Uniquement le midi ou midi et soir ? Si vous voulez, à partir du moment où le confinement à 18h n
'a
pas prouvé son efficacité, moi, je pense qu'il faut territorialiser. Typiquement, là, c'est le genre de mesures qu'on peut prendre en fonction du risque et en tout cas de la tension en réanimation.
De la carte sanitaire.
Voilà. Et je pense que les restaurateurs ont fait la démonstration la première fois, malgré tout, qu'ils avaient été extrêmement respectueux des distances, des protocoles. Moi, je suis
aussi, à un moment donné,
pour... Il faut enlever son masque. Est-ce que, pour qu'on en revienne à plus de liberté, celle que vous souhaitez, moins de contraintes, est-ce que vous dites « Tout le monde doit aller se faire vacciner »
?
Alors,
moi,
je n'ai... Alors déjà, à titre liminaire, parce que parfois, on a des procès un peu, comment dire, rapides sur le sujet. Moi, j'ai fait tous mes vaccins. Ma fille a fait tous ses vaccins obligatoires. Donc, les
11...
Et est-ce que vous vous êtes vaccinés ? Aujourd'hui, est-ce que
vous...
Vous n'êtes pas anti-vax.
C'est ça que vous voulez nous dire. Non, mais c'est ça que je veux dire,
parce que c
'est... Absolument. Est-ce
que, si aujourd'hui, on vous propose une dose, est-ce que vous faites vacciner ? À l'heure actuelle, non. Parce que je ne suis pas... C'est vrai que moi, bon, déjà, je ne
suis
pas une personne à risque. Je ne vis pas avec des personnes à risque. Je ne
suis
pas prioritaire. Donc, à partir de là, je ne me précipite pas
sur le vaccin. Mais quand vous êtes à votre
tour, vous le ferez.
Bah, pourquoi pas. Mais pourquoi pas.
Mais je ne suis
pas...
Mais je cours pas. Vous savez que vous n'êtes pas personne à risque, mais en
vous faisant pas vacciner, vous mettez en
danger... En fait,
je trouve ça
très étonnant
comme procès, puisque à partir du moment où vous êtes à risque, où vous vous considérez à risque, vous vous faites vacciner, pourquoi vouloir imposer aux autres de se faire vacciner ? Puisque, normalement, si j'ai bien compris le raisonnement, vous êtes protégé. Quand ? Donc, à partir du
moment
où vous êtes vacciné. Oui. Donc, à partir de là, je ne comprends pas la logique qu'ils veuillent dire aux gens qui veulent se faire vacciner, j'impose aux autres de vouloir se faire vacciner.
À
partir du moment où vous êtes vacciné, vous êtes protégé, de toute façon.
Oui.
Enfin... Aujourd'hui, seuls, je crois, 20% des plus de 70 ans sont vaccinés. Oui,
mais
moi... Si vous étiez vacciné aujourd'hui, vous protégeriez les 80%
?
Non, mais je ne protège pas, puisque manifestement, on ne sait même pas si avec ces vaccins, on est encore contagieux ou pas. Alors là, pour le coup, vous avez peut-être m'apporté la réponse,
mais... Non, non, on ne le sait pas formellement, mais enfin, on commence à avoir... Et c'est si
vrai... On commence à avoir de bons indices. Bon, écoutez, je n
'ai
pas lu la même chose que vous. En tout cas, pour l'instant, on ne sait pas combien de temps on est immunisés avec le vaccin. On ne sait pas exactement si on est contagieux ou pas. Et d'ailleurs, c'est si vrai, et le ministre en a parlé hier, qu'on a aujourd'hui des personnes âgées qui sont vaccinées dans les EHPAD, sans que le protocole n'ait changé en rien, qui continuent de ne pas avoir le droit de sortir, de ne pas avoir le droit de visite, qui sont cloîtrés comme des animaux dans leur chambre, alors qu'ils sont vaccinés. Donc, manifestement, pardon, mais on n'a pas l'absolue certitude. Tout ça pour dire que je ne suis absolument pas contre que les gens puissent se faire vacciner.
Il faut évidemment leur laisser la possibilité.
Mais
je ne suis pas pour la contrainte du vaccin. Alors,
justement, l'autre débat de la semaine concerne la vaccination des soignants. Le gouvernement incite
fortement les personnels soignants à se faire vacciner, quitte à tenter de rendre ce vaccin obligatoire. J'en ai parlé à Hugo, qui est étudiant en pharmacie,
qui lui est pro-vaccination, et qui pense en effet qu'il faut carrément le rendre obligatoire. C'est en tous les cas ce qu'il m'a dit tout à l'heure. On l
'écoute.
Moi,
je
suis étudiant en quatrième année de pharmacie, donc futur professionnel de santé. Évidemment, je suis favorable à la mise obligatoire de la vaccination pour les professionnels de santé, parce que finalement, les professionnels de santé, c'est ceux qui sont en contact avec les patients, c'est-à-dire les personnes les plus vulnérables. Et donc, c'est très important de vacciner, de rendre obligatoire la vaccination des professionnels de santé, voire de toute la population.
Alors,
allez-y. Je voulais juste préciser qu'Olivier Véran a envoyé, on l
'a
appris il
y
a une heure, à envoyer aux soignants la lettre qu'ils nous promettaient hier, les incitant très fortement à se faire vacciner. Alors que les Français, eux, aient le choix, c'est une chose, et vous l'avez dit, mais est-ce qu'il faut
le rendre obligatoire, ce vaccin, pour les personnels soignants, quand on sait que seulement 30% des soignants sont vaccinés en France et que c'est très peu ?
Disons que ce serait un peu indélicat de ma part de refuser qu'on me rende le vaccin obligatoire et de vouloir l'imposer à d'autres segments de la population pour une raison simple, c'est que malgré tout, ce vaccin est encore aujourd'hui en phase expérimentale. La phase 3 n'est pas totalement aboutie, et donc rendre obligatoire un vaccin qui est encore aujourd'hui en phase expérimentale, bon, moi, personnellement, ça me paraît délicat.
En même temps, on sait
que 27 000
patients ont attrapé le coronavirus à l'hôpital, c'est une maladie nosocomiale, et ça a provoqué 186 décès, là encore, c'est des chiffres énormes. Vous
êtes très, quand
même, très dubitatif
vis-à-vis du vaccin.
Non, je ne suis pas dubitatif. De tous les gens
qu'on a reçus ici, vous êtes celle qui fait état du plus de réserve. Alors, moi, simplement, je fais d'une certaine manière que répéter ce que j'ai pu lire là-dessus. Quand je vous dis, voilà, il n
'y a
pas de certitude sur le fait qu
'on
soit encore contagieux ou pas avec le vaccin, bon, je vous dis
ce que j
'ai lu. Quand je vous dis, je ne sais pas combien de temps on est immunisés, je vous dis ce que j'ai lu, et d'ailleurs, on voit bien, même en Israël... Tous les scientifiques, sans exception, tous ceux qu'on a reçus, appellent à se faire vacciner. Tous. Oui, très bien. Pour le coup, là, il y
a
un consensus. Moyennant, moyennant tout ce que je viens de vous dire. C'est-à-dire qu'en Israël, on voit bien aussi, en fonction des chiffres, qu'il y a évidemment une baisse aujourd'hui significative, mais on voit bien que la baisse significative attendue n'est pas aussi importante que celle qui a été espérée, parce que manifestement, ce vaccin, semble-t-il, n'est pas forcément efficace sur toutes les formes de variants. Du moins, c'est ce qui est avancé aussi. Ce que je veux dire, parce que je ne
veux
pas donner le sentiment du tout, que je suis contre le vaccin ou quoi que ce soit, une fois de plus, moi, je suis pour que cette solution puisse être mise en œuvre et le plus rapidement possible, mais je ne pense pas qu'on puisse s'en remettre absolument au tout vaccinal, et qu
'on
ne peut pas mettre la vie en suspens, sous toutes ces formes, si je puis dire, jusqu'à ce que 60% ou 70% de la population soit vaccinée.
Et la vie n'est pas en
suspens ? Et que c'est une stratégie...
On n'est pas en Nouvelle-Zélande
? Non, on n'est pas en Nouvelle-Zélande, et vous me direz, on n'est pas en Israël non plus, où c'est beaucoup plus strict, mais néanmoins, si, pardonnez-moi, il y a aujourd'hui une situation, même sur le plan psychologique, pour un certain nombre de segments de la population, qui sont très compliqués.
Vous
savez, moi,
je
suis dans l'enseignement supérieur. Je le vis, on est en fermeture administrative quasiment depuis
mars. Compliqué,
ok, mais je n
'ai
pas l'impression que la vie soit en suspens. Si vous sortez, il est dans 19h13, il
n
'y a plus personne, mais enfin... Oui,
d'accord. Si vous sortez l'après-midi, il y a du moment-là... Vous allez
discuter avec les syndicats étudiants, vous avez des taux de décrochage qui sont monstrueux, des situations psychologiques chez les étudiants qui sont très compliqués, des situations sociales qui sont dramatiques, avec des étudiants dans des tout petits logements ayant perdu leur job étudiant et tout. Donc, une fois de plus, il faut mettre tout ça en équilibre, et c'est le rôle du politique, que pas de raisonner comme un médecin, mais comme un politique, voilà. Alors, celle qui n'a pas le Covid, mais qui en souffre quand même, car elle vit à Nice et qu'elle est confinée, et bien, enfin, elle sera confinée demain, c'est Virginia.
Absolument, Virginia, coiffeuse, barbier, vous parliez des difficultés économiques, et pour le coup, Virginia, elle est en plein dedans. Votre salon, Virginia, est dans un quartier de Nice, pas très loin du port. Alors, on est en plein centre-ville, en pleine zone touristique, et les week-ends, et bien, le port de Nice doit être bien triste. Virginia, car Nice est confinée depuis maintenant plusieurs semaines. Avant de parler de votre situation personnelle et professionnelle, quelle est l'atmosphère ? J'imagine que c
'est
la morosité qui
prime,
à Nice, autour de vous
? Alors,
comme on dit en niçois, il y a des gains,
c
'est-à-dire personne.
Il n'y a
personne, oui.
Et
donc, le moral
n
'est pas au top, quoi. Très morose. Et vous, personnellement, alors, vous nous avez déjà parlé dans cette émission, Virginia, je rappelle que vous avez dû emménager dans votre salon de coiffure pour pouvoir survivre économiquement. Alors, ça n'est déjà pas fort avant, puisque ça, vous nous l'aviez confié avant que Nice soit confinée les week-ends. Et là, pour le coup, vous êtes dans quel état d'esprit ? Vous en avez ras-le-bol,
ou
vous gardez quand même votre niaque légendaire dont vous nous avez déjà gratifié dans cette émission.
Alors,
oui, la niaque,
je l'ai toujours.
Mais
là, c'est un peu le coup de grâce avec le samedi. On nous en pute en tout de deux jours
dans
la semaine. Économiquement, c'est pratiquement plus tenable. Même si on a remplacé le samedi par le lundi, en fait, les habitudes ne sont pas là. Les gens ne
prennent
pas le temps de changer leurs habitudes suffisamment rapidement
pour
pouvoir être là dans nos commerces. Nous, on les attend, mais non, ça ne
se
fait pas, ça ne se déroule plus correctement. Vous dites qu'économiquement, c'est plus tenable. Vous en êtes tout financièrement, là. Vous avez engagé des fonds propres. Si oui, combien ? Est-ce que vous craignez de même devoir mettre la clé sous la porte, carrément, ou pas
?
Pour l'instant, non. Je travaille
trop
pour avoir des aides et pas assez
pour
vivre. Mais j'ai engagé mes fonds personnels.
Donc,
je tiens le coup avec ce que j'ai déjà et ce que j'ai emprunté à ma famille, mais jusqu
'à
quand
? Je
ne sais pas, donc c'est un peu toujours sur la sellette.
J
'estime qu'il pourrait y avoir une reprise d'ici la fin de l'année.
Je
croise les doigts avec la vaccination, que ça puisse avancer.
Mais
bon, j'ai de l
'espoir. Oui, de l'espoir
et un peu de… Parce que je préfère
voir le
côté
bleu
que le côté noir.
Oui, vous avez raison, absolument. Je vous voyais écouter attentivement Virginia Marion Maréchal. Est-ce que vous auriez envie peut-être de lui dire un petit mot
?
Oui, moi, ça fait mal au cœur, en fait, ces situations. Parce que ça me rappelle justement le témoignage d'une boulangère aussi qui est
allée
dans une station de ski. Et qui, pareil, surtout, il
y a
des stations de ski fermées. Donc, il n'a plus de clientèle et qui dort dans sa boulangerie, qui a tout perdu. Enfin, c'est des situations terribles. Et c'est vrai que moi, j'ai tendance à considérer qu'aujourd'hui, des commerçants comme madame sont capables de respecter des protocoles. Et je pense qu'en faisant attention avec le gel hydroalcoolique, avec le masque, avec les distanciations, elle pourrait continuer à exercer son activité pour éviter d'être prise à la gorge. Donc, c'est vrai que là-dessus, moi, j'ai plutôt tendance à vouloir me baser sur la responsabilité des citoyens. Les barbiers, raser quelqu'un avec un masque.
Oui, mais elle est aussi coiffeuse. Absolument, elle peut garder son masque. Mais le
client doit l'enlever. Elle peut aussi, je veux dire, se concentrer sur son activité de coiffeuse, qui, je pense, quand même,
doit
être l'essentiel de son activité, je pense. Je
parle sur
son contrôle. Mais voilà, c'est vrai qu'en France, on a tendance à avoir une réponse politique et d'abord une réponse de contraintes et d'obligations. D'autres pays font aussi le pari de tabler sur la responsabilité individuelle des citoyens. Il y
a
peut-être un équilibre à trouver de ce point de vue-là. Et je pense qu'en ce qui concerne madame, c'est une femme qui saura être responsable et s'organiser. Après, c'est vrai que la situation à Nice est délicate. Mais une fois de plus, vous allez croire que je reviens à ma petite marotte, mais sur le confinement et le couvre-feu,
il
n'y a pas de consensus scientifique. On va parler maintenant avec vous, Virginia, d'un sujet de société parce que vous vouliez en parler avec Marion Maréchal dans la bienveillance, bien sûr. C'est la PMA ouverte à toutes les femmes. Vous auriez pu être concernée, vous, Virginia, directement. Malheureusement, vous n'avez pas eu d'enfant. Vous auriez aimé très certainement. Expliquez à Marion
Maréchal, qui est contre la PMA, ouverte à toutes les femmes, pourquoi vous, vous êtes pour. Elle vous écoute et vous répondra ensuite.
Bonsoir Marion
Maréchal.
Alors, oui, concernant la PMA, il fut un temps où j'aurais aimé avoir l'accès
à
ceci puisqu'il fut un temps où j'étais en couple. Et malheureusement, du fait de la difficulté
d
'avoir un enfant
en
couple homosexuel,
on
renonce. Et renoncer, c'est tout un travail de deuil, renoncer à un enfant, ou à des enfants, ou à une famille. Alors, peut-être qu'on n'a pas
l'air d'être le modèle parfait et pour autant,
il
y a tellement d'amour
qui sont
donnés par deux femmes ou deux hommes, un enfant. Et là-dessus, la PMA, elle se défend pour toutes. Elle se défend
encore
maintenant. Je pense que j'aimerais pouvoir avoir un enfant. Mais la machine est cassée. C'est comme ça.
Mais
pour la suite, j'aimerais que mes enfants, ou mes neveux, mes nièces,
puissent
avoir accès à ceci.
Avant
de faire
réagir
Marion Maréchal, Virginie, ça vous a rendu malheureuse de ne pas pouvoir avoir d'enfant ? Et ça vous rendrait malheureuse que cette PMA pour toutes ne se produise pas en France ?
À
l'époque, ça m'a rendu malheureuse. Maintenant, j'en ai fait le deuil. Mais je voudrais bien me battre, oui, pour celles qui ont envie en France d'avoir des enfants et qu'on ne soit pas obligé, comme beaucoup et nombreuses de mes amis,
d
'avoir été à l'étranger
pour
cela. Marion Maréchal vous répond. Oui, c'est vrai que c'est toujours des situations intimes, personnelles, qui sont douloureuses, délicates. Je comprends
évidemment
l'envie d'enfant. J'en ai une moi-même. Je ne peux que comprendre cela. Après, j'essaye aussi de projeter sur les conséquences que pourrait avoir cette ouverture. Je pense qu'elles sont doubles. D'une part, et je pense que ça, madame, ce serait intéressant aussi de voir comment vous abordez ça. D'une part, évidemment, l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes aura pour effet mécanique, et qu'on arrête de dire le contraire, puisque c'est déjà en réalité dans le débat, l'ouverture à la gestation pour autrui, pour les couples d'hommes. Parce qu'au prétexte de l'égalité, évidemment, inéluctablement, et puisqu'on est dans cette logique-là, on arrivera à cela.
Qui pose aussi des questions éthiques majeures sur la question de la marchandisation du corps de la femme, qui m'apparaît une forte régression.
On ne parle
pas de GPA, on parle de GPA. Oui, mais ce que je veux dire, c'est les conséquences que ça peut avoir. C'est-à-dire que si on est dans cette logique-là, d'ailleurs, comme on l'avait dit au moment du mariage homosexuel, quand il a été adopté, souvenez-vous, il y
a
un certain nombre d'opposants à cette loi, dont je faisais partie, alertés en disant, vous verrez, ça va être évidemment ensuite une succession de conséquences, avec bien sûr, puisque l'adoption maintenant est intégrée, il y aura la PMA pour les couples de femmes, et la GPA pour les couples d'hommes. Et c'est logique, puisque à partir du moment où on rentre dans cette mécanique, c'est logique. Donc on va se retrouver avec, moi, quelque chose que je trouve terrible, c'est-à-dire la mise en place, la légalisation d'un marché de l'humain et du corps
humain. Pardonnez-moi, mais ce
n
'est
pas du tout ce qu'elle vous a dit. Ah si,
si,
non, mais parce que moi,
je vous
parle des conséquences.
Oui, non, mais nous, on parle de la PMA. Elle vous a dit, nous, couple de femmes,
on est capables de donner autant d'amour... Eh
bien, moi, je vous réponds pourquoi je m'oppose à la PMA.
Je vous réponds pourquoi, parce qu
'il y a des conséquences. Vous n'êtes pas contre la PMA, si,
parce que je pense qu'elle induit des conséquences, c'est une logique dans laquelle l'aboutissement aboutit à ça. Et je reviens sur la PMA. Une fois de plus, si on doit se projeter un petit peu. En fait, d'ailleurs, là-dessus, je conseille un livre que j'avais trouvé formidable d'un auteur de gauche espagnol qui s'appelle Escudero, sur la reproduction artificielle de l'humain. Et il faisait une projection en disant, en fait, à partir du moment où on ouvre la PMA aux couples de femmes homosexuelles, on fait sauter le critère de la stérilité, puisque les femmes homosexuelles ne sont pas stériles en tant que telles.
Elles ne peuvent pas se reproduire entre elles, mais elles ne sont pas stériles. Et donc, mécaniquement, on va ouvrir la voie.
Une
fois de plus, lui, se projeter dans la logique. Demain, à des couples hétérosexuels qui n'ont pas de problème de stérilité et qui pourraient donc recourir à la PMA. Et on se retrouve... Non, non, mais c'est important de le dire, parce que c'est quand même chaque fois la même mécanique qui se met en œuvre. Et on va se retrouver demain avec un recours à la PMA qui, au départ, sera fait pour de très bonnes raisons, c'est-à-dire, oui, des raisons médicales, je ne
veux
pas transmettre telle maladie génétique. Et petit à petit, la possibilité de se retrouver vers un glissement où on recourt à la PMA pour de mauvaises raisons, c'est-à-dire choisir le sexe de l'enfant, choisir la couleur de ses yeux,
sa taille, un marché de la PMA. Vous avez
répondu à tout, sauf à la question...
Ah bah si, je vous réponds... Vous avez parlé
de GPA, vous avez parlé
de l'hétérosexuel. Je
vous réponds pourquoi, et je finis par là, parce que je pense que les conséquences sont importantes de le préciser, pourquoi je m'y oppose. Et enfin, et enfin, et ça, en effet, ce sera probablement notre point de désaccord majeur, c'est-à
-dire,
moi, par exemple, je suis opposée à l'adoption des célibataires, déjà à l'époque, parce que je considère qu'un enfant n'est pas un droit d'une certaine manière.
Et
donc, pour grandir, il doit grandir
auprès
d'un homme et auprès d'une femme. Dans le meilleur des cas, évidemment, parfois la vie ou les aléas de la vie font qu
'on
perd sa mère ou qu'on perd son père, mais c'est une chose toute différente que de créer un enfant à dessein ou de l'adopter alors même qu'il est déjà orphelin dans un couple homosexuel. Parce que je pense que, malgré tout, le père et la mère ne sont pas interchangeables dans leur rapport à l'enfant et que ces deux références sont essentielles. Voilà, tout simplement. Et ça n'enlève rien à l'amour. Je ne dis pas qu'évidemment, les couples de femmes ne peuvent pas aimer des enfants, mais l'éducation d'un enfant, ça n'est pas, entre guillemets, que de l'amour, d'une certaine manière.
Merci
Marion Maréchal, merci Virginie. On vous retrouve à la fin de l'émission. On va parler politique, politique, politicienne, si je puis dire. Il y
a
une petite musique qui monte, c'est celle de la candidature éventuelle d'Éric Zemmour, qui s'exprime sur une autre chaîne à peu près à la même heure. Si c'est le cas, Romain Ménard, député apparente et Rassemblement national, a fait son choix.
Je souhaite qu'il y ait à côté, entre Marine Le Pen et
les
Républicains, une candidature.
Premier tour entre Zemmour et Marine Le Pen, vous votez qui ? Je
voterai
Éric Zemmour. Vous voteriez Éric Zemmour ?
Alors
je précise qu'il est maire, évidemment, et pas député. Et vous, s'il y a un premier tour, vous avez le choix entre Éric Zemmour et Marine
Le Pen,
vous votez quoi
?
Alors moi, vous ne me marquerez pas là-dedans pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, en étant directrice d'un établissement, je ne prends pas mes élèves en otage.
Et
donc je veux surtout... Non mais c'est une réalité. D'ailleurs, je l'ai dit et redit,
donc
je ne
vais
pas vous surprendre. Je n
'ai
pas du tout envie de vous dire aujourd'hui pour qui je vais voter si tant est que les uns et les autres soient bien candidats. Pour une raison simple, c'est qu'à partir du moment où le jour où je dis ça, je me transforme en porte-parole du candidat. Enfin, ça me paraît tout à fait évident. Donc à partir de là, je préfère garder ma distance avec cette élection présidentielle et ne pas commencer à donner des avis de vote sur les uns et les autres. D
'accord.
Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas sûre de voter pour votre tante
?
De toute façon, aujourd'hui, moi, je ne donne pas de consigne de vote dans un sens ou dans l'autre. Que ce soit pour Marine ou pour d'autres, je ne dirai pas mon vote. Ça, c'est une absolue certitude. Et je ne
vous
dirai
pas
pourquoi je ne vais pas voter pour un tel ou un tel. Mais je ne dirai pas mon vote. Ça,
c'est sûr. Le
moment venu, vous donnerez votre choix ? Vous ferez campagne éventuellement pour celui ou celle que vous préférez ? Non. Alors, où je vous parle, il n'en est pas question pour les raisons que je vous ai évoquées tout à l'heure, d'ailleurs liées à mon école. Et puis c'est vrai qu'aujourd'hui, on a développé aussi un centre de
recherche.
Franchement, votre école, ça vous arrange bien ?
Non, ça m
'arrange. Non,
ce
n'est pas une excuse. Excusez-moi. Mais enfin, on a même développé un centre de recherche récemment au sein de l'école. Et je veux dire, si on veut que ces analyses soient prises avec un minimum d'objectivité et de crédibilité, bon, il faut éviter qu'elles paraissent comme finalement la surcursale de tel parti ou parti. Alors imaginez-moi, qui déjà ai une image très politique, qui ai eu du mal quand même à construire quelque chose en dehors du Rassemblement national. Si je recommence à me mettre au service de tel ou tel candidat, j'en sors plus, en fait. – Ok, alors je vais essayer pour la région, je vais essayer pour
la nation. – Vous pouvez descendre d'échelon. – Oui, voilà, maintenant je vais essayer pour la région. Vous habitez
Lyon, en tout cas votre école
est à Lyon.
On sait qu'il y
a
une certaine proximité idéologique entre vous et Laurent Wauquiez, le président sortant de la région. Est-ce que vous pourriez le soutenir dès le premier tour ou au deuxième tour ? – Même réponse. Ça vaut pour les présidentielles, mais ça vaut pour les régionales. D'ailleurs, vous l'avez vu jusqu'alors, je me suis tenue loin des élections, y compris municipales. Donc je ne
vais
pas, voilà, recommencer. – Vous menez quand même un combat idéologique. – Oui. – Si au deuxième tour de la région, il y a le choix entre Laurent Wauquiez et la gauche… – Mais vous pouvez me reposer la question
encore
sous différents angles, la 360. Vous allez toujours retomber sur la même réponse.
– Alors
à défaut de réussir à vous faire parler des autres, on va essayer de parler un peu de vous. Au travers d'Amélie, que j'ai interrogée tout à l'heure, c'est notre chef d'entreprise du Vexin. Alors elle, elle construit des maisons, mais elle aimerait savoir comment vous allez construire votre avenir. – Excellent, excellente transition
vers
ce qu'elle m'a dit tout à l'heure.
Elle
a un petit message à vous adresser avec une question sous-jacente, on l'écoute.
–
Je suis d'accord avec très peu de choses que vous défendez. En revanche, je vous encourage à continuer la politique pour une seule raison, c'est que des femmes dynamiques, jeunes, qui ont la niaque, on en a besoin. Et on a besoin de montrer cet exemple, et on a besoin de montrer aux hommes patriarcaux que les femmes sont capables d'être têtues et des femmes de pouvoir. En revanche,
je
ne
sais
pas très bien quel niveau de féminisme vous défendez, ou en tout cas, est-ce que vous êtes engagée dans la cause ? Mais en tout cas, est-ce que rien que pour ça, ça vous donnerait envie de vous réengager ?
–
Alors, est-ce que vous pourriez revenir en politique au nom du féminisme pour lutter contre le patriarcat ? C'est ce qu'elle vous demande.
– Écoutez, je vais décevoir madame, puisque c'est vrai que moi, je ne vis pas ma féminité contre un combat contre le patriarcat. Je pense que la plupart des combats féministes légitimes qui ont pu être menés il y a quelques décennies, pour l'essentiel d'entre eux, ont globalement été acquis. Je n
'ai
pas l'impression qu'on est dans un pays où les femmes ne peuvent pas apprendre, travailler, vivre libre, faire des choix. –
Vous trouvez qu'il y a cette
femme en politique,
par exemple ?
– Oui, mais elles ont la possibilité de faire de la politique, si elles le souhaitent. On a même mis en place des lois qui, aujourd'hui, contraignent à la parité pour qu'elles puissent être là. Donc je n
'ai
pas le sentiment, si vous voulez, que si les femmes ne veulent pas faire de politique, elles ne peuvent pas en faire. Et je vais même vous dire, je vais même vous dire, on plaint, moi j'entends souvent un discours un peu, c'est un peu ce qui me dérange dans le discours féministe en général, et dans les discours d'ailleurs des minorités en général, c'est cette espèce de tendance à la victimisation. Et j'entends souvent les femmes se plaindre dans tel ou tel milieu qu'elles ne seraient pas bien traitées, ou qu'elles ne seraient pas reconnues comme elles devraient l'être. Ça peut arriver, je ne dis pas le contraire. Mais moi je vais vous dire,
de
la petite expérience politique que j'ai eue, j'ai plutôt eu le sentiment aujourd'hui qu'être une femme en politique, c'était un atout, un atout en termes d'image, un atout parce que malgré tout on est dans le pays de la galanterie et que c'est compliqué pour un homme de vous agresser, et qu'à un moment donné, y compris quand on est une femme, on ne
peut
pas toujours se cacher derrière cet état, parce que notamment en politique, on accepte de rentrer sur un ring de boxe, si vous voulez. Donc quand on rentre sur un ring de boxe, on accepte de donner des coups et d'en prendre. Alors si vous ne le faites pas pour lutter contre le patriarcat, est-ce que vous pourriez revenir en politique pour défendre vos convictions qui sont fortes ? Moi, quand on parle de vous, quand on a dit qu'on vous recevait, ce que j'entends, c'est de toute façon, elle laisse sa tente de se planter en 2022, et elle veut reprendre le flambeau en 2027, c'est complètement faux ? Écoutez, si les gens me prêtent des stratégies à 10 bandes de cet ordre, tant mieux,
c
'est peut
-être
qu'ils me voient encore plus intelligente et stratège que je ne suis. Mais non,
non,
écoutez, moi, je vais vous faire la réponse que j'ai faite à chaque fois, puisque c'est celle que je pense sincèrement depuis que je suis partie. J'ai eu un engagement politique. D'une certaine manière, je l'ai continué à travers l'école, puisque c'est un engagement culturel, éducatif, qui m'apparaît politique au sens où il est un peu au service de la cité, si je puis dire. Je l'ai continué avec le centre de recherche aujourd'hui. C'est ma manière à moi de servir mes convictions. Je ne suis pas allée au bout de ce processus. J'ai envie de continuer, j'ai envie de faire d'autres choses dans la société civile.
«
Peut-être qu'un jour, je referai de la politique, mais je ne suis absolument pas en mesure de vous dire aujourd'hui avec qui, quand et comment. »
Je
sais que cette réponse ne satisfait personne.
Non, mais elle
est le centre. Mais c'est une réalité. J'ai 31 ans. Ce serait, je trouve, en plus un peu hasardé aujourd'hui de vous dire « J'arrête la politique à vie, alors qu'en plus, Fontaine... » Voilà, comme disait l'expression. C'est pas sûr que vous en refassiez, mais c'est pas sûr que vous n'en refassiez pas. Ben oui,
pourquoi pas. Alors,
le gouvernement a décidé de dissoudre le CCIF et Génération Identitaire. Alors, vous avez salué la première décision, le CCIF, le Comité contre l'islamophobie, mais vous relayez une pétition pour appeler à empêcher celle de Génération Identitaire. Quelle différence faites-vous entre les deux
? Je
fais une différence notable.
C
'est-à-dire que, en ce qui concerne Génération Identitaire, alors je rappelle pour les gens qui ne connaissent pas peut-être, c'est un mouvement de jeunesse qui, en fait, fait des actions d'agite propre, donc en fait des actions médiatiques pour interpeller l'opinion publique et les pouvoirs publics sur les dangers d'une immigration incontrôlée, de l'islamisme et de l'insécurité. Alors, ce qui est surprenant avec Génération Identitaire, c'est qu'en fait, c'est un mouvement qui a chaque fois été poursuivi après chacune des actions et qui n'a jamais été condamné. Donc,
c
'est vrai qu'à partir de là, il a été dissous. Alors, je ne
sais
pas si vous avez lu le décret sur des prétextes qui sont quand même un peu surprenants, notamment le fait qu'ils auraient
eu... La violence, par exemple.
Non, justement, il n'y
a
jamais eu de violence. C'est ça qui est fou. C'est que s'il y avait eu de violence, il y aurait eu des condamnations. Il n'y a pas eu de violence. C'était des actions pacifiques à chaque fois. On leur reproche d'avoir eu des doudounes floquées qui, soi-disant, faisaient uniforme milice. Moi, j'ai le sentiment...
Excusez-moi. Génération
Identitaire a reçu le financement de Brenton Taren, qui est le terroriste suprémaciste blanc, qui a assassiné 51 personnes à Christchurch. Alors, vous accusez le CCIF de soutenir le terrorisme. Est-ce qu'il y
a
des différences entre les terroristes ? C'est très intéressant, monsieur, ce que vous êtes en train de dire. Parce que ça veut dire que demain... Sachant qu'il n'était pas membre. Donc, demain, quelqu'un qui fait un don ou qui finance une association, je veux
dire,
quel qu'il soit, quel que criminel qu'il soit, je
veux
dire, son crime est imputé à l'association. Bah, si, c'est ce que vous dites. Il y a une différence entre les terroristes. Ce que je vous dis,
c
'est qu'aujourd'hui, cet argument qui est utilisé n'a aucune valeur juridique. Ça veut dire qu'il n'y a pas de texte aujourd'hui dans le droit, je vous l'affirme, qui dit que vous pouvez être
condamné au prétexte d'un donateur. Voilà. Un homme,
le mouvement que vous défendez,
a
été défendu également par un homme qui, au nom de la suprématie blanche, a tué
51 personnes. Et donc, demain,
et donc, demain... Non, mais vous, écoutez, franchement, ne soyez pas ridicule. Vous ne pouvez pas dire que ça me laisse indifférente et que je cautionne ce crime ou que je pourrais avoir une quelconque incointance idéologique avec celui-là. Enfin, je veux dire, attention quand même à ce que vous dites, parce
que ça va loin.
Mais je veux dire, si demain, ça veut dire, je ne
sais
pas, moi... Vous
vous êtes
accusé d'autant publicité. Mais non, mais si, vous vous dites, ça ne vous choque pas, comme si, enfin, je ne
sais
pas, l'insinuation est un peu dérangeante. Aucune insinuation. Si demain, vous avez, je ne
sais
pas, moi, le Parti Socialiste qui reçoit un don d'un pédophile, jusqu'à preuve du contraire,
ils
ne
vont
pas être considérés comme responsables du crime commis par cet homme-là. Voilà. Donc, oui, je trouve qu'il
n
'y a pas d'argument juridique valable. Je considère qu'aujourd'hui, la critique de l'immigration doit être permise. On voit bien qu'en plus, il
y
a un deux poids, deux mesures, puisque les actions typiquement similaires qui peuvent être conduites par Greenpeace, d'ailleurs beaucoup plus souvent violentes et beaucoup plus radicales, elles, pour le coup, n'entraînent pas de dissolution. Donc, je suis un peu dérangée, si vous voulez, quand on porte une atteinte aussi grave à la liberté d'association et qu'on le fait, me semble-t-il, sur des motifs qui sont des motifs à la fois idéologiques et politiciens. Qui vous dérangent moins pour le CCIF.
Ah, oui,
qui me dérangent moins pour le CCIF, excusez-moi. Je
ne voulais pas
vous relancer parce qu'il faut qu
'on
avance. Ah oui, d'accord, mais bon, je pense que tout le monde voit qu'il y
a
le CCIF, les accointances islamistes du CCIF.
Pour
le coup, je pense, personne ne peut les dénier. Ça me paraît compliqué.
Je n'ai pas
l'impression qu'on puisse dénier non plus les accointances identitaires. Enfin,
moi, vous ayez envie d'être l'avocat du CCIF, je ne sais pas. Mais alors, pas le
moins du monde. Mais je n
'ai
pas l'impression qu'on puisse dénier non plus les accointances identitaires de génération identitaire. On y va. On va parler du pape François. Le pape François qui est en Irak. Un voyage de trois jours. Et ce voyage, il a fait réagir Amélie. Je vous l'ai présenté tout à l'heure, notre chef d'entreprise du Vexin. Et je vous parlais de vos points communs. Et bien, justement, elle s'interroge sur l'un d'entre eux, Amélie.
Il
dit,
c'est
le pape.
Oui,
on
a un peu chemin. Notre
culture catholique. Moi, j'ai grandi dans une famille très engagée où on prônait les valeurs de tolérance, d'accueil constamment. C'était ça, être catholique. Aujourd'hui, le pape est comme ça. Ça me pose cette éternelle question des catholiques comme vous, mais qui sont à l'opposé de ces idées d'accueil, de partage, d'amour d'autrui, quelle que soit sa race et sa religion. Je reste vraiment très, très étonnée de votre position contre l'immigration en France, alors même que vous avez cette culture religieuse. Alors, qu'auriez-vous envie de lui répondre ? Est-ce que votre christianisme à vous rejette le partage et la bienveillance ? C 'est un peu caricatural, quoi.
Mais bon, on va dire, je vais essayer de répondre sur le fond. Alors déjà, oui, en effet, je suis catholique. Je suis fière d'être catholique. Je sais qu'on est très minoritaire en France à être vraiment des catholiques engagés. En fait, en réalité, c'est un peu plus complexe qu'il n'y paraît parce que cette espèce de... Oui, bon, en gros, si vous êtes gentil, et puis si vous êtes méchant parce que vous critiquez la politique d'immigration, donc vous ne
pouvez
pas être catholique.
Mais le pape s'est prononcé plusieurs fois pour l
'accueil
des
migrants.
Je vais vous répondre.
Ce qui n'est pas votre cas. Alors, vous savez
que, en fait, ce qui est extraordinaire avec la religion catholique, d'ailleurs, c'est qu'il
y a
les textes, il
y a
les évangiles, et puis il
y a
ce qu'on appelle la doctrine sociale de l'Église. Donc, il y
a
en fait une doctrine élaborée par l'Église depuis des siècles et des siècles, et qui fixe un peu les grands principes. Et en l'occurrence, il y a une différence, il faut quand même le rappeler, entre la charité individuelle et la charité d'État. C'est-à
-dire
que moi, en tant que catholique, demain, évidemment, je croise un migrant dans la rue blessé, je vais évidemment lui porter secours de toute suite.
La sorte de
charité individuelle, ça fait une charité collective. Alors, laissez-moi finir. Et donc, la charité d'État, c'est la recherche de ce qu'on appelle, les termes souvent utilisés par le catholicisme, le bien commun. Or,
le
bien commun, dans une société, il doit être atteint notamment par le respect de l'harmonie aussi de cette société, l'équilibre de cette société et la sécurité de cette société. Et donc, quand on constate qu'aujourd'hui, une immigration incontrôlée, une fois de plus, avec les difficultés d'assimilation que ça peut représenter, les développements aujourd'hui d'une forme d'islamisme sur le territoire, dont le terreau se trouve malheureusement aussi dans une forme d'immigration inassimilée. Quand on voit tout cela, la recherche du bien commun, ça doit être aussi de pouvoir réguler l'immigration. En aucun cas, le fait d'être catholique n'interdit de pouvoir réguler l'immigration.
Je ne sais pas d'où ça sort. Et ce n'est pas parce qu'on veut réguler l'immigration, avoir des frontières nationales, avoir des exigences pour obtenir la nationalité ou pour rentrer sur le territoire, qu'on déteste l'autre, qu'on est raciste ou qu'on est obsédé par sa race et son identité. Enfin, je veux dire,
on est pour faire
la part des choses quand même. Au nom de leur foi chrétienne, le pape, un certain nombre d'ecclésiastiques en France, prônent l'accueil des réfugiés et des étrangers. C'est une constatation. Et vous n'êtes pas dans cette
tradition. Vous
avez raison. Alors, une fois de plus, il faut savoir raison garder aussi. Il faut savoir que chez les catholiques, le pape n'est infaillible que sur le dom. Oui, bien sûr. Vous le savez. Or, le pape n'engage pas le dom quand il parle. C'est un homme aussi qui a un parcours. Il vient d'Amérique du Sud. Il
a
aussi son regard qui lui est propre. Vous pouvez être catholique et critiquer
le pape. Et
il est dans son rôle, une fois de plus. Il est dans un rôle qui n'est pas un rôle politique. Il est dans un rôle de conscience. Il est dans un rôle de morale. Donc, je veux dire, ce n
'est
pas tout à fait la même chose que d'avoir un pape qui va être aussi un directeur de conscience sur le plan individuel. Mais vous
savez très bien que des curés
accueillent des gens dans leur paroisse.
Qu'est-ce qu'on
attend d'un
État ? Là,
ce n
'est
pas un rôle moral. C'est un rôle concret. D'accord. Mais une fois de plus, j'y reviens. Il n'y a pas... Je veux dire qu'il n'y a pas... Dans ces questions-là, il n'y a pas qu'un rôle moral.
Je veux dire,
le pape n'est pas un... Comment dire ? Un chef politique. Non, non, absolument.
Donc, quand il tient des
propos, il ne les tient pas au nom de la politique et pour donner des conseils au gouvernement respectif des pays. Voilà. Donc, il faut simplement faire la part de choses entre ces deux choses. Et je pense qu'elles ne sont pas antinomiques. Et qui m'apparaît aussi, pardon, parce qu'on a tendance à l'oublier un peu aussi, aussi charitable de penser aussi parfois à ceux qui subissent les conséquences de l'immigration de masse, de l'islamisme,
de l
'insécurité. Je veux dire, il y a aussi des conséquences graves sur la société française, à de nombreux égards. Et donc, on pourrait aussi de temps en temps parler de ceux qui en souffrent aujourd'hui en France et qui manifestement ne font pas l'objet de la bienveillance des uns et des autres, ou en tout cas de leur empathie.
Alors,
c'est l'heure du débat ou de la confrontation. L'islam en France, la lutte contre l'islamisme reste au cœur de votre réflexion, Marion Maréchal, puisque votre think-tank, qui s'appelle le Conseil d'analyse et de prospective, a livré le mois dernier un texte très critique de la loi contre le séparatisme. Pour en débattre avec vous ce soir, je vous présente Abdelhali Mamoun, qui est imam et théologien. Bonsoir Abdelhali Mamoun. Merci d'avoir accepté notre invitation et l'idée de ce débat. « Pourquoi pensez-vous que Marion Maréchal se trompe dans son analyse sur le séparatisme
? »
Écoutez, moi, je voudrais lui poser une question. Je suis imam depuis 30 ans. J'exerce dans les différentes régions d'Île-de-France notamment,
où
souvent ce sont des zones assez défavorisées, où l'intégration a eu beaucoup de mal à se faire. Certaines ont réussi, d'autres pas. Ça fait 30 ans, comme je le disais. Nous avons donc aujourd'hui plus de 6 millions de musulmans environ. C'est approximatif de musulmans. Je voudrais moi savoir qu'est-ce que vous attendez d'eux. Qu'est-ce que vous attendez d'eux ? Parce qu'on les assimile souvent à soit des victimes collatéraux de cet islamisme radical. On les assimile, on fait l'amalgame. Ou parfois,
on les
accuse de complicité avec cet islamisme radical. Vous parlez d'entrisme. Mais moi, qu'est-ce que je suis quand, depuis 30 ans, j'ai contribué à faire construire des mosquées en France en mobilisant les musulmans et même les militants musulmans qui ne cherchaient à travers ces constructions que de seulement permettre aux musulmans de vivre dignement leurs pratiques religieuses, exercées dans de bonnes conditions, et en aucun cas de vouloir islamiser la France ou d'imposer la charia en France à qui que ce soit.
Ils
voulaient simplement s'imposer à eux des règles religieuses et c'est tout à fait leur droit, comme ça existe dans d'autres religions, mais en aucun cas de vouloir les imposer aux autres.
Tout
cela sous le chapeau de la laïcité qui est pour nous une chance. Nous nous considérons tous musulmans aujourd'hui laïcs et cela constitue ce à quoi aspire une grande majorité de musulmans de France. Quel est le message que vous voulez donner à ces millions de musulmans, dans lequel ils se sentent frustrés de votre discours, dans lequel vous les assimilez à ce tantrisme, ce séparatisme, et dans lequel ils se sentent particulièrement visés et frustrés. Et justement, pour les rassurer, dire que non, ce n
'est
pas à vous, ce n
'est
pas à vous que s'adresse ce message, mais à certains qui sont infiltrés parmi vous.
Alors,
est-ce que je peux répondre à votre question par une autre question ? Est
-ce
que vous m'autorisez ? Est-ce que quand je parle de l'islamisme, vous vous sentez visé
?
Ah non, puisque moi, je ne suis pas de la religion islamiste. Je suis musulman de la religion de l'islam. Et donc, pourquoi considérez-vous, alors que je tiens des propos qui m'apparaissent clairs de distinction entre les musulmans et l'islamisme, que les jeunes dont vous parlez, eux, se sentiraient visés, alors que vous, vous ne sentirez pas visés ? Moi, je pense que la plupart des Français sont, vous en faites la démonstration d'ailleurs, musulmans font totalement la distinction quand on parle de l'islamisme et quand on parle des
musulmans. vous
êtes en totale opposition avec un parti d'extrême droite qui existe en France, qui, quand on a un élu, qui est dans une ville, par exemple, Racheline, David
Racheline,
qui a mis pieds et mains pour détruire la mosquée, une magnifique construction qui a été faite par les musulmans.
Je ne vais pas revenir sur le dossier, mais vous savez qu'elle a été construite
de manière illégale.
Non
mais, excusez-moi, l'illégal, aujourd'hui, le tribunal a débouté, monsieur le
maire. Il y avait
un problème d'illégalité de base sur la
construction. Peu importe, la mosquée
a été
construite. Peu importe, non. Non mais répondez,
il y a 6 millions de musulmans en France, parfois, il manque de lieu pour rier. Est-ce que vous trouvez
normal d'être sur le droit ? Je vais vous répondre alors. Et
pas qu'à Fréjus. À Mante-la-Ville, par exemple, aussi, pareil, monsieur Naud a tout fait pour essayer d'empêcher la construction et l'existence d'une mosquée, qui, je rappelle, avait pour objectif non pas d'islamiser Mante-la-Ville, mais pour pouvoir permettre aux musulmans de Mante-la-Ville de pouvoir pratiquer leur religion dans des conditions dignes. Et j'en passe, c'est des meilleurs. Et c'est partout pareil. Est-ce qu'on pourra s'accorder
sur… Vous,
vous vous positionnez où ? C'est ça que je veux savoir. Déjà, moi, je réfute totalement les termes extrêmes de droite et tout, mais je pense qu
'on
n'aura pas le temps de débattre là-dessus, donc je ne
vais
pas m'attarder là-dessus. Mais en l'occurrence, est-ce que vous admettez avec moi qu'aujourd'hui, l'islamisme prospère malgré tout prioritairement sur une jeunesse qui est une jeunesse très souvent d'origine immigrée, qui a des problèmes d'assimilation ? Je
peux
vous proposer quelque chose ? Est-ce que vous voulez bien répondre sur les mosquées ? Non, mais
deux
secondes.
Je réponds non,
je ne suis pas d'accord avec vous.
La grande majorité des
musulmans
qui
sont dans la forêt, qui poussent paisiblement et surliceusement, on ne les entend pas. C'est l'arbre qui tombe qu'on entend.
C'est cette unité extrême qui fait du bruit.
Aujourd'hui, la question que je vous pose, et vous qui êtes dans ces quartiers, vous avez peut-être un regard encore plus aiguisé, je le souhaite en tout cas, qu'aujourd'hui, la radicalisation, elle touche principalement, principalement, pas exclusivement, mais principalement quand même, des jeunes qui sont d'origine immigrée, qui ont des problèmes d'assimilation dans la société et qui, à travers la radicalisation, finalement, font une sorte de cheminement identitaire, si je puis dire,
un
peu caricatural, d'ailleurs, à travers cet islam radical et qui leur permet, finalement, de s'en oublir, de donner du sens à leur vie et de trouver du sens là où ils n'en trouvent pas
dans la société. Pour résoudre
le problème,
est-ce qu'il faut
limiter la présence de
l
'islam ou au contraire, mieux organiser la présence de
l'islam en
lui donnant encore plus de force pour qu'elle puisse s'organiser elle-même à travers un CFCM plus fort ou un CNI, un Conseil national des imams qui va bientôt naître
?
Je vais vous répondre. Tout ça pour dire que, parce que j'arrive à ce constat, vous n'avez pas l'air d'ailleurs de le contredire, je le mets en lien, et c'est là d'ailleurs où il y a un amalgame terrible qui est fait, je le mets en lien avec le fait que,
pour
moi, la condition, elle passe par l'emploi et par l'assimilation et que pour s'assimiler,
il
faut s'assimiler à quelqu'un et à quelque chose. Et que donc, le communautarisme entraîne, si vous voulez, une difficulté d'assimilation par une concentration sur les territoires qui est liée aussi au nombre. C'est tout ce que je dis. À partir du moment où je dis ça, immédiatement, ça se transforme en « c'est du racisme ». Non, je fais un constat simplement sociologique et j'essaie de mettre
en lien notre... C'est quoi cette assimilation
que vous attendez des musulmans
?
L'assimilation, c'est d'accepter qu'on arrive sur un territoire qui a une histoire, qui a des cultures, des mœurs,
ce qui est aussi un territoire.
Ça fait 5 ,10 milliers. Il
a fait la guerre pour la
France pendant la guerre d 'Algérie. Il a travaillé 40 ans dans les unies françaises. Et je parle de mon père, mais des millions de Français qui sont venus du pays, qui se sont parfaitement assimilés en contribuant à l'essor économique du pays. Et vous attendez quoi ? Monsieur, je crois en l'assimilation. Je n
'ai
pas trop la même chose. Je crois en l'assimilation. Et donc, je ne nie pas le fait. Heureusement, d'ailleurs, qu'il y
ait
des Français d'origine émigrée qui puissent s'assimiler. Et même, je le souhaite. Ce que je dis juste, c'est que pour cela, il y a des conditions. Et c'est pour ça que je fais le lien avec la politique d'immigration.
C'est que
je pense qu'à un moment donné, le nombre empêche l'assimilation. Parce que quand vous avez des classes, et je pense que vous le voyez, y compris...
Vous parlez des
immigrants, des musulmans. Donc qu'est-ce
qu'il faut faire ? Il faut limiter le nombre. Je pense qu'il faut le
mettre en lien avec la question de l'immigration. Parce que vous avez des Français. Aujourd'hui, la plupart de ceux-là sont français, vivent en France. Leurs enfants sont
français. Il y en a beaucoup
qui sont résidents. Et il y a aussi des résidents, vous avez raison. Et chaque année, arrivent de nouveau, à la fois légalement et malheureusement illégalement, de nouvelles populations qui contribuent, si vous voulez, à enclaver un peu ces territoires et qui ne contribuent pas à aider à l'assimilation. Pourquoi ? Parce que dans ces classes, et je pense que vous le constatez vous-même, vous avez parfois 9, 10, 12 nationalités différentes et que c'est très compliqué pour apprendre la langue. Voilà. C
'est tout ce que je dis là-dessus.
Pour vous répondre...
Je vous réponds, je vous réponds... Pour pouvoir
s
'assimiler... Ça joue aussi, bien sûr. Je vous réponds
sur le CFCM et tout, sur la
représentation de l'islam. Je vais vous répondre
après. Sur la question de la représentation de l'islam. Alors là, pour le coup, je m'en remets à vous parce que vous êtes théologien. Donc ça me paraît, êtes-vous le mieux placé pour ça. Malheureusement, malheureusement, il semble qu'il soit extrêmement compliqué, comment dire, c'est d'ailleurs ce qu'avait tenté de faire Nicolas Sarkozy, de créer artificiellement par le biais de l'État une représentation officielle de l'islam de France pour une raison simple, c'est qu'en fait, les islamistes considèrent que les imams comme vous, qui portez ce message-là, vous n'êtes pas un vrai musulman et vous n'êtes pas un bon musulman. Parce que moi, à
la
limite, je veux dire,
je
n
'ai
pas le problème en tant que catholique. On a, vous le savez, on a une organisation, on a un pape, voilà, on a une organisation.
Qui n'est pas infaillible.
Absolument, mais on a une organisation, je veux dire, qui est officielle et que tout le monde reconnaît. En islam, c'est différent, évidemment. Donc à partir de là...
Ce n'est
pas très différent parce que la question d'organiser un statut fonctionnel de
l'imama, je suis désolé. Oui, mais ils ne seront pas reconnus par les gens qui sont en religion du séparatisme. C'est un débat
passionnant mais qui est un peu plus loin de la vie quotidienne des musulmans.
Je
voudrais que vous répondiez à la question à laquelle vous n'avez pas répondu. Vous êtes pour l'assimilation. Je suis pour l'assimilation. Très bien. Il y a 6 millions de musulmans. Même assimilés, ces musulmans doivent pouvoir prier. Vous n'avez pas répondu sur les mosquées. Est-ce que vous êtes pour ou contre l'édification de mosquées pour que ces musulmans, même assimilés, puissent prier
? Ne pas
prier dans les rues à côté des crottes
de chiens. On est d'accord. Sauf que... que c
'est du prosélytisme que les milliers de musulmans qui prient en dehors des mosquées, ils le font parce que ça leur plaît de sentir les crottes
de chiens.
Ils aimeraient bien prier à l'intérieur de la mosquée, mais c'est parce
qu'il n'y a pas de place. Et quand vous avez les élus
de votre camp, on va dire, je ne
sais
pas si c'est votre camp, mais en tout cas, assimilés, ils s'opposent à ce qu'on se construise en France des mosquées, mais en même temps, ils s'opposent à ce que les gens prient dans la rue. Et dans les
cas... Laissez
la réponse.
C
'est un peu réducteur quand même, malgré tout.
Non, mais
vous, d
'accord. S'il vous plaît, je peux vous
placer une.
Non, mais c'est des sujets compliqués. Vous
exagérez. Alors, je vous réponds. Sur la question des prières de rue, je pense que c'est un peu plus compliqué que ce que vous présentez. Ça veut dire que malgré tout, la plupart des prières de rue qu'on a pu voir ces dernières années de manière un peu spectaculaire ne sont pas toujours des problèmes de place. Parce que vous savez aussi bien que moi qu'il y a aussi la question de chaque communauté nationale veut aussi sa mosquée. Il faut quand même le dire. Donc ce qui veut dire qu'aussi, ce n
'est
pas toujours un problème de place. Parfois, on ne
veut
pas forcément construire une nouvelle mosquée parce qu'il y
a
un manque de place dans la présidence. C'est parce que chacun, finalement, veut avoir sa mosquée.
des
manifestations de
musulmans qui
se sont
représentés comme accueillis la garelle ou des musulmans manifestés devant
la mairie pour réclamer la construction d'une mosquée algérienne ou marocaine, je ne
sais plus
c'est quoi, d'un conflit inter-ethnique. Ce n
'est
pas si peu fréquent
que ça. Mais la majorité des autres mosquées où les gens
pris dehors, c'est parce qu'il n
'y a
pas de place à l'intérieur. Alors déjà, pardon, mais en l'occurrence, sur les prières de rue dont vous parlez, ce n'était pas un problème de place. Il y avait des revendications. La plupart des plus spectaculaires qu'on a pu voir ces dernières années, ce n
'étaient
pas des problèmes de place. C'était aussi des revendications d'ordre politique.
Ah oui, donc les gens
priaient dans la rue par revendication
politique. Oui, ça arrive, monsieur le Président. Si vous voulez que Mario Maréchal réponde sur l
'édification de nouvelles mosquées, il faut la laisser parler.
Oui, mais je veux dire, oui
ou non, qu
'on
construit
de nouvelles mosquées. Alors, je vais vous répondre, mais
puisque je n'arrive pas à remplacer. Vous êtes...
Non, non, non,
je vous assure, c'est difficile. Je ne suis pas contre le principe qu'il puisse y avoir des lieux de culte qui soient édifiés en France. En revanche, c'est ce que j'ai essayé de vous expliquer, mais on ne
m
'a pas laissé aller au bout. On prétexte du problème de place. La réalité, c'est que ce problème de place est la plupart du temps un faux argument. Et on peut en discuter avec les maires qui sont sur le terrain. La plupart du temps, il n
'y
a pas de problème de place. Il y a la volonté de chacun d'édifier sa propre mosquée en fonction de ses communautés. Donc ça, c'est une première chose.
Donc
si c'est ce
prétexte-là, c'est une mauvaise chose.
Vous l'avez déjà. Vous l'avez
déjà.
Juste les chiffres. 800 000 m², vous voulez mettre 6 millions de musulmans dans 800 000 m², vous faites comment ? Laissez-la finir. La
deuxième chose,
tout dépend à ce qui prévaut à l'édification de ces mosquées. Quand ce sont des mosquées qui ont vocation à être
des
mosquées extrêmement ostentatoires comme ce qu
'on
peut voir à Bordeaux, oui, le principe me dérange. Parce que là, on a le sentiment qu'il y a la volonté d'envoyer un message à travers des minarets qui sont extrêmement voyants, qui ne s'inscrivent pas. À Bordeaux ? Oui, à Bordeaux. C'est Tarek Oubrou à Bordeaux.
Oui, je sais.
Oui, Tarek Oubrou, d'ailleurs. On pourrait en parler parce que je sais que vous êtes très, très proche de lui.
Vous vous mettez... Non, ce débat, je suis désolé. Qu'est-ce qui se passe à Bordeaux ?
On devait rendre à 53.
Très bien, très bien. Tarek Oubrou, qui est un ancien des frères musulmans, en effet, on va en parler. Je ne maîtrise pas la grille. Il n'était
pas aux frères musulmans. Il était. Beaucoup de gens évoluent. Vous avez énormément de politiciens qui sont passés d'extrême-gauche à l'extrême-droite, l'extrême-droite au centre.
Vous l'avez lu, son interview de départ ou pas ? Ils ont certainement évolué. Vous l'avez lu, son interview de départ ? Bien sûr.
Est-ce que vous l'avez lu, son interview de départ des frères musulmans ?
Ce n
'est pas votre élément. Vous parlez
de Tarek Oubrou des années 80. Et
Tarek Oubrou, en 2018, il quitterait
les frères musulmans. Je suis désolé. Et il dit, je ne
romps pas. Je ne romps pas. Et une fois qu'on a été dans
cette famille, on reste en ce pays. Je suis désolé.
Ce soir, Virginia, on vous écoute. Vous
avez entendu ou tenté d'entendre Marion Maréchal ce soir dans cette émission. L'avez-vous trouvée convaincante ? Auriez-vous envie de revenir sur un sujet ? On n'a plus beaucoup de temps, mais vous avez la parole.
Alors, oui, effectivement. J'aimerais savoir si au moins, si elle n
'est
pas féministe,
si
la
sororité, ça lui parle. Parce que la PMA, c'est pour toutes les femmes
un
droit fondamental.
Point. Je
ne sais pas ce que c'est que la sororité. Je connais la fraternité en langue française. Mais la sororité,
je
ne sais pas ce que
c'est.
Virginia, est-ce que vous pouvez lui expliquer
ce que vous vouliez dire ? Un
nouveau mot à votre vocabulaire.
Ça, c
'est du militantisme.
C
'est le langage inclusif militant
qui écorche mes oreilles. Eh
bien, écoutez, si le modèle patriarcal pour vous, c'est un papa, une maman, deux enfants et un labrador, il
va falloir un petit peu Écoutez, madame,
moi, en fait, je ne raisonne pas en tant que femme. Je ne raisonne pas, d'ailleurs,
on
va y revenir, je ne raisonne pas en tant que blanc, je ne raisonne pas en tant que catholique et je ne vois pas les gens comme ça. Donc, en fait, quand je porte des idées et que je défends l'idée de nation, j'essaye de transcender ça. Et donc, cette espèce de réduction permanente dans les combats politiques à une guerre des sexes, à une guerre ethnique, à une guerre religieuse, moi, je ne me reconnais pas là-dedans. Voilà.
Donc, l'organisation en minorité ou soi-disant minorité, parce que les femmes ne sont pas une minorité en fonction du sexe, en fonction de l'orientation sexuelle, en fonction de la religion, c'est quelque chose, moi, qui me dépasse complètement et dans laquelle je ne me retrouve pas. Je suis désolée, je ne
suis
pas en guerre contre les hommes. Ils sont nos
partenaires, ils sont nos égaux.
Et heureusement qu'on ne raisonne pas comme ça parce que je pense que c'est extrêmement toxique pour l'harmonie de la société. Merci beaucoup pour cette émission passionnante. Merci, Virginia, de nous avoir accordé de votre temps depuis votre salon de coiffure de Nice. Merci, M. Limam, d'avoir été là. Merci, Adrien. Merci,
Marlon Maréchal.
Bon week-end à tous. Dans un instant, le Flash présenté par Claire Coach, le Flash à 20h, puis les informer avec Jean-François Akkidi. Merci à tous. Bon week-end.
Le
cyclone Niran est attendu dans les prochaines heures en Nouvelle-Calédonie. Un phénomène qui s'annonce violent avec des rafales de vent prévues à 270 km heure. La compagnie Air Calédonie a envoyé ses 4 avions en Australie.
En
voyant la force avec laquelle le cyclone va arriver et également la proximité des côtes, il nous a semblé bien préférable de faire partir tous nos avions
et
de les mettre réellement à l'abri pour que nous puissions continuer à exploiter très rapidement ensuite.
Dans toutes les marinas, les bateaux ont été sécurisés et pour affronter Niran, des centres d'hébergement d'urgence ont été ouverts.
Il
y
a
le
bus qui est mis en place à partir de 19h. Donc il va récupérer, il
y a
un circuit qui est prévu, donc il va récupérer les personnes et puis les personnes peuvent venir d'elles-mêmes aussi si elles ne sont pas en sécurité dans
leur
logement ou au squat. Le dernier cyclone d'une telle ampleur, Erika, en 2003, avait fait 2 morts, des dizaines de blessés et des millions d'euros de dégâts.
Dans
ces ambulances, 4 malades du Covid en provenance de la Réunion, ils ont atterri ce matin à Roissy-Charles-de-Gaulle après 11 heures de vol. C'est la première fois qu'une évacuation d'une telle ampleur a lieu depuis le début de la crise sanitaire.
Le
voyage s'est bien passé, le vol s'est bien déroulé.
Les
patients ont été confiés au SMUR du SAMU de Paris dans un état clinique stable et
identique
à leur prise en charge hier au CFU Belle-Pierre.
La veille, l'avion avait été médicalisé à la Réunion pour ce vol exceptionnel. 15 personnels de santé mobilisés, 800 kilos de matériel, 38 400 litres d'oxygène pour 4 patients plongés dans le coma pour le voyage.
On a identifié des patients qu'on estime être les plus à même de voyager, ceux qui ont le moins de risque de se compliquer parce que c'est vrai aussi que cette maladie, la Covid, peut poser des problèmes, notamment d'oxygénation.
Les
4 patients ont été acheminés vers des hôpitaux de la région parisienne. D'autres vols d'évacuation sanitaire Réunion Paris pourraient avoir lieu dans les prochaines semaines. Mayotte, reconfinée depuis le 5 février. De nombreuses familles n'ont plus de quoi se nourrir. Des bons sont distribués au plus précaire. Cette famille de 9 personnes bénéficie de 4 tickets de 20 euros, une bouffée d'oxygène.
On
souffre beaucoup parce qu'avec le confinement, on ne peut pas sortir pour aller vendre et faire manger les enfants. On reste à la maison sans aucune autre solution. Dans cette maison, nous sommes 16 et nous ne recevons aucune aide, nous n'avons aucun revenu. Je suis là avec mes petits-enfants et mes enfants. Je sors juste cultiver le manioc pour avoir de quoi les nourrir.
Pour
aider le maximum de familles dans le besoin, les agents communaux comme ici à Dambeni passent dans tous les quartiers afin de n'oublier personne.
On
avait déjà une première liste faite depuis longtemps.
Avec les repérages d'autres
familles
qu'on a faites,
on
a rajouté des noms. Sous-titrage Société Radio-Canada comme ça.