Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 19 mars 2025 23 min

Bellamy "fier" que Retailleau "montre que la France cesse de s'écraser" face au régime algérien

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10.

0:05
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un député européen, chef de file du parti Les Républicains au Parlement européen. Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. Vous êtes chargé de rédiger en ce moment au Parlement européen l'ébauche de ce que sera le programme de défense européenne dont on parle énormément depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. Vous devez rendre votre rapport ce vendredi sur le réarmement du continent et on a évidemment beaucoup de questions à vous poser sur le sujet.

Mais d'abord, à l'issue du coup de fil Trump-Poutine d'hier où les deux dirigeants se sont entendus sur une trêve très partielle ne concernant que l'arrêt des frappes sur les installations énergétiques, diriez-vous ce matin que c'est tout de même un petit pas vers une trêve plus large que Donald Trump peut réussir, son pari d'imposer un cessez-le-feu ou qu'on en est loin ?

1:12
Invité

On semble en être loin pour l'instant. Et je dirais que ce coup de téléphone et son résultat révèlent deux enseignements qui me paraissent essentiels. Le premier enseignement, c'est contre tous ceux qui nous expliquaient, y compris dans l'entourage de la nouvelle administration américaine, que l'Ukraine était belliqueuse et qu'elle refusait de négocier la paix, on voit bien aujourd'hui, et pour ma part je n'en ai jamais douté, d'où vient la guerre et qui veut la guerre. L'Ukraine était prête à se cesser le feu, c'est Poutine qui le refuse. Et ce refus est parfaitement explicite.

Aujourd'hui, nous voyons bien qu'il y a une puissance qui aujourd'hui organise la guerre sur le continent européen, c'est la Russie. Et la Russie a ses seuls intérêts.

1:54
François-Xavier Bellamy

Et vous pensez que Donald Trump et l'entourage de la Maison-Blanche comprennent cela aujourd'hui ?

1:59
Invité

J'espère en tous les cas que ça fera taire ceux qui racontaient, on se souvient de cet entretien très tendu entre le président Trump et le président Zelensky, ceux qui racontaient après cet entretien que le président Zelensky était d'une certaine manière un vat en guerre. Et c'est la même chose pour l'Europe. On va parler de la défense européenne, il faut que l'Europe se réarme, il faut que l'Europe se défende, pas parce que l'Europe voudrait la guerre, mais parce qu'au contraire nous voulons la paix. Et que si nous voulons la paix, nous avons le devoir d'être forts. Et puis le deuxième enseignement, c'est que pour l'instant nous ne le sommes pas.

Parce que cette discussion qui engage directement la sécurité du continent européen, elle se fait au-dessus de la tête des Européens.

2:35
François-Xavier Bellamy

C'est ce qu'on allait vous dire, coup de fil Trump-Poutine, une fois encore, pas un Européen au bout du fil.

2:40
Invité

Bien sûr, mais c'est la vérité brutale à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, et c'est de cette impuissance-là qu'il faut sortir. Moi, ma conviction profonde, c'est qu'on parle beaucoup de guerre, mais l'Europe n'est pas d'abord menacée, nos pays ne sont pas d'abord menacés dans leur sécurité aujourd'hui, ils sont d'abord menacés dans leur souveraineté, dans la capacité que nous avons de maîtriser notre destin. Et notre devoir, c'est de recréer les conditions pour que nous puissions décider de notre avenir. Aujourd'hui, nous sommes en train de subir une histoire qui s'écrit sans nous.

3:11
François-Xavier Bellamy

Encore une question sur ce coup de fil. Vladimir Poutine a exigé des Occidentaux l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine. Emmanuel Macron a répondu en substance, pas question, pas question d'arrêter de livrer les armes.

3:21
Invité

Mais bien sûr, encore une fois, je le redis, parce que nous voyons qui mène la guerre. Aujourd'hui, soutenir l'Ukraine, c'est soutenir la nécessité d'une paix, mais qui soit une paix juste et une paix qui puisse durer. Quel est le scénario catastrophe ? C'est celui dans lequel l'Ukraine serait désarmée, vulnérable. La guerre s'arrêterait pour un temps au profit d'un cessez-le-feu, mais ce serait pour permettre à la Russie de reprendre ses opérations plus tard. Et en réalité, derrière la Russie, il y a d'autres puissances autoritaires qui veulent faire la preuve que les démocraties sont faibles. C'est ça qui est en jeu et c'est ça qui nous menace.

C'est la Russie, mais c'est aussi la Chine, c'est aussi l'Iran, c'est aussi la Turquie. Et la guerre qui nous est menée, ça n'est pas seulement une guerre où des armées s'affrontent, mais ce sont toutes les formes de conflits qui aujourd'hui touchent nos pays. Et la France les connaît bien. La France a connu le terrorisme islamiste. La France connaît la réalité d'une déstabilisation migratoire qui est devenue une arme. Donc, encore une fois, c'est cette vision globale de notre renforcement qu'il est temps d'imposer.

4:20
François-Xavier Bellamy

François-Xavier Bellamy, quand Marine Le Pen dit au Figaro que la première menace existentielle de l'Europe, ce n'est pas la Russie, mais le fondamentalisme islamiste. Vous en pensez quoi ?

4:29
Invité

En fait, je crois qu'il faut regarder la globalité des menaces auxquelles nous sommes confrontés. Hier, le nouveau chancelier allemand, le futur chancelier allemand, a dit au Bundestag « Nous avons vécu pendant trop longtemps dans une illusion de sécurité. » Et je crois qu'il a raison. Cette illusion de sécurité, elle concerne les menaces qui sont directement dirigées vers nos pays. Et c'est, bien sûr, la question de la menace russe. Comment ne pas le voir ? J'ai été, il y a peu de temps, à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. À cette frontière, la Russie organise en permanence une crise migratoire artificielle.

Si Mme Le Pen se préoccupe des questions migratoires, elle doit bien voir qu'aujourd'hui, la Russie utilise l'arme migratoire pour déstabiliser des pays comme la Pologne et, à travers ces pays-là, nos pays d'Europe de l'Ouest. Elle ne le voit pas, Marine Le Pen ? Comme la Turquie l'a fait avec la Grèce et la Bulgarie. Et comme demain, peut-être, cela se reproduira à partir de l'Afrique. Parce que, pardon, mais en Russie, en Afrique, pardon, les soldats français ont été confrontés à la menace russe. Ils ont été confrontés à des mercenaires russes, à la désinformation russe. Donc, oui, on ne peut pas être naïf sur la réalité de cette hostilité aujourd'hui.

5:38
Présentateur

François-Xavier Bellamy, vous publierez donc vendredi un rapport très attendu sur l'industrie de défense européenne. Vous êtes en effet rapporteur du projet EDIP au Parlement européen, programme lancé début 2024, pour soutenir les États membres de l'Union dans l'acquisition de matériel militaire. C'est une initiative qui a donc précédé le plan à 800 milliards annoncé récemment par la Commission européenne et qui fait l'objet d'âpres batailles internes. Que défendez-vous, en quelques mots, quels sont les points saillants de ce rapport ?

6:15
Invité

D'abord, il s'agit d'un rapport, vous l'avez très bien dit, pour renforcer nos États. Il n'y a pas de projet de construire une armée européenne. Ce sont nos États qui gardent la compétence en matière de défense. Et notre but, c'est que l'Europe réussisse à soutenir les États dans le travail qui les attend pour se réarmer. Nous voulons donner à nos forces armées les moyens de leur mission. C'est le point le plus important. Et ce que nous défendons aujourd'hui, je suis rapporteur pour ce texte dans la Commission de l'industrie, c'est un texte sur l'industrie de défense.

Je travaille avec Raphaël Luxman, qui représente le groupe socialiste et qui est rapporteur pour la Commission sécurité-défense. Ce que nous défendons ensemble, c'est la nécessité pour les États européens de produire eux-mêmes les matériels, les munitions, les moyens qui permettront à nos armées d'agir d'une manière autonome.

7:04
François-Xavier Bellamy

Donc vous prévoyez quoi ? C'est une défense européenne qui sera au niveau de l'Europe ? C'est-à-dire qu'il y aura les 27 armées des 27 pays de l'Union et il y aura au-dessus une défense européenne ? Comment ça va se stipuler tout ça ?

7:19
Invité

Non, j'allais dire qu'il y aura en dessous, par le soutien, le matériel, les moyens, les équipements, il doit y avoir un environnement industriel qui soit autonome et qui apporte à nos forces armées tout ce dont ils ont besoin pour mener leur mission.

7:31
François-Xavier Bellamy

Donc il y aura des armes qui sont européennes ?

7:35
Invité

Qui seront financées par l'Union européenne et que nous devons produire sur le sol de nos pays. C'est ce que nous défendons. L'année dernière, les Européens, en général, ont acheté 79% de leurs armements à l'extérieur de l'Europe et une grande partie aux États-Unis. Pourquoi ? Parce que pour la plupart de nos partenaires européens, la garantie de la sécurité de leur pays, c'était essentiellement leur appartenance à l'OTAN. Et il y avait une situation, d'une certaine façon, de dépendance assumée. Une situation qui faisait que, pour pouvoir s'assurer que les Américains interviendraient pour nous protéger, on leur achetait tout ce dont on avait besoin pour fournir nos armées.

8:14
François-Xavier Bellamy

Et désormais, c'est fini, ça ? Ce que je veux dire, c'est que dans votre plan, là, que vous allez présenter dans votre rapport, toutes les armes achetées pour ou produites pour ce contingent européen, cette défense européenne, seront forcément européennes ?

8:29
Invité

La ligne que nous défendons, c'est qu'à travers ce programme européen, qui ne représentera jamais la totalité des achats d'armement, il va falloir du temps pour que les États de l'Union européenne sortent de cette dépendance. Mais qu'au moins, à travers ce programme européen, on investisse dans la reconstruction, dans la montée en puissance de notre industrie de défense. Pourquoi ? Parce que, quand vous utilisez une arme qui a été produite par un autre pays dans le monde, pour pouvoir la mettre en œuvre, même quand vous l'avez acheté, vous avez besoin de l'autorisation de ce pays.

Quand François Hollande a décidé d'envoyer les soldats français au Mali, c'est très concret, il a projeté les forces armées françaises en une nuit sur le sol du Mali, eh bien, il a fallu demander aux États-Unis l'autorisation d'utiliser des armements que nous leur avions pourtant acheté. Mais c'est la règle en matière d'industrie d'armement, parce que personne n'a envie de voir des armes que vous avez vendues se retourner contre vous.

9:16
François-Xavier Bellamy

Donc, Washington doit donner l'autorisation, aujourd'hui, aux Ukrainiens, pour parler d'un sujet qui est brûlant en ce moment, et aux Européens,

9:23
Invité

de se servir de leurs armes. Y compris pour soutenir l'Ukraine.

9:26
François-Xavier Bellamy

Et ils peuvent bloquer.

9:28
Invité

S'ils le veulent, ils le peuvent.

9:28
François-Xavier Bellamy

De Washington, ils peuvent bloquer l'utilisation de ces armes.

9:31
Invité

S'ils le veulent, ils le peuvent. C'est pour ça. Et la France a toujours eu, sans doute, une position singulière dans ce débat. Nous avons fait le choix, par exemple, et nous avons la chance d'avoir en France, on parle souvent de nos faiblesses, mais il faut parler de nos forces, nous avons la chance d'avoir une industrie de l'armement qui a, aujourd'hui, contribué à la souveraineté française. Et bien, ce que nous voulons, c'est que cette logique-là, elle permette à l'Europe de gagner en autonomie et de regagner les moyens de maîtriser son destin.

9:54
Présentateur

Et faut-il mutualiser les achats d'armes européennes ? Le Conseil européen se penche demain sur la création d'une sorte de centrale d'achat commune, pour pouvoir le faire ?

10:05
Invité

Ma conviction profonde, c'est qu'il faut que les États membres gardent la main. On doit pouvoir acheter ensemble à plusieurs États membres. C'est déjà le cas, aujourd'hui, dans des secteurs particuliers. Mais je crois qu'on ne va pas, demain, il ne faut pas se mentir, acheter en commun des armements pour tous les Européens. Pourquoi ? Parce que nous faisons face à des menaces qui sont différentes. Nous avons des visions du monde qui ne sont pas totalement identiques. Nous avons des priorités stratégiques qui ne sont pas toujours alignées. Et c'est normal.

Pour un Espagnol, un Italien, un Français, la réalité des menaces prioritaires n'est pas nécessairement la même que pour un Lituanien, un Estonien ou un Polonais.

10:39
François-Xavier Bellamy

Mais alors que change votre rapport concrètement ? J'ai du mal à comprendre. On comprend bien que chacun des États membres va se réarmer, va donc acheter des armes, mais ça...

10:49
Invité

Et va les produire sur son sol. Et ça, pour le coup, c'est la nouvelle logique qu'on doit réussir à partager en Europe. C'est le fait qu'on doit faire monter en puissance notre industrie d'armement. Et je vous le répète, ce chiffre, il est fondamental. 80% d'armement l'an dernier acheté à l'extérieur de l'Europe.

11:04
Présentateur

Mais il y a unanimité sur ce point où il y a encore des doutes sur le fait

11:07
Invité

qu'il vaille produire... Il y a un vrai débat parce que c'est un changement de culture absolument majeur. Et il faut comprendre qu'aujourd'hui, pour l'Europe, le vrai défi, c'est au-delà de cette question de l'armement, c'est de changer de culture. Pendant très longtemps, l'Europe a fait le pari de la dépendance. C'était la dépendance à l'énergie importée de Russie. C'était la dépendance au marché chinois. C'était la dépendance à la sécurité américaine. Aujourd'hui, l'Europe doit, les pays européens doivent se donner les moyens de maîtriser leur destin. Et pour la France, ça veut dire très concrètement que nous avons une très grande part de chemin à faire, nous aussi.

Parce qu'aujourd'hui, c'est notre trajectoire budgétaire qui nous rend vulnérables. C'est notre déficit commercial, c'est-à-dire le fait que nous produisons trop peu et que nous importons trop. Tout cela nous met en danger. La question de la sécurité, c'est une question globale. Ce n'est pas seulement le sujet de nos forces armées, mais c'est le sujet de toute la société française.

11:59
François-Xavier Bellamy

Parce que nous, à la différence des autres, on a une industrie de défense. Ce que je veux dire, c'est que tout ce que vous dites et tout ce que vous annoncez ou Ursula von der Leyen annonce ces derniers temps, c'est une bonne nouvelle pour Dassault.

12:09
Invité

Et de ce point de vue-là, on a évidemment... Et des emplois et tout ça. Ce n'est pas seulement Dassault, c'est tout un écosystème industriel en France, je le disais tout à l'heure, qui aujourd'hui est un atout pour notre pays, c'est vrai. Mais encore une fois, nous aussi, nous avons besoin de monter en puissance. Si vous parlez aujourd'hui à nos forces armées, si vous parlez aux militaires qui sont sur le terrain et qui portent la sécurité de notre pays, ils vous diront que bien souvent, ils sont confrontés au fait que les moyens qui leur sont confiés sont trop limités pour assumer leur mission et pour s'exercer comme il le faut.

Donc nous aussi, nous avons notre part du travail à faire, y compris sur ce sujet. François-Xavier Bellamy, vous imaginez...

12:42
François-Xavier Bellamy

Si on se projette à 5 ans, puisque toutes les questions de défense, il faut se projeter, ce n'est pas en un clac que l'on doit. Vous imaginez que dans 5 ans, les Allemands n'achètent plus de F-35 aux Américains, mais achètent des avions français, que l'industrie de défense va grandir en Allemagne, par exemple, ou dans d'autres pays ? Comment ça va se passer ?

13:00
Invité

Notre but n'est pas d'interdire aux États membres d'acheter là où ils le veulent. Encore une fois, ils resteront décisionnaires. Mais qu'avec les moyens que l'Europe va investir en tant que tel, on puisse faire monter en puissance cette industrie européenne. On part de 80% d'achats hors Europe. Si dans quelques années, si dans 5 ans, on a réduit ce pourcentage et que...

13:18
François-Xavier Bellamy

À combien ? C'est quoi l'objectif ?

13:20
Invité

C'est difficile de fixer un objectif. Comme vous le disiez, c'est un objectif de très long terme. En réalité, on doit se projeter maintenant sur les décennies qui viennent. Mais le vrai sujet, c'est de réussir à faire en sorte que nous devenions plus autonomes. Et je le redis, c'est la question de l'industrie de défense, mais c'est plus largement la question de, j'allais dire, notre réarmement intérieur, de la manière dont nos sociétés doivent se préparer à garantir leur propre sécurité sur tous les plans. Tout est géopolitique. La question migratoire, elle est géopolitique. La question économique et industrielle, elle est géopolitique. L'agriculture est géopolitique.

Et il faut regarder tout cela maintenant avec le degré de stratégie qui s'impose. C'est ce que je défends depuis des années. C'est pour ça que depuis des années, j'ai défendu l'énergie nucléaire. C'est pour ça que depuis des années, on a défendu au Parlement européen avec ma délégation la production en matière d'agriculture. Aujourd'hui, je pense que la France, elle aussi, doit vivre cette prise de conscience.

14:09
Présentateur

Un mot sur la situation au Proche-Orient. François-Xavier Bellamy. Alors qu'Israël a mené mardi les frappes les plus intenses depuis le début de la trêve. Bombardement massif qui ont fait au moins 413 morts selon le ministère de la Santé du Hamas. Vous condamnez ces frappes et cette fin du cessez-le-feu assumé par Israël et déclenché par le Hamas.

14:32
Invité

Parce que qui aujourd'hui est en train de poursuivre cette logique de violence, cette spirale de violence qui fait effectivement des victimes civiles à Gaza dans des proportions qui sont absolument atroces. Mais aujourd'hui, ces populations civiles de Gaza, elles sont prises en otages par le Hamas. En refusant de libérer les otages, le Hamas sait très bien qu'il alimente cette spirale de violence. Et il y aurait une manière très simple d'y mettre fin immédiatement. C'est de libérer tous les otages.

15:00
François-Xavier Bellamy

Oui, mais vous pensez que ces nouvelles frappes israéliennes vont faciliter la libération des otages ? La plus grande association de familles et de proches d'otages israéliens en Israël, les Israéliens, ont demandé mardi au Premier ministre Benjamin Netanyahou d'arrêter de tuer leurs proches.

15:14
Invité

Moi, je pose la même question que les familles des otages au gouvernement israélien. Je me sens profondément associé, lié, en union avec l'inquiétude de ces familles d'otages. Et j'imagine à quel point leur détresse doit être grande. Aujourd'hui, évidemment, je crois que la première priorité, c'est de tout faire pour que les otages soient libérés et de tout faire pour sortir de cette spirale de la violence.

15:41
François-Xavier Bellamy

Benjamin Netanyahou répond, tout faire pour libérer les otages, c'est taper Gaza et 300 morts en une nuit.

15:46
Invité

Mais je le répète encore une fois parce qu'il ne faut pas l'oublier. Et moi, ce qui me marque beaucoup, c'est qu'y compris dans le débat politique français, vous avez des voix discordantes sur ce sujet qui devraient pourtant tous nous réunir. Aujourd'hui, c'est le Hamas qui est le premier responsable de cette spirale de la violence.

Et quand j'entends des élus de la France insoumise qui nous expliquent encore aujourd'hui que l'action du Hamas est légitime de ce groupe terroriste qui a décidé de plonger, y compris Gaza, dans cette violence, en sachant très bien ce qu'il allait déclencher, je dis que ces élus-là se font les complices du pire, y compris sur notre sol, parce que c'est sur notre sol aussi que l'antisémitisme, depuis le 7 octobre, connaît une recrudescence que personne ne devrait tolérer une seule seconde.

16:24
Présentateur

Sur la crise diplomatique avec l'Algérie, Bruno Retailleau exige depuis hier des visas pour les dignitaires à passeport diplomatique qui veulent venir en France. L'Algérie a rejeté ce qu'elle nomme des ultimatums, des velléités d'intimidation. Donc plusieurs semaines de bras de fer entre Bruno Retailleau et l'Algérie. Sa méthode est-elle la bonne ? Peut-elle porter ses fruits ? Qu'a-t-elle produit à ce stade, sinon de l'escalade ? Boilem Sansal, par exemple, est toujours en prison et les ressortissants sous OQTF sont restés en France.

17:04
Invité

Mais qu'est-ce que la méthode de la faiblesse, du déni de réalité et de l'auto-écrasement aurait produit à la place ? Moi je suis fier que Bruno Retailleau montre...

17:12
François-Xavier Bellamy

Le résultat c'est le même, hein ?

17:13
Invité

Non mais on n'est pas au bout du chemin. On n'est pas au bout du chemin parce qu'il y a maintenant une série de mesures qui vont être mises en œuvre. Et moi je suis fier que Bruno Retailleau montre que la France cesse de s'écraser, que la France refuse de baisser pavillon. Et que quand, à cause du refus par l'Algérie de reprendre ses OQTF, vous avez un attentat à Mulhouse qui endeuille le sol français, eh bien il faut refuser de laisser passer comme si c'était normal. C'est la moindre des choses de considérer que ce refus de coopérer doit avoir des conséquences. Et Bruno Retailleau a raison de le montrer.

Et je voudrais dire d'ailleurs à tous ceux qui, je pense à des élus, par exemple au Rassemblement National, qui exigerait que Bruno Retailleau démissionne aujourd'hui au motif que sa méthode n'a pas encore produit les résultats qu'on espère, je voudrais simplement leur dire à ces élus-là que la démission de Bruno Retailleau, c'est ce dont rêve matin, midi et soir le régime algérien. Si vraiment ils veulent participer à cet agenda, qu'ils continuent dans cette voie. Moi j'espère que Bruno Retailleau va rester à son poste et qu'il va mener ce bras de fer. Il a menacé de démissionner.

18:17
François-Xavier Bellamy

Lui-même, au Parisien, il a dit, si je ne suis pas soutenu par Emmanuel Macron et François Bayrou sur le dossier algérien, je démissionne. Et pour l'instant, il n'est pas suivi par Emmanuel Macron.

18:26
Invité

Mais regardez, il est parfaitement suivi.

18:27
François-Xavier Bellamy

Sur les accords de 68, non.

18:29
Invité

La riposte graduée dont il est question, elle a été décidée par le gouvernement, par un comité interministériel, et elle va maintenant être mise en œuvre concrètement. Évidemment que nous, on aimerait aller plus loin. Nous, les Républicains, ça fait des mois que nos députés ont porté à l'Assemblée nationale un projet pour dénoncer les accords de 68 avec l'Algérie. Ce projet n'est pas passé.

18:48
François-Xavier Bellamy

Emmanuel Macron n'en veut pas.

18:49
Invité

Ce projet n'est pas passé, pardon, pas à cause d'Emmanuel Macron, mais parce qu'à l'Assemblée nationale, ce jour-là, il n'y avait pas assez de députés RN pour le voter. Donc, on va mettre les choses à l'endroit. Aujourd'hui, le vrai sujet, ce n'est pas Emmanuel Macron. Le vrai sujet, c'est qu'on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et on reconnaît tout à fait ça. La situation actuelle, ce n'est pas une alternance. Et Bruno Retailleau fait avec ce qu'il peut dans le contexte parlementaire actuel. Quand nous aurons une majorité, je n'ai aucun doute sur le fait que nous pourrons aller beaucoup plus vite, beaucoup plus fort.

Mais en attendant, faire au mieux pour protéger les Français, c'est ce que fait Bruno Retailleau.

19:18
François-Xavier Bellamy

Avant d'avoir une majorité, il vous faut un chef, puisqu'on est sur Bruno Retailleau. Le duel à la présidence de LR, votre parti, entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, ce sera le 18 mai, donc dans deux mois. 17 mai. 17 mai, pardon. Aux Parisiens, Laurent Wauquiez se montrait offensif. Lui revendique une parole libre et indépendante, qui n'est pas sous la tutelle de François Bayrou, qui n'est pas contrainte par la solidarité gouvernementale, à des petites compromissions. En gros, lui, il est libre. Et Bruno Retailleau, il est soumis et obligé de faire des compromissions.

19:49
Invité

Je pense que tous les Français qui regardent le débat politique, on parlait à l'instant de la question de l'Algérie, pourront constater que Bruno Retailleau n'a pas dévié d'une seule virgule de la parole qu'il tenait depuis des années, maintenant, sur ses questions migratoires, sur les questions de sécurité, dans son action de ministre de l'Intérieur. Je crois que ce qui fait aujourd'hui que les Français le reconnaissent, que les Français lui font confiance, c'est que précisément, il les prend au sérieux et qu'il ne leur raconte pas d'histoire.

20:14
François-Xavier Bellamy

Pour vous, il va gagner ?

20:16
Invité

Moi, je soutiens Bruno, c'est une élection interne, on n'a pas d'adversaire dans cette affaire. Je ne soutiens pas Bruno par quelques réserves que ce soit envers Laurent Wauquiez.

20:25
François-Xavier Bellamy

Il vous a nommé, c'est quand même Laurent Wauquiez qui vous a nommé tête de liste aux Européennes, la première fois il y a six ans.

20:32
Invité

Je n'oublie rien de ce qu'on a vécu ensemble, et encore une fois, je le redis, je n'ai aucun doute sur le fait que le 18 mai, vous évoquez cette date, le lendemain de l'élection, pour le coup, nous serons tous unis, parce que ce qui compte pour nous maintenant, ce n'est pas des questions d'égo, de personne, de parti, ce qui compte pour nous, c'est le pays. La seule chose qui compte, c'est de relever la France.

20:49
François-Xavier Bellamy

Avec quelle incarnation Bruno Retailleau pour 2027 ?

20:53
Invité

2027, c'est encore loin. Pour l'instant, la question, c'est l'élection à la présidence du parti, on ne va pas tout confondre, mais je le redis, le défi pour nous, et c'est un défi qui me paraît déterminant, c'est de reconstruire en France un débat démocratique digne de ce nom. Et pour ça, il faut reconstruire une famille politique de droite, solide, sérieuse, crédible, qui puisse réunir la confiance d'une majorité de Français. Comme dans la plupart des pays européens aujourd'hui, la droite reprend aujourd'hui le pouvoir, il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas en France.

21:17
Présentateur

Un dernier mot rapide sur le fait que François Bayrou ait rappelé hier à ses ministres la ligne sur le port du voile lors des compétitions sportives. La ligne, en l'occurrence, c'est interdire le port des signes religieux, notamment le voile, dans l'ensemble de ses compétitions, y compris au niveau amateur. La ministre des Sports, Marie Barçac, et celle de l'éducation, Elisabeth Borne, ont signifié récemment ne pas être d'accord avec cette ligne. Est-ce que le recadrage de François Bayrou est bienvenu, d'après vous ?

21:51
Invité

C'est nécessaire d'avoir une ligne commune sur ce sujet et c'est nécessaire d'avoir une ligne ferme. Et là encore, notre famille politique en première ligne. Au Sénat, la majorité LR, autour de Michel Savin, a porté un projet de loi précisément pour retirer la pression qui pesait sur les fédérations. Aujourd'hui, dans chaque fédération, et souvent dans chaque match, tous les dimanches, tous les week-ends, vous avez une pression qui s'exerce sur les arbitres, sur les clubs. Il faut sortir de là. Un agenda aujourd'hui de fracturation de notre société est en train d'avancer, y compris dans le monde du sport. Cet agenda islamiste, il faut y mettre fin.

Et moi, je conteste profondément ce que nous disent aujourd'hui, je pense à Elisabeth Borne, ou la ministre des Sports, Mme Barsac, qui nous disent « Oui, mais en fait, l'interdiction du port du voile empêche des jeunes filles de faire du sport. » Mais pardon, est-ce qu'on dit ça pour l'interdiction du port du voile à l'école ? Au contraire, et je le dis comme prof, l'interdiction du port du voile à l'école, ça recréait des lieux communs. Ça n'interdit à personne d'aller à l'école, ni de faire du sport, ça recréait du commun.

22:48
Présentateur

Merci François-Xavier Berlumi d'avoir été au micro-dentaire ce matin. Il est 8h48.

Bellamy "fier" que Retailleau "montre que la France cesse de s'écraser" face au régime algérien — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote