L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 04/09
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Notre invité ce matin, Bruno Le Maire, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Ministre de l'économie et de la relance, nous allons y revenir. Où en est l'économie française ce matin ? Quels sont les derniers chiffres ?
Elle va mieux qu'il y a quelques mois. On a des chiffres qui sont plutôt positifs et des indicateurs qui montrent que nous sommes dans la bonne direction et que les mesures que nous avons prises depuis plusieurs mois sont efficaces. La consommation, elle a redémarré en mai, en juin, en juillet. Nous venons d'avoir le chiffre de la TVA pour le mois d'août, 15,5 milliards d'euros de recettes. C'est 0,7 milliard de plus qu'en août 2019. Donc c'est un chiffre très tangible pour montrer que la consommation redémarre. La confiance des entrepreneurs, elle n'est pas au plus haut bien entendu, mais elle se redresse progressivement.
Donc nous avons des indicateurs qui sont positifs, qui montrent que c'était le bon moment pour annoncer le plan de relance et accélérer encore la reconstruction de l'économie française. Estimation de la croissance pour 2020 ? Je pense que nous ferons mieux que les moins 11% de récession que j'ai annoncées. Je ne vais pas donner de chiffres ce matin. Je resterai prudent parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes internationales. Moins de 10%, moins de 10%. Je resterai très prudent et je ne veux pas faire croire aux Français qu'après une crise économique qui est la plus brutale que nous ayons connue depuis 1929, en quelques semaines tout va aller mieux.
Je veux juste leur dire, nous sommes dans la bonne direction, nous allons y arriver, nous aurons probablement une récession un peu moins forte que prévue, je dis bien un peu en 2020. Et avec le plan de relance que nous venons de mettre sur la table, nous pouvons d'ici deux ans, début 2022, avoir dépassé l'économie. Alors justement, quelles sont vos prévisions pour la croissance 2021-2022 ? L'objectif c'est d'avoir un chiffre de croissance en 2021 qui soit puissant. Je ne vais pas là aussi donner de chiffres, tout ça doit être réévalué au fur et à mesure. L'objectif c'est qu'en 2022, nous ayons retrouvé le même niveau de développement économique qu'avant la crise.
Et sur la base d'une économie profondément transformée, c'est-à-dire plus respectueuse de l'environnement, plus décarbonée et plus compétitive, c'est-à-dire capable de mettre sur la table de nouveaux produits qui nous permettent de renforcer la puissance économique française.
Nous allons entrer dans le plan de relance, Bruno Le Maire. Deux questions. D'abord, est-il vrai que tous les matins, vous consultez le montant des dépenses des Français par carte bancaire ? C'est vrai ?
Je vous confirme que je suis la consommation des Français au plus près, parce que si nous voulons que la relance réussisse, il faut que le plan de relance soit exécuté, dépensé. Moi, ma responsabilité, c'est de dépenser vite et de dépenser bien ces 100 milliards d'euros. Mais il faut aussi que les Français consomment. Ils ont commencé à le faire cet été, ils l'ont fait sur certains produits comme les véhicules. On voit bien que les ventes de voitures, grâce aux primes que nous avons mises en place, ont très bien marché, notamment au mois de juin. Mais maintenant, il faut que toute la consommation redémarre et que les Français retrouvent confiance.
Que la consommation redémarre et que vous alliez chercher cette épargne à des Français. Exactement. Combien ? On en est à combien ? Les Français, combien les Français ont-ils épargné entre février et cet été ?
Ils ont mis de côté, depuis le début de la crise, 85 milliards d'euros sur les livrets A, livrets de développement durable et maintenant même les comptes courants. On voit une forte augmentation des dépôts sur les comptes courants. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que les Français sont inquiets pour l'avenir et donc ils mettent de côté de l'épargne de précaution. Ce que je tiens à leur dire, à tous ceux qui nous écoutent, c'est que la meilleure façon de se protéger aujourd'hui, bien sûr qu'il faut toujours garder un peu d'épargne, mais c'est de consommer, c'est de consommer dans l'économie française, c'est de refaire démarrer notre économie.
Oui mais Bruno Le Maire, beaucoup de pays d'Europe ont encouragé leurs citoyens à consommer. Comment ? En baissant par exemple temporairement la TVA. C'est un choix que nous n'avons pas fait.
Non, c'est un choix que nous n'avons pas fait, que nous ne ferons pas, mais pour une raison qui est très simple, nous avons le taux de TVA moyen le plus faible, ou parmi les plus faibles de tous les pays de l'OCDE. Donc beaucoup de taux de TVA réduits. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Vous baissez la TVA sur un produit, je ne suis pas sûr que ça incite beaucoup à la consommation. En revanche, ça coûte très cher pour les finances publiques, et c'est de l'argent qui aurait pu être mieux employé, par exemple sur le soutien à l'industrie, sur le soutien aux ferroviaires, sur d'autres politiques, ou sur le soutien à l'emploi. Donc je ne pense pas que ce soit la bonne mesure.
Mais nous avons pris des mesures de soutien à la demande. Regardez les primes à la conversion pour les véhicules, regardez la prime de 7000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique. Ça a marché, les Français ont dépensé de l'argent et ont acheté des véhicules. La seule chose qui compte les yeux... Cette prime sera prorogée, elle sera dans le temps. La prime sera prorogée sur le véhicule électrique, sur le véhicule hybride rechargeable. Il y a eu une prime de 2000 euros qui a été mise en place. Prologée en 2021 ? Elle sera prolongée en 2021, avec des montants qui seront différents. Je le dis tout de suite. Plus important ou moins important ?
Ils ne seront pas plus importants, puisqu'il y a eu un essai, un démarrage. Mais il y aura toujours, en 2021, des primes sur les véhicules électriques très significatives, sur les véhicules hybrides rechargeables très significatives, d'autant plus que nous en produisons beaucoup en France. Prenez les véhicules 3008, par exemple, de PSA, ils sont produits en France. C'est légitime que nous les soutenions. Mais si nous voulons que les Français dépensent leur épargne, il y a une condition sine qua non. C'est que nous leur garantissions qu'il n'y aura aucune augmentation d'impôts. J'allais y venir. Parce que si les Français se disent...
Garantie pour combien de temps ?
Garantie pour le temps où je suis ministre de l'économie et des finances.
Tant que vous serez ministre de l'économie et des finances, il n'y aura pas d'augmentation d'impôts en France.
Tant que je serai ministre de l'économie, des finances et de la relance, il n'y aura pas d'augmentation d'impôts en France. C'est l'engagement que j'ai pris à plusieurs reprises devant les Français qui a été confirmé par le Premier ministre et par le Président de la République. C'est un choix stratégique. L'OCDE vient de donner les derniers chiffres. Nous avons l'un des taux de prélèvement obligatoires les plus élevés de tous les pays développés au monde. Donc la seule politique qui vaille, c'est celle qui permet de relancer notre économie, développer l'emploi dans les entreprises et baisser les impôts des ménages comme des entreprises. Nous avons maintenu les baisses d'impôts.
Nous allons supprimer la taxe d'habitation pour tous les ménages d'ici 2023. Nous allons ramener le taux d'impôt sur les sociétés à 25% pour toutes les entreprises d'ici 2022. Augmentez les impôts, Jean-Jacques Bourdin, je vais vous dire. C'est une facilité. Une facilité à laquelle on cédait quasiment tous les gouvernements depuis des décennies. Nous, nous refusons cette facilité. Nous préférons relancer l'économie. La recette fiscale, je préfère l'avoir avec la consommation, la TVA qui augmente. Je préfère l'avoir avec le retour de l'impôt sur les sociétés parce que les entreprises auront redémarré plutôt que d'aller toujours piocher dans les bas de laine des Français.
Vous avez baissé aussi les impôts de production. De 10 milliards d'euros par an. Oui, de 10 milliards d'euros par an sur 2 ans, 20 milliards, c'est bien cela. Renforcer les fonds propres des entreprises, notamment des petites entreprises, TPE, PME, les ETI, important aussi. Et puis, mais quand même, à propos des PME et des TPE, vous savez que j'y suis très attaché. Moi aussi. Les PGE, les fameux plans garantis par l'État. Aujourd'hui, ça a permis de sauver de très nombreuses entreprises. Mais elles vont se retrouver devant un mur de dette, ces entreprises. Comment faire et que faire ?
Que va faire l'État ? Je vais être très concret parce que je sais que c'est un sujet d'inquiétude pour les centaines de milliers d'entrepreneurs qui ont souscrit après garantie par l'État. Ça a remarqué leur marché, 120 milliards d'euros. 120 milliards d'euros. Mais ça a permis de sauver tant d'entreprises et tant d'emplois. 200 000 euros. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que ceux qui en ont principalement profité, c'est les PME, c'est les TPE, c'est les indépendants, c'est les petites structures. Vous avez un restaurant dans ma circonscription à Danville, dans l'heure.
Vous avez emprunté 70 000, 80 000 euros à 0,25 %, c'est-à-dire à prix coûtant puisque 0,25, c'est le coût de la garantie de l'État. Ce n'est pas le taux d'intérêt, c'est le coût de la garantie de l'État. Et puis vous vous apercevez que les clients ne sont pas revenus et que vous n'allez pas pouvoir rembourser votre prêt. Et donc il faut allonger ce prêt que vous avez souscrit pour un an, pour deux ans, trois ans, quatre ans. Vous avez une seule inquiétude, c'est le taux d'intérêt. Je veux garantir à tous les entrepreneurs qui ont souscrit un prêt garanti par l'État que le taux qu'ils auront lorsqu'ils étendront la durée de leur prêt sera le plus réduit possible et le plus attractif possible.
J'ai indiqué une fourchette. Ça veut dire quoi ça, le plus régulier, le plus attractif ? J'avais donné une fourchette de taux entre 1 et 3%. Je suis en négociation avec la Fédération bancaire française pour aller encore un tout petit peu plus loin dans cette fourchette de taux. C'est-à-dire entre 1 et 2 ? C'est-à-dire entre 1 et 2,5 par exemple. Ce serait formidable si nous arrivions à une fourchette de taux pour la prolongation de ces prêts garantis par l'État jusqu'à 5 ans, entre 1 et 2,5%. J'apporte deux précisions importantes. La première, c'est que les chiffres que je vous annonce incluent le coût de la garantie de l'État.
Il peut représenter un point sur les deux, c'est-à-dire quasiment la moitié du taux. Il faut juste réaliser qu'il y a cette garantie de l'État qui a un coût. Pour tous ceux qui nous disent que c'est encore trop, il y a le coût de la garantie de l'État. La deuxième chose très importante, c'est que dans le cadre d'un prêt garanti par l'État, il ne peut pas y avoir de sûreté prise sur les biens de l'entrepreneur. C'est l'énorme différence par rapport à un prêt classique. Si jamais l'entrepreneur est en grande difficulté, on ne peut pas les récupérer ces biens personnels. C'est donc une protection forte que nous leur assurons.
Je crois que c'était important de préciser tout ça. C'est absolument essentiel. C'est essentiel, mais je le sais, je les entends, je les écoute, je les rencontre. Bruno Le Maire, dans le plan, il y a 30 milliards consacrés à la transition écologique. C'est très intéressant avec la rénovation énergétique des bâtiments publics, avec aussi cette prime Rénov', ma prime Rénov' pour les particuliers. Quel sera le montant de cette prime ? Et quand pourrons-nous commencer à envisager
des travaux de rénovation ? La prime Rénov' est déjà accessible à tous les ménages modestes, pour le moment. Aujourd'hui.
Mais est-ce qu'elle sera étendue à tous les ménages ?
Elle va être étendue. C'est un choix que nous avons fait avec le Premier ministre et le Président de la République à tous les ménages. Pourquoi ? Parce que c'est la meilleure façon de relancer l'économie. Et ça vous montre aussi comment nous avons préparé ce plan depuis des mois avec mes équipes et avec les autres ministères. Quel montant ? Avec Elisabeth Borne. Nous avons regardé avec le secteur du bâtiment. On leur a dit, mais écoutez, pour le huitième et neuvième décile, c'est-à-dire les gens qui sont plus aisés, est-ce que ma prime Rénov' c'est vraiment nécessaire ? Nous, on a dit, il faut peut-être le limiter uniquement au modulé, au limiter au ménage modeste.
La fédération du bâtiment nous a dit, mais vous savez, 50% des travaux sont faits par les huitièmes et neuvièmes déciles. Donc si vous excluez les personnes plus aisées du bénéfice de cette prime, ça ne marchera pas. Donc parce que nous voulons que ça marche, parce que nous voulons que les travaux démarrent, démarrent dans toute la France, démarrent vite et qu'il y ait une vraie rénovation énergétique en profondeur du plus grand nombre de bâtiments en France, nous avons décidé que la prime Rénov' à partir du 1er janvier 2021 serait ouverte à tous les Français. Qu'elle serait aussi ouverte aux propriétaires bailleurs. Quel sera le montant de cette prime ?
Elle sera jusqu'à 20 000 euros à peu près. Jusqu'à 20 000 euros ? Ça dépend là aussi de votre niveau de revenu, mais elle pourra aller jusqu'à 20 000 euros. Nous l'avons ouverte aux propriétaires bailleurs. C'est-à-dire, si vous avez acheté un logement que vous le louez avant, vous ne pouviez pas faire des travaux de rénovation avec le soutien d'État. Vous pourrez faire ces travaux avec le soutien de l'État. On l'a ouvert au syndic de copropriété. C'est très intéressant, parce que quand vous avez un immeuble, si vous ne faites que les fenêtres, mais vous ne faites pas les combles, parce que les fenêtres, c'est votre appartement, donc vous faites la rénovation.
Mais les combles, c'est collectif, donc personne ne veut le faire. Nous avons ouvert le bénéfice de MaPrimeRénov' au syndic de copropriété, pour qu'on puisse rénover les combles, faire une rénovation globale, en profondeur, plus efficace.
J'insiste sur la transition écologique. Il y a ce plan hydrogène de 7 milliards, oui, 7 milliards 2 sur 10 ans, 2 milliards dans l'immédiat. Alors, j'ai vu que d'autres pays d'Europe avaient fait la même chose. L'Allemagne, le Portugal. L'Allemagne, 9 milliards. Le Portugal, 7 milliards. C'est une course à l'hydrogène. Mais l'hydrogène, ce n'est pas pour tout de suite. Il va falloir un certain temps avant que nous roulions à l'hydrogène tous. Tous. Peut-être un jour, sait-on jamais. C'est de toute évidence le vecteur d'énergie
le plus prometteur de l'année. Ça permet de stocker l'électricité. Et demain, exactement. Ça permet de stocker l'électricité, de la combustible, et ensuite d'avoir le moins d'émissions de CO2 possible. Nous avons fait un choix absolument stratégique en tirant les leçons des erreurs du passé. Dans le passé, souvenez-vous, on disait que les panneaux solaires, c'est formidable. Donc, il faut subventionner l'électricité produite par les panneaux solaires. Et nous avons mis des milliards d'euros pour subventionner des panneaux solaires chinois. À tort, donc ?
Parce que nous avons subventionné la production d'électricité par les panneaux solaires, pas la construction de panneaux solaires français en France par des industriels et des ouvriers français. Nous avons tiré les leçons de cette erreur et nous avons mis 7 milliards d'euros pour développer notre propre filière industrielle d'hydrogène. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire nos propres réservoirs. Ça veut dire nos propres piles à combustible. Ça veut dire nos propres installations d'électrolyse, ce qui permet de séparer l'hydrogène de l'oxygène et de produire de l'hydrogène vert. Nous voulons être indépendants, pas en fourniture d'hydrogène, en production d'hydrogène. C'est toute la différence.
Et donc, nous allons d'abord développer l'utilisation de l'hydrogène dans les industries, c'est aujourd'hui là où c'est le plus utilisé, puis développer ça dans des usages de transport. Ça va être des véhicules utilitaires légers d'abord, ça va être des bus, ça va être des trains. Et avec des objectifs encore plus ambitieux, 2035, un avion à hydrogène produit en Europe avec des composants français.
Alors, Bruno Le Maire, ce plan de relance est en fait un plan d'investissement. Vous êtes d'accord avec moi ? C'est un plan d'investissement pour préparer la France. Pour préparer la France. Alors, dans les transports, venez d'en parler, on va encourager les trains de nuit, le fret ferroviaire, gros effort, les petites lignes aussi, le vélo aussi.
Nous allons effectivement rouvrir les trains de nuit, ce qui est propice au rêve. Plusieurs trains de nuit ? Au moins, on va démarrer par le Paris-Nice, qui est une ligne intéressante pour ouvrir un train de nuit. Ensuite, il faut garantir qu'il y ait un minimum d'équilibre économique dans ces trains de nuit. Mais la première ligne qui est envisagée, c'est le Paris-Nice. C'est le Paris-Nice. Bien.
Compétitivité, réarmement industriel de la France, c'est aussi l'un des objectifs de ce plan de relance. 35 milliards, j'en ai parlé tout à l'heure, les baisses d'impôts, de production, enfin, etc. etc. Bien. Il y a l'emploi aussi. L'emploi, gros effort aussi, 35 milliards consacrés à l'emploi, à l'emploi des jeunes, la formation aussi, les apprentis, enfin, des primes, 4000 euros, c'est cela ? Si on engage un apprenti, 4000 euros, si on engage à moins de 26 ans ?
8000 euros sur un apprenti de plus de 18 ans, 5000 euros sur un apprenti de moins de 18 ans, et effectivement, une prime de 4000 euros pour tout jeune embauché en CDI jusqu'à 26 ans. Jusqu'à 26 ans. Vous voyez, on fait le maximum pour soutenir l'emploi des jeunes. Sans contrepartie, Bruno Le Maire. Mais la contrepartie, c'est l'emploi. C'est ça la première des contreparties.
C'est-à-dire que la prime sera versée en plusieurs fois dans l'année ?
C'est-à-dire que si vous embauchez un jeune pour un an en CDI jusqu'à 26 ans, vous avez 4000 euros, et que les entrepreneurs qui nous écoutent comprennent la responsabilité qui est la leur. Il y a des centaines de milliers de jeunes aujourd'hui qui sortent de leurs études, qui sortent de le CFA, qui sont inquiets. Nous mettons des dispositifs à leur disposition. Ils sont déjà disponibles. On ne va pas attendre le 1er janvier 2021. Ils sont disponibles aujourd'hui, 4 septembre, au moment où je vous parle. Vous embauchez, vous êtes entrepreneur du bâtiment dans la Creuse, vous embauchez un jeune apprenti de moins de 18 ans, 5000 euros de primes. De plus de 18 ans, 8000 euros de primes.
Vous embauchez un jeune en CDI pour un an, 4000 euros d'allègement de vos charges. Allez-y, je dis à tous les entrepreneurs, soutenez ce plan de relance, foncez, embauchez des jeunes. Ils sont inquiets, ils ont besoin de vous.
Alors, il y a aussi une question qui revient souvent, le suivi de l'exécution de ce plan. C'est très important parce que bien souvent, on a distribué de l'argent, les administrations sont lentes, on le sait. C'est absolument essentiel. Comment allez-vous faire ?
C'est le défi le plus important parce que si nous voulons retrouver cette confiance, il faut que les Français, dans les mois qui viennent, voient que les choses changent, qu'il y a des routes qui sont construites, des pistes cyclables qui sont construites, qu'il y a des lignes ferroviaires qui sont rénovées, qu'ils peuvent effectivement disposer de l'argent de l'État pour rénover leur appartement. Il faut qu'ils le voient le plus vite possible. Donc le Premier ministre et le Président de la République ont fait un choix qui est un choix singulier, un choix fort. Il y a une mission budgétaire relance.
100 milliards d'euros qui seront pilotés par le ministère de l'Économie et des Finances avec des clauses d'extinction. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que si une université nous dit « Voilà, j'ai un projet de rénovation énergétique. J'ai besoin de 20-30 millions d'euros. On apporte les 20 à 30 millions d'euros. S'ils ne sont pas décaissés au bout de trois mois parce qu'il n'y a pas eu d'appel d'offres, parce que les procédures sont trop lentes, parce que les décisions n'ont pas été prises, nous nous gardons le droit avec le Premier ministre notre projet qui est prêt et qui va démarrer tout de suite. C'est la garantie que l'argent sera dépensé vite et sera dépensé bien.
Les indépendants.
Rien dans ce plan pour les indépendants. Mais je suis en désaccord. Ah bon ? Cela m'arrive rarement avec vous. Prolongation du fonds de solidarité. Est-ce qu'il va être prolongé ? Mais est-ce qu'il va être prolongé ?
Il est prolongé. Jusqu'en décembre ? Il est prolongé. On regarde actuellement. Jusqu'en décembre ? Je ne peux pas vous donner la gâte. Je vous dis ça parce que beaucoup d'indépendants
ne touchent plus rien
à la fin du mois. Mais nous avons mis en place un fonds de solidarité qui a remarquablement marché. Oui, justement. Qui garantit justement aux indépendants le soutien. Nous allons regarder la décision n'a pas encore été définitivement arrêtée. Jusqu'à quand nous allons maintenir ce fonds de solidarité ? Sur quelle modalité ? Descends-moi. Moi, je suis favorable à son que l'on le maintienne tant que la crise est à son plus haut. C'est le cas actuellement. On rentre dans les moments difficiles de la crise. Avant que nous nous redressions et nous nous redresserons et nous retrouverons notre niveau de développement économique.
Donc, je pense que ce n'est pas le moment de retirer des dispositifs qui soutiennent les plus fragiles.
Bien. Le nucléaire. Est-ce qu'on va construire de petits réacteurs nucléaires ?
Construire, non. Non. Mais faire de la recherche sur ces petits réacteurs nucléaires, oui. C'est un signal important. Réacteurs nucléaires de poche. C'est un signal important du plan de relance qui consacre 470 millions d'euros à la filière nucléaire. Donc, le message que nous lançons qui est, à mon avis, essentiel, c'est que vous ne construisez pas l'industrie du futur sur les ruines de l'industrie du passé. Vous construisez l'industrie du futur, y compris sur l'hydrogène, y compris sur les énergies renouvelables, en vous appuyant sur les compétences, sur le savoir-faire que vous avez pu construire dans le passé. Et c'est le cas pour le nucléaire.
Le nucléaire a vocation d'avoir sa part réduite dans les années qui viennent, mais ça reste une filière d'excellence française. Donc, nous allons mettre de l'argent pour soutenir les PME du secteur, les sous-traitants du secteur. Nous allons mettre de l'argent pour maintenir des compétences, parce qu'on voit bien, par exemple, en termes de soudure, qu'il est essentiel d'avoir des soudeurs nucléaires qui soient compétents pour la réalisation de bâtiments nucléaires dans des conditions de sûreté maximales. Et nous mettrons effectivement de l'argent sur la recherche sur des réacteurs plus modestes, de petites ou de moyennes puissances, qui pourront, dans le futur, prendre le relais.
J'ai une dernière question sur la taxe GAFA. Où est-ce qu'on en est ? On y arrivera. On y arrivera. Ça fait quand même longtemps que vous me dites ça. On y arrivera. Chaque fois que je vous reçois, vous me dites, on va y arriver. D'abord, je veux bien qu'on y arrive. Il y en a une au niveau national. Oui, ça je sais. Oui, je le rappelle. Ça je sais. Mais au niveau... 350 millions d'euros par an,
j'espère davantage. Oui. Mais au niveau européen, oui, la mobilisation, notamment avec le commissaire européen Paul-Ogentiloni, est totale. S'il n'y a pas d'accord à l'OCDE, nous aurons une solution européenne dans le courant de l'année 2021. Mais j'espère que nous arriverons, malgré tout, à une solution à l'OCDE. Pourquoi ? Qui sont les grands vainqueurs de cette crise ? Les seuls qui tirent leur épingle du jeu, c'est les gens du numérique qui sont chez vous. C'est pour ça que je vous pose la question. Vous allez sur les sites. Bien sûr. Ça a très bien marché. Très bien.
La capitalisation boursière d'Apple, aujourd'hui, elle est supérieure à celle des 40 plus grandes sociétés du CAC 40 français. Donc, c'est dire à quel point il y a aujourd'hui la nécessité... Il y a encore des réticences en Europe. Il y a encore des réticences. Il y a surtout des réticences aux Etats-Unis, en plus qu'en Europe. En Europe, elles sont en train de tomber les unes après les autres. C'est une affaire de temps, de persévérance, de constance. Mais je pense que sur ce sujet, comme sur d'autres, nous avons fait preuve de persévérance, de constance. Il y aura une taxation du numérique dans, je l'espère, les mois qui viennent. Merci Bruno Le Maire
d'être venu nous voir ce matin, ministre de l'Économie et de la Relance. 8h55. Lundi matin, Gérald Darmanin sera là, notre invité, le ministre de l'Intérieur. Sous-titrage Société Radio-Canada
Bruno Le Maire