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interviewC à vous (sur YouTube)· 10 mars 2026 16 min

Les coulisses du film « Les K d’or”de Jérémy Ferrari avec Éric Judor

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

parce qu'on avait besoin de toi pour passer la frontière avec l'argent. - Il lui manque un bout, au chien, là. - L'ascenseur, il s'est fermé.

La patte est montée au 6e et lui, il est resté au rez-de-chaussée, frère. - C'est quoi, ce plan?!

C'est quoi, ce plan, merde?! ... - Noé, c'est quelqu'un de gentil.

Il se permettra jamais de faire du mal à qui que ce soit. Dans n'importe quelles circonstances, il va d'abord réfléchir et ensuite agir. - Ouh!

C'était un meuble? - Non, c'était un genou, ça. - A.-E.Lemoine: Avec son tout premier film au cinéma mercredi, J.Ferrari frappe fort.

Il a soigné l'image, le casting et s'entoure entre autres d'E.Judor. Ils sont nos invités.

Applaudissements. Comment ça va? Nous, on va bien.

C'est Jérémy qui va pas bien! - J.Ferrari: Quand je suis avec Eric, ça va.

Il est détendu, il fait beaucoup rire. - A.-E.Lemoine: Le stress, là... - E.Judor: Une douleur dans les oreilles, quand on rit, ça existe?

Il n'y a pas de muscle, a priori. - A.-E.Lemoine: Il faut y aller, il faut rire très fort. - J.Ferrari: Je me fais attaquer! - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qui se passe? - J.Ferrari: Ca marche pas? - E.Judor: Super...

Heureusement qu'on n'est pas en direct... - J.Ferrari: On se connaît depuis des années.

J'ai 2 micros! Si on m'entend pas, là... - A.-E.Lemoine: Vous êtes méga, méga, méga stressé. - J.Ferrari: C'est l'avant-veille de la sortie.

On est forcément un peu stressé. T'étais stressé, toi, quand ton film est sorti? - E.Judor: Je suis focalisé sur la chemise bleue...

Il a la même... - A.-E.Lemoine: On est sur des gros sujets.

Il faut qu'il l'enlève? - E.Judor: Bah...

Fais voir? Enlève pour voir? - P.Cohen: C'est pas la même couleur. - A.-E.Lemoine: C'est un stress fou mais extraordinaire.

C'est l'aventure la plus extraordinaire que vous ayez vécue? - J.Ferrari: J'ai la chance de faire plein de trucs à côté du one.

C'est incroyable d'être seul sur scène... - A.-E.Lemoine: Le one-man-show. - J.Ferrari: Mais en termes d'intensité, j'avais pas trouvé ce même niveau d'implication.

La satisfaction est très différente. La réalisation, c'est un truc incroyable. - E.Judor: Tu as raison.

Moi, je faisais le "two". Là, en fait le "three". - A.-E.Lemoine: Ce projet n'a pas été facile à monter.

Quand vous pitchez le film devant des financeurs... - J.Ferrari: La seule personne qui m'a dit que le pitch était extraordinaire, c'est Eric.

C'est un mec qui est peut-être le fils de Kadhafi qui part chercher une journaliste, et pour ce faire, il a besoin de Zoulika, une fichée S, notre couverture, ça va être Ryan, interprété par E.Judor, qui joue un malvoyant qui veut faire le marathon des sables. - A.-E.Lemoine: Le scénario s'appuie sur une réalité quasi historique.

Le point de départ... - E.Judor: Après, on va dire que c'est un film sur Kadhafi... - J.Ferrari: Mais à la base, oui.

Quand Kadhafi était au gouvernement dans les années 90, il a été beaucoup en France, on s'est dit qu'il avait pu avoir une aventure, et donc un enfant. En 2011, quand Kadhafi meurt, il est considéré l'homme le plus riche du monde mais on ne trouve pas l'argent. - A.-E.Lemoine: Car il l'aurait planqué. - J.Ferrari: On s'est dit qu'un enfant dans les années 80-90, pourrait devenir un chasseur de trésor. - E.Judor: Ca, c'est les 10 premières minutes du film.

Après, ça part en cacahuète. - J.Ferrari: Les journalistes m'ont fait remarquer que j'étais allé sur le handicap, les terroristes... - E.Judor: Tu t'en es pas rendu compte quand tu l'écrivais, toi?

C'est fou! T'es aveugle à ta propre écriture. - A.-E.Lemoine: Avec l'amitié, la solitude, la paternité...

C'est moins géopolitique que vos spectacles. - J.Ferrari: Je pense que j'ai traité un peu les mêmes thèmes, mais d'un point de vue de l'humain alors que d'habitude, je les traite de manière un peu frontale, politisée, un peu sourcée.

Là, sans m'en rendre compte, j'ai traité le côté humain. - P.Cohen: Les chiens à 3 pattes, aussi. - E.Judor: C'est sourcé, ça. - A.-E.Lemoine: C'est la mascotte du film, ce chien. - J.Ferrari: On l'a sorti d'un refuge en ne sachant pas s'il allait pouvoir être dans le film. - P.Lescure: Il fallait le rassurer. - J.Ferrari: Un chien, pour qu'il soit capable de venir jouer sur un film...

Je m'embarque... - E.Judor: Moi, j'écoutais plus, de toute manière.

Le chien, ouais, donc, 3 pattes... - J.Ferrari: Il joue au sens propre.

Quand il vient sur le plateau, il s'amuse avec nous. Du coup, quand on prend un chien en refuge, on ne connaît pas son passif. - E.Judor: Il aurait pu être agressif.

Il était agressif, en plus! Il me bouffait le short. - J.Ferrari: C'est la chèvre! - E.Judor: Je confonds. - J.Ferrari: Il arrête pas de raconter l'anecdote du chien qui lui bouffe le short, mais c'est la chèvre. - A.-E.Lemoine: Il a pas vu le film. - J.Ferrari: On fait les interviews et il dit qu'il faisait 18 degrés alors qu'il faisait 46. - E.Judor: J'ai un très bon souvenir de ce tournage.

Mais apparemment, il faisait 40. - P.Lescure: En tout cas, le film est plus que réjouissant.

Pas seulement avec Bobby, mais avec vous trois. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Jérémy, vous jouez Noé, un homme froid et insensible. Vous avez parlé de L.Felpin, Zoulika, fichée S, très exubérante.

Eric, vous êtes Ryan, un malvoyant encore puceau. C'est un rôle de composition. - E.Judor: J'ai fait l'amour pour la 1re fois il y a un an. - A.-E.Lemoine: Ca se rapproche. - P.Lescure: Vous voulez participer à une compétition dans le désert et vous utilisez, pour pouvoir quand même vous déplacer, la technique des dauphins avec leurs cris. - C'est parti.

Top, démo. Il imite le cri du dauphin. Bingo!

Petit bruit. Ca affine les formes. ...

Aïe! Putain! - Ca va? - C'est sous le centre de gravité.

On ne capte rien. - P.Lescure: C'était écrit comment, dans le scénario? - E.Judor: Euh...

Pour le coup, il m'a filé un boulevard de jeu, pour faire du burlesque. C'est moi qui ai trouvé le bruit, effectivement. C'est des petits bruits que j'ai trouvés sur le plateau.

Ca m'amusait beaucoup. C'est un plaisir, de défendre des rôles que Jérémy vous écrit. Il est très généreux.

Il vous laisse improviser. On a passé une demi-journée... - P.Lescure: Vous ne vous connaissiez pas avant? - E.Judor: Pas du tout.

Je le détestais. C'est 2 mondes comiques... - J.Ferrari: On s'était pas croisés.

J'avais hyper envie de connaître Eric. Quand je l'ai appelé pour le rôle, on m'a dit: "Tu vas voir, il est très gentil, très drôle." Quand je l'ai appelé, j'étais dans mon jardin... - E.Judor: J'étais en train de faire l'amour pour la première fois. - A.-E.Lemoine: Pas dispo. - J.Ferrari: Il a fait une heure d'impro sur le chien qui aboyait derrière moi.

Je pleurais de rire au téléphone. J'ai raccroché et je ne lui ai même pas proposé le scénar. Le problème du tournage, c'est pas les impros mais le temps qu'on a.

C'est 5h-17h. On rattrape pas le sommeil. Mais c'est un bonheur.

Quand tu ouvres les rushs, t'as soit le texte interprété correctement, soit un autre film. C'est génial. Quand t'arrives au montage, c'est un bonheur.

Il y a beaucoup d'impro que j'ai gardée dans le film. De toute façon, tu n'embauche pas E.Judor pour qu'il te répète le texte.

Je savais très bien à qui j'avais affaire. Je savais très bien qu'il allait me faire de l'impro. - L.Sénéchal: Il y a aussi tous les à-côtés, les moments ratés du tournage.

On va rafraîchir la mémoire d'Eric. - C'est super. C'est quasiment une chèvre d'aveugle.

Doucement...

Rires en plateau. Elle me mord! On est en train de passer un top moment.

Ouh...

C'est fait avec... - Continue, c'est super. - Tu fais partie des gens qui ne pensent pas que...

Rires. - Celle-là, elle est chargée. - L.Sénéchal: L.Felpin, dans le dossier de presse, parle des intoxications alimentaires.

C'est un sujet. - J.Ferrari: On s'est marrés... - E.Judor: Diarrhée sur diarrhée. - J.Ferrari: Juste l'extrait que vous venez de montrer, où elle court toute seule.

On avait une scène avant et après avec Eric. Toute l'équipe avait une gastro. Moi et Eric, ça allait.

Laura, pas du tout. Elle devait tourner ça. - E.Judor: Si on regarde bien, d'ailleurs... - J.Ferrari: C'est dégueu...

Laura...

Ca paraît rien, mais elle a répété ce mouvement pendant 40 minutes. Quand on a vraiment mal au ventre, Et avec Eric, on pleurait de rire, parce qu'on pouvait rien faire pour elle...

Dans le désert, il n'y a pas de toilettes, pas d'arbres, rien. A chaque fois, elle arrivait en mode... "Celle-là, c'est bon?" - A.-E.Lemoine: Votre film est en salle mercredi et a inspiré le Pas de côté de Patrick. - P.Cohen: Parfois, il y a des remplacements qui exigent de faire un pas de côté. ...

J.Ferrari rit. - P.Cohen: B.Pitt n'était pas disponible.

Vous en riez encore sur ce plateau à gorge déployée. Guillaume était votre meilleur ami, votre frère de coeur. Vous étiez son producteur.

Rire, c'est le meilleur hommage à rendre à un humoriste qui mêlait autodérision et humour noir à la perfection. - Tu sais, je t'aime beaucoup, Guillaume. Pourtant, quand je te vois, j'ai juste envie de t'enfoncer des pinces dans tes canaux lacrymaux pour que tu puisses rire sans pleurer.

Ne viens plus jamais me quémander quelque chose. - Euh...

J'étais pas venu te demander un sketch. J'étais venu te dire que ça fait 5 ans qu'on a fait notre premier sketch à la télé. Ca a changé ma vie.

Depuis, j'ai fait plein de choses. Ca a décollé pour moi. Je voulais profiter de l'occasion pour publiquement te dire merci pour tout ça.

Merci de m'avoir aidé à grandir dans ce métier. Bah...

Je t'aime, mon pote. Applaudissements. - P.Cohen: G.Bats était atteint de la maladie des os de verre.

Au moindre choc, il risquait une fracture osseuse. Rien ne l'arrêtait, quitte à se mettre en danger à la moindre sortie. Votre comparse A.Tsamère, grand ami de Guillaume, nous a raconté avoir eu la peur de sa vie alors qu'il enregistrait "Open Bar". - Roland se prend les pieds dans un câble de projecteur.

Le projecteur tombe sur Guillaume. Je fais un malaise vagal de me dire que Guillaume va mourir de ça. Moi, on m'a toujours dit: "Guillaume est très fragile." J'ai fait un malaise vagal.

Je suis allé au bout de la rue faire mon malaise tout seul sous un porche. Je voyais les pompiers du coin de l'oeil. Je suis revenu après.

Guillaume allait très bien. Il me dit: "Dis donc, tu t'es pas beaucoup inquiété pour moi!" - P.Cohen: Guillaume nous a quittés il y a bientôt 3 ans, en juin 2023.

C'est vous, Jérémy, qui l'avez découvert inanimé à son domicile. Vous lui dédiez "Les K d'or". Dans la première version de votre scénario, vous imaginiez un trio masculin qui comprenait Guillaume.

Comment vous avez raisonné, après le décès de votre ami? Comment vous avez imaginé la suite? En le remplaçant ou en changeant le scénario? - J.Ferrari: C'était pas possible de le remplacer.

Je n'avais pas envie. J'avais écrit ce rôle pour lui. Je ne voulais pas mettre les mots de Guillaume dans la bouche d'un autre acteur.

J'ai juste gardé le personnage de Noé et j'ai effacé les 2 autres rôles. Ensuite, j'ai créé Zoulika et Ryan. Je trouvais qu'il y avait un truc glauque...

C'était pas possible. C'était trop triste. Il fallait que j'efface et que je redémarre à zéro.

Je ne pouvais pas garder le rôle que j'avais écrit pour Guillaume et le proposer à un autre acteur.