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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 17 mars 2023 22 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesOutre-mer

Françafrique : la folle rumeur sur Marine Le Pen et le Sénégal

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse partielle

    Alors Thomas, tu es venu nous parler d'une rumeur qui enfle, qui enfle au Sénégal et qui concerne Marine Le Pen.

  • 5:17OuverteRéponse partielle

    Il y a un ancien Premier ministre sénégalais qui a accusé Marine Le Pen d'avoir bénéficié d'un don du président Macky Sall, justement, de 12 millions d'euros.

  • 8:54OuverteRéponse partielle

    Puis, il y avait aussi ce prêt étrange qui avait sauvé Marine Le Pen en 2017 et sur lequel, toi, tu avais enquêté.

  • 10:23OuverteRéponse partielle

    Il n'y a pas que l'extrême droite qui est accusée de prendre de l'argent sale en Afrique ?

  • 14:10OuverteRéponse partielle

    Ce n'était pas vraiment fini avec Nicolas Sarkozy puisqu'il y a eu l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2017, un financement occulte dont Sarkozy se défend.

  • 16:43OuverteRéponse partielle

    Ces soupçons de financement illégal de campagne n'ont pas épargné Emmanuel Macron non plus, réputé très proche de Nicolas Sarkozy.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07InvitéChiffre
    « Marine Le Pen a voulu se faire rembourser le déplacement en jet privé de la capitaine Jaménaj Kaamjaras par la commission des comptes de campagne qui coûtait quand même 18 000 euros. »
  • 1:15InvitéFait
    « Elle a rencontré les militaires français qui sont sur place puisqu'il y a 350 militaires français qui sont présents dans le cadre d'une des quatre bases permanentes françaises en Afrique. »
  • 1:44InvitéFait
    « Ce monsieur Philippe Beaune, qui a été directeur d'Air Sénégal, a organisé le voyage de Marine Le Pen, là-bas, au pays de la Teranga. »
  • 5:20PrésentateurChiffre
    « Il y a un ancien Premier ministre sénégalais qui a accusé Marine Le Pen d'avoir bénéficié d'un don du président Macky Sall, justement, de 12 millions d'euros. »
  • 5:50InvitéChiffre
    « Il accuse Marine Le Pen d'avoir reçu un don, en tout cas, oui, il accuse Marine Le Pen d'avoir reçu un don de 12 millions d'euros de la part de Macky Sall. »
  • 9:06InvitéChiffre
    « Il lui fallait 8 millions d'euros pour équilibrer les comptes de campagne et pour que ces comptes de campagne de la présidentielle de 2007 ne soient pas retoqués par la commission des comptes de campagne et donc que le remboursement intervienne. »
  • 9:27InvitéChiffre
    « Et c'est vrai que la FN s'est mis en quête d'argent et a trouvé un prêt assez étrange de 8 millions d'euros d'un homme d'affaires français qui s'appelle Laurent Fouché. »
  • 10:01InvitéFait
    « Là, tout d'un coup, il y a 8 millions d'euros qui sont arrivés des Émirats arabes unis mais sans doute plus loin de l'île Maurice de quelqu'un qui était recherché internationalement. »
  • 14:20InvitéFait
    « Avez-vous, oui ou non, reçu de l'argent liquide de Libye pour financer votre campagne de 2007 comme l'a affirmé l'intermédiaire Ziad Taqeddin ? »
  • 17:03InvitéFait
    « Selon une source algérienne proche des services de renseignement, le président du forum des chefs d'entreprise algériens aurait effectivement incité ses collègues à financer le candidat Macron. »
  • 19:56InvitéChiffre
    « On a miraculeusement comblé 10 millions de francs de trous grâce, c'est en tout cas ce qui a été conclu par la Cour de justice de la République, à des rétro-commissions sur des contrats de vente de frégates avec l'Arabie saoudite et de vente de sous-marins avec le Pakistan. »
  • 21:00InvitéFait
    « On a relaxé Édouard Balladur, on a condamné François Léotard, qui était son ministre de la Défense, à deux ans de prison avec sursis. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Invité 26 %
  • Présentateur6 %
  • Invité 34 %
  • Invité 42 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Il y a quand même quelque chose d'assez marrant, c'est que Marine Le Pen a voulu se faire rembourser le déplacement en jet privé de la capitaine Jaménaj Kaamjaras par la commission des comptes de campagne qui coûtait quand même 18 000 euros. Alors la commission des comptes de campagne, que des fois on peut critiquer, mais là elle a quand même dit qu'il faut mettre le haut là, c'est quand même pas très normal. Mais c'est vrai que finalement elle a été mêlée à pas mal de scandales financiers qui fait qu'on peut s'interroger sur la visite qu'elle a eue au Sénégal.

0:29
Présentateur

Bonjour Thomas.

0:30
Invité

Salut Lisa.

0:31
Présentateur

Alors Thomas, tu es venu nous parler d'une rumeur qui enfle, qui enfle au Sénégal et qui concerne Marine Le Pen.

0:37
Invité

Alors c'est une visite qui était un peu passée sous les radars. Donc on était, à mi-janvier, on était à quelques jours de la première manifestation contre la réforme des retraites. Il y avait des millions de Français qui se préparaient à descendre dans les rues. Et Marine Le Pen, qui se fait la grande défendresse et la grande chevalier pour défendre les pauvres, avait décidé de ne pas être présente puisqu'elle était partie pour une visite de trois jours au Sénégal. Aucun média, à part Le Point, n'avait été informé. Et Marine Le Pen, pourtant, elle est là-bas.

Elle a rencontré les militaires français qui sont sur place puisqu'il y a 350 militaires français qui sont présents dans le cadre d'une des quatre bases permanentes françaises en Afrique. Elle a visité aussi des exploitations agricoles tenues par des Français.

Et cette visite avait été organisée, ça a été révélé ensuite par Le Monde, à l'instigation d'un de ses conseillers, du principal conseiller afrique, qui s'appelle Philippe Beaune, qui est un personnage un peu trouble, comme on le rencontre en France-Afrique, un peu mi-barbouze, mi-homme d'affaires, qui était le monsieur Afrique d'Airbus, qui a beaucoup fait l'entremetteur entre elfes et des rébellions, notamment en Angola, et qui était ami avec les enfants de Kadhafi. Donc, ce monsieur Philippe Beaune, qui a été directeur d'Air Sénégal, a organisé le voyage de Marine Le Pen, là-bas, au pays de la Teranga. Et Marine Le Pen n'est pas venue avec une quelconque méchanceté ou animosité.

C'est-à-dire qu'elle a vraiment passé la brosse à reluire au Sénégal, mais aussi au président sénégalais, Macky Sall. On peut écouter un petit extrait. Une place de l'Afrique au conseiller de sécurité de l'ENU. Oui, je plaide pour cela depuis longtemps. Oui. Depuis plusieurs années, parce que je considère qu'il est aujourd'hui totalement anormal que le continent africain ne soit pas représenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Et qu'en y étant, par définition, son poids serait beaucoup plus important auprès d'autres institutions internationales, y compris financières. Ce que je sais, c'est que le président Macky Sall est attaché à la souveraineté du Sénégal.

Donc, entre souverainistes, on ne peut, après tout, que trouver des points de convergence. Je souhaite que la France soit souveraine dans ses décisions, sa souveraineté politique, mais également énergétique, alimentaire, là où, aujourd'hui, mon pays est en train de perdre une partie de sa souveraineté. Lui-même, je crois, plaide depuis longtemps pour la souveraineté alimentaire du Sénégal, sa souveraineté énergétique. Et donc, je pense que, quelque part, nous avons, en tout cas, lors de ce rendez-vous, parlé la même langue. Quel toupet, quand même, non ? Oui, c'est assez incroyable.

C'est en décalage avec toutes les phrases qu'elle a pu sortir ou toutes les positions qu'elle a pu sortir vis-à-vis de l'Afrique, notamment très anti-immigrés. On passe les saillis racistes de son père, Jean-Marie Le Pen, qui a quand même fait les beaux jours du Front National pendant des décennies. Alors, ils ont, effectivement, l'air de très bien s'entendre avec le président Macky Sall, qu'elle a rencontré. C'est assez impressionnant, parce qu'en fait, Macky Sall, ce n'est pas un perdreau de l'année, ce n'est pas un chevalier blanc non plus. C'est quand même un président. Alors, le Sénégal a une longue tradition démocratique.

Et c'est vrai que, quand Macky Sall est arrivé au pouvoir en 2012, il y a eu une sorte d'espoir, mais espoir déçu, puisqu'il y a eu une véritable dérive autoritaire par la suite. Macky Sall, vraiment, a décidé de garder le pouvoir pour lui. Il y a eu une répression, notamment en 2021. Il y a eu des manifestations qui ont éclaté, une manifestation spontanée qui ont éclaté au Sénégal, où les gens sont descendus dans la rue pour protester contre l'arrestation du principal opposant, Ousmane Songo, dans une affaire de viol que ses partisans disent être une sorte d'instrumentalisation, une sorte de l'offert pour faire taire cet opposant-là.

Et les forces de l'ordre sénégalaise avaient tiré sur la population, faisant 14 morts. Et justice n'a jamais été rendue. Et ça continue encore aujourd'hui, avec des arrestations de journalistes, d'opposants, l'interdiction des rassemblements, la criminalisation des activités politiques d'opposition qu'on fait passer pour du terrorisme. Et par-dessus le marché, Macky Sall veut se représenter pour un troisième mandat. Il y a des petits soucis d'ordre constitutionnel, mais il veut se représenter à la présidentielle en 2024, alors qu'il avait promis ne pas le faire.

Et le tout avec le soutien de la France, puisque la France est vraiment alliée, en tout cas Emmanuel Macron est très allié avec Macky Sall. Et le soutien bec et ongles n'a jamais dit mot sur vraiment le rétrécissement de l'état de droit au Sénégal. Mais bon, tout ça ne dérange absolument pas Marine Le Pen, qui est tombée dans les bras de Macky Sall. Alors Macky Sall, jusqu'au bout, n'avait pas voulu que cette rencontre soit rendue publique. Elle a été gardée secrète. Macky Sall a refusé qu'il y ait une photo prise de la rencontre entre lui et Marine Le Pen. Il a refusé de faire une conférence de presse par la suite.

Donc évidemment, on s'est demandé, mais qu'est-ce que va finalement faire Marine Le Pen ? Est-ce qu'il n'y aurait pas autre chose derrière cette rencontre ?

5:14
Présentateur

Il y a un ancien Premier ministre sénégalais qui a accusé Marine Le Pen d'avoir bénéficié d'un don du président Macky Sall, justement, de 12 millions d'euros.

5:24
Invité

Alors, c'est assez intéressant, puisque ce monsieur a publié une lettre. C'est quelqu'un qui s'appelle Cher Adjiboussou Maré, qui a été ancien Premier ministre de 2007 à 2009 et qui est un technocrate assez respecté. Ce n'est pas quelqu'un qui parle à tort et à travers. C'est quelqu'un qui était président de la Commission monétaire de l'Union des États d'Afrique de l'Ouest. Et donc, effectivement, dans cette lettre, alors, il ne cite pas Marine Le Pen, mais tout le monde comprend que c'est elle. Il accuse Marine Le Pen d'avoir reçu un don, en tout cas, oui, il accuse Marine Le Pen d'avoir reçu un don de 12 millions d'euros de la part de Macky Sall.

Et Cher Soumaré l'a payé très cher, puisqu'il a été arrêté par les forces de l'ordre sénégalaises. Il a été placé sous contrôle judiciaire et accusé de diffusion de fausses nouvelles. Alors, sur le fond, l'information, pour l'instant, n'est pas vérifiée. Peut-être que ce serait intéressant d'enquêter. D'ailleurs, en France, on n'en parle absolument pas. Alors, ça fait les gros titres de la presse sénégalaise. Mais quand même, tout ça reste à vérifier. Quand on connaît les bizarreries financières du Front National et du Rassemblement National aujourd'hui, on peut se demander s'il n'y a pas Anguille Sourouche.

6:26
Présentateur

Oui, parce que ce n'est pas du tout la première fois que le parti de Marine Le Pen rend flou ses caisses avec de l'argent pas tout à fait propre, on va dire.

6:33
Invité

Alors, moi, je crois que la peste brune, ça commode bien du continent noir. Malgré toutes les saillies racistes et le fait de ne pas vouloir désimmigrer, ça va. Il n'y a pas de problème. Donc, quand c'est de l'argent, ça peut venir. On se souvient qu'à l'époque, le père, Jean-Marie Le Pen, avait touché de l'argent du président gabonais Omar Bongo, qui était un peu le pied de la France-Afrique, qui distribuait à toute la classe politique française.

Jean-Marie Le Pen s'est même rendu en 2016 à l'investiture de Théodore Obiang-Guema, qui est l'inamovible dictateur de la Guinée équatoriale depuis 1979, et qui est richissime, d'ailleurs, dont le fils a été inculpé dans l'affaire des biens mal acquis en France. Et le Front National a toujours eu plus ou moins des problèmes financiers. On se souvient des fameux prêts russes qui ont été contractés pour renflouer les caisses du parti qui étaient au bord de la faillite. Et Marine Le Pen, elle n'en est pas à son coup d'essai en Afrique. Elle s'est déjà rendue en 2017. C'était en pleine campagne présidentielle au Tchad. Et c'est vrai que le but de son voyage pose question officiellement.

C'était pour aller rencontrer les militaires français. Mais en réalité, elle est allée rencontrer le président tchadien Idriss Déby, dictateur de longue date allié à la France qui aujourd'hui est décédé. Elle a quand même pris un avion depuis la capitale N'Djaména pour aller dans le village natal du président tchadien à 1000 kilomètres. Et franchement, c'est pas Las Vegas là-bas. On regarde un petit extrait. Venu officiellement à la rencontre des soldats de la force Barkhane, Marine Le Pen a fait le déplacement d'Ambiaras dans le chef-lieu de la région de l'Enedi-Est pour rencontrer le chef de l'État Idriss Déby-Hitno. Les échanges ont duré une heure. Nous avons envisagé de nous revoir.

Je souhaite que ce soit dans le cadre d'une visite officielle ou peut-être que j'inviterai le président Déby à l'Élysée. Oui, elle aura été très honorée d'inviter le président Déby à l'Élysée. Bon, il est mort entre-temps, mais son fils a pris le pouvoir. Et puis, bon, elle ne désespère pas d'arriver au pouvoir en 2007 et d'inviter tous les dictateurs sur le perron de l'Élysée. Il y a quand même quelque chose d'assez marrant, c'est que Marine Le Pen a voulu se faire rembourser le déplacement en jet privé de la capitaine Jaminash qu'à Amjaras par la commission des comptes de campagne qui coûtait quand même 18 000 euros.

Alors, la commission des comptes de campagne, que des fois, on peut critiquer, mais là, elle a quand même dit qu'il faut mettre le haut là. C'est quand même pas très normal. Mais c'est vrai que finalement, elle a été mêlée à pas mal de scandales financiers qui fait qu'on peut s'interroger sur la visite qu'elle a eue au Sénégal.

8:54
Présentateur

Puis, il y avait aussi ce prêt étrange qui avait sauvé Marine Le Pen en 2017 et sur lequel, toi, tu avais enquêté.

9:00
Invité

Oui, j'ai bossé là-dessus. En fait, c'était le parti, le Front National était au bord de la faillite puisqu'il lui fallait 8 millions d'euros pour équilibrer les comptes de campagne et pour que ces comptes de campagne de la présidentielle de 2007 ne soient pas retoqués par la commission des comptes de campagne et donc que le remboursement intervienne. Et si le remboursement n'intervenait pas, le parti allait faire complètement faillite.

Et c'est vrai que la FN s'est mis en quête d'argent et a trouvé un prêt assez étrange de 8 millions d'euros d'un homme d'affaires français qui s'appelle Laurent Fouché qui est très, très lié à la France-Afrique qui a fait des affaires très louches en Centrafrique, à l'île Maurice, en Angola et j'en passe, c'est des meilleurs. Et cet argent-là est arrivé miraculeusement sur les comptes du Front National. Il a permis de se sauver. Pour quel contrepartie, je ne sais pas. Mais ce qui est quand même assez étonnant, on va dire, c'est qu'il n'y a pas eu d'enquête sur ça.

Normalement, il y a un organisme qui s'appelle TRACFIN qui est lié à Bercy qui contrôle à partir de 20 000 euros si vous recevez un virement bizarre d'un paradis fiscal. On met un peu le haut là. Là, tout d'un coup, il y a 8 millions d'euros qui sont arrivés des Émirats arabes unis mais sans doute plus loin de l'île Maurice de quelqu'un qui était recherché internationalement. Laurent Fouché avait des procédures pénales partout pour des histoires d'escroqueries et tout ça. L'argent est rentré. Il y a une enquête qui a été lancée mais elle n'a jamais vraiment rien donné. Ça pose quand même des petites questions.

10:21
Présentateur

Il n'y a pas que l'extrême droite qui est accusée de prendre de l'argent sale en Afrique ?

10:25
Invité

Ah non, c'est une vraie tradition. De toute façon, la politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches, disait Jules Michelet, grand écrivain. Et alors, on adore aller prendre de l'argent des riches en Afrique et tant pis finalement si cet argent-là est volé à la population qui meurt de faim. C'est la fameuse République des Malettes. Ça veut dire que pendant... Il y a eu un système qui a été instauré à partir des années 60 quand on a décolonisé les pays d'Afrique francophone. On a maintenu une certaine forme de tutelle et effectivement, des potentats africains donnaient de l'argent qui permettaient soit de financer la vie politique ou de financer des campagnes présidentielles françaises.

C'est vraiment ce qui explique peut-être le mieux, ce qui symbolise le mieux la France-Afrique et c'est vrai que personne n'en parlait beaucoup. D'ailleurs, on se souvient que Robert Boulin qui était ministre du travail de Valéry Giscard d'Estaing qui était suicidé à la fin des années 70 dans 50 centimètres d'eau en région parisienne, avait, on l'enquête plus tard, la révélée ou en tout cas la soupçonnée, voulait révéler des choses sur justement le financement au cul de la vie politique française notamment du RPR par ELF, la grande compagnie qui exploite du pétrole qui exploite du pétrole en Afrique, notamment en Afrique centrale.

Et donc effectivement, ça a continué, ça a continué pendant des années et on se souvient qu'il y a quelques années un monsieur qui traîne dans pas mal de réseaux, un avocat qui s'appelle Robert Bourgie qui est très proche des présidents africains au point qu'il appelait Omar Bongo le président gabonais papa, avait mis les pieds dans le plat et fait des révélations fracassantes, on écoute.

– Lorsque vous révélez tout cela, vous en prenez directement à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin notamment, de façon très dure, vous prenez des risques personnels très importants, vous pouvez, c'est peut-être infraction pénale, vous avez assisté à des détournements de fonds publics, à des financements illégaux de campagne, pourquoi faites-vous ça ? – Je le fais, j'ai mesuré les risques, mais je faisais, madame El-Krieff, ce que ma conscience me demandait de faire. Cela faisait un bout de temps que ma conscience était taraudée.

Et quand je vois le débat politique, je vous en ai parlé, j'ai dit qu'il était temps de faire certaines révélations sur le côté obscur de la France-Afrique et des relations franco-africaines. et je n'avais parlé jusque-là que de ce que j'avais fait, c'est-à-dire les dons en espèce de chef d'État au président Chirac et avant qu'il ne soit président, à M. Chirac, maire de Paris. Et ensuite, lorsqu'il est devenu président, à M. Chirac, président de la République et à M. de Villepin. Cela entre 1995 et 2002.

– Alors Robert Bourgis, personnage peu recommandable qu'il soit, révélait quand même un secret de Podichinelle, notamment que tous les présidents français se sont plus ou moins financés en Afrique. On se souvient des fameux Diamant de Bokassa de Valéry Giscard d'Esta. Mais c'est vrai qu'il y a quand même une distorsion entre ces présidents qui n'hésitaient pas à se faire financer les campagnes électorales et ce qu'ils disaient, par exemple, des Africains. Il faut quand même se rendre compte, ce n'est pas si vieux. Mais Chirac disait un truc en 2004 à propos des Africains. Il disait, je cite, mais c'est d'un racisme incroyable, ils sont joyeux parce que les Africains sont joyeux par nature.

Ils sont enthousiastes, ils ont le sourire, ils applaudissent, ils sont contents. Ils voient qu'il y a un monsieur qui passe, cela leur permet d'être sur le bord de la route, ils sont contents. Et ça ne l'empêchait visiblement pas d'aller prendre de l'argent qui appartenait au peuple africain. Alors, Robert Bourgi s'était télécommandé puisqu'effectivement, il s'en prenait à Jacques Chirac et à Dominique Villepin et de qui est proche Robert Bourgi, même encore maintenant, de Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac et Dominique Villepin étaient les ennemis jurés de Nicolas Sarkozy.

D'ailleurs, Robert Bourgi, dans la même interview, avait dit non, mais vous savez, la France a fixé fini, Nicolas Sarkozy est quelqu'un de tout à fait propre, il n'y a pas de problème, ce qui s'est révélé pas tout à fait vrai.

14:09
Présentateur

Ce n'était pas vraiment fini avec Nicolas Sarkozy puisqu'il y a eu l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2017, un financement occulte dont Sarkozy se défend. On peut regarder une petite vidéo.

14:19
Invité

Avez-vous, oui ou non, reçu de l'argent liquide de Libye pour financer votre campagne de 2007 comme l'a affirmé l'intermédiaire Ziad Taqeddin, alors pas seulement dans les médias mais à la justice française hier aussi ? Quelle indignité. Nous sommes sur le service public. Vous en avez parlé vous-même hier soir. Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur. Ce n'est pas l'idée, voyez-vous, que je me fais du service public. C'est une honte. Ben oui, c'est quand même assez inquiétant.

Il a un certain talent d'acteur, on ne va pas lui enlever ça, mais c'est vrai qu'il y a eu des enquêtes depuis des années. Il y a une enquête judicitaire, mais il y a eu beaucoup d'enquêtes journalistiques qui ont effectivement montré que très probablement Nicolas Sarkozy a financé sa campagne présidentielle de 2007 avec de l'argent qui venait de Muammar Kadhafi, qui avait été donné par le guide libyen et que peut-être ensuite, d'ailleurs, il aurait voulu se débarrasser d'un témoin gênant. Et c'est vraiment allé très loin puisqu'il y a eu beaucoup de cadavres dans le placard. Aujourd'hui, effectivement, il y a eu des mises en examen, notamment de Nicolas Sarkozy.

On attend un procès, mais cette affaire, elle n'est absolument pas finie. Moi, je me souviens que c'est quelque chose que moi, j'ai vu, dont moi, j'ai été témoin. Il y a le bras droit de Muammar Kadhafi qui s'appelle Béchir Salah qui était le grand argentier de Muammar Kadhafi. D'ailleurs, quand Kadhafi est tombé, Nicolas Sarkozy a fait évacuer vers la France et quand les juges sont intéressés à ce monsieur Béchir Salah, Nicolas Sarkozy pour l'envoyer vers le Niger, là où il serait à l'abri de la justice. Et en 2017, Macron se rend en visite au Niger et Béchir Salah cherche absolument à rencontrer Emmanuel Macron. Il est très inquiet. Il veut lui faire des révélations.

D'ailleurs, il envoie même une lettre, ça c'est cocasse, à Mathieu Gallet qui est le président de Radio France en croyant que Mathieu Gallet est l'amant d'Emmanuel Macron, ce qui est complètement faux. Et Béchir Salah cherche, cherche, cherche, parce qu'on m'a raconté cette histoire, à rencontrer Emmanuel Macron. La rencontre ne se fait, mais quelques semaines plus tard, Béchir Salah est victime d'une tentative d'assassinat en Afrique du Sud. Il est sauvé inextrémiste. Donc, est-ce qu'on aurait voulu faire un témoin gênant ? Parce que lui a bien sûr les secrets sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

En tout cas, c'est quelque chose qu'on espère vraiment qu'il y aura un procès et que toute la lumière sera faite sur cette pardon de la République.

16:43
Présentateur

Ces soupçons de financement illégal de campagne n'ont pas épargné Emmanuel Macron non plus, réputé très proche de Nicolas Sarkozy. On peut regarder un petit extrait du documentaire d'Off-Investigation, nos camarades indépendants, consacré au possible financement de la campagne 2017 d'Emmanuel Macron par des oligarques algériens.

16:59
Invité

Selon une source algérienne proche des services de renseignement, le président du forum des chefs d'entreprise algériens aurait effectivement incité ses collègues à financer le candidat Macron. Il ne sait pas qu'il est enregistré. En 2017, ils ont organisé la visite de Macron à Alger. C'était le patronat à la tête du patronat Cepé Haddad. Et les gens du patronat, ils ont tous mis la main à la roche pour le financement de le truc. Tous, sans exception. Celui qui dit non, il aura des problèmes. D'accord ? Donc, ils ont tous mis la tête qui fait la collecte.

17:43
Locuteur

D'accord ?

17:44
Invité

Alors, pour l'instant, il n'y a pas d'enquête qui est ouverte sur cette question-là, même s'il y a de très, très nombreux témoignages qui tentent à prouver qu'Emmanuel Macron, qui avait des difficultés à trouver des prêts bancaires, puisque c'était vraiment très compliqué. On sait que pour être remboursé par l'État, il faut atteindre 5% des voix et c'était à l'époque où François Fillon était encore désigné comme grand favori, il n'y avait pas encore eu cette affaire qui avait été révélée par le canard achéné d'assistant parlementaire. Emmanuel Macron avait du mal à trouver des prêts, donc peut-être a-t-il eu recours à certains réseaux opaques.

C'est vrai que dans cette affaire, on retrouve notamment Alexandre Jury, qui était prince occulte de la République, qui lui aussi est mis en examen dans le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par Muammar Gaddafi et qui intervient dans ce dossier et qui étrangement, effectivement, malgré ses mises en examen, a été remis en liberté conditionnelle, a pu quitter le territoire français. Et on retrouve aussi Alexandre Benalla, qui effectivement était un missus dominicus très actif d'Emmanuel Macron pendant la campagne et a fait de bien étranges voyages qui, effectivement, n'ont peut-être pas grand-chose à voir avec le tourisme.

On a parlé de l'Algérie, on a parlé de l'île Maurice, qui est un paradis fiscal, on a parlé de la République démocratique du Congo, on peut parler aussi du Tchad et peut-être que ses voyages et ce qu'il a fait expliquent le lien entre la France et le Tchad. Et puis, il y a beaucoup de zones d'ombre qui se posent sur la campagne présidentielle de 2017. C'est vrai que, par exemple, dans les financements un peu étranges algériens d'Emmanuel Macron et ce financement de Laurent Fouché qui prête 8 millions d'euros à Marine Le Pen, on retrouve un peu les mêmes personnes.

Par exemple, quelqu'un comme Laurent Badia qui, aujourd'hui, est le numéro 2 de Veolia qui est considéré comme un très proche d'Emmanuel Macron mais qui est aussi considéré comme un très proche de Laurent Fouché, le mécène miraculeux de Marine Le Pen et Laurent Badia a de grandes attaches à l'île Maurice. Donc, moi, j'ai beaucoup travaillé sur ça, pas sur la question algérienne mais sur celle du financement du Rassemblement National. Je m'interroge quand même sur le fait que peut-être à un moment ou à un autre, Rassemblement National qui finalement permet à Emmanuel Macron, en tout cas a permis à Emmanuel Macron de remprunter deux présidentielles.

19:45
Présentateur

Ce qui est incroyable, c'est que les enquêtes judiciaires sur les financements occultes de campagne ne débouchent quasiment jamais sur des condamnations de justice.

19:52
Invité

Sur la question libyenne, on est 15 ans après les faits. Il y a une affaire qui est quand même assez symptomatique, c'est l'affaire du financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. En fait, on a miraculeusement comblé 10 millions de francs de trous grâce, c'est en tout cas ce qui a été conclu par la Cour de justice de la République, à des rétro-commissions sur des contrats de vente de frégates avec l'Arabie saoudite et de vente de sous-marins avec le Pakistan.

Et c'est en plus, ce qui est grave, c'est que la suspension de ces commissions dans le cadre notamment de la vente des sous-marins au Pakistan a fait en sorte qu'il y a des représailles de la part des services secrets pakistanais. et en 2002 à Karachi, il y a eu un attentat qui a fait 11 morts parmi des employés de la direction des chantiers navals. Donc, il y a eu des implications bien concrètes et ces financements-là créent des drames et des crimes. Il y a des gens qui ont du sang sur les mains. Et qu'est-ce qui s'est passé pendant des années ? On n'a absolument rien fait. Il y a eu un procès qui s'est tenu en 2021.

2021, il faut se rendre compte, 26 ans après l'effet, Édouard Balladur avait 91 ans. On a relaxé Édouard Balladur, on a condamné François Léotard, qui était son ministre de la Défense, à deux ans de prison avec sursis. Ce qui pose des questions sur la Cour de justice de la République qui est quand même très clémente avec ses pairs puisqu'elle est censée juger les crimes pénaux des ministres en exercice et elle est composée non pas de magistrats professionnels mais principalement de députés et de sénateurs et seulement de trois magistrats professionnels.

Et puis, au-delà de ça, comment ne pas comprendre le ressentiment qu'il peut avoir contre la France, en tout cas contre la politique française en Afrique quand on s'abaisse à de pareilles pratiques, quand finalement on a volé l'argent d'une population qui végète dans la misère et on l'a donné pour financer des campagnes françaises. Comment ne pas comprendre qu'il y a une partie de la jeunesse africaine, des populations africaines qui n'en peuvent plus de cette France qui a décidé de leur prendre tout et de ne rien leur laisser pour financer les heures les plus sombres de la République ?

21:54
Présentateur

Merci beaucoup Thomas de toujours nous relever et nous apporter ces grands scandales qui passent toujours plutôt crème, on va dire. Sous-titrage Société Radio-Canada

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Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Françafrique : la folle rumeur sur Marine Le Pen et le Sénégal · Pourquijevote