🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Jordan Bardella, président du RN, sur RMC
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Ce qui ne fait pas le vote le jour J. Si vous dites ça tout de suite, c'est que vous avez un peu la trouille.
C'est des superstitions, c'est quoi ? Vous savez, quand vous êtes candidat à une grande élection comme les européennes, vous avez toujours peur que les gens n'aillent pas voter le jour J. Parce que les sondages, c'est bien beau, mais ça ne fait pas la réalité du vote. Et je dis aux Français, ne vous dites pas que c'est gagné d'avance. Et qu'en l'occurrence, chaque Français qui restera chez lui le 9 juin prochain fera un assez beau cadeau à Emmanuel Macron.
Pourquoi ? Parce que c'est vous face à Emmanuel Macron ?
Écoutez, ça fait maintenant depuis 2017 qu'il y a une recomposition du paysage politique autour de ces deux grands blocs que nous incarnons, respectivement avec Emmanuel Macron d'un côté, Marine Le Pen et le Rassemblement National de l'autre. Et je pense que ces élections, ce sont des élections de mi-mandat. C'est-à -dire que le parti politique qui sortira en tête de ces élections européennes sera chargé de préparer l'alternance. Et c'est la raison pour laquelle, moi, je ne cesse de dire aux Français, je ne cesserai de leur dire d'ici au 9 juin, l'Union européenne décide d'énormément de choses dans votre vie, du prix de l'électricité jusqu'à la submersion migratoire que vous subissez.
Et rester chez vous, c'est évidemment renforcer l'Europe de Macron.
Mais c'est des élections européennes ou c'est des élections nationales pour vous ?
C'est les deux, je ne vais pas se mentir. La réalité, c'est qu'une grande partie de ce que subissent les Français se décide à Bruxelles. Il y a quelques semaines encore, nous parlions d'une crise agricole majeure sans précédent. La décroissance agricole, l'importation dans nos assiettes de produits qui ne respectent aucune des normes qui sont exigées par nos propres agriculteurs en France, c'est décidé à Bruxelles. Les migrants qui sont répartis dans les communes françaises, c'est décidé à Bruxelles. Donc, si vous ne vous souciez pas de Bruxelles, c'est Bruxelles qui continuera de se soucier de vous.
Vous ne vous en souciez pas beaucoup, vous, de Bruxelles.
Ah bon ?
Ouais. Franchement, quand on regarde, on se dit que quand vous êtes à Bruxelles, je ne sais même pas ce que vous faites. Vous arrivez, vous allumez l'ordi, vous faites un petit café. Enfin, je ne sais pas.
Il n'y a pas beaucoup de traces. Et vous faites quoi quand vous arrivez à la rédaction ici ? Je me mets à bosser.
Je peux me dire qu'en plus, comme il est très très tôt, en général, quand j'arrive, chaque minute compte. Si je vous dis ça, c'est parce qu'en 5 ans, vous avez déposé 21 amendements. Quand Manon Aubry en a déposé 3460, quand François-Xavier Bellamy en a déposé 1200.
Madame, pardon, ils ont changé quoi, les 3200 amendements de Manon Aubry, pour qui j'ai beaucoup de respect, mais qui consistent à déplacer des virgules ?
C'est déplacer des virgules ?
Oui, les amendements de Madame Aubry consistent à déplacer des virgules. On peut faire du score. J'ai l'un des meilleurs taux de présence de l'ensemble des eurodéputés français, avec 94% d'assiduité au vote. Il ne faut pas confondre les rôles. Il y a, au sein de ce Parlement européen, comme au sein de la démocratie française, des gens qui sont au pouvoir et des gens qui sont dans l'opposition. Moi, j'ai fait depuis 5 ans le travail que m'a été confié par la démocratie française et par les électeurs français.
J'ai combattu le pacte vert et le Green Deal, qui imposent des normes à nos chefs d'entreprise, qui nuisent aujourd'hui à leur compétitivité, j'ai combattu encore la semaine dernière à Bruxelles le pacte pour les migrations, qui prévoit la répartition obligatoire de migrants dans les communes françaises, sous la contrainte de punition financière pour les communes et pour les États qui refuseraient d'accueillir des migrants. Donc, j'ai fait précisément mon rôle.
Vous avez fait le job.
Et pardon d'être un peu cru, mais si je suis donné en tête de ces élections européennes, peut-être que les Français trouvent un intérêt à ce que je sois dans la vie politique. Et moi, je dis aux Français, ceux qui ont des comptes à rendre, ce sont ceux qui ont au pouvoir. Mais croyez-moi, je me bats tous les jours pour que le mouvement que je préside et que les idées que je représente accèdent au pouvoir et qu'un jour, nous ayons des comptes à rendre devant le peuple français.
Parce que je pense qu'aujourd'hui, tous les Français, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion, qu'ils viennent de la droite ou qu'ils viennent de la gauche, qu'ils fassent partie de cette France du travail, comme d'une France qui subit les difficultés au quotidien, fait le constat du délitement généralisé du pays. Et pour beaucoup, nous apparaissons aujourd'hui, non pas seulement comme un recours, mais comme une véritable espérance.
On va revenir évidemment sur les questions à la fois de sécurité, de diplomatie, d'économie. Je voudrais vous interroger, c'est-à -dire ce qui s'est passé hier soir à Bruxelles, une conférence qui devait se tenir avec Éric Zemmour, avec Nigel Farage et avec Victor Orban, qui n'a pas pu avoir lieu. Elle a été interrompue par la police, officiellement pour des questions de sécurité. C'est le maire, le bourgmestre, comme on dit là -bas, de la commune bruxelloise de Saint-Jos, qui a envoyé la police, qui a pris un arrêté d'interdiction. Il a dit que c'était à la fois pour garantir la sécurité publique, et puis il a ajouté « l'extrême droite n'est pas la bienvenue ».
Est-ce que vous comprenez que parfois, pour des raisons de sécurité, ce genre de rassemblement soit annulé ?
Ce n'est pas pour des raisons de sécurité. Je veux dire, parmi les personnes qui ont été empêchées de s'exprimer, il y avait un chef d'État en exercice, et notamment le Premier ministre hongrois, Victor Orban, qui est Premier ministre de Hongrie, qui est par définition l'un des chefs d'État de l'Union européenne. Donc, il y a aujourd'hui, en France, comme dans beaucoup de pays d'Europe, une gauche sectaire, totalitaire, antidémocratique. Totalitaire ? Quand on empêche des responsables politiques, démocratiquement élus, en l'occurrence, un chef d'État, de s'exprimer, je trouve ça parfaitement inadmissible. Donc, moi, j'apporte évidemment mon total soutien à M.
Orban comme à l'ensemble des intervenants. Éric Zemmour a été empêché de s'exprimer. Je ne suis pas dans le même mouvement politique qu'Éric Zemmour, ça ne vous aura pas échappé. Il est candidat contre moi dans ces élections européennes, mais il doit pouvoir s'exprimer et il a le droit de pouvoir tenir meeting. Je vais vous dire, le sectarisme et la violence, nous, on ne fait que la subir. Et je pense aujourd'hui que ces comportements sectaires et groupusculaires d'une partie de la gauche nuisent au bon fonctionnement du débat démocratique. Et ces élections européennes, c'est aussi un combat pour la liberté d'expression et pour la démocratie.
Je précise d'ailleurs que le chef du gouvernement belge, Alexander De Croo, a jugé inacceptable la décision du maire de cette partie de Boulogne. Il a eu raison. Le Premier ministre britannique également a qualifié la décision d'extrêmement inquiétante pour la liberté d'expression. Donc, ce n'est effectivement pas une question de bord politique, mais une question de liberté d'expression. Alors, vous avez dit d'ailleurs que vous étiez adversaire. si on revient quand même sur les propos de Marion Maréchal, qui est donc la personne qui représente le mouvement d'Éric Zemmour dans ces européennes. Elle vous a lancé un appel hier. Je pense que tu entends, elle vous tutoie dans cette vidéo.
Je pense que tu entends, Jordan, sans cesse sur le terrain, sur les réseaux sociaux, nos électeurs respectifs nous appeler à ne pas nous taper dessus et à concentrer notre opposition et notre énergie contre nos adversaires communs, qui sont en particulier la gauche et les macronistes. Elle appelle à une forme d'union. Qu'est-ce que vous répondez ?
Moi, je pense que l'union fait la France. Qu'en plus de faire la force. Et je travaille précisément dans ces élections européennes au rassemblement de tous ceux qui veulent que la France reste encore la France. Marion Maréchal a fait le choix de quitter le Rassemblement national, d'aller chez Éric Zemmour et aujourd'hui de dire chez Éric Zemmour, en fait, il faut l'alliance avec le Rassemblement national. Donc moi, je veux bien. Mais je pense que le temps de la dispersion des voix, le temps des aventures personnelles, ce temps est derrière nous parce que nous menons précisément une course contre le temps. L'identité française est aujourd'hui attaquée, menacée, contestée constamment.
Et je pense que quand on est un électeur patriote aujourd'hui, on ne peut plus aller voter et disperser ses voix sur des listes qui font 5 ou 6 %. Et précisément, nous avons besoin, nous, au Rassemblement national, avec tous les amoureux de la France qui nous rejoignent, de constituer la dynamique la plus forte possible. Je ne lui demande pas de rejoindre parce qu'elle a quitté le Rassemblement national. Et il se trouve qu'elle a, sur sa liste, beaucoup de gens qui ont quitté le Rassemblement national, dont certains d'ailleurs ont été élus grâce au Rassemblement national, sont partis sans démissionner de leur mandat. Je dis une chose très simple.
Marion Maréchal, Éric Zemmour ou François-Xavier Bellamy ne sont pas des adversaires. Ce sont des concurrents qui se présentent à côté de moi dans le cadre de ces élections européennes. Mais je pense que le 9 juin prochain, la sanction infligée à Emmanuel Macron doit être la plus lourde possible.
Il y a une différence idéologique avec quelqu'un comme Marion Maréchal aujourd'hui ?
Je veux dire,
au-delà des histoires de partis,
de partis, pas partis. C'est elle qui est partie, donc il faut lui poser la question. Je pense que beaucoup d'électeurs d'Éric Zemmour, de l'élection présidentielle, ont vocation à travailler à nos côtés. En tout cas, moi, je leur tends la main. Je leur dis, vous êtes des amoureux de la France. La France est aujourd'hui en danger. Venez avec nous. Il y a toujours des différences de forme. Il peut toujours y avoir des différences sur le fond. Mais ce n'est pas le sujet. Il faudrait leur demander. Ils sont candidats aujourd'hui à la tête d'une liste qui est donnée entre 5 et 6 %. Je suis à la tête d'un mouvement qui est plus qu'un mouvement politique qui est donné à 32 %.
Par conséquent, je le dis, la sanction infligée à Emmanuel Macron le 9 juin d'une tête la plus lourde possible et j'aurais préféré qu'Éric Zemmour et Marion Maréchal plutôt que de dépenser leur énergie à vouloir faire 5 ou 6 % dans une élection européenne plutôt qu'ils aident les patriotes les mieux placés à l'emporter non seulement en 2024 mais aussi en 2027. Et les voix qui se porteront sur la liste d'Éric Zemmour et de Marion Maréchal seront des voix perdues. Et je peux vous dire qu'il n'y a qu'une seule personne qui attend avec impatience cette dispersion des voix et qui joue dessus. C'est Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, vous en faites vraiment un match et des élections demi-mandats. Les Français en ont fait un match. Vous l'avez d'ailleurs dit, vous dites si nous arrivons très largement en tête, nous espérons qu'Emmanuel Macron acceptera de dissoudre l'Assemblée. Pour vous, ça vaudrait élection quasi nationale.
Si je suis en tête des élections européennes le 9 juin prochain, je demanderai le soir même la dissolution de l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Parce que les élections européennes, c'est l'unique occasion, c'est la seule élection nationale de mi-mandat. Il y a des élections locales, les élections municipales dans deux ans. Mais c'est la seule élection nationale du quinquennat qui doit donc permettre aux Français de s'exprimer sur la politique du gouvernement, de faire entendre leur colère à Emmanuel Macron et par conséquent de désigner le mouvement politique qui sera chargé de préparer l'alternance.
quand on a 10 à 15 points d'écart, quand on est au pouvoir par rapport, ça ne s'est jamais vu, au premier parti d'opposition, il y a un problème non pas de légitimité mais il y a un problème de crédibilité pour la majorité présidentielle. Par conséquent, je pense, et c'est parfaitement sain, c'est prévu par nos institutions, que le président de la République n'aura pas d'autre solution que d'en revenir aux urnes.
Je voudrais qu'on parle de sécurité, je voudrais qu'on parle de l'économie, sécurité d'abord, l'ordre, l'ordre, l'ordre. C'est la promesse de Gabriel Attal, il sera demain en déplacement sur le terrain, vraisemblablement à Viry-Châtillon pour faire des annonces. Il a promis des mesures, je cite, extrêmement fortes en vue d'un sursaut de la société et d'un rétablissement de l'ordre, de l'ordre partout, dans la rue, dans les classes, dans les familles.
À 54 jours des élections européennes, tout le monde parle comme nous. C'est génial. Il faudrait qu'il y ait des élections plus souvent parce que Gabriel Attal depuis 2017 a fait l'exacte des postures de fermeté qu'il adopte à trois mois ou deux mois d'une élection européenne où le Rassemblement National est donné en tête.
Dès son discours de politique, il y a un mois. Pas du tout.
Oui, il y a un mois. Moi, je me souviens d'un Gabriel Attal quand il était ministre des Comptes Publics qui expliquait que jamais il ne laisserait faire le lien entre l'immigration, évidemment l'insécurité, et notamment le terrorisme. Il expliquait qu'il n'y avait pas de lien sur France Info, vos conférences de France Info, entre l'immigration et le terrorisme. Moi, je regarde les faits. Je regarde le bilan du gouvernement. L'année 2023 a été une année de tous les records en matière à la fois d'insécurité et d'immigration. En 2023, tous les indicateurs de délinquance et de criminalité sont en hausse. Et je le dis, et les Français le sentent bien tous les jours,
qu'il n'y a plus... C'est vraiment une conséquence immédiate de la question de l'immigration. Vous liez les deux de manière...
Évidemment. Je veux dire, il faudrait être dans le déni pour ne pas faire le lien aujourd'hui entre l'incapacité à maîtriser les flux migratoires et la montée de la violence sur notre territoire. On parlait tout à l'heure du Premier ministre hongrois. Vous baladez la rue dans Budapest quand vous êtes une femme le soir que vous sortez de soirée. Il n'y a pas d'immigration à Budapest. Il n'y a pas d'insécurité. Et il y a parfois, en une seule nuit, pas une seule agression ou fait de délinquance ou de criminalité qui est signalée au poste de police. C'est quand même
un pouvoir très autoritaire.
Je vous donne un exemple très simple sur l'immigration. 40% des vols de voitures sont le fait d'étrangers. 38% des cambriolages. 31% des vols violents sont le fait d'étrangers. Je ne dis pas de Français issus de l'immigration. Ce sont les chiffres du service statistique du ministère de l'Intérieur. 40% des infractions perpétrées dans les transports en commun sont le fait d'étrangers en provenance d'Afrique. Donc, ceux qui ne veulent plus faire le lien entre l'immigration et l'insécurité, je ne peux plus rien pour eux. Je dis une chose.
D'abord, il faut sortir de cette mécanique du déni qui vise systématiquement à expliquer qu'il n'y a pas d'augmentation de la violence depuis 15 ans dans notre société, que c'est toujours la faute de rixes qui ont mal tourné ou des difficultés sociales. Je pense que face à l'insécurité, il faut d'abord un état d'esprit. La fermeté, encore la fermeté, toujours la fermeté. C'est le projet de loi. Le projet de loi.
Je voudrais justement vous interroger. Allez-y, dites-nous ce que vous proposez. Je voudrais vous interroger aussi sur ce que propose précisément le ministère de la Justice.
Dissuader, sanctionner, responsabiliser. Comment on dissuader ? Dissuader par des peines beaucoup plus dures et par des peines beaucoup plus fermes. Je pense que l'atteinte à l'intégrité physique, vous avez vu tous les jours, ces faits dramatiques où les Français sont livrés à des prédateurs. On voit des vieilles dames sur leur lit d'hôpital qui sont violés, agressés par des clandestins sous le QTF.
Ça, c'est lundi. Ça, c'est lundi. Le mardi,
ce sont des scènes d'Eurasia à la foire du trône où des types qui se comportent en prédateurs arrivent dans la foire du trône, agressent, volent, pillent, lynchent des citoyens au sol. Quand ça n'est pas des viols, quand ça n'est pas des agressions, ce sont des émeutes en juillet dernier qui ont coûté près d'un million d'euros aux contribuables et qui restent précisément impunis par les services de l'État. Donc, je pense que l'atteinte
à l'intégrité physique, c'est-à -dire sur le constat, je crois que tristement, tout le monde est d'accord sur les chiffres que vous venez de donner, notamment de la délinquance et des homicides. Mais enfin, il y a quand même une réalité, c'est que précisément sur les émeutes, la justice s'est mise en ordre de marche. C'est-à -dire sur le moment, il y a eu un certain nombre de comparutions immédiates, il y a eu des peines qui ont été prononcées. Et depuis, le ministère de la Justice a donc commencé à révéler cette semaine le projet de loi, le contenu du projet de loi, je cite, relatif à la responsabilité parentale et à la réponse pénale en matière de délinquance des mineurs.
Et l'idée, c'est de renforcer les sanctions, à la fois sur les jeunes, mais aussi sur les parents. Il y a quand même... Ça, vous l'avez vu, vous l'avez regardé, je ne pouvais pas dire que c'est impuni.
Oui, vous avez vu ce qu'il y a dans le contenu de loi. Oui. On nous propose des stages de responsabilité pour les parents et des amendes. On demande aux parents de verser des amendes aux associations d'aide à l'enfance.
Jusqu'Ã 45 000 euros d'amende.
D'accord. Payez donc avec l'argent des allocations familiales. C'est donc la double peine pour les Français. Moi, je propose une mesure simple, ferme, efficace. La suspension des allocations familiales aux parents de mineurs délinquants voire aux parents de mineurs récidivistes. Parce qu'il n'y a aucune raison que des familles françaises qui font preuve de carences éducatives manifestes, qui sont totalement déresponsabilisées, puissent bénéficier des fruits de la solidarité nationale. Par conséquent, le Rassemblement national au pouvoir suspendra les allocations familiales aux parents de mineurs délinquants.
Deuxièmement, je pense que l'atteinte à l'intégrité physique, l'atteinte aux personnes, à la personne physique, doit retrouver un caractère sacré dans le droit français. Et je pense qu'il ne doit plus y avoir de possibilité d'aménager des peines pour des atteintes à l'intégrité physique. Vous vous emprenez à l'intégrité physique d'un citoyen ou d'une citoyenne française. Vous dormez en prison. Il faut que cette mesure et cette échelle des peines soient dissuasives. Or, aujourd'hui, la récidive vient du fait d'une part que les peines ne sont pas suffisamment dissuasives et deuxièmement qu'on multiplie systématiquement les alternatives à l'incarcération.
Plusieurs questions là -dessus. Ce que vous dites sur les allocations, vous dites d'abord de parents délinquants ou de parents récidivistes, vous avez dit les deux.
De... Evidemment, si vous...
Non, mais c'est dès le premier acte de délinquants.
Si vous voulez une sucette dans un restaurant, c'est dans un commerce.
Donc vous allez mettre quand même un seuil.
C'est pas pareil que si vous commettez un braquage ou que si vous participez au trafic de drogue.
Comment vous allez distinguer, Jordan Bardella, les parents démissionnaires, comme vous dites, et les parents débordés ? Vous l'avez évidemment vu, il y a un certain nombre de ces jeunes qui évoluaient dans des familles monoparentales. La plupart du temps, c'est quand même les mères. Les pères ont disparu dans la nature, ne payent rien, ne payent plus de pension. Elles se retrouvent toutes seules à devoir parfois faire tourner le foyer, à partir très tôt le matin pour aller bosser. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'en leur enlevant les allocs, ça va être génial ? Je vais vous dire.
Moi, j'ai grandi dans une cité HLM, à Saint-Denis, et j'ai grandi avec beaucoup de familles issues de l'immigration comme la mienne qui ne finissent pas délinquants. Et j'ai grandi aussi seul avec ma mère dans ce HLM. Et précisément, je suis convaincu, et j'ai toujours eu cette conviction, que ce n'est pas parce qu'on vient d'un quartier difficile, dans un contexte parfois monoparental, c'est vrai, qu'on finit délinquant, criminel, qu'on agresse, qu'on vole et qu'on se livre à des rasiats à la foire du trône ou qu'on agresse des grands-mères de 75 ans pour leur voler 20 euros après qu'elles aient été les retirées aux distributeurs.
Donc, cette excuse des difficultés sociales, de la pauvreté pour justifier la délinquance, je le refuse. Ce n'est pas tant pis. Je veux dire, on est responsable de ces enfants. Et quand des mineurs sont connus pour 5, 10, 15, 20, parfois 30 faits de délinquance, alors je pense qu'il faut taper au portefeuille et l'ensemble de ce bouclier judiciaire que nous souhaitons renforcer a vocation aussi à être dissuadif. Sur les mineurs, je crois également...
Plus l'excuse de minorité ? Non.
Je crois également... Aucune.
C'est-à -dire, en fait, un mineur qui a 14, 15, 16 ans, il sera jugé comme s'il avait été...
Je souhaite généraliser le principe des centres éducatifs fermés qui n'existent aujourd'hui qu'en nombre dérisoire. Il y a une cinquantaine de centres éducatifs fermés avec une dizaine de mineurs à l'intérieur. Je pense qu'il faut, dès le plus jeune âge, un peu sur le modèle des pays d'Europe du Nord, des peines très courtes et immédiates. Vous commettez... En Hollande, par exemple,
ce sont des peines de prison parfois de quelques jours, simplement. C'est l'inverse de la doctrine, j'explique bien pour que tous ceux qui nous écoutent comprennent. En France, on est parti du principe qu'une peine de prison de moins d'un an n'était en réalité pas appliquée. Donc, en fait, si vous prenez moins d'un an de prison, vous n'y allez pas. En Hollande, ils ont décidé exactement l'inverse, c'est-à -dire que dès les petites infractions, c'est 2-3 jours de prison, mais on y va tout de suite.
C'est exactement ça. C'est exactement ce que nous souhaitons mettre en œuvre en France. Ça marche en Hollande et ils ont des taux de récidive qui sont bien meilleurs que les taux français.
Qui sont bien moindres. Enfin, je voulais dire qu'ils sont meilleurs sur la lutte contre la récidive. Le taux de récidive
est moindre, évidemment, que les résultats français. Donc, un, dissuader avec des peines qui soient beaucoup plus dures, sans la possibilité d'aménagement de peines pour les atteintes à l'intégrité physique, premièrement. Deuxièmement, on sanctionne par le rétablissement des peines planchées et la généralisation des centres éducatifs fermés. Et enfin, on responsabilise par la suppression des allocations familiales aux parents minoritifs. Je vous repose la question parce que j'ai pas... Vous savez, se faire agresser, se faire traîner dans la rue, même si physiquement, vous êtes remis deux, trois jours après, c'est une blessure et un traumatisme psychologique qui restent à vie.
Or, aujourd'hui, beaucoup de victimes ont le sentiment que la justice est trop souvent du côté des délinquants et des criminels et pas assez du côté de ceux qui subissent l'insécurité. Je vous en prie.
Vous faites sauter l'excuse de minorité. Oui. Ça veut dire qu'il n'y a plus de différence entre la manière de juger...
Non, mais attendez. La peine, elle est individualisée. Donc, il y a toujours une différence. Encore une fois, vous avez 14 ans, vous volez une sucette au supermarché, c'est pas pareil que si vous en avez 16 et que vous en êtes à votre troisième interpellation pour une agression ou pour un harcèlement à l'école. Donc, il y a toujours une individualisation de la peine. Mais sur les grands principes que nous souhaitons instaurer dans le droit français, je vous l'ai dit, la fin, évidemment, des remises automatiques de peine, la fin des aménagements de peine pour les atteintes à l'intégrité physique, pareil, vous touchez à un policier, vous dormez en prison.
Je veux dire, il n'y a pas d'autre solution que les mesures privatives de liberté pour des atteintes aujourd'hui aux personnes qui sont en nombre considérable dans notre société, qui traduisent l'ensauvagement de la France. Et je vous rappelle également qu'il y a mille agressions par jour dans notre pays.
Vous disiez que vous aviez grandi dans un HLM. Est-ce que vous estimez qu'il faut revoir tous les deux, trois ans les critères et éventuellement faire sortir ceux qui ne toucheraient plus, qui ne conviendraient plus aux critères ?
Je pense que quand vous avez un casier judiciaire long comme le bras, vous ne devriez pas pouvoir bénéficier.
Donc pour vous, ce n'est même pas une question économique.
C'est une question de principe, madame. Le HLM, c'est quoi ?
Le HLM, c'est une aide sociale.
C'est une aide sociale qui est destinée à des familles françaises.
S'il y a un casier judiciaire, il n'y a plus de HLM.
Non, deux choses. Les HLM seront réservés d'une part aux familles françaises avec l'instauration de la priorité nationale. Et deuxièmement, si vous avez un casier judiciaire, vous ne pouvez pas bénéficier d'un HLM. Le HLM est une aide sociale. Vous n'avez aucune raison de bénéficier des fruits de la solidarité nationale et de la collectivité quand vous êtes un délinquant ou un criminel.
Quand vous dites famille française, c'est nationalité française ?
Bien sûr, nationalité française. Je suis extrêmement clair. Vous savez que nous souhaitons, dès notre arrive au pouvoir, organiser un référendum sur l'immigration pour instaurer dans la Constitution française tout le bouclier juridique, politique et administratif pour se protéger de l'immigration massive. Et je propose également, Marine Le Pen avec, avec, l'instauration de la priorité nationale au logement. Pour être extrêmement clair, les HLM seront données aux familles françaises, c'est-à -dire celles qui ont la carte d'identité française, évidemment, sans aucune autre distinction. Je vous rappelle qu'il y a 31% d'après l'INSEE des immigrés qui sont aujourd'hui en HLM.
Et on le sait, dans les logements sociaux, notamment dans les banlieues, sous le poids de décision politique d'une partie de la gauche, s'est instaurée une véritable préférence étrangère.
Jordan Bardella, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement national, tête de liste du Rassemblement national pour les...
Jordan Bardella