Gérard Collomb : "Les policiers resteront armés, il n’y a pas de problème"
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité aujourd'hui, c'est l'un des tout premiers à avoir cru en Emmanuel Macron. Il est numéro 2 du gouvernement, ministre d'État et ministre de l'Intérieur. Gérard Collomb vient de nous rejoindre dans un instant. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus sur Facebook Live ou sur Twitter. Vous connaissez le mot-clé ? Question Paul.
France Inter, Question Politique, Alibadou.
Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Ali.
Tout va bien ?
Oui, jusque-là.
Bonjour Françoise Fresseuse du journal Le Monde. Bonjour, ça va ? Très bien. Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine.
Bonjour.
Tout va bien ?
Oui, comme bonjour.
On va démarrer avec ce rapide tour de table traditionnel. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? On va commencer avec vous Nathalie.
Ce qui m'a marqué, c'est le tweet de Gérard Filoche. Alors pour expliquer aux auditeurs qui n'en auraient pas connaissance, c'est un tweet sur lequel on voit Emmanuel Macron qui est un brassard. Ça pourrait être un brassard SS, mais c'est un brassard avec un dollar. Derrière, il y a trois personnalités. Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali. Donc je précise que ce sont trois personnalités d'origine juive. Donc c'est un tweet clairement antisémite avec ce sale type, comme s'il y avait cette espèce de parti juif qui dominait le monde. Alors il se venait vaguement excusé. Mais je voudrais aller plus loin que ce tweet pour rappeler que ce n'est pas la première fois.
En 2014, quand Christophe Demargerie s'était tué dans un accident d'avion, qui était le PDG de Total, il avait fait un tweet toujours d'un excellent goût en le traitant de suceur de sang. Alors aujourd'hui se pose le problème de l'exclusion de Gérard Filoche du PS. Je ne me demande même pourquoi le problème ne s'est pas posé en 2014, parce que c'était quand même énorme dans un parti avec François Hollande au pouvoir, qu'on ne se soit pas demandé pourquoi M. Filoche était au bureau national dans les instances dirigeantes et qu'il était reconnu comme un leader socialiste.
Et puis alors là où les bras m'en sont tombés ce matin, c'est quand je lis, j'ai entendu sur France Info que François Calfon, un autre responsable du parti socialiste, dit qu'il est indéniable qu'au sein de la gauche, il y ait un courant de pensée antisémite.
Alors quand on admet des choses pareilles, qu'on ne l'a pas nettoyée, qu'on ne l'a pas, comment dire, pour pas employer des termes épouvantables, on n'a pas fait en sorte que ça n'existe plus, on se dit finalement que peut-être que Dominique Strauss-Kahn n'a pas entièrement tort quand il dit qu'il faut que le parti socialiste disparaisse pour créer de nouvelles bases, d'un nouveau fonds et qu'on n'ait pas des horreurs pareilles qui soient dites haut et clair.
Merci Nathalie. Françoise ?
Alors après la mort du parti socialiste, on va s'intéresser à la résurrection de La République En Marche et le malaise quand même qu'on a un peu éprouvé hier en regardant ce qui se passait à Lyon. Souvenez-vous il y a un an ce qu'étaient les marcheurs, c'était le dynamisme de la société civile, c'était la délicieuse contestation de l'ordre établi, su aux vieux partis, su aux vieilles pratiques, à quelle exactation, à l'époque c'était un pour tous et tous pour un et au bout du compte il en est resté un Emmanuel Macron, quelques autres féministes par Emmanuel Macron et puis aussi 300 députés qui ont été élus à la faveur de la vague macroniste.
Mais les autres marcheurs, tous les autres, se sont sentis tout d'un coup inutiles, abandonnés et dépressifs. Et lorsqu'au bout de six mois il est apparu vital, urgent de les ranimer, eh bien on assistait à la démonstration du pur centralisme démocratique, un délégué national qui était choisi par le chef, qui a été acclamé à main levée, sans véritable concurrent, un délégué général qui dit être là par devoir alors qu'il rêve d'être ministre.
Alors évidemment on éprouve quand même un grand malaise, on se dit est-ce qu'il y a une coupure terrible entre Macron et la société civile et c'est sur les frêles épaules de Christophe Castaner que repose justement la réponse à cette interrogation, est-ce que Macron c'est un pouvoir solitaire ou est-ce que c'est une vraie transformation de la société française ?
Très bonne question, on les posera à Gérard Coulon dans un instant. Karine ?
Moi je voudrais revenir sur la réapparition dans la vie politique de Jean-Louis Borloo, ça remonte à lundi seulement, au moment où une centaine de maires lancent un appel, on a parlé de l'appel de Grigny, pour que le président Macron se penche un peu plus sur ce qui se passe dans les quartiers. Et qui réussit donc à prendre la tête en quelque sorte de cet appel, et bien c'est donc notre ami Jean-Louis Borloo. Alors ancien ministre de la ville, c'est vrai, bon connaisseur du sujet, c'est vrai aussi avec un bilan, celui de la rénovation urbaine.
Le souci tout de même, c'est que tout cela date d'une quinzaine d'années, que tous les problèmes n'ont pas été réglés, et que malgré tout on décide de reprendre les mêmes en quelque sorte. En fait ce qui est vraiment embêtant je trouve dans cette histoire, c'est qu'Emmanuel Macron montre là, en acceptant le tandem que lui propose, ou que lui a plus ou moins imposé Jean-Louis Borloo, et bien ce que ça montre c'est qu'Emmanuel Macron n'a pas encore vraiment réfléchi au sujet, qu'il n'a pas vraiment d'idées neuves pour une vraie politique de la ville, et surtout qu'il n'a personne finalement pour prendre à bras le corps ces questions qui semblent aujourd'hui véritablement essentielles.
La question de la politique de la ville, ce sera le sujet du débat à 13h15, débat dans le grand face-à-face de France Inter. Et pour lui, quel est le fait marquant de la semaine ? On va le demander à notre invité, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui va venir nous rejoindre en studio. Bonjour Monsieur le Ministre, et bienvenue, installez-vous dans ce studio 221 de la maison de la radio. On va vous poser beaucoup de questions évidemment, de nombreuses choses dont on va parler, mais qu'est-ce qui vous a d'abord marqué cette semaine ?
Ce qui m'a marqué, c'est lundi dernier, le 13 novembre. Vous voyez, lorsque l'on voit à la télévision, évidemment, ce qui s'est passé, on en a une image horrible, mais distanciée. Puis là, j'ai fait le parcours et j'ai rencontré les gens qui ont vécu cela. J'ai vu les familles en larmes, j'ai vu les commerçants qui avaient essayé de porter secours aux victimes. Vous voyez, un commerçant me raconterait, moi j'ai enlevé ma ceinture, j'ai déchiré mon pantalon, ma chemise pour faire des garrots improvisés. Là, vous vous dites vraiment, oui, c'était l'horreur absolue.
Donc ça marque beaucoup, et évidemment, nous sommes toujours dans une période où on peut redouter qu'un attentat ait lieu, et donc on repense à ces images-là.
Quand vous avez vécu ces moments très forts aux côtés de ces personnes que vous avez rencontrées, vous vous êtes dit, bon, il y a une grandeur qui s'est manifestée à ce moment-là, le 13 novembre, ou est-ce que c'est la peur, l'inquiétude qui dominait ?
Non, je crois que, si vous voulez, il y avait effectivement de la grandeur, c'est-à-dire que les gens, à ce moment-là, se sont transcendés. Vous voyez, la police n'était encore pas sur les lieux, et eux ont pris les choses en main directement. Donc souvent, on dit que notre société est une société d'égoïsme, et vous aviez les gens, là, non pas qui se réfugiaient chez eux, mais qui sortaient dans la rue pour aller porter secours aux victimes. Donc là, vous vous dites, c'est bien, quand même. Il y a encore du ressort chez les femmes et les hommes de notre pays.
Avant d'entrer dans le vif de l'interview, Gérard Collomb, le zapping politique, semaine politique riche en jeu de jambes, c'est signé, bien sûr, Laurence Perron.
Ouh là là, il s'est peut-être passé quelque chose. Ça y est, elle a semblé bouger au terme de six mois d'hémiplégie. Les spécialistes en Macronie, les exégètes présidentielles, ont cru voir bouger la jambe gauche d'Emmanuel Macron. Cela s'est produit en début de semaine à Clichy-sous-Bois, à Roubaix, à Tourcoing.
Les chocs des transitions économiques, de la mondialisation qui a fracassé profondément certains territoires, et que nous n'avons pas su relever ces défis en reconstruisant de manière rapide un véritable avenir pour les habitants des territoires qui avaient été alors fracassés. On voit des autoroutes, des hangars, des marchés, de grandes enseignes.
Faut qu'il coûte les demandeurs d'enfants. J'ai une personne handicapée, est-ce qu'il peut venir là ? Parce que depuis cinq ans, je n'ai pas été augmenté.
Je voudrais aussi tordre le cou à une idée qui, en ce moment, fait fureur. Je ne sais pas ce que ça veut dire, moi, avoir une politique pour les riches. Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté,
si le monde était caché.
Alors oui, le président s'est commis physiquement en bisous, serrage de main, ping-pong, verbo dans la foule. Il y a eu le discours fleuve où il est revenu. Sur les emplois francs, le testing, la police de sécurité du quotidien, Jean-Louis Borloo à la rescousse. Mais dès le mercredi à l'Assemblée nationale, la gauche accuse le stratège virtuose. En communication, le patron des socialistes Olivier Faure.
C'est-à-dire qu'on voit bien ce que fait Emmanuel Macron. À chaque fois qu'il a le sentiment que les plateaux de la Valence ne sont pas équilibrés, il donne des signaux. Et il appelle à une nouvelle marche, gestation, dont on sait très bien qu'il a surtout pour objet de faire gagner du temps. Pour les pauvres, pour les banlieues, pour le logement, c'est toujours demain. Pour les riches, c'est toujours tout de suite. C'est un peu ça, Emmanuel Macron. Et donc, ça fait longtemps que je sais qu'il a une jambe gauche. C'est une jambe de bois. Et une jambe de bois comme le sont les chèques en bois.
Oh, merci, mon petit chouchou. Voyons, je vous jure. Et maintenant, avec le pied de droite, avec le pied de gauche, et maintenant, l'anglo-français marche futile. Et voilà !
Lui n'a pas de jambe de bois, mais les adducteurs très, très souples.
Christophe Castaner assume, ministre des Relations avec le Parlement et patron du parti du Président. Ça, c'est finger in the nose.
Il m'est arrivé, comme porte-parole du gouvernement, de pouvoir mettre des petits coups de griffe à tel ou tel représentant de telle ou telle structure politique qui compose le personnel politique. Et j'ai plutôt bien assumé aussi dans la relation de franchise et de confiance avec les présidents de groupe sans grande difficulté. Donc, ne négligez pas cela.
Et voici venir l'homme qui, s'il le pouvait, revendiquerait deux jambes droites pour ne pas venir à prendre toute la droite, Laurent Wauquiez, en réunion publique. C'était jeudi à Strasbourg.
Nous, à la différence d'En Marche, ce n'est pas le parti des Playmobil. Voilà un parti qui prétendait renouveler la vie politique et qui en offre la pire caricature, avec un président de parti qui s'accroche encore à son poste ministériel de peur de s'éloigner des ors de la République. Un pays qui croyait au respect ? Ça marche, les portables, non ? Moi, j'aime bien qu'il y ait un peu de respect. Non, je plaisante, ne vous inquiétez pas. Merci, Laurence Perron. Une réaction, Gérard Collomb, au zapping ?
Lorsque je regarde, par exemple, la séquence sur la politique de la ville, je me dis que cela doit faire partie de notre ADN. Vous voyez, moi, je suis l'ancien président d'une métropole qui comptait à la fois des villes comme Vaud-en-Velin, des quartiers en difficulté, comme la Duchère, comme le 8e arrondissement. Et petit à petit, on peut effectivement faire en sorte que la ville se recompose. Et à mon avis, le grand défi que l'on a, par exemple, dans l'île de France, c'est qu'on n'a pas recomposé la ville de manière globale. Et donc, il y a une juxtaposition à la fois des villes riches et des villes peaux.
Donc, à mon avis, il faut avoir une démarche globale pour recomposer, remettre de la mixité sociale, faire en sorte que tout le monde ne vive pas séparé, côte à côte, parce qu'un jour, on peut avoir face à face.
Lyon, comme modèle, on y reviendra. Avant d'avoir votre portrait par Karine Becker, c'était hier soir un policier à Sarcelles qui a tué trois personnes avec son arme de service avant de se suicider. Les circonstances restent encore assez confuses. Est-ce que vous avez plus d'informations, Gérard Collomb ?
C'était quelqu'un qui allait se séparer de son épouse. Et donc, il ne l'a pas supporté. Il l'a tué. Il l'a blessé, en tout cas. Ensuite, il est allé tuer ses voisins. Il est allé chez ses beaux-parents pour pouvoir les tuer. Voilà. C'est quelqu'un qui, à un moment donné, déraille totalement. Et puis, comme il est armé, évidemment, il peut tirer. C'est le drame de la police.
Mais justement, vous dites, comme il est armé, il peut tirer. Il faut savoir que les policiers, aujourd'hui, depuis les attentats de novembre 2015, peuvent avoir leur arme de service avec eux, en dehors de leur moment de travail. Est-ce que, du coup, vous souhaitez maintenir cette mesure-là ? Est-ce qu'il faut revenir dessus ? Est-ce qu'il faut les limiter ? Est-ce qu'il faut mettre des verrous pour que ce genre de drame ne se reproduise plus ?
Vous savez, vous êtes face à des contradictions. Par exemple, on m'a demandé, dans les transports en commun, l'île de France, où les policiers, donc, peuvent circuler et où ils peuvent protéger avec leur arme s'il se passe quelque chose, de maintenir. Et donc, par exemple, la présidente de la région m'a dit, moi, j'offre même la gratuité parce que, eux, je sais qu'ils pourront protéger. Donc, vous êtes chaque fois dans des contradictions qu'il faut évidemment savoir gérer. Cela demande beaucoup d'attention des cadres dirigeants de la police à tous les niveaux.
Et dans le JDD de ce matin, le directeur général de la police nationale disait combien, effectivement, l'action psychologique était importante et combien le management des fonctionnaires devait être quelque chose de très fort.
Conclusion, vous n'avez pas totalement répondu à Karine, parce qu'à un moment, il faut trancher, il faut savoir. Non, mais ils resteront armés, il n'y a pas de problème. Françoise Fresseuse.
Depuis le début de l'année, je crois qu'il y a eu 47 policiers suicidés, 16 gendarmes. Quelle est votre réponse à cette épidémie ?
C'est un peu la même problématique, d'une certaine manière, que celle qu'on abordait. C'est-à-dire que vous pouvez connaître des phases de dépression aiguë. Tout le monde en connaît. Et dans la police, la problématique, c'est que vous avez une arme sur vous. Et donc, par exemple, moi, j'ai regardé individuellement quels étaient les cas la semaine dernière, puisque la semaine dernière, il y a eu un nombre de policiers et de gendarmes tout à fait impressionnant qui, effectivement, ont mis fin à leur jour. L'une avait un cancer en phase terminale, donc s'est suicidée. Une autre venait de perdre son épouse et donc s'est suicidée aussi. Vous voyez, c'est là toute la difficulté.
En plus, lorsque vous êtes policier, vous êtes confronté à la face la plus noire de la société, très souvent. Et donc, évidemment que c'est quelque chose de stressant. D'où l'attention qu'on doit avoir pour chaque fois entourer les femmes et les hommes dont vous êtes responsables. Essayez de deviner le moment où, effectivement, ils sont à bout. Et donc, pouvoir faire en sorte que vous preniez en compte les difficultés qu'ils peuvent ressentir. Nathalie Saint-Cricq.
Juste pour préciser ce que disait François, ce qu'il parle d'épidémie. Qu'est-ce qui fait que maintenant, ça se passe plus ? Est-ce qu'il y a du surmenage ? C'est-à-dire qu'ils sont confrontés à des tâches ? Est-ce qu'ils travaillent plus ? On entend quelquefois qu'il y a un week-end de récupération toutes les six semaines. Ou est-ce que c'est parce que la société d'une nature plus violente, avec une angoisse ou une pathologie qui est spécifique à leur façon de travailler aujourd'hui ?
Alors d'abord, il est vrai que la société est devenue plus violente. Tu dirais, en l'espace de 25 ans, il est clair qu'il y a plus de violence dans un certain nombre de villes, par exemple. On sait bien qu'il y a des villes dans lesquelles il est extrêmement difficile de travailler. Parce que le niveau de violence est fort. Moi, je regarde le profil d'un certain nombre de villes où, par exemple, les trafics de stupéfiants sont extraordinairement importants, avec des règlements de compte qui se font à la Kalachnikov. Donc quand vous travaillez dans des villes comme ça, évidemment que c'est extrêmement compliqué. Alors après, il est clair qu'il faut prendre en compte tout ceci.
Et nous le faisons. Aujourd'hui, il y a eu un certain nombre de mises en place, de nouveaux cycles de travail pour les policiers. Par exemple, la vacation forte dans les grandes villes qui leur permet d'avoir un week-end sur deux plutôt qu'un week-end sur six. Donc tout cela est effectivement à travailler.
Donc vous reconnaissez qu'il y a un malaise policier quand même ? Parce qu'en fait, c'est ça qu'on perçoit. Si je prolonge la question de Nathalie Saint-Cric, c'est ça qu'il y a un malaise quand même dans cette profession.
Il faut essayer de regarder sur une période longue. En général, enfin je veux dire, au cours des dernières années, on a eu environ chaque année 45 policiers qui mettaient fin à leurs jours par an. Donc on retrouve, aujourd'hui on est plutôt dans une période haute, puisqu'on a atteint cette année à peu près ce chiffre. Mais évidemment, il peut y avoir des épisodes forts. On avait vu il y a cinq ou six ans le même phénomène. Puis ensuite, il y avait eu plutôt d'ailleurs une chute au moment d'ailleurs de la tension des événements. Comme quoi, quand on est dépassé par des événements d'une ampleur qui touche l'ensemble de la société, bon voilà, les problèmes personnels passent après.
Et donc on a peut-être moins les problèmes psychologiques qu'on peut avoir dans une période plus calme, si on peut dire. Mais aujourd'hui, il y a un mal-être, malaise dans la police ? Il y a un malaise, je ne dirai pas cela. Moi, je me déplace beaucoup. Je suis allé voir des policiers, des gendarmes au cours des dernières semaines, un peu partout dans la France. Non, moi j'ai vu des gens plutôt impliqués dans leur travail. Et si vous voulez, ils me parlaient plutôt de ce que nous allions faire ensemble. On a parlé ensemble de la police de sécurité du quotidien.
On a parlé réforme de la procédure pénale, qui est pour eux quelque chose de très important, parce que très souvent, ils vous disent, ben voilà, moi j'étais venu pour faire de la police sur le terrain, et puis je me retrouve à remplir des formulaires dans mon bureau. Donc ce n'est pas cela que je veux. Et pour la première fois, nous allons travailler ensemble, entre le ministère de l'Intérieur et la ministre de la Justice. À mon avis, ça fait longtemps que cela ne s'était pas produit.
On va y venir et vous allez nous raconter ça, mais d'abord votre portrait signé, Karine Bécard.
Gérard Collomb, vous êtes aujourd'hui, cela a été dit, ministre de l'Intérieur. Vous êtes même dans l'ordre protocolaire, donc le deuxième membre le plus important du gouvernement, juste derrière le Premier ministre, Edouard Philippe. Mais il n'empêche ce qui vous a beaucoup animé, Gérard Collomb, ces 40 dernières années, et ce à quoi vous restez largement identifié, c'est la ville de Lyon. Votre vrai combat, puisqu'avant d'en devenir maire, vous échouez trois fois. Votre plus belle œuvre aussi, pour avoir si bien réussi à la réaménager, autrement dit à la métamorphoser. Résultat, vous ne résistez jamais à l'envie d'en parler, au besoin de vous y référer.
Maintenant, ce qui est assez amusant, c'est d'observer que vous avez dirigé cette mairie pendant 16 ans, avec une majorité, pas seulement socialiste, mais bien plus élargie. Et que vous avez toujours été, tourné, Gérard Collomb, vers les entreprises et leur patron en vrai libéral assumé, vous, le fils d'ouvrier syndicaliste à la CGT. En somme, vous avez fait du Macron, bien avant de savoir qu'il ferait un jour de la politique et qu'il pourrait devenir, qui sait, président de la République.
Voilà pourquoi, quand il est enfin apparu, vous faites partie des rares à y avoir tout de suite cru et vous lui avez donné absolument tout ce que vous pouviez, vos réseaux économiques, vos réseaux francs-maçons, vos réseaux politiques, vous l'ancien Strauss-Kagnens, ce qui explique que vous soyez devenu ministre, ministre de l'intérieur. Même si votre nomination a suscité au départ pas mal d'interrogations, vous n'apparaissiez pas, du fait de votre âge, 70 ans, du fait de votre phrasée, un peu lent, comme assez dynamique, pour faire face évidemment à la menace terroriste. Peut-être. Mais vous avez aussi été considéré comme l'un des maires les plus sécuritaires.
La preuve, décidément, sénateur Collomb, qu'avant Paris, vous vous êtes fait à Lyon.
Un commentaire, Gérard Collomb ?
Oui, évidemment, je me suis fait dans la réalité, mais c'est aussi ce qui fait sans doute que je la connais bien, parce qu'il y a beaucoup de gens qui vous parlent de la France sans la connaître. Vous voyez, ce n'est pas simplement Lyon, c'est des villes comme Vénitieux, comme Vau-en-Velin, comme Bron, comme Rieux, etc. La réalité de la France dont on parlait, celle des quartiers défavorisés, je la connais bien. Je vous rappelle que, par exemple, c'est de Vénitieux, de Vau-en-Velin, qui étaient partis des grandes révoltes urbaines. Aujourd'hui, on en entend moins parler, sans doute, parce qu'on a un peu changé la ville. Donc, il faut donner des réponses de sécurité.
Moi, j'ai toujours pensé que la sécurité était la première des libertés. Quelquefois, ça m'a valu un peu des difficultés médiatiques. Mais je pense que c'est vrai. Politique. Mais si quelqu'un ne peut plus sortir de chez soi le soir parce qu'il a peur. Si une entreprise qui veut venir chez vous, se dit, oulala, mais dans cette ville, il n'y a pas finalement de paix sociale. C'est quelque chose d'extrêmement compliqué. Ils ne viennent pas. Donc, c'est la base de tout. Mais alors après, il faut faire en sorte que vous assuriez la sécurité, mais si possible, qu'on ne le sente plus.
Et donc, que vous ayez une société qui apparaisse apaisée à celles et ceux qui ne sont pas chargés des problèmes de sécurité.
Maire de Lyon, sénateur, vous n'avez jamais voulu devenir ministre. Qu'est-ce qui vous a convaincu ce coup-ci ?
Si vous voulez, avec Emmanuel Macron, on a une relation, comme vous l'avez indiqué, particulière. C'est vrai que moi, je pensais, on avait assez bien réussi au niveau local, au niveau de l'agglomération. On était devenu dynamique d'un point de vue économique. On est maintenant la septième ville européenne en termes d'attractivité économique. On avait réussi, d'un point de vue social, à recomposer la ville, à faire de la mixité. Vous voyez, dans le quartier de la Confluence, qui est un très beau quartier, il y a 30% de logements sociaux. Et donc, on ne le sent pas. Environnementalement parlant, écologiquement parlant, on avait fait les berges du Rhône, on avait fait les rives de la Saône.
Je me disais que ce modèle-là, on pouvait le transposer au niveau national. Et donc, voilà, lorsque Emmanuel Macron m'a dit, est-ce que tu accepterais de prendre ces responsabilités, croyez-moi, pour moi, c'est un moment de déchirement de partir de Lyon. Mais en même temps, j'ai dit, je ne peux pas refuser, parce que les problèmes de sécurité, le problème du ministère de l'Intérieur, plus ensuite les problèmes des collectivités locales, me semblaient tout à fait déterminants. Françoise Fresseuse.
On est en période de remaniement, vous voulez rester ministre de l'Intérieur, vous avez envie de changer, qu'est-ce que vous voulez faire ?
Moi, ça me va très bien, le ministère de l'Intérieur.
Vous ne voulez pas retourner à Lyon, parce que c'est ça la question, finalement.
Non, non, pour le moment, c'est fait. Je suis au ministère de l'Intérieur, c'est formidable, la place Beauvau.
C'est plus exaltant que la ville de Lyon ou pas ? Parce qu'il y a des fois, ça paraît ambiguë quand on vous écoute bien.
Si vous voulez, la place Beauvau, c'est un devoir à remplir, c'est-à-dire que vous êtes à la fois sur les problèmes de sécurité, mais en même temps, vous êtes sur les problèmes de l'aménagement du territoire. Et moi, ça m'intéresse de pouvoir réduire la fracture entre les quartiers, mais aussi entre les zones urbaines et les zones rurales. Je vous rappelle que lorsqu'on a fait la métropole de Lyon, on a en même temps donné 72 millions d'euros aux territoires ruraux à côté. Ça peut être un exemple. Quand on parle de fracture entre les zones urbaines et les zones rurales, voilà, je pense qu'on peut avancer de cette façon. Et moi, comme ministre de l'Intérieur, j'avance comme cela.
Vous voyez, on a des réunions de préfets très souvent, tous les mois. Et donc, je donne un certain nombre de consignes pour essayer de faire en sorte qu'un certain nombre des territoires qui, aujourd'hui, désespèrent, puissent reprendre confiance et repartent de l'avant. Moi, je pense qu'aucun territoire n'est aujourd'hui dans une situation telle qu'il ne puisse repartir de l'avant.
Il n'y a plus de territoire perdu de la République, pour employer une expression ?
Je ne pense pas. Je pense que cela demande un effort, une contractualisation entre à la fois le gouvernement et puis en même temps les collectivités locales. Et donc, c'est ce que nous essayons de faire. Quand Emmanuel Macron avait dit, par exemple, on veut faire un pacte girondin, je pense qu'effectivement, c'est le travail commun des collectivités locales et de l'État que nous devons essayer de porter.
Oui, mais qu'est-ce que vous a appris, par exemple, le procès Mera, qui s'est terminé, je ne sais plus, il y a une dizaine de jours ou une quinzaine de jours ? On découvre quand même que là, il existe dans certains quartiers...
Bien sûr. Si vous voulez, je crois que ça a été la grande, je veux dire, la stupeur qui a frappé le pays lors des attentats du 13 novembre. C'est que personne ne pensait qu'il y avait un certain nombre de personnes qui pouvaient être attirées par l'idéologie de Daesh et son monde de terrorisme, de violence et de haine. Puis on a vu tout d'un coup que cela existait et qu'il y avait effectivement la capacité de pouvoir animer depuis les territoires irako-syriens un certain nombre d'attentats. Et la menace aujourd'hui a un peu changé, c'est-à-dire qu'elle n'est plus télécommandée de l'étranger, mais qu'elle peut exister, et je la vois tous les jours sur le territoire.
Cela veut dire qu'effectivement, il faut mener à la fois une bataille culturelle, mais en même temps une bataille sociale. Lorsque dans les quartiers, par exemple, on dédouble les classes, lorsqu'on essaye de faire en sorte qu'on crée des emplois, c'est aussi le changement, je dirais, de tout ce qui peut faire le terreau sur lequel s'en assigne un certain fondamentalisme, la volonté pour quelques personnes fragiles de passer à l'acte que l'on va supprimer.
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, ministre d'État est notre invité. Ministre de l'Intérieur et ministre des Cultes également à la question de la laïcité, c'est le chapitre que nous allons ouvrir. Françoise Presseuse, Nathalie Saint-Cricq d'abord.
Gérard Collomb, il y a eu une phrase d'Emmanuel Macron cette semaine, laissant entendre que la République s'était désengagée d'un certain nombre de territoires, dit perdu, et qu'en gros il y avait une responsabilité de la France, notre responsabilité, et que finalement il n'y avait non pas une explication de la montée de la radicalité ou du terrorisme.
Quelque chose qu'Emmanuel Macron avait déjà fait devant les Gracques pendant la campagne électorale, qui avait mis Emmanuel Valls dans tous ses États, en disant, ben non, on n'a pas à s'excuser, et d'ailleurs disant, un certain nombre de terroristes, c'est des gens qui viennent de la classe moyenne, qui sont allés à l'école, qui ont eu un certain nombre de facilités, donc ce n'est pas la France qui n'a pas fait son travail. Est-ce qu'il y a véritablement quelque chose à expliquer, à excuser de la part de la France qui serait trop désengagée ? Et qui expliquerait la montée de la radicalisation ?
Alors si vous voulez, ce que je viens d'essayer de dire, c'est qu'il y a deux problématiques différentes. Vous devez avoir à la fois un combat culturel, parce que vous avez un islam qui aujourd'hui est un islam dérivant, qui veut nous ramener vers le Moyen-Âge, qui est totalement régressif, qui est porteur de violence et de haine, et cet islam-là, il faut le combattre totalement. Mais en même temps, on ne peut pas dire que tout le monde musulman est sur cette ligne. Et donc il faut faire attention, lorsque l'on parle de l'islam, de distinguer ce qui est l'islamisme porteur de haine et de violence, de ce qui est musulman. Et quelquefois, le pas peut être un peu vite franchi.
Et moi, je ne ferai jamais en sorte que l'on franchisse cette ligne. Vous voyez, pour moi, la meilleure définition de la laïcité, c'est celle que donnait Aristide Briand lorsqu'il présentait son rapport sur la loi de 1905 devant l'Assemblée nationale. Il disait, cette liberté, cette loi est une loi de liberté, liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de pratiquer son culte, pourvu, ajoutait-il, qu'il ne soit pas contraire à l'ordre public. Manuel Valls, c'est dans l'erreur ?
Alors, Manuel Valls, ça fait une laïcité de combat, ça veut dire qu'il n'a rien compris, qu'il est trop offensif ? Ou alors, ça veut dire que vous êtes un peu naïf ?
Je ne veux pas, si vous voulez, me situer par rapport aux gens, je vais essayer de définir une ligne, la ligne que je vous indique. Vous savez, il y a une phrase de Renan qui disait, la nation est un plébiscite de tous les jours. Ben oui, il faut gagner tous les jours ce plébiscite, cela passe par les mesures économiques, cela passe par les mesures urbanistiques, cela passe par les mesures sociales, cela passe par les mesures culturelles, il faut se battre sur tous les terrains. Françoise Fresseuse.
Vous citiez la loi de 1905, est-ce que vous pensez qu'il faut corriger cette loi avec l'analyse que finalement, pour financer le culte musulman, il faut passer par une nouvelle loi, et que toute la bataille qu'il y a eu sous la loi de 1905, ce n'est pas de la même nature, puisque là, le problème qui est posé, c'est celui de la place de la religion musulmane.
Je pense, si vous voulez, qu'il faut aborder avec un certain pragmatisme ce problème-là, parce qu'autrement, on va retomber sur des combats idéologiques qui, à mon avis, vont être totalement stériles. Oui, il convient aujourd'hui de faire en sorte que les musulmans puissent avoir des lieux de prière. En même temps, il faut être totalement dans l'apaisement. Vous me parliez tout à l'heure de ce que j'ai pu dire à un moment donné sur les prières de rue. À l'Assemblée nationale, aux questions au gouvernement, quand vous répondiez à Gilbert Collard à propos des prières de rue. Voilà. Puisqu'il y avait, à un moment donné, il y a eu ces prières de rue. À Clichy-la-Garenne, notamment.
Pour moi, on ne doit pas prier dans la rue. Mais en même temps, il faut avoir des lieux de culte qui soient effectivement ouverts. Et puis, il y avait donc un tract qui avait circulé où on accusait, donc, qu'il devait être distribué, disait-on, par les musulmans, qui était un tract antisémite. Et on s'est aperçu, lorsqu'on a fait une enquête, que c'était quelqu'un qui, justement, voulait discréditer les musulmans qui avait distribué ce tract. Donc, vous voyez, la réalité est une réalité extrêmement complexe. Moi, je veux toujours essayer de réunir, d'apaiser la société. Je vois toujours, vous savez, qu'il est facile de pouvoir mettre du sel sur les plaies. Ça, c'est extrêmement facile.
Ce qui est plus compliqué, c'est justement de pouvoir rassembler. Et moi, j'essaierai toujours, comme ministre de l'Intérieur, de rassembler. Ce qui veut dire, attendez sur la loi,
je n'ai pas eu ma réponse. Ça veut dire que vous n'êtes pas tellement disposé à réouvrir.
Il faut qu'on regarde un certain nombre de phénomènes, voir, par exemple, comment on peut avoir des imams français qui sont imprégnés de ces valeurs de laïcité, qui sont imprégnés de cette histoire de la France, parce que la France, c'est une histoire particulière. Vous savez que l'université de Strasbourg le fait, qu'en Belgique, il y a maintenant un centre de formation des imams. Nous-mêmes, alors je m'excuse de citer encore une fois ma ville, mais l'université Lyon 2, avec la faculté catholique, donne un certain nombre de cours qui, à la fois, font une lecture, on va dire, laïque de ce qu'est le monde musulman, mais en même temps, s'inspirent des valeurs de la République.
Je dis la loi de 1905, ne toucher qu'avec une extrême précaution.
À propos de celles sur les plaies, juste une petite réponse, M. Collomb, il y a une polémique entre Charlie Hebdo, notamment Ries, l'éditorialiste, Edouard Plemel et Mediapart. Est-ce que vous considérez que Charlie Hebdo, avec ses deux unes récentes, celles notamment sur Tarek Ramadan et celles sur Edouard Plemel, est-ce que Charlie Hebdo met du sel sur les plaies ? Ou est-ce qu'ils font... Ils sont exactement dans leur boulot de caricaturiste et de liberté d'expression ?
Si vous voulez, je vois que dans ces deux partenaires qui s'affrontent, je veux dire, il y a quand même beaucoup de violences personnelles et que, bon, il faut essayer de retrouver la raison par rapport à tout ça. Si on hystérise tous les débats, alors notre société s'hystérisera dans son ensemble. Charlie Hebdo est fondé à faire ce genre de choses, c'est son boulot. Je suis plutôt quelqu'un qui essaye d'apaiser les choses. Chacun est dans son rôle. Qu'il y ait des gens qui soient des caricaturistes, c'est leur job de faire ça. Mais si vous voulez, mon rôle, moi, est différent, c'est d'essayer de réunir. Donc je n'entrerai pas dans les querelles des uns et des autres.
En plein soutien à Charlie Hebdo, quelles que soient les unes. Comment ? Vous êtes en plein soutien parce qu'il y a eu un certain nombre de campagnes, de tweets menaçant Charlie Hebdo du genre, ils l'ont bien cherché la dernière fois. Non, mais ça,
c'est pas possible, si vous voulez. L'expression est effectivement choquée. Moi, je ne suis pas de ceux qui veulent verrouiller la presse. Mais par contre, essayer de dire que la vérité de Charlie Hebdo n'est pas forcément la vérité en soi, oui, ça, on peut le dire de l'autre côté. Vous vouliez créer une instance
de dialogue, on n'en entend plus du tout parler. Si, si.
Nous voulons, moi, je l'avais fait à Lyon, une instance de dialogue entre les différentes religions de manière à essayer d'apaiser les choses. Je pense que c'est important qu'on puisse avoir effectivement cette instance de manière à ce que lorsqu'il y a des événements qui sont des événements violents, on puisse effectivement apaiser.
Et l'observatoire de la laïcité ne suffit pas ?
Je pense que l'engagement, si vous voulez, du ministre de l'Intérieur pour dire qu'on reconnaît la société dans toutes ses composantes est quelque chose d'important. Françoise Fresslose.
Vous venez de les rendre la gauche, est-ce que vous estimez comme Manuel Valls qu'il y a chez certains une dérive islamo-gauchiste, c'est-à-dire que la gauche peut avoir des complaisances pour les musulmans qui ont été radicalisés ?
Gérard Collomb. Il est clair que ce que vous avez montré tout à l'heure sur le tract de Gérard Filoche est totalement inacceptable. Donc, quand on en arrive là, évidemment, qu'il y a une dérive qui est certaine. Mais cela fait longtemps qu'il y avait cette dérive sur tous les sujets, d'ailleurs, parce que certains papiers qu'il avait fait sur quelques chefs d'entreprise étaient quand même tout à fait odieux. Et donc, le PS se grandirait à ne pas avoir des gens qui sont dans la caricature de la société et qui peuvent devenir haineux à un moment donné. Donc, il doit être exclu du PS ? Ah ben, si vous voulez, moi aussi, je suis parti du PS à un moment donné.
C'est parce que je pensais qu'il y avait des gens qui n'avaient rien à voir avec ce que moi, je pensais. Vous êtes aujourd'hui à La République En Marche.
Françoise Fresseuse ?
Oui, excusez-moi. Une dernière question sur Clichy-la-Garenne où normalement il y a encore des prières de rue qui sont prévues vendredi prochain. Est-ce que vous allez faire intervenir les CRS ?
Il n'y aura pas de prières de rue. Nous empêcherons les prières de rue mais par contre, j'ai déjà entrepris par l'intermédiaire du préfet un dialogue avec le maire de Clichy-la-Garenne. Il faut que les musulmans puissent avoir un lieu de culte pour pouvoir prier. Tous les vendredis, vous mettez des CRS pour rassurer l'absence. On fera en sorte que l'on résolve dans les prochaines semaines ce conflit.
Alors, on en parlait tout à l'heure, La République En Marche s'est choisi un chef. Je ne sais pas si le mot convient. Un délégué général après un suspense terrible ça vous fait sourire Gérard Collomb. C'est Christophe Castaner vote à main levée doigt sur la couture du pantalon. Parti fantôme titre le JDD aujourd'hui. C'est vrai ? Oui, non mais...
Oui !
Si vous voulez. Il faut comprendre ce qu'est La République En Marche. Un parti fantôme ? Non, ce n'est pas un parti fantôme parce qu'il a des vrais adhérents. Je vous rappelle qu'au départ pendant la campagne, on parlait de bulles déjà pour La République En Marche. Mais évidemment, comme c'est quelque chose d'un peu différent des autres partis, ça surprend toujours. Parce que c'est un mouvement qui est en même temps un mouvement qui doit être de réflexion et donc à mon avis il faut qu'ils puissent retrouver le débat avec un certain nombre d'intellectuels ce que ne faisait plus aujourd'hui le parti socialiste et d'ailleurs de manière générale les partis traditionnels.
Il faut en même temps qu'ils soient à l'écoute et même pas simplement à l'écoute mais dans l'action avec la société civile c'est-à-dire accueillir les innovateurs économiques, les innovateurs sociaux, les innovateurs associatifs pour porter le changement de la société. Parce que la société elle ne change pas uniquement par le haut par les lois mais aussi en un an
c'est devenu un parti de l'ancien monde la République en marche. Non c'est pas
le parti de l'ancien monde. Moi j'avais connu à un moment donné la meilleure période du parti socialiste ça a été dans les années 1974 lorsqu'il avait accueilli effectivement beaucoup de gens qui étaient engagés dans le monde syndical dans les associations partout et que c'était un parti du mouvement et après c'est des partis qui se sont bureaucratisés donc j'espère qu'on ne se bureaucratisera pas parce qu'évidemment ça serait quelque chose de tout à fait catastrophique il faut que ça soit à nouveau le parti du mouvement. Nathalie Saint-Clic sans risquer
de se bureaucratiser vous vous avez connu le cirque ou la corrida du parti socialiste et de ses congrès vous n'avez pas aimé maintenant est-ce qu'on a pas plutôt basculé du côté du communitaire en marche c'est-à-dire qu'il y a un chef on n'a pas l'impression le centre à l'église il y avait quatre lices vous voyez et le vote militaire c'est pas moi qui l'ai inventé je l'ai entendu dans vos rangs forcément proches non est-ce qu'il ne pourrait pas y avoir un minimum de démocratie non pas des courants parce que ça ça fait pleurer tout le monde vous le premier mais simplement qu'il y ait un peu que mille fleurs s'épanouissent qu'il y ait des gens qui ne soient pas tous d'accord que ce soit un vivier c'est ce que vous voulez or là on a eu l'impression à Lyon que c'était quand même le summum du truc pyramidal avec le chef désigné par Emmanuel Macron tout le monde enfin je veux dire un peu Corée du Nord j'exagère est-ce que non ?
Gérard Collomb
attention il ne faut pas glisser dans la caricature comme je vous le disais tout à l'heure non d'accord si vous voulez il est clair qu'il fallait quelqu'un qui soit d'abord parmi les historiques d'une certaine manière avec Castaner les historiques ça n'a rien dans les historiques il y a 10 mois il y a 10 mois parce que le mouvement il a fait en l'espace d'un an ce que les autres mettent 30 ans à faire moi je me souviens lorsque on a commencé avec Emmanuel Macron on était quoi une petite dizaine et puis tout d'un coup c'est devenu un grand mouvement il y a eu des milliers de personnes puis des dizaines de milliers puis des centaines de milliers donc il y a une croissance absolue et moi je suis persuadé que demain ce mouvement va être un beau mouvement il faut y faire venir toutes celles et tous ceux qui veulent changer notre société que ça soit dans les villes que ça soit dans le monde rural donc aujourd'hui ça ne va pas il va y avoir ce que vous en parlez au futur c'est que ça ne va pas aujourd'hui il va y avoir il y a eu un moment où forcément celles et ceux qui étaient les animateurs des comités en marche sont devenus députés donc il y a eu une espèce de vide et aujourd'hui la désignation du délégué général avec Castaner c'est pour effectivement redonner un sens à ce moment et lui redonner une dynamique le problème quand même avec Christophe Castaner
j'étais hier à Lyon une des toutes premières choses qu'il a dit dans son discours c'est quand même qu'il n'en rêvait pas de ce poste qu'il n'en avait pas trop envie donc est-ce que vous avez vraiment le sentiment d'avoir mis la bonne personne au bon endroit ?
je crois qu'il en avait envie c'est ce qu'il a fait pendant toute la campagne c'était un de ceux sans doute qui ont animé le plus de meetings donc oui
il a dit que ça ne le faisait pas rêver mais comme ça il s'est trompé
vous savez c'est un réaliste c'est un réaliste Castaner donc il rêve dans l'action et il est dans l'action en rêvant je n'ai pas très bien compris ce que ça voulait dire on pourra philosopher pendant longtemps François Prestozo j'ai fait pour
alors depuis 6 mois le gouvernement est en marche on dit qu'il fait les réformes mais il y a aussi cette accusation d'être un gouvernement un peu hors sol il y a un gouvernement un peu technocratique est-ce que Macron doit redéfinir philosophiquement ce qu'est sa pensée et son mouvement
je pense si vous voulez qu'il faut l'expliciter sans doute plus fortement quelle est finalement la ligne directrice c'est le constat qu'en l'espace d'une dizaine d'années la France a vécu une chute économique terrible et donc que cette chute économique terrible a entraîné des drames sociaux lorsqu'on a 3 500 000 chômeurs c'est parce que les pans entiers de notre industrie se sont effondrés donc toute la pensée que moi je développe depuis longtemps et c'est pour ça qu'avec Emmanuel Macron on s'est retrouvé c'est qu'effectivement il faut reconstruire une économie de toutes les mesures que nous prenons pour en même temps faire en sorte que le chômage diminue que l'emploi se recrée que l'on soit dans les nouvelles technologies celles qui vont faire le monde demain et il nous semble qu'il n'y a aucune fatalité à ce que par exemple l'Allemagne ait 270 milliards d'excédents commerciaux quand nous quand il y a une toute petite reprise on est tout d'un coup avec un déficit commercial qui s'envole 41 milliards cette année mais du coup
on a le sentiment là justement quand on vous entend parler que le macronisme ça se résume à des réformes essentiellement économiques un peu fiscales économiques
sociales environnementales
ouais mais du coup quand on se retrouve face à des sujets compliqués comme le logement comme la politique de la ville on sent que les sujets ne sont pas mûris encore de la part du président
pour moi le logement c'est quelque chose je dirais d'assez simple il faut faire confiance aux acteurs du privé puis ensuite faire en sorte qu'il y ait un partenariat entre le public et le privé voyez si vous voulez faire une société qui soit celle de la mixité sociale je pense que dans un programme que vous bâtissez il faut toujours que vous ayez un quart environ de logements sociaux et trois quarts de logements privés ou intermédiaires de manière à mixer la société je pense que c'est des questions effectivement qu'il nous faut traiter mais la loi sur le logement comme vous le savez n'a pas encore été donc publiée même en conseil des ministres examinés je pense qu'elle doit être mûrie de manière à pouvoir faire en sorte qu'évidemment on puisse construire du logement moi je me souviens qu'est-ce qui a été un des premiers drames du quinquennat passé ça a été un certain nombre de lois bureaucratiques qui avaient été prises et qui ont effondré la construction de logements donc c'est vrai que c'est un sujet sensible et il faut y prêter une extrême attention c'est un sentiment
qu'Emmanuel Macron est arrivé un peu vite à l'Elysée et que ce sont des sujets sur lesquels il n'a pas eu le temps de réfléchir sur lesquels sa pensée n'est pas mûrie je peux vous dire
qu'on en a beaucoup parlé ensemble parce que moi c'est un des sujets qui me tient à coeur je crois qu'on doit être une des villes où on construit le plus à la fois justement dans ce partenariat public-privé et croyez-moi ça donne des beaux ensembles ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent cette ville dont il est question
c'est la ville de Lyon je raconte
d'après mon expérience et ça s'est pas mal passé donc il faut toujours partir de ses racines et moi si j'ai une plus-value à apporter au président c'est pas de lui dire la théorie la théorie il l'a lu dans les livres c'est de dire comment ça se passe dans la pratique et quand vous prenez telle mesure quelles conséquences cela peut avoir dans la réalité parce que moi je vois très très bien le lien qui peut exister entre un texte de loi qui peut sembler abstrait et puis le retour dans la vie concrète et quotidienne des gens Le ministre de l'Intérieur
Gérard Collomb est notre invité
Question politique sur France Inter
Question de Françoise Fresseuse
Vous êtes ministre de la carte électorale aussi et là il y a des débuts de consultation sur les élections européennes de 2019 est-ce que vous êtes favorable à titre personnel à une liste nationale qui permettrait un débat national sur l'Europe ?
Donc le président va consulter je crois l'ensemble des chefs de parti dans les prochains jours donc il va pouvoir discuter avec eux de cette problématique moi je crois qu'en tout cas le sujet mérite un débat qui soit clair et où effectivement on puisse donner les positions de chacun sur l'Europe parce que c'est un de nos grands sujets ce qu'a dit le président de la république à la Sorbonne c'est un très beau discours qui a eu un écho à l'étranger absolument formidable pourquoi ?
Parce qu'on voit que l'Europe aujourd'hui est en train de s'affaisser s'affaisser sur le plan économique par rapport aux Etats-Unis mais par rapport à la Chine qui est en train de monter sur le plan technologique de manière absolument extraordinaire s'affaisser dans les conflits on voit bien que dans les conflits du Proche-Orient on voit peser la Russie on voit peser la Turquie on voit peser l'Iran on voit peser l'Arabie Saoudite et s'il n'y avait pas la France elle serait où l'Europe ? Donc il faut réformer la France pour ensuite porter une Europe qui soit à nouveau dynamique centrée sur ses valeurs
pour faire un droit de suite sur ma camarade Françoise ça veut dire que vous considérez qu'il faut modifier le mode de scrutin ?
Si vous me demandez à titre personnel mais ce n'est pas moi qui tranche moi je suis plutôt pour un scrutin européen au niveau national de manière à ce que les enjeux soient clairs mais c'est ma position personnelle
Et de conversation éventuellement avec le chef de l'Etat vous avez l'impression qu'il penche pour quelque chose ?
Je ne sais pas il va consulter les chefs de parti et prendra une décision après Nathalie Saint-Cric
vous êtes satisfaite de la réponse ? Bien sûr
Evidemment
vous avez dîné avec Alain Juppé très récemment Alain Juppé qui a fait des offres d'alliance je ne sais pas comment appeler ça avec La République En Marche en vue justement des élections européennes de 2019 quelle forme ça pourrait prendre ?
Non il n'a pas fait des offres d'alliance il a dit simplement que le débat européen était quelque chose de crucial et donc on ne pouvait pas et lui ne pouvait pas personnellement soutenir des positions qui seraient anti-européennes parce qu'il pense aussi que c'est là que se joue l'avenir de la France c'est dans la construction d'une autre Europe une Europe qui innove une Europe qui protége Mais alors quelle traduction politique ?
Traduction politique si vous me demandez comment je traduis je ne vais pas vous dire après ce qu'il y a dans la tête d'Alain Juppé moi j'ai toujours pensé que sur les grandes questions politiques et en particulier sur le plan de l'Europe la différence et la rupture ne passait pas entre les partis traditionnels mais à l'intérieur de ces partis et donc pouvoir constituer un rassemblement des gens qui pensent à peu près la même chose et sur l'Europe et sur les grandes lignes politiques de la politique qu'il faut mener en France ça me semble quelque chose de fondamental si l'on veut effectivement que notre pays puisse à nouveau aller de l'avant
si on vous entend bien on sent que la recomposition politique n'est pas aboutie est-ce que vous à titre personnel vous souhaitez l'émergence d'un parti de centre droit modéré européen sur le flanc droit de la république en marche
je ne sais pas sous quelle forme cela peut prendre aujourd'hui par exemple on voit bien qu'hier à Lyon il y avait à la fois François Bayrou et puis en marche le fait que François Bayrou soit venu ici était important je pense effectivement qu'il doit y avoir un grand rassemblement central après quelle forme prendra-t-il je ne pense pas qu'il puisse y avoir quelque chose de monolithique peut-être une forme de fédération qui pourrait permettre de rassembler celles et ceux dans leurs différences dans leurs nuances d'appréciation qui ont quand même un tronc commun intellectuel et une vision politique semblable pour la France et donc Alain Juppé
pourrait rentrer dans ce tronc commun parce qu'il dit aujourd'hui qu'il est en mouvement est-ce que vous avez le sentiment vous qui avez des dîners avec lui jeudi qu'il est à deux doigts de marcher
moi je n'en sais rien c'est à lui de répondre mais moi en tout cas ça ne me gênerait pas de pouvoir travailler avec quelqu'un comme Alain Juppé aujourd'hui parce que Alain Juppé est quelqu'un vous voyez vous riez un peu de mon attachement à ma ville mais qui a été transformé par sa ville Juppé a construit sa ville mais sa ville a construit Juppé parce qu'à mon avis il a beaucoup évolué dans sa façon d'appréhender la société lorsqu'il est devenu maire de Bordeaux et qu'il a été au contact des réalités et je pense que pour lui ça a été un ressourcement on se dit quand même qu'il s'est passé
quelque chose en France pour qu'un ancien socialiste et un membre des républicains puissent se rapprocher et dire aussi clairement du bien par exemple qu'un ancien socialiste dise du bien d'Alain Juppé c'est vraiment qu'il y a eu quelque chose qui s'est passé en France
mais si vous voulez c'est parce que la société évolue que vous n'êtes plus dans les problématiques d'il y a 25 ans il faut regarder la France telle qu'elle est aujourd'hui avec ses défis dans un monde globalisé avec les révolutions technologiques qui s'enchaînent et justement le problème des partis traditionnels c'est que très souvent ils pensent la France mais aussi le débat politique comme il y a 25 ou 30 ans moi je pense qu'on est entré dans une nouvelle époque Justement
on a compris l'hommage aux grands-mères enfin aux grands-mères en deux mots genre Bordeaux et Lyon mais non pas aux grands-mères je voulais préciser encore une fois la question de Françoise est-ce que vous trouvez pas un peu dangereux que l'opposition à la République en marche soit depuis quelques mois soit la France insoumise soit Marine Le Pen est-ce qu'il ne serait pas sain même si vous considérez que les vieux partis ont du plomb dans l'aile et le méritent bien qu'il y ait une force d'opposition classique plutôt que d'avoir l'impérialisme de la République en marche l'impérialisme c'est peut-être un peu fort c'est comme la Corée du Nord plutôt que d'avoir la République en marche et puis des fragments de partis est-ce que ça serait pas bien pour vous pour le pays et pour la suite d'avoir une opposition démocratique réfléchie et non pas que vous soyez surdominant enfin pas vous spécialement la République en marche
Gérard Collomb si vous voulez quand vous êtes déjà vous le disiez tout à l'heure il faut déjà faire vivre le parti majoritaire si ensuite il faut aussi s'occuper de faire vivre les partis d'opposition mais non cela devient un travail un peu compliqué on peut se demander ce que veut Edouard Philippe mais par contre qu'à l'intérieur de l'opposition il y ait des gens qui disent nous la ligne ultra-droitière de Laurent Wauquiez ça ne nous convient pas ça je trouverais plutôt bien qu'il y ait des gens comme ceux-là qui fassent vivre effectivement et qui fassent un parti
éventuellement Edouard Philippe n'est pas comme Renaud Le Maire il n'a pas pris sa carte
il y a des tas de gens à mon avis qui ne pensent pas qu'il faut droitiser les républicains qu'ils le disent qu'ils l'affirment et qu'on a un dialogue démocratique moi je suis pour je pense que c'est dans la différence de pensée qu'on construit une démocratie donc allons-y que ceux-là prennent leur part
de responsabilité vous allez engager une grande réforme de la police nationale Gérard Collomb avec une réforme de la procédure pénale vous nous en parliez tout à l'heure est-ce que les contrôles d'identité les récépissés l'idée des récépissés est définitivement abandonnée
alors le récépissé si vous voulez l'idée était peut-être bonne c'était totalement inapplicable ce que l'on va faire c'est faire en sorte d'abord de numériser digitaliser l'action c'est-à-dire que nous sommes en train à la fin de l'année il y aura 24 000 tablettes qui seront distribuées à la police nationale il y a déjà beaucoup dans la gendarmerie et cela permet quand vous contrôlez quelqu'un de regarder tout de suite s'il est fiché quelque part FSPRT plutôt que de le retenir pendant 20 minutes vous avez tout de suite cela vous pourrez voir aussi dans l'avenir s'il a déjà été contrôlé 5 fois dans la même journée donc ça permettra de détendre un peu l'atmosphère ensuite nous allons équiper nos policiers de caméras qui permettront
on appelle les caméras piétons
voilà c'est ça qui permettront de voir si effectivement il y a eu des violences dans une interpellation ce qui à mon avis apaisera les relations entre police et population parce que là les faits seront objectifs il nous reste quelques secondes Karine Becker
j'en profite on n'a pas posé la question Christophe Castaner il doit rester ou pas au gouvernement et aux relations avec le parlement
si vous voulez sur le problème par exemple du porte-parole ça me semble difficile sur la suite par contre dans la phase actuelle on est en plein débat parlementaire il ne peut pas partir demain matin mais ensuite que le président de la république et le premier ministre et lui-même fassent le point et puis ils décideront ensemble et le ministre de l'intérieur et le ministre de l'intérieur à ce moment là dira que c'est formidable c'est sympa
c'est comme ça que ça marche c'est comme ça que ça marche merci infiniment Gérard Coulomb d'avoir été notre invité aujourd'hui merci à toutes les trois questions politiques c'est fini je vous donne rendez-vous dimanche prochain
Gérard Collomb