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InterviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre (sur Podcast)· 17 septembre 2024 19 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesBudget & impôts

Face aux experts du mardi 17 septembre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Je voudrais commencer avec cette actualité, alors qui est un peu partout en une de la presse, je vous montre d'ailleurs Libération, pour commencer, Ursula, j'ai un copain à recaser, titre Libération, qui se fait la voix d'Emmanuel Macron, dans cette une, faisant allusion à Stéphane Séjourné.

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Alors Thierry Breton a quitté sa fonction de commissaire, Stéphane Séjourné est poussé par la France, il est recasé par Emmanuel Macron ?

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Est-ce que Stéphane Séjourné, il est au niveau de la tâche ?

  • 2:05RelanceRéponse directe

    Comment vous analysez, vous, ce qui s'est passé précisément ?

  • 2:47RelanceRéponse directe

    Ça tient aux hommes ? Vous ne croyez pas que c'est ce qui affaiblit la position de la France ? C'est plutôt la situation des finances publiques ?

  • 3:11OuverteRéponse directe

    Est-ce que selon vous, Maude Bréjon, cette histoire révèle aussi une partie de l'image du couple franco-allemand, dont on sait à quel point il est aujourd'hui plus faible aujourd'hui qu'il l'a été il y a encore 2-3 ans ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23PrésentateurFait
    « Alors Thierry Breton a quitté sa fonction de commissaire, Stéphane Séjourné est poussé par la France, il est recasé par Emmanuel Macron ? »
  • 0:28InvitéFait
    « Stéphane Séjourné a été président du groupe Renew au Parlement européen, dont il a fait un groupe pivot important au sein de ce Parlement, il a été au Quai d'Orsay, il a un engagement de longue date sur la question, il est je crois extrêmement reconnu pour ça. »
  • 0:52InvitéFait
    « On ne recasse pas un copain, on permet à quelqu'un, qui encore une fois connaît très bien le sujet, de faire peser les intérêts de la France à l'échelle européenne. »
  • 3:11Invité politiqueFait
    « Est-ce que selon vous, Maude Bréjon, cette histoire révèle aussi une partie de l'image du couple franco-allemand, dont on sait à quel point il est aujourd'hui plus faible aujourd'hui qu'il l'a été il y a encore 2-3 ans ? »
  • 3:25Invité politiqueFait
    « parce que vous avez une coalition en Allemagne qui est quand même essoufflée et qui suit défaite sur défaite sur le plan électoral, parce que vous avez eu la dissolution en France avec un gouvernement extrêmement compliqué à fabriquer, on le voit encore aujourd'hui, et qu'effectivement, économiquement et financièrement, les deux pays ne sont pas au mieux de leur forme ? »
  • 6:30PrésentateurFait
    « le bureau de l'Assemblée nationale va examiner une proposition de destitution du président de la République à l'initiative de la France insoumise, soutenue au bureau par le Parti Socialiste, qui a expliqué qu'il ne voterait pas ensuite en commission. »
  • 6:50InvitéFait
    « Non, il n'y a pas de risque de destitution, parce qu'il n'y aura pas suffisamment de députés et de sénateurs, je pense, qui seraient favorables à une telle procédure. »
  • 7:38InvitéFait
    « Je suis président de la République, d'abord, il est élu pour cinq ans. Et la moindre des choses serait de respecter, encore une fois, les institutions et l'élection présidentielle. »
  • 7:52InvitéFait
    « ils n'ont pas gagné les élections, ils n'ont pas de majorité absolue, et la majorité relative qu'ils forment serait de toute façon censurée, un tel gouvernement serait censuré dans la foulée. »
  • 13:15PrésentateurChiffre
    « 5,6% du déficit en fin de l'année si nous ne faisons rien. Bruxelles qui nous tire l'oreille et qui nous demande d'agir immédiatement. 3 000 milliards de dettes. »
  • 13:21PrésentateurChiffre
    « 25 milliards à trouver, assez rapide. »
  • 14:14InvitéFait
    « M. Barnier dit qu'il ne s'interdit pas davantage de justice fiscale. »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 210 %
  • Invité 36 %
  • Maud Bregeon4 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 8h28, bonjour Maud Bréjon, bienvenue sur ce plateau, vous êtes député ensemble, élu dans les Hauts-de-Seine, vous allez répondre aux questions de nos experts. Je voudrais commencer avec cette actualité, alors qui est un peu partout en une de la presse, je vous montre d'ailleurs Libération, pour commencer, Ursula, j'ai un copain à recaser, titre Libération, qui se fait la voix d'Emmanuel Macron, dans cette une, faisant allusion à Stéphane Séjourné. Alors Thierry Breton a quitté sa fonction de commissaire, Stéphane Séjourné est poussé par la France, il est recasé par Emmanuel Macron ?

0:28
Invité

Prêtez-moi de rebondir sur une de Libération que je trouve assez peu respectueuse du parcours et de l'engagement de Stéphane Séjourné, on peut avoir des désaccords de fond sur les positions de chacun, Stéphane Séjourné a été président du groupe Renew au Parlement européen, dont il a fait un groupe pivot important au sein de ce Parlement, il a été au Quai d'Orsay, il a un engagement de longue date sur la question, il est je crois extrêmement reconnu pour ça. Donc on ne recasse pas un copain, on permet à quelqu'un, qui encore une fois connaît très bien le sujet, de faire peser les intérêts de la France à l'échelle européenne.

1:03
Présentateur

Il y a une forme de consensus depuis hier, l'annonce du départ de Thierry Breton, pour saluer le départ de Thierry Breton, expliquer à quel point il avait un poids très important au niveau européen, et en gros dire que passer derrière lui, ce n'est pas mission impossible, mais presque. Est-ce que Stéphane Séjourné, il est au niveau de la tâche ?

1:19
Invité

Je pense qu'il est largement au niveau de la tâche. Encore une fois, je peux redire son parcours, mais son parcours parle pour lui et Stéphane Séjourné fera un très bon travail au poste qui sera le sien et Thierry Breton en a fait un également. Il ne s'agit pas d'opposer l'un au l'autre, quel est l'enjeu ? L'enjeu, c'est d'avoir une voix française la plus entendue possible au Parlement européen. Et dans cette optique-là, avoir quelqu'un qui est proche du chef de l'État, qui a le parcours qui est le sien, comme Stéphane Séjourné, je crois que ça sert nos intérêts à tous.

Mais ce n'était pas le plan, ce n'était pas ce qui était prévu, c'est-à-dire que Thierry Breton devait repartir à la Commission européenne. Comment vous comprenez ce qui s'est passé ? Lui, il dit qu'il a été évincé par Ursula von der Leyen et qu'il a été évincé. Pourquoi ? Parce qu'il lui a tenu tête au moins à deux fois, même à trois reprises récemment. Comment vous analysez, vous, ce qui s'est passé précisément ? Il y a eu de toute évidence des désaccords. Il a fallu trouver, je pense, le meilleur système pour que travaillent en bonne entente le commissaire, le président de la République... Donc il fallait sacrifier Thierry Breton. Il ne s'agit pas de sacrifier les uns et les autres.

Il s'agit de créer des conditions pour permettre à la France de peser de tout son poids. Et le président de la République a estimé de toute évidence que Stéphane Séjourné était l'homme de la situation. Pas parce que c'est un ami à lui, mais parce que c'est quelqu'un qui a démontré, encore une fois, dans son rôle de président du groupe Renuou, dans le travail mené au sein du Quai d'Orsay, qu'il était en capacité de mener cette mission-là. Ça tient aux hommes ? Vous ne croyez pas que c'est ce qui affaiblit la position de la France ? C'est plutôt la situation des finances publiques ?

On peut également discuter de la situation des finances publiques, mais je crois que dans des rôles aussi clés que celui dont on parle, la question de l'homme, des hommes, joue également dans leurs compétences, dans leurs qualités intrinsèques. Je pense que ce n'est pas complètement secondaire.

3:11
Maud Bregeon

Est-ce que selon vous, Maude Bréjon, cette histoire révèle aussi une partie de l'image du couple franco-allemand, dont on sait à quel point il est aujourd'hui plus faible aujourd'hui qu'il l'a été il y a encore 2-3 ans, parce que vous avez une coalition en Allemagne qui est quand même essoufflée et qui suit défaite sur défaite sur le plan électoral, parce que vous avez eu la dissolution en France avec un gouvernement extrêmement compliqué à fabriquer, on le voit encore aujourd'hui, et qu'effectivement, économiquement et financièrement, les deux pays ne sont pas au mieux de leur forme ?

Est-ce que Ursula von der Leyen à Bruxelles, et à la fin de ses journées, probablement s'il est confirmé par le Parlement, est-ce que ça n'illustre pas quand même la grande difficulté de la France et de l'Allemagne, précisément, à inspirer l'action des Européens ?

3:57
Invité

Je crois qu'il y a un paradoxe, qui est que d'un côté, on a infiniment besoin que ce couple franco-allemand fonctionne et fonctionne bien, c'est dans ce sens-là qu'a toujours poussé le Président de la République, et Stéphane séjourné avec lui, parce que c'est, je dirais, la locomotive de l'Union Européenne, et en même temps, et c'est ce qu'a fait Thierry Breton, et c'est ce qu'il faudra qu'on arrive à continuer à faire, on a besoin parfois d'assumer des bras de fer avec l'Allemagne. Un des exemples qui, moi, me parle beaucoup, c'est la question du nucléaire.

Sur ce sujet-là, nous avons assumé un bras de fer, peut-être de façon un peu tardive, mais nous l'avons fait, sur les sujets, notamment, de taxonomie, on ne va pas rentrer dans le détail, mais on voit le financement des sources d'énergie en fonction de leur vertu. Et il y en aura d'autres sur la question du financement des futurs EPR. Il faut qu'on arrive à tenir tête à l'Allemagne lorsque c'est nécessaire.

4:50
Présentateur

Mais alors, justement, dans ce contexte, et pour rebondir sur ce que vous nous dites à l'instant, Mme Réjean, je vous déclore sur ce sujet en vous montrant à nouveau la presse ce matin, parce qu'elle se fait écho d'un certain feeling, pardon, de sentiment. affaiblie, la France affaiblie, titre les échos, et l'opinion clashe avec Breton la France fragilisée. Pourquoi est-ce que toute la presse depuis hier dit que la France sort amoindrie, fragilisée du départ de Thierry Breton ?

5:16
Invité

D'abord, ça allait un peu vite en besogne, si je peux me permettre, puisque Stéphane Séjourné n'a même pas pris ses fonctions. Et par ailleurs, je le redis, je trouve que c'est un petit peu méprisant par rapport au parcours, encore une fois, qui est le sien.

5:27
Présentateur

Au-delà du choix de M. Séjourné, ça pourrait être le départ de Thierry Breton, qui fragilise la France. En quoi ce serait... Je vous pose la question.

5:34
Invité

Je ne sais pas en quoi ça fragiliserait la France. Parce que précisément, M. Breton a été un très grand commissaire européen, qui a tranché des dossiers de souveraineté décisifs, comme par exemple le Digital Market Act, enfin il en a été l'architecte, il a poussé, pour le nucléaire précisément, enfin c'est une personnalité européenne, qui pouvait rivaliser d'ailleurs, avec le statut d'Ursula von der Leyen, ce qui ne sera peut-être pas le cas, c'est ce que veulent dire nos confrères, du nouveau commissaire français. Mais qu'est-ce qu'il vous plaît ? C'est une hypothèse. Non, non, mais je vous la soumets.

Je trouve qu'il y a quelque chose d'un peu méprisant dans le titre de ces différentes unes. Encore une fois, moi j'ai pleinement confiance en Stéphane Séjourné, je pense qu'il a un parcours qui est extrêmement solide, ce qui n'enlève rien au travail, qui a été réalisé par Thierry Breton, mais opposer l'un à l'autre, tel que c'est fait ce matin, me semble un peu hors de propos.

6:28
Présentateur

Madame Réjean, tout à l'heure, là dans une demi-heure, le bureau de l'Assemblée nationale va examiner une proposition de destitution du président de la République à l'initiative de la France insoumise, soutenue au bureau par le Parti Socialiste, qui a expliqué qu'il ne voterait pas ensuite en commission. C'est un peu technique, mais c'est important de le préciser, le PS dit en gros, oui, mais non. Donc on accompagne nos partenaires politiques, mais on ne veut pas faire tomber le président de la République. Est-ce que selon vous, déjà pour être très simple, il y a un risque de destitution ?

6:54
Invité

Non, il n'y a pas de risque de destitution, parce qu'il n'y aura pas suffisamment de députés et de sénateurs, je pense, qui seraient favorables à une telle procédure. Mais ça en dit long, si vous voulez, sur le rapport qu'a la France insoumise aujourd'hui, d'une part à nos institutions, et d'autre part à la politique en général. On présente une procédure dont on sait très bien qu'elle ne va pas aboutir, avec pour unique but de créer du buzz et d'alimenter cette petite musique autour du président de la République.

7:26
Présentateur

Mais pardon, mais la France insoumise justifie cette demande, Mme Bréjean, en disant que c'est le président lui-même qui n'a pas respecté la démocratie, en ne choisissant pas le Premier ministre, enfin, la Première ministre dans les rangs du parti, de la coalition qui a le plus de voix.

7:38
Invité

Je suis président de la République, d'abord, il est élu pour cinq ans. Et la moindre des choses serait de respecter, encore une fois, les institutions et l'élection présidentielle. Ensuite, contrairement à ce que proclame la France insoumise et le nouveau Front populaire, ils n'ont pas gagné les élections, ils n'ont pas de majorité absolue, et la majorité relative qu'ils forment serait de toute façon censurée, un tel gouvernement serait censuré dans la foulée. Moi, je ne suis pas étonnée du positionnement de la France insoumise, parce qu'au fond, on est habitué à des outrances permanentes et à cette façon tentative d'alimenter le chaos.

Je suis, en revanche, beaucoup plus déçue, si je puis dire, du positionnement des socialistes. Aujourd'hui, le Parti socialiste, Olivier Faure, est soumis aux insoumis, et soumis à Jean-Luc Mélenchon. Ça a été un grand parti, le Parti socialiste. Ça a été un parti de gouvernement. Il y a eu un président de la République, socialiste ? Il y a eu François Mitterrand. C'est un parti qui, je pense, vaut mieux que ça. Et moi, je continue à espérer qu'on arrivera, demain, autour du gouvernement que formerait Michel Barnier, à avoir des personnes qui viennent de la droite, mais aussi des personnes qui viennent de la social-démocratie. Et je vais vous dire, je pense que les Français attendent ça.

Je pense qu'on est nombreux... Vous avez des noms de personnes qui acceptent de venir... Moi, je ne forme pas le gouvernement, vous voyez. Non, je sais bien que vous ne le formez pas. Mais on a regardé, des questions ont été posées à un certain nombre de responsables ou d'anciens responsables socialistes ou issus plus largement des rangs sociodémocrates. Personne ne veut venir dans ce gouvernement. Je crois qu'on a la responsabilité de se mettre autour de la table. Faire de la politique, c'est être utile aux gens, ou en tout cas essayer d'être utile aux gens, de changer leur quotidien. théoriquement, oui. Sur la sécurité, sur le pouvoir d'achat, sur l'écologie, sur les services publics.

Là, on a un parti de gouvernement qui refuse, ne serait-ce que de se mettre autour de la table. Parce qu'on pourrait dire, on se met autour de la table, on discute, on essaie de trouver des consensus. On y arrive où ? On n'y arrive pas. Chacun est libre de porter les aspirations qui sont les siennes. Mais là, on a aujourd'hui un parti qui refuse la discussion par principe. Et de l'autre côté, on a un parti, 47 députés, qui n'est pas arrivé loin sans faux en tête aux élections législatives, et qui commence, qui depuis la semaine dernière, je parle des LR, n'arrête pas de dire on va avoir des postes importants, ils sont 5 à se battre pour l'intérieur, d'autres regardent vers Bercy.

Ça donne quand même l'impression que les LR veulent prendre une grosse part du gâteau et ça donne encore moins de crédit à la possibilité qu'il y ait des personnalités de gauche qui arrivent au gouvernement. Est-ce que vous êtes comme le modem et vous dites, attention, on entend un peu trop de LR dans l'espace public actuellement ? Je pense qu'on peut raconter ce qu'on veut ici ou là aux journalistes. Personne n'a le luxe de l'hégémonie au sein de cette Assemblée nationale. Donc vous mettez en garde les LR ? Personne n'a de majorité.

Moi, je pense qu'on arrivera demain à travailler en bonne intelligence avec nos collègues des Républicains et je pense que notre intérêt commun, c'est la réussite du Premier ministre et c'est la réussite de Michel Barnier. Je pense que le Premier ministre mesure très bien quels sont les rapports de force aujourd'hui au sein de l'Assemblée nationale, au sein du Sénat et qu'il composera un gouvernement où chacun pourra retrouver des membres de sa famille politique puis aussi des sensibilités. L'intérieur, est-ce que c'est un problème pour vous qui êtes député Renaissance ? Est-ce que vous êtes d'accord avec le fait que l'intérieur soit devenu un RR ? Parce que c'est un poste très particulier.

Moi, peu m'importe quelle est la carte du parti que les uns et les autres peuvent avoir dans leur portefeuille. Ce qui m'intéresse, c'est ce que... Pardonnez-moi de vous interrompre,

11:23
Présentateur

mais ce n'est pas complètement vrai puisque vous, comme d'autres, avez annoncé que vous censureriez un gouvernement avec LFI.

11:27
Invité

Mais pas pour des raisons programmatiques. Ce qui m'intéresse, c'est ce que portent les uns et les autres en termes de projets et en termes de valeurs. Donc le sujet, pour moi, n'est pas de savoir si le ministre de l'Intérieur est LR, le ministre de la Justice et je ne sais quoi. C'est de savoir ce qu'on arrive à faire ensemble. Ça va être extrêmement dur. Vous savez que l'obsession, c'est 2027. Vous le savez bien. Tout ce que vous nous dites, là, est 2027. Tout est théoriquement juste dans ce que vous dites. les responsables politiques devraient travailler ensemble pour le bien du pays. Mais il y a une très grande insincérité dans tout ça.

Il y a beaucoup de gens qui parasitent, en réalité, les discussions, les négociations aujourd'hui. C'est une équation quasi impossible pour le Premier ministre. Oui, je pense que si l'obsession que peuvent avoir les uns et les autres pour la future présidentielle, qui, je le rappelle, est dans trois ans. Trois ans, c'est court et c'est en même temps une éternité au regard de ce qu'on a à faire pour le pays. Les Français nous le feront payer durement. Si on condamnait la France à l'instabilité ou à l'immobilisme du fait des ambitions des uns et des autres... C'est ce qui se passe ? Vous ne trouvez pas ? L'image... Mais vous, votre avis ? Vous ne trouvez pas que c'est ce qui se passe ?

Moi, je pense qu'il y a à l'Assemblée nationale et partout en France, bon nombre d'élus locaux qui travaillent de façon sincère et qui ont sincèrement envie de faire bouger les lignes. Je pense qu'on est nombreux à retourner en circonscription et à entendre les uns et les autres qui nous rappellent pourquoi est-ce qu'ils nous ont élus ou réélus il y a trois mois de ça et donc, en fait, notre mandat nous oblige. Notre mandat nous oblige.

13:05
Présentateur

Les Français ont élu Emmanuel Macron enfin, réélu une deuxième fois sur un programme qu'il a défendu. Aujourd'hui, il n'est plus en capacité de le faire valoir. Mais il y a des urgences. 5,6% du déficit en fin de l'année si nous ne faisons rien. Bruxelles qui nous tire l'oreille et qui nous demande d'agir immédiatement. 3 000 milliards de dettes. Enfin, nous rappelons quotidiennement ces chiffres ici. Pas pour le plaisir. 25 milliards à trouver, assez rapide. Voilà, mais parce qu'il y a des urgences absolues auxquelles notre pays doit se soumettre. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que le programme d'Emmanuel Macron ne pouvant pas être appliqué, il va falloir trouver des consensus sur une politique de réduction de déficit qui n'est pas vraiment la vôtre. Vous voyez ce que je veux dire ? Comment est-ce que vous allez faire ? Vous augmentez les impôts ? Vous allez voter pour ? Vous allez voter contre ?

13:44
Invité

On va faire ce que font par ailleurs beaucoup de nos voisins européens. Arriver à trouver des compromis et arriver à mettre en place des coalitions. Est-ce que vous êtes sûr de ça ? La question du... Il me semble que la question du déficit et de la dette intéresse bon nombre de partis politiques. Oui, mais pas avec les mêmes solutions. Je pense qu'avec les Républicains une fois une partie de la gauche, on doit pouvoir trouver quelques compromis. Derrière la question, c'est ce qu'on l'a égale. Sur quoi, par exemple ?

14:10
Présentateur

Soyons très concrets pour les gens qui nous regardent, Madame Réjean.

14:12
Invité

C'est ce qu'on l'a égale aux enfants.

14:13
Présentateur

Soyons concrets. Sur quoi ?

14:14
Invité

J'entends par exemple que M. Barnier dit qu'il ne s'interdit pas davantage de justice fiscale. Peut-être que nous...

14:20
Présentateur

Donc, c'est les riches ?

14:21
Invité

On a... Peut-être que nous, on a refusé de façon trop catégorique d'avancer sur ces questions-là. On a aujourd'hui un certain nombre de dépenses dont on sait qu'elles ne vont pas pouvoir être pérennes.

14:33
Présentateur

Pardon, Mme Réjean, pour préciser vos propos, c'est important. Vous dites justice fiscale. Je vous ai un peu interrompu comme ça à la volée. Mais est-ce que ça veut dire des taxes sur les super profits, sur les super riches ? Ça veut dire quoi ?

14:43
Invité

Il y a une proposition d'Oxfam. Vous l'avez vu ? Ce matin. Ce matin qui dit que les super riches, le patrimoine. Alors, dit, voilà, si vous héritez de 15 000 euros de votre tante, vous allez payer un taux supérieur aux enfants de Bernard Arnault. Bon, c'est évidemment pas la même empreinte économique dans l'économie française. LVMH, c'est ma tante. Mais en réalité, non mais, c'est un peu caricatural, je l'admets. Mais est-ce que malgré tout, il n'y a pas quand même quelques trous de souris ou pas c'est ? Vous voyez bien que selon qu'on a des revenus du travail ou des revenus du capital, on n'est pas fiscalisé de la même façon.

On n'est pas fiscalisé de la même façon et l'écart entre les revenus du travail et les revenus du capital... Peut être rééquilibré tout ça un peu ? Je pense que partout, les Français réclament deviennent davantage de justice sociale et que ça passe aussi par davantage de justice fiscale. Voilà. Maintenant, si on regarde un petit peu ce qui s'est passé dans les dernières années, on a eu des crises auxquelles on a répondu. Moi, je pense qu'il ne faut pas regretter d'avoir aidé les gens, d'avoir aidé les Français, d'avoir aidé les entreprises lorsque c'était nécessaire.

Mais nous sommes arrivés à un point où les dépenses de crise qui étaient des dépenses exceptionnelles, par exemple en matière d'énergie, doivent rester des dépenses exceptionnelles. Il a fait son boulot pour sauver les entreprises. C'est ce que vous dites et c'est incontestable. Les PGE, etc. Est-ce que maintenant, les entreprises qui font des profits, qui se font des profits exceptionnels, ne doivent pas aussi contribuer aux biens communs ? Je pense que ce serait aujourd'hui nécessaire. Je pense que c'est aujourd'hui nécessaire. Et je pense qu'on va tous devoir faire des efforts. Les Français, ils font beaucoup d'efforts.

Les classes populaires et les classes moyennes font beaucoup d'efforts et ce, depuis longtemps. je ne sais pas, moi, réclamer davantage de contributions aux familles et aux ménages sans en demander à ceux qui peuvent se permettre de contribuer aussi, même si ça ne suffira pas complètement. Mais je crois qu'encore une fois, c'est une question d'équilibre. Et pour terminer sur la question du budget, il va falloir aussi qu'on soit tous un petit peu responsables et qu'on accepte de réduire les dépenses. Parce qu'on ne peut pas uniquement se contenter de dire qu'on va augmenter les impôts et qu'on va augmenter les taxes. Mais c'est qui ont, Madame Bréjance ?

C'est les parlementaires qui votent le budget et c'est le gouvernement. Et moi, je suis toujours un peu frappée lors des débats budgétaires à l'Assemblée nationale parce qu'on a des parlementaires et des responsables politiques qui vont sur les plateaux en clamant haut et fort que, bien sûr, la question de la dette est une question importante, qu'il faut réduire les dépenses, qu'il faut réduire le déficit. Puis quand vous arrivez au sein de l'Assemblée, je vous invite à regarder les amendements déposés par les uns et les autres. Ça vaut pour tous les groupes. Oui, mais après... Je m'incrime une personne. Mais bizarrement... Tout le monde veut sa niche. C'est ça ?

Tout le monde veut sa niche fiscale. Oui, sauf que, pardon, Madame Bréjance. Il y a beaucoup d'idées de dépenses. Il y a très peu d'idées de réduction de dépenses.

17:27
Présentateur

Les autres parties ne sont pas responsables de 7 ans de votre gouvernance, premièrement. Et deuxièmement, je rappelle à nos téléspectateurs que c'est pioche illimitée sur le 49.3 pour les questions de budget. C'est-à-dire que vous avez pu faire passer tout ce que vous voulez. C'est votre bilan que vous affrontez aujourd'hui. Certes, il y a eu des crises, vous l'avez dit. Certes, il y a eu de l'aide aux entreprises, aux particuliers, etc. Mais là, vous êtes face à vous-même. Vous êtes face à 7 ans de votre gouvernance.

17:47
Invité

Pardon, les crises étaient... C'était des crises exceptionnelles. D'abord, sur la période 2017-2019, on avait repris une trajectoire plus saine en matière de finances publiques. Puis, qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? On a eu le Covid et on a eu la crise énergétique. Moi, je n'ai pas entendu les oppositions. Et les oppositions nous dirent qu'il ne fallait pas mettre en place le bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité. Je n'ai pas entendu les oppositions nous dire qu'il ne fallait pas prendre en charge les salaires de plusieurs millions de Français durant la crise du coronavirus. Ça, c'est derrière nous.

Et donc, on rentre dans une phase qui doit être une phase de retour à la normalité. Ça passe, je le redis, par une réduction des dépenses. Et ça passe aussi, peut-être, par une contribution plus importante de ceux qui en ont davantage et qui en ont davantage la possibilité.

18:36
Présentateur

Juste rapidement, s'il vous plaît, c'est majoritaire dans votre groupe, cette idée d'aller taxer, chercher des super profits ou taxer les plus riches ?

18:43
Invité

Je crois qu'il y a toujours eu un équilibre dans notre groupe sur ces questions-là que d'autres le réclamaient déjà par le passé. Et donc, on va pouvoir arriver à trouver en tout cas un compromis.

18:54
Présentateur

Merci beaucoup, Maud Bréjot. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur LCI. Merci d'avoir regardé cette vidéo !