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interviewC à vous· 24 avril 2023 52 min

Emmanuel Macron au “Parisien” : les coulisses d’une interview - C à vous - 24/04/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Bonsoir, très heureuse de vous retrouver, c'est à vous en direct jusqu'à 20h55 pour toute l'actualité de ce lundi 24 avril avec Émilie, Mathieu, Mohamed, Pierre et Patrick. Bonsoir. Bonsoir, Babette. Émilie, votre choix de l'actu ce soir ? Comment lutter contre les roseaux urbains qui semblent se multiplier ces derniers jours ? On en parle avec David Lebar, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. Il sera dans un instant sur notre plateau. Mohamed, votre story ?

0:25
Emmanuel Macron

Il y a dix ans, quasiment jour pour jour, le Parlement a adopté la loi dit du mariage pour tous

0:30
Présentateur

ce qui nous a valu ce week-end. Beaucoup de regrets de la part des membres de la classe politique. Patrick, votre édito ? La hausse des prises alimentaires jusqu'à quand ? Emmanuel Macron pense que ça va se calmer à la fin de l'été, mais il n'en sait rien. Oui, mais c'est ce qu'il a confié en tout cas au lecteur du Parisien qu'il a reçu à l'Elysée à un entretien de trois heures dont on vous raconte les coulisses dans un instant avec le rédacteur en chef du service politique du Parisien aujourd'hui en France, David Doucan qui est ce soir notre invité. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Mathieu dans le 5 sur 5. Moi, je vais vous parler, entre autres, de Guillaume.

Il a 29 ans et il a couru le marathon hier en 3h25. Vous dites, bon, ce n'est pas si impressionnant. En marche arrière. Mais c'est la même distance en marche arrière.

1:11
Locuteur 4

Oui, oui, mais bon courage. Je ne vous regarde pas.

1:16
Présentateur

Tiens votre oeil ce soir.

1:17
Locuteur 4

Je vais courir le marathon, mais de côté.

1:19
Présentateur

En clave. Alain Seul n'a pas de poche et aussi, on achève bien les chevaux, deux très grands romans des années 30-40 qui vont ressortir en France, signés Horace McCoy. Enfin complet, enfin mieux traduit. Je vous présente ça tout à l'heure. Nos invités du dîner, Aïssa Maïga, Vincent McKayne, à l'affiche du nouveau long métrage d'Andréa Bescon, quand des enfants d'une école partagent le quotidien des résidents d'un EHPAD. C'est tendre et à la fois, c'est cash sur la réalité du quotidien en EHPAD. Ça s'appelle « Quand tu seras grand » et ça sort en salle mercredi. Et puis, on est heureux de vous présenter une pianiste franco-québécoise qui est tombée en amour.

Et ça a inspiré, pardon pour l'accent totalement raté, de son nouvel album. Elle s'appelle Alexandra Strelitzki. Elle sera sur la scène de C'est à vous. Et puis, le dîner ce soir est préparé par Julien Dumas, qu'on est heureux de retrouver aux commandes des cuisines de C'est à vous, aux côtés de Bertrand Chameroy. Bonsoir Babette, bonsoir à tous. Beaucoup de messages venus du Canada pour vous dire de ne plus jamais refaire ce que vous venez de faire dans le sommaire. Et je vais demander à Patrick de se boucher les oreilles, car notre chef me confiait pendant le générique que cette semaine, c'est une semaine light pour préparer le sommaire de dix. Exactement.

2:30
Emmanuel Macron

Que des légumes du potager. Que ça. Et puis, vous allez voir, on va découvrir plein de recettes sympathiques avec des ingrédients un peu, des fois un peu étranges. Et ce soir, des asperges. Des asperges, de l'ail des ours et un peu d'olive verte.

2:44
Locuteur 7

Et même pas un peu de gras ou de beurre.

2:46
Emmanuel Macron

On va voir.

2:46
Présentateur

Ah, si on est sage, il y aura un peu de gras. Merci beaucoup à tous les deux et à tout à l'heure. Vendredi matin, pendant plusieurs heures, trois je crois au total, Emmanuel Macron a répondu aux questions d'Oron, le lecteur du Parisien Aujourd'hui en France, une interview qui fait la une ce matin du quotidien et dont l'Elysée a diffusé quelques images sur son compte Twitter officiel. Moi, j'ai un cap, celui de l'indépendance et de la justice. Pourquoi ? Pour que dans les chancers qu'on a offerts, on les gagne. Si on arrive à gagner le chantier de la réindustrialisation, on sortira des gens du désespoir, de la misère et de l'école.

Si on arrive à gagner le chantier de l'écologie du progrès, c'est-à-dire de donner un cap, de proposer des solutions, de montrer qu'on peut décarboner l'autre, on aura des gens qui reviendront dans le champ républicain en disant « oui, on peut en se respectant les uns des autres, faire que le travail de mon voisin soit respecté ». Je veux dire, c'est faisable, c'est un portail de monde. Onze intervieweurs déterminés à aller chercher de l'info. C'est ce que vous écrivez dans l'introduction de ce long entretien, parce qu'ils étaient restés sur leur faim de la dernière allocution présidentielle qui avait duré 13 minutes.

Vous savez qu'avant que ces entretiens de face aux lecteurs ne se déroulent, il y a une petite conférence de rédaction que j'anime avec les lecteurs. C'est souvent très intéressant. Là, c'était passionnant. Comment est-ce qu'on fonctionne ? Chacun vient avec ses envies de questions, ses interrogations, ses besoins de précision. On travaille, c'est une grosse séance de travail pour organiser l'entretien, l'interview. On est arrivé à plus de 40 questions. Il y avait, dans les interrogations, dans les demandes de nos lecteurs, on ressentait le trouble que nous constatons tous et que nous racontons. Vous, sur France 5, nous, dans le Parisien, du pays.

Ils sont arrivés avec ce trouble-là et avec, effectivement, le sentiment que, lors de son allocution du lundi soir, il avait fixé des chantiers, mais sans donner les détails. Donc, nos lecteurs sont arrivés avec la volonté, je dirais, d'extirper. De tirer des verres du nez. Ah oui, ils voulaient des précisions. Des précisions. Et il n'était pas question de les refuser. Et sans être dupe, avec beaucoup de recul, c'est le cas de Julie, 36 ans, assistante commerciale, qui dit à Emmanuel Macron, nous recevoir à l'Elysée, est-ce que ce n'est pas un coup de com' ?

Pour montrer que c'est facile d'échanger avec vous, alors qu'on a vu que dans vos derniers déplacements, c'était très compliqué pour vous. On voit bien l'objectif d'Emmanuel Macron, c'était de montrer qu'il ne refusait pas le dialogue. Ça a été le cas ? Ah, il n'a pas du tout refusé. Alors d'abord, sur la question de Julie, excellente question. Dans cette séance de travail qui précède l'interview, elle est arrivée tout de suite, elle m'a dit ça. Elle m'a dit, attendez, il veut nous mettre en scène, il veut nous utiliser. Nous instrumentaliser. Je lui ai dit, mais Julie, mais demandez-lui. Demandez-lui si c'est le cas. Bon, donc ça, c'était une première chose. Et quelle était votre question ?

Est-ce que vraiment, il a joué le jeu ? Oui, totalement. Je veux dire qu'au fond, de toute façon, nos lecteurs n'auraient pas accepté autre chose. Si vous voulez, l'échange... Ils auraient pu se lever et partir ? Non, je n'irais pas jusque-là. Il y avait beaucoup de respect. Il y a un grand respect pour la personne, un respect pour la fonction, un respect pour le lieu. Nous étions dans le salon des ambassadeurs où se déroule le Conseil des ministres, chaque mercredi. Donc il y avait un grand respect. Mais respect ne veut pas dire retenu. C'est-à-dire que les lecteurs, les Français, les 11 Français en question, ont interrogé le Président, et même parfois un peu rudement.

Dans le panel, on retrouve Jean-Pierre, 58 ans, directeur général dans le tourisme. Pas totalement inconnu des téléspectateurs, puisqu'on l'a vu dans « Qui veut être mon associé » sur M6. Comment est-ce qu'il s'est retrouvé là, Jean-Pierre ? Jean-Pierre Nadir. Vous avez été épinglé au grand gueule ce matin sur RMC. Vous ne vous regardez pas « Qui veut être mon associé » ? Non, mais moi, quand je regarde la télévision, principalement France 5, ce qui me permet de m'éduquer et de gagner en culture générale. J'ai beaucoup de respect pour les programmes d'M6, mais je vous avoue, franchement, je l'ignorais. Comme vous le savez, on constitue nos panels.

C'est d'abord une entité spécifique au sein de notre journal. Ce n'est pas la rédaction qui constitue les panels. Et on les constitue avec un souci de parité, de diversité géographique, de diversité d'emplois, d'activités. Donc vous ne savez pas comment le type vedette par ailleurs d'une autre émission télé peut se retrouver dans votre panel ? Par coïncidence, par hasard, tout simplement. Et puis, à ma connaissance, il n'y a aucun lien avec Emmanuel Macron. C'est surtout ça le sujet. Nous, ce qui nous intéresse, c'est d'avoir cette diversité qui représente, je dirais, nos lecteurs et donc les Français.

Parce que les lecteurs du Parisien, c'est ça qui est intéressant, ils sont à l'image des Français. On a des études qui montrent que nos lecteurs épousent les scores du premier tour de l'élection présidentielle. Intéressant. Donc quand on constitue un panel de lecteurs, c'est ça notre préoccupation. C'est qu'ils soient représentatifs de la population française. Et ensuite, on s'attache à savoir qu'il n'y a pas de militantisme politique, de personnes vraiment encartées, etc. Bon, ce n'est pas le cas, je crois, de ce monsieur. Juste avant d'en venir à l'édito de Patrick Cohen, on se souvient du dernier face aux lecteurs, il y avait une petite polémique à Emmanuel Macron.

C'était l'avant-dernier, janvier 2022. Il avait expliqué qu'il avait très envie d'emmerder les non-vaccinés jusqu'au bout. Là, il y avait un souci de ne pas jeter de l'huile sur le feu de la part d'Emmanuel Macron ? Je ne crois pas, puisque regardez, quand par exemple on lui demande s'il trouve injuste le procès en mépris, il revient de lui-même sur la fameuse phrase « Traverser la rue avec l'horticulteur », il revient de lui-même pour dire qu'il l'assume. Ce n'est pas de nature, je dirais, à être dans l'apaisement. Et pour dire que les gens qui ne sont rien, c'était une faute. Mais effectivement, pendant cette affirmation, les gens qui ne sont rien, vraie faute, il dit.

On rentre dans le fond de l'entretien, et l'une des portes d'entrée, c'est l'inflation, et c'est le sujet de l'édito de Patrick Cohen. Les prises alimentaires, ça va être dur jusqu'à la fin de l'été, affirme Emmanuel Macron au lecteur du Parisien. L'inflation devrait se calmer à la rentrée ? Peut-être. On ne sait pas. Ça dépend pas mal des industriels qui, pour l'instant, rechignent à répercuter les baisses de prix des matières premières. Bruno Le Maire, on le sait, veut les pousser à renégocier les tarifs qui viennent d'être fixés avec les distributeurs, et normalement fixés jusqu'en mars 2024, puisque c'est une négociation annuelle, sauf pour les produits frais.

C'est donc un pari hasardeux que vient de faire le président. Parce que l'inflation ne ralentit pas. Elle ralentit un peu globalement. En mars, 5,7% sur un an, contre 6% en février. Les prix de l'énergie se sont calmés. Le gazole est au plus bas depuis le début de l'année, 1,76€. Les prix des services aussi ont ralenti. La hausse des produits manufacturés reste raisonnable. Mais les produits alimentaires continuent d'accélérer pour le troisième mois consécutif. Plus 15,9%, toujours en rythme annuel. 17% de hausse sur les produits frais, dont 29% pour les légumes et dans presque tous les rayons des grandes surfaces. Des augmentations à deux chiffres.

Plus 15% sur le pain, les céréales, la viande, le sucre, le chocolat, le miel, la confiture, la confiserie. Plus 20% sur les fromages. Plus 14% sur les boissons non alcoolisées. Étonnement d'un directeur de supermarché devant le chroniqueur du monde, Philippe Escande, c'est dans sa dernière chronique, quand je pense qu'un marchand de soda est venu nous voir avec une demande d'augmentation de 25%, mais c'est que de l'eau et du sirop. Ça veut bien dire que certains abusent de la situation ? Écoutez, le patronat parle de rattrapage après des années de vaches maigres, mais certains économistes ont inventé un terme, la profitflation ou la gridflation.

Grid en anglais, c'est l'avidité, la cupidité. Ce qu'on observe, c'est que les marges des entreprises sont devenues en Europe l'un des principaux moteurs, sinon le premier moteur de l'inflation. Les résultats publiés ces dernières semaines sont éloquents. Chez la plupart des géants de l'agroalimentaire, pas toutes les entreprises, on parle des grands groupes français ou internationaux, chez ceux-là, les profits sont au plus haut depuis 20 ans, alors que les prix des matières premières ont considérablement reflué. Les cours du pétrole ont baissé de moitié, de même que les prix des transports maritimes. L'effet Ukraine s'est largement dissipé.

Exemple souvent cité, celui du tournesol, qui il y a un an bondissait à 1 000 euros la tonne. Le prix de la bouteille d'huile grimpait de 70%. Depuis, le tournesol est redescendu en dessous à moins de 500 euros, mais l'huile est restée au même prix. Ça devrait durer ? Logiquement, non, car au bout du compte, tout le monde y perdrait, y compris les industriels qui voient leurs clients s'enfuir ou diminuer leur panier. Sur le premier trimestre 2023, les achats en volume dans la grande distribution ont chuté de 9%, ce qui est énorme. En attendant, le gouvernement met la pression sur ces industriels en espérant qu'ils reviennent à la raison ou à la table des négociations.

Mais même en cas d'inflexion ou d'éventuels accords renégociés, il y aurait ensuite 2 à 3 mois de mise en œuvre, le temps du renouvellement des stocks dans les rayons. Ce qui nous conduirait à la fin de l'été et à la prédiction d'Emmanuel Macron, qui correspond à peu près à celle de la Banque de France, équivaut ce que valent toutes les prédictions politico-économiques. On a jadis connu, vous vous en souvenez peut-être, un président qui a trébuché en promettant l'inversion de la courbe du chômage. Il prend des risques, Emmanuel Macron, en pariant sur une baisse de l'inflation, parce qu'on voit bien que ça nourrit la colère et l'inquiétude. Des Français, c'était très présent dans l'interview.

Sujet majeur, l'inflation alimentaire en particulier. C'est le sujet d'inquiétude principale. On le ressentait chez nos lecteurs, mais on le ressentait aussi chez le président. C'est le sujet d'inquiétude principale parce que derrière, c'est l'histoire des classes moyennes. Donc si vous avez les classes moyennes qui décrochent ou qui sont dans une sorte de déclassement, c'est la catastrophe sur un plan politique. C'est vraiment ce qui n'est passé au table pour un dirigeant. Exprimé par l'une d'électrices, les gros patrons se gavent et nous, on souffre. Que répond Emmanuel Macron ? À cette question-là, il répond... Il parle de salaire. Il parle d'abord de son.

Alors, ce n'est pas exactement cette question-là, mais en effet, vous avez raison. Il parle aussi... En fait, il répond à la question du pouvoir d'achat en disant le sujet, c'est les salaires. Il faut augmenter les salaires. Et sur la question des inégalités, c'était plutôt ça votre question à Anne-Elisabeth. Là, d'abord, et c'est une constante dans tous les changes, il revient beaucoup sur son bilan. On sent qu'il considère un peu comme une injustice qu'on ne lui reconnaisse pas un bilan. Donc, il y revient beaucoup. Et c'est vrai que moi, par exemple, dans ce genre de... Quand j'anime les faces au lecteur, je m'autorise des relances de temps en temps. Vous imaginez, c'est irrésistible.

Bon. Parfois, là, cette fois-ci, il y avait vraiment la volonté de lui dire, mais on vous entend beaucoup parler de votre bilan, mais avez-vous un projet ? C'est ça. Alors, et cette envie-là, on la ressentait beaucoup chez les lecteurs également. Donc, c'est pour ça qu'il a précisé beaucoup de choses pour la suite. Il sent aussi qu'il doit se réengager dans le débat public parce qu'il y a des choses qui ne sont pas claires. Donc, dès qu'il peut, il le fait partout. Sous-entendu, s'il ne le fait pas lui-même, ça flotte. Ça, on n'était plus dans le sous-entendu. Là, j'imagine qu'Elisabeth Borne, à la lecture du Parisien, n'a pas dû se sentir flatté.

Non, mais je veux dire, ce n'est pas du sous-entendu. Les choses sont claires. Il dit clairement, voilà, j'aurais dû m'en occuper. Il y a beaucoup de bavardage dans le système. Bon, il fait référence au fait que, vous vous souvenez, dans le cadre du débat des retraites, il y a eu un peu de cacophonie. Des ministres qui disaient A à 8h du matin et un autre ministre qui disait B à 14h. Bon, donc ça, il le pointe et il cogne, même. Il cogne sur son propre gouvernement en disant cela. Mais ça intéresse l'électeur, l'espérance de vie d'Elisabeth Borne à Matignon ? En tout cas, l'une des lectrices a tenu à poser la question. Le président a répondu très vite. Elle a ma confiance.

C'est une réponse classique, quoi. Bon, elle a ma confiance. Et il n'y a pas eu de relance de la part des lecteurs. Je pense très franchement que ça ne les intéresse pas plus que ça. Ce qui était un sujet de préoccupation, c'était pouvoir d'achat, éducation, santé. Là, on sentait vraiment des inquiétudes. Vous disiez qu'il n'a pas mis d'huile sur le feu. Mais quand on lui parle de ceux qui manifestent bruyamment, voulant couvrir sa voix, notamment avec des casseroles, il parle d'incivisme. Ça, ça va apaiser les tensions et les opposants ? Je n'ai pas du tout dit qu'il n'avait pas mis d'huile sur le feu.

Au contraire, je vous ai dit, quand il fait référence de lui-même à l'histoire de traverser la rue, il n'est pas forcément dans une logique. Mais là, sur les casseroles, en l'occurrence. En gros, son message politique, c'est qu'il n'est pas question pour lui d'en rabattre. Quand bien même la situation politique n'est pas favorable. On peut l'exprimer comme ça. La situation politique, elle est rude. Il y a un problème de majorité relative qui est assez lourd. Eh bien, dans ce contexte-là d'adversité, pas de majorité relative, des oppositions musclées, des syndicats dont le Front uni, pour l'instant, tient. Ne se désagrège pas. Ne se désagrège pas. Donc cette situation-là, elle est rude.

Eh bien, son message politique, je ne sais pas si c'est le bon ou le mauvais message, en tout cas, son message politique, c'est de dire, pas question pour moi d'en rabattre. La Constitution lui donne des pouvoirs, des prérogatives. Ce qu'on comprend, parce que moi j'ai compris dans le cadre de cet entretien, c'est qu'il a l'intention de s'en servir. Pierre. Emmanuel Macron veut renouer le dialogue avec les syndicats,

15:47
Locuteur 3

ce ne sera pas forcément facile. Sur le LOL lancé par Sophie Binet, la nouvelle leader de la CGT,

15:52
Présentateur

suite à son invitation à l'Elysée, le président a cette phrase devant vos lecteurs. Je pense que ce n'est pas un formidable exemple

15:58
Locuteur 3

quand vous avez un responsable syndical ou politique qui a ce type de réponse, mais il ajoute, prendre cela comme un trait d'humour, Sophie Binet répondait sans sourire ce matin sur BFM.

16:08
Emmanuel Macron

Le président de la République n'a peut-être pas l'habitude du franc parler, peut-être qu'il faut qu'il sorte davantage pour être habitué à ce type de formule.

Le problème, en fait, cette formule, ce n'est pas tant un trait d'humour qu'un résumé de la situation, c'est-à-dire qu'on est confronté à une hypocrisie totale, avec d'un côté un gouvernement qui, pendant trois mois, voire six mois, parce que la concertation avant c'était pareil, refuse d'entendre les propositions des syndicats pour financer notre régime des retraites, et qui, là, tout d'un coup, fait passer sa réforme en force, en plus en la promulguant à la va-vide dans la nuit du week-end, et puis le lendemain se réveille en disant « je veux recevoir les syndicats ». Donc on fait quand même les choses vraiment dans le désordre.

16:43
Présentateur

Au moins, avec la CGT, ce n'est pas prêt de se réchauffer. En fait, non, je ne vois pas trop à ce stade pourquoi ça se réchaufferait. Sinon, sauf si les autres syndicats venaient à essayer de mettre une forme de pression en disant « il faut quand même qu'on puisse travailler sur des objets qui peuvent être utiles pour nos salariés, etc. » Mais de toute façon, la stratégie du gouvernement, on n'est pas tellement de savoir s'il faut se réchauffer les choses avec la CGT, la stratégie du gouvernement est plutôt de fissurer le front syndical.

Donc si, au contraire, dans les mois, les semaines qui viennent, des syndicats reviennent à la table, mais pas la CGT, au fond, les discussions s'enclencheront. Émilie, on revient sur ces deux fameuses phrases qui avaient fait polémique lors de son premier quinquennat.

17:30
Emmanuel Macron

Oui, vous l'avez dit tout à l'heure, il est revenu de lui-même sur ces phrases qu'il avait prononcées. On peut les réentendre.

17:36
Présentateur

Vous êtes inscrit à Pôle emploi ? Oui. Oui, Pôle emploi, il reste à tout. Et vous ? Non. Il n'y a rien. Et j'ai beau envoyer des CV de motivation, ça ne fait rien. Mais vous voulez travailler dans quel secteur ? De bas, je suis horticole. Et j'ai envoyé partout dans les maires, ils ne prennent pas. Mais si vous êtes prêt et motivé, je veux dire... Dans l'hôtellerie, le café, la restauration, dans le bâtiment, il n'y a pas un endroit où je vais, ils ne me disent pas qu'ils cherchent des gens. Honnêtement, l'hôtel, café, restaurant, je traverse la rue, je vous en trouve, il veut simplement des gens qui sont prêts à travailler. Une gare, c'est un lieu où on croise.

18:11
Locuteur 7

Les gens qui réussissent, c'est les gens qui ne sont rien.

18:15
Emmanuel Macron

Ça, il y revient tout seul, il avait quand même besoin de se justifier. À nouveau, vous dites que oui, il montre encore les muscles, mais il avait besoin de se justifier.

18:21
Présentateur

Alors, il l'avait déjà fait. Je ne prêche pas pour ma paroisse. En l'occurrence, ce n'était pas un scoop. Le mea culpa sur les gens qui ne sont rien, il l'avait fait sur TF1, il y a quelques mois. Il n'y revient pas de lui-même, il est relancé. Il est relancé parce qu'en fait, il revient de lui-même sur l'horticulteur.

18:38
Emmanuel Macron

Pour le mea culpa des gens qui ne sont rien, là, c'est la scène de l'horticulteur, sur laquelle il va tout seul. Et là, je me demande donc si c'est pour se justifier.

18:44
Présentateur

Pourquoi il y va tout seul sur traverser la rue ? Parce qu'en fait, il assume totalement ce propos-là, puisque, au fond, c'est l'un des axes de sa politique pour les quatre ans à venir. Il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Il ne peut pas faire passer beaucoup de grands textes. En revanche, sur l'emploi, c'est possible. C'est possible d'avancer. Sa priorité numéro un, chantier numéro un, l'emploi, le plein emploi, etc. Et il considère que ça passe par une réforme du RSA, que ça passe par davantage d'incitations pour que les gens retrouvent du travail. Il est très fier de sa réforme de l'assurance chômage, qui a été très polémique.

Et donc, s'il revient sur cette phrase-là, ce n'est pas pour s'en excuser, mais c'est pour l'assumer parce qu'elle sert, a posteriori, au fond, l'un des axes principaux de la politique qu'il souhaite mettre en œuvre dans les prochaines années.

19:36
Emmanuel Macron

En fait, c'est un entretien, il y a Christine qui lui demande, dans quatre ans, vous imaginez-vous être raccompagnée par Marine Le Pen sur le perron de l'Elysée ? Et là, il répond d'abord que lui, il l'a déjà battu deux fois et qu'elle arrivera au pouvoir si on ne sait pas répondre aux défis du pays. Et en ajoutant que si on installe une habitude du mensonge ou du déni du réel, il vise qui ?

19:55
Présentateur

Il vise clairement la France insoumise. Ça m'apparaît net, puisqu'il précise bien que, par exemple, il classe dans le déni du réel, dans ce qu'il appelle le déni du réel, il classe la retraite à 60 ans. Pour lui, prôner la retraite à 60 ans, ce n'est pas sérieux. Il considère que c'est mentir aux Français parce que, sur un plan budgétaire, ça n'aurait pas de sens, en tout cas aux yeux d'Emmanuel Macron. Alors, son raisonnement, c'est de dire que les populismes se font la courte échelle, en quelque sorte. C'est ça l'exégèse, au fond, de cette réponse. Est-ce que parmi les lecteurs qui sont venus, certains vous ont dit avoir voté pour Emmanuel Macron et l'avoir regretté ?

Je ne les ai pas interrogés sur leur vote. C'est vrai qu'on n'a pas cette habitude-là. Au contraire, on laisse les gens, s'ils souhaitent en parler... Certains m'ont dit avoir voté pour Marine Le Pen, par exemple, dès le premier tour. Mais après, moi, je ne les interroge pas là-dessus. Donc, du coup, est-ce que certains ont voté pour lui, puis ils l'ont regretté ? Je n'ai pas eu ce témoignage-là. Pour la suite, il ne désigne pas de successeur, mais il souligne qu'en 6 ans, un certain nombre de personnalités ont émergé. Il cite Edouard Philippe, Jean Castex, Elisabeth Borne, Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Le Maire. Ce n'est pas des noms qui ont été choisis tout à fait au hasard ?

Il les a listés. Alors, ceux qui ne sont pas dans la liste doivent être meurtris ou pas, au fond. Pourquoi ? Je vous dis « ou pas ». Parce qu'il y a eu une réforme constitutionnelle en 2008 et on en perçoit aujourd'hui toute l'ampleur et toutes les conséquences. Il ne peut pas se représenter. Ce n'est pas du tout un détail. C'est majeur. C'est majeur. Parce qu'à partir du moment où vous ne pouvez plus vous représenter, vous perdez une petite part de votre pouvoir chaque jour. Il y a un petit décompte qui est déclenché. Qu'est-ce que dit Emmanuel Macron ? Il dit « ma succession, ce n'est pas ce qui m'obsède ». Mais pour la première fois dans cette interview, il dit qu'il s'en soucie.

Et il s'en soucie parce qu'il considère que… Et je vous renvoie au tout début. Sur les retraites, j'aurais dû m'en mêler. Donc qu'est-ce qu'on perçoit ? On perçoit qu'au fond, si ce n'est pas lui, elle peut gagner. C'est ça qui est perçu au fond, si on prend l'ensemble de… Elle et Marine Le Pen. Oui, pardon, parce que vous m'aviez lancé sur Marine Le Pen. Ça, c'est ce qu'on perçoit quand même tout au long de l'entretien. Donc il dit « ça, il faut s'en soucier, il faut s'en occuper ». C'est aussi un message à sa famille politique. Dire, organiser peut-être un petit peu les choses pour les années à venir. Mais lui, il n'est pas encore là-dedans.

Il considère qu'il a quatre ans utiles et que son enjeu numéro un, c'est de marquer l'histoire du pays et de continuer les réformes. Merci beaucoup David Ducan, rédacteur en chef du service politique du Parisien aujourd'hui en France, qui fait donc cette une avec ce titre simple, qui explique bien ce qui s'est passé. Emmanuel Macron répond à nos lecteurs. Ils étaient onze à l'interviewé vendredi dernier à l'Élysée. Merci beaucoup d'être venu sur le plateau de C'est à vous. Émilie, des policiers accusés d'avoir percuté trois mineurs lors d'une course poursuite à Paris. C'était le 13 avril dernier, vers 23h45,

22:55
Emmanuel Macron

trois adolescents, Safiatou, 17 ans, en conduitrice du scooter. Son petit frère, Salif, 13 ans, et son camarade de classe, Ilan, 14 ans, rentrent de la mosquée. Il n'y a plus de bus. Alors ils montent tous les trois sur un scooter en libre-service. Ilan n'a pas de casque. Et ils vont croiser la route de policiers. Ils vont prendre peur et tenter de fuir. Course poursuite qui va mal se terminer quelques mètres plus loin. Une scène filmée, commentée par des témoins, puis diffusée sur les réseaux sociaux. Appelez les pompiers, n'enlevez pas le casque, ne mettez pas pouce en danger, c'est pas normal ce qui se passe. C'est des enfants ! Sur la vidéo, on voit les trois adolescents à terre.

Tous les trois sont blessés. Un temps, le pronostic vital de la jeune conductrice a été engagé. Aujourd'hui, on sait qu'elle est sortie du coma. Son frère a été blessé au foie. Il reste traumatisé. Le troisième, blessé au genou, a pu rentrer chez lui. Ce sont les policiers que l'on voit sur cette vidéo qui leur ont porté les premiers secours. Mais selon plusieurs témoins de la scène, ces mêmes policiers pourraient aussi être à l'origine de l'accident. J'ai vu les policiers déjà faire une première tentative d'essayer de faire tomber les jeunes en ouvrant leur portière, ce qui n'a pas marché. Et quelques secondes après,

24:09
Locuteur 4

ils ont mis un coup de volant volontaire pour faire tomber les jeunes. Je me dis, c'est des malades, ils veulent les tuer.

24:18
Emmanuel Macron

Arriver à un moment donné au niveau du scooter, et là, il met un coup à droite.

24:24
Présentateur

Et je vois une silhouette qui s'envole.

24:25
Locuteur 1

Selon les témoignages, les policiers seraient même allés plus loin.

24:29
Présentateur

On a demandé aux familles de ne pas aller à l'IGPN. Et ça, c'est déjà en soi particulièrement grave. Ensuite, on a demandé à un témoin d'effacer les vidéos dont elles disposaient. C'est une volonté de dissimulation et d'obstruction à la manifestation de la vérité.

24:43
Emmanuel Macron

Les policiers ont-ils volontairement percuté le scooter pour stopper le véhicule et tenté ensuite de le dissimuler ? Pour connaître la vérité, les familles des trois adolescents ont déposé plainte pour tentative d'assassinat. Interrogé sur cette affaire, Gérald Darmanin lui-même a reconnu que la version des faits des policiers avait pu changer.

25:00
Locuteur 3

Je comprends qu'il y a eu un changement de version. Et à partir du moment où il y a eu un changement de version et qu'effectivement, il n'aurait pas respecté le droit, il est évident qu'il faut les suspendre. Donc je l'ai demandé au préfet de police de le faire le plus rapidement possible. Parce qu'elle a présompt son innocence, bien évidemment.

25:12
Emmanuel Macron

J'ai une pensée, bien sûr, pour l'une des jeunes filles, si j'ai bien compris, qui était sur ce scooter, qui est entre la vie et la mort.

25:19
Présentateur

Il est évidemment inacceptable. Et aucun refus d'obtempérer ne justifie que la police outrepasse évidemment le droit à la déontologie.

25:28
Emmanuel Macron

Alors en effet, après avoir été placé en garde à vue, l'un des trois policiers a été suspendu, mis en examen pour violence avec arme. Les deux autres sont sortis sans poursuite à ce stade. Ils se disent épuisés, selon leur avocat. Mais ce n'est pas cette défense-là qui a fait le plus de bruit, mais celle d'Éric Zemmour qui défendait hier le droit pour la police de percuter un véhicule pour l'arrêter.

25:47
Locuteur 3

Je suis favorable à ce que les Anglais font depuis quelques mois, c'est-à-dire ce qu'ils appellent le contact tactique. Je pense que, vous savez, c'est très dangereux ces rodeos.

25:57
Présentateur

Donc ça veut dire que vous, vous êtes favorable à une évolution de la loi pour que les policiers français puissent percuter les véhicules ? Je suis favorable à l'évolution de la loi et faire comme les Anglais.

26:05
Locuteur 3

Je vous rappelle qu'en Angleterre, ce genre d'activité a diminué drastiquement.

26:09
Présentateur

Bonsoir, David Lebar, secrétaire général du SCPN, syndicat des commissaires de la police nationale. Les fonctionnaires de police mis en cause ont été mis en garde à vue, suspendus, l'un d'entre eux placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'exercer, mis en examen pour violence avec arme ayant entraîné une incapacité de travail. Et faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique. C'est-à-dire la gravité de la situation ? Oui, c'est la gravité de la situation. Et c'est l'illustration que la justice va passer dans un débat où parfois, vous savez, certains imaginaient que les policiers sont protégés ou peuvent faire n'importe quoi, c'est faux.

S'ils ont fait des choses qui sont répréhensibles, et c'est le cas puisqu'ils sont mis en examen, une mise en examen, c'est-à-dire qu'il y a des indices graves et concordants, ça ne fait pas de découpable, mais il y a des éléments qui font qu'ils sont poursuivis. La justice passe, c'est parfaitement logique. Et puis je dirais que ça illustre aussi une autre chose, et on y viendra sans doute, c'est le débat sur le contact tactique. On y vient dans un instant. Les témoins de la collision décrivent un geste délibéré de l'un des trois fonctionnaires de police. L'avocat des deux familles, on l'a entendu, a porté plainte pour tentative d'assassinat et menace sur témoin.

Tentative d'assassinat, pour le coup, c'est sérieux aussi comme plainte déposée par les familles ? Alors, à ceci près, que ce n'est pas pour cela que le parquet et ensuite la justice vont poursuivre pour tentative d'assassinat. Ça engage les propos de l'avocat. Moi, je n'ai pas la connaissance du fond du dossier. Que ce soit des violences volontaires, involontaires, que ce soit intentionnelles ou pas, c'est la justice qui va le dire. L'avocat est dans son rôle, il va dans les médias, mais moi, je n'ai pas connaissance du dossier, simplement. Ils sont mis en examen, il y a des faits graves qui leur sont reprochés, après, ils ont le droit de se défendre et ils s'expliqueront.

J'espère qu'ils le feront en sincérité puisque dans ce dossier, ce qui est gênant aussi, c'est qu'il y a du faux et le faux vis-à-vis de la justice, c'est jamais pardonnable. Ils ont menti au moment de leur première déposition ? C'est en tout cas ce qu'ils auraient reproché. Comment a-ce qu'affiré Éric Zemmour ? Alors, là, on rentre dans un débat plus compliqué, bien évidemment, que la déontologie, le code de procédure pénale, les policiers, c'est bien ceux qui doivent le plus le respecter. Après, ce que dit Éric Zemmour, il vient sur un terrain qui est orienté différemment. D'abord, il faut rappeler une chose, c'est que cette loi qui existe en Angleterre, elle ne vise pas les rodéos.

Elle vise certains crimes commis par des auteurs qui s'enfuient sur des deux roues. Donc déjà, ce n'est pas pour lutter. Des vols à l'arraché de Sacama, notamment. Ils sont extrêmement traumatisants. Donc déjà, ce n'est pas le même motif. Premier point. Deuxième point, contrairement à ce qui est parfois dit, les anglais, les policiers anglais ne sont pas exonérés de la responsabilité pénale. Si le contact tactique fait l'objet de poursuites, qu'il y a des blessés ou des morts, ils sont poursuivis, ils vont rendre des comptes devant la justice. Donc attention à ce débat-là. Moi, vous savez, les choses sont très claires dans mon esprit.

Le contact tactique, c'est exactement la mauvaise chose à faire porter sur les épaules des policiers. C'est quoi concrètement le contact tactique ? Qu'est-ce qu'il autoriserait ? D'abord, une loi. Est-ce que le législateur français a envie d'aller sur ce terrain-là ? Moi, je n'y crois pas trop. Je ne suis pas certain que ce soit quand on voit déjà des chasses, des poursuites par des véhicules de police derrière des voyous et que parfois, il y a des accidents. Vous voyez déjà les polémiques que ça peut susciter. Donc le contact tactique, il faudrait une loi.

Et quand bien même il y aurait cette loi, ça voudrait dire qu'on autoriserait, dans des cas très restreints, des policiers avec des véhicules à faire chuter des individus sur le rodéo pour ceux qui le réclament et de les faire tomber pour les interpeller. Ça veut dire qu'on prendrait le risque mortel sur des affaires qui sont graves. Il ne faut pas l'ignorer. Elles sont graves parce qu'elles mettent en danger des gens. Ça peut parfois tuer des enfants. Le rodéo, ça fait beaucoup de nuisances. Mais est-ce que l'enjeu en vaut la chandelle, premier point ? Et est-ce qu'on accepte une société dans laquelle les policiers auraient cette responsabilité pénale de pousser quelqu'un sur un véhicule ?

Imaginez la chute, choc-tête, trauma crânien, décès. Personne n'est prêt à ça. Et les policiers ne le réclament pas. Certains le réclament. Ceux du syndicat Alliance qui disent s'ils ne s'arrêtent pas, il est impossible d'intercepter ces jeunes à moto. Ils sont donc favorables à cette technique du contact tactique. Ce n'est évidemment pas votre position, mais certains policiers sont favorables, le syndicat Alliance notamment ? Écoutez, le syndicat Alliance y est favorable. On peut en débattre avec eux.

Ce que je souligne, c'est que je n'ai pas envie d'imaginer des policiers qui sont dégradés, des gardiens, des brigadiers qui vont se retrouver dans le chemin de la procédure pénale seuls après qu'on ait les uns et les autres éventuellement poussés pour avoir un texte comme ça. Et ensuite, le policier est seul face à ses juges. Et s'il commet un homicide involontaire, il encourt des peines de réclusion. On ne peut pas accepter ça. Moi, je crois qu'il y a d'autres solutions par rapport aux rodéos. Il n'y a pas de solution parfaite, mais il y en a d'autres. Soit on améliore le travail en amont, soit on demande que la justice soit plus sévère.

Et on a une loi récente qui donne des peines très sévères, mais je ne crois pas qu'il faille faire peser aux policiers cette grave responsabilité. On va revenir sur les solutions qui sont possibles. Et le fait est que les rodéos urbains se multiplient, avec depuis quelques jours des rodéos au sein même de centres commerciaux. Après Villefontaine et Chirole, vendredi, c'était à Nantes que ça a eu lieu.

30:41
Locuteur 8

À l'heure d'aujourd'hui, la police n'a pas le temps de venir. Ça se fait très très vite,

31:07
Présentateur

en une minute peut-être. Et après, ils repartent. Et oui, ça fait peur parce que tous les réseaux sociaux font des challenges et puis ils postent leurs vidéos pour montrer leurs actes. Quand on parle d'un phénomène recrudescence, c'est la réalité ? C'est la réalité, vous l'avez sous les yeux. Et je ne suis absolument pas surpris, c'est triste à dire, mais j'ai travaillé dans des endroits où on lutte contre le trafic de stupéfiants et j'ai vu la même chose dans des barres d'immeubles. Vous imaginez que dans des barres d'immeubles, il y a des gens qui subissent ça sur leur palier avec des voyous qui circulent en moto dans les barres d'immeubles, dans les étages. Donc je ne suis pas étonné.

Après, il y a des mesures qu'on peut prendre préventives. Les centres commerciaux vont devoir s'équiper. On peut mettre des poteaux anti-franchissement. Il y a plein de choses qui peuvent être faites sur le plan du matériel et qui évitent d'exposer soit les vigiles. On ne va pas demander à deux vigiles dans un centre commercial de se mettre face à des deux roues. Ils vont se faire rouler dessus. On voit qu'en France, il y a des gens qui essayent de faire arrêter ça. Il faut faire très attention parce que les gens qui font ça n'ont en général pas trop d'état d'âme sur la sécurité des autres. Ils font ça pour faire de l'image. Ils ont des engins à deux roues.

Il y a des mesures qu'il faut prendre. Des mesures préventives. Des situationnelles, comme on dit. On met des poteaux anti-franchissement. Il y a bien des endroits où vous n'arrivez même pas à passer avec votre caddie. Vous pouvez faire la même chose pour des deux roues. Il va falloir anticiper parce que j'ai peur que ce sport scandaleux se reproduise par un effet de mode dans les beaux jours. Plus on les médiatise, plus ça arrive. C'était le cas des véhicules brûlés pendant les jours de l'an où il y avait des compétitions entre villes pour faire brûler des voitures. Vous proposez aussi d'agir en amont en saisissant et en détruisant certains véhicules ? Oui, je vais vous dire pourquoi.

La police fait des très bonnes choses avec du travail local dans les villes, dans les banlieues. On fait des opérations préalables. On va dans les parties communes. Des véhicules de roues. Et on trouve souvent des véhicules de roues qui sont non homologués, qui ne sont pas assurés, qui n'appartiennent à personne. Et s'ils appartiennent à personne, il ne faut pas se laisser le temps de réfléchir à qui viendrait le réclamer. Il faut qu'il y ait une réflexion par le législateur justement pour donner à l'autorité administrative la capacité de à la fois saisir, de détruire et d'en faire la publicité.

Il faut pilonner au sens physique du terme ces deux roues, les passer dans des compresseurs, en faire la pub. Et puis si l'État se trompe, ce n'est pas grave, c'est du matériel. L'État remboursera, mais c'est mieux de se tromper sur des véhicules que sur des êtres humains en poussant les gens avec des systèmes de contact tactique qui vont entraîner que des ennuis, notamment pour les policiers et pour les victimes. D'autant que certains des auteurs ne sont pas identifiés. C'est le cas à Nantes, je crois, parce qu'ils sont cagoulés, difficilement identifiables. Il n'y a pas de plaque d'immatriculation.

Vous ne reconnaissez pas l'individu parce qu'il y a parfois du casque, parfois cagoule ou visage dissimulé. C'est extrêmement difficile. Donc il ne faut pas espérer beaucoup de travail d'investigation positif. Ça arrive parfois. On peut aussi retrouver les véhicules en fonction du signalement et des photos qu'on a, mais ce n'est pas la panacée. Il faut qu'on travaille en amont sur les saisies et puis il faut que la justice prenne en compte ce phénomène pour montrer, et c'est le cas dans certains endroits, des peines extrêmement sévères parce qu'il y a des enfants qui sont morts récemment dans des affaires de rodéo.

33:46
Emmanuel Macron

Émilie. Souvent, ça se fait sous les yeux de témoins qui se sentent un peu impuissants. Vous l'avez dit, certains parfois essayent d'arrêter et on a, ça a des derniers jours, deux témoignages qui ont fait part d'agression pour avoir justement tenté d'arrêter. Il y a eu à Brest un militaire d'une trentaine d'années qui a été poignardé et violemment frappé. Aujourd'hui, on apprend que la maire de la commune de Ré-Sointe, en Oréloir, a porté plainte contre un groupe d'individus qui avait réalisé un rodéo urbain devant chez elle le lundi de Pâques.

34:13
Présentateur

Mon fils a dit, vous cherchez quelqu'un, il a dit non, et toi tu veux quoi ? Et donc en fait, ils sont tous venus devant le portail.

34:19
Locuteur 7

Et là, ils sont rentrés dans la cour, ils ont couru après et puis là, ils se sont mis à le passer à tabaye.

34:23
Locuteur 8

L'édit l'a porté plainte mais le groupe d'individus également, incompréhensible pour Christelle Chevron.

34:30
Locuteur 7

C'est eux qui ont fait un rodéo motorisé. C'est eux qui sont venus nous chercher. C'est eux qui sont rentrés dans notre cour. Nous, on a fait que de se défendre en fait.

34:42
Emmanuel Macron

Vous leur dites quoi à ces riverains qui essayent d'agir ? Justement, ne le faites pas ?

34:47
Présentateur

C'est difficile parce qu'en même temps, j'admire le devoir civique qui consiste à venir s'opposer à des actes délictueux et en même temps, il ne faut pas ignorer le fait que les rodéos c'est rarement un individu tout seul. C'est des gens qui agissent en groupe. Donc une personne seule, un maire, un militaire, même un policier, attention à l'intervention en solitaire. Il y a des forces de l'ordre pour ça. Vous me direz qu'à certains endroits, le temps d'intervention est long mais plutôt que de risquer sa santé face à des voyous qui ne reculent devant pas grand-chose, il vaut mieux perdre un peu de temps et faire confiance aux forces de l'ordre que de s'opposer en étant seul face à une bande.

Ces infractions sont pourtant évidentes.

35:23
Locuteur 3

Jeudi, la chef de l'IGPN a confirmé que 59 enquêtes judiciaires étaient ouvertes depuis le début des manifestations contre la réforme des retraites. Agnès Thibault-Lecuivre, c'est son nom qui a également indiqué qu'elle allait proposer des sanctions au préfet de police contre cette unité de la Brave M mise en cause pour des propos menaçants et humiliants. Au-delà de la rudesse des interventions qui s'avèrent souvent nécessaires, cette attitude qui pourrait être sanctionnée ce n'est pas très bon pour l'image de la Brave M dont on parle beaucoup.

35:51
Présentateur

Oui, mais la Brave M pas plus qu'une autre unité n'est exempte de respecter les lois et si elle est mise en cause et qu'il y a des plaintes, c'est à l'IGPN de faire des propositions de sanctions. Vous le rappelez, l'IGPN propose et l'autorité d'emploi donne les sanctions. Ce n'est pas l'IGPN qui sanctionne. Là, on est sur le volet administratif. Après, moi, je ne veux pas faire un procès d'intention sur la Brave M parce que je ne pense pas que les 59 affaires concernent la Brave M. Il y a également d'autres services de police. De toute façon, en maintien de l'ordre aujourd'hui, le devoir d'exemplarité est plus que jamais requis puisque tout se voit, tout est filmé.

Moi, je dis à mes collègues, c'est très difficile quand vous recevez des poches d'urine, des excréments, de la peinture, de l'acide. Vous êtes insulté du matin au soir, c'est très difficile mais il faut impérativement garder son sang-froid parce que la faute commise, elle coûte très cher et quand on est policier, contrairement à ce que certains font croire, la peine, elle est parfois double, elle est parfois judiciaire et en plus, elle tombe sur le volet professionnel parce que vous êtes suspendu de vos fonctions et parfois sans traitement. Donc, il faut vraiment prendre en compte le fait qu'il faut être impeccable aujourd'hui. C'est très difficile mais il faut avoir ça en tête.

Merci, David Lebar, secrétaire général du CSPN, le syndicat des commissaires de la police nationale. Vous restez avec nous ? C'est l'heure de la story de Mohamed Bouefsi. L'ensemble de la classe politique a réagi ces derniers jours aux 10 ans de la loi dite du mariage pour tous.

37:04
Emmanuel Macron

Oui, c'était le 23 avril 2013. Le Parlement a adopté le mariage et l'adoption au couple du même sexe. Un vote historique après plusieurs mois de manifestations et de propos violents au sein de l'Assemblée nationale.

37:16
Présentateur

Il serait quand même fâcheux que la France devienne une espèce de grand Las Vegas du mariage. Ce projet de loi, non seulement irresponsable mais funeste, organise, et je reprends le mot du chauffeur de taxi qui m'emmenait hier à l'Assemblée qui disait organise la décadence de notre société. Ce qui empêche de dire à trois personnes, deux femmes à un homme ou trois femmes, trois hommes également, on se marie. Pourquoi pas, après-demain, le clonage façon Raël ? Quand un petit bout de chou de 4 ans Non, s'il vous plaît !

37:48
Locuteur 9

dira j'ai deux papas, j'ai deux mamans. On se calme. Sa scolarité sera très difficile.

37:55
Emmanuel Macron

Dix ans après, certains hommes politiques

37:57
Présentateur

maintiennent leur position. C'est le cas de Charles de Courson, leader de la motion de censure contre le gouvernement lors des débats sur la réforme des retraites.

38:05
Emmanuel Macron

Dans le JDD, il a déclaré, comme disait Dalida, je n'ai pas changé, mais aussi de François-Xavier Bellamy ou d'Éric Zemmour dont la position ne s'est pas assouplie d'un iota.

38:13
Locuteur 3

Pourquoi j'y étais opposé ? Et pourquoi je le suis toujours ? J'étais hostile à ce mariage pour tous, ce mariage homosexuel, parce que je savais que ce mariage était une étape dans un cadre beaucoup plus long. Il était prévu qu'il y ait ensuite la PMA pour les femmes seules et les couples de lesbiennes, puis la GPA pour les hommes homosexuels. Eh bien, on y est presque.

38:39
Emmanuel Macron

Mais plusieurs farouches opposants au mariage pour tous ont profité de cet anniversaire pour faire leur mea culpa, comme Catherine Vautrin ou Christophe Béchut, le ministre. Le cas le plus emblématique est celui de Gérald Darmanin qui, en 2013, avait assuré qu'en tant que maire de Tourcoing, il refuserait de marier des couples du même sexe. Dix ans après, il exprime ses regrets.

38:59
Présentateur

Je regrette profondément si j'ai blessé d'abord. Vous avez sûrement blessé ? Je le pense, oui, c'est possible. Et donc, évidemment,

39:07
Emmanuel Macron

moi, je ne fais pas de la politique pour blesser les gens. Par ailleurs, l'expérience de la vie relativise ou fait changer d'opinion. Si un couple gay souhaite que je les marie, je le ferai bien volontiers comme tout couple. Je pense que c'était une erreur de ma part de voter contre le mariage pour tous. Si un couple-là vous entend,

39:24
Présentateur

compte à que la mairie de Tourcoing demande à ce que ce soit le conseiller municipal Gérald Darmanin qui célèbre son mariage, vous le ferez ? Bien sûr, mais il faut qu'il habite Tourcoing. Mais bien sûr.

39:33
Emmanuel Macron

Des regrets qui n'ont pas touché Christiane Taubira, celle qui a été le visage de la lutte en faveur du mariage pour tous, a expliqué sur France Inter qu'elle n'était pas la plus douée pour délivrer l'absolution, que ces gens-là se débrouillent avec leur remords. Dans un entretien accordé à l'INA, l'ancienne ministre était encore très émue au moment de revoir les archives du vote.

39:52
Présentateur

Tour, 331 contre 225. Massif.

40:02
Locuteur 8

Mais c'est magnifique, je veux dire, c'est magnifique. Les parlementaires de gauche ont été...

40:11
Locuteur 7

Eh bien, je ne pensais pas que vous me feriez ça.

40:15
Emmanuel Macron

L'ancien président de la République, François Hollande, va plus loin. Pour cet avou, il a accepté de s'exprimer sur tous les mea culpa qu'il a entendus ce week-end.

40:24
Présentateur

Des personnalités politiques qui s'étaient opposées au vote de cette loi, qui parfois avaient défilé dans la rue, avaient tenu des propos qu'ils pouvaient même heurter, soit aujourd'hui sur le regret, le remords peut-être. Moi, je trouve que c'est plutôt la confirmation de ce qu'était notre loi. Une loi pour tous et pour toutes. En revanche, ce que je voudrais, c'est que ces mêmes personnes puissent demander pardon à tous les couples qui ont été agressés, qui ont été insultés, qui ont été méprisés durant toute cette bataille pour la loi sur le mariage pour tous.

41:01
Locuteur 3

Donc, si c'était possible, qu'elles aillent encore un peu plus loin.

41:04
Présentateur

Depuis 2013, 70 000 couples du même sexe ont pu se marier grâce à la loi dite du mariage pour tous. Merci Mohamed. C'est l'heure du 5 sur 5 de Mathieu Béliard. Mathieu à Mayotte, les expulsions de migrants vers les Comores ont commencé. Oui, et pour l'heure, les Comores repoussent nos bateaux. On va y venir. C'est l'opération Wambushu qui a démarré. C'est un mot maoré qui veut dire reprise. Dans le 101e département français, le gouvernement organise ces opérations de police qui visent à démanteler les bidonvilles insalubres de Mayotte, d'en déloger les délinquants et d'expulser les immigrés en situation illégale.

L'opération a pu surprendre toutefois les habitants qui veulent surtout des logements pérennes.

41:48
Locuteur 4

On n'a pas refusé de les quitter là, mais on va à une maison digne pour que les enfants restent tranquilles à la maison. Mais si on détruit les maisons, on va aller avec les enfants. Les filles vont rester à la maison, les garçons vont casser les voitures des autres.

42:06
Locuteur 7

À chaque jour, on nous appelle. Si ce n'est pas la cfave, c'est la gendarmerie, c'est la mairie. On ne mange pas, on ne dort pas. On est torturés physiquement et moralement.

42:15
Locuteur 5

Au moins, logez-nous, donnez-nous quelque part où aller avant de nous décaser. J'ai la boule au ventre vu que moi, je suis né à Mayotte.

42:24
Présentateur

Par ailleurs, plusieurs associations ont dénoncé l'opération de la Ligue des droits de l'homme au DAL, le droit au logement qui qualifie la démarche d'opération anti-pauvre. Il faut bien comprendre qu'à Mayotte, la moitié de la population est étrangère. C'est une porte d'entrée de l'Afrique vers la France depuis les îles voisines des Comores en particulier. Et sur place, il faut bien le dire, l'État français est submergé.

42:44
Locuteur 3

L'opération qui se déroule à Mayotte où il y a aujourd'hui 1 800 policiers et gendarmes, ça n'a pas de précédent dans l'histoire de la République, vise d'abord à interpeller des délinquants. Il y a une soixantaine de personnes qui sont dans des bandes armées qui tuent, qui pillent, qui font comme ce week-end, nous avons interpellé des personnes qui font de la prostitution.

43:02
Présentateur

Et puis, il y a des personnes qui sont en situation irrégulière. Eh bien, ces personnes en situation irrégulière, nous les expulsons, si je veux dire classiquement. Nous avons un intérêt bien compris avec le gouvernement des Comores parce qu'eux-mêmes, les Comores, subissent une immigration qui vient de Madagascar et l'Afrique des Grands Lacs. Hier, par exemple, un bateau est parti de Mayotte et il est arrivé aux Comores. Ce bateau dont parle le ministre de l'Intérieur, c'est celui que vous allez voir sur ces images de mauvaise qualité, disons-le bien, bateau de migrants expulsés qui a été refusé par les Comores.

L'archipel a refusé l'accostage aux navires français, regrette nos décisions unilatérales. Les Comores n'accueilleront pas nos expulsés.

43:34
Locuteur 9

Comme vous le savez, l'opération Mbouchi a commencé et comme on l'a dit précédemment, les Comores ne sont pas prêts à accueillir les expulsés de Mayotte alors que la convention qui a été signée en juillet 2019 stipulait clairement et nettement qu'il fallait des concertations. Il y en a eu et il y en a en cours, mais jusqu'à présent, on ne s'est pas encore entendus.

44:07
Présentateur

En réalité, au-delà des besoins en services publics sur place, c'est que ces bidonvilles qui seront démantelées dans les jours à venir sont des foyers de délinquance extrêmement insalubres aussi. Des renforces ont même arrivé de métropole ces derniers jours comme ici à l'Emage, la compagnie CRS8 chargée d'appuyer les forces de l'ordre locales. Alors ce n'est pas idyllique, il y a eu des jets de pierre notamment ce week-end mais écoutez, David Lebarce, écoutez ce gendarme mobile saluer l'accueil qui a été fait aux forces de l'ordre. Je suis très surpris parce que je n'ai subi aucune, ni mes personnels, aucune animosité de la part de la population.

Au contraire, quand on circule avec les véhicules, on a plutôt des gens qui nous font des signes, du pouce, comme quand on est bienvenus, qui nous applaudissent ou qui nous demandent de mettre un bon coup de collier pour faire baisser la délinquance. David Lebarce, on pourrait croire les policiers et les gendarmes, on va les mettre dans le même sac à un instant, non désirés. Ils sont les bienvenus en fait à Mayotte. On y voit sans doute l'arrivée, le retour en tout cas des services publics. Oui, mais moi je confirme, j'y suis allé aussi et on est parfaitement bien accueillis.

Il y a la moitié de l'île de la population qui est en attente que la France règle un problème, qui est un problème endémique. Le bidonville, le Banga à Mayotte, c'est le plus gros bidonville d'Europe. Donc à l'intérieur, qu'est-ce qu'on a ? On a des gens qui sont en situation précaire et les gens en situation précaire alors qu'il y a de l'emploi pour personne, vivent pour certains de la criminalité. Donc c'est cette criminalité-là des jeunes qui se tuent à coup de machette aujourd'hui pour des histoires complètement hallucinantes, qui se cachent dans les bois. C'est d'une violence extrême. Donc voilà, il y a un vrai sujet et il ne faut pas se tromper de personne et de cible.

Et sur le revirement des Comores qui jusque-là acceptaient le retour de 70 de leurs ressortissants par jour. C'était le chiffre avant l'opération. Jusqu'à vendredi quasiment. Jusqu'à vendredi, il y avait une moyenne de 70 reconduites par jour. Je constate aujourd'hui qu'il y a sans doute un sujet politique et je ne pourrais pas le commenter. En revanche, pour expulser, il faut un État qui demande l'expulsion. Là, on voit bien que la France le demande. Et puis, il faut le pays qui accepte avec un visa consulaire. Et là, force est de constater que les Comores ne donnent plus de visa. Ça va être un problème pour l'opération. Depuis le début de l'opération.

L'ambassadeur de Chine en France a dérapé sur un plateau de télé français. Oui, c'était vendredi soir sur LCI. Lou Chai était invité de la chaîne Info. Il a consterné les chancelleries européennes. En fait, il s'est permis de redessiner les cartes du continent.

46:19
Locuteur 3

La Crimée était tout au début à la Russie, n'est-ce pas ? C'est Khrushchev qui a offert la Crimée à l'Ukraine dans l'époque de l'Union soviétique sur le droit international. Même ces pays ex-Union soviétique n'ont pas le statut effectif dans le droit international parce qu'il n'y a pas d'accord international pour concrétiser leur statut d'un pays souverain.

46:58
Présentateur

Des propos qui ont immédiatement suscité la polémique tout le week-end en réalité. La question de la Crimée, bien sûr, mais celle également des pays baltes, notamment Estonie, Lettonie, Lituanie, d'anciens pays du bloc soviétique qui partagent encore leurs frontières avec la Russie. Nous voyons ce qui se passe en Ukraine et lorsqu'on est dans cette position et qu'on doute de notre souveraineté, de notre indépendance, ça nous rappelle vraiment nos luttes pour l'indépendance. Même moi, en tant que, entre guillemets, jeune politicien, je me souviens du bruit des chars. Donc vous vous imaginez bien qu'il y a beaucoup de personnes dans mon pays pour qui c'est un souvenir très vivace.

Les mêmes chars que ceux qui sont actuellement utilisés sur le front par la Russie en Ukraine, les mêmes chars étaient utilisés contre des civils désarmés, innocents, qui essayaient de défendre le pays. Une tribune d'élus européens est même parue dans le monde aujourd'hui. Elle s'adresse à notre ministre des Affaires étrangères. Madame Colonna, nous vous demandons de déclarer l'ambassadeur de Chine, Lu Shai, persona non grata. Il a été convoqué par le Quai d'Orsay, mais Emmanuel Macron aussi a réagi aujourd'hui. Un ambassadeur ne devrait pas dire ça. Je pense que ce n'est pas la place d'un diplomate de tenir ce type de langage.

donc pleine solidarité aux pays qui ont été attaqués dans la lecture de leur histoire et leurs frontières. Nous sommes aux côtés de nos amis européens et alliés qui ont eu un passé si douloureux au XXe siècle comme au XIXe siècle et qui aujourd'hui sont des États souverains dont les frontières sont intangibles. Réponse de la Chine, la maison mère de l'ambassadeur Lu Shai qui dérape. Eh bien à Pékin, on essaye au moins d'adoucir le temps.

48:34
Locuteur 2

China respects all countries sovereignty, independence and territorial integrity. China respects the status of the former Soviet Republic and sovereign countries after the Soviet Union dissolution. We will continue to work with the international community to make our own contribution to facilitating a political settlement of the Ukraine crisis.

48:52
Présentateur

Un communiqué de l'ambassade de Chine en France cet après-midi a complètement désavoué l'ambassadeur lui-même. C'est assez inhabituel. Commentaire de Bruno Tertre qu'on recevait il n'y a pas longtemps sur Twitter. C'est une façon diplomatique de le pousser sous le bus. C'est assez étonnant d'avoir le communiqué officiel de la propre ambassade désavoué les propos de son patron. On peut s'attendre à accueillir un nouvel ambassadeur de Pékin à Paris. C'est pas certain le marathon insolite dont vous nous avez parlé en début d'émission.

Celui qui a couru Guillaume de Lustrac dans la Drôme hier un marathon comme un autre 42 km et quelques mais à 29 ans en 3 heures et 25 minutes Guillaume de Lustrac a battu le record du monde de marathon en marche arrière. Vous le voyez c'est pas plus compliqué que ce que vous avez imaginé en l'entendant il court en marche arrière comme vous le voyez. Valentin Tibier l'a contacté aujourd'hui pour le féliciter et surtout lui demander pourquoi courir un marathon en marche arrière. Figurez-vous que tout est parti d'un pari perdu. Pari perdu on se lance sur un marathon en marche arrière et j'ai vu que le record était peut-être dans les cordes donc du coup 4 mois de préparation pour en arriver là.

Effectivement ça fait travailler différents muscles franchement tu redécouvres tout un sport les ischios qui travaillent les orteils la voûte plantaire qui se développe énormément

50:14
Emmanuel Macron

les hanches aussi et là en fait en arrière t'es obligé de courir sur la pointe des pieds donc là j'ai les orteils fracassés aujourd'hui mais l'avantage ça faut pas trop le dire parce que c'est un peu la triche c'est qu'on voit la ligne d'arrivée dès le début donc ça c'est pratique.

50:31
Présentateur

C'est pratique changement de point de vue les 3 ans en 25 minutes améliorerait le record de 13 minutes on attend l'homologation ça a déjà été fait pardon il y a des gens qui font ça toute l'année reste à voir si ça peut devenir une vraie tendance en attendant si vous aimez la course version insolite on a trouvé mieux encore 1999 un marathonien à l'entraînement il court dans le bon sens lui mais pas tout seul début novembre André réalisera son rêve en participant au marathon de New York Trottinant dans la foulée d'André voici Fidèle un sanglier femelle de 18 mois il y a quelques mois elle est partie une demi-heure dans les fourrés et puis elle grognait elle me voyait mais elle faisait le bœuf elle ne voulait pas revenir alors maintenant bon je la connais il ne faut pas la musquer après 15 km de course c'est l'heure du réconfort un café pour André un rafraîchissement pour Fidèle Fidèle donc reste à courir le marathon en marche arrière accompagnée d'un sanglier et là la boucle sera bouclée

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Emmanuel Macron

c'est meilleur pour la santé de courir à l'envers

51:31
Présentateur

ah oui courir tout court ce serait déjà pas mal pour certains d'entre vous je n'ai rien dit merci beaucoup David Levers vous êtes venu sur le plateau c'est à vous dans un instant Aïssa Maga Vincent Macken André Abescon mais également Alexa Alexandra Strelinski voilà pour nous inviter l'œil de Pierre le vu les infos express et les actualités de Bertrand à tout de suite

Emmanuel Macron au “Parisien” : les coulisses d’une interview - C à vous - 24/04/2023 — Emmanuel Macron · Pourquijevote